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jeudi 27 juillet 2017

201706 Santiago de Compostela


Dicle et Steffy nous avaient confiés qu'elles préféraient dormir en dehors du centre ville afin d'arriver tôt le lendemain matin pour ne pas gâcher la joie du bout du chemin avec un nombre trop important de touristes. Quand on a vu a quel point le centre ville était bondé, on ne leurs a pas donné tort. 
On est arrivé sous la pluie et pour une fois, on n'a pas fait la course aux monuments de la ville et on s'est posé dans une petite pension que nous avait dégoté l'office de tourisme. On avait une chambre privée a la literie douteuse et avec salle de bain et wc partagés mais extrêmement bien placée a 50m de la Cathédrale.
On est arrivé a Santiago le jour de la fête des mères, soit 2 mois pile poil après notre départ du Puy: difficile de faire plus beau cadeau a sa maman!! On en a profité pour se faire plaisir avec une succulente paella galicienne, accompagnée de homard.
Le lendemain, on s'est pointé a l'intérieure de la Cathédrale a 6:30 au moment où il n'y avait personne. Ce fut un beau moment que de découvrir les cendres du Saint Apôtre dans une atmosphère aussi apaisante. On a ensuite rejoint Dicle et Steffy sur la place principale et apres un long huge, on a filé faire la queue au bureau des pèlerins pour recevoir notre "diplôme" du pelerin et le dernier tampon sur notre credential. 
Il ne s'agissait pas tout a fait de notre dernier coup de tampon car le chemin ne s'arrêtait pas là et continuait jusqu'au cap Finistère (aventures que vous pourrez suivre dans le prochain episode).
Au retour de ce périple, on a prit plusieurs jours pour bien visiter la ville de Santiago, ses églises, parcs et musées. On a notamment assisté a la fameuse messe dite du botafuego où un énorme pot en fer contenant de l'encens est accroché a une corde au haut plafond de la cathédrale puis balancé par l'intermédiaire de 5 moines au travers de l'église. On est en plus tombé sur une remise de récompenses militaires et du coup, la cathédrale était pleine a craquer et on a même eu le droit a la présence de l'Evêque.

On en finissait avec ce parcours de près de 1800kms qui nous aura fait découvrir plein de contrées, personnages et aventures différentes et variées. Un pèlerinage qui nous aura fait grandir tous les 2 et qui nous aura permit de nouer une nouvelle relation entre nous. Au final, moi qui pensais que ce serait difficile pour elle de finir et qui avait pris le chemin pas très au sérieux au départ, je suis celui qui a eu le plus de mal physiquement a finir, notamment avec mes 2 periostites tibiales et mes ampoules alors que la mamoune n'a eu quasi aucun pépin physique ni même la moindre ampoule (merci Nok!). Une sacrée leçon d'humilité.


lien vers la vidéo Santiago de Compostela



201705 Camino Primitivo Part 4 Lugo to Santiago


Ca faisait un bout de temps que nous n'avions pas traversé une ville de taille correcte et il s'agissait de la dernière avant St Jacques. Lugo est réputée pour sa muraille médiévale qui l'entoure et qui est classée au patrimoine mondiale de l'Unesco. On est arrivé en fin de matinée et le gite communal n'étant pas encore ouvert au check in, on est allé prendre un verre sur la place principale en compagnie de Dicle, Steffy et Thomas. J'avais fini quasi sur une jambe et ma periostite tibiale me faisait atrocement souffrir des que je posais le pied par terre. 

Les dortoirs de l'auberge étaient énormes, 40 lits par pièce! Autant vous dire que s'il y avait un ronfleur dans le lot, la nuit allait être difficile. La ballade dans le centre ville de Lugo fut bien agréable et on a pu aller boire un verre et déguster quelques tapas tous ensemble juste avant le couvre-feu de 22h imposé par l'albergue. Couvre-feu que certains pèlerins espagnols réussirent a transgresser aisément en ayant au préalable pris le soin de laisser une fenêtre ouverte en douce au rez de chaussée.
On a quitté Lugo super tôt, vers 6h du mat sous une fine pluie en compagnie de Dicle. Après le passage du vieux pont romain, la pluie s'est intensifiée alors que l'on longeait une route bitumée. Vers midi, on ne savait pas trop si l'on devait continuer mais finalement un petit éclairci nous a décidé a pousser un peu plus loin alors que la majorité de nos connaissances s'était déjà arrêtée. 
On a atterri dans une super auberge municipale, flambant neuve et avec peu de monde. En revanche, pour se restaurer, ce fut plus compliqué. J'avais tapé la discute avec un vieux berger du coin qui nous a dit qu'il n'y avait qu'un seul resto dans le village mais pas terrible et aux prix surfaits. On n'avait pas pris de provision avec nous et on ne pouvait guère se permettre de faire les difficiles. J'ai rejoint maman au resto après avoir fait sécher mon linge. J'ai été reçu assez sèchement par la proprio alors que je ne lui demandais que de l'eau pour l'apéro. Elle me parla a toute vitesse en espagnol et je ne compris pas ce qu'elle me demanda a ce moment là. Elle revint quelques minutes plus tard et me demanda sous un ton extrêmement autoritaire et désagréable d'enlever le bout de mon pied que j'avais eeposé sur le bord de ma chaise. J'étais venu en flip flop et j'avais posé le pied sur ma chaise afin d'y appliquer de la crème. Les échanges commencèrent a fuser jusqu'a que je mette ma jambe endolorie croisée sur mon autre jambe. Et là, elle me rétorqua: "non, vous devez mettre votre pied par terre et dans votre chaussure". Autant vous dire qu'a ce moment là, j'ai peté un cable et les noms d'oiseaux sont alors partis dans tous les sens. Les autres pèlerins presents dans la salle restaient là bouche bée par la violence des échanges. La proprio m'intima de sortir de son resto et vu que je refusais en lui demandant ce qu'elle allait faire, elle prit son telephone portable et appela la guardia civile. Je ne me dégonflais point et parlais dans son combiné en même temps qu'elle pour expliquer tant bien que mal la situation avec mon pauvre espagnol. La scène était ubuesque! J'avais bien compris que je ne dinerais point ce soir et que je n'allais pas faire long feu ici mais je voulais marquer le coup et la faire chier un maximum avant de partir. Maman resta diner et je dus me contenter de barres de céréales.



L'incident passé, le lendemain, on est arrivé a Meride, la jonction entre le camino primitivo et le camino frances. La réputation d'engorgement de ce dernier ne s'est pas fait démentir. C'est simple, il y avait du pelerin qui passait en continu...et pas des meilleurs (ie: de ceux qui partaient de loin), la plupart ayant commencé au plus court autorisé soit a a peine 100kms de St Jacques, distance minimum imposée pour avoir le droit de recevoir le diplôme du pelerin a l'arrivée. Un tout autre pèlerinage commençait alors mais on s'en doutait et on s'y etait préparé psychologiquement. On a gouté au poulpe façon galicienne dans une des nombreuses poulperias du coin avant de repartir. 
Malgré le monde qui marchait sur le camino, on a traversé de tres jolies forets d'eucalyptus géants et bien qu'ils continuait a pleuvoir, la marche ne fut pas désagréable. 
On passa la nuit dans une énorme auberge municipale et on prit pourtant quasi les derniers lits avant que l'auberge n'affiche complet pour la nuit.
On démarra de nouveau aux aurores et même un peu de nuit ce matin là, réveillés par les pèlerins asiatiques qui avaient commencé a paqueter des 3h du mat! Le temps était gris avec des averses par intermittence mais il y avait tellement de pèlerins qu'on ne s'ennuyait pas: il se passait toujours quelque chose en chemin. 
Il restait a peine 5kms avant l'arrivée a St Jacques quand on a passé le monument dédié aux pèlerins avec la plus grande auberge du camino qui avait été pensée il y a des années par les autorités locales pour désengorger la vieille ville de St Jacques. La contenance était de 400 lits mais en ayant utilisé qu'une infime partie des locaux a leur disposition, qu'ils pouvaient pousser a 10,000 lits, ce qui en ferait alors pour sur la plus grande auberge au monde!
Bien qu'on n'avait rien réservé, on préféra continuer et atteindre la vieille ville de St jacques pour passer notre premiere nuit dans la ville sainte...



lien vers la vidéo Lugo to Santiago




lundi 24 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 3 O Fonsagrada to Lugo


Du coup, on a un peu levé le pied ce jour là. On a bien mangé a O Fonsagrada puis on s'est posé au village d'à côté, après a peine 18kms de marche. On y a bien sur retrouvé notre cher Thomas, plus frais que jamais, alors qu'on avait bien 12kms d'avance sur lui au depart le matin, puis Dicle et Steffy sont arrivées par la suite. Il y a eu également un espagnol super cool qu'on avait déjà croisé plein de fois, Benjamin, un grand allemand un peu neuneu et une argentine et sa mère de Buenos Aires qui venaient de démarrer le camino de la frontière entre les Asturies et la Galice. Une bonne ambiance de pèlerins comme on les aime...

Le lendemain, le mercredi 24 mai, on a continué notre route jusqu'a une grosse ascension qui piquait pas mal. Et pour cause, arrivé en haut, on a retrouvé en mode panique et en pleurs Thomas qui venait de se faire piquer au fond de la gorge par une abeille! Il a du prendre un taxi puis aller consulter un dentiste pour qu'il lui retire le dare qui était resté planté là.
Nous, on a fait une pause bien méritée a Cadavo. On a fait la rencontre d'un groupe de pèlerins auvergnat d'a peu près le meme âge que maman et qui était plutôt sympathique. Il faisait une chaleur étouffante et on a décidé de se caler dans un prés pour se mettre a l'heure espagnole en se faisant une bonne siesta et en attendant que la chaleur ne retombe pour ne repartir qu'en fin d'après midi. On a marché ensuite 7 bornes et alors qu'on était quasi arrivé a l'auberge du soir, maman s'est aperçue qu'elle avait perdu un de ses appareils auditifs. La galère! On a tout de suite pensé qu'il était tombé de son oreille pendant la sieste et du coup, j'ai laissé mon sac dans les fourrés et suis parti faire demi tour a la recherche de l'appareil. Il y avait peu de chance de le retrouver mais vu le cout de l'objet, près de 1600€, ca valait le coup d'aller verifier si je ne pouvais pas le retrouver. Mais dans les hautes herbes où l'on s'était couché, impossible de retrouver quoi que soit, surtout de cette taille et de cette couleur. Du coup, je me suis tapé un bon 14kms aller/retour en bonus ce qui a amené mon nouveau record de distance a 43 bornes en une journée. De son cote, maman avait demandé de l'aide a notre pote pelerin espagnol qui a bien voulu ramener mon sac a l'auberge. Ca a été une journée dure pour moi avec la periostite tibiale de ma jambe droite qui avait fortement gonflé avec la distance. J'avais en plus ressenti de forts étourdissements depuis la dernière nuit passée en tente. Des que je basculais la tête en arrière, j'étais pris de vertiges énormes qui me faisaient penser au tremblement de terre au Nepal d'il y a 2 ans. Sauf que là, tout venait de ma tête...peut être au final un déséquilibre de mon oreille interne.
Le lendemain, on reprenait la marche jusqu'a rejoindre la dernière grosse ville avant notre arrivée sur Santiago, Lugo, la fortifiée...


dimanche 23 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 2 Grande Salime to Galicia


Le lendemain, on a reattaqué pied au plancher et on est passé devant une auberge municipale après 8kms de marche. Il ne restait plus qu'un seul pelerin: un jeune slovaque avec qui on avait déjà sympathisé et qui n'hésitait pas a envoyer du 40 bornes tous les jours! Du coup, on ne s'est pas fait prier pour utiliser les douches et sanitaires et meme pour finir les restes dans les placards de la cuisine: de vrais petits gitans!


Le camino longeait pendant un bon moment une départementale puis on a commencé une descente a travers une foret de pins bien cramée, un incendie ayant sans doute sévi dans le coin il n'y avait pas si longtemps. Le chemin, bien que faisant un long detour, était de toute beauté et la marche tres agréable a l'ombre de la forêt. On est descendu jusqu'au barrage de Grandas de Salime puis on s'est tapé la montée dans l'autre sens qui fut assez dure! 

Arrivé a Grandas de Salime, on a retrouvé notre slovaque et on a tenté de faire pareil dans l'auberge municipale du coin. Là, il y avait plus de monde a cette heure là et on a du s'acquitter d'un droit d'utilisation des douches de 2€ par personne. On a également retrouvé Dicle et Steffy qu'on avait précédemment rencontrés aux alentours de Bilbao et qui voyageaient désormais plus ou moins avec flash Thomas surnommé "el taximan" par certains ici tellement il allait vite. C'était un jeune français qui était parti du Puy comme nous et qui démarrait toujours plus tard que tout le monde, mais quand vous arriviez a l'auberge le soir, il était toujours là, présent, déjà installé, frais et douché! Ca a fait plaisir de revoir tout ce petit monde mais on a préféré  continuer encore pour tenter de trouver un spot où caler la tente sur les hauteurs. Depuis l'épisode malencontreux de la veille, je voulais tester une nouvelle technique, a savoir marcher au tacquet jusqu'au diner, puis faire une bonne et longue pause pendant le souper pour ensuite continuer encore a marcher et ainsi digérer dans le même temps. Ca permettait de bien avancer mais aussi de pouvoir planter la tente plus tard, genre juste avant le coucher de soleil, car il faut savoir que le camping sauvage est interdit ici. Mais comme le coucher de soleil est vers 22h, ca fait tout de même de sacrées journées, surtout quand on les commence entre 6h et 7h du mat! Ce jour là, on a fait notre premier marathon soit 42kms dans la même journée. On est passé des Asturies a la Galice puis revenu en Asturies pour finalement trouver un spot sur le plus haut sommet du coin, bien a l'abri du vent mais sous les éoliennes qui pullulent ici sur les chemins de crête. A peine eu le temps de monter la tente que c'était déjà l'heure du coucher de soleil: une pure merveille avec les montagnes que l'on voyait a perte de vue sur quasi 360°. 
C'est ce soir là que j'ai découvert, dégoûté, mon laptop avec une énorme fissure en plein milieu de l'écran. Il n'y aurait plus de mise a jour du blog jusqu'au retour sur Paris...
Le matin, le lever de soleil fut encore plus fou: toutes les vallées en dessous de nous s'étaient remplies de nuages et nous on se trouvait justement au dessus de tout ca. Les efforts consentis la veille payaient vraiment maintenant! Il faut dire que j'avais un peu poussé la Mamoune dans ses retranchements et elle était passée tout près de sa limite.

lien vers la vidéo Grande Salime to Galicia




mercredi 19 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 1 Oviedo to Los Hospitales


On a finalement loupé le bus pour la sortie d'Oviedo mais au final, on ne l'a pas regretté car le chemin n'était pas si désagréable que ca bien que l'on se soit un peu perdu. On traversait de vertes campagnes assez jalonnées et c'était comme un nouveau depart de nouveau. Beaucoup de pèlerins qu'on n'avait pas encore rencontré ici, et pour cause, il s'agissait pour la plupart de nouveaux venant de démarrer d'Oviedo, en grande majorité des américains. Il faut savoir que chaque camino a sa nationalité favorite. Le Primitivo a les américains a cause du film "the way" alors que sur el Norte, il y avait beaucoup plus d'allemands. Les italiens eux se trouvent plus sur le Frances. Quand aux français, on ne sait pas trop où ils sont passés les 30,000 au depart du Puy!

On a passé la ville de Grado puis on a continué jusqu'a Cornellana où on s'est posé dans le monastère transformé en auberge pour pèlerins. Un bon 39kms tout de même ce jour. On commençait a bien prendre le rythme et depuis les Picos, on avait la sensation d'être devenu "unstoppable". 
Le lendemain, on a passé la ville de Salas assez tot dans la matinée puis on s'est posé en fin de journée sur la jolie ville dans les nuages de Tineo. Une ambiance assez détendue de nouveau a l'auberge mais moins authentique que par le passé. On avait comme la sensation que les américains qui venaient de commencer a Oviedo ne méritaient pas vraiment d'être parmi nous. D'ailleurs, quand on leurs décrivait notre parcours, ils nous prenaient pour des extraterrestres, surtout la Mamoune dont tout le monde était admiratif.
Un peu plus loin après Tineo, il y avait un embranchement avec 2 choix possibles: le plus long en kms qui passait par la ville de Polo de Alende et qu'on nous avait déconseillé, et le plus court, par la montagne, surnommé "los hospitales", a cause des ruines de nombreux hôpitaux de pèlerins que l'on retrouvait sur ce chemin. On a bien sur pris le second et on avait meme envisagé de camper quelque part sur les hauteurs pour pouvoir profiter du coucher/lever de soleil. La montée fut rude. On était en plein soleil avec quasi jamais d'ombre pour s'abriter. On pensait trouver un point d'eau a un endroit qui nous avait été indiqué mais la source devait être tarie. Du coup, on a poussé un peu plus loin jusqu'a un point d'eau d'altitude mais utilisé par les vaches, il n'était pas assez propre pour qu'on s'en serve. Du coup, on a été contraint de redescendre de ce plateau et de continuer jusqu'a un lieu dit qui détenait une chapelle et une ferme. Sur notre guide, il était indiqué un seul habitant! On a trouvé de l'eau et donc on a pensé a camper là, juste devant la petite chapelle. J'ai monté la tente et on a diné quand on a vu le fermier au loin sortir ses bêtes. Maman est allé le voir pour le prévenir par politesse qu'on envisageait de dormir là cette nuit. Il n'a rien voulu savoir et a menacé d'appeler la guardia civile si on ne déguerpissait pas vite. Sympa le pelo! Il était quasi 20h et on avait fait presque 12h de marche déjà aujourd'hui pour 37 bornes. On a remballé le matos et on s'est trouvé un coin plus ou moins plat a 1/4h de là. 




vendredi 14 juillet 2017

201705 Camino Primitivo Part 0 Transition to Oviedo


Nous étions arrivés a l'endroit où il fallait faire un choix entre continuer sur le Camino del Norte et ses plages de sable ou le Camino Primitivo qui partait plus dans les terres et était annoncé comme plus montagneux. On a tout de même un peu hesité car les plages coté Norte étaient annoncées comme assez incroyables. De plus, cela avait du sens de faire le Norte en entier et de revenir si le coeur nous le disait, sur le Primitivo une autre fois, ce que beaucoup de pèlerins faisaient en fait. Néanmoins, rien de moins sur que l'on revienne dans le coin et le Primitivo était connu comme étant plus challenging et plus "nature". On a donc opté pour le Primitif et après avoir passé la ville de Villaviciosa en fin de journée, on a rejoint une auberge privée en mode Donativo que nous avait conseillé Eric, notre bon pelerin suisse qui nous devançait de 2 jours. 

Le proprio Sergio venait tout juste de reprendre cette auberge dans laquelle il vivait avec sa femme et sa fille. Il y régnait une ambiance bon enfant et sereine. On y a retrouvé Eva, une jeune belge, Yann, le français de Nantes qui a retrouvé son amie péruvienne ainsi que Pascal un français d'une soixantaine d'année originaire du nord de la France. Il y avait également Alain et son âne Pompon, un itinérant 68are qui pratiquait le Camino depuis au moins 25 ans. Une autre âme perdue sur le chemin...
Au petit matin, il pleuvait déjà des cordes et cette dernière nous a accompagnés toute la journée.  On est arrivé à Pola de Sierro en début d'après midi et avions prévu de repartir après la pause déjeuner. Mais la pluie redoublant de plus belle, on a préféré lever le pied ce jour là et avons partagé la soirée avec Eva et Pascal a l'auberge municipale.
La pluie était de nouveau au rendez vous le lendemain et le chemin toujours du goudron. Pas très intéressant et plutôt douloureux pour moi, à 8kms d'Oviedo, lasses, nous avons opté pour le bus qui longeait le camino jusqu'au centre ville. On a pu laisser nos sacs a l'office du tourisme avec comme intention de visiter la ville et de repartir plus loin le soir même. Le temps s'est découvert d'un coup et on a pu profiter de quelques rayons de soleil pour visiter le centre ville. En visitant la cathédrale, on a trouvé un petit parapluie qui nous a bien dépanné car le temps repartait aux orages. 
On a pris un bus local pour rejoindre 2 vieilles églises du XII et XIII siècles mais ne sommes pas parvenus a monter jusqu'au "Corcovado" local en nous perdant dans la montée en voulant prendre un raccourci a travers bois. On a tout de meme pu jouir d'un magnifique point de vue en grand angle sur la ville d'Oviedo et de ses environs. Revenu au centre ville, le temps était cette fois ensoleillé et on a décidé de récupérer nos sacs et de rester une nuit en ville. Nous sommes allés à l'auberge de la ville située dans un séminaire en mode Prison Break et avons de nouveau retrouvé notre chère Eva. On voulait ressortir pour aller boire un verre mais le couvre feu de l'auberge étant 22h, on s'est contenté d'une courte balade en ville avant de rentrer avec les poules. 
Le lendemain, alors qu'on voulait prendre de nouveau le bus pour économiser 8kms de bitume, on est passé devant l'étrange palais des congres aux formes tout a fait excentriques. Ce bref arrêt nous a tout de meme fait raté le bus qui est passé sous notre nez et le suivant était annoncé dans 2h. On s'est donc résigné a sortir de la ville comme de vrais et bons pèlerins pour démarrer ce fameux Camino Primitivo...



samedi 8 juillet 2017

201705 Camino del Norte Part 3 Les Asturies Section 2 Ribadesella to Lastres


Revenu a Ribadesella après un sacré détour montagneux dans les Picos de Europa, on passa la nuit dans une très belle auberge en bord de mer a se remettre de nos émotions. Le lendemain, on quittait une nouvelle fois Alice qui partait en train plus a l'Ouest sur le Camino del Norte. De notre coté, on continua a longer la cote asturienne en voulant coller le plus possible a la plage. Sur une de celle-ci, on du faire un peu de hors camino a travers les rochers puis de la végétation dense en mode traversée de jungle! Un couple de pèlerins suisse pas tout jeune a voulu nous suivre et ils se sont retrouvés en galère tres vite. On a même du les pousser dans la cote pour leurs faire passer certains endroits un peu trop abruptes pour eux. 

Sur le village d'après, incroyable mais vrai: je tombe nez a nez avec le couple qui nous a pris en auto stop la veille alors que le mec était en train de faire une réparation dans sa porte d'entrée. Un joli clin d'oeil du destin pour nous rappeler notre périple alpin.
On a continué sur la cote jusqu'a Colunga où on a de nouveau rencontré des pèlerins que l'on connaissait déjà et qui nous avaient redoublé lors de notre détour. Mais on n'est pas resté longtemps sur le camino car on voulait aller visiter le village de pêcheurs de Lastres qu'on nous avait conseillé et qui était situé un peu hors camino. Du coup, après s'être offert une bon repas complet au port de Lastres, on ne s'est pas pris la tête et on a prit le bus direction Villaviciosa afin de nous épargner 12kms de bitume inutiles. On quittait là le Camino del Norte pour rejoindre un autre camino, le plus vieux de tous: le Camino Primitivo...



mardi 4 juillet 2017

201705 Camino del Norte Part 4 Picos de Europa Section 3 Ruta de Cares


Des qu'on a aperçu le chemin en contrebas du canyon qui longeait un canal d'eau artificiel, on a su que ca allait être exceptionnel. Le chemin est en fait la voie qui longe un canal creusé a même les flans de montagnes afin de dévier la source du rio Cares pour l'amener vers une centrale électrique. Un travail de titans qui donnait a la voie un tracé sinueux et improbable le long des parois tombant a pic de plusieurs milliers de mètres des picos de Europa. Moi qui en ai fait des routes de montagnes escarpées, même au Nepal, je n'avais rien vu de la sorte...

Le problème du tracé que l'on a fait, c'est qu'on arrivait plus ou moins au beau milieu des 12kms de la ruta. Du coup, si on voulait la faire en entier, il fallait se taper un bout 2 fois en mode aller retour.  La bonne nouvelle en revanche, c'est qu'on a pu planquer nos sacs pour se faire cette aller/retour en ayant des ailes qui nous ont poussé dans le dos. Un sacré relâchement après une telle descente. On a remonté le courant jusqu'a l'origine du canal en traversant les gorges profondes du canyon a plusieurs reprises sur des ponts métalliques. Le final dans l'autre sens fut tout de même long et éprouvant. Ca montait de nouveau et on sentait qu'on arrivait au bout de nos forces, surtout qu'on était en plein caniar ce jour là. 
Arrivé au bout de la Ruta, soit le point de départ de la plupart des randonneurs ici, on a tout d'abord refusé un 1er ride d'un couple de français qui nous aurait avancé de seulement quelques kms pour finalement tomber sur un couple d'espagnols super gentils qui nous ont déposé directement a notre point de départ sur la cote a Ribadesella. Quand on sait comment on avait galeré a l'aller pour faire toute la route, ce cadeau tombé du ciel n'en prenait que plus de valeur. Cerise sur le gateau, ils se sont arrêtés sur un magnifique point de vue d'où l'on pouvait voir le plus beau pic de la chaîne montagneuse : le fameux Naranjo de Bulnes, le spot le plus réputé d'Espagne pour l'escalade. A mettre dans ma todolist lors d'un prochain voyage ici...


lien vers la vidéo Ruta del Cares


dimanche 2 juillet 2017

201705 Camino del Norte Part 4 Picos de Europa Section 2 Le refuge Vega de Ario


Apres s'etre bien restauré au resto d'altitude des lacs de Covadonga, on a démarré l'ascension prévue sur 3h qui devait nous menait jusqu'au refuge Vega de Ario. Le chemin montagneux montait assez sec mais notre progression se passait nickel. On notait tout de même que l'on ne rencontrait personne dans notre sens a la montée mais tous a la descente. On a compris quand on a croisé les dernières personnes du jour a la descente: le guide de haute montagne, gardien du refuge, accompagné de son fils et de 2 ânes. Il s'est arrêté pour savoir où l'on allait, visiblement inquiet de tomber sur des  hurluberlus et nous précisant qu'il avait fermé le refuge pour le reste de la semaine et qu'il n'y avait donc pas d'endroit protégé où dormir. Quand on lui a expliqué notre plan de dormir en tente près du refuge puis de tenter la descente le lendemain de l'autre cote du col pour se faire la Ruta de Cares, il nous a confirmé que c'était possible mais nous a donné une tripotée de recommandations, notamment a la descente qu'il nous décrit comme tombant a pic. Ca s'annonçait sportif. 

La bonne nouvelle, c'est qu'il y avait une source au pied du refuge et qu'on ne serait donc pas en manque d'eau. Le plateau sur lequel se trouvait le refuge était assez impressionnant avec les pics de Europa qui nous regardaient tous d'un coté. On s'est trouvé un spot bien perché pour apprécier le coucher de soleil tardif après un diner un peu frais. On a mis toutes nos couches de vêtements de disponible cette nuit là et ce ne fut pas de trop dans la tente assez exposée au vent. 
Le lendemain, on enchainait avec un lever de soleil timide sur la cime des pics enneigés a 5h du mat avant de plier la tente et démarrer la descente. Cette dernière fut fidèle a la description du gardien du refuge: a pic et pendant plus de 4h, on a fait que descendre! Le terrain étant en plus super glissant, on est tous tombé au moins une fois sur les fesses. Maman avait du mal et ca tirait fort sur les genoux. A l'arrivée, elle avait les jambes qui n'arrêtaient pas de trembler et semblait avoir les muscles totalement épuisés. Mais une fois encore, elle l'avait fait et avec brio! Du coup, on a tapé une longue pause déjeuner a l'embranchement avec la Ruta del Cares qui semblait tout a fait exceptionnelle et qu'on avait tous hate de commencer...



lien vers la vidéo Picos Refugio Vega de Ario




samedi 1 juillet 2017

201705 Camino del Norte Part 4 Picos de Europa Section 1 Covadonga lakes


Ca faisait un bout de temps que j'avais ces picos en tête. On en a entendu parler la 1ere fois lors de la descente du GR10 dans les Pyrénées où un couple de basques espagnols nous avait conseillé de faire une halte là. Ca faisait déjà plusieurs jours que l'on pouvait voir les cimes enneigées des pics et ca donnait vraiment envie d'aller y faire un tour de plus près.
En revanche, pas simple à organiser lorsqu'on est pelerin sans moyen de locomotion. Apres avoir retrouvé Alice, notre camarade brésilienne, on a commencé par faire de l'auto stop a la sortie de la ville de Ribadesella afin d'aller plus dans les terres. On est resté là près de 45'. Il y avait beaucoup de passage mais plusieurs directions et du coup, personne ne s'arrêtait. On a finalement décidé de marcher 3kms sur le bitume afin de rejoindre la sortie d'autoroute ce qui nous permettrait de faire une meilleure sélection des voitures. Et effectivement après s'être installé sur le rond point de la sortie d'autoroute, on n'a pas attendu longtemps avant que 2 jeunes locaux ne s'arrêtent pour nous donner un 1er ride jusqu'a Arriondas, a mi-chemin. De là, on a eu le temps de faire les courses pour les prochains jours avant que le bus ne parte pour nous déposer a Conga de Onis où l'on avait réservé un appartement sur air bnb. 
Le village de Congas est déjà en altitude et a un charme tout particulier avec son magnifique pont romain surplombant une rivière d'où l'on pouvait voir les picos. On a eu la chance de tomber sur le proprio du air bnb qui connaissait bien le coin et a pu nous renseigner correctement sur le chemin a suivre. Au final, on a décidé d'un programme un peu plus ambitieux que prévu au depart. Il faut savoir que les Picos de Europa sont situés a cheval sur 3 régions espagnoles: Le Leon, la Cantabrie et les Asturies. Coté Asturies, l'idée a la base était d'aller jusqu'a Covadonga puis de monter dans le parc national pour voir les lacs d'altitude réputés être la plus belle chose à voir dans le coin. On avait également entendu parler de la "Ruta de Cares", une rando qui se faisait a fleur de montagne dans un canyon et qui était censée être une des plus belle d'Espagne. Le problème était que le départ de la ruta de Cares commençait bien plus loin que les lacs de Covadonga, a près de 100 bornes de là en voiture. On s'était donc résigné a choisir l'un des 2 spots lorsque j'ai jeté un oeil sur la carte du coin et ai vu que l'on pouvait envisager de traverser tout droit, par un col, afin de passer directement des lacs de Covadonga a la Ruta de Cares. Le proprio du air bnb nous a dit qu'il pensait que c'était effectivement possible, qu'il avait entendu parler de gens qui l'avaient fait mais que lui ne l'avait jamais fait lui même. L'office du parc ne répondait plus au téléphone et on était dimanche le lendemain donc pas moyen d'avoir plus de renseignement. On s'est dit qu'on verrait bien sur place et on avait déjà prévu tout de même la bouffe pour camper au moins une nuit en montagne. 
On a demarré super tôt vers 7h du mat dimanche matin a faire du stop a la sortie de Congas mais là encore, on ne s'est pas fait trop d'illusions trop longtemps et on a marché un bon 4kms pour se mettre a l'embranchement qui se dirigeait vers Covadonga. Une dame nous a pris 1/4h plus tard pour nous déposer au pied de Covadonga. Il s'agit d'un sanctuaire posé au creux d'une magnifique verte vallée avec une splendide et surprenante monumentale église. Il y a aussi une grotte creusée dans la roche qui mène a une petite chapelle, un peu a l'image de Rocamadour, avec une grande cascade rendant le lieu assez mystique. En revanche, beaucoup de visiteurs ici et pas des meilleurs, arrivaient par paquet dans leur gros bus.
On s'est posté au rond point qui montait aux lacs. Il restait encore 12kms a faire et il n'était pas question qu'on se les farcisse a pied avec le programme que l'on avait, surtout que ca montait sec. On a a peine attendu 30 secondes avant qu'un local ne s'arrête. Il s'appelait Jesus, venait d'Oviedo pour s'entrainer a sa passion, la course en montagne. 
La montée fut de toute beauté avec une route en lacets digne des plus belles étapes du Tour de France. On a été un moment arrêté par les bergers qui montaient leurs troupeaux de vaches près des lacs d'altitude. 
Au moment où Jesus allait garer sa voiture, je n'ai pas pu sortir car ma porte était bloquée par une pierre et en reculant, une autre personne qui se garait également a percuté sa voiture. Et voilà notre bon samaritain du jour punit de sa bonne action! J'étais vraiment désolé pour lui...

On est arrivé sur les lacs qui étaient posés là sur un haut plateau alors qu'on avait une vue plongeante sur les vallées au loin et la mer que l'on devinait en fond d'un coté, et de l'autre, les pics enneigés vertigineux qui nous narguaient de toute leur hauteur. On a entrepris de faire le tour des 2 lacs, en passant par une ancienne mine d'or désaffectée. La balade était très jolie et dépaysante sur un terrain assez plat. Il y avait un resto d'altitude près des lacs où on a pris notre déjeuner et on a fait la rencontre d'un couple de jeunes espagnols dont l'homme nous a donné plein de bons conseils pour la traversée que l'on allait entreprendre. J'étais tout de même assez en pression car j'avais la responsabilité d'une palanquée de 3 dont 2 grands débutants pour de la montagne. On avait prévu de camper a l'arrache en pleine nature et il ne fallait pas se louper, notamment sur la gestion de l'eau, des distances, des difficultés, du degré de fatigue de chacun et du chemin a prendre...