Je me sentais fin prêt a passer a l'étape suivante. J'avais déjà fait quasi tous les sommets a faire dans le coin du base camp et partir rien qu'avec les locaux m'enchantais. Jamie avait bien senti ma manière de voyager et c'est pour ça qu'il avait organisé la chose de cette manière. Il faut savoir qu'il y a un certain nombre de camps intermédiaires avant de pouvoir monter a l'assaut final du sommet. Et a chaque camp, il faut une plus ou moins grande installation selon le nombre de jours que l'on compte rester. Jamie avait booké 30 yaks pour un premier load qui allaient partir en même temps que nous du camp de base. La plupart irait jusqu'a l'ABC (advanced base camp) a 6300m, la limite pour ces pauvres bêtes, d'autres s'arrêteraient en chemin au IC (intermediary camp) basé a 5700m. Chaque yak ne doit pas dépasser 40kg de charge chacun et la communauté des conducteurs de yaks veillent au grain avec un système de pesée un peu archaïque mais qui fonctionne. On avait donc 1,2 tonne de matos a emmener et il ne s'agissait que du premier load puisque Jamie prévoyait déjà un second load 5 jours après de 14 autres yaks. De mon cote, je partis assez chargé, bien 15kg, avec mon sleeping bag a -40° qui prenait déjà la moitié de mon sac a dos et ma down jacket quasi le reste.
Avant de partir, j'eus le droit a un dernier briefing sur le matos d'escalade avec Franck un australien qui venait de nous rejoindre. Il était a la tête d'un groupe de 6 australiens qui venaient faire les 2 base camps de l'Everest. Ils avaient commencé par le sud cote népalais et terminaient ici cote Tibétain où ils avaient prévu d'aller jusqu'a ABC. Franck les ramènerait ensuite jusqu'a la frontière puis nous rejoindrait pour faire l'ascension du sommet.
On a démarré vers 10h, le temps de charger tous les yaks. Le temps était au beau fixe et c'était assez agréable de se balader au milieu des yaks avec leur conducteur qui sifflotait pour les faire avancer en rythme, une pierre ou 2 a la main tout de même pour ceux qui sortaient du rang ou n'avançaient pas assez vite. La 1ere heure était plutôt plate. On avançait avec un glacier a droite et un flan de montagne a gauche et en face, le mur de l'Everest qui se rapprochait de plus en plus, avec sa masse imposante.
Marcher avec les yaks n'est pas chose aisée car il arrive que certains perdent un de leurs sacs et qu'ils faillent les ressangler. Par contre si vous les dépassez, par la suite, ils sont plus rapides que vous, car les conducteurs les poussent presque au trot, ce qui fait qu'il faut s'écarter quand un groupe de yaks arrive pour pas qu'ils ne perdent le rythme. Ca nous faisait des pauses régulières et j'ai trouvé que ça coupait même mon rythme de marche, surtout quand a commencer a arriver ceux de la descente. Là, il fallait carrément se mettre de cote et attendre que la caravane est finie de passer. Je tenais pas mal le coup avec les sherpas et j'arrivais a suivre la cadence. On est arrivé a l'IC après 4h15 de marche, du moins, aux premières tentes, celles des chinois car notre campement était situé bien après ce dernier. Il y avait une grande descente puis une grande montée bien gelée a passer. Moi qui pensais que j'en avais fini pour la journée, j'avais tout donné et il ne me restait plus de jus du tout. J'ai mis 45' a finir en y allant a 2 a l'heure! Et pourtant rien n'était encore monté au campement. La cuisine était en cours de montage (c'est l'élément le plus important dans un camp) mais en me voyant arriver, ils s'y sont tous mis pour me monter une tente rien que pour moi avant tout le reste. Des qu'elle fut prête, je m'y installa et m'y effondra. L'endroit était assez joli. Il y avait un glacier en forme d'aiguilles de glace dont certaines pouvaient atteindre jusqu'a 30m de hauteurs. Je pense que c'est le vent qui avait sculpté de telles formes, une première pour moi mais j'ai trouvé ça très beau.
Le soir, on a tous mangé dans la tente. Les conducteurs de yaks avaient leur propre tente un peu pourri mais trop petite pour tous les contenir donc certains dont venir dormir dans la kitchen tent. Et vu que de toute façon, c'est notre cuistot (népalais) qui faisait la bouffe pour tout le monde, on s'est retrouvé a plus de 10 dans la tente!
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