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vendredi 25 août 2017

201707 St André's Birthdays


Voila 2 ans que ma soeur Florence avait essayé d'organiser ses 40 ans dans notre maison de campagne des Grangeasses en Haute Loire mais ne s'y étant pas assez prise a l'avance, elle avait décidé de remettre ca en cette année 2017 pour en même temps cumuler mes 40 ans et les 70ans de maman. Du coup, on s'est retrouvé a 120, entre les amis de chacun et une grande partie de la famille réunie. Flo avait judicieusement choisi le we du 14 juillet afin de bénéficier du pont et d'avoir un maximum de monde. Le 14 justement, il y avait déjà une bonne partie des convives qui était arrivé et ce n'était pas plus mal car il nous a fallu pas mal de bras pour pouvoir monter les barnums gentiment prêtés par mon oncle Jeannot. Les festivités se sont super bien passées dans la bonne humeur et avec quelques bonnes surprises.
Les plus courageux sont restés jusqu'au mardi suivant où le Tour de France passait juste devant la maison pour la toute première fois de son histoire. On n'avait jamais vu autant de monde dans le coin et on a même ouvert une petite buvette improvisée devant la maison, mais sans trop de succès. Les cyclistes sont passés a toute vitesse mais on a tout de même bien rigolé, notamment avec le passage de la caravane. Une bonne manière de clôturer cet événement et de commencer cette nouvelle décennie qui s'ouvrait a nous.

C'est ici que s'arrête ce blog. Après plus de 5 ans passés sur les routes a avoir traversé près d'une centaine de pays et vécu toutes sortes d'aventures des plus loufoques aux plus inattendues qui m'ont bien changé, il est temps pour moi de me (re)poser de nouveau et de reprendre une vie plus sédentaire. Un nouveau challenge et pas des plus simples qui m'attend. Voyons si j'y parviendrai avec succès...






201707 Gorges d'Ardèche


Alors que j'étais toujours dans le sud chez Yanis et Sonia, Eric, mon ami de Tahiti nous a rejoint puis Olive, de Montpellier, est venu nous chercher pour nous remonter plus au centre du pays. On avait décidé de se faire les Gorges de l'Ardèche mais pas comme tout le monde les fait, c'est a dire en canoë kayak, mais en mode rando. Une discipline plutôt bien connue me concernant mais totalement nouvelle pour mes 2 compères. 
On a laissé la voiture dans un parking près de Pont d'Arc, non sans avoir fait le plein de vivres auparavant. On a démarré super tard la marche, vers 18h, ce qui était une stratégie en soi vu qu'on n'avait rien réservé et qu'on avait prévu de dormir a la belle étoile, ce qui est totalement interdit au fond des gorges. Il faut savoir qu'il n'y a que 2 bivouacs sur le chemin où il est autorisé de poser sa tente et qu'il faut y réserver sa place bien en avance. De toute façon, nous n'avions aucune intention d'agir de la sorte et le plan était de rester le plus libre possible de nos mouvements. La marche était plutôt agréable dans un décor impressionnant au fond de ces immenses gorges. Étonnamment, il n'y avait personne sur le chemin et on a pu apprécier la quiétude des lieux. Il a fallu a un moment traverser la rivière pour la 1ere fois a un guet en prenant soin d'enlever nos chaussures. Encore heureux qu'a cette période de l'année, le niveau d'eau est au plus bas car sinon ca ne serait pas passé. On a posé la tente quelques centaines de mètres plus loin après la traversée, dans le sable d'une petite plage qui semblait avoir été posée là pour nous. A l'abri des regards indiscrets, des fois que les rangers ne patrouillent, tout en restant au bord de l'eau. 1er repas au réchaud également. On avait juste pris ma tente, celle que j'avais prise pour St Jacques, et qui pouvait contenir jusqu'a 3 personnes, et du coup, les sacs étaient assez légers et ne dépassaient pas les 15kgs chacun. 
Le lendemain, toujours personne en vu jusqu'a 10h du matin environ où, alors qu'on s'était posé au bord de l'eau pour piquer une tête, on a vu nos premiers touristes descendre l'Ardèche en canoë. Il s'en est suivi un défilé en continu de ces embarcations jusqu'a 16h environ. Près de 1000 canoes qui descendaient la rivière chaque jour. En voyant ca, on fut content d'avoir choisi la solution a pied. C'est vrai qu'il faisait tout de même chaud pour marcher, près de 35°c, mais vu qu'on longeait la rivière, il était facile de nous désaltérer a la moindre envie. C'est d'ailleurs la chaleur extrême qui a fait peur aux randonneurs et qui nous laissaient le chemin pour nous seuls. Moi qui avais connu des conditions bien plus humides pour marcher lors de mes derniers tours du monde, cette chaleur ne m'incommodait pas vraiment. Eric et Olive s'en sortaient plutôt bien aussi et il faut dire qu'on y allait plutôt mollo. La distance totale a parcourir n'était que de 24kms et on aurait pu le faire en une grosse journée si on avait voulu bourriner mais ce n'était pas l'idée non plus. On voulait en profiter un maximum et avons donc pris notre temps des qu'un endroit nous plaisait. On a fait pas mal de "hors piste" et avons du traverser de nombreuses fois la rivière pour suivre notre propre tracé. A un moment, on a longé une plage puis un camping de naturistes, posé là, le long du canyon. Plutôt inattendu  mais finalement pas étonnant car on était vraiment en pleine nature ici. On a installé notre campement un peu plus loin après. Il était a peine 17h mais il fallait tout de même en garder un peu pour le lendemain. Les 2 nuits furent plutôt douces, bien que notre tahitien eu besoin de se mettre en sarcophage dans son duvet pour ne pas grelotter de froid. 
Notre dernier jour fut assez court. On fit une pause sur un autre camping le long de l'Ardèche, puis mes 2 compagnons s'essayèrent enfin au saut dans l'eau a partir des plongeoirs naturels disséminés un peu partout le long du parcours par Dame Nature. 
On finit vers 13h notre rando et alors qu'on pensait trouver facilement un retour en auto stop pour rejoindre notre voiture, on déchanta vite en voyant que la seule route qui passait par là était la route qui longeait les gorges et que peu de touristes prenaient. Du coup, on ne s'est pas entêté a attendre désespérément en plein caniar mais on est allé se restaurer au resto du coin puis avons attendu tranquillement qu'un de ces loueurs de canoë nous remonte, non sans lui avoir payé une petite obole. 
Apres avoir récupéré la voiture, on a fait un stop dans la ville de Valence où l'on a modestement fêté la veille du 14 juillet en compagnie de notre hôte air bnb. Le lendemain, on reprenait déjà la route pour rejoindre le village de St André en Vivarais situé tout au nord de l'Ardèche, a la limite avec la Haute Loire, pour rejoindre une fête prevue de longue date...


lien vers la vidéo Gorges d'Ardèche




lundi 21 août 2017

201707 Porquerolles

À peine revenu d'Allemagne que je repartais direct dans le sud pour voir mes amis Sonia et Yanis du cote d'Avignon. Ils avaient loué un petit voilier pour une semaine sur l'ile de Porquerolles mais finalement Sonia ne pouvait y aller et ils m'ont donc proposé la place restante: cela faisait du coup un équipage complètement masculin avec Nolan et Lenny, leurs 2 enfants, ainsi que Titi et xxx, leur pote respectif. Ce fut une semaine bien sympa où l'on s'est déplacé exclusivement à vélo, les voitures étant interdites à la circulation. Beaucoup de monde de 10h a 16h quand les touristes a la journée débarquent mais sinon une petite ile avec une vraie âme et un cachet encore intact. On s'est essayé au Géocaching ce qui nous a permis de découvrir tous les recoins de l'ile, un peu de plongée (notamment sur l'épave du Donator), beaucoup de pêche et de jolis moments passés ensemble.





201706 Berlin & Rugen Island


Petit retour a Berlin, lieu où j'avais commencé mon 3eme tour du monde. J'ai pu visiter le nord de l'Allemagne et la surprenante ile de Ruggen: tres connue des allemands car il s'agit de la plus grande ile germanique, elle est aussi appréciée pour ses immenses falaises de calcaire blanc surmontées par une magnifique forêt d'arbres centenaires. 

Un petit tour du cote de Postdam pour y voir le Versailles allemand. 
Cote météo par contre, ca s'est gaté ensuite avec un deluge de pluie, a tel point que la zone de Berlin était en inondation! J'avais bien choisi mes dates...j'ai quand même pu assister a un super événement dans une ancienne usine désaffectée (une spécialité berlinoise), le "no commission". Il s'agit d'une énorme soirée organisée par Swizz Beatz, un DJ très connu qui veut dénoncer les commissions énormes que prennent les intermédiaires aux artistes, notamment les peintres. Du coup, dans ces soirées, on peut voir des créations d'artistes qui sont a vendre et sur lesquelles aucune commission n'est prise, alors qu'en règle générale, la commission dans ce milieu est plutôt de l'ordre du 60% voir 80%. Un des sponsors de la soirée était la rhumerie Bacardi et ses produits étaient offerts quasi a volonté! Pour couronner le tout, le DJ a fait venir sa femme pour participer a la fin de l'événement et cette dernière a même poussé la voix pour nous honorer d'une petite chanson. Quand on s'est que sa femme n'est autre qu'Alicia Keys, on ne pouvait être que combler!





mardi 8 août 2017

20706 Fisterra to Muxia


La dernière ligne droite de notre pèlerinage, de Fisterra a Muxia, fut toute sauf droite. Je voulais qu'on longe un maximum la cote pour profiter des plus beaux paysages et alors que le camino semblait partir dans la forêt, on a bifurqué a travers bois pour rejoindre la mer. Une grande plage de sable déserte nous y attendait sur laquelle on a évoluée avec grand plaisir. Puis, au bout de la plage, aucun chemin ne s'offrait a nous. On ne s'est pas laissé démonter pour autant et avons continué, comme d'habitude, tout droit! On a monté une falaise assez escarpée et on a du ensuite reprendre a travers une végétation fort peu accueillante et tres piquante qui nous a déchiqueté la peau de nos tibias. Cela nous a tout de même permis de déboucher sur une petite cascade toute mignonne où l'on a pu s'y baigner. 
De là, on a continué a longer la cote par des chemins plus ou moins bien praticables jusqu'a retrouver enfin le camino a un estuaire qui nous empêchait de continuer plus loin. 
Apres avoir fait une bonne pause déjeuner ici, on ne s'est pas laissé démonter de nouveau et avons persisté a aller tout droit en traversant l'estuaire a pied, en ayant pris soin d'enlever nos chaussures et remonter nos shorts au maximum. 
Au bout de cette interminable plage, on a du se résoudre a repiquer dans les terres pour une longue traversée tres éprouvante. La douleur au niveau de mon tibia était tellement forte que je n'arrivais meme plus a porter notre ac de 10kg et j'ai du me résoudre a le laisser a Mamoune qui elle était encore toute fringante. 
Par une petite bifurcation, on est arrivé au sommet d'une des pointes qui dominaient la cote et on a alors jouit d'une vue splendide sur le village de Muxia au bout d'une petite péninsule. Cela nous a consolé de nos efforts consentis.
Arrivés a Muxia, on n'a pas voulu checker dans l'auberge municipale qui avait le couvre feu a 22h et on s'est posé dans une auberge privée flambant neuve avec toujours des lits superposés mais beaucoup plus de confort et de propreté.
On est allé sur le site de la Barque, là où le corps du Saint Apôtre aurait été déposé et on a prit le temps de se reposer, enfin, une 2ème nuit, avant de repartir en bus direction St Jacques pour mettre un terme a notre pèlerinage. On sentait deja que ca allait faire bizarre de ne plus avoir a marcher, de perdre ce rythme quotidien auquel on s'était finalement accommodé. Le retour a la vie "quotidienne" n'allait pas être facile mais de toute façon, on avait tout de même tous les 2 les corps fatigués et on sentait qu'on n'aurait pas continué beaucoup plus longtemps. Et toute bonne chose ayant une fin, il était temps de démarrer un nouveau chapitre...



lien vers la vidéo Muxia



mardi 1 août 2017

201706 Camino de Fisterra


On n'avait ni l'un ni l'autre entendu parler du Camino de Fisterra avant de démarrer notre pèlerinage mais on a été très vite convaincu de pousser jusque là. Plusieurs raisons nous ont dictées cela mais la principale pour moi était de ne pas couper la fin du pèlerinage trop vite. On avait entendu de nombreux témoignages sur la route de pèlerins qui après avoir fait le Camino étaient totalement déboussolés et avaient beaucoup de mal a revenir dans le monde "normal" avec leur petit train train quotidien. Il faut dire que l'arrivée a Santiago est déjà un choc en soit avec un brutal retour a la civilisation et je voulais que la transition soit douce pour maman. J'avais déjà vécu un peu ça après mon tour d'Afrique et encore une fois a mon retour de Papouasie où il m'avait fallu plusieurs mois rien que pour me réhabituer aux choses toutes simples de la vie de tous les jours. 
La ville de Fisterra se rejoint en 3 jours a pied de St Jacques mais on a zappé la 1ere journée, la moins intéressante, en prenant un bus qui nous a avancé de 20kms. Avant le départ, on a tout de même pris soin de laisser la majeure partie de nos affaires dans la pension où l'on a passée notre première nuit afin de pouvoir marcher léger. On ne prévoyait pas de camper et au final, il ne nous restait plus qu'un seul sac de 10kg pour nous 2!
Il y avait encore pas mal de pèlerins sur le chemin mais rien a voir avec la foule que l'on a vu a St Jacques. La 1ere journée fut un peu longue et pas tres intéressante. On est arrivé les bons derniers a l'auberge, comme d'hab, et on a pris les derniers lits superposés qui restaient en hauteur. Il y avait dans l'auberge municipale une douche et un wc pour les hommes et la même chose pour les femmes, alors qu'il y avait près de 50 lits.
Le matin, on est parti aux aurores, bien avant la masse et cela nous a permis de profiter d'un magnifique moment, les nuages remplissant le canyon que l'on longeait par les crêtes.  On a passé la ville de Cee puis fait une pause pique nique au bord de l'eau juste avant de passer le petit village côtier de Corcubion. De là, on a repiqué dans les terres pour enfin déboucher sur une magnifique plage de sable blanc, totalement déserte. On ne s'est pas fait prier pour aller s'y baigner.
Quelques heures plus tard, on foulât enfin de nos pieds la plage de Fisterra, fameuse pour ses coquilles que les pèlerins viennent ramasser. 
On a rejoint Dicle qui se trouvait là également et on est allé au Cap, le point considéré comme le bout du monde au moyen age...c'est ici que l'on trouve la fameuse borne au km0 au pied du phare. De là également qu'on est censé bruler nos vieux vêtements de pèlerins et se jeter dans la mer pour être guéri de tous nos pêchés et redémarrer comme un homme tout neuf, et surtout tout nu comme un vers. On s'est contenté d'attendre patiemment le coucher de soleil, ayant au préalable pensé a prendre quelques bulles pour fêter ca!
Le lendemain, Dicle repartait en bus pour St Jacques. De notre côté, on continuait encore un peu plus loin pour notre finale étape: la ville de Muxia...


lien vers la vidéo Camino de Fisterra




jeudi 27 juillet 2017

201706 Santiago de Compostela


Dicle et Steffy nous avaient confiés qu'elles préféraient dormir en dehors du centre ville afin d'arriver tôt le lendemain matin pour ne pas gâcher la joie du bout du chemin avec un nombre trop important de touristes. Quand on a vu a quel point le centre ville était bondé, on ne leurs a pas donné tort. 
On est arrivé sous la pluie et pour une fois, on n'a pas fait la course aux monuments de la ville et on s'est posé dans une petite pension que nous avait dégoté l'office de tourisme. On avait une chambre privée a la literie douteuse et avec salle de bain et wc partagés mais extrêmement bien placée a 50m de la Cathédrale.
On est arrivé a Santiago le jour de la fête des mères, soit 2 mois pile poil après notre départ du Puy: difficile de faire plus beau cadeau a sa maman!! On en a profité pour se faire plaisir avec une succulente paella galicienne, accompagnée de homard.
Le lendemain, on s'est pointé a l'intérieure de la Cathédrale a 6:30 au moment où il n'y avait personne. Ce fut un beau moment que de découvrir les cendres du Saint Apôtre dans une atmosphère aussi apaisante. On a ensuite rejoint Dicle et Steffy sur la place principale et apres un long huge, on a filé faire la queue au bureau des pèlerins pour recevoir notre "diplôme" du pelerin et le dernier tampon sur notre credential. 
Il ne s'agissait pas tout a fait de notre dernier coup de tampon car le chemin ne s'arrêtait pas là et continuait jusqu'au cap Finistère (aventures que vous pourrez suivre dans le prochain episode).
Au retour de ce périple, on a prit plusieurs jours pour bien visiter la ville de Santiago, ses églises, parcs et musées. On a notamment assisté a la fameuse messe dite du botafuego où un énorme pot en fer contenant de l'encens est accroché a une corde au haut plafond de la cathédrale puis balancé par l'intermédiaire de 5 moines au travers de l'église. On est en plus tombé sur une remise de récompenses militaires et du coup, la cathédrale était pleine a craquer et on a même eu le droit a la présence de l'Evêque.

On en finissait avec ce parcours de près de 1800kms qui nous aura fait découvrir plein de contrées, personnages et aventures différentes et variées. Un pèlerinage qui nous aura fait grandir tous les 2 et qui nous aura permit de nouer une nouvelle relation entre nous. Au final, moi qui pensais que ce serait difficile pour elle de finir et qui avait pris le chemin pas très au sérieux au départ, je suis celui qui a eu le plus de mal physiquement a finir, notamment avec mes 2 periostites tibiales et mes ampoules alors que la mamoune n'a eu quasi aucun pépin physique ni même la moindre ampoule (merci Nok!). Une sacrée leçon d'humilité.


lien vers la vidéo Santiago de Compostela



201705 Camino Primitivo Part 4 Lugo to Santiago


Ca faisait un bout de temps que nous n'avions pas traversé une ville de taille correcte et il s'agissait de la dernière avant St Jacques. Lugo est réputée pour sa muraille médiévale qui l'entoure et qui est classée au patrimoine mondiale de l'Unesco. On est arrivé en fin de matinée et le gite communal n'étant pas encore ouvert au check in, on est allé prendre un verre sur la place principale en compagnie de Dicle, Steffy et Thomas. J'avais fini quasi sur une jambe et ma periostite tibiale me faisait atrocement souffrir des que je posais le pied par terre. 

Les dortoirs de l'auberge étaient énormes, 40 lits par pièce! Autant vous dire que s'il y avait un ronfleur dans le lot, la nuit allait être difficile. La ballade dans le centre ville de Lugo fut bien agréable et on a pu aller boire un verre et déguster quelques tapas tous ensemble juste avant le couvre-feu de 22h imposé par l'albergue. Couvre-feu que certains pèlerins espagnols réussirent a transgresser aisément en ayant au préalable pris le soin de laisser une fenêtre ouverte en douce au rez de chaussée.
On a quitté Lugo super tôt, vers 6h du mat sous une fine pluie en compagnie de Dicle. Après le passage du vieux pont romain, la pluie s'est intensifiée alors que l'on longeait une route bitumée. Vers midi, on ne savait pas trop si l'on devait continuer mais finalement un petit éclairci nous a décidé a pousser un peu plus loin alors que la majorité de nos connaissances s'était déjà arrêtée. 
On a atterri dans une super auberge municipale, flambant neuve et avec peu de monde. En revanche, pour se restaurer, ce fut plus compliqué. J'avais tapé la discute avec un vieux berger du coin qui nous a dit qu'il n'y avait qu'un seul resto dans le village mais pas terrible et aux prix surfaits. On n'avait pas pris de provision avec nous et on ne pouvait guère se permettre de faire les difficiles. J'ai rejoint maman au resto après avoir fait sécher mon linge. J'ai été reçu assez sèchement par la proprio alors que je ne lui demandais que de l'eau pour l'apéro. Elle me parla a toute vitesse en espagnol et je ne compris pas ce qu'elle me demanda a ce moment là. Elle revint quelques minutes plus tard et me demanda sous un ton extrêmement autoritaire et désagréable d'enlever le bout de mon pied que j'avais eeposé sur le bord de ma chaise. J'étais venu en flip flop et j'avais posé le pied sur ma chaise afin d'y appliquer de la crème. Les échanges commencèrent a fuser jusqu'a que je mette ma jambe endolorie croisée sur mon autre jambe. Et là, elle me rétorqua: "non, vous devez mettre votre pied par terre et dans votre chaussure". Autant vous dire qu'a ce moment là, j'ai peté un cable et les noms d'oiseaux sont alors partis dans tous les sens. Les autres pèlerins presents dans la salle restaient là bouche bée par la violence des échanges. La proprio m'intima de sortir de son resto et vu que je refusais en lui demandant ce qu'elle allait faire, elle prit son telephone portable et appela la guardia civile. Je ne me dégonflais point et parlais dans son combiné en même temps qu'elle pour expliquer tant bien que mal la situation avec mon pauvre espagnol. La scène était ubuesque! J'avais bien compris que je ne dinerais point ce soir et que je n'allais pas faire long feu ici mais je voulais marquer le coup et la faire chier un maximum avant de partir. Maman resta diner et je dus me contenter de barres de céréales.



L'incident passé, le lendemain, on est arrivé a Meride, la jonction entre le camino primitivo et le camino frances. La réputation d'engorgement de ce dernier ne s'est pas fait démentir. C'est simple, il y avait du pelerin qui passait en continu...et pas des meilleurs (ie: de ceux qui partaient de loin), la plupart ayant commencé au plus court autorisé soit a a peine 100kms de St Jacques, distance minimum imposée pour avoir le droit de recevoir le diplôme du pelerin a l'arrivée. Un tout autre pèlerinage commençait alors mais on s'en doutait et on s'y etait préparé psychologiquement. On a gouté au poulpe façon galicienne dans une des nombreuses poulperias du coin avant de repartir. 
Malgré le monde qui marchait sur le camino, on a traversé de tres jolies forets d'eucalyptus géants et bien qu'ils continuait a pleuvoir, la marche ne fut pas désagréable. 
On passa la nuit dans une énorme auberge municipale et on prit pourtant quasi les derniers lits avant que l'auberge n'affiche complet pour la nuit.
On démarra de nouveau aux aurores et même un peu de nuit ce matin là, réveillés par les pèlerins asiatiques qui avaient commencé a paqueter des 3h du mat! Le temps était gris avec des averses par intermittence mais il y avait tellement de pèlerins qu'on ne s'ennuyait pas: il se passait toujours quelque chose en chemin. 
Il restait a peine 5kms avant l'arrivée a St Jacques quand on a passé le monument dédié aux pèlerins avec la plus grande auberge du camino qui avait été pensée il y a des années par les autorités locales pour désengorger la vieille ville de St Jacques. La contenance était de 400 lits mais en ayant utilisé qu'une infime partie des locaux a leur disposition, qu'ils pouvaient pousser a 10,000 lits, ce qui en ferait alors pour sur la plus grande auberge au monde!
Bien qu'on n'avait rien réservé, on préféra continuer et atteindre la vieille ville de St jacques pour passer notre premiere nuit dans la ville sainte...



lien vers la vidéo Lugo to Santiago




lundi 24 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 3 O Fonsagrada to Lugo


Du coup, on a un peu levé le pied ce jour là. On a bien mangé a O Fonsagrada puis on s'est posé au village d'à côté, après a peine 18kms de marche. On y a bien sur retrouvé notre cher Thomas, plus frais que jamais, alors qu'on avait bien 12kms d'avance sur lui au depart le matin, puis Dicle et Steffy sont arrivées par la suite. Il y a eu également un espagnol super cool qu'on avait déjà croisé plein de fois, Benjamin, un grand allemand un peu neuneu et une argentine et sa mère de Buenos Aires qui venaient de démarrer le camino de la frontière entre les Asturies et la Galice. Une bonne ambiance de pèlerins comme on les aime...

Le lendemain, le mercredi 24 mai, on a continué notre route jusqu'a une grosse ascension qui piquait pas mal. Et pour cause, arrivé en haut, on a retrouvé en mode panique et en pleurs Thomas qui venait de se faire piquer au fond de la gorge par une abeille! Il a du prendre un taxi puis aller consulter un dentiste pour qu'il lui retire le dare qui était resté planté là.
Nous, on a fait une pause bien méritée a Cadavo. On a fait la rencontre d'un groupe de pèlerins auvergnat d'a peu près le meme âge que maman et qui était plutôt sympathique. Il faisait une chaleur étouffante et on a décidé de se caler dans un prés pour se mettre a l'heure espagnole en se faisant une bonne siesta et en attendant que la chaleur ne retombe pour ne repartir qu'en fin d'après midi. On a marché ensuite 7 bornes et alors qu'on était quasi arrivé a l'auberge du soir, maman s'est aperçue qu'elle avait perdu un de ses appareils auditifs. La galère! On a tout de suite pensé qu'il était tombé de son oreille pendant la sieste et du coup, j'ai laissé mon sac dans les fourrés et suis parti faire demi tour a la recherche de l'appareil. Il y avait peu de chance de le retrouver mais vu le cout de l'objet, près de 1600€, ca valait le coup d'aller verifier si je ne pouvais pas le retrouver. Mais dans les hautes herbes où l'on s'était couché, impossible de retrouver quoi que soit, surtout de cette taille et de cette couleur. Du coup, je me suis tapé un bon 14kms aller/retour en bonus ce qui a amené mon nouveau record de distance a 43 bornes en une journée. De son cote, maman avait demandé de l'aide a notre pote pelerin espagnol qui a bien voulu ramener mon sac a l'auberge. Ca a été une journée dure pour moi avec la periostite tibiale de ma jambe droite qui avait fortement gonflé avec la distance. J'avais en plus ressenti de forts étourdissements depuis la dernière nuit passée en tente. Des que je basculais la tête en arrière, j'étais pris de vertiges énormes qui me faisaient penser au tremblement de terre au Nepal d'il y a 2 ans. Sauf que là, tout venait de ma tête...peut être au final un déséquilibre de mon oreille interne.
Le lendemain, on reprenait la marche jusqu'a rejoindre la dernière grosse ville avant notre arrivée sur Santiago, Lugo, la fortifiée...


dimanche 23 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 2 Grande Salime to Galicia


Le lendemain, on a reattaqué pied au plancher et on est passé devant une auberge municipale après 8kms de marche. Il ne restait plus qu'un seul pelerin: un jeune slovaque avec qui on avait déjà sympathisé et qui n'hésitait pas a envoyer du 40 bornes tous les jours! Du coup, on ne s'est pas fait prier pour utiliser les douches et sanitaires et meme pour finir les restes dans les placards de la cuisine: de vrais petits gitans!


Le camino longeait pendant un bon moment une départementale puis on a commencé une descente a travers une foret de pins bien cramée, un incendie ayant sans doute sévi dans le coin il n'y avait pas si longtemps. Le chemin, bien que faisant un long detour, était de toute beauté et la marche tres agréable a l'ombre de la forêt. On est descendu jusqu'au barrage de Grandas de Salime puis on s'est tapé la montée dans l'autre sens qui fut assez dure! 

Arrivé a Grandas de Salime, on a retrouvé notre slovaque et on a tenté de faire pareil dans l'auberge municipale du coin. Là, il y avait plus de monde a cette heure là et on a du s'acquitter d'un droit d'utilisation des douches de 2€ par personne. On a également retrouvé Dicle et Steffy qu'on avait précédemment rencontrés aux alentours de Bilbao et qui voyageaient désormais plus ou moins avec flash Thomas surnommé "el taximan" par certains ici tellement il allait vite. C'était un jeune français qui était parti du Puy comme nous et qui démarrait toujours plus tard que tout le monde, mais quand vous arriviez a l'auberge le soir, il était toujours là, présent, déjà installé, frais et douché! Ca a fait plaisir de revoir tout ce petit monde mais on a préféré  continuer encore pour tenter de trouver un spot où caler la tente sur les hauteurs. Depuis l'épisode malencontreux de la veille, je voulais tester une nouvelle technique, a savoir marcher au tacquet jusqu'au diner, puis faire une bonne et longue pause pendant le souper pour ensuite continuer encore a marcher et ainsi digérer dans le même temps. Ca permettait de bien avancer mais aussi de pouvoir planter la tente plus tard, genre juste avant le coucher de soleil, car il faut savoir que le camping sauvage est interdit ici. Mais comme le coucher de soleil est vers 22h, ca fait tout de même de sacrées journées, surtout quand on les commence entre 6h et 7h du mat! Ce jour là, on a fait notre premier marathon soit 42kms dans la même journée. On est passé des Asturies a la Galice puis revenu en Asturies pour finalement trouver un spot sur le plus haut sommet du coin, bien a l'abri du vent mais sous les éoliennes qui pullulent ici sur les chemins de crête. A peine eu le temps de monter la tente que c'était déjà l'heure du coucher de soleil: une pure merveille avec les montagnes que l'on voyait a perte de vue sur quasi 360°. 
C'est ce soir là que j'ai découvert, dégoûté, mon laptop avec une énorme fissure en plein milieu de l'écran. Il n'y aurait plus de mise a jour du blog jusqu'au retour sur Paris...
Le matin, le lever de soleil fut encore plus fou: toutes les vallées en dessous de nous s'étaient remplies de nuages et nous on se trouvait justement au dessus de tout ca. Les efforts consentis la veille payaient vraiment maintenant! Il faut dire que j'avais un peu poussé la Mamoune dans ses retranchements et elle était passée tout près de sa limite.

lien vers la vidéo Grande Salime to Galicia




mercredi 19 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 1 Oviedo to Los Hospitales


On a finalement loupé le bus pour la sortie d'Oviedo mais au final, on ne l'a pas regretté car le chemin n'était pas si désagréable que ca bien que l'on se soit un peu perdu. On traversait de vertes campagnes assez jalonnées et c'était comme un nouveau depart de nouveau. Beaucoup de pèlerins qu'on n'avait pas encore rencontré ici, et pour cause, il s'agissait pour la plupart de nouveaux venant de démarrer d'Oviedo, en grande majorité des américains. Il faut savoir que chaque camino a sa nationalité favorite. Le Primitivo a les américains a cause du film "the way" alors que sur el Norte, il y avait beaucoup plus d'allemands. Les italiens eux se trouvent plus sur le Frances. Quand aux français, on ne sait pas trop où ils sont passés les 30,000 au depart du Puy!

On a passé la ville de Grado puis on a continué jusqu'a Cornellana où on s'est posé dans le monastère transformé en auberge pour pèlerins. Un bon 39kms tout de même ce jour. On commençait a bien prendre le rythme et depuis les Picos, on avait la sensation d'être devenu "unstoppable". 
Le lendemain, on a passé la ville de Salas assez tot dans la matinée puis on s'est posé en fin de journée sur la jolie ville dans les nuages de Tineo. Une ambiance assez détendue de nouveau a l'auberge mais moins authentique que par le passé. On avait comme la sensation que les américains qui venaient de commencer a Oviedo ne méritaient pas vraiment d'être parmi nous. D'ailleurs, quand on leurs décrivait notre parcours, ils nous prenaient pour des extraterrestres, surtout la Mamoune dont tout le monde était admiratif.
Un peu plus loin après Tineo, il y avait un embranchement avec 2 choix possibles: le plus long en kms qui passait par la ville de Polo de Alende et qu'on nous avait déconseillé, et le plus court, par la montagne, surnommé "los hospitales", a cause des ruines de nombreux hôpitaux de pèlerins que l'on retrouvait sur ce chemin. On a bien sur pris le second et on avait meme envisagé de camper quelque part sur les hauteurs pour pouvoir profiter du coucher/lever de soleil. La montée fut rude. On était en plein soleil avec quasi jamais d'ombre pour s'abriter. On pensait trouver un point d'eau a un endroit qui nous avait été indiqué mais la source devait être tarie. Du coup, on a poussé un peu plus loin jusqu'a un point d'eau d'altitude mais utilisé par les vaches, il n'était pas assez propre pour qu'on s'en serve. Du coup, on a été contraint de redescendre de ce plateau et de continuer jusqu'a un lieu dit qui détenait une chapelle et une ferme. Sur notre guide, il était indiqué un seul habitant! On a trouvé de l'eau et donc on a pensé a camper là, juste devant la petite chapelle. J'ai monté la tente et on a diné quand on a vu le fermier au loin sortir ses bêtes. Maman est allé le voir pour le prévenir par politesse qu'on envisageait de dormir là cette nuit. Il n'a rien voulu savoir et a menacé d'appeler la guardia civile si on ne déguerpissait pas vite. Sympa le pelo! Il était quasi 20h et on avait fait presque 12h de marche déjà aujourd'hui pour 37 bornes. On a remballé le matos et on s'est trouvé un coin plus ou moins plat a 1/4h de là. 




vendredi 14 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 0 Transition to Oviedo


Nous étions arrivés a l'endroit où il fallait faire un choix entre continuer sur le Camino del Norte et ses plages de sable ou le Camino Primitivo qui partait plus dans les terres et était annoncé comme plus montagneux. On a tout de même un peu hesité car les plages coté Norte étaient annoncées comme assez incroyables. De plus, cela avait du sens de faire le Norte en entier et de revenir si le coeur nous le disait, sur le Primitivo une autre fois, ce que beaucoup de pèlerins faisaient en fait. Néanmoins, rien de moins sur que l'on revienne dans le coin et le Primitivo était connu comme étant plus challenging et plus "nature". On a donc opté pour le Primitif et après avoir passé la ville de Villaviciosa en fin de journée, on a rejoint une auberge privée en mode Donativo que nous avait conseillé Eric, notre bon pelerin suisse qui nous devançait de 2 jours. 

Le proprio Sergio venait tout juste de reprendre cette auberge dans laquelle il vivait avec sa femme et sa fille. Il y régnait une ambiance bon enfant et sereine. On y a retrouvé Eva, une jeune belge, Yann, le français de Nantes qui a retrouvé son amie péruvienne ainsi que Pascal un français d'une soixantaine d'année originaire du nord de la France. Il y avait également Alain et son âne Pompon, un itinérant 68are qui pratiquait le Camino depuis au moins 25 ans. Une autre âme perdue sur le chemin...
Au petit matin, il pleuvait déjà des cordes et cette dernière nous a accompagnés toute la journée.  On est arrivé à Pola de Sierro en début d'après midi et avions prévu de repartir après la pause déjeuner. Mais la pluie redoublant de plus belle, on a préféré lever le pied ce jour là et avons partagé la soirée avec Eva et Pascal a l'auberge municipale.
La pluie était de nouveau au rendez vous le lendemain et le chemin toujours du goudron. Pas très intéressant et plutôt douloureux pour moi, à 8kms d'Oviedo, lasses, nous avons opté pour le bus qui longeait le camino jusqu'au centre ville. On a pu laisser nos sacs a l'office du tourisme avec comme intention de visiter la ville et de repartir plus loin le soir même. Le temps s'est découvert d'un coup et on a pu profiter de quelques rayons de soleil pour visiter le centre ville. En visitant la cathédrale, on a trouvé un petit parapluie qui nous a bien dépanné car le temps repartait aux orages. 
On a pris un bus local pour rejoindre 2 vieilles églises du XII et XIII siècles mais ne sommes pas parvenus a monter jusqu'au "Corcovado" local en nous perdant dans la montée en voulant prendre un raccourci a travers bois. On a tout de meme pu jouir d'un magnifique point de vue en grand angle sur la ville d'Oviedo et de ses environs. Revenu au centre ville, le temps était cette fois ensoleillé et on a décidé de récupérer nos sacs et de rester une nuit en ville. Nous sommes allés à l'auberge de la ville située dans un séminaire en mode Prison Break et avons de nouveau retrouvé notre chère Eva. On voulait ressortir pour aller boire un verre mais le couvre feu de l'auberge étant 22h, on s'est contenté d'une courte balade en ville avant de rentrer avec les poules. 
Le lendemain, alors qu'on voulait prendre de nouveau le bus pour économiser 8kms de bitume, on est passé devant l'étrange palais des congres aux formes tout a fait excentriques. Ce bref arrêt nous a tout de meme fait raté le bus qui est passé sous notre nez et le suivant était annoncé dans 2h. On s'est donc résigné a sortir de la ville comme de vrais et bons pèlerins pour démarrer ce fameux Camino Primitivo...



samedi 8 juillet 2017

201705 Camino del Norte Part 3 Les Asturies Section 2 Ribadesella to Lastres


Revenu a Ribadesella après un sacré détour montagneux dans les Picos de Europa, on passa la nuit dans une très belle auberge en bord de mer a se remettre de nos émotions. Le lendemain, on quittait une nouvelle fois Alice qui partait en train plus a l'Ouest sur le Camino del Norte. De notre coté, on continua a longer la cote asturienne en voulant coller le plus possible a la plage. Sur une de celle-ci, on du faire un peu de hors camino a travers les rochers puis de la végétation dense en mode traversée de jungle! Un couple de pèlerins suisse pas tout jeune a voulu nous suivre et ils se sont retrouvés en galère tres vite. On a même du les pousser dans la cote pour leurs faire passer certains endroits un peu trop abruptes pour eux. 

Sur le village d'après, incroyable mais vrai: je tombe nez a nez avec le couple qui nous a pris en auto stop la veille alors que le mec était en train de faire une réparation dans sa porte d'entrée. Un joli clin d'oeil du destin pour nous rappeler notre périple alpin.
On a continué sur la cote jusqu'a Colunga où on a de nouveau rencontré des pèlerins que l'on connaissait déjà et qui nous avaient redoublé lors de notre détour. Mais on n'est pas resté longtemps sur le camino car on voulait aller visiter le village de pêcheurs de Lastres qu'on nous avait conseillé et qui était situé un peu hors camino. Du coup, après s'être offert une bon repas complet au port de Lastres, on ne s'est pas pris la tête et on a prit le bus direction Villaviciosa afin de nous épargner 12kms de bitume inutiles. On quittait là le Camino del Norte pour rejoindre un autre camino, le plus vieux de tous: le Camino Primitivo...



mardi 4 juillet 2017

201705 Camino del Norte Part 4 Picos de Europa Section 3 Ruta de Cares


Des qu'on a aperçu le chemin en contrebas du canyon qui longeait un canal d'eau artificiel, on a su que ca allait être exceptionnel. Le chemin est en fait la voie qui longe un canal creusé a même les flans de montagnes afin de dévier la source du rio Cares pour l'amener vers une centrale électrique. Un travail de titans qui donnait a la voie un tracé sinueux et improbable le long des parois tombant a pic de plusieurs milliers de mètres des picos de Europa. Moi qui en ai fait des routes de montagnes escarpées, même au Nepal, je n'avais rien vu de la sorte...

Le problème du tracé que l'on a fait, c'est qu'on arrivait plus ou moins au beau milieu des 12kms de la ruta. Du coup, si on voulait la faire en entier, il fallait se taper un bout 2 fois en mode aller retour.  La bonne nouvelle en revanche, c'est qu'on a pu planquer nos sacs pour se faire cette aller/retour en ayant des ailes qui nous ont poussé dans le dos. Un sacré relâchement après une telle descente. On a remonté le courant jusqu'a l'origine du canal en traversant les gorges profondes du canyon a plusieurs reprises sur des ponts métalliques. Le final dans l'autre sens fut tout de même long et éprouvant. Ca montait de nouveau et on sentait qu'on arrivait au bout de nos forces, surtout qu'on était en plein caniar ce jour là. 
Arrivé au bout de la Ruta, soit le point de départ de la plupart des randonneurs ici, on a tout d'abord refusé un 1er ride d'un couple de français qui nous aurait avancé de seulement quelques kms pour finalement tomber sur un couple d'espagnols super gentils qui nous ont déposé directement a notre point de départ sur la cote a Ribadesella. Quand on sait comment on avait galeré a l'aller pour faire toute la route, ce cadeau tombé du ciel n'en prenait que plus de valeur. Cerise sur le gateau, ils se sont arrêtés sur un magnifique point de vue d'où l'on pouvait voir le plus beau pic de la chaîne montagneuse : le fameux Naranjo de Bulnes, le spot le plus réputé d'Espagne pour l'escalade. A mettre dans ma todolist lors d'un prochain voyage ici...


lien vers la vidéo Ruta del Cares


dimanche 2 juillet 2017

201705 Camino del Norte Part 4 Picos de Europa Section 2 Le refuge Vega de Ario


Apres s'etre bien restauré au resto d'altitude des lacs de Covadonga, on a démarré l'ascension prévue sur 3h qui devait nous menait jusqu'au refuge Vega de Ario. Le chemin montagneux montait assez sec mais notre progression se passait nickel. On notait tout de même que l'on ne rencontrait personne dans notre sens a la montée mais tous a la descente. On a compris quand on a croisé les dernières personnes du jour a la descente: le guide de haute montagne, gardien du refuge, accompagné de son fils et de 2 ânes. Il s'est arrêté pour savoir où l'on allait, visiblement inquiet de tomber sur des  hurluberlus et nous précisant qu'il avait fermé le refuge pour le reste de la semaine et qu'il n'y avait donc pas d'endroit protégé où dormir. Quand on lui a expliqué notre plan de dormir en tente près du refuge puis de tenter la descente le lendemain de l'autre cote du col pour se faire la Ruta de Cares, il nous a confirmé que c'était possible mais nous a donné une tripotée de recommandations, notamment a la descente qu'il nous décrit comme tombant a pic. Ca s'annonçait sportif. 

La bonne nouvelle, c'est qu'il y avait une source au pied du refuge et qu'on ne serait donc pas en manque d'eau. Le plateau sur lequel se trouvait le refuge était assez impressionnant avec les pics de Europa qui nous regardaient tous d'un coté. On s'est trouvé un spot bien perché pour apprécier le coucher de soleil tardif après un diner un peu frais. On a mis toutes nos couches de vêtements de disponible cette nuit là et ce ne fut pas de trop dans la tente assez exposée au vent. 
Le lendemain, on enchainait avec un lever de soleil timide sur la cime des pics enneigés a 5h du mat avant de plier la tente et démarrer la descente. Cette dernière fut fidèle a la description du gardien du refuge: a pic et pendant plus de 4h, on a fait que descendre! Le terrain étant en plus super glissant, on est tous tombé au moins une fois sur les fesses. Maman avait du mal et ca tirait fort sur les genoux. A l'arrivée, elle avait les jambes qui n'arrêtaient pas de trembler et semblait avoir les muscles totalement épuisés. Mais une fois encore, elle l'avait fait et avec brio! Du coup, on a tapé une longue pause déjeuner a l'embranchement avec la Ruta del Cares qui semblait tout a fait exceptionnelle et qu'on avait tous hate de commencer...



lien vers la vidéo Picos Refugio Vega de Ario




samedi 1 juillet 2017

201705 Camino del Norte Part 4 Picos de Europa Section 1 Covadonga lakes


Ca faisait un bout de temps que j'avais ces picos en tête. On en a entendu parler la 1ere fois lors de la descente du GR10 dans les Pyrénées où un couple de basques espagnols nous avait conseillé de faire une halte là. Ca faisait déjà plusieurs jours que l'on pouvait voir les cimes enneigées des pics et ca donnait vraiment envie d'aller y faire un tour de plus près.
En revanche, pas simple à organiser lorsqu'on est pelerin sans moyen de locomotion. Apres avoir retrouvé Alice, notre camarade brésilienne, on a commencé par faire de l'auto stop a la sortie de la ville de Ribadesella afin d'aller plus dans les terres. On est resté là près de 45'. Il y avait beaucoup de passage mais plusieurs directions et du coup, personne ne s'arrêtait. On a finalement décidé de marcher 3kms sur le bitume afin de rejoindre la sortie d'autoroute ce qui nous permettrait de faire une meilleure sélection des voitures. Et effectivement après s'être installé sur le rond point de la sortie d'autoroute, on n'a pas attendu longtemps avant que 2 jeunes locaux ne s'arrêtent pour nous donner un 1er ride jusqu'a Arriondas, a mi-chemin. De là, on a eu le temps de faire les courses pour les prochains jours avant que le bus ne parte pour nous déposer a Conga de Onis où l'on avait réservé un appartement sur air bnb. 
Le village de Congas est déjà en altitude et a un charme tout particulier avec son magnifique pont romain surplombant une rivière d'où l'on pouvait voir les picos. On a eu la chance de tomber sur le proprio du air bnb qui connaissait bien le coin et a pu nous renseigner correctement sur le chemin a suivre. Au final, on a décidé d'un programme un peu plus ambitieux que prévu au depart. Il faut savoir que les Picos de Europa sont situés a cheval sur 3 régions espagnoles: Le Leon, la Cantabrie et les Asturies. Coté Asturies, l'idée a la base était d'aller jusqu'a Covadonga puis de monter dans le parc national pour voir les lacs d'altitude réputés être la plus belle chose à voir dans le coin. On avait également entendu parler de la "Ruta de Cares", une rando qui se faisait a fleur de montagne dans un canyon et qui était censée être une des plus belle d'Espagne. Le problème était que le départ de la ruta de Cares commençait bien plus loin que les lacs de Covadonga, a près de 100 bornes de là en voiture. On s'était donc résigné a choisir l'un des 2 spots lorsque j'ai jeté un oeil sur la carte du coin et ai vu que l'on pouvait envisager de traverser tout droit, par un col, afin de passer directement des lacs de Covadonga a la Ruta de Cares. Le proprio du air bnb nous a dit qu'il pensait que c'était effectivement possible, qu'il avait entendu parler de gens qui l'avaient fait mais que lui ne l'avait jamais fait lui même. L'office du parc ne répondait plus au téléphone et on était dimanche le lendemain donc pas moyen d'avoir plus de renseignement. On s'est dit qu'on verrait bien sur place et on avait déjà prévu tout de même la bouffe pour camper au moins une nuit en montagne. 
On a demarré super tôt vers 7h du mat dimanche matin a faire du stop a la sortie de Congas mais là encore, on ne s'est pas fait trop d'illusions trop longtemps et on a marché un bon 4kms pour se mettre a l'embranchement qui se dirigeait vers Covadonga. Une dame nous a pris 1/4h plus tard pour nous déposer au pied de Covadonga. Il s'agit d'un sanctuaire posé au creux d'une magnifique verte vallée avec une splendide et surprenante monumentale église. Il y a aussi une grotte creusée dans la roche qui mène a une petite chapelle, un peu a l'image de Rocamadour, avec une grande cascade rendant le lieu assez mystique. En revanche, beaucoup de visiteurs ici et pas des meilleurs, arrivaient par paquet dans leur gros bus.
On s'est posté au rond point qui montait aux lacs. Il restait encore 12kms a faire et il n'était pas question qu'on se les farcisse a pied avec le programme que l'on avait, surtout que ca montait sec. On a a peine attendu 30 secondes avant qu'un local ne s'arrête. Il s'appelait Jesus, venait d'Oviedo pour s'entrainer a sa passion, la course en montagne. 
La montée fut de toute beauté avec une route en lacets digne des plus belles étapes du Tour de France. On a été un moment arrêté par les bergers qui montaient leurs troupeaux de vaches près des lacs d'altitude. 
Au moment où Jesus allait garer sa voiture, je n'ai pas pu sortir car ma porte était bloquée par une pierre et en reculant, une autre personne qui se garait également a percuté sa voiture. Et voilà notre bon samaritain du jour punit de sa bonne action! J'étais vraiment désolé pour lui...

On est arrivé sur les lacs qui étaient posés là sur un haut plateau alors qu'on avait une vue plongeante sur les vallées au loin et la mer que l'on devinait en fond d'un coté, et de l'autre, les pics enneigés vertigineux qui nous narguaient de toute leur hauteur. On a entrepris de faire le tour des 2 lacs, en passant par une ancienne mine d'or désaffectée. La balade était très jolie et dépaysante sur un terrain assez plat. Il y avait un resto d'altitude près des lacs où on a pris notre déjeuner et on a fait la rencontre d'un couple de jeunes espagnols dont l'homme nous a donné plein de bons conseils pour la traversée que l'on allait entreprendre. J'étais tout de même assez en pression car j'avais la responsabilité d'une palanquée de 3 dont 2 grands débutants pour de la montagne. On avait prévu de camper a l'arrache en pleine nature et il ne fallait pas se louper, notamment sur la gestion de l'eau, des distances, des difficultés, du degré de fatigue de chacun et du chemin a prendre...






vendredi 30 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 3 Les Asturies Section 1 Les plages de Llanes à Ribadesella


On a décollé tres tot de Serdo, simplement en suivant le move du dortoir et avons pu apprécier un magnifique lever de soleil ce jour là. On a enfin quitté la Cantabrie pour démarrer notre périple dans les Asturies, region censée être plus montagneuse et moins bitumée que la Cantabrie.
Alors qu'on venait a peine de rejoindre de nouveau la côte, maman avait perdu la veille un bridge de 4 dents qui s'était déchaussé après une gourmandise de trop. On a appelé le cousin dentiste qui nous a déconseillé de laisser le trou a vif trop longtemps et de consulter au plus vite. Du coup, on a appelé l'office du tourisme de la ville la plus proche, soit Llanes, qui nous a communiqué la liste de tous les dentistes en ville. S'il y a bien une profession qui ne manque pas en Espagne, c'est bien celle-ci. En revanche, on était samedi et ils étaient tous bookés. On a insisté en nous presentant comme de pauvres pelerins sur le chemin et finalement la dernière dentiste de la liste a accepté de nous prendre a la condition d'arriver avant 14h. Il nous restait a peine plus d'une heure pour faire 12kms. Mission impossible en mode pelerin, on a du se caler a un rond point et lever le pouce pour faire de l'auto stop. Une petite 1/2h d'attente avant  d'obtenir un ride direct pour Llanes. L'intervention fut brève, a peine 5' pour refixer le bridge et on pouvait déjà repartir.
Llanes était un joli petit port de toute beauté et on en a profité pour déguster une succulente paella aux fruits de mer pour 4€ le plat!
La cote a partir de Llanes est tout bonnement fantastique. La plus belle qu'on ait eu l'occasion de faire de tout le périple. Ca a tout d'abord commencé juste a la sortie de Llanes où le bord de mer était bordé de hautes falaises sécurisées par une tres vieille muraille de pierres qui rendait l'endroit si atypique. Après quelques kms, on a rejoint la magnifique plage de Poo où l'on a meme tenté de se baigner mais l'eau n'était pas très profonde dans cette petite baie. On a ensuite fait un peu de hors camino en passant dans la brousse pour longer au maximum la cote, découpée de ci de là. Le ciel se montrait plus menaçant et ca sentait l'orage a plein nez. Ca ne tombait pas super car on avait justement prévu de camper ce jour là. Qui dit camper dit surtout marcher jusque tard avant de poser la tente. On s'est finalement fait surprendre par un fort orage alors qu'il était 18h passé et on a eu juste le temps de s'abriter dans un petit bar sur une plage. Les locaux nous ont vu galerer et l'un d'entre eux nous a proposé de nous déposer dans une auberge. Apres en avoir fait 3, on s'est finalement arrêté dans une petite familiale qui proposait des tarifs abordables pour les pèlerins. On a bien dormi cette nuit au sec et au chaud et encore heureux que l'on n'avait pas campé car il a plu toute la nuit des torrents d'eau.
Le lendemain, le soleil était de nouveau au rendez-vous, comme s'il ne s'était rien passé, et on a continué notre périple côtier pour arriver sur une splendide plage, celle de Torimbia, en arc de cercle parfait et complètement sauvage. On disposait d'un point de vue imprenable sur la région et l'on pouvait voir la mer d'un cote, la chaine de montagnes dans notre dos, et de la verdure tout autour: idyllique!
On a voulu prendre au plus court ensuite et on a un peu galeré dans la végétation piquante du bord de mer. Il a fallu a un moment effectuer une descente assez périlleuse pour rejoindre une autre plage et je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de pèlerins qui se soient jamais aventurés ici.
Apres avoir eu les pieds un peu mouillé lors d'un passage difficile de rivière sur une plage, on a continué notre périple côtier par la plage de Gulpiyuri, qui m'a rappelé a certains passages les hautes falaises de Tasmanie. 
On a fait une agréable pause déjeuner dans un jardin au soleil avant de retrouver les Bufones de Pria, sorte de trou d'eau par lequel la mer s'échappe dans les terres dans des bruits intenses. On était a marée basse et on a eu le droit qu'a la bande son sans les geysers d'eau...
Alors qu'on s'approchait de Ribadesella, on est tombé sur une fête locale dans le petit village de Fatima où les gens dansaient la bourrée asturienne en tenue traditionnelle. Totalement dépaysant! 
On a enfin rejoint Ribadesella où l'on a retrouvé notre chère Alice que l'on avait laissé quelques jours plus tôt. On avait décidé de se faire un trip tous ensemble hors camino sur les Picos de Europa, ces pics enneigés qui nous narguaient depuis quelques jours déjà...


lien vers la vidéo Llanes to Ribadesella



dimanche 25 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 2 La Cantabrie Section 3 Santander to Serdo


Pour quitter Santander, nous avons emprunté la piste piétonne bétonnée entre l'autovia, le train et la départementale sur plusieurs kms. Je souffrais pas mal mais j'arrivais a diminuer mes passages sur le bitume en marchant dès que c'était possible sur les rebords en herbe ou les petits passages en terre aux bords du macadam.  Il y avait un passage qui nous permettait d'éviter une boucle de 5kms, a condition de marcher sur la voie ferrée pendant une station. On trouvait ca plutôt rigolo et on s'est prêté au jeu mais on s'est finalement gourée et avons marché la station précédente. Ce n'était pas très secure et hormis le fait que l'on se soit pris chacun les pieds dans les raies au moins une fois, avec une bonne chute pour Mamoune qui s'est retrouvée la tete sur les rails après avoir perdu l'équilibre, on s'est aussi fait engueuler par le conducteur d'un des trains. En effet, on marchait sur la voie de droite en sachant que le train qui venait de Santander était passé quelques minutes plus tôt et qu'on avait donc aucune chance d'en recroiser un de si tot vu qu'il n'en passait qu'un toutes les demi heures.  Ce qu'on ignorait, c'est qu'ils roulaient "a l'anglaise" ici soit dans l'autre sens. On s'en est rendu compte quand un train qui était a l'arrêt a la station suivante s'approchait dans notre direction puis de plus en plus près jusqu'a qu'on s'aperçoive qu'on était sur la même voie lui et nous. On a vite changé de coté et on s'est mis sur la voie de gauche. Le conducteur nous a fait de fortes remontrances avec le poing quand il est passé a notre niveau! Quelque pèlerins attendaient sur le quai de la station et furent tous surpris de nous voir arrivés par les rails. Dans ce groupe, on retrouva Win, in hollandais d'une soixantaine d'années avec qui on avait déjà diné par le passé et qui croisait souvent notre chemin ainsi que Dicle, la campeuse turc et Steffy, une jeune allemande. On a fait comme eux, a savoir prendre le prochain train sauf que quand eux sont descendus, apres une seule station, nous, on est resté dedans pour en faire 4 de plus et ainsi éviter au maximum le bitume. Ca nous a fait gagner 8 bons kms. 
Par contre, ca ne nous a pas fait éviter tout le bitume pour autant et il a fallu que je souffre un peu sur plus de 10 bornes avant de rejoindre le joli village de Santillana del Mar où l'on a cassé la croute les pieds dans l'herbe. Le village était tout a fait charmant, dans les terres, probablement le plus beau qu'on ait eu a traverser jusque là en Espagne mais tout de même un poil trop fréquenté pour nous, avec quelques arrivages de bus remplis de touristes. 
On était censé dormir là si l'on n'avait pas eu le petit coup de pouce de 8kms en moins du train, et du coup, on a préféré pousser un peu plus loin jusqu'au village de Cobreces après avoir tout de même repris le rythme avec 35 bornes au compteur. La douleur a ma jambe s'était un peu estompée grace aux cachets d'ibuprofène et cela m'a permis de continuer. 
On a checké dans une auberge religieuse attenante a un monastère dirigé par des moines reclus. On a pu assister a la messe du soir en leur compagnie. On a fini la soirée avec un pelerin espagnol un peu déboussolé qui avait réussi a checker après le couvre feu de 20h en resquillant les 6€ de la nuitée. Il nous a expliqué qu'il était sur le chemin du retour et après avoir fait le Camino Frances a l'aller, il revenait par le Norte. Il était accompagné d'un chien qu'il avait déniché a Finistera, soit la fin du fin du Camino. Il nous a confié qu'il cherchait un coin où monter une auberge sur le Camino et que des qu'il l'aurait trouvé, il s'installerait. On a su par la suite qu'il mendiait en journée pour pouvoir manger. Encore un errant de plus prit par le chemin. Le matin, on s'est réveillé et il y avait une odeur pestilentielle dans le 1er dortoir (encore heureux, on s'était mis dans le 2eme!). C'était l'espagnol qui ne se lavait probablement plus très souvent. Il avait en plus fait rentrer son chien qu'il avait fait dormir sur un lit après que ce dernier est bien déféqué au sol: charmant! Quand on sait qu'en plus, 2 pèlerins a vélo d'origine uruguayenne sont rentrés a 4h du mat par la fenêtre, la porte d'entrée ayant été verrouillée, ca vous dresse un peu le tableau de l'endroit.
On avait décidé ce jour là de coller au maximum le front de mer car nous avions remarqué ces derniers jours qu'en fait il n'y avait pas un seul camino mais plein de voies différentes avec des déviations et variantes dans tous les sens qui vous ramenaient toujours dans la bonne direction. Vu qu'elles étaient quasi tout le temps fléchées, vous pouviez vous taper 10kms sur le macadam en suivant toujours les flèches alors qu'il y avait peut être un autre chemin, tout aussi bien fléché, mais qui lui aurait longé les plages sur des chemins de terre. C'est ainsi qu'on a fait un bout de chemin avec une espagnole venant de Barcelone puis de Roland, un pompier allemand.
Quelques kms plus tard, on a fait un stop dans la jolie ville de Comillas. Après y avoir dégusté la spécialité locale, a savoir des churros servis avec du chocolat chaud, on a visité le Palacio de Sobrellano et on en a profité pour jeter un oeil a la maison de Gaudi, fidèle a l'image que l'on pouvait en avoir de lui, située sur le meme pan de colline. 
On a ensuite, par je ne sais quelle magie, traversé un golf en pleine forêt. J'en ai profité pour piquer une balle de golf qui j'espérais allait me servir a me masser en profondeur la jambe. 
On est arrivé aux abords de la ville côtière de San Vicente de la Barquera et on a pique niqué sur la plage avant de traverser le magnifique pont romain pour rejoindre la ville. Entre temps, Alice avait reçu un appel de son boss (elle était banquière, tout comme d'autres!) du Bresil qui lui proposait une promotion a la condition d'être revenue a Sao Paulo pour le 20 mai alors qu'elle avait prévu un retour le 3 juin. Du coup, elle devait accélérer son trip et a prit un bus pour rejoindre la prochaine ville côtière et éviter une étape dans les terres. On a attendu avec elle son bus jusqu'a 16:30 avant de continuer un peu plus loin jusqu'a la ville de Serdio que l'on a atteint avec toutes les peines du monde a 19h, la douleur a ma jambe me relançant! 
On a diné en compagnie de l'espagnole et de Roland de bons calamars et poulpes cuisinés dans une bonne huile d'olives. On a également retrouvé un groupe de 4 qui étaient avec nous dans l'auberge précédente, a savoir 2 jeunes allemands partis de Suisse, ainsi qu'une belge et une autre allemande. Quand on a checké a l'auberge municipale, il y avait déjà des coréens qui dormaient. On a compris par la suite pourquoi ils se couchaient aussi tot. Ils partaient a 4h du mat a la frontale tous les matins. A chacun son camino...


lien vers la video Santander to Serdo



mercredi 21 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 2 La Cantabrie Section 2: Laredo to Santander


De Santona, on a fait le plein de provision pour la journée et on a traversé une longue bande de terre de plusieurs kms avant d'atteindre la magnifique plage de Berria. La partie bitumée m'a fait vraiment mal mais des qu'on est passé sur le sable, c'est tout de suite allé mieux. On a franchi une petite montagne avec un point de vue magnifique qui séparait cette plage de la suivante: celle de Noja où on a cassé la croûte sous le porche d'une église a l'abri du vent qui soufflait fort.

On devait rejoindre Santander, mais en chemin, on avait entendu parler d'une auberge très spéciale, soit disant la meilleure de toute la Cantabrie, mais située a Guermes, ce qui nous faisait un détour de 5kms. On a quand même décidé d'aller voir et on n'a pas été déçu de notre choix. A 5kms de l'arrivée, ma jambe me faisait trop souffrir et j'ai préféré laisser finir mamoune en compagnie d'Alice et ai été pris en stop par un local qui m'a deposé devant l'auberge. L'auberge était seulement a moitié pleine, soit plus de 50 pèlerins tout de meme. Il y avait 5 ou 6 hospitaliers bénévoles qui y travaillaient et l'auberge fonctionnait en donativo avec diner et petit dej inclus. L'endroit respirait une ambiance toute particulière et tout était très spacieux, ce qui nous changeait de ce qu'on avait pu rencontré jusque là. Le père Pedro n'était pas la mais on a pu visiter le musée de son tour du monde, qui était installé carrément dans notre dortoir de 20 lits. Le mec avait fait un voyage en jeep pendant près de 20ans, toujours en petit groupe, a travers la planète entière. Il m'a battu a plat de couture! Il y avait une bibliothèque mise a disposition des pèlerins et sa collection de milliers de diapositives qui retraçaient ses voyages. Un endroit vraiment inspirant pour moi, notamment sur mon projet d'ouverture d'une auberge.
Après le repas, on nous a réuni dans une grande salle pour nous expliquer comment le père, un amoureux de la montagne,  avait repris le flambeau de ses parents fermiers, réaménagé la maison en accueil pèlerins puis on nous a prodigué quelques conseils pour la suite du voyage. Nous avons retrouvé là, Eric, notre cher compagnon Franco Suisse ainsi que le couple de colombiens, quasi aussi mal en point que moi.
Pour atteindre Santander, il y avait plusieurs chemins. On n'a pas opté pour le plus court mais surement pour le plus beau, le long des côtes, ce qui permettait d'éviter un maximum les routes bitumées et de profiter de magnifiques plages de sable en bord de falaises tres decoupées. On a fini par traverser la longue plage de surfeurs de Somo avant de grimper dans un bateau qui nous achemina directement au centre ville de Santander.
On est arrivés en début de l'après midi et avons pu réserver à l'auberge communale près de la cathédrale, avant qu'elle ne soit pleine.
Nous avons décidé d'aller voir le Palacio de Magdalena, qui nous avait fait fortes impressions lors de notre approche en bateau. Construit par les habitants de la ville pour la famille royale tout au bout de l'estuaire sur une magnifique péninsule: un endroit assez paradisiaque. Rien d'incroyable bien que la balade dans le parc fut agréable avec notamment une rencontre assez singulière avec quelques otaries et pingouins.
On avait décidé de lever un peu le pied afin de laisser ma jambe reposée et on était passés a une moyenne journalière plus proche des 25kms que des 35kms habituels. Petite balade dans les rues de la vieille ville avant de voir la malheureuse 1/2 finale retour de ligue des champions entre Monaco et la Juve. Il faut savoir que d'habitude, dans les auberges municipales, la règle est que l'on rentre avant 22h où l'on éteint les lumières. Pas évident a respecter en Espagne où l'heure du diner est plutôt 22h que 19h. Mais cette fois, on a eu de la chance que l'hospitalier était un footeux et il nous a laissé une permission jusqu'a 23h. On a fait la rencontre d'un pelerin espagnol de bien 65ans, bien conservé et en forme, un pro du Camino, qui venait cette fois-ci de Rome. Il avait déjà marché plus de 2000kms et pas un seul pépin physique. Quand il a vu ma jambe, il m'a tout de suite donné une plaquette d'ibuprofène 650mg et m'a dit d'en prendre 2 par jour pour calmer l'inflammation.
Le lendemain, il nous fallait quitter Santander par la zone industrielle: pas simple a gérer avec mon handicap. Je ne savais pas alors si j'allais pouvoir poursuivre l'aventure...





mardi 13 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 2 La Cantabrie Section 1: Bilbao to Laredo

Nadine et Alice s'étaient rencontrées des leur 1er jour sur le camino del Norte et ne s'étaient plus quittées depuis. Mais a Bilbao, Nadine devait rejoindre à la gare le lendemain son mari pour faire ensemble le camino jusqu'à Santander. Elle nous a alors confié Alice. On n'a pas hésité trop longtemps pour prendre le metro afin de nous éviter les premiers kms de bitume pour sortir de la ville car cela était même conseillé dans notre guide papier. Du coup, on a commencé tout près dans la commune de Portugalete. Il s'agit de l'embouchure du  fleuve qui amène jusqu'a Bilbao et c'est là que se situe la partie portuaire. L'endroit est surtout connu pour un magnifique et énorme pont-bac. Je n'avais encore jamais eu la chance de voir un tel principe et j'ai trouvé ca plutôt sympa, surtout quand un groupe d'espagnols un peu bourré s'est pointé avec l'un d'entre eux, déguisé en brésilienne travesti, avec de faux poils qui dépassaient du string, qui s'apprêtait à faire un saut à l'elastic entre 2 traversées du bac. Ca n'a fait qu'a moitié rire notre nouvelle compagne brésilienne Alice. Elle avait 37ans et deja 3 enfants. Elle avait fait le camino Frances, comme quasi la plupart des pèlerins ici, l'année passée et voulait en remettre une couche avec le Norte cette année.
On a longé pendant de longs kms une piste cyclable qui etait en plus tres fréquentée car jour de week end. Nos nouvelles semelles achetées chez Decathlon n'ont pas eu l'effet escompté car trop épaisses, elles ne laissaient pas assez de place aux orteils dans le fond de la chaussure et on a du tres vite se résoudre a remettre celles d'avant. On a enfin atteint notre premiere plage en debut d'apres midi et apres s'etre delectés de bons tapas dans un resto en bord de mer, on a pu marcher dans le sable pour enfin atteindre nos 1ers 1000kms de marche depuis notre depart voilà 5 semaines. On a longé pendant un bon moment la cote sur un chemin de terre super sympa avant de galerer un peu plus pour passer en dessous puis au dessus de l'autoroute qui longeait elle aussi la cote. Retour sur la mer a Miono où l'on s'est enfin décidé a braver le froid de l'eau pour se baigner. Il faut dire qu'ici, la mer cantabrique n'est guère plus chaude que sur nos cotes françaises de l'Ocean Atlantique.
Nous avons terminé notre randonnée du jour dans une très jolie station balnéaire Castro-Urdales. Très animée ce samedi soir la, l'auberge tout au bout de la ville était pleine a craquer. Et vu qu'on est arrivé en bons derniers vers 20:30 passé, on n'a pas eu trop le choix que de sortir notre tente et de nous installer dans le jardin de l'auberge municipale. On aurait pu s'y caler a 3 dans la tente qui était prevue pour ca mais heureusement l'hospitalier avait prévu le coup et il lui restait une tente vide qu'il mit a la disposition d'Alice. Trop fatigués pour nous farcir en plus la visite de la ville le soir, on s'est contenté d'aller diner et on a remis la visite de la vieille ville au lendemain matin sans les sacs. Cela nous a permis d'apprécier la sérénité de la ville, avec en plus le départ des pèlerins et des touristes. Il n'y avait plus en ville que nous et les éboueurs pour nettoyer le bordel laissé là pendant la beuverie du samedi soir. J'ai commencé a ressentir de vives douleurs au niveau du bas du tibia gauche. Ca ressemblait fortement aux problèmes rencontrés par Danièle la canadienne, c'est a dire une periostite tibiale. Il s'agit de la maladie du pelerin par excellence, a savoir une inflammation de cette partie de la jambe due a un port de charge trop lourde, sur des terrains trop durs (comme le bitume!) pendant trop longtemps! J'avais tous les critères de cochés! Sur le coup, je n'y ai pas trop pris garde et me suis contenté d'un bon doliprane avant d'aller me coucher.
Alors qu'il aurait fallu eviter le bitume, on s'est gourré sur un embranchement et au lieu de couper par une plage, on a suivi une nationale qui longeait plus ou moins le nouvel autoroute. Pas tres agréable et plutôt douloureux pour moi. On est arrivé a une aire de repos pour voiture et il y avait plein de voitures garees dans le parking. On était en train de contourner une énorme montagne depuis plus d'une heure et cela ressemblait au départ d'une rando montagneuse. Un marcheur du coin qui en finissait nous a expliqué qu'on pouvait rejoindre la ville de Laredo, notre point de chute pour la nuit, en passant par là mais que la montée était rude et que ca allait nous rallonger un peu. Il a aussi mentionné que la vue était juste a couper le souffle en haut et ca nous a suffit, malgré quelques réticences chez certaine, a nous décider pour le chemin de la cordillère cantabrique. On était tous contents de quitter cette désagréable nationale, surtout moi avec ma jambe douloureuse, et nous avons à notre tour entrepris l'ascension de la montagne mais avec nos backpacks pleins! Et pourtant nous ne l'avons pas regretté car le spectacle était à la hauteur des montagnes: on s'est tres vite retrouvés en pleine nature et la vue était de plus en plus belle. On est passé devant le site des "yeux du diable" mais on a preferé faire le sommet le plus haut, la cime Solpico, afin d'y casser la croute tout en jouissant de la vue la plus large possible sur l'incroyable baie de Laredo. Il s'agit d'une longue langue de sable, un peu a l'image de Cartagena, ma ville préférée d'Amérique du Sud en Colombie. 
 La descente fut un peu hardcore, surtout avec les sacs. Il a fallu ranger les batons, mettre les mains et j'ai du a plusieurs reprises sécuriser mes 2 comparses sur des passages assez dangereux et a pic. La douleur devenait encore plus forte a la descente et encore heureux qu'Alice me donna des anti inflammatoires qui diminuerent la douleur et me permirent de finir la journée. En plus, on etait en manque d'eau, pas étonnant vu qu'on avait commencé l'ascension avec a peine un 1/2L chacun et que la traversée avait duré plus de 4h. Quand on s'est retourné pour voir ce qu'on venait de passer, on n'était pas peu fiers et moi le 1er, d'avoir amené maman jusque là et qu'elle passe une telle difficulté sans trop de soucis. Elle était fin prête pour les montagnes des Asturies qui nous attendaient un peu plus loin...
J'ai poursuivi jusqu'a Laredo en boitant et en m'aidant des 2 batons de marche. On est arrivé juste avant la fermeture du check in dans un couvent de bonnes soeurs. L' endroit etait très austère, nous avons été reçus par une religieuse qui nous a alloué une cellule de nonne, sans fenêtre bien sur, alors qu'Alice devait partager sa chambre avec 2 autres pèlerines. 
Le lendemain, de Laredo, on a marché sur la longue plage de sable pendant 5 bons kms avant de prendre un bateau tout au bout du banc de sable pour rejoindre la rive d'en face et la ville de Santona. Le fait de marcher sur le sable m'a fait du bien et m'a permis d'avancer sans trop de douleur. De plus, le paysage était splendide et la traversée en bateau, remplie d'autres pèlerins, fut bien agréable.



lundi 12 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 1 Pays Basque Espagnol Section 3: Bilbao

Le fait de prendre le bus nous a permit de rejoindre des 12h l'auberge de jeunesse que nous avions réservée face au musée de Guggenheim et d'y déposer nos sacs, dans un grand dortoir d'une vingtaine de lits sans fenêtre, afin d'entreprendre la visite de la ville plus légers.
On a bien aimé Bilbao que ce soit sa partie nouvelle avec un centre ville assez moderne et surtout le fameux musée Guggenheim qui tronait en bord de rivière. La vieille ville etait un petit bijou avec plein de petites ruelles qui serpentaient de ci de là mais ce que l'on a apprecié par dessus tout a Bilbao, c'est le magasin Décathlon situé en plein centre ville, le seul a notre connaissance sur le chemin de Compostelle. Ca parait anodin comme ca car on a l'habitude d'y aller en voiture vu que la plupart d'entre eux sont situés dans des zones commerciales en dehors des villes mais là, pelerin oblige, pas de voiture! On a commencé par changer nos semelles intérieures de chaussures tous les 2. En effet, bien qu'on se soit équipé avec la "Rolls" de la chaussure de longue rando, la Renegade de Lowa, la semelle intérieure laissait clairement a désirer et on ressentait tous les 2 des douleurs sur la voûte plantaire en fin de journée. De mon côté, j'avais déjà fait un 1er achat de semelles en pharmacie en France au bout d'une semaine mais je ressentais encore d'atroces sensations de froid des que j'arrêtais la marche tous les soirs sous les pieds. Mamoune a fait l'acquisition d'un nouveau pantalon de rando. En fait, exactement le meme modele que celui qu'on avait pris a Paris avant de partir mais 2 tailles en dessous tellement elle avait aminci! Mon réchaud tirait la gueule aussi et j'en ai profité pour le changer. On était paré pour continuer notre périple. On a bien géré notre timing ce jour là en faisant les balades extérieures au début puis des que le temps s'est mis a se degrader avec de fortes pluies, on a pris le métro pour faire la visite du fameux musée de Guggenheim, nouvel emblème de la ville. Le building en lui-même est une véritable oeuvre d'art avec comme particularité qu'aucune ligne du bâtiment n'était droite. Meme la montée d'ascenseur était courbée. Au niveau des oeuvres d'art, il y avait surtout du moderne et des courants d'arts abstraits voir très abstraits comme un tableau complètement noir devant lequel on s'est arrêté 5 bonnes minutes a écouter les explications de l'audio guide! La partie qui nous a le plus marqué tous les 2 s'appelait "Infinity": il s'agissait d'énormes pans ondulés de ferrailles calés dans une des plus grandes salles du monde et qui étaient organisés tels de vrais labyrinthes. L'impression quand on se baladait a l'interieur était tres étrange. Les pans étaient si élevés et on tournait comme dans une spirale qu'on en perdait la notion de temps et d'espace.

De retour à l'auberge de jeunesse, on a rencontré Alice, une bresilienne de  Sao Paulo et Nadine d'Allemagne que nous avions croisées au Carmel de Markina-Xemen l'avant veille. On a passé la soirée a refaire le monde autour de bonnes bouteilles de vin cheap Rioja. Le lendemain, le mari de Nadine la rejoignait pour démarrer son Camino d'ici et on a récupéré Alice qui a continué son chemin en notre compagnie.
C'est ainsi qu'un nouveau chapitre commençait dans la région de Cantabrie...

lien vers la vidéo Bilbao



vendredi 9 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 1 Pays Basque Espagnol Section 2: Region de Biscaye

Après être restés un bon bout de temps dans les terres, on a enfin entamé une descente en bord de mer sur Gernica, ville tristement célèbre par un massacre qui eu lieu de civils sous l'air franquiste. Y restait une fresque tres connue de Picasso, aujourd'hui déplacée au musée de Madrid, il n'y avait plus sur place qu'une reproduction.
Contrairement au reste des pelerins qui passaient la nuit là, nous avions décidé de continuer de marcher afin d'arriver plus tôt sur Bilbao le lendemain pour visiter la ville et  avions l'intention de poser la tente quelque part dans la nature a une dizaine de kms de là en montagne. Un peu apres la sortie de Gernica, on est tombé sur Dicle, une jeune turque qui avait entrepris le pelerinage il y a 2 ans depuis l'Italie et avait repris cette année par le camino del Norte. On l'avait croisée un peu plus tôt dans la journée et on lui avait appliqué un strap au genou car elle avait déjà du mal a marcher dans les descentes. Cette fois-ci, on la croisa en bord de chemin où elle avait installé sa tente un peu a l'arrache dans une montée sous les bois d'une forêt.
Peu de pèlerins avaient pris cette décision de continuer mais cependant un couple de jeunes  finlandais nous précéda. En recherchant un endroit pour dormir, nous sommes finalement arrivés près d'une auberge privée qui accepta de nous laisser camper dans son jardin, moyennant la somme de 15€ tout de meme. Pas tres flexible le proprio mais on n'eut pas le courage de rebrousser chemin pour chercher un nouvel emplacement et on se posa là pour profiter d'une bonne douche chaude et du petit dej lui plutôt bon marché(2€/tête). Peu de temps après les finlandais nous rejoignirent pour prendre les dernières places de l'auberge dans le dortoir. Une nouvelle journée que l'on finissait à l'arrache a près de 39kms au compteur pour la 2eme fois consécutive!

Dans l'auberge, nous avons fait la connaissance d'un français qui accompagnait à pieds dans le cadre d'un programme de réinsertion, un jeune en difficultés depuis Séville par le camino de la Plata en passant par st Jacques et en revenant sur Bayonne par le camino del Norte en 3 mois soit plus de 2000kms. Ils nous ont raconté a quel point c'était galère de remonter le camino del norte dans l'autre sens, les indications et fléchage n'ayant été posés que pour rejoindre Santiago: pas très malin quand on sait que le pèlerinage "officiel" veut que l'on parte de chez soi pour aller jusqu'a St Jacques et y repartir ensuite toujours a pied par le chemin inverse! En tout cas, on a trouvé ce programme tres intéressant et bien plus formateur pour un jeune en difficulté plutôt que de croupir en prison dans un endroit mal entouré. L'exigence par contre demandait un éducateur en solo pour chaque jeune aidé ce qui limitait le nombre de cas possible. Pour en savoir plus sur ce programme d'aide: http://assoseuil.org/
Jeudi la route descendait de la montagne vers Lezama mais à partir de la, ce n'était plus que de la départementale le long des glissières sur du goudron jusqu'a Bilbao. Pas très intéressant, au bout de 2 kms, on décida de prendre le bus dont la ligne longeait le chemin pour rejoindre Bilbao en fin de matinée... 

lien vers la vidéo Biscaye