Rechercher dans ce blog

vendredi 19 mai 2017

201704 St Jacques de Compostelle Part 10: le Bearn

En sortie de Miramont Sensacq, on a eu une discussion fort intéressante avec un agriculteur du coin alors que 2 de ses jeunes vaches venaient de s'echapper de leur étable a notre passage. On était au moment de l'élection du 1er tour des présidentielles et ce qu'il nous a raconté sur la manière de produire la nourriture, que ce soit les legumes/fruits ou la viande, nous a fait froid dans le dos. Aucune filière n'en réchappait et pour lui, il était de nos jours quasiment impossible de ne pas faire de production a échelle industrielle avec rajout de tout un tas de produits chimiques et au détriment de la qualité et du bien être des bêtes. Il nous a en autre donné comme example les fermes allemandes qui produisent du lait a une échelle si importante que finalement elles sont capables de vendre le lait a un prix en dessous de leur cout de production car elles gagnent plus d'argent par la gestion a posteriori du purins qui leurs sert de production d'électricité qu'elles revendent ensuite aux fournisseurs locaux d'énergie. L'agriculteur n'était pas très optimiste quant a l'avenir de sa filière et ne voyait pas comment cela pourrait changer, et ce quelque soit le candidat élu: triste perspective...
On a traversé la ville d'Arzacq Arraziguet où j'ai profité d'un nouveau pique nique en bord de lac pour m'occuper de ma 1ere ampoule, après 3 semaines de marche, qui était apparue sous le pied près des orteils, probablement du a un pli de chaussettes. Maman, elle de son côté, n'avait rien du tout. J'ai compris la technique qu'elle cachait quand je me suis penché sur une certaine crème qu'elle utilisait quotidiennement et ce depuis près de 3 semaines avant d'avoir débuté notre pèlerinage, la creme "magique" NOK. Bien connu des pèlerins aguerris, il s'agit d'une creme qui renforce la peau pour en faire quasi une corne dure, un peu comme un pneu de voiture. Effet garanti, j'ai commencé a m'en mettre de manière quotidienne également. Je n'avais pas le choix si je voulais tenir le rythme imposé par la reine Mère! 
Encore une grosse étape aujourd'hui de près de 37 bornes et ce malgré quelques raccourcies judicieux que l'on a trouvé en chemin. Sur l'un d'eux, on a trouvé une troupe de jeunes scouts guides poussant un âne, qui s'était égarée en chemin. Elles se rendaient au même endroit que nous et allaient également camper sur le gite communal de Pomps. Cela semblait a premiere vue une bonne idée de prendre un âne pour porter les tentes et le materiel de camping mais encore fallait-il le faire avancer sans que ce dernier ne s'arrête a chaque touffe d'herbe sui passait devant son museau! Au final, je pense que rien de tel qu'un bon gaillard dans la force de l'age pour porter son bardas ;-)
Le gite de Pomps etait assez atypique et on a posé notre tente dans une aire de jeux d'enfants. L'endroit était rempli de pèlerins qui commençaient déjà a diner quand on est enfin arrivé. Parmi eux, un groupe de 6 filles de Dunkerque et Éric, un suisse français qui allait à Santiago et que nous devions retrouver par la suite tout au long du chemin. 
Les guides arrivèrent bien après nous, les plus jeunes d'à peine 12ans étaient fatiguées et affamées et il leur fallait encore monter le camp et préparer le diner. 
Le lendemain matin, nous nous réveillâmes sous une pluie fine, les guides avaient mis leurs serviettes de toilette à sécher dehors et les retrouvèrent trempées. Tous les pèlerins étaient prêts des 7h30 équipés de cape pour affronter cette pluie qui nous a accompagnés une grande partie de la matinée. 
De mon côté, dans un soucis d'allègement de mon sac a dos, j'avais renvoyé mon pantalon de pluie et ai du utiliser celui de Maman dans lequel je rentrais tout juste. Elle avait enfin trouvé le moyen de me ralentir en me mettant un pantalon qui m'obligeait a réduire l'amplitude de mes foulées!
La journée demarra mal, je me suis tordu la cheville gauche sur un terrain plat tout a fait quelconque et ai ressenti des douleurs au niveau du talon. Nous nous sommes arrêtés à la première pharmacie pour acheter une chevillère et à cause de la pluie nous avons du manger notre casse croute sous un abribus.
Il y eut quelques éclaircis dans l'après midi et c'est là que nous avons fait plus amples connaissances avec le groupe de 6 filles rencontrées dans le gite la veille alors qu'elles bloquaient la route pour une pause pipi improvisée! 
Elles venaient toutes de Dunkerque et effectuaient un pèlerinage par tronçon à raison d une a 2 semaines par an et reprenaient a chaque fois l'année suivante là où elles s'étaient arrêtées. C'était leur 4ème année et elles avaient étoffé leur groupe de "stagiaires" apprenties qui elles marchaient seulement sur le tronçon en question. Cette année, elles étaient parties de Lectoure, un peu avant Moissac, soit la veille de notre rencontre, et devaient s'arrêter à Saint Jean Pied de Port pour en finir avec la partie française. Cette année il y avait Christiane et Catherine les 2 plus anciennes pèlerines puis Caroline qui en était à sa 3eme année, sa fille Rosalie la plus jeune et débutante sur le chemin et enfin les 2 soeurs: Nathalie et Sabrina présentes pour la seconde fois. Comme elles étaient nombreuses, elles avaient du faire toutes les réservations d'auberges a l'avance. Une autre manière de faire le chemin. 
La pluie nous rattrapa en fin de journée dans une forte cote et alors que nous nous étions abrités sous un arbre en attendant que ca se passe, nous les avons vus passer une à une enroulées dans leur cape. Il ne restait que quelques kilomètres à parcourir et nous nous sommes finalement décidés à braver la pluie, pour enfin arriver, bien trempés, à la Sauvelade. L'accueil fut a l'image de Wilfried, le personnage qui tenait le gite: étrange et incongru! Lorsqu'il nous demandait ce que l'on voulait entre plusieurs choix et qu'on lui répondait, il nous répliquait d'un style bien lourdingue: «j'ai pas envie». Ca a au moins eu le mérite de tous nous faire bien rire tout au long de la soirée, que l'on a fini dans une bonne ambiance de détente par un petit baccalauréat des familles avec ces fameuses filles de Dunkerque.
L'étape suivante passait par Navarrenx, ancienne bastide avec des fortifications dominant une rivière pour nous conduire ensuite à la ferme d'Aroue, notre meilleur arrêt sans conteste de tout notre périple sur la partie française. Il n'y eut aucune fausse note, de l'accueil a notre arrivée par la proprio en passant par les chambres, spacieuses, lumineuses avec une bonne literie moelleuse et équipée de draps et couvertures (ce qui est au final plutôt une exception sur le chemin!), des sanitaires propres avec des douches avec eau chaude a volonté (un petit plaisir simple mais un pur bonheur après une harassante journée de marche), shampoing et savons fournis. Le repas fut soigné et copieux. Nous étions pas loin de 30 pensionnaires, le max que l'on est fait jusqu'ici et on retrouva une nouvelle fois notre groupe dunkerquois ainsi que Danielle notre quebecquoise. Cette dernière avait un peu ralenti l'allure et meme du s'arrêter après avoir essayé de suivre un groupe de français qui marchait des distances non raisonnables, a plus de 40kms par jours. En soit rien d'infaisable physiquement, mais le fait de marcher si longtemps, avec des lourdes charges sur des portions de bitume, peut provoquer un mal bien particulier, la periostite tibiale, que je n'allais d'ailleurs pas tardé a découvrir un peu plus tard sur le chemin...
Mamoune, de son côté, commençait à se plaindre du dos, dû probablement à un portage déséquilibré de son sac, dont elle ne maitrisait pas encore bien l'arnachement. Sabrina, coach sportive et masseuse, se proposa gentiment de lui prodiguer un massage ciblé et thérapeutique qui s'avéra dès le lendemain bénéfique. Tant mieux car il restait encore la dernière étape de la voie du Puy a accomplir a travers le pays basque français...

lien vers la vidéo Béarn



jeudi 18 mai 2017

201704 St Jacques de Compostelle Part 9: les Landes

Apres la traversée du Gers, on a fait une breve apparition dans les Landes après avoir passé Barcelonne du Gers en arrivant a l'Aire sur l'Adour. Petite visite habituelle désormais des lieux de culte de la ville mais nous avons préféré avancer un peu plus pour profiter d'un plan d'eau en sortie de ville afin d'y pique niquer. On venait de passer sous la barre des 1000kms pour rejoindre St Jacques de Compostelle. On a retrouvé notre quebecquoise Danielle en route qui nous a bien fait rire lors d'une pause où elle s'est assise en plein dansû champ d'orties, ne sachant pas ce que c'était. Je crois qu'elle n'oubliera pas de si tôt ses vertus urticantes! Il faisait chaud ce jour là et on a du aller quémander de l'eau dans l'une des rares maisons qui bordaient le chemin avant de finalement arriver après une longue étape de 40kms au gite communal de Miramont Sensac. Tenu par 2 joyeux hospitaliers qui savaient y faire pour mettre l'ambiance parmi les pèlerins, c'est en chantant tous en coeur "Ultreïa" qu'on en a finit avec les Landes pour passer dans les Pyrénées Atlantique et plus précisément la région Béarnaise...

lien vers la vidéo Landes



lundi 8 mai 2017

201704 St Jacques Part 8 Le Gers gascon


Apres avoir rejoint le chemin principal par La Romieu, on avait déjà quitté le Lot et Garonne pour le Gers et le pays gascon. On est arrivé en fin de journée a la ville de Condom (eh oui ca ne s'invente pas!) où on est allé checker dans un ancien couvent reconverti en gite privé pour pèlerins. L'ambiance était assez sympa avec un mixte entre des hospitaliers, des résidents assez "space" mais plutôt cool et nous pèlerins. On y a retrouvé Danielle, une jeune canadienne étudiante en droit avec qui on avait déjà tapé la discute un peu plus tôt a La Romieu. Le centre ville de Condom est plutôt joli, doté d'une magnifique cathédrale dont l'intérieur est splendide, et en tant que nouvel expert en églises, assez atypique également. Une statue des 4 mousquetaires a été posée sur la place principale pour rappeler l'origine du fameux chevalier D'Artagnan. 
Nous avons ensuite traversé quelques champs avant de rejoindre Larressingle, le plus petit village fortifié de France, charmant. Puis nous sommes rentrés dans Montréal en compagnie de notre chère Danielle: tout un symbole! Nous avons pu y déjeuner seulement grace a la fin du marché locale où les derniers forains encore présents nous ont dépannés de quelques produits en ce dimanche midi. On avait en effet oublié notre pique nique, acheté la veille, dans le frigo de l'ancien couvent de Condom!
On a ensuite du traverser des champs et des champs de vignes servant a produire l'alcool local, le fameux Armagnac avant de finir par un long corridor de plus de 7 bornes où une ancienne voie de chemin de fer passait. Une grande ligne droite en somme, sympa a faire en velo, mais pas a pied avec des lourds sacs a dos et une journée déjà bien remplie dans les pattes. Du coup, on a établi un nouveau record en arrivant a Eauze avec un petit 39,5km au compteur. On est arrivé super tard mais encore heureux, l'office du tourisme nous avait indiqué la démarche a suivre pour rentrer dans le gite communal: une grande maison sur 3 étages en plein centre ville rien que pour nous.
Le lendemain on a continué a traverser le Gers d'est en ouest jusqu'à l'arrivée sur Nogaro où l'on est arrivé en trombe sur un restaurant bordant l'aérodrome juste avant qu'ils ne ferment. Cela nous a permis, après le repas, d'aller profiter de la piscine après manger. J'avais insisté pour dormir en tente ce soir là et on avait donc prévu de faire une longue coupure pour ne repartir que vers 17:30 afin de marcher jusqu'a la nuit tombée et poser la tente dans les bois a l'abri des regards indiscrets. Mais le plan ne s'est pas tout a fait passer comme prévu. A la sotie de Nogaro, un local s'est arrêté en voiture et en voyant que l'on marchait encore a une heure si tardive, il a proposé de nous avancer. Il voulait clairement nous mettre dans une des auberges du coin dont il devait connaitre le patron mais vu qu'on a insisté pour camper, il a pris l'exact chemin du GR avec sa voiture pour nous amener a 8kms de là a l'entrée de la forêt, non sans avoir traversé ses propres vignes dont il n'était pas peu fier. Il ne nous restait plus qu'a traverser la foret sur 2kms et on a pu installer notre campement dans un petit champ perdu en pleine foret, ideal! Le temps de laisser sécher la tente de son precedent trip et de nous faire la popote avant une bonne nuit de sommeil bien méritée. 
Le lendemain, on continuait de nouveau a travers champs sur un terrain plat et assez redondant pour changer de département et passer brièvement dans les Landes...




201704 St Jacques Part 7 Liaison Agen La Romieu


Apres cette halte reposante a Agen, il a fallu repartir de plus belle pour enfin en terminer avec ce GR652, la deviation de Rocamadour, afin de rejoindre le chemin principal a la Romieu. Cette petite incartade nous a rallongé la route de 90kms mais on n'a pas regretté de la faire. Et ce meme après ce qui nous attendait a savoir, pas une traversée du desert, mais une traversée de champs, innombrables et sans fin, pour nous ramener sur le camino principal.

Tour d'abord, pour sortir d'Agen, on a emprunté le magnifique pont canal afin de passer la Garonne, puis après l'avoir longé sur plusieurs kms a travers une agréable allée d'immenses platanes, on a commencé notre périple a travers champs. A part le village de Moirax et sa belle église dont la forme du clocher est tout a fait particulière, rien d'autre a signaler. On est arrivé tard, juste avant la tombée de la nuit a Lamontjoie, après 38,5kms (annoncé par mon iphone, soit peut être corrigé a 35kms), nouveau record, bien rincé! On avait appelé un peu plus tôt pour réserver une place dans ce qu'on pensait être une auberge municipale mais finalement on a été accueilli par l'adjoint au maire du village qui nous a reçu avec sa femme chez lui dans sa demeure. En demi-pension a 25€/personne, le prix était très amicale! On a été extrêmement bien reçu par le couple et on a passé un agréable moment en leur compagnie qui nous fort bien reposé! 
Du coup, le lendemain, on attaquait de plus belle a travers champs pour enfin rejoindre le chemin principal a La Romieu, le petit village médiévale qui servait de jonction entre les 2 GR. On a tout de suite vu la difference ave notre cher GR652 car a peine arrivé a La Romieu que l'on croisait deja plusieurs groupes de pèlerins. Un nouveau chapitre commençait deja...




samedi 6 mai 2017

201704 St Jacques Part 6 Lot & Garonne et le pays agenais

Changement de département avec le passage du Lot au Lot et Garonne, le chemin serpente à présent beaucoup dans les champs, cultures du blé, vignes du vin de Cahors. Après Montcabrier nous commencons à trouver des pruniers, mais toujours pas de pèlerins enfin nous en rencontrons 2, un couple de français retraités. Cela a amené a une belle course en montée entre les 2 grands mères avant qu'on ne les distance rapidement.
A Tournon d'Agenais, on est arrivé pile poil pour la 3eme mi-temps d'un match de barrage pour la coupe de France de rugby, LE sport par excellence dans la région. Le club local venait de perdre mais l'ambiance était plutôt bon enfant. On a dormi dans le gite municipal: une chambre assez exiguë dans un hospice genre maison psychiatrique. On n'a pas tapé trop longtemps la discute avec nos colocataires. En plus, la douche était plantée en plein milieu de la chambre alors qu'il y avait 4 lits superposés! Encore heureux que l'on était que 2. Le prix de la nuitée était en donativo (ie: on donne ce que l'on veut) et ca nous a quand meme bien dépanné.
La vieille ville quant a elle est placée sur un python rocheux telle une petite forteresse, appelée ici bastide. Magnifique et tres authentique bien que quasi abandonnée. On n'y a pas vu âme qui vive! On avait fait une longue etape ce jour là et la nuit de repos ne fut pas de trop.
Le lendemain, on a reattaqué la marche: encore des vignes et des champs de blé, des vergers de pruniers, les villages sont souvent des bastides perchées sur des collines pentues que l'on monte et descend tout au long du jour. Apres avoir pique niqué sur un haut plateau, on est tombé sur un groupe de parapentistes qui se livrait à des arabesques au dessus du Lot, tout en ayant du mal a capter les courant d'air chaud ascendants. 
On a finalement rejoint le village de Penne d'Agenais: splendide également avec de jolies petites maisons d'époque et une vraie âme en son centre. On avait ensuite prévu de dormir a Villeneuve sur Lot, ce qui nous faisait une étape d'a peu près 40kms tout de même mais en sortant de Penne, on a perdu trace du GR. Du coup, on ne s'est pas trop pris la tête et plutôt que de perdre encore 3h a traverser des champs pour finir les 12kms qu'il restait, on a levé le pouce et on a été pris en a peine 3 minutes par un local qui nous a déposé direct au centre de Villeneuve. Juste eu le temps de réserver un appart sur Air bnb pendant le trajet qui s'est avéré être un petit hotel 2 étoiles mais finalement super sympa avec le patron bavard mais très cool et fort intéressant. Il faut dire que Villeneuve sur Lot est située un petit peu hors GR alors qu'on était déjà sur une variante du tracé de St Jacques. Autant vous dire qu'il n'y avait aucune structure de prévu pour le pelerin. 
La balade au centre ville fut superbe avec de belles maisons en colombage, des places en arcade, de belles églises. En revanche, pas un rat en ville et bien qu'on soit le lundi de Pâques, on sentait bien que quelque chose clochait. Le gérant de l'hotel nous a expliqué que les gens préféraient habiter a l'extérieur désormais, faisaient leur course dans les centres commerciaux et ne mettaient plus un pied dans le centre ville d'où le nombre de panneaux a vendre/ceder. Même le bâtiment de la mairie était dans ce cas: a vendre! Il faut dire que l'ancien maire de Villeneuve sur Lot, et ca, on l'a appris plus tard car aucun habitant ne s'en est vanté, n'est autre que Mr Cahuzac en personne, notre cher ancien ministre hollandais aux comptes cachés en Suisse.
Après une bonne nuit de repos, nous avons repris nos ascensions de bastides avec Pujols. C'est une nouvelle fois une longue journée qui nous attendait et nous comptions nous approvisionner dans une épicerie près une grotte au beau milieu de nulle part, mais une fois arrivés sur place nous avons trouvé portes closes. Nous n'avions qu'un petit bout de saucisson et un quart de concombre. Miraculeusement une dame est venue a notre rencontre de l'unique maison voisine en nous expliquant que l'épicerie n'a jamais été ouverte et que notre guide n'était pas à jour. Voyant notre maigre pitance, elle revint avec une demi baguette de pain qu'elle nous offra.
Rassasiés, nous reprenions notre marche dans une région tres peu habitée où nous ne trouvions quasi pas âme qui vive. Nous n'avions rien réservé pour la nuit et étions encore à 3 heures et demi d'Agen alors qu'on était deja en milieu d'après midi. Il b'u avait aucun possibilité de logement entre et de toute façon, on voulait visiter la ville d'Agen. On a donc une nouvelle fois du avoir recours au pouce magique et en quelques minutes, on s'est retrouvé au centre ville d'Agen, reposé de 12 kms. On en a profité pour nous refaire un petit lifting chez le coiffeur du coin, ce n'est pas ce qui manque au centre ville. L'endroit est assez agréable avec une large rue piétonne tres animée et au bout de celle-ci, la Garonne, malheureusement bordée par la voie rapide. En revanche, le pont canal est une construction assez incroyable. Il s'agit d'un énorme pont qui traverse la voie ferrée, l'autoroute et le fleuve de la Garonne et qui contient en son centre, le prolongement du fameux canal du midi: assez bluffant! L'idée était a l'époque de prolonger le canal du midi qui n'allait "que" de Sete a Toulouse pour l'amener jusqu'a Bordeaux. Le pont canal permet donc de relier le canal du midi au canal de Garonne afin de former le canal des 2 mers sui relie donc la Méditerranée a l'Ocean Atlantique: une pure merveille!
On a checké en fin de journée dans un centre religieux un peu a l'extérieur du centre ville et qui était muni d'un accueil pèlerins bien pratique. Cela ne nous a pas empêché de refaire le trajet inverse pour se faire un véritable gueuleton au resto " Chez Jeannot", dans le quartier des Arcades au centre.
Le lendemain, on allait longer le canal de Garonne pendant quelques kms sur une agréable allée d'immenses platanes avec ses nombreuses écluses afin de reprendre le chemin plein champ...

lien vers la vidéo Lot et Garonne Région agenaise



lundi 1 mai 2017

201704 St Jacques Part 5 le LOT Rocamadour to Toussac

On est parti tard de Rocamadour, le temps de visiter le village le matin, on a pu mettre les voiles vers 10h seulement. Les 1ers pèlerins avaient filé a 7h du mat. Et pourtant, on en a recroisé 2, qui avaient dormi avec nous la veille, sur le chemin alors qu'on marchait depuis près d'une heure. Elles s'étaient trompées de direction à la sortie du village et avaient pris notre gr, le 652, alors qu'elles allaient sur Cahors. Erreur qui coute chère quand il faut refaire des kms dans le sens inverse en plein caniar...
Laurent marchait plus vite que nous dans les montées mais nous arrivions tout de même à accorder nos rythmes de marche.
Arrivés à Le Vigan, on ne se sentait pas de marcher plus et notre premier appel pour un gîte fut un manoir qui nous proposa une chambre pour 3 avec petit dej pour 90 euros. C'était un peu cher mais divisé par 3, cela ne faisait que 30 euros par personne. Totalement hors budget pour des pèlerins et pas vraiment dans l'ordre des choses sur le chemin de Compostelle mais c'était l'anniversaire de Laurent et on voulait se faire plaisir au moins une fois. Il y avait une superbe propriété et une petite piscine d'eau salée en interieur dont on ne s'est pas fait prier pour l'utiliser. On a fêté l'anniversaire de Laurent au resto qui est tout ému de souffler la bougie de ses 46ans avec nous. 
Le lendemain nous nous sommes dit qu'après l'opulence nous devions faire un peu abstinence, et en effet nous avons trouvé pour logis , devinez quoi...un ancien pigeonnier, une des spécialités dans la region, reconverti en accueil pèlerin, dans la cille de Salviac. On est allé faire quelques courses a la supérette du coin et notre maitre queue nous a fait un délicieux plat de pâtes a la carbonara.
On n'avait rencontré aucun autre pelerin depuis notre départ de Rocamadour et Laurent préférait finalement repiquer sur Cahors plutôt que de continuer sur ce gr652, variante abandonnée du chemin de Compostelle. Notre hôte du jour allait justement assister a la messe du samedi saint à Cahors avec d'autres paroissiens et elle lui a gentiment proposé de l'emmener le soir même.
Nous nous sommes donc séparés l‪e samedi matin et avons continué notre route de notre coté en direction d'Agen.
Une nouvelle journée sans rencontrer de pèlerins et le soir comme le temps était doux, nous décidâmes de camper près de la bastide de Montcabrier, après une longue et dure journée de marche, plus de 35 bornes. On était cassé, on avait rien réservé et de toute façon, il n'y avait pas de gite dans le coin. On ne s'est pas cassé la tete et on s'est calé directement sur le terrain de foot du village. On a eu de la chance que pour ce samedi de pâques, il y avait une épicerie  ouverte et des sanitaires avec eau chaude à proximité. Ca nous a bien aidé pour faire notre soupe, surtout quand on s'est aperçu que mon réchaud avait rendu l'âme!
Le lendemain, dimanche et  jour de pâques, l'épicerie était encore ouverte ce qui nous permit de prendre le petit déjeuner et de faire les courses pour ce jour et le lendemain, les commerçants étant pour la plupart fermés également le lundi. Du coup, ca nous a tout de même bien alourdi les sacs tout ca! 
Apres quelques marches a travers des vignobles de la region de Cahors, on quittait bientôt le Lot pour rentrer dans un nouveau département: le Lot et Garonne. 

lien vers la vidéo LOT Rocamadour to Toussac