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jeudi 27 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 4 Lugo to Santiago


Ca faisait un bout de temps que nous n'avions pas traversé une ville de taille correcte et il s'agissait de la dernière avant St Jacques. Lugo est réputée pour sa muraille médiévale qui l'entoure et qui est classée au patrimoine mondiale de l'Unesco. On est arrivé en fin de matinée et le gite communal n'étant pas encore ouvert au check in, on est allé prendre un verre sur la place principale en compagnie de Dicle, Steffy et Thomas. J'avais fini quasi sur une jambe et ma periostite tibiale me faisait atrocement souffrir des que je posais le pied par terre. 

Les dortoirs de l'auberge étaient énormes, 40 lits par pièce! Autant vous dire que s'il y avait un ronfleur dans le lot, la nuit allait être difficile. La ballade dans le centre ville de Lugo fut bien agréable et on a pu aller boire un verre et déguster quelques tapas tous ensemble juste avant le couvre-feu de 22h imposé par l'albergue. Couvre-feu que certains pèlerins espagnols réussirent a transgresser aisément en ayant au préalable pris le soin de laisser une fenêtre ouverte en douce au rez de chaussée.
On a quitté Lugo super tôt, vers 6h du mat sous une fine pluie en compagnie de Dicle. Après le passage du vieux pont romain, la pluie s'est intensifiée alors que l'on longeait une route bitumée. Vers midi, on ne savait pas trop si l'on devait continuer mais finalement un petit éclairci nous a décidé a pousser un peu plus loin alors que la majorité de nos connaissances s'était déjà arrêtée. 
On a atterri dans une super auberge municipale, flambant neuve et avec peu de monde. En revanche, pour se restaurer, ce fut plus compliqué. J'avais tapé la discute avec un vieux berger du coin qui nous a dit qu'il n'y avait qu'un seul resto dans le village mais pas terrible et aux prix surfaits. On n'avait pas pris de provision avec nous et on ne pouvait guère se permettre de faire les difficiles. J'ai rejoint maman au resto après avoir fait sécher mon linge. J'ai été reçu assez sèchement par la proprio alors que je ne lui demandais que de l'eau pour l'apéro. Elle me parla a toute vitesse en espagnol et je ne compris pas ce qu'elle me demanda a ce moment là. Elle revint quelques minutes plus tard et me demanda sous un ton extrêmement autoritaire et désagréable d'enlever le bout de mon pied que j'avais eeposé sur le bord de ma chaise. J'étais venu en flip flop et j'avais posé le pied sur ma chaise afin d'y appliquer de la crème. Les échanges commencèrent a fuser jusqu'a que je mette ma jambe endolorie croisée sur mon autre jambe. Et là, elle me rétorqua: "non, vous devez mettre votre pied par terre et dans votre chaussure". Autant vous dire qu'a ce moment là, j'ai peté un cable et les noms d'oiseaux sont alors partis dans tous les sens. Les autres pèlerins presents dans la salle restaient là bouche bée par la violence des échanges. La proprio m'intima de sortir de son resto et vu que je refusais en lui demandant ce qu'elle allait faire, elle prit son telephone portable et appela la guardia civile. Je ne me dégonflais point et parlais dans son combiné en même temps qu'elle pour expliquer tant bien que mal la situation avec mon pauvre espagnol. La scène était ubuesque! J'avais bien compris que je ne dinerais point ce soir et que je n'allais pas faire long feu ici mais je voulais marquer le coup et la faire chier un maximum avant de partir. Maman resta diner et je dus me contenter de barres de céréales.



L'incident passé, le lendemain, on est arrivé a Meride, la jonction entre le camino primitivo et le camino frances. La réputation d'engorgement de ce dernier ne s'est pas fait démentir. C'est simple, il y avait du pelerin qui passait en continu...et pas des meilleurs (ie: de ceux qui partaient de loin), la plupart ayant commencé au plus court autorisé soit a a peine 100kms de St Jacques, distance minimum imposée pour avoir le droit de recevoir le diplôme du pelerin a l'arrivée. Un tout autre pèlerinage commençait alors mais on s'en doutait et on s'y etait préparé psychologiquement. On a gouté au poulpe façon galicienne dans une des nombreuses poulperias du coin avant de repartir. 
Malgré le monde qui marchait sur le camino, on a traversé de tres jolies forets d'eucalyptus géants et bien qu'ils continuait a pleuvoir, la marche ne fut pas désagréable. 
On passa la nuit dans une énorme auberge municipale et on prit pourtant quasi les derniers lits avant que l'auberge n'affiche complet pour la nuit.
On démarra de nouveau aux aurores et même un peu de nuit ce matin là, réveillés par les pèlerins asiatiques qui avaient commencé a paqueter des 3h du mat! Le temps était gris avec des averses par intermittence mais il y avait tellement de pèlerins qu'on ne s'ennuyait pas: il se passait toujours quelque chose en chemin. 
Il restait a peine 5kms avant l'arrivée a St Jacques quand on a passé le monument dédié aux pèlerins avec la plus grande auberge du camino qui avait été pensée il y a des années par les autorités locales pour désengorger la vieille ville de St Jacques. La contenance était de 400 lits mais en ayant utilisé qu'une infime partie des locaux a leur disposition, qu'ils pouvaient pousser a 10,000 lits, ce qui en ferait alors pour sur la plus grande auberge au monde!
Bien qu'on n'avait rien réservé, on préféra continuer et atteindre la vieille ville de St jacques pour passer notre premiere nuit dans la ville sainte...



lien vers la vidéo Lugo to Santiago




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