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vendredi 30 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 3 Les Asturies Section 1 Les plages de Llanes à Ribadesella


On a décollé tres tot de Serdo, simplement en suivant le move du dortoir et avons pu apprécier un magnifique lever de soleil ce jour là. On a enfin quitté la Cantabrie pour démarrer notre périple dans les Asturies, region censée être plus montagneuse et moins bitumée que la Cantabrie.
Alors qu'on venait a peine de rejoindre de nouveau la côte, maman avait perdu la veille un bridge de 4 dents qui s'était déchaussé après une gourmandise de trop. On a appelé le cousin dentiste qui nous a déconseillé de laisser le trou a vif trop longtemps et de consulter au plus vite. Du coup, on a appelé l'office du tourisme de la ville la plus proche, soit Llanes, qui nous a communiqué la liste de tous les dentistes en ville. S'il y a bien une profession qui ne manque pas en Espagne, c'est bien celle-ci. En revanche, on était samedi et ils étaient tous bookés. On a insisté en nous presentant comme de pauvres pelerins sur le chemin et finalement la dernière dentiste de la liste a accepté de nous prendre a la condition d'arriver avant 14h. Il nous restait a peine plus d'une heure pour faire 12kms. Mission impossible en mode pelerin, on a du se caler a un rond point et lever le pouce pour faire de l'auto stop. Une petite 1/2h d'attente avant  d'obtenir un ride direct pour Llanes. L'intervention fut brève, a peine 5' pour refixer le bridge et on pouvait déjà repartir.
Llanes était un joli petit port de toute beauté et on en a profité pour déguster une succulente paella aux fruits de mer pour 4€ le plat!
La cote a partir de Llanes est tout bonnement fantastique. La plus belle qu'on ait eu l'occasion de faire de tout le périple. Ca a tout d'abord commencé juste a la sortie de Llanes où le bord de mer était bordé de hautes falaises sécurisées par une tres vieille muraille de pierres qui rendait l'endroit si atypique. Après quelques kms, on a rejoint la magnifique plage de Poo où l'on a meme tenté de se baigner mais l'eau n'était pas très profonde dans cette petite baie. On a ensuite fait un peu de hors camino en passant dans la brousse pour longer au maximum la cote, découpée de ci de là. Le ciel se montrait plus menaçant et ca sentait l'orage a plein nez. Ca ne tombait pas super car on avait justement prévu de camper ce jour là. Qui dit camper dit surtout marcher jusque tard avant de poser la tente. On s'est finalement fait surprendre par un fort orage alors qu'il était 18h passé et on a eu juste le temps de s'abriter dans un petit bar sur une plage. Les locaux nous ont vu galerer et l'un d'entre eux nous a proposé de nous déposer dans une auberge. Apres en avoir fait 3, on s'est finalement arrêté dans une petite familiale qui proposait des tarifs abordables pour les pèlerins. On a bien dormi cette nuit au sec et au chaud et encore heureux que l'on n'avait pas campé car il a plu toute la nuit des torrents d'eau.
Le lendemain, le soleil était de nouveau au rendez-vous, comme s'il ne s'était rien passé, et on a continué notre périple côtier pour arriver sur une splendide plage, celle de Torimbia, en arc de cercle parfait et complètement sauvage. On disposait d'un point de vue imprenable sur la région et l'on pouvait voir la mer d'un cote, la chaine de montagnes dans notre dos, et de la verdure tout autour: idyllique!
On a voulu prendre au plus court ensuite et on a un peu galeré dans la végétation piquante du bord de mer. Il a fallu a un moment effectuer une descente assez périlleuse pour rejoindre une autre plage et je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de pèlerins qui se soient jamais aventurés ici.
Apres avoir eu les pieds un peu mouillé lors d'un passage difficile de rivière sur une plage, on a continué notre périple côtier par la plage de Gulpiyuri, qui m'a rappelé a certains passages les hautes falaises de Tasmanie. 
On a fait une agréable pause déjeuner dans un jardin au soleil avant de retrouver les Bufones de Pria, sorte de trou d'eau par lequel la mer s'échappe dans les terres dans des bruits intenses. On était a marée basse et on a eu le droit qu'a la bande son sans les geysers d'eau...
Alors qu'on s'approchait de Ribadesella, on est tombé sur une fête locale dans le petit village de Fatima où les gens dansaient la bourrée asturienne en tenue traditionnelle. Totalement dépaysant! 
On a enfin rejoint Ribadesella où l'on a retrouvé notre chère Alice que l'on avait laissé quelques jours plus tôt. On avait décidé de se faire un trip tous ensemble hors camino sur les Picos de Europa, ces pics enneigés qui nous narguaient depuis quelques jours déjà...


lien vers la vidéo Llanes to Ribadesella



dimanche 25 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 2 La Cantabrie Section 3 Santander to Serdo


Pour quitter Santander, nous avons emprunté la piste piétonne bétonnée entre l'autovia, le train et la départementale sur plusieurs kms. Je souffrais pas mal mais j'arrivais a diminuer mes passages sur le bitume en marchant dès que c'était possible sur les rebords en herbe ou les petits passages en terre aux bords du macadam.  Il y avait un passage qui nous permettait d'éviter une boucle de 5kms, a condition de marcher sur la voie ferrée pendant une station. On trouvait ca plutôt rigolo et on s'est prêté au jeu mais on s'est finalement gourée et avons marché la station précédente. Ce n'était pas très secure et hormis le fait que l'on se soit pris chacun les pieds dans les raies au moins une fois, avec une bonne chute pour Mamoune qui s'est retrouvée la tete sur les rails après avoir perdu l'équilibre, on s'est aussi fait engueuler par le conducteur d'un des trains. En effet, on marchait sur la voie de droite en sachant que le train qui venait de Santander était passé quelques minutes plus tôt et qu'on avait donc aucune chance d'en recroiser un de si tot vu qu'il n'en passait qu'un toutes les demi heures.  Ce qu'on ignorait, c'est qu'ils roulaient "a l'anglaise" ici soit dans l'autre sens. On s'en est rendu compte quand un train qui était a l'arrêt a la station suivante s'approchait dans notre direction puis de plus en plus près jusqu'a qu'on s'aperçoive qu'on était sur la même voie lui et nous. On a vite changé de coté et on s'est mis sur la voie de gauche. Le conducteur nous a fait de fortes remontrances avec le poing quand il est passé a notre niveau! Quelque pèlerins attendaient sur le quai de la station et furent tous surpris de nous voir arrivés par les rails. Dans ce groupe, on retrouva Win, in hollandais d'une soixantaine d'années avec qui on avait déjà diné par le passé et qui croisait souvent notre chemin ainsi que Dicle, la campeuse turc et Steffy, une jeune allemande. On a fait comme eux, a savoir prendre le prochain train sauf que quand eux sont descendus, apres une seule station, nous, on est resté dedans pour en faire 4 de plus et ainsi éviter au maximum le bitume. Ca nous a fait gagner 8 bons kms. 
Par contre, ca ne nous a pas fait éviter tout le bitume pour autant et il a fallu que je souffre un peu sur plus de 10 bornes avant de rejoindre le joli village de Santillana del Mar où l'on a cassé la croute les pieds dans l'herbe. Le village était tout a fait charmant, dans les terres, probablement le plus beau qu'on ait eu a traverser jusque là en Espagne mais tout de même un poil trop fréquenté pour nous, avec quelques arrivages de bus remplis de touristes. 
On était censé dormir là si l'on n'avait pas eu le petit coup de pouce de 8kms en moins du train, et du coup, on a préféré pousser un peu plus loin jusqu'au village de Cobreces après avoir tout de même repris le rythme avec 35 bornes au compteur. La douleur a ma jambe s'était un peu estompée grace aux cachets d'ibuprofène et cela m'a permis de continuer. 
On a checké dans une auberge religieuse attenante a un monastère dirigé par des moines reclus. On a pu assister a la messe du soir en leur compagnie. On a fini la soirée avec un pelerin espagnol un peu déboussolé qui avait réussi a checker après le couvre feu de 20h en resquillant les 6€ de la nuitée. Il nous a expliqué qu'il était sur le chemin du retour et après avoir fait le Camino Frances a l'aller, il revenait par le Norte. Il était accompagné d'un chien qu'il avait déniché a Finistera, soit la fin du fin du Camino. Il nous a confié qu'il cherchait un coin où monter une auberge sur le Camino et que des qu'il l'aurait trouvé, il s'installerait. On a su par la suite qu'il mendiait en journée pour pouvoir manger. Encore un errant de plus prit par le chemin. Le matin, on s'est réveillé et il y avait une odeur pestilentielle dans le 1er dortoir (encore heureux, on s'était mis dans le 2eme!). C'était l'espagnol qui ne se lavait probablement plus très souvent. Il avait en plus fait rentrer son chien qu'il avait fait dormir sur un lit après que ce dernier est bien déféqué au sol: charmant! Quand on sait qu'en plus, 2 pèlerins a vélo d'origine uruguayenne sont rentrés a 4h du mat par la fenêtre, la porte d'entrée ayant été verrouillée, ca vous dresse un peu le tableau de l'endroit.
On avait décidé ce jour là de coller au maximum le front de mer car nous avions remarqué ces derniers jours qu'en fait il n'y avait pas un seul camino mais plein de voies différentes avec des déviations et variantes dans tous les sens qui vous ramenaient toujours dans la bonne direction. Vu qu'elles étaient quasi tout le temps fléchées, vous pouviez vous taper 10kms sur le macadam en suivant toujours les flèches alors qu'il y avait peut être un autre chemin, tout aussi bien fléché, mais qui lui aurait longé les plages sur des chemins de terre. C'est ainsi qu'on a fait un bout de chemin avec une espagnole venant de Barcelone puis de Roland, un pompier allemand.
Quelques kms plus tard, on a fait un stop dans la jolie ville de Comillas. Après y avoir dégusté la spécialité locale, a savoir des churros servis avec du chocolat chaud, on a visité le Palacio de Sobrellano et on en a profité pour jeter un oeil a la maison de Gaudi, fidèle a l'image que l'on pouvait en avoir de lui, située sur le meme pan de colline. 
On a ensuite, par je ne sais quelle magie, traversé un golf en pleine forêt. J'en ai profité pour piquer une balle de golf qui j'espérais allait me servir a me masser en profondeur la jambe. 
On est arrivé aux abords de la ville côtière de San Vicente de la Barquera et on a pique niqué sur la plage avant de traverser le magnifique pont romain pour rejoindre la ville. Entre temps, Alice avait reçu un appel de son boss (elle était banquière, tout comme d'autres!) du Bresil qui lui proposait une promotion a la condition d'être revenue a Sao Paulo pour le 20 mai alors qu'elle avait prévu un retour le 3 juin. Du coup, elle devait accélérer son trip et a prit un bus pour rejoindre la prochaine ville côtière et éviter une étape dans les terres. On a attendu avec elle son bus jusqu'a 16:30 avant de continuer un peu plus loin jusqu'a la ville de Serdio que l'on a atteint avec toutes les peines du monde a 19h, la douleur a ma jambe me relançant! 
On a diné en compagnie de l'espagnole et de Roland de bons calamars et poulpes cuisinés dans une bonne huile d'olives. On a également retrouvé un groupe de 4 qui étaient avec nous dans l'auberge précédente, a savoir 2 jeunes allemands partis de Suisse, ainsi qu'une belge et une autre allemande. Quand on a checké a l'auberge municipale, il y avait déjà des coréens qui dormaient. On a compris par la suite pourquoi ils se couchaient aussi tot. Ils partaient a 4h du mat a la frontale tous les matins. A chacun son camino...


lien vers la video Santander to Serdo



mercredi 21 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 2 La Cantabrie Section 2: Laredo to Santander


De Santona, on a fait le plein de provision pour la journée et on a traversé une longue bande de terre de plusieurs kms avant d'atteindre la magnifique plage de Berria. La partie bitumée m'a fait vraiment mal mais des qu'on est passé sur le sable, c'est tout de suite allé mieux. On a franchi une petite montagne avec un point de vue magnifique qui séparait cette plage de la suivante: celle de Noja où on a cassé la croûte sous le porche d'une église a l'abri du vent qui soufflait fort.

On devait rejoindre Santander, mais en chemin, on avait entendu parler d'une auberge très spéciale, soit disant la meilleure de toute la Cantabrie, mais située a Guermes, ce qui nous faisait un détour de 5kms. On a quand même décidé d'aller voir et on n'a pas été déçu de notre choix. A 5kms de l'arrivée, ma jambe me faisait trop souffrir et j'ai préféré laisser finir mamoune en compagnie d'Alice et ai été pris en stop par un local qui m'a deposé devant l'auberge. L'auberge était seulement a moitié pleine, soit plus de 50 pèlerins tout de meme. Il y avait 5 ou 6 hospitaliers bénévoles qui y travaillaient et l'auberge fonctionnait en donativo avec diner et petit dej inclus. L'endroit respirait une ambiance toute particulière et tout était très spacieux, ce qui nous changeait de ce qu'on avait pu rencontré jusque là. Le père Pedro n'était pas la mais on a pu visiter le musée de son tour du monde, qui était installé carrément dans notre dortoir de 20 lits. Le mec avait fait un voyage en jeep pendant près de 20ans, toujours en petit groupe, a travers la planète entière. Il m'a battu a plat de couture! Il y avait une bibliothèque mise a disposition des pèlerins et sa collection de milliers de diapositives qui retraçaient ses voyages. Un endroit vraiment inspirant pour moi, notamment sur mon projet d'ouverture d'une auberge.
Après le repas, on nous a réuni dans une grande salle pour nous expliquer comment le père, un amoureux de la montagne,  avait repris le flambeau de ses parents fermiers, réaménagé la maison en accueil pèlerins puis on nous a prodigué quelques conseils pour la suite du voyage. Nous avons retrouvé là, Eric, notre cher compagnon Franco Suisse ainsi que le couple de colombiens, quasi aussi mal en point que moi.
Pour atteindre Santander, il y avait plusieurs chemins. On n'a pas opté pour le plus court mais surement pour le plus beau, le long des côtes, ce qui permettait d'éviter un maximum les routes bitumées et de profiter de magnifiques plages de sable en bord de falaises tres decoupées. On a fini par traverser la longue plage de surfeurs de Somo avant de grimper dans un bateau qui nous achemina directement au centre ville de Santander.
On est arrivés en début de l'après midi et avons pu réserver à l'auberge communale près de la cathédrale, avant qu'elle ne soit pleine.
Nous avons décidé d'aller voir le Palacio de Magdalena, qui nous avait fait fortes impressions lors de notre approche en bateau. Construit par les habitants de la ville pour la famille royale tout au bout de l'estuaire sur une magnifique péninsule: un endroit assez paradisiaque. Rien d'incroyable bien que la balade dans le parc fut agréable avec notamment une rencontre assez singulière avec quelques otaries et pingouins.
On avait décidé de lever un peu le pied afin de laisser ma jambe reposée et on était passés a une moyenne journalière plus proche des 25kms que des 35kms habituels. Petite balade dans les rues de la vieille ville avant de voir la malheureuse 1/2 finale retour de ligue des champions entre Monaco et la Juve. Il faut savoir que d'habitude, dans les auberges municipales, la règle est que l'on rentre avant 22h où l'on éteint les lumières. Pas évident a respecter en Espagne où l'heure du diner est plutôt 22h que 19h. Mais cette fois, on a eu de la chance que l'hospitalier était un footeux et il nous a laissé une permission jusqu'a 23h. On a fait la rencontre d'un pelerin espagnol de bien 65ans, bien conservé et en forme, un pro du Camino, qui venait cette fois-ci de Rome. Il avait déjà marché plus de 2000kms et pas un seul pépin physique. Quand il a vu ma jambe, il m'a tout de suite donné une plaquette d'ibuprofène 650mg et m'a dit d'en prendre 2 par jour pour calmer l'inflammation.
Le lendemain, il nous fallait quitter Santander par la zone industrielle: pas simple a gérer avec mon handicap. Je ne savais pas alors si j'allais pouvoir poursuivre l'aventure...





mardi 13 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 2 La Cantabrie Section 1: Bilbao to Laredo

Nadine et Alice s'étaient rencontrées des leur 1er jour sur le camino del Norte et ne s'étaient plus quittées depuis. Mais a Bilbao, Nadine devait rejoindre à la gare le lendemain son mari pour faire ensemble le camino jusqu'à Santander. Elle nous a alors confié Alice. On n'a pas hésité trop longtemps pour prendre le metro afin de nous éviter les premiers kms de bitume pour sortir de la ville car cela était même conseillé dans notre guide papier. Du coup, on a commencé tout près dans la commune de Portugalete. Il s'agit de l'embouchure du  fleuve qui amène jusqu'a Bilbao et c'est là que se situe la partie portuaire. L'endroit est surtout connu pour un magnifique et énorme pont-bac. Je n'avais encore jamais eu la chance de voir un tel principe et j'ai trouvé ca plutôt sympa, surtout quand un groupe d'espagnols un peu bourré s'est pointé avec l'un d'entre eux, déguisé en brésilienne travesti, avec de faux poils qui dépassaient du string, qui s'apprêtait à faire un saut à l'elastic entre 2 traversées du bac. Ca n'a fait qu'a moitié rire notre nouvelle compagne brésilienne Alice. Elle avait 37ans et deja 3 enfants. Elle avait fait le camino Frances, comme quasi la plupart des pèlerins ici, l'année passée et voulait en remettre une couche avec le Norte cette année.
On a longé pendant de longs kms une piste cyclable qui etait en plus tres fréquentée car jour de week end. Nos nouvelles semelles achetées chez Decathlon n'ont pas eu l'effet escompté car trop épaisses, elles ne laissaient pas assez de place aux orteils dans le fond de la chaussure et on a du tres vite se résoudre a remettre celles d'avant. On a enfin atteint notre premiere plage en debut d'apres midi et apres s'etre delectés de bons tapas dans un resto en bord de mer, on a pu marcher dans le sable pour enfin atteindre nos 1ers 1000kms de marche depuis notre depart voilà 5 semaines. On a longé pendant un bon moment la cote sur un chemin de terre super sympa avant de galerer un peu plus pour passer en dessous puis au dessus de l'autoroute qui longeait elle aussi la cote. Retour sur la mer a Miono où l'on s'est enfin décidé a braver le froid de l'eau pour se baigner. Il faut dire qu'ici, la mer cantabrique n'est guère plus chaude que sur nos cotes françaises de l'Ocean Atlantique.
Nous avons terminé notre randonnée du jour dans une très jolie station balnéaire Castro-Urdales. Très animée ce samedi soir la, l'auberge tout au bout de la ville était pleine a craquer. Et vu qu'on est arrivé en bons derniers vers 20:30 passé, on n'a pas eu trop le choix que de sortir notre tente et de nous installer dans le jardin de l'auberge municipale. On aurait pu s'y caler a 3 dans la tente qui était prevue pour ca mais heureusement l'hospitalier avait prévu le coup et il lui restait une tente vide qu'il mit a la disposition d'Alice. Trop fatigués pour nous farcir en plus la visite de la ville le soir, on s'est contenté d'aller diner et on a remis la visite de la vieille ville au lendemain matin sans les sacs. Cela nous a permis d'apprécier la sérénité de la ville, avec en plus le départ des pèlerins et des touristes. Il n'y avait plus en ville que nous et les éboueurs pour nettoyer le bordel laissé là pendant la beuverie du samedi soir. J'ai commencé a ressentir de vives douleurs au niveau du bas du tibia gauche. Ca ressemblait fortement aux problèmes rencontrés par Danièle la canadienne, c'est a dire une periostite tibiale. Il s'agit de la maladie du pelerin par excellence, a savoir une inflammation de cette partie de la jambe due a un port de charge trop lourde, sur des terrains trop durs (comme le bitume!) pendant trop longtemps! J'avais tous les critères de cochés! Sur le coup, je n'y ai pas trop pris garde et me suis contenté d'un bon doliprane avant d'aller me coucher.
Alors qu'il aurait fallu eviter le bitume, on s'est gourré sur un embranchement et au lieu de couper par une plage, on a suivi une nationale qui longeait plus ou moins le nouvel autoroute. Pas tres agréable et plutôt douloureux pour moi. On est arrivé a une aire de repos pour voiture et il y avait plein de voitures garees dans le parking. On était en train de contourner une énorme montagne depuis plus d'une heure et cela ressemblait au départ d'une rando montagneuse. Un marcheur du coin qui en finissait nous a expliqué qu'on pouvait rejoindre la ville de Laredo, notre point de chute pour la nuit, en passant par là mais que la montée était rude et que ca allait nous rallonger un peu. Il a aussi mentionné que la vue était juste a couper le souffle en haut et ca nous a suffit, malgré quelques réticences chez certaine, a nous décider pour le chemin de la cordillère cantabrique. On était tous contents de quitter cette désagréable nationale, surtout moi avec ma jambe douloureuse, et nous avons à notre tour entrepris l'ascension de la montagne mais avec nos backpacks pleins! Et pourtant nous ne l'avons pas regretté car le spectacle était à la hauteur des montagnes: on s'est tres vite retrouvés en pleine nature et la vue était de plus en plus belle. On est passé devant le site des "yeux du diable" mais on a preferé faire le sommet le plus haut, la cime Solpico, afin d'y casser la croute tout en jouissant de la vue la plus large possible sur l'incroyable baie de Laredo. Il s'agit d'une longue langue de sable, un peu a l'image de Cartagena, ma ville préférée d'Amérique du Sud en Colombie. 
 La descente fut un peu hardcore, surtout avec les sacs. Il a fallu ranger les batons, mettre les mains et j'ai du a plusieurs reprises sécuriser mes 2 comparses sur des passages assez dangereux et a pic. La douleur devenait encore plus forte a la descente et encore heureux qu'Alice me donna des anti inflammatoires qui diminuerent la douleur et me permirent de finir la journée. En plus, on etait en manque d'eau, pas étonnant vu qu'on avait commencé l'ascension avec a peine un 1/2L chacun et que la traversée avait duré plus de 4h. Quand on s'est retourné pour voir ce qu'on venait de passer, on n'était pas peu fiers et moi le 1er, d'avoir amené maman jusque là et qu'elle passe une telle difficulté sans trop de soucis. Elle était fin prête pour les montagnes des Asturies qui nous attendaient un peu plus loin...
J'ai poursuivi jusqu'a Laredo en boitant et en m'aidant des 2 batons de marche. On est arrivé juste avant la fermeture du check in dans un couvent de bonnes soeurs. L' endroit etait très austère, nous avons été reçus par une religieuse qui nous a alloué une cellule de nonne, sans fenêtre bien sur, alors qu'Alice devait partager sa chambre avec 2 autres pèlerines. 
Le lendemain, de Laredo, on a marché sur la longue plage de sable pendant 5 bons kms avant de prendre un bateau tout au bout du banc de sable pour rejoindre la rive d'en face et la ville de Santona. Le fait de marcher sur le sable m'a fait du bien et m'a permis d'avancer sans trop de douleur. De plus, le paysage était splendide et la traversée en bateau, remplie d'autres pèlerins, fut bien agréable.



lundi 12 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 1 Pays Basque Espagnol Section 3: Bilbao

Le fait de prendre le bus nous a permit de rejoindre des 12h l'auberge de jeunesse que nous avions réservée face au musée de Guggenheim et d'y déposer nos sacs, dans un grand dortoir d'une vingtaine de lits sans fenêtre, afin d'entreprendre la visite de la ville plus légers.
On a bien aimé Bilbao que ce soit sa partie nouvelle avec un centre ville assez moderne et surtout le fameux musée Guggenheim qui tronait en bord de rivière. La vieille ville etait un petit bijou avec plein de petites ruelles qui serpentaient de ci de là mais ce que l'on a apprecié par dessus tout a Bilbao, c'est le magasin Décathlon situé en plein centre ville, le seul a notre connaissance sur le chemin de Compostelle. Ca parait anodin comme ca car on a l'habitude d'y aller en voiture vu que la plupart d'entre eux sont situés dans des zones commerciales en dehors des villes mais là, pelerin oblige, pas de voiture! On a commencé par changer nos semelles intérieures de chaussures tous les 2. En effet, bien qu'on se soit équipé avec la "Rolls" de la chaussure de longue rando, la Renegade de Lowa, la semelle intérieure laissait clairement a désirer et on ressentait tous les 2 des douleurs sur la voûte plantaire en fin de journée. De mon côté, j'avais déjà fait un 1er achat de semelles en pharmacie en France au bout d'une semaine mais je ressentais encore d'atroces sensations de froid des que j'arrêtais la marche tous les soirs sous les pieds. Mamoune a fait l'acquisition d'un nouveau pantalon de rando. En fait, exactement le meme modele que celui qu'on avait pris a Paris avant de partir mais 2 tailles en dessous tellement elle avait aminci! Mon réchaud tirait la gueule aussi et j'en ai profité pour le changer. On était paré pour continuer notre périple. On a bien géré notre timing ce jour là en faisant les balades extérieures au début puis des que le temps s'est mis a se degrader avec de fortes pluies, on a pris le métro pour faire la visite du fameux musée de Guggenheim, nouvel emblème de la ville. Le building en lui-même est une véritable oeuvre d'art avec comme particularité qu'aucune ligne du bâtiment n'était droite. Meme la montée d'ascenseur était courbée. Au niveau des oeuvres d'art, il y avait surtout du moderne et des courants d'arts abstraits voir très abstraits comme un tableau complètement noir devant lequel on s'est arrêté 5 bonnes minutes a écouter les explications de l'audio guide! La partie qui nous a le plus marqué tous les 2 s'appelait "Infinity": il s'agissait d'énormes pans ondulés de ferrailles calés dans une des plus grandes salles du monde et qui étaient organisés tels de vrais labyrinthes. L'impression quand on se baladait a l'interieur était tres étrange. Les pans étaient si élevés et on tournait comme dans une spirale qu'on en perdait la notion de temps et d'espace.

De retour à l'auberge de jeunesse, on a rencontré Alice, une bresilienne de  Sao Paulo et Nadine d'Allemagne que nous avions croisées au Carmel de Markina-Xemen l'avant veille. On a passé la soirée a refaire le monde autour de bonnes bouteilles de vin cheap Rioja. Le lendemain, le mari de Nadine la rejoignait pour démarrer son Camino d'ici et on a récupéré Alice qui a continué son chemin en notre compagnie.
C'est ainsi qu'un nouveau chapitre commençait dans la région de Cantabrie...

lien vers la vidéo Bilbao



vendredi 9 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 1 Pays Basque Espagnol Section 2: Region de Biscaye

Après être restés un bon bout de temps dans les terres, on a enfin entamé une descente en bord de mer sur Gernica, ville tristement célèbre par un massacre qui eu lieu de civils sous l'air franquiste. Y restait une fresque tres connue de Picasso, aujourd'hui déplacée au musée de Madrid, il n'y avait plus sur place qu'une reproduction.
Contrairement au reste des pelerins qui passaient la nuit là, nous avions décidé de continuer de marcher afin d'arriver plus tôt sur Bilbao le lendemain pour visiter la ville et  avions l'intention de poser la tente quelque part dans la nature a une dizaine de kms de là en montagne. Un peu apres la sortie de Gernica, on est tombé sur Dicle, une jeune turque qui avait entrepris le pelerinage il y a 2 ans depuis l'Italie et avait repris cette année par le camino del Norte. On l'avait croisée un peu plus tôt dans la journée et on lui avait appliqué un strap au genou car elle avait déjà du mal a marcher dans les descentes. Cette fois-ci, on la croisa en bord de chemin où elle avait installé sa tente un peu a l'arrache dans une montée sous les bois d'une forêt.
Peu de pèlerins avaient pris cette décision de continuer mais cependant un couple de jeunes  finlandais nous précéda. En recherchant un endroit pour dormir, nous sommes finalement arrivés près d'une auberge privée qui accepta de nous laisser camper dans son jardin, moyennant la somme de 15€ tout de meme. Pas tres flexible le proprio mais on n'eut pas le courage de rebrousser chemin pour chercher un nouvel emplacement et on se posa là pour profiter d'une bonne douche chaude et du petit dej lui plutôt bon marché(2€/tête). Peu de temps après les finlandais nous rejoignirent pour prendre les dernières places de l'auberge dans le dortoir. Une nouvelle journée que l'on finissait à l'arrache a près de 39kms au compteur pour la 2eme fois consécutive!

Dans l'auberge, nous avons fait la connaissance d'un français qui accompagnait à pieds dans le cadre d'un programme de réinsertion, un jeune en difficultés depuis Séville par le camino de la Plata en passant par st Jacques et en revenant sur Bayonne par le camino del Norte en 3 mois soit plus de 2000kms. Ils nous ont raconté a quel point c'était galère de remonter le camino del norte dans l'autre sens, les indications et fléchage n'ayant été posés que pour rejoindre Santiago: pas très malin quand on sait que le pèlerinage "officiel" veut que l'on parte de chez soi pour aller jusqu'a St Jacques et y repartir ensuite toujours a pied par le chemin inverse! En tout cas, on a trouvé ce programme tres intéressant et bien plus formateur pour un jeune en difficulté plutôt que de croupir en prison dans un endroit mal entouré. L'exigence par contre demandait un éducateur en solo pour chaque jeune aidé ce qui limitait le nombre de cas possible. Pour en savoir plus sur ce programme d'aide: http://assoseuil.org/
Jeudi la route descendait de la montagne vers Lezama mais à partir de la, ce n'était plus que de la départementale le long des glissières sur du goudron jusqu'a Bilbao. Pas très intéressant, au bout de 2 kms, on décida de prendre le bus dont la ligne longeait le chemin pour rejoindre Bilbao en fin de matinée... 

lien vers la vidéo Biscaye






mercredi 7 juin 2017

201705 Camino del Norte Part 1 Pays Basque Espagnol Section 1: Region de Guipuscoa


Déposés juste après la frontière par notre bienfaiteur d'Espelette, le temps s'est calmé et après avoir checké a l'auberge, on a fait un bref tour de la ville d'Irun. Rien de spécial a signaler dans cette ville espagnole de taille moyenne si ce n'est un petit spectacle de danses espagnoles surlequel on est tombé par hasard a la place principale de la ville. 

On a tout de suite vu le contraste entre la France et l'Espagne, dans notre première auberge en mode donativo à Irun. Nous étions déjà 3 chambres pleines de 8 avec des lits superposés bien pourris. Il n'y avait qu'une seule cuisine avec 4 chaises et 2 sdb (douche et wc ensemble), pas de couvertures et des draps si fins que l'on aurait dit du papier mâché. Les pèlerins aussi étaient différents. Beaucoup plus international que la voie du Puy, avec Eric, nous étions les seuls français et seulement trois femmes. Le petit déjeuner, inclus, servi dés 7h et à 8h tout le monde dehors.
Cela aura au moins eu comme point positif de voir le lever du soleil sur les Pyrénées et de gros nuages noirs sur la cote française. Le temps était gris et frais mais cela ne nous a pas empêché de rejoindre le chemin des crêtes et de jouir du magnifique panorama sur la mer, la montagne et la baie d'Hendaye. Ce fut le jour avec le plus de dénivelé positif de tout le séjour, avec plus de 750m sur 29kms. 
Après une pluie fine au sommet puis une belle descente sous le soleil nous avons atteint le petit port de Pasaia où se déroulait en ce jour du 1er mai une course d'aviron basque: impressionnant que ce soit chez les filles ou les garçons. 
Le port était de toute beauté et avait gardé toute son authenticité. On a prit un petit bac pour faire la traversée du chenal et passer côté San Sebastian. Le chemin remontait ensuite dans la montagne que l'on a du contourner en passant par de magnifiques paysages cotiers sur 8kms avant d'atteindre la ville. 
A la fin d'une des nombreuses montées, nous nous sommes arretés dans ce que nous avons pris pour un bar avec un joli jardin. Je me souviens ue c'est un joli dessin d'un pelerin avec un coucher de soleil en fond qui m'a tout d'abord attiré l'oeil à l'entrée. On a été accueilli par un couple plutôt avenant et avons commandé 2 orangeades. La femme a alors disparu en cuisine et le monsieur plus agé est venu nous tenir compagnie. Il a commencé à nous dire que cet établissement était un donativo et que nous pouvions dormir là si on le souhaitait. Il continua en nous expliquant qu'ils vivaient ici dans un groupe d'une vingtaine de personnes et qu'ils partageaient tout a l'intérieur d'une communauté appelée les "12 tribus" et que tout ce petit monde vivait fraternellement ensemble. De mon côté, j'ai trouvé le tableau plutôt sympathique et j'aurais pu accepter la proposition si maman ne se méfia pas. Elle avait senti un loup et prétexta que l'on devait retrouver Eric a San Sebastian pour nous éclipser.
C'est seulement par la suite que nous avons appris qu'il s'agissait en fait d'une secte de très mauvaise réputation et qui avait d'ailleurs été poursuivie par la justice en France pour maltraitance sur enfants. Il y avait même un reportage tv qui avait montré comment cette secte se plaçait sur le camino pour détourner les pèlerins un peu en faiblesse et les dépouiller de tous leurs biens, sous prétexte de partage communautaire. Quand j'ai appris ca, j'étais furax car j'aurais pu me laisser embobiner facilement!
Vu le nombre de pèlerins rencontré a Irun et l'éloignement de l'auberge municipale du centre ville, nous avons préféré résider dans le vieux San Sébastian dans une auberge de jeunesse: une première pour maman! La ville de San Sebastian est un vrai petit bijou avec 2 sublimes plages en arc de cercle séparées par une montagne sur laquelle est placée un château avec en son sommet une énorme statue de la Vierge Marie. 



Le mardi nous avons quitté la ville sous la pluie qui s'intensifia jusqu'en début d'après midi où enfin le soleil réapparu pour nous sécher et nous réchauffer. Pas marrant cette 1ere partie de la journée mais ca fait partie du quotidien du pelerin et on ne peut pas non plus prendre le bus a la 1ere difficulté rencontrée, bien que l'idée nous ait traversés l'esprit! Il faut dire qu'entre mon manteau, plus vraiment imperméable, le pantalon de pluie de maman sur moi un peu serrax et la cape de Mamoune quasi plus mouillée a l'interieur qu'a l'extérieur, on n'était pas super bien équipés pour affronter de telles conditions climatiques.
L'éclaircie de l'après midi nous a permit de pousser plus loin et après la ville d'Orio, assez polluée par cette satanée autoroute assez proche qui longe la côte, on a traversé la ville balnéaire de Zarautz, où la plage était présente mais sans réel charme. On a ensuite suivi le bord de mer pour arriver au mignon village de Getaria et on a encore poussé un peu plus pour atteindre la ville de Zumaya après 35kms de marche. On s'est posé dans un monastère transformé en auberge pour pelerins et nous y avons retrouvé une nouvelle fois Éric et une bonne partie des pèlerins du jour dont un couple originaire de Colombie qui avait pris le même départ à Irun. Le monsieur avait déjà une grosse ampoule sous la plante du pied et ca ne sentait pas bon pour lui pour la suite. 
De Zumaya, le chemin repartait dans les terres a travers les montagnes pour rejoindre la mer a Deba où nous avons pris notre déjeuner dans un bar a tapas. Nouvelle montée dans les montagnes pour se perdre dans la verdure des terres basques où les espagnols exploitent de nombreuses essences: pins, chênes, eucalyptus ... 
Enfin nous sommes arrivés bons derniers à Markina-Xemen vers 20h passée après 39kms de marche dans un couvent transformé en énorme auberge où ils avaient alignés des lits superposés dans les couloirs. On se serait cru dans un camp de réfugiés, surtout que l'on devait être une bonne cinquantaine de pèlerins.
Mercredi nous avons quitté tôt le gîte pour cheminer encore sur les sentiers de montagne. Il y avait beaucoup de coupes et de replantation d'arbres. Ca avait l'air de pas mal deforester dans la région! 
On en terminait là pour cette sous région du pays basque qu'est Guipuscoa avant de rejoindre la suivante: Biscaye.




mardi 6 juin 2017

201704 St Jacques Transition par les Pyrénées


Pour cette transition de la Voie du Puy au Camino del Norte, on ne savait toujours pas comment on allait s'y prendre même après avoir consulté l'office des pèlerins en ville. Il y avait une option sur 4 jours qui longeait les Pyrénées et qui avait comme avantage (pour Maman j'entends!) de ne pas passer par les sommets du GR10. L'autre option était cette fameuse section du GR10 mais qui était réputée hardcore et beaucoup plus dure encore que le col de Roncevaux, le chemin du camino francès, que Mamoune redoutait déjà tant. Les dés avaient l'air joué et pourtant la providence vint de nouveau montrer le bout de son nez pour nous aiguiller. En effet, on avait rencontré dans le Béarn un couple de pèlerins venant de Besançon qu'on a recroisé par hasard a St Jean Pied de Port. Ils étaient accompagnés d'un de leurs amis, local, chez qui ils avaient passé la nuit. Quand on lui a parlé de notre hésitation a faire les Pyrénées, il a tout de suite eu les yeux qui ont scintillé et nous a donné un super tuyau: faire la route des Cols en passant par le col d'Ispeguy, mais sans se taper la montée car cela rajoutait un jour supplémentaire mais en faisant de l'auto-stop jusqu'a ce fameux col. Ca nous arrangeait bien car c'est justement les montées que maman voulait éviter.

Le lendemain matin, alors qu'on finissait le petit déjeuner et qu'on s'apprêtait a quitter l'auberge, la femme qui préparait les petits dej et qui semblait être la femme de menage, nous entendit parler et nous proposa de nous déposer a St Etienne de Bigorre, soit a mi chemin après son service du matin a 8:30: idéal! C'est quand on est monté dans son 4x4 mercedes flambant neuf avec interieur cuir que l'on a compris que c'était la proprio du gîte. Elle avait été la seule à accepter de reprendre la gestion de l'auberge à la succession de ses parents. En chemin, elle nous a raconté comment les intentions d'indépendances du pays basque cote français s'étaient calmées ces dernières années mais qu'il y avait toujours de vives tensions a l'interieur même de la communauté si on n'était pas pro-basque. Ainsi, elle n'avait pas donné de prénoms basques a ses enfants et ca lui avait causé des ennuis. De la même manière, elle avait préféré inscrire ses enfants a l'école française plutôt qu'a l'école basque et ca l'avait un peu mis a l'écart de la communauté. Toujours utile qu'elle nous a bien rencardé sur comment faire la traversée des cols avec une de ses connaissances de St Etienne de Bigorre et après en avoir fait la visite, on s'est posté a l'extérieur de la ville. En a peine 5', un vieux local s'est arrêté pour nous monter en haut du col au volant de sa fourgonnette du siècle passé.
Au col, un vent de folie soufflait par là et ca ne nous mettait pas trop en confiance. J'avais tout de même cherché en ligne la veille pour trouver quelques topos car on commençait par une première section qui était hors GR10. Il s'agit du GRT5, pour Grande Randonnée Transfrontalier, et je n'avais pas déniché grand chose sur le web.
Le chemin était de toute beauté et on a tout de suite eu une vue de malade sur toute la vallée de St Jean Pied de Port ainsi que de l'autre côté espagnol. Ca montait tout de même sec bien qu'on ait évité la grosse cote de près de 800m de dénivelé positive a partir de St Etienne de Bigorre. Le temps était totalement dégagé et on a pu bien profiter de la journée. Maman se débrouilla comme une chef dans les côtes et bien qu'un peu lente sur les passages les plus pentus, elle parvint a passer sur tous les terrains. Vraiment une belle journée qui contrastait avec le bitume et l'ambiance du camino...
La descente fut longue, raide et un peu pénible pour les genoux mais on arriva sans heurts a notre destination du jour, Bidarray. On y retrouva une vieille connaissance en la personne d'Eric, le franco suisse qu'on avait rencontré pour la 1ere fois avec les filles de Dunkerque a Pomps. Lui était passé par le pied des montagnes et avait mis 2 jours pour arriver là. Il était parti exactement le même jour que nous, soit le 02 avril, du Puy, marchait a une cadence plus soutenue, mais avait pris 2 jours de repos a St Jean Pied de Port.
On a passé une soirée bien cool ensemble et on a démarré la marche le lendemain. Le temps était correct le matin mais on savait que ca allait se degrader dans l'après midi et c'est pourquoi on a préféré ne pas continuer sur le GR10 mais plutôt suivre la route au pied des montagnes. Il y avait tout de même quelques cols a franchir sur cette variante et on a retrouvé Eric par je ne sais quelle magie sous le porche de l'église d'Espelette alors qu'il pleuvait des trombes déjà depuis un moment. On n'était clairement pas équipé pour une telle pluie et aucun plaisir a marcher dans de telles conditions. On est allé faire un tour au centre ville pour trouver de quoi se restaurer. J'avais en tête de nous mettre sur un spot où l'on pouvait faire du stop en direction d'Irun et la frontière espagnole car le reste du chemin ne représentait que peu d'intérêt, avec les conditions météorologiques, le bitume et qu'il restait encore 2,5 jours de marche. Alors qu'on s'apprêtait a rentrer dans un bar, un des clients qui sortait nous a entendu parler et nous a proposé de nous déposer directement a Irun alors qu'il rentrait chez lui a Hendaye. On ne s'est pas fait prier et on a sauté sur l'occasion. Une heure et demi plus tard, on passait coté espagnol afin de commencer la 2eme partie de notre trip: el Camino del Norte...




lundi 5 juin 2017

201704 St Jacques Part 11 Le Pays Basque Français


Plusieurs options s'offraient à nous pour la suite du voyage, mais revenons tout d'abord en arrière sur la chronologie des événements. Au tout départ, j'avais en tête de faire le Camino par la voie du nord, appelé le "Camino del Norte", route qui se situe exclusivement en Espagne, commencant d'Irun, tout prohe d'Hendaye, et longeant la cote par le Pays Basque espagnol. Puis Maman, ayant entendu parlé en grand bien de la voie du Puy, la voie Podiensis, on a décidé de faire les 2! Et là, on arrivait au moment où il fallait faire la jonction des 2, ce qui n'est pas si simple car le chemin "standard" aujourd'hui en partant du Puy était, après Saint Jean Pied de Port, de poursuivre sur le Col de Roncevaux pour ensuite atteindre Pamplune sur le Camino Frances. Pour le Camino del Norte, il y avait une déviation qui avait été créée a peine arrivé dans le Pays Basque français en passant par Saint Palais pour ensuite redescendre sur Bayonne sans passer par Saint Jean Pied de Port et ainsi éviter les Pyrénées ce qui arrangeait bien Maman qui s'était fait une fixette des montées dans les Pyrénées. Elle avait d'ailleurs même bien prévu son coup en envisageant de prendre un train a partir d'Orthez pour rejoindre directement Irun et ne pas se taper trop de dénivelé. 
De mon côté, ca ne m'arrangeait pas trop car je trouvais au contraire les chemins de montagne plus intéressants que les plaines plates et on a donc du trouver un terrain d'entente sur le sujet. Je savais qu'il y avait une grosse cote près d'Ostabat et voulais voir comment Mamoune allait la gérer, en lui prodiguant quelques techniques de mon propre cru, avant de prendre une décision définitive sur quel chemin suivre...
Nous commencions les contreforts des Pyrénées et le relief devenait plus vallonné. Avant d'atteindre Ostabat, nous gravimes une colline pentue pour trouver la stèle de Gibraltar, carrefour de 3 chemins français : celui du Puy, celui de Vezelay et celui de Tours. Et effectivement, a peine arrivé a la stèle que nous croisions de nouveaux pèlerins venus des 2 autres chemins. Puis il y eut cette montagne à franchir, la 1ere grosse difficulté du parcours. J'ai expliqué a Maman la technique du Rebirth car je voulais tester si cela pouvait fonctionner pour son cas, l'ayant déjà fait fonctionner chez mon petit neveu Adrian, lors de la montée pentue des "Stairways to Heaven" à Hawaii. Et ca a marché nickel: on a monté en marche forcée la cote et a l'arrivée, pas meme essoufflée, elle ne s'était rendue compte de rien. Elle venait sans le savoir de signer pour un passage dans les cols pyrénéens!
Au village d'Ostabat, notre hébergement était une maison du village remeublée pour accueillir un maximum de monde mais sans confort, il pouvait accueillir 12 personnes avec une seule salle de bains comprenant un wc et 2 douches, on était dans les combles, ce qui s'apparentaient a des fenêtres fermaient mal et il n'y avait pas de chauffage. Le temps avait fraichi et ce fut un avant goût de ce qui nous attendait en Espagne, loin du confort de la veille. 
Ce soir la nous étions 10 dans la maison car 2 pèlerines venues de Limoges nous avaient rejoint en plus du groupe dunkerquois. Nous avons pris le repas et le petit déjeuner au village et les filles ont su mettre une nouvelle fois la bonne ambiance. Vraiment un super groupe, tres hétérogène de part leur profession, leur age, leur origine, leur manière d'être mais elles avaient une bonne symbiose et bien que nombreuses, ca fonctionnait bien entre elles et même pour la marche, elles arrivaient a avancer vite et coordonnées.

Et puis ce fut saint Jean pied de port que nous avons atteint par le haut du village. Les filles étaient au tacquet, pour certaines, c'était l'achèvement d'un voyage sur plusieurs années, et quelques larmes coulèrent. 
L'accueil pèlerins nous permit de peser nos sacs vides de nourriture et sans réserve d'eau, 8,5kgs pour Mamoune et 18 pour moi. Cela nous conforta dans notre décision de nous délester d'un nouveau sac de 4kgs pour retour à la maison afin d'alléger nos bagages. 
Les filles de Dunkerque avaient réservé une auberge hors de la ville, et de notre cote, nous avons retrouvé Danièle notre quebecquoise dans un autre gîte de la ville accompagnée d'un de ses collegues a l'accent encore plus prononcé. On a eu ke temps de visiter au pas de course le centre ville tres mignon et de monter a la forteresse. On n'a pas arrêté de croiser des pèlerins que l'on connaissait et cela faisait une superbe ambiance. On a fini la soirée dans une brasserie du coin afin de se dire au revoir autour d'un verre. Danièle tout juste guérie partait sur roncevaux pour le Camino Frances, nous sur le Camino del Norte a partir d'Irun en pssant par les Pyrénées et les filles de Dunkerque par le train pour rejoindre l'aéroport de Bayonne.
Un nouveau cycle commençait et il n'allait pas être de tout repos avec le chemin des Cols...