De Santona, on a fait le plein de provision pour la journée et on a traversé une longue bande de terre de plusieurs kms avant d'atteindre la magnifique plage de Berria. La partie bitumée m'a fait vraiment mal mais des qu'on est passé sur le sable, c'est tout de suite allé mieux. On a franchi une petite montagne avec un point de vue magnifique qui séparait cette plage de la suivante: celle de Noja où on a cassé la croûte sous le porche d'une église a l'abri du vent qui soufflait fort.
On devait rejoindre Santander, mais en chemin, on avait entendu parler d'une auberge très spéciale, soit disant la meilleure de toute la Cantabrie, mais située a Guermes, ce qui nous faisait un détour de 5kms. On a quand même décidé d'aller voir et on n'a pas été déçu de notre choix. A 5kms de l'arrivée, ma jambe me faisait trop souffrir et j'ai préféré laisser finir mamoune en compagnie d'Alice et ai été pris en stop par un local qui m'a deposé devant l'auberge. L'auberge était seulement a moitié pleine, soit plus de 50 pèlerins tout de meme. Il y avait 5 ou 6 hospitaliers bénévoles qui y travaillaient et l'auberge fonctionnait en donativo avec diner et petit dej inclus. L'endroit respirait une ambiance toute particulière et tout était très spacieux, ce qui nous changeait de ce qu'on avait pu rencontré jusque là. Le père Pedro n'était pas la mais on a pu visiter le musée de son tour du monde, qui était installé carrément dans notre dortoir de 20 lits. Le mec avait fait un voyage en jeep pendant près de 20ans, toujours en petit groupe, a travers la planète entière. Il m'a battu a plat de couture! Il y avait une bibliothèque mise a disposition des pèlerins et sa collection de milliers de diapositives qui retraçaient ses voyages. Un endroit vraiment inspirant pour moi, notamment sur mon projet d'ouverture d'une auberge.
Après le repas, on nous a réuni dans une grande salle pour nous expliquer comment le père, un amoureux de la montagne, avait repris le flambeau de ses parents fermiers, réaménagé la maison en accueil pèlerins puis on nous a prodigué quelques conseils pour la suite du voyage. Nous avons retrouvé là, Eric, notre cher compagnon Franco Suisse ainsi que le couple de colombiens, quasi aussi mal en point que moi.
Pour atteindre Santander, il y avait plusieurs chemins. On n'a pas opté pour le plus court mais surement pour le plus beau, le long des côtes, ce qui permettait d'éviter un maximum les routes bitumées et de profiter de magnifiques plages de sable en bord de falaises tres decoupées. On a fini par traverser la longue plage de surfeurs de Somo avant de grimper dans un bateau qui nous achemina directement au centre ville de Santander.
On est arrivés en début de l'après midi et avons pu réserver à l'auberge communale près de la cathédrale, avant qu'elle ne soit pleine.
Nous avons décidé d'aller voir le Palacio de Magdalena, qui nous avait fait fortes impressions lors de notre approche en bateau. Construit par les habitants de la ville pour la famille royale tout au bout de l'estuaire sur une magnifique péninsule: un endroit assez paradisiaque. Rien d'incroyable bien que la balade dans le parc fut agréable avec notamment une rencontre assez singulière avec quelques otaries et pingouins.
On avait décidé de lever un peu le pied afin de laisser ma jambe reposée et on était passés a une moyenne journalière plus proche des 25kms que des 35kms habituels. Petite balade dans les rues de la vieille ville avant de voir la malheureuse 1/2 finale retour de ligue des champions entre Monaco et la Juve. Il faut savoir que d'habitude, dans les auberges municipales, la règle est que l'on rentre avant 22h où l'on éteint les lumières. Pas évident a respecter en Espagne où l'heure du diner est plutôt 22h que 19h. Mais cette fois, on a eu de la chance que l'hospitalier était un footeux et il nous a laissé une permission jusqu'a 23h. On a fait la rencontre d'un pelerin espagnol de bien 65ans, bien conservé et en forme, un pro du Camino, qui venait cette fois-ci de Rome. Il avait déjà marché plus de 2000kms et pas un seul pépin physique. Quand il a vu ma jambe, il m'a tout de suite donné une plaquette d'ibuprofène 650mg et m'a dit d'en prendre 2 par jour pour calmer l'inflammation.
Le lendemain, il nous fallait quitter Santander par la zone industrielle: pas simple a gérer avec mon handicap. Je ne savais pas alors si j'allais pouvoir poursuivre l'aventure...
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