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dimanche 28 juin 2015

201505 Tdm 5 E07 Phillipines Part 4: Romblon


Tablas était visible de Boracay. Pourtant, aucun touriste ne s'y rendait et j'étais le seul non local sur le bateau. J'ai du prendre une jeepney archi bondée pour traverser l'ile. Je me suis mis sur le toit pour apprécier la vue mais 2h de trajet ont eu vite fait de me taper sur le crâne, le soleil étant de plomb. Je suis arrivé sur le port de San Augustin mais il n'y avait plus de ferry avant le lendemain pour rejoindre l'ile de Ramblon qui était le point de chute que je voulais atteindre. Il faut dire qu'il n'y avait pas grand chose a faire ni voir dans cette petite bourgade. J'ai checké dans un hotel puis ai commencé une partie de basket quand un mec est venu me proposer un ride en pumpboat jusqu'a Ramblon. Il s'agissait de privatiser le bateau ce qui me coutait 10 fois plus. Cher que le ferry, soit 1000 pesos (10€) au lieu de 100. Le premier capitaine que mon contact me présenta etait complètement bourré et quand j'ai voulu discuter avec lui pour eventuellement négocier le prix, il est parti en sucette et a rangé son bateau, grommelant que je l'avais dérangé dans sa sieste pour rien: sympa le marin! J'en ai finalement trouvé un autre qui partit avec un autre passager local, dans une toute petite embarcation mais pour un peu moins cher. 

lien vers la vidéo Tablas


Une heure après, je débarquais sur Ramblon town. Pas très folichon l'endroit au premier abord. Aucun touriste en vue. Le lendemain j'ai loué une moto pour la journée et suis parti faure le tour de l'ile. Je suis tombé par hasard sur un panneau qui disait "freedive" a un endroit appelé Marble Beach Resort. Je suis allé voir et suis tombé sur Yvan, un suisse super sympa qui s'était installé là il y a quelques années. Le pere de sa femme Philippine lui avait vendu ce terrain qu'il avait commencé a réhabiliter il y a quelques années. Un vrai havre de pays. Il y avait une petite crique, tous les rochers aux alentours étaient de marbre (Ramblon, bien que petite par la taille, est la 2eme plus grande réserve de marbre du monde...toutes les pierres sont en marbre ici dont le prix est parait il moins cher que le bambou!). Yvan n'était pas là pour faire de l'argent et gérait son terrain et ses activités a la cool. Il avait monté un centre de plongée bouteilles et avait trouvé un instructeur pour la partie Free dive qui était géré séparément. Cet instructeur était de sortie ce jour là et je me suis donc rabattu sur la plongée bouteille avec Yvan. Le spot était assez irréel: on partait de la plage et a peine quelques dizaines de mètres plus loin, le spot plongeait a plus de 60m de fond, dans des eaux super calmes et avec une bonne visibilité. Un mini Dahab en sorte! On s'est fait une plongée a 45m mais j'ai eu quelques douleurs aux sinus, ayant attrapé un rhume sous la clim et la ventilation des chambres de Boracay.

J'ai passé le reste de la journée a faire le tour de l'ile a bord de ma moto et me suis notamment baladé le long de jolies chutes d'eau avec les enfants du village a proximité.

Le lendemain, je repartais a Marbel Beach ayant précédemment pris rdv avec Emile, l'instructeur de Freedive. Il était d'origine Phillipines mais avait quitté le pays pour habiter aux US. Il en avait eu marre de la vie sédentaire au bout d'un moment et était parti en tour du monde pendant 4 ans avant de se poser ici il y avait un an de cela. Il avait 38 ans...que de ressemblances. On a demarré doucement et malgré que je me sois lavé les sinus avec. Une de ses lotions faite maison, je n'ai pu descendre que 5m la tête la première, la douleur étant trop intense. Emile m'a conseillé d'essayer les pieds en premier le long de la ligne en enlevant les palmes. J'étais assez dubitatif par cette technique mais finalement, bien que la douleur ne passa pas, elle était plus tolérable et j'ai pu commencer a descendre a des profondeurs plus respectables, autour de 20m. Je descendais pour la première fois les yeux fermés et malgré la douleur, j'arrivais a être assez détendu. J'ai commencé a faire quelques descentes en exhale si bien qu'a un moment, en reprenant des plongées normal, je suis resté 3' sous l'eau pour aller jusqu'en bas de la ligne soit 41m, mon nouveau record. Assez incroyable en sachant que je descendais vraiment a 2 a l'heure, mes sinus me faisant horriblement souffrir dans les 15 premiers mètres. J'ai fait une nouvelle descente et ai atteint 44,4m en 2'40 tout en ayant réussi a décompresser en bas mais ayant atteint le bout de la ligne. En revanche, en remontant, mon nez a pissé le sang, des vaisseaux ayant éclaté dans mes sinus selon Emile, rien de grave. On s'est arrêté là pour la journée et je suis parti me prélasser sur Bonbon beach, la plus jolie plage de Ramblon, bien que l'excursion fut un peu courte, ayant crevé en chemin. Je suis revenu au centre de free dive pour le coucher de soleil afin de faire une sortie de nuit avec Emile. Je lui avais parlé des sensations que j'avais eues en m'y essayant un jour en pleine mer sur un petit bateau en Birmanie. Emile nous a équipé de baguettes fluorescentes afin que l'on ne se perde pas dans l'eau mais il avait tout de même peur que j'aille trop profond et qu'il ne puisse me secourir en cas de problème dans le noir. On ne s'est mis qu'a un spot d'une vingtaine de mètres de fond et avons pratiqué des descentes en palmes sans ligne. Un peu dommage mais c'était tout de même une belle expérience de descendre dans le noir avec la lune qui nous éclairait une bonne partie du chemin et des plantons de toute part des que l'on prenait un peu de vitesse sous l'eau. J'ai de nouveau saigné du nez et le lendemain, alors que je repartais sur l'ile suivante, j'ai même craché du sang par la bouche. Il s'agissait peut être du blood shift plutôt que des sinus mais il n'y avait personne pour me le confirmer. Le concept du "blood shift" est qu'en descendant profond, a un moment, l'oxygène présent dans les poumons se compresse et laisse un vide dans les poumons quand ceux-ci atteignent leur taille minimum. Alors le sang prend la place libre et c'est pourquoi les apneistes peuvent plonger a des profondeurs au delà des 50m, contrairement aux études qui avaient été faites par le passé dans les années 1960. C'est un processus courant dans le freedive et qui n'entraine aucune conséquence néfaste sur le corps de l'apneiste.
Je serai bien resté quelques jours de plus a diver avec Emile mais je sentais que mes sinus allaient encore me faire souffrir et j'avais un joli programme qui m'attendait pour la suite, ma principale raison d'être venu dans ce coin perdu: escalader le mont Gaiting-Gaiting sur l'ile de Sibuyan, appelée les Galapagos de l'Asie, une des montagnes les plus dures a gravir des Phillipines...

lien vers la vidéo Ramblon


201505 Tdm 5 E07 Phillipines Part 3: Boracay


J'ai ete très vite mis au vert a l'arrivée a Boracay: c'était rempli de touristes asiatiques et l'endroit n'était plus vraiment authentique. Malgré tout, la longue plage de White Beach de 4km, réussissait a absorber tout ce flot. L'eau était turquoise et les couchers de soleil somptueux. J'étais venu ici surtout pour faire du kitesurf mais le vent, bien que présent, n'a jamais soufflé assez fort pour que je puisse envisager une sortie. Il y avait en plus un congrès, l'APEC, avec de nombreux présidents asiatiques et des personnalités ce qui paralysait une bonne partie de l'ile, interdite d'accès.

Un petit tour en catamaran...une bonne chose a Boracay, et fait unique aux Phillipines, les bateaux a moteur sont interdits sur la White Beach. Il n'y avait donc que des catamarans fonctionnant exclusivement a voile. Quel bonheur de naviguer avec le seul bruit des vagues et du vent sans un foutu moteur pour vous ruiner la sérénité du moment!
Etrangement, sur Boracay, bien que White Beach soit inondée de touristes, des que vous vous éloignée un petit peu, il n'y a quasi plus personne. Ainsi le long de la cote est, il y avait de magnifiques restaurants posés a même la falaise sur la roche où le coucher de soleil était splendide et sans tous les catamarans et touristes pour vous cacher la vue. Idem sur la plage du nord de Boracay: sable fin, eau translucide et quasi personne: le pied!
Laura est partie de son cote plus au sud sur l'ile de Cebu. Quant a moi, j'ai pris une voie moins usitée en prenant un pumpboat pour l'ile de Tablas située a 4h de bateaux de Caticlan, le principal port de Boracay.

lien vers la vidéo Boracay


201505 Tdm 5 E07 Phillipines Part 2 Palawan Section 3: Coron et ses épaves japonaises


Debarqué a Coron, je me mis tout de suit en quête d'un centre de plongée qui proposait de faire l'épave Irako, la plus réputée du coin. Malheureusement l'épave est a 35/40m de fond et tous les centres que j'ai faits n'avaient que des débutants pour le lendemain donc pas de départ prévu pour cette épave! 

Je me suis quand même booké 3 plongées dont la première avait la particularité d'être dans un lac d'eau douce accessible seulement par la mer sur une toute petite ile, le Barracuda Lake. Pas vu de barracuda  mais en revanche, il y avait comme des sources d'eaux chaudes a l'intérieur du lac ce qui faisait que la température pouvait varier de 28° a 40°: juste génial! On pouvait distinguer la démarcation sous l'eau entre les différentes nappes d'eau aux températures différentes, un peu comme des murs translucides...vraiment incroyable. Les parois de ce lac était également très particulière car pas du tout de coraux. On se serait cru a la surface et j'en ai profité pour faire un peu "d'escalade" sous marine!

Les 2 premiers plongées suivantes ont été des épaves japonaises coulées par les américains lors de la seconde guerre mondiale. Coron est réputée mondialement pour les plongées sur ces épaves, et effectivement, bien que la visibilité soit médiocre, les coraux et multitudes de poissons sur les parois a l'extérieur des épaves, ainsi que quelques petites frayeurs dans le noir des cales et différents pontons de ces énormes bateaux (tous faisaient plus de 100m de long!). J'ai plongé avec une canadienne qui avait justement une go pro mais qui avait tout le ml du monde a s'en servir sous l'eau. J'ai pu donc me l'approprier pour ces plongées et ai réussi a la convaincre de faire Irako le lendemain: parfait!

On n'y est pas resté très longtemps au fond car le niveau de la miss n'était pas terrible mais ce fut une sacrée expérience que de se perdre dans les dédales de cette épave, éclairée a la seule lampe torche dans un noir complet. 2 épaves plus tard, on revenait sur la terre ferme. 5 en tout en 2 jours, j'avais mon compte d'épaves. On se dégota un vol avec Laura dans un petit coucou de 10 places pour rejoindre directement Boracay et sa fameuse White Beach, réputée pour être l'une des 5 plus belles plages du monde...

lien vers la vidéo Coron new




201505 Tdm 5 E07 Phillipines Part 2 Palawan Section 2: El Nido


Lourdes nous avait dégotés l'auberge la moins chère d'El Nido, petit village côtier tourné a quasi 100% sur le tourisme, quasi que des routards. On en avait pour 200 pesos par personne pour des chambres de 2 ou 4 soit 4€ mais ça faisait plus cellule de pénitencier avec un lit entre 4 murs sans fenêtre qu'autre chose. J'ai préféré bouger et m'installer dans un petit dortoir du centre ville même si le prix était quasi le double. Le lendemain, on eut plus de temps et on se trouva des petites chambres sympas au bord de la plage d'El Nido. Je me suis booké 2 jours de plongées avec un centre qui venait tout juste d'être ouvert par un français fort sympathique. Il y avait une grosse colonie d'expats français ici qui avait ouvert pas mal de commerces et notamment des restaurants. La visibilité sous l'eau etait assez impressionnante avec des pointes a 30m. Pas de gros poissons mais plutôt de la "macro" (comprendre du tout petit) par contre de beaux champs de coraux en forme de choux fleur et plein de bans de poissons se déplaçant par milliers ce qui donnait comme une espèce d'unités a ces nuages vivants. Egalement une plongée qui disposait d'un tunnel de 120m a 12m de fond qui traversait une ile de part en part. L'ensemble de la baie d'El Nido, appelée Bacuit venait d'être classée au patrimoine mondiale de l'Unesco et interdit a la pêche. Les iles étaient des sortes de pain de sucre mais fait d'une roche devenue acérée par les flots et l'érosion et donc totalement impraticable a la grimpette. Dommage. Le site m'a beaucoup fait penser a celui de la baie d'Halong au Vietnam.

On s'est fait une journée d'islands hopping où on a de nouveau pu pratiquer un peu de free diving avec Sy et on a même réussi a y mettre John.
Le lendemain, alors que l'on redescendait du haut d'un des pics d'El Nido qu'on avait gravi tôt le matin, je commençais a me sentir mal. Une diarrhée d'enfer, des courbatures de partout et une fièvre qui pointait le bout se son nez. On venait de louer des motos et je n'en ai pas tenu compte avant de partir pour rejoindre une plage éloignée, Niacpam, a 1h d'ici. Andrew était derrière moi et avait un sac a dos commun dans son dos. Quasi a l'arrivée, un mec nous a arrêté pour nous dire que le sac était grand ouvert. Il n'y avait quasi plus tien dedans et on ne s'était rendu compte de rien. Il avait perdu son iphone, la go pro que Lourdes m'avait prêtée ainsi que ma serviette et mon maillot: génial!
Par chance, un tricycle qui passait par là ramassa son iphone et la go pro et nous les rendit quasi gracieusement: ouf!
Arrivés sur la plage, j'arrivais a peine a soulever un bras tellement j'étais faible et ma température avait bien monté. Je m'écroula sous un cocotier et fus dans l'incapacité de bouger de toute l'après midi. A la fin de la journée, alors que tout le monde était prêt a partir, j'étais bien a 40 de fièvre et dans un piteux état. J'échangea ma place sur la moto avec une de mes connaissance qui avait loué un tricycle et je pus rejoindre El Nido où je me réfugia dans ma chambre le reste de la soirée.

Malgré la fièvre et surtout la chiasse, je repartis faire une journée de 3 plongées avec le club de plongée. Pas évident a gérer dans une combi mais encore heureux que le bateau était muni de toilettes, un petit tour avant de plonger et un autre juste après ;-)
Le lendemain, notre groupe se separa. La plupart faisait demi-tour dans le sud a Puerto Princessa pour prendre un avion pour l'ile de Cebu. De mon cote, je partais en compagnie de Laura la parisienne, en direction de Coron, plus au nord a 8h de trajet en bateau, afin d'aller y explorer les épaves de cuirassés japonais coulés pendant la seconde guerre mondiale.

lien vers la vidéo El Nido


dimanche 14 juin 2015

201505 Tdm 5 E07 Phillipines Part 2: Palawan Section 1 Puerto Princessa & Port Burton


J'ai pris un vol super tôt pour arriver en début de matinée a Puerto Princessa, la capitale de Palawan. Je me suis apercu que j'avais perdu ma go pro a Manille, probablement dans un taxi où je m'etais assoupi, avec toutes les videos du Tibet dedans: too bad! J'ai pu en racheter une autre dans un des malls ici et ai retrouvé Lourdes dans un hostel. On a loué une moto semi automatique et on est parti sur une plage a une heure d'ici. L'arrivée a été un peu rocailleuse sur un chemin de terre mais la plage était magnifique, bordée de palmiers et avec seulement quelques huttes de pécheurs et des jeunes locaux qui résidaient là sous tente avec quelques expats implantés ici...super ambiance très zen. L'eau super claire a une température idéale...un petit paradis!

Le soir, d'autres voyageurs solitaires que j'avais rencontrés les jours précédents a Manille nous ont rejoint et notamment:
- Andrew un new yorkais de 28 ans d'origine coréenne banquier de profession et qui allait faire le MBA de l'INSEAD a Fontainebleau a la rentrée
- Sy, un jeune néerlandais de 22 ans qui voyageait depuis quelques mois déjà et était passé par toute la Russie et la Mongolie avant d'arriver ici
- Laura, une parisienne de 28 ans marketteuse et publicitaire qui faisait un tour d'Asie du Sud Est depuis 4 mois
- John, un américain de 68 ans qui avait vécu dans les 52 états des US
- Rob, un anglais de 29 ans au fort accent ancien boxeur



On a formé un petit groupe et on s'est privatisé un minivan pour faire le trajet jusqu'a Port Burton, une nouvelle destination ouverte récemment aux touristes depuis qu'ils avaient aménagé une route carrossable pour s'y rendre, a près de 4h de route de Puerto Princessa. Super ambiance dans ce groupe très heterogene. 
Port Burton n'est pas encore une destination tournée vers le tourisme, j'en veux pour preuve qu'ils n'ont l'electricité que de 17h a minuit tous les jours! Néanmoins on s'est booké un island hopping dans un très joli bateau philippin qui disposait de hamacs sur les cotes. J'étais en train de filmer avec ma go pro dans l'un d'eux quand le stick qui tenait ma go pro s'est coupé en 2. La go pro partit directement dans l'eau. Le temps que je demande au capitaine de faire demi-tour que j'avais déjà perdu le point de chute de cette dernière. J'ai tout de même essayé de plonger mais on y voyait rien en dessous de 20m et je n'ai même pas réussi a atteindre le fond...elle ne m'aurait fait que 2 jours celle-ci: sic!
J'ai initié Sy au free diving et on a pu se faire de belles sessions dans des eaux cristallines, avec notamment quelques tortues comme compagnons de fonds. Le soir, ils ont fait un grand feu sur la plage avec de la bonne musique et après quelques verres, je suis allé me perdre dans les eaux plates au bord de l'eau avec un magnifique ciel étoilé au dessus de ma tête, et quasi autant d'étoiles dans l'eau avec ces planctons fluorescents: un bien être total. 
On est resté que 2 nuits a Port Burton et avons de nouveau privatisé un minivan pour 4h de route afin de rejoindre le nord de l'ile et son fief El Nido.

lien vers la vidéo Puerto Princessa Port Burton



201505 Tdm 5 E07 Phillipines Part 1: Manilla


Changement de décor et de température en arrivant a Manille où l'air est tout de suite étouffant. Ca m'a rappelé mes premiers pas a Hong Kong. Par contre, la guigne me suit toujours: après le tremblement de terre népalais, on annonçait un typhon qui allait souffler sur l'ile de Manille d'ici quelques jours! Pour couronner le tout, la compagnie aérienne avec qui j'ai volé, Cathay Pacific, avait perdu mon bagage lors du transit. Déjà que j'avais laissé la plupart de mes affaires de plage a Katmandu, je me retrouvais avec seulement mes vêtements du jour sur moi. La compagnie m'a proposé de me dédommager en me payant 50% de mes dépenses en vêtement. Je ne me suis pas fait prier et ai passé une journée shopping a refaire ma garde robe dans le tout nouveau centre commercial très joli de Green Belt. Quel plaisir de faire du shopping quand tout est a -50%...un vrai régal ;-)

A ma sortie de l'aéroport, j'ai fait la rencontre de Raoul, un medecin philippin qui travaillait pour l'Union Européenne ici. Il habite a Manille dans le quartier chic et financier de Makati, là où j'avais justement trouvé mon hostel et bosse assez régulièrement a Bruxelles. Il revenait tout juste d'un voyage a Palawan, une des iles phares des Phillipines, où il était parti négocier une parcelle de terrain en bordure de plage dans une petite bourgade, San Vincent, où le tourisme est en plein boom avec la construction de nouvelles routes. Ca m'a un peu fait penser au projet similaire que j'avais eu a l'époque sur l'ile vietnamienne de Phu Qoc. 
Plein de jeunes touristes étrangers a Makati, un peu dans la même veine qu'a Kho Phangan en Thailande. J'ai même rencontré un belge qui avait bossé pour Fortis Investment, mon ancien "employeur" dans une des équipes avec qui je travaillais de près: que le monde est petit parfois!
On est allé faire le free walking tour du old manilla mais hormis le fait qu'on se retrouvait très proche de la population locale, notamment quand il a fallu prendre une jeepney, de longues jeeps reconverties en bus locaux et pouvant contenir une vingtaine de personnes, toutes au look plus inventif les unes que les autres, ou le train qui traverse la ville de part en part, archi bondé et avec des wagons séparés pour ces mesdames mais climatisé tout de même. Pas grand chose a voir tout de même, même dans le quartier historique "intramuros" qui se trouve a l'intérieur d'une ceinture de remparts.
On a fait une sortie dans le quartier chaud de Makati, le "red light district" philippin, un peu a l'image de ce que l'on peut trouver a Bangkok ou Pukhet, plein de prostituées et de ladyboy. On était tout un groupe de l'Hostel dont Lourdes, une filipino qui habitait sur Palawan a Puerto Princessa et qui nous a conseillé de commencer notre visite par cette ile qui était placé a un endroit a l'abri des typhons. 
Quelques jours après, je me bookais un vol pour puerto princessa et la rejoignais pour le vrai départ de mon trip aux phillipines

lien vers la vidéo Manille


jeudi 11 juin 2015

201504 Tdm 5 E06 Tibet Part 3: Lhasa


Lhasa est lové dans une magnifique vallée entourée de hautes montagnes. On a tout d'abord traversé le "new Lhasa" encore en cours de construction et qui contient la nouvelle gare routière. Plein de grand building tout neuf pas encore habité et un énorme pont pour rejoindre le Lhasa "habité". Il y règne une atmosphère étrange ici, bicéphale avec d'un cote les quartiers chinois hyper commerçant et assez moderne et de l'autre, le old Lhasa et son quartier tibétain. J'ai démarré par une visite du xxx tôt le matin où l'on peut voir les fervents pèlerins se jetaient par terre pour effectuer leur prière. A l'intérieur, il y avait une des représentations de Bouddha jeune des plus vénérés dans le pays et les gens faisaient la queue jusque dehors pendant des heures pour pouvoir la saluer.

J'ai ensuite loué un velo et suis parti faire un tour au monastère de xxx. Ca montait dur et vu que Lhasa est déjà a 3600m, j'ai vite eu le souffle coupé malgré mon acclimatation a l'Everest. Il s'agit du plus grand monastère du pays géré par les "bonnets jaunes". J'ai vraiment adoré l'endroit où l'on pouvait rentrer dans toutes les maisons, croiser des moines vaqués a leur occupations, un endroit plein de sérénité. 
On était 4 sur le même visa collectif: Satoshi qui s'était déjà booké un vol retour pour le Japon le lendemain, Felix, Jaimie et moi. Or on devait soit tous quitter le pays en même temps et pour la même destination, soit demander a séparer le visa ce qui prenait un certain délai. 
Le lendemain, je suis allé visiter le Potala, le palais d'été du Dalai Lama. Magnifique et gigantesque, il domine vraiment toute la ville. Un énorme drapeau chinois y flotte en son sommet pour bien marquer le coup. La visite est limitée a un petit nombre de pièces mais on peut y voir notamment les tombeaux des dalais lamais précédents, tout en or massif et incrustés d'innombrables pierres précieuses. L'après midi, je suis allé me faire un tour au monastère de Sera, également impressionnant.
Quelques jours plus tard, je quittai déjà le Tibet avec une petite déception tout de même de ne pas avoir pu atteindre le sommet de l'Everest. J'avais l'impression d'avoir été un peu floué par le gouvernement chinois qui avait été "trop" prudent en annulant toutes les expéditions alors que du cote népalais, on parlait déjà de les reprendre (sur ce sujet, a priori, il s'agit de la plus grosse agence népalaise qui avait suffisamment de staff pour rouvrir une nouvelle voie dans les séracs a elle toute seule). Quelques semaines plus tard, un nouveau tremblement de terre se déchaînait au Nepal, d'une force de 7.4, mais dont l'épicentre fut bien plus proche de l'Everest cette fois-ci que le précèdent. Quelle chance j'ai eue au final que cette expédition soit annulée!
Je pris un vol pour Chengdu, puis un autre pour Hong Kong avant de rejoindre ma prochaine destination, plus exotique cette fois, les Phillipines et sa capitale Manille.

lien vers la vidéo Lhasa

bonus: lien vers la vidéo Lhasa Bonus


mardi 9 juin 2015

201504 Tdm 5 E06 Tibet Part 2: Schianze et la route jusqu'a Lhasa


On est reparti du base camp en jeep et avons refait tout le trajet en sens inverse jusqu'a Tingri pour rejoindre la route goudronnée qui nous a mené jusqu'a la ville de Schigatzé dominée par un imposant monastère installé sur le flanc d'une colline. Je me suis fait le tour de ce dernier, sur le chemin de prières avec Jaimie de nuit. On avait quelques pierres dans les poches pour écarter les meutes de chiens sauvages qui peuvent être assez agressifs et effectivement on a eu a s'en servir une fois. La ville est très décalée avec un quartier chinois nouveau composé de grandes avenues rectilignes plein de commerces et de lumières, et d'un autre cote, la vieille ville, entre le monastère et la forteresse, qui a gardé son aspect tibétain. Plein de petites ruelles avec des maisons typiques. Je me suis presque cru dans le centre ville de Lisbonne. Les locaux sont extrêmement aimables et souriants et même quand j'ai emprunté le chemin de prières a contre sens, personne ne m'a fait de remarques désobligeantes ou lancer de regards plein de reproche. Jaimie m'a dit par la suite que les chinois, s'amusaient parfois a faire de même juste pour énerver les locaux car c'est un grand signe de non respect de leur religion. J'ai pu voir a quel point les tibétains sont croyants et pratiquent leur religion avec une grande ferveur. Ils font tous les jours le tour de ce chemin de prière en faisant tourner les milliers de moulins a prières posés tout le long du chemin. Pour la petite explication, chaque moulin a prières est bourré de papiers surlesquels sont écrits des prières. Le fait de faire tourner le moulin équivaut a les lire! Certains en sont tellement accros qu'ils ont même des moulins portatifs qu'ils font tourner tout en marchant dans la rue.

Malheureusement, l'agence qui nous rapatriait n'avait qu'une idée en tête, nous amener le plus vite possible a Lhasa et on n'a pas eu le temps de visiter le monastère.
Apres avoir passé une nuit a Schigatzé, on a reprit la route direction Lhasa et avons traversé de magnifiques paysages avec des canyons entourés de montagnes dont les pics étaient souvent enneigés, ce qui ajoutait un peu plus de magie au décor. On a longé pendant un bon moment la nouvelle voie de chemin de fer qui venait tout juste d'être terminée et qui reliait Schiatzé a Lhasa, encore une bizarrerie de modernité chinoise de plus dans ce beau paysage tibétain.

lien vers la vidéo Schianzé


samedi 6 juin 2015

201504 Tdm 5 E06 Tibet Part 1: Everest expedition Section 6: le tremblement de terre


Apres la dure journée au North Col, je me reposais le reste de l'après midi et je réussis a retrouver un peu d'appétit le soir. Je passa encore une petite nuit bien qu'un peu meilleure que les 2 précédentes. Je sentais que mon corps commençait a s'acclimater mais Jaimie m'avait prévenu qu'il ne fallait pas passer plus de 3 nuits a l'ABC car cela fatiguait plus le corps qu'autre chose. Le lendemain, j'engageait donc la redescente et partis assez tôt a 7:30 du mat pour pouvoir rejoindre directement le camp de base sans m'arrêter par l'intermediary camp.

Je croisa Satoshi, puis Felix et Jaimie a peine 2h après avoir débuté ma descente. Ces derniers allaient alors a l'ABC. Jaimie me dit que mes 2 acolytes, Satoshi et Felix, n'avançaient pas très vite et il n'était pas très confiant sur leur possibilité de pouvoir grimper plus haut, surtout que Satoshi était déjà sous Diamox, pour le soulager du mal d'altitude qu'il avait ressenti au base camp.
Je rencontrais également le groupe d'australiens qui montaient a l'Intermediary Camp.
Je descendis en près de 6h...la journée fut longue!
Du coup, je fus le seul guest au camp de base, penard!
Le lendemain, je prenais mon temps pour me reposer et me relaxer. Je m'étais dit que j'irai peut être sur la première montagne que j'avais gravi ici le 1er jour et pour lequel je n'avais pas poussé le sommet. J'étais tranquillement assis dans la dining tent quand j'ai ressenti des secousses et ai vu les parois et le toit de la tente bougés. Je ne me suis pas senti du tout en sécurité et suis tout de suite sorti dehors pour voir ce qui se passait. Tout le décor bougeait: toutes les montagnes autour de moi ainsi que le sol tremblaient. C'était irréel. Des pierres ont commencé a tomber de la montagne la plus proche de moi et je me suis mis a m'éloigner des tentes et de cette montagne pour me rapprocher du centre du base camp qui étaient moins en risque a des chutes de pierres. La 1ere montagne que j'avais gravi dégueulait des multitudes de pierres qui glissaient sur l'ensemble de son flan dans un vacarme épouvantable. J'étais inquiet. On aurait dit la fin du monde. Le tremblement de terre a duré plusieurs minutes et les autres sherpas et locaux étaient également sortis dehors des tentes. On s'est regardé complètement scotché par ce qui venait de se passer.
Apres avoir repris nos esprits, on a essayé de contacter Jaimie, resté a l'ABC, mais en vain. Je suis allé au campement de l'expédition chinoise pour demander des nouvelles mais ils n'en avaient pas également.
Pas grand chose a faire si ce n'est attendre. Pourtant, j'étais sacrement inquiet: le site du camp de base avancé était sacrement exposé en cas de grosses avalanches et ne parlons pas du North Col: je n'ose imaginer si quelqu'un avait été sur la paroi pendant le tremblement de terre (j'appris plus tard qu'il y avait eu quelques sherpas qui avaient été pris dans une avalanche et y avaient réchappé de justesse: une passant juste au dessus de leurs têtes et une autre coulée juste en dessous). 

Je retourna sous la dining tente et peut être 3/4h plus tard, de nouvelles secousses, moins fortes cette fois et moins longues. Je ne me sentais plus trop en sécurité même si il n'y avait pas eu d'éboulement près de la tente. J'attendis le reste de l'après midi jusqu'a voir arrivé le groupe d'australiens qui redescendaient de l'Intermediary Camp. Ils avaient eu également une peur bleue sur leur chemin retour quand un éboulement a grondé non loin d'eux mais plus de peur que de mal. On a passé la soirée a regarder les infos sur la faible connexion 3g de l'un d'entre eux qui tombaient au compte goutte et on a pris conscience de l'ampleur des dégâts notamment a Katmandu.
La nuit, quelques nouvelles secousses ont fait bouger ma tente...pas simple pour dormir en toute quiétude. 
Le lendemain, toujours pas de news du camp de base avancé. J'avais prévu de faire un second tour a l'ABC et je ne me voyais pas rester là a ne rien faire et attendre. J'ai décidé de partir vers 7h du mat pour rejoindre l'ABC en une seule journée. Le chef cuistot du camp de base m'a alors remis 15kg de provisions dans mon backpack a remettre a son homologue du camp de base avancé plus son aide de camp a qui il a refilé un petit sac a dos, qui contenait en fait un sac de riz de 20kg, le pauvre. On est parti comme ça aux aurores et on a atteint l'IC après 4h de marche seulement. On a cassé la croute une bonne demi heure et on est reparti direction l'ABC alors que le temps se couvrait. Il a commencé a neiger et au bout d'une 1/2h, un nouveau tremblement de terre s'est déclaré alors qu'on était entre 2 glaciers. La plus haute montagne du coin a commencé a dégueuler d'innombrables pierres sur ses versants mais le spectacle était suffisamment loin pour qu'on ne craigne rien même si mon aide de camp était mort de peur, accroupi contre le sol.
On reprit la route et au bout d'une heure, j'ai eu un gros coup de pompe. Je n'avançait quasiment plus et j'ai pris peur de ne pouvoir arriver a destination sain et sauf alors que le temps se gâtait de plus en plus alors qu'il n'était qu'1h de l'après midi. On décida de rebrousser chemin et on se posa a notre IC qui avait été abandonné par son cuistot, qui avait préféré rejoindre le camp de base. Une heure plus tard, Satoshi passa avec son sherpa. Il était sur la redescente et ils nous dirent que tout allait bien et qu'il n'y avait pas eu de mort a l'ABC.
Je me sentais pas de repartir et on prit la décision de rester ici. Le problème, c'est que je n'avais pas pris de sleeping bag avec moi, pensant arriver a l'ABC où j'avais mon -40° qui m'y attendait. J'ai réussi a me dégoter un sleeping bag et une couverture en peau de yak appartenant a un des guides de yaks. Combiner les 2 m'assurait un maximum de chaleur mais le problème est qu'ils avaient une odeur pestilentielle. J'ai gérer en me couvrant de l'ensemble de mes vêtements avant de me fourrer la dedans, et ai même essaye de me couvrir d'un des matelas entre moi et le sleeping bag mais le froid a eu raison de mon intolérance et je n'ai eu d'autre choix, au milieu de la nuit, que de m'enfoncer dans le sleeping bag et d'en supporter l'odeur.
On reprit la marche tôt le matin et on ne croisa que des gens a l descente. Personne ne montait! Apres 3h, on croisa Felix et Jaimie tout près de l'ABC qui redescendaient également. Jaimie me fit un topo de la situation. Le tremblement de terre avait été d'une puissance de 7,9 et son épicentre avait été le village de Besisahar, le départ de mon tour aux annapurnas il y a quelques jours a peine. Le village avait été complètement rayé de la carte et le bilan actuel était de 700 morts a Katmandu mais qu'il n'y avait aucune information concernant Pokhara et ses environs. Le camp de base de l'Everest coté Népalais avait été sacrement touché par des avalanches et plus de 20 morts étaient a déplorer. De plus, le passage de glace et de seracs qui menait au camp de base avancé avait été totalement détruit et la plupart des alpinistes qui se trouvait au dessus de ce passage se retrouvait désormais bloqués, dans l'incapacité de redescendre.
Cote tibétain, il y allait avoir une réunion aux sommets entre les chefs d'expédition et le gouvernement chinois pour décider si l'on poursuivait ou non l'expédition. Il me dit qu'en attendant, je pouvais rester a l'ABC quelques jours pour continuer mon acclimatation mais que je ne pouvais aller ni au North Col ni au crampons point situé a son pied qui avaient été jugés trop dangereux par les autorités.
L'ABC était totalement vide: il devait rester 4 clients et quelques chefs cuistots pour garder les tentes. Je suis resté 3 jours comme ça et cette fois-ci, je me sentais bien, plus de vomissements et un bon appétit. 
Au 3eme jour, je suis redescendu et ai atteint le camp de base en 5h seulement. J'ai retrouvé tout le monde dans la dining tente ainsi qu'un nouveau groupe d'anglais et suisse qui était venu monter jusqu'a l'ABC et qui était passé par Lhasa avant le tremblement de terre. Jaimie, après être allé a une nième réunion des chefs nous annonça que le gouvernement chinois mettait fin a l'ensemble des expéditions sur les 3 sommets a 8000, l'Everest, le Cho Oyu et le Manaslu, jusqu'a la fin de l'année. Leurs experts estimaient qu'il y avait 50% de chance qu'un nouveau tremblement de terre frappe encore dans les prochaines semaines/mois. Quelle déception de mon cote, j'avais fait la partie la plus ennuyeuse et il me restait plus que la partie la plus agréable et challenging! L'expédition chinoise avait déjà pliée bagage et les alpinistes rapatriés a Lhasa. La route pour retourner a Katmandu était complètement coupée pour une durée indéterminée et le gouvernement chinois nous affrétait des jeeps pour nous faire sortir par Lhasa. Ils nous restaient a tous des affaires a l'ABC mais le temps de rassembler un millier de yaks qui fasse l'aller retour, on attendit pas plus et on partit le lendemain matin.
Moi qui avais prévu de visiter le Tibet juste après l'expédition, ça tombait bien!



jeudi 4 juin 2015

201504 Tdm 5 E06 Tibet Part 1: Everest expedition Section 5: le mur de glace du North Col


La montée au North Col constituait un autre challenge que l'ABC car non seulement on allait a des altitudes plus élevées, 7000m, soit un tout nouveau monde pour moi dont mon précèdent record n'était que de 6300m, mais il y avait cette fois de l'escalade a faire.

Vu qu'un des climbing sherpas était redescendu, j'ai un peu endossé son rôle et ai porté une tente dans mon sac a dos jusqu'au North Col, je devais avoir dans les 10/12kg sur le dos. On a marché près de 45' sur un faux plat montant jusqu'au point appelé "crampon zone" où il a fallu chausser ces crampons pour démarrer la partie sur glace. J'avais au pied mes fameuses mountains boots La Sportiva et j'avais déjà l'impression d'être un astronaute avec avant d'enfiler les crampons. Il y avait bien une vingtaine de climbing sherpas qui nous précédait au crampon zone dont la majorité faisait partie de l'expédition chinoise. On dit souvent que si l'on arrive au North Col, alors le sommet vous tend les bras...

Je mis mon harnais d'escalade que m'avais prêté Jaimie et on se dirigea vers le mur de glace. Impressionnant par sa taille, je pouvais distinguer la voie qui se faufilait sur une de ses parois. Il y avait une corde qui longeait l'ensemble de la voie et il suffisait de se sécuriser dessus d'une part, puis de fixer sun juma d'autre part pour vous aider a monter. Le juma est un outil d'escalade qui se bloque a la descente et que vous devez tirer vers le haut pour vous monter. J'appréhendais un peu son utilisation car j'en avais utilisé un a une seule reprise lors d'un séjour speleo où l'on avait du remonter au juma pour s'extraire d'une grotte. J'avais eu toutes les peines du monde a sortir car la montée était verticale et on ne pouvait quasi pas s'aider de la paroi. Ici, c'etait different. La paroi n'était quasi jamais verticale et le juma était là plus pour se sécuriser qu'autre chose, néanmoins bien utile! Dawa, le plus fort des sherpas, pris de l'avance et commença a doubler les derniers sherpas de l'expédition chinoise. Moi, je me trainais beaucoup car j'essayais de respecter les consignes de sécurité que l'on m'avait donné, a savoir se sécuriser a chaque changement de corde et securiser son juma avec un mousqueton, ce que les autres sherpas ne faisaient quasiment jamais tellement ils avaient l'habitude. Heureusement l'autre climbing sherpa resta près de moi. On allait de toute façon a peu près a la même vitesse tous les 2 depuis 3 jours. Je pris de plus en plus d'aisance avec le matériel et ma progression se passait correctement. Certains passages étaient quand même bien verticales avec même un petit devers. C'est sur ce genre de paroi où on se sent tout petit et pas trop en sécurité, la moindre avalanche et on se retrouve emporté pour de bon. Je me suis dit que je n'allait pas m'amuser a passer 50 fois ce mur! Il y avait une échelle métallique a passer, plutôt rigolo avec les crampons aux pieds. Les derniers 50m m'ont fait le plus mal. Je n'avançais quasi plu et je devais m'arrêter tous les 2 pas pour reprendre mon souffle. En plus, les autres climbing sherpas commençaient a redescendre a toute blind. Je mis au total 5 heures pour atteindre le haut du mur de glace. La haut, il n'y avait quasi rien. Seulement 3 tentes posées par l'expédition chinoise pour les sherpas qui ouvraient la route et sinon juste des bandes qui étaient tirées en forme de carré pour réserver sa parcelle de terrain. Je retrouvais Dawa qui finissait d'établir les limites de notre emplacement. Je vis une équipe de chinois qui commençait a tirer les cordes pour préparer la voie jusqu'au camp 2. Le chemin n'avait pas l'air trop dur, sur une pente plus douce que ce que je venais de franchir et sur de la neige au lieu de la glace. Je les ai suivis sur quelques dizaines de mètre le long de l'arête du mur de glace jusqu'a un sommet où je pus distinguer le camp de base avancé tout en bas tout petit. L'endroit était beau. Je pouvais apercevoir le bout du sommet de l'Everest qui semblait encore bien loin, quasi inaccessible. 
On ne resta pas très longtemps au North Col. Tous les autres sherpas étaient déjà redescendus et hormis les quelques ouvreurs de l'expédition chinoise qui restaient dormir là, on était tout bonnement les derniers. Je ne savais pas combien de temps cela allait nous prendre pour rejoindre le camp de base avancé mais j'étais assez inquiet en voyant le temps qui commençait a se couvrir avec un vent de plus en plus violent. J'avais d'ailleurs été étonné le matin de voir que les sherpas n'avaient aucun matériel pour vérifier la météo avant de se lancer. Ils scrutaient juste le ciel et s'il paraissait bon, c'était parti pour la journée voir plus alors que depuis que je suis là, j'ai constaté que le temps peut être changeant extrêmement rapidement et qu'un ciel dégagé le matin ne présage en rien du temps qu'il fera une heure après. De plus, on était censé avoir un système radio avec talkie walkie qui nous reliait au base camp mais celui-ci ne fonctionnait pas a l'ABC, pour aucun groupe d'ailleurs, une antenne ayant cédé quelques jours auparavant. Jaimie avait un téléphone satellite mais il n'était pas là. 
A la descente, j'ai voulu très vite utiliser mon descendeur pour effectuer les 1ers rappels mais mon climbing sherpa me dit "pas la peine, tu as juste a mettre la main a l'envers comme cela et a bien tenir la corde, ça te freinera suffisamment dans ta descente". Pas très rassurant surtout que je n'étais plus très frais. Je l'ai a moitié écouté et ai mis mon frein quasi une fois sur 2, ce qui est vrai ralentissait beaucoup la descente le temps de le fixer aux cordes. J'ai mis près d'une heure a descendre le mur de glace quand Dawa lui en a mis seulement 20'. Arrivé au crampon point après 6h30 d'effort au total, il y avait un des 2 cuistots de notre camp qui nous attendait avec du the et des gâteaux: la providence que cet homme là! Il m'aida a déchausser mes crampons qui étaient bien gelés sur mes boots. J'étais épuisé et je mis plus d'une heure a rejoindre l'ABC en marchant comme un zombie alors qu'il en fallait a peine 20' en temps normal. 
J'ai vraiment apprécié cette journée d'escalade, probablement la meilleure journée jusqu'ici, sans savoir que ça allait être en fait l'une des dernières...

lien vers la vidéo North Col


mercredi 3 juin 2015

201504 Tdm 5 E06 Tibet Part 1: Everest expedition Section 4: IC to ABC

Le lendemain, on repartait déjà direction l'ABC. J'avais bien dormi et je me sentais fraus pour continuer la marche. Un des climbing sherpas ne se sentait déjà pas super la veille mais là, il se trainait comme pas possible. De mon cote, ça allait: le chemin montait sur une pente douce mais continue entre 2 glaciers. Le temps était au beau fixe et on mit de nouveau 5h pour arriver a l'ABC. L'un des 3 sherpas, Dawa, était arrivé bien avant nous et il se bataillait avec un autre groupe pour un emplacement. Car tout l'enjeu était là, arriver les premiers pour choper les meilleurs emplacements: pas trop venteux, pas trop en risque a des avalanches ou éboulements de pierres, pas trop en pente, près d'une source d'eau ou pour le coup, de glace ici!
L'ABC était situé dans un virage et au bout de celui-ci, on pouvait voir un mur de glace de bien 500m et au dessus de ce mur, sur le cote gauche, on apercevait le sommet de l'Everest, qui semblait encore loin. 
On est arrivé en milieu d'après midi et j'avais la tête qui chauffait grave. Ils ont fini d'installer ma tente en déblayant vite fait la neige et je me suis couché instantanément quasi jusqu'au lendemain. 
Je n'avais guère d'appétit et après mon thé du matin, je suis quasi immédiatement allé le vomir. Je suis resté couché toute la journée. Ca tombait bien car c'était le jour de repos. Le 3eme sherpa qui ne se sentait déjà pas bien la veille était dans un état encore pire que moi et il a du redescendre jusqu'au camp de base.

Le lendemain, les 2 climbing sherpas restant prévoyaient de partir direct au North Col (ou Camp 1) pour réserver notre place de campement. Il s'agissait d'un endroit assez serré au sommet du mur de glace et les places y étaient très chères. Inutile de préciser que j'étais le seul client de tout l'ABC, mis a part l'expédition chinoise dont les clients étaient arrivés a peu prêt en même temps que moi. Je me sentais d'attaque et partis donc avec eux a l'assaut du mur de glace...



201504 Tdm 5 E06 Tibet Part 1: Everest expedition Section 3: la montée du camp de base au camp intermédiaire avec les yaks

Je me sentais fin prêt a passer a l'étape suivante. J'avais déjà fait quasi tous les sommets a faire dans le coin du base camp et partir rien qu'avec les locaux m'enchantais. Jamie avait bien senti ma manière de voyager et c'est pour ça qu'il avait organisé la chose de cette manière. Il faut savoir qu'il y a un certain nombre de camps intermédiaires avant de pouvoir monter a l'assaut final du sommet. Et a chaque camp, il faut une plus ou moins grande installation selon le nombre de jours que l'on compte rester. Jamie avait booké 30 yaks pour un premier load qui allaient partir en même temps que nous du camp de base. La plupart irait jusqu'a l'ABC (advanced base camp) a 6300m, la limite pour ces pauvres bêtes, d'autres s'arrêteraient en chemin au IC (intermediary camp) basé a 5700m. Chaque yak ne doit pas dépasser 40kg de charge chacun et la communauté des conducteurs de yaks veillent au grain avec un système de pesée un peu archaïque mais qui fonctionne. On avait donc 1,2 tonne de matos a emmener et il ne s'agissait que du premier load puisque Jamie prévoyait déjà un second load 5 jours après de 14 autres yaks. De mon cote, je partis assez chargé, bien 15kg, avec mon sleeping bag a -40° qui prenait déjà la moitié de mon sac a dos et ma down jacket quasi le reste. 
Avant de partir, j'eus le droit a un dernier briefing sur le matos d'escalade avec Franck un australien qui venait de nous rejoindre. Il était a la tête d'un groupe de 6 australiens qui venaient faire les 2 base camps de l'Everest. Ils avaient commencé par le sud cote népalais et terminaient ici cote Tibétain où ils avaient prévu d'aller jusqu'a ABC. Franck les ramènerait ensuite jusqu'a la frontière puis nous rejoindrait pour faire l'ascension du sommet.
On a démarré vers 10h, le temps de charger tous les yaks. Le temps était au beau fixe et c'était assez agréable de se balader au milieu des yaks avec leur conducteur qui sifflotait pour les faire avancer en rythme, une pierre ou 2 a la main tout de même pour ceux qui sortaient du rang ou n'avançaient pas assez vite. La 1ere heure était plutôt plate. On avançait avec un glacier a droite et un flan de montagne a gauche et en face, le mur de l'Everest qui se rapprochait de plus en plus, avec sa masse imposante. 

Marcher avec les yaks n'est pas chose aisée car il arrive que certains perdent un de leurs sacs et qu'ils faillent les ressangler. Par contre si vous les dépassez, par la suite, ils sont plus rapides que vous, car les conducteurs les poussent presque au trot, ce qui fait qu'il faut s'écarter quand un groupe de yaks arrive pour pas qu'ils ne perdent le rythme. Ca nous faisait des pauses régulières et j'ai trouvé que ça coupait même mon rythme de marche, surtout quand a commencer a arriver ceux de la descente. Là, il fallait carrément se mettre de cote et attendre que la caravane est finie de passer. Je tenais pas mal le coup avec les sherpas et j'arrivais a suivre la cadence. On est arrivé a l'IC après 4h15 de marche, du moins, aux premières tentes, celles des chinois car notre campement était situé bien après ce dernier. Il y avait une grande descente puis une grande montée bien gelée a passer. Moi qui pensais que j'en avais fini pour la journée, j'avais tout donné et il ne me restait plus de jus du tout. J'ai mis 45' a finir en y allant a 2 a l'heure! Et pourtant rien n'était encore monté au campement. La cuisine était en cours de montage (c'est l'élément le plus important dans un camp) mais en me voyant arriver, ils s'y sont tous mis pour me monter une tente rien que pour moi avant tout le reste. Des qu'elle fut prête, je m'y installa et m'y effondra. L'endroit était assez joli. Il y avait un glacier en forme d'aiguilles de glace dont certaines pouvaient atteindre jusqu'a 30m de hauteurs. Je pense que c'est le vent qui avait sculpté de telles formes, une première pour moi mais j'ai trouvé ça très beau.
Le soir, on a tous mangé dans la tente. Les conducteurs de yaks avaient leur propre tente un peu pourri mais trop petite pour tous les contenir donc certains dont venir dormir dans la kitchen tent. Et vu que de toute façon, c'est notre cuistot (népalais) qui faisait la bouffe pour tout le monde, on s'est retrouvé a plus de 10 dans la tente!