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jeudi 27 avril 2017

201704 St Jacques Part 4 Figeac à Rocamadour


A Figeac, le gr65 se scinde en 2 : la voie standard qui va vers Cahors et le gr652, une variante qui va à Rocamadour. Nous avons prévu de prendre ce dernier. La majorité des pèlerins du gîte où nous étions allaient à Rocamadour mais repiquaient ensuite sur Cahors par le gr64 alors que nous, nous étions les seuls à avoir prévu d'aller sur une autre variante passant par Agen. Ca aurait peut être du nous faire titl!
Figeac est aujourd'hui une ville de 10,000 habitants qui a su conserver dans son centre de nombreux édifices anciens et qui s'enorgueillit d'être la ville natale de Jean François Champollion, célèbre pour avoir déchiffré le 1er les hiéroglyphes anciens égyptiens.
Nous voulions atteindre Rocamadour en 2 jours, ce qu'avait également prévu un petit goupe de pelerins venant de Compiègne: Cecile, sa mere Martine et son compagnon Benjamin.  Comme nous n'avions rien réservé, nous nous sommes retrouvés tous ensemble à Themines avec également Laurent, un restaurateur de la region du Medoc ainsi que Anne-Cecile, une bonne vivante, tous les 2 des habitués du Chemin. Notre logeur était encore en travaux pour agrandir son gîte mais a tout de meme proposé a Laurent d'inaugurer une de ses nouvelles chambres, pour un prix pas forcement tres "amical". De notre cote, on a préféré prendre l'option "tente" et nous mettre en mode camping dans son jardin. Un couple de jeunes pèlerins est également arrivé super tard et ils ont pris la meme option que nous. Cela a fait du monde lors du diner où l'on a tous partagé nos courses autour d'une grande tablée fort sympathique. 
Au réveil la tente était une nouvelle fois gelée. On n'était pourtant pas les plus mal lotis: Laurent a eu plus froid que nous car sa chambre n était même pas chauffée. 
Nous nous sommes suivis tout au long du chemin jusqu'a Rocamadour. Benjamin souffrait du genou et a du terminer en stop. Heureusement pour lui car en fin d'après midi nous avons grimpé au sommet d'un canyon à la recherche du gouffre du saut de la pucelle, finalement bien décevant et qui nous a rallongé de près de 4kms un itinéraire deja bien chargé. Le groupe s'est alors scindé en 2: les filles devant et les garçons en queue de pelotons. Nous sommes redescendus par un chemin abrupt et caillouteux pour atteindre le fond du canyon et suivre un petit cours rafraîchissant pour finalement arriver éreintés en bas de l'impressionnant rocher de Rocamadour: un petit village collé a fleur de parois sur les pans d'une vertigineuse falaise avec en son centre un énorme temple et couronné du dessus par un splendide chateau semblant controlé les horizons.
Il fallait encore monter les marches du Grand Escalier jusqu'a la Cathédrale pour trouver le Lou Cantou, un couvent de bonnes soeurs, notre gîte du soir. Le gite affichait complet et il a fallu ajouter des couchages supplémentaires pour Laurent et nous dans un petit dortoir de 8 places.
Fatigués, nous avons tout de même eu ce soir le courage d'aller dîner, mais remettant la visite de la ville au lendemain matin.
Ce fut au final une excellente idée car la veille nous avions trouvé une ville remplie de touristes, alors qu'au matin, nous étions les seuls. Nous nous sommes perdus avec Laurent dans les chapelles, églises et Cathédrale de la ville avant de monter, par le long chemin de Croix, jusqu'au Château d'où l'on pouvait dominer tout le canyon. L'endroit était assez magique et on n'a pas regretté de faire un tel détour. 
Tous les autres pèlerins retournaient sur Cahors mais nous, fidèles a notre plan initial, avons continué sur le gr652 en direction d'Agen. Laurent, hésitant, a finalement décidé de faire le chemin avec nous. C'est ainsi qu'un nouveau chapitre commençait...


lien vers la vidéo Figeac to Rocamadour


lundi 24 avril 2017

201704 St Jacques Part 3 Conques à Figeac

Apres un petit dej passé dans le camping car d'André et Dominique, ils nous ont accompagné pour une dernière marche ensemble d'une petite heure jusqu'à la chapelle sainte foy d'ou on peut enfin voir la cité médiévale de Conques dans sa vallée. Nous les avons quitté et c'était comme si un nouveau chapitre commençait...
Sur la route de Figeac, nous avons trouvé 2 panneaux indiquant Livinhac, la prochaine ville étape: un à 15kms et l'autre à 17,5 kms. Nous avons hésité pour finalement prendre le plus long car il semblait dominer la vallée, un peu plus loin nous demandons de l'eau a une habitante qui nous invite à nous reposer un moment dans son jardin et nous raconte les guerres que se livrent les communes environnantes pour que le GR les traversent. Un peu plus loin un ouvrier nous chante la chanson des pelerins "Ultreïa" et nous incite à prendre la route directe sur livinhac pour gagner dit il 2kms. On a galeré sur le bitume et la route n'était pas tres intéressante. On a demandé notre chemin a une femme en voiture qui nous a finalement proposé de nous emmener directement a Livinhac en voiture. On n'a pas hésité très longtemps.
Du coup, 20kms de marche aujourd'hui soit notre plus petite distance. Arrivés au camping au bord du Lot, nous y avons tout de suite trouvé une ambiance tres particulière. Le proprio, un véritable phénomène, etait à l'apéro avec quelques collègues et on a pu s'immiscer dans la conversation. C'est un ancien militaire de la guerre du golfe et qui s'est reconverti dans le tourisme accueillant aussi bien les hommes que les animaux. Il avait des dons de guérisseur, 128 d'après lui, et en voyant la tête de maman, il lui a tout de suite appliqué une crème de sa propre confection. Il faut dire qu'avant d'être soldat, il était un des plus grands apiculteurs de la region.
Figeac fut une découverte,  tant par la beauté du centre ville que par l'accueil du gite en donativo (ie: on donne ce que l'on veut pour le prix de la nuitée) où nous sommes allés dormir. Il s'agit d'un couvent de carmélites et Armand notre hôte hospitalier bénévole nous avait préparé un repas bien complet que nous avons partagé entre tous les pèlerins du gîte. Il nous donna de bons conseils pour les hébergements des jours avenir. C'est là que nous rencontrions nos  futurs compagnons de la semaine :
- Laurent, un baroudeur de Bordeaux, ancien restaurateur, ayant déjà fait le camino l'année passée en entier mais motivé pour un second passage.
- Martine, Cécile sa fille et Benjamin son compagnon, venant de Compiegne.


Tout ce petit monde allait a Rocamadour, une des variantes du chemin, permettant de voir l'un des plus beaux villages médiévales de France.



jeudi 20 avril 2017

201704 St Jacques Part 2 St Come d'Olt à Conques La vallée du Lot

Nous étions installé pour camper à 1 heure avant Saint Come sur Olt et c'est un peu transis que nous avons atteint le village pour prendre un bon petit déjeuner pour nous réchauffer. Nous avons ensuite pu découvrir ce joli bourg avec son magnifique et tres rare clocher en forme de flamme, franchir le Lot et l'admirer encore de l'autre côté tout en grimpant sur la colline. Ce jour là, nous n'avons pas arrêté de faire les montagnes russes dans la région des plus beaux villages de France: redescendre aux bords du Lot pour visiter Espalion en fin de marche, remonter sur les coteaux pour redescendre à Estaing. Nous voulions entamer la montée de Montaigut pour nous avancer le lendemain mais avons finalement décidé de camper près d'un ruisseau juste avant, les forces commençant a nous manquer et le temps étant annoncé plus doux que la veille. Cette nuit là fut bien meilleure que la précédente et pourtant au petit matin nous étions sur la route dès 7h10, record en date, pour grimper vers Golinhac. 
En chemin, on a eu la chance de tomber sur Dominique et André, nos amis avec le camping car, qui nous ont offert le café et proposé de nouveau un portage pour la journée. On ne pouvait refuser, surtout que la journée s'annonçait longue avec encore une étape a près de 35km. Après avoir traversé un long plateau, on a attaqué la descente escarpée sur Conques que l'on ne découvre qu'en y arrivant. Quel émerveillement de pénétrer dans cette cité médiévale de toute beauté. C'est comme se retrouver tout d'un coup mille ans en arrière. Les maisons sont magnifiques et le tout est tres harmonieux. Beaucoup de pèlerins partit du Puy s'arrêtaient d'ailleurs ici, comme notre groupe de malgaches que nous n'avons malheureusement pas revu ici. On venait de clore nos 1ers 200kms.
On a voulu s'installer a l'abbaye de Sainte Foy, pourtant composée de 95 lits mais elle était pleine. C'était le we et 2 grands groupes nous avaient devancés. On s'est replié sur le gite communal, pas un mauvais choix du tout. Ce dernier se gérait en totale autonomie, c'est a dire qu'il n'y avait personne a l'accueil ni aucune sorte de personnel. On rentrait dans un grand dortoir de 25 lits  en mezzanine sur 2 étages et on devait régler les 12€/personne dans une enveloppe que l'on remettait ensuite dans une boite aux lettres. Simple et pratique, ce n'est tout de même pas n'importe où que l'on verrait ce genre de principe en place fonctionner de nos jours. 
Dominique et André quittaient le chemin le lendemain également et on a profité de leur dernière nuit pour se faire un agréable et copieux diner tout ensemble dans un jolie resto local avant d'aller visiter l'église magistrale de Conques. C'était le jour de mes 40 ans en plus et j'ai eu un tres joli cadeau quand nous sommes rentrés dans l'église. Nous sommes arrivés par hasard au moment où démarrait un concert d'orgue avec son et lumière a l'intérieur du bâtiment. Le son résonnait d'une telle manière que je me suis tout de suite senti transporté, comme si je m'élevais plus haut, ce qui s'est d'ailleurs littéralement passé puisqu'on a pu assister au concert perché au niveau de l'orgue dans la nef surplombant toute l'église au dessus du majestueux tympan: splendide. Un moment qu'y restera gravé dans ma mémoire.
Le lendemain, on se faisait un dernier tour du village et une ascension jusqu'a la petite chapelle de Sainte Foy avant de quitter nos frais mais désormais bons amis Dominique et André. 
C'est comme si un nouveau cycle commençait et qui devait nous amener a notre prochaine grande étape: Rocamadour! 


lien vers la vidéo St Come to Conques



201704 St Jacques Part 1 Puy à St Come d'Olt La Margeride et l'Aubrac

Apres la bénédiction de ‪ce dimanche matin, le petit tour du centre ville du Puy et le petit dej avec notre famille d'accueil Air Bnb, on a réussi a mettre les voiles ‪a 10:30 du mat pour enfin démarrer ce fameux périple annoncé a plus de 1500kms. Les previsions météo n'étaient pas terribles et de mon côté, j'aurais plutôt préféré aller faire un tour dans notre maison de campagne située a 50km d'ici en louant une voiture pour la journée au lieu de se taper la pluie mais maman trépignait tant d'impatience que je ne pus la retenir. On a commencé dans le gris et au bout de quelques heures, ca n'a pas loupé: il a commencé a pleuvoir. Tot d'abord, une petite pluie suffisamment fine pour qu'on n'ait pas besoin de mettre tout notre attirail imperméable. Et puis, d'un coup, une averse beaucoup plus sérieuse nous a surpris. On était déjà trempé et rien pour s'abriter. Impossible dans ces conditions d'ouvrir les sacs pour se changer. Au bout de 20' de marche intensive, on a trouvé une remorque de tracteur où se cacher dessous et on en a profité pour casser la croute. El Camino commençait fort...
Le paysage ressemblait beaucoup a ce que l'on connaissait, auvergnats obligent, étant dans le département de la Haute Loire.
On avait décidé de ne rien réserver et de voir au jour le jour pour les hébergements ainsi que les étapes afin d'avancer a notre rythme sans pression particulière. On est arrivé a St Privat d'Allier après 27kms de marche et on s'est calé dans un gite 3 étoiles a 37€/nuit par personne en demi-pension (soit le diner et le petit dej inclus) pour un lit en dortoir. Ca peut paraitre peu cher et c'est ce que cela nous a semblé sur le coup mais avec l'experience, on a compris plus tard que c'était quasi le max que les pèlerins payaient pour une nuit, le jacquet étant réputé pour être un bon gros crevard (la pénitence peut être?). On a fait la connaissance d'autres pèlerins du jour au souper dont un de Clermont Ferrand qui était le seul a aller a St Jacques également. Les autres seulement sur des portions plus courtes d'une semaine max. La nuit fut réparatrice car les sacs étaient tout de même bien lourds. Les hommes avaient environ ‪9/10 kgs et les femmes plutôt 6. Nous on était a respectivement 20 et 10 mais on pensait qu'on allait tenir comme ca jusqu'a la fin. On était encore bien naif a l'époque...
Le choc qu'avait pris maman 3 jours avant de partir, sur le haut du crane à cause d'Hanya, la chienne de mon frère, lui avait créé un hématome qui s'est mis à descendre de jour en jour le long de son visage. Le bleu lui avait pris les 2 yeux et vu qu'elle avait porté ses lunettes, les hématomes s'étaient alors coincés autour des yeux tel un vengeur masqué. Une vraie guerrière la mamoune et une bonne équipe de gitans. On ne risquait pas de se faire attaquer en chemin...
Le lendemain lundi, on a continué notre chemin pour traverser le pays du Gevaudan avec un passage dans la ville de Saugues. D'habitude, les pèlerins s'arrêtent là pour dormir mais il nous restait encore un peu de patate dans les jambes et on a poussé un peu plus loin jusqu'a La Clause. Un village plus petit qui devait avoir 3 gites mais le 1er où l'on est passé, pourtant le plus grand, n'était pas encore ouvert en ce tout début de saison. Il était déjà tard et on a eu peur de devoir planter la tente là alors qu'on savait qu'il faisait en dessous de zero la nuit. Il n'y avait personne non plus au 2eme et le 3eme était tout petit. On a finalement appelé le no de portable indiqué pour le 2eme et la proprio nous a donné un code pour pouvoir rentrer dans le gite avant qu'elle n'arrive. On etait les 1ers de la saison a ouvrir le gite et elle attendait encore un groupe de 8 personnes qui n'était toujours pas arrivé. Sonia, notre hôtesse était fermière et elle avait convaincu son mari de vendre leur bétail car ils n'arrivaient plus à vivre  du lait de leurs bêtes et d'investir dans l'accueil pour pèlerins. Ils avaient ainsi créé deux gites et cuisinaient les produits de leur ferme. Elle nous proposa de dîner tous ensemble dans le gîte du groupe.
 C'est ainsi que nous avons fait la connaissance du groupe de malgaches de Provins,  composé d'une mère avec son fils, sa belle fille et sa fille adoptive plus le curé lui aussi malgache et 3 autres paroissiens. Ils faisaient le Puy - Conques et devaient impérativement être arrivés à Conques samedi prochain début d'après midi, soit 7 jours au total pour couvrir 200kms. Ils voyageaient plus légers que nous car Ils utilisaient le service de portage appelé la "malle postale". Du coup, ils avaient même emmené avec eux d'énormes valises en dur que le transporteur leurs déposait d'auberge en auberge chaque jour! Nous en avons profité pour confier mon sac, rempli des affaires de maman, soit près de 26kgs, le lendemain mardi au portage et c'est bien plus légers que nous avons atteint notre prochaine étape, les Estrets, après 33kms de marche,  avec les malgaches que nous avions retrouvés en chemin. Aucune réservation de faite mais le proprio du nouveau gite a accepté de prendre 2 pensionnaires supplémentaires pour la nuit. Celui là était un paysan, assez rugueux, qui élevait des agneaux pour la revente. Cela faisait 17 ans qu'il accueillait des pèlerins, ce qui en faisait un des doyens sur le chemin d'après ses dires.
On est passé de la Haute Loire a la Lozère et avons traversé le fameux pays du Gevaudan, sans y croiser la fameuse bête! On a fait la connaissance en chemin de Dominique qui faisait le chemin par tronçon. Elle était partie de St Privat cette année pour s'arrêter a Conques. Elle était suivie par son mari André en camping car et sa "meute" de 3 générations de bulldogs français. On a tout de suite tres vite sympathisé! A l'image du Tour du France, André servait de caravane d'étape et permettait a Dominique de voyager quasiment sans bagage et d'avoir a chaque fois sa pause déjeuner de prévu sur le parcours. On a rencontré André a Sauvage et il nous gentiment proposé de nous prendre nos sacs pour la journée. C'était un peu dévié l'essence du chemin de St Jacques et j'avais deja eu cette mauvaise impression de "tricher" lors du portage avec la malle postale mais c'est vrai que ca soulageait bien les épaules et ca nous permettait au final de couvrir une plus grande distance sur un jour donné. On a donc accepté et on s'est retrouvé le soir a Nasbinals après une longue et rude étape qui nous a fait traversé le plateau desert et glacial de l'Aubrac. Pas ame qui vive dans ces contrées a cette époque de l'année. Meme le bétail y était absent, la transhumance ne devant commencer que le mois prochain. 
A Nasbinals, on a partagé une chambre avec un monsieur assez âgé qui faisait St Jacques a son rythme et avons diné avec lui et un couple de canadiens, pas tout jeunes non plus, qui avait deja parcouru la plupart des chemins de Compostelle. De vrais fans!
On a retrouvé notre groupe de malgaches le lendemain matin devant l'église et ils nous ont gentiment invité a partager leur moment de prière et de bénédiction du matin. 
On a continué sur le plateau et avons passé Aubrac, village servant de station de ski en hiver puis St Chely d'Aubrac. Les paysages traversés étaient magnifiques et le temps sec bien que l'on gardait nos manteaux meme pour la marche vu le vent glacial qui y régnait.
Ca faisait deja 3 nuits que l'on était parti et nous n'avions toujours pas dormi dehors alors que je me tapais tout le matos de camping sur le dos. 
On a finalement pris la 1ere opportunité pour le faire et a la descente du plateau de l'Aubrac, juste avant d'arriver a St Come d'Olt et la vallée du Lot, nous nous sommes trouvé un spot en pleine nature pour y poser notre barda. 
Il a fait super froid la nuit et les duvets étaient tout juste suffisants. Maman avait un 0°c confort et moi un 8°c. Bien que je dormis tout habillé, j'eus du mal a trouver le sommeil. Maman de même mais pour une autre raison: le terrain était un peu en pente et elle n'arrêtait pas de glisser au fond de la tente alors que nous avions mis les sacs pour nous caler. 
Le lendemain au réveil, on trouva du givre sur la tente et meme a l'intérieur. Il avait gelé pendant la nuit et les températures étaient passées en dessous de zero!

La vallée du Lot qui nous attendait devrait nous fournir un climat plus clement et propice au camping...


lien vers la vidéo Margueride & Aubrac


lundi 17 avril 2017

201704 St Jacques de Compostelle Part 0 Intro Le Puy en Velay

3 ans qu'on en parlait avec maman et finalement on s'est décidé à partir après le décès de papa l'année passée. Le Chemin de St Jacques de Compostelle, plus communément appelé "el Camino". J'en avais entendu parler il y a 10 ans de cela lors de mon premier voyage au Népal. Je faisais alors le trek au camp de base de l'Everest et avais rencontré en chemin 2 français baroudeurs tour du mondiste. Je l'ignorais  alors mais ce fut les 2 plus grands voyageurs qu'il m'est jamais été donné de rencontrer. L'un était parti depuis 10 ans et l'autre 5. Ils traversaient le Nepal a pied et l'un d'eux avait mentionné St Jacques, un trek de 800km qu'il aurait fait avant de partir afin de s'entraîner.
C'est ainsi que j'en ai parlé à maman en lui proposant de faire ces 800kms, avec un depart que j'avais imaginé de Pamplune, afin de voir les taureaux, et en passant par la cote nord, réputée moins facile mais plus jolie et surtout moins fréquentée que le camino principal appelé "el camino frances". C'est alors que maman mentionna la partie française, qui s'appelait également «la via consensis». Il s'agit d'un tronçon allant du Puy en Velay en Auvergne a Saint Jean Pied de Port sur un parcours de 800km environ. C'est la partie la plus connue du Camino et réputée pour être la plus belle également. En fait, le "vrai" camino est censé se faire au depart de chez soi! Mais partir de Paris a pied, on ne le sentait pas trop.
Maman n'a pas eu trop de mal a me convaincre de faire la partie française et on a donc réuni les 2 pour se faire les 800kms du camino frances cote français et le camino del norte de 850km cote espagnol dans la foulée, le tout prévu sur 2 mois.
Le depart officiel de la saison est le 1er avril. C'est le 1er jour où les gites commencent a ouvrir et il est donc preferable de ne pas commencer avant cette date. Par ailleurs, juillet/aout étant des mois trop busy où les marcheurs d'un jour se mêlent aux pèlerins, on a opté pour un démarrage au plus tot, quitte a avoir un peu froid le 1er mois et quelques risques de pluie.
On a donc pris 2 sleeping bags en consequence, avec un -3°c confort et un 8°c confort afin de tout de meme de laisser un peu de place dans les sacs pour autre chose.
Cote preparation, je me suis racheté un nouveau sac a dos et ai opté pour un millet de 75l+15l. Mon dernier sac en date, le Osprey de 80l que j'avais depuis l'Everest m'avait tellement traumatisé les épaules que je devais absolument changer mes habitudes si je voulais tenir sur le long terme. D'ailleurs je me suis fait faire une petite injection de cortisone (la 2eme deja!) a l'épaule droite avant de partir et deja planifié une opération de celle-ci a mon retour pour régler définitivement le problème. Je me suis en plus fait customiser mon nouveau sac par ma kiné de l'hopital militaire de Percy, une grande specialiste et adepte de la randonnée de montagne, qui m'a rajouté des coussins en memoire de forme au niveau des épaules afin de pouvoir les soulager du poids du sac. Il faut dire qu'en optant pour une option camping autonome, c'est a dire avec la tente, les duvets, les tapis de sol, le réchaud et la bouffe, on arrivait deja a des poids prohibitifs: 9kgs pour maman et 20 pour moi! En soi, rien d'insurmontable et plutôt en deca de mes standards tours du mondiste, sauf que là, il faudrait les porter toute la journée pendant 2 mois. Un pari qu'on allait assez vite regretter...
Toute la preparation faite, on a opté pour un Blablacar afin de rejoindre Le Puy en  Velay de Paris.
Arrivés sur place le samedi 1er avril au soir, on a passé la nuit dans une chambre d'un appartement qu'on avait trouvé sur Air Bnb dans une famille tres accueillante locale.
Le dimanche 02 avril, on a démarré aux aurores a 7h du matin pour assister a la messe de bénédiction dans la Cathédrale du Puy, avant de se faire tamponner nos fameuses credenciales. On ne pensait pas être aussi nombreux pour ce tout premier jour d'ouverture de la saison: une bonne cinquantaine de pèlerins deja tous parés de leur sac a dos.
Nous, on a démarré plus cool par une petite visite de la ville du Puy sans les sacs, avant de retourner a l'appart pour un petit dej avec notre famille d'accueil, avant de vraiment se mettre en route sur le chemin de St Jacques...
lien vers la vidéo St Jacques INTRO le Puy