Plusieurs options s'offraient à nous pour la suite du voyage, mais revenons tout d'abord en arrière sur la chronologie des événements. Au tout départ, j'avais en tête de faire le Camino par la voie du nord, appelé le "Camino del Norte", route qui se situe exclusivement en Espagne, commencant d'Irun, tout prohe d'Hendaye, et longeant la cote par le Pays Basque espagnol. Puis Maman, ayant entendu parlé en grand bien de la voie du Puy, la voie Podiensis, on a décidé de faire les 2! Et là, on arrivait au moment où il fallait faire la jonction des 2, ce qui n'est pas si simple car le chemin "standard" aujourd'hui en partant du Puy était, après Saint Jean Pied de Port, de poursuivre sur le Col de Roncevaux pour ensuite atteindre Pamplune sur le Camino Frances. Pour le Camino del Norte, il y avait une déviation qui avait été créée a peine arrivé dans le Pays Basque français en passant par Saint Palais pour ensuite redescendre sur Bayonne sans passer par Saint Jean Pied de Port et ainsi éviter les Pyrénées ce qui arrangeait bien Maman qui s'était fait une fixette des montées dans les Pyrénées. Elle avait d'ailleurs même bien prévu son coup en envisageant de prendre un train a partir d'Orthez pour rejoindre directement Irun et ne pas se taper trop de dénivelé.
De mon côté, ca ne m'arrangeait pas trop car je trouvais au contraire les chemins de montagne plus intéressants que les plaines plates et on a donc du trouver un terrain d'entente sur le sujet. Je savais qu'il y avait une grosse cote près d'Ostabat et voulais voir comment Mamoune allait la gérer, en lui prodiguant quelques techniques de mon propre cru, avant de prendre une décision définitive sur quel chemin suivre...
Nous commencions les contreforts des Pyrénées et le relief devenait plus vallonné. Avant d'atteindre Ostabat, nous gravimes une colline pentue pour trouver la stèle de Gibraltar, carrefour de 3 chemins français : celui du Puy, celui de Vezelay et celui de Tours. Et effectivement, a peine arrivé a la stèle que nous croisions de nouveaux pèlerins venus des 2 autres chemins. Puis il y eut cette montagne à franchir, la 1ere grosse difficulté du parcours. J'ai expliqué a Maman la technique du Rebirth car je voulais tester si cela pouvait fonctionner pour son cas, l'ayant déjà fait fonctionner chez mon petit neveu Adrian, lors de la montée pentue des "Stairways to Heaven" à Hawaii. Et ca a marché nickel: on a monté en marche forcée la cote et a l'arrivée, pas meme essoufflée, elle ne s'était rendue compte de rien. Elle venait sans le savoir de signer pour un passage dans les cols pyrénéens!
Au village d'Ostabat, notre hébergement était une maison du village remeublée pour accueillir un maximum de monde mais sans confort, il pouvait accueillir 12 personnes avec une seule salle de bains comprenant un wc et 2 douches, on était dans les combles, ce qui s'apparentaient a des fenêtres fermaient mal et il n'y avait pas de chauffage. Le temps avait fraichi et ce fut un avant goût de ce qui nous attendait en Espagne, loin du confort de la veille.
Ce soir la nous étions 10 dans la maison car 2 pèlerines venues de Limoges nous avaient rejoint en plus du groupe dunkerquois. Nous avons pris le repas et le petit déjeuner au village et les filles ont su mettre une nouvelle fois la bonne ambiance. Vraiment un super groupe, tres hétérogène de part leur profession, leur age, leur origine, leur manière d'être mais elles avaient une bonne symbiose et bien que nombreuses, ca fonctionnait bien entre elles et même pour la marche, elles arrivaient a avancer vite et coordonnées.
Et puis ce fut saint Jean pied de port que nous avons atteint par le haut du village. Les filles étaient au tacquet, pour certaines, c'était l'achèvement d'un voyage sur plusieurs années, et quelques larmes coulèrent.
L'accueil pèlerins nous permit de peser nos sacs vides de nourriture et sans réserve d'eau, 8,5kgs pour Mamoune et 18 pour moi. Cela nous conforta dans notre décision de nous délester d'un nouveau sac de 4kgs pour retour à la maison afin d'alléger nos bagages.
Les filles de Dunkerque avaient réservé une auberge hors de la ville, et de notre cote, nous avons retrouvé Danièle notre quebecquoise dans un autre gîte de la ville accompagnée d'un de ses collegues a l'accent encore plus prononcé. On a eu ke temps de visiter au pas de course le centre ville tres mignon et de monter a la forteresse. On n'a pas arrêté de croiser des pèlerins que l'on connaissait et cela faisait une superbe ambiance. On a fini la soirée dans une brasserie du coin afin de se dire au revoir autour d'un verre. Danièle tout juste guérie partait sur roncevaux pour le Camino Frances, nous sur le Camino del Norte a partir d'Irun en pssant par les Pyrénées et les filles de Dunkerque par le train pour rejoindre l'aéroport de Bayonne.
Un nouveau cycle commençait et il n'allait pas être de tout repos avec le chemin des Cols...
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