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jeudi 19 février 2015

Tdm 5 E01 Ethiopie Part 11: Lalibela


On a reussi a se constituer un petit groupe de 4 avec mes 2 espagnols, Lalo et Octavi ainsi que Peter un polonais pour faire le trajet de Mekele jusqu'a Lalibella. Cela nous a permis de prendre un 4x4 de la compagnie ETT, celle avec qui on a fait le tour a Danakil, qui allait justement au sud et nous a déposé a mi chemin. De là, on a du attendre 3 bonne heures avant de trouver un autre 4x4 direct pour Lalibella. Quel confort de voyager en groupe et de pouvoir diviser les coups et se partager les taches de négociation.

Je m'attendais a un site super touristique très aménagé car il s'agit du site le plus visité d'Ethiopie avec pour exemple un prix d'entrée pour les églises de 1000br soit 50$. Et pourtant il n'en fut rien: les 150 derniers kms bien qu'en réfection étaient encore de la piste et le site, perdu dans les montagnes, avait conservé tout son charme et son authenticité.
On a démarré aux aurores car il y a avait une procession sur le site principal qu'est l'église Saint George. Il faut savoir que Lalibella contient 11 églises reparties dans un tout petit périmètre et que chacune a été taillée d'un seul bloc dans la roche. Ils ont essayé a l'époque de répliquer un Jerusalem afin d'éviter aux pèlerins de faire le long voyage jusqu'en Palestine...après, va savoir si ce sont les Croisés qui en sont a l'origine, ça reste un mystère!
La création  de l'ensemble n'a pris "que" 23 ans a l'époque, soit il y a plus de 1000 ans, mais près de 40,000 personnes y travaillaient a plein temps. Quand on voit la beauté des sites, on se demande comment ils ont pu réaliser de tels prodiges. Certaines des églises ont du etre protégées d'un toit par l'Unesco car l'érosion et les fortes pluies de la mousson endommageaient les structures et certaines menaçaient de s'effondrer. Ce fut intéressant de voir les fervents éthiopiens orthodoxes, tous vêtus de blanc, prier dans un tel endroit et chaque église avait son petit cote mystérieux ce qui rendait la visite des plus captivantes.
On coupa la visite en deux sessions afin de ne pas se faire d'indigestion avec les 11 d'un coup et cela nous permit de faire un tour dans le marché local du samedi, qui m'a rappelé celui de Tis Abay près de Bahir Dar. 



On repartait déjà le surlendemain direction la capitale avec 13h de trajet sur 2 jours. Chacun reprenait son chemin: Lalo allait au Somaliland, Peter a Harrar, Octavi dans le sud pour rejoindre le Kenya. Quant a moi, je pris un vol pour rejoindre Djibouti, l'ancienne colonie française, devenue indépendante depuis les années 70, afin de voir enfin la mer dont l'Ethiopie en était privée.
Comme a chaque fois, ça m'a fait un peu bizarre de quitter un groupe et de me retrouver tout seul, surtout que celui-là était fort sympathique. 



Un bon mois passé en Ethiopie que j'ai vraiment apprécié par sa diversité et son authenticité que l'on ne retrouve nulle part ailleurs en Afrique.  Ca m'a très vite remis dans le bain de mon tour et me voila fin prêt a affronter la suite...

lien vers la vidéo Lalibela


lundi 16 février 2015

Tdm 5 E01 Ethiopie Part 10.2 la depression de Danakil: le lac de lave en fusion d'Erta Ale

Alors qu'on était tout de même un groupe de 25 touristes, ils nous ont fait dormir la seconde nuit chez l'habitant, entassés entre le living room, le garage et la cour extérieure d'une maison d'un particulier...pourtant personne n'avait eu l'impression de prendre un cheap tour! Ils nous ont préparé une chèvre au barbecue et le temps que la cuisson se fasse, on s'est pris un bain de foule avec les enfants du village Afar d'Abaala. 
On a ensuite entamé notre longue traversée de ce désert volcanique pour finalement arriver au pied du volcan Erta Ale, beaucoup moins impressionnant que ses voisins avec un sommet atteignant les 613m, si ce n'est que c'était le seul qui dégageait de la fumée a son sommet, son cratere étant en éruption constante depuis 1967.
On a mis 3 bonnes heures et 15km pour le rejoindre dont une grande partie a la frontale de nuit. L'arrivée au cratère fut spectaculaire. On s'est enfoncé d'une bonne cinquante de mètres pour aller au fond du cratère et de là, on voyait une lumière orange au milieu de ce dernier. En s'approchant, on a découvert un vaste lac de lave en ébullition. Sa consistance a la surface était changeante et avait l'air de passer, au gré de sa volonté, de pierre volcanique noire solide, a de la lave en fusion prête a exploser a tout moment et échappant a tout controle.   On voyait bien que lors du passage solide a liquide, la lave qui était située sous la partie dure chauffait si fort et avec une telle pression, qu'elle avalait carrément la partie solide pour la transformer aussitôt en lave en fusion. On est resté bien 2h a admirer ce spectacle malgré l'odeur de souffre nocive puis on est remonté au dessus du cratère pour dormir a la belle étoile, enveloppés par le vent glacial qui soufflait ici. Le volcan était tout de même moins impressionnant que celui du Tolbachik au Kemchatka mais tout de même different car il s'agissait ici d'un lac que l'on pouvait approcher de beaucoup plus près. Il n'existe que 4 lacs de lave en fusion au monde, les 3 autres étant situés en Republic démocratique du Congo (celui qu'on a raté avec Vince alors que l'on essayait de passer la frontière depuis le Rwanda), en Antarctique et enfin à Hawaii, l'un de mes derniers arrêts pour ce tour...
Le matin, on remit le couvert de nuit avant que le jour ne se lève et nous laisse découvrir la beauté du site et de ses environs. 

Une journée entière pour rentrer sur Mekele puis le lendemain, on repartait déjà pour mon dernier stop éthiopien: les églises taillées dans la roche de Lalibella.



mardi 10 février 2015

Tdm 5 E01 Ethiopie Part 10.1 la depression de Danakil: Salt mines & Dallol


On est arrivé a Mekele, la 4eme plus grosse ville du pays avec près de 300,000 habitants de nuit et notre hotel était surpeuplé: il y avait 2 mariages en cours, un au rdc et l'autre au dernier étage. Ils font un sacré boucan mais on a eu la chance de se faire inviter par un des convives et de voir les mariés de près en pleine chick danse.


La dépression de Danakil est un endroit bien a part en Ethiopie et aussi la principale raison pour laquelle je suis revenu en Afrique. J'avais vu des photos de Fernando, mon pote argentin rencontré précédemment en Namibie qui m'avait convaincu. Par contre, il s'agit d'un territoire assez compliqué car non seulement il bénéficie d'un environnement assez hostile, a savoir l'endroit le plus chaud de la planète (35° de moyenne sur toute l'année) et le 4eme point le plus bas (a -120m sous le niveau de l'ocean) mais en plus, il forme une frontière naturelle entre l'Ethiopie, leurs frères jurés d'Eritrée, et de Djibouti. Les tensions sont vives entre l'Ethiopie et l'Eritrée, ex colonie italienne, qui prive l'Ethiopie d'un accès a la mer. Il y a eu une guerre dans les années 90 pour se disputer ces territoires et le conflit bien qu'en suspens est encore très vif. 
Le peuple Afar vit ici entre les 3 pays et rien que la partie éthiopienne représente plus de 1,5 millions d'habitants. Ces derniers vivent principalement de la collecte du sel qui est faite dans le désert et qui est ramassé a la main, de la même manière depuis des siècles. Des caravanes de dromadaires et d'ânes sont là pour assurer le transport et tout ce petit monde vit comme ça depuis des décennies. On est allé se tremper les pieds dans le lac de sel Assal avant de passer une nuit a la belle étoile sur des paillasses surélevées dans le village d'Hamedela.
Jour 2, on est allé se balader dans les montagnes de sel qui forment parfois d'étranges tunnels naturels. Quelques   hot spring bouillonnants mais pas vraiment propices a la baignade. Puis nous avons atteint le site de Dallol, situé 125m sous le niveau de la mer et qui renvoie tout un tas de couleurs inattendues par son mix entre les fumeroles jaunes, le sel blanc et la pierre volcanique orange: des oeufs brouillés avec un peu d'épices!
Restait encore le plus beau à venir: le lac de lave en fusion Erta Ale...


lien vers la vidéo Danakil Salt mines and Dallol

vendredi 6 février 2015

Tdm 5 E01 Ethiopie Part 9: les églises troglodytes de la région de Tigray

Après la visite d'aksum  on a finalement décidé de partir dans l'après midi pour Mekele là où le tour pour la dépression de Danakil commençait. Mais on s'est tout de même fait un stop en chemin dans la région de Tigray afin de voir une église troglodyte, en l'occurence celle de Medhane Alem Kesho, perdue en haut d'une montagne après que l'on ait fait 30' de pistes. On etait en fin de journée et avec le soleil couchant, l'endroit n'était que plus mystique. Vraiment une belle balade.

Je vous passe la dépression de Danakil que vous retrouverez dans le prochain opus pour vous décrire Abuna Yemeta Guh, la seconde église de Tigray que l'on a visité au retour de Mekele. On nous avait dit qu'il s'agissait de la plus belle et effectivement, on ne nous avait pas menti. L'église était littéralement perchée au beau milieu d'une falaise et on a du faire une ascension assez périlleuse le long de la paroi abrupte. L'église, cachée dans le creux de la roche avait quelque chose de magique et le décor l'entourant était tout juste incroyable: probablement l'une des plus belles choses que j'ai pu visiter en Ethiopie. On était finalement que 3 pour cette ascension/visite, Lalo et Alejandro ayant préféré rester a Mekele, et Youky, une japonaise un peu fofolle, qui venait de traverser tout le Soudan seule en provenance d'Egypte et qu'on avait rencontrée lors du tour a Danakil, ainsi que mon cher Octavi.
La pauvre Youky, pour sa 1ere ascension, n'a pas choisi les meilleures conditions car on était un peu dans le rush vu que le soleil n'allait pas tarder a se coucher. On a du escalader le pan de montagne a toute vitesse et ce fut finalement pour le mieux la concernant car elle n'eut pas eu le temps de réfléchir et de se faire prendre par la peur. 
Un petit coup de pression plus loin avec le guide qui nous a fait visiter le site et qui demandait une somme folle puis nous sommes rentrés a Mekele pour une bonne nuit de repos avant de reprendre la route pour le highlight d'Ethiopie: les églises de Lalibella.


lien vers la vidéo Tigray churches


Tdm 5 E01 Ethiopie Part 8: les stèles et l'arche de l'alliance d'Aksum


J'ai passé la nuit a Debark et me suis pointé a 7h du mat a la gare pour pouvoir choper une place dans le bus qui venait de Gonder et qui faisait un stop ici avant de rejoindre Axum. Malheureusement et bien que je sois pourtant arrivé le 1er, le responsable des bus ne m'a pas fait monter dans le 1er bus mais plutôt une dizaine de ses potes. Il ne me restait plus qu'un bus sinon j'étais bon pour galérer toute la journée. Le second était bondé mais j'ai eu la chance de tomber sur 2 espagnols, Lalo et Octavi, tous 2 lonely backpackers, que j'avais rencontrés a Chenek la veille. Ils étaient retournés a Gonder pour prendre le bus a son point de départ et ont insisté auprès du chef de gare pour me faire monter. Le chauffeur a réussi a me trouver une place tout au fond du bus en mettant une éthiopienne par dessus une autre et en me faisant payer un billet au double du tarif et bien sur sans ticket!



La route fut longue et extrêmement sinueuse et dangereuse. Avec un bus qui avait bien vécu, on prenait des courbes très prononcées pour descendre des parois abruptes, a se demander pourquoi je m'étais tant battu pour monter dans cet engin de la mort. Finalement on fut bloqué dans un lacet alors qu'ils étaient en train de reconstruire la route. Un bus s'était planté en plein milieu et a bien mis une bonne heure et demi pour en sortir. On aura mis au final 10h pour arriver a bonne destination. Un 4eme larron avait rejoint notre petit groupe, Alejandro, un jeune américain de 22ans.


Axum m'a un peu déçu. On a visité les tombes royales avec les énormes stèles qui trônaient a leurs pieds et bien qu'il y avait là le plus grand monolithe du monde taillé debout (33m), ce dernier était tombé et gisait a terre en plusieurs morceaux. On est allé voir le soi-disant palace de la reine Sheba mais il ne restait qu'un tas de pierre et le guide nous a dit qu'il s'agissait finalement d'une demeure d'un noble seulement!
On est ensuite allé visiter l'église de sainte Marie qui contient l'arche de l'Alliance censée avoir porté les tables des 10 commandements. Malheureusement l'arche n'est pas accessible et même la copie qui se trouve dans l'église n'est visible que par le prêtre. La chapelle qui porte cet élément saint, le plus précieux pour les orthodoxes éthiopien, était en restauration d'urgence car son toit n'était plus étanche. Ils ont du construire une chapelle de secours a la va vite juste a cote de celle-ci pour pouvoir protéger l'arche. On est aussi allé faire un tour dans le monastère adjacent, interdit aux femmes, de peur que les prêtres, qui n'en ont jamais vu, ne soient tout a coup "tentés"!

lien vers la vidéo Axsum


jeudi 5 février 2015

Tdm 5 E01 Ethiopie Part 7: les Siemens mountains


Le Timkat dure 3 jours dans tout le pays mais on a préféré  filer avant la fin car on était tous les 3 un peu court sur nos visas respectifs. On était les seuls touristes qui se sont pointés sans tour opérateur a Debark, la ville de départ des Siemens Mountains. Les guides et chauffeurs locaux nous ont vite repéré et nous ont affiché des tarifs extrêmement chers: 1600br soit 80$ pour un aller simple au 1er refuge situé a a peine 30km. On a sèchement refusé et pendant notre pause déjeuner, un intermédiaire nous a mis en contact avec un mec d'Addis qui venait visiter la région avec sa copine et qui nous proposa des places dans son 4x4 pour les 3/4 du prix officiel. Je me suis alors pointé au bureau pour prendre les tickets d'entrée avec lui mais alors que l'on remontait dans la voiture, un groupe d'une dizaine de chauffeurs officiels est venu prendre la tête a notre chauffeur. Apres 10' de discussion, notre chauffeur a décidé de démarrer et là, un des mecs du groupe lui a asséné un violent coup de poing dans la tempe. Notre chauffeur a préféré aller porter plainte a la police et nous, nous avons décidé de ne pas céder a ce chantage et procédé odieux et avons entamé le début de la route a pied. Il y avait 12km pour rejoindre l'entrée du parc et le 1er campement était ensuite situé a une quinzaine de kms. C'était déjà la fin de journée mais on savait que l'on pourrait sans doute avoir un ride par un des nombreux camions qui transitait par cette route. Mais la guilde des chauffeurs ne s'est pas arrêtée là: ils nous ont collé un de leurs mecs dans les pattes qui nous suivait a la trace et qui disait a quiconque s'arrêtait pour nous prendre de ne surtout pas le faire. On a marché comme ça pendant près d'une heure et bien qu'on ait tenté de lui mettre quelques coups de pression, la sangsue était toujours bien accrochée. Un gros camion s'est finalement arrêté et malgré les propos du mec, le routier nous a pris et on a pu prendre le large. Il nous a déposé juste avant l'entrée du parc et il nous a fallu encore 2 bonnes heures dont une majeure partie dans le noir pour rejoindre le 1er refuge. Encore heureux qu'on avait notre scout, un soldat armé, obligatoire dans la région, qui bien que ne parlant aucun anglais, a pu nous guider jusqu'a bon port.

Le lendemain, alors qu'on reprenait la route a pied, on est tombé sur le mec d'Addis qui s'était fait frapper la veille et qui nous a donné un ride jusqu'a Chenek soit quasi le bout du parc! La vue était splendide du haut de ses hauts plateaux et j'ai rarement eu l'occasion de voir autant de montagnes et reliefs aussi escarpés et vertigineux, surtout du haut du 4x4 vu que les seules places qui restaient dans la voiture étaient sur le toit! 
Au niveau animaux sauvages, on a été gâté aussi avec des Ibex, des loups et des babouins a poil long, une spécialité de la région et particulièrement friands de dattes.
En revanche, la nuit fut extremement fraiche. Regis et moi dormions dans nos tentes respectives et Cloé avait opté pour un lit en refuge. On avait sorti 2 couvertures de sa chambre mais malheureusement la gérante du refuge s'en est aperçue et est venue nous les réclamer en pleine nuit. Regis avait un duvet qui tenait jusqu'a 0º mais a quand même eu froid, le mien était annoncé a 11° en conditions extrêmes et il m'a été quasiment impossible de dormir. En plus, j'ai eu la tête qui a chauffé toute la nuit, probablement du a l'altitude, on était a presque 4000m.
Le lendemain, on a trouvé facilement un ride qui nous a ramené a mi chemin de l'entrée du parc, a Sankaber. On a démarré la descente en espérant trouver un ride sur le retour mais aucune voiture de touristes ne s'est arrêtée ce qui fait qu'on a marché quasi toute la journée pour rejoindre l'entrée du parc qu'on a atteinte a la tombée de la nuit. Il n'y avait guère d'espoir de trouver un ride vu que le parc fermait ses portes mais la providence est passée par là et un minibus rempli de vieux français a la retraite et qui faisaient un tour a la journée dans le parc est sorti juste a la fermeture des portes et s'est arrêté pour nous prendre sur les 12 derniers kms: ouf!
Mes 2 compagnons de fortune redescendaient plus au sud pour revenir sur leurs pas a Gonder alors que moi je poursuivais mon chemin plus au nord pour rejoindre l'ancienne capitale des rois: Axum.

lien vers la vidéo Siemens Mountains

mercredi 4 février 2015

Tdm 5 E01 Ethiopie Part 6: Gonder et la fete du Timkat


On a mis plus de 3h pour rejoindre Gonder de Bahir Dar. A chaque passage de villages, des foules en liesse étaient dans la rue et dansaient pour le Timkat, la fête de l'Epiphanie où l'on célèbre le baptême de Jesus. Il s'agit du plus gros festival du pays et l'épicentre se trouve justement être Gonder. Tous les hôtels et pensions affichaient complet sauf certaines chambres dont le prix avait bien sur était multiplié par 10 pour l'occasion. On eu la chance de trouver une pension qui nous permit de poser nos tentes dans leur cour pour la modique somme de 80 br (soit 3€!). A la sortie de la station de bus, on rencontra Joseph, un rabatteur qui avait l'air plutôt cool et il nous sortit le soir dans un bar local avec musique et danse live: la cheeck dance qu'on a vite détourné en "chicken dance".

Il y eut des chants religieux en continu quasiment toute la nuit qui résonnaient dans toute la ville et jusque dans nos tentes. La grasse matinée n'était de toute façon pas au programme me concernant puisque je suis allé avec Joseph a une profession religieuse en pleine nuit qui annonçait le début officiel du Timkat. Cela se passait dans les bains de Fasilladas. Les religieux étaient massés autour d'un grand bassin rempli pour l'occasion et ont passé plus de 3h a bénir l'eau. La foule se faisait de plus en plus dense et présente. Les gens montaient dans les arbres et escaladaient les murs d'enceinte de toute part. Les militaires présents pour l'occasion avaient du mal a les contenir. Quelques secondes avant que la bénédiction fut finie, un mec, qui avait grimpé sur un immense arbre puis le long d'une branche a glissé et est tombé au beau milieu du bassin faisant frémir toute l'assemblée. Puis ce fut le départ et une multitude de fanatiques se jetèrent a l'eau tous en même temps. Toute la foule amassée aux entrées des bains essayèrent alors de passer pour pouvoir profiter de l'eau bénite. Je vous laisse imaginer la cohue...même les militaires étaient dépassés et laissaient faire.
Je partis ensuite visiter le château de Gonder où se sont succédées plusieurs générations de rois. Chacun voulant mettre une touche personnelle au domaine, ça donnait un ensemble assez varié et moins géométrique que ce que l'on peut trouver en Europe.
La parade arriva enfin au centre ville en milieu d'après midi avec ses chars faisant référence au petit Jesus.
Malgre la foule, il y avait une ambiance bon enfant lors de ce Timkat. On fit la rencontre de Regis, un breton qui avait également posé sa tente a notre auberge et qui avait débuté un tour a partir de Cap Town...a velo il y a 7 mois. Il allait ensuite au Soudan mais a finalement décidé de faire un petit break dans son itinéraire et de nous suivre aux Siemens mountains.

lien vers la vidéo Gonder & Timkat


mardi 3 février 2015

Tdm 5 E01 Ethiopie Part 5: Bahir Dar et le lac Tana


Le voyage fut extrêmement long et malgré notre depart matinal d'Addis, on arriva de nuit a Bahir Dar. Le lendemain, on emprunta un bus très "local" pour rejoindre le village de Tis Abay et on eu l'occasion de voir une procession funéraire. C'était en plus jour de marché et les villageois affluaient de toutes les collines aux alentours tel un véritable exode.

Apres quelques heures marché en plein caniar, on a atteint le site des chutes d'eau du Nil Bleu: magnifique malgré le fait que l'on soit en saison sèche et que la cascade soit loin de sa pleine puissance.
Le lendemain, on prit une petite navette flottante pour faire un tour sur le plus grand lac d'Ethiopie, le lac Tana, et rejoindre la péninsule de Zege. Une multitude de plans de café recouvrait la péninsule et était totalement masquée lorsqu'on approcha du bateau par une dense foret tropicale qui leurs servaient d'ombrage. Il y avait de nombreux monastères sur la péninsule et notamment le Ura Kidane Meret qui mettait en relief les particularités de l'église chrétienne orthodoxe éthiopienne. On se balada jusqu'au sommet de la péninsule puis on se perdit lors de la redescente pour tomber sur une production artisanale de miel local, dont les éthiopiens sont très friands, surtout sous forme de vin. On atterrit dans un petit village musulman, Afaf, où après avoir dégusté une bonne injera locale, on prit le chemin du retour. A peine revenu au centre ville que c'était la folie de toute part dans les rues pour le début du Timkat, la fete nationale en Ethiopie.
C'est d'ailleurs a la prochaine destination, la ville de Gondar, a laquelle nous nous rendons, que nous allions participer a la célébration du Timkat...

lien vers la vidéo Bahir Dar


lundi 2 février 2015

Tdm 5 E01 Ethiopie Part 4: come back in Addis

J'ai fait la connaissance de Nibiyu lors de mon trajet de Key Afar a Addis. Il vient d'Arba Minch et habite désormais a Addis et bosse dans le cinema. On a rejoint Cloé qui elle avait fini son tour a l'est a Harar et qui était en compagnie de Matt, un américain qu'elle avait rencontré en Tanzanie et qui avait la particularité de voyager en tour du monde sans le moindre électronique: ni téléphone ni camera ni appareil photo! Ils etaient aussi avec 2 jeunes locaux rencontrés plus tôt. On a gouté au honey wine, une des spécialités locales, dans le quartier de Piazza. Puis on est parti diner chez Christoph, qui nous a gentiment offert de passer la nuit chez lui dans sa petite famille. Le soir, on est tous sorti voir un spectacle de musique traditionnelle éthiopienne où les musiciens et chanteurs taquinaient les clients en leurs lançant quelques vannes chantées au rythme de la melodie. On est ensuite parti en club mais au bout de deux trois endroits sans trop de monde (normal pour un mercredi), on s'est vite aperçu que les 2 jeunes locaux n'étaient là que pour nous gratter et ne sortaient jamais un penny. Je m'en étais rendu compte depuis longtemps déjà mais Cloé, de son grand coeur, les protégeaient a chaque fois et n'hésitaient pas a payer pour eux ou a nous faire payer pour eux. Une note est alors arrivée pour 3 bières et je l'ai tendue a l'un d'eux. Ce dernier m'a regardé méchamment dans les yeux comme si je l'avais disgracié a jamais et m'a rétorqué "que veux-tu que je fasse avec ça! Je n'ai pas un centime sur moi...". J'ai vu qu'il cherchait la bagarre et ne me suis pas posé 36 milles questions: je l'ai pris par la gorge de ma main et l'ai directement frappé au visage. Le ton est monté un peu partout dans la boite et on s'est tous retrouvé dehors en quelques secondes. Le mec continuait a me narguer en me regardant fixement dans les yeux si bien que je lui en ai remis une afin qu'il s'éloigne de nouveau. Les 2 mecs sont finalement partis et on est rentré sagement se coucher. 

Le lendemain, on avait prévu de partir a 5h du mat par le bus pour le nord mais malgré nos différents réveils, impossible de se lever avant 8:30. On s'est quand même pointé a une des stations de bus de la ville où l'on nous a dit que tous les bus privés étaient plein sur les 3"4 prochains jours, les avions également! Il ne nous restait que la solution des bus ordinaires mais qui ne partaient que le matin d'une autre gare. On est allé se poser au Taitu hotel: un des hôtels les plus connus d'Addis qui avait brulé il y a une semaine a peine mais dont les annexes étaient toujours en fonction. Nibiyu nous a rejoint en soirée et on est allé faire un petit tour cette fois a Piazza pour arriver a 5h du mat a la gare de bus le lendemain. C'était une cohue sans nom dans cette station et on a attendu plus de 3h pour enfin monter dans notre bus et aller en direction de Bahir Dar que l'on a rejoint en 11h de trajet pour 500 malheureux kms.