Rechercher dans ce blog

mardi 26 avril 2016

TDM6 E07 201601 Australia part 14 North West Section 3 The Kimberleys King Sound, Horizontal falls, Buccaneer Archipelago & Cap l'Eveque


Entre 2 couchers de soleil a Broome, j'ai réussi a me booker une journée pour visiter les Kimberleys, raison principale de ma venue dans cette partie de l'Australie. Je n'ai pas été déçu. On était hors saison et pas grand chose ne tournait. Le parc n'était d'ailleurs pas accessible en voiture a cause des pluies qui avaient inondé les routes. Le seul moyen de l'explorer était en petit avion. 

Moi qui venais de faire mes classes avec Paul a Perth, je continuais dans la même lignée.

On a commencé par un survol du King Sound avec la couleur de l'eau d'un turquoise clair assez unique. L'endroit était complètement sauvage. Pas une construction aux alentours ni même de route. Ils avaient découvert une énorme source d'uranium dans le parc il y a une dizaine d'années et après maintes lobby, les compagnies minières avaient obtenu le permis de forage. Mais les associations écologiques sont intervenues et ont réussi a arrêter le projet juste a temps et préserver la nature. Je crois que c'est le plus bel endroit qu'il m'ait été donné de voir depuis ce début du tour du monde. Il y avait bien ces chutes d'eaux horizontales, qui peuvent monter jusqu'a presque 10m de haut et ne sont que l'effet de marées super puissantes. Mais le plus fantastique résidait dans l'archipel des Buccaneer: des milliers de petites iles intactes entourées de bleu turquoise avec parfois des bans de sable, des forets vierges ou des falaises. Juste incroyable.
On a atterri sur le bout de la péninsule où se trouve le Cap l'Évêque. L'eau a plus de 30°c sur une plage de sable fin et blanc et avec en fond des falaises ocres déchiquetées. 
On a repris notre petit coucou pour un saut de puce afin de rejoindre une ferme de perles d'huitres. On a tout d'abord démarré par un tour en hors-bord ultra puissant jusqu'a l'entrée du sound, là où la marée était la plus forte, afin que l'on se rende bien compte de la force du courant. Mieux vaut ne pas tomber a l'eau. On a vu comment ils procédaient pour cultiver les perles de manière semi-artificielle, c'est a dire en introduisant les ingrédients chimiques qu'il faut a l'intérieur de l'huitre pour qu'il y ait a coup sur une perle. Et les huitres sont réutilisées de la sorte jusqu'a 5 fois, en sachant que chaque fournée prend entre 3 et 4 ans!
On est revenu sur Broome en fin de journée et quelle journée. J'en ai vraiment pris plein les yeux.




TDM6 E07 201601 Australia part 14 North West Section 2: Broome


Le transfert d'Exmouth a Broome fut long. Ce fut juste une longue traversée de désert où il n'y avait rien entre les 2. Le bus n'était pas donné, plus de 200$, mais ça valait mieux que de tenter un auto-stop hasardeux dans ce genre de contrées. A Broome, je me suis trouvé une guesthouse plutôt sympa a 2 pas de la plage principale. Et quelle plage: que du sable blanc sur plus de 10km d'un cote, et a perte de vue de l'autre. On m'avait dit que les couchers de soleil ici étaient magnifiques mais j'ai trouvé mon premier plutôt quelconque. Le lendemain, il pleuvait des cordes et je n'ai pas eu grand chose a faire. J'attendais un vol pour le lendemain afin de survoler une partie des Kimberleys que vous verrez dans le post suivant. 

J'ai fait la rencontre d'une française qui s'était récemment installée ici en couple avec un américain et qui bossait a la réception de l'hostel. Il y avait également un tour du mondiste allemand qui entreprenait de faire le tour de l'Australie a velo. Il en etait a son 3eme trip et cette fois-ci, il tentait la traversée de Darwin a Adelaide. Il avait une étape de 300km au départ de Broome sans eau et s'était chargé de plus de 20l d'eau dans son trolley. Et dire que son boulot en Allemagne était chauffeur de taxi...a vélo! 
J'ai profité du retour du beau temps pour aller me balader le long de la plage jusqu'au phare. La cote passait des dunes de sable blanc a une partie plus rocailleuse, de couleur jaune, qui a petit a petit tourné au rouge au fur et à mesure que j'avançais. La cote au pied du phare était assez déchiré et il était censé y avoir des empreintes d'animaux préhistoriques. Mais à marée haute, impossible de spotter la moindre trace. 
Le coucher de soleil, toujours au même endroit, a cette fois-ci était somptueux. Peut être le plus beau que j'ai eu la chance de voir jusque là. Il y avait une caravane de chameaux, pour touristes, pour démarrer les hostilités, mais des que le soleil a disparu, tout ce petit monde et les 4x4 sur la plage ont disparu alors que c'était le moment où les couleurs sont vraiment apparues. On est passé du rosé, au jaune or puis au orange et on a finit sur du rouge sang. A un moment, les nuages jaunis par les reflets du soleil, formaient comme un escalier qui semblait mener tout droit aux portes du Paradis. 
Le lendemain, je prenais de nouveau un bus longue distance de plus de 1000km pour rejoindre cette fois-ci la ville de Kununurra

lien vers la vidéo Broome


TDM6 E07 201601 Australia part 14 North West Section 1: Exmouth




J'ai pris l'avion pour aller jusqu'a Exmouth. Il y avait quelques sites entre les 2 mais j'en avais déjà fait une partie et pour le reste, j'étais trop hors saison pour que ce soit intéressant. L'endroit est un plein désert, un peu a l'image d'Uluru mais avec la cote en plus. Et justement la cote, j'en ai profité pour aller plonger. Je voulais aller voir le site de Navy Pier, un quai rattaché a une base militaire américaine qui était dans le top 10 mondial des meilleures plongées. Malheureusement le site avait été fermé par les américains sans aucune raison particulière une semaine plutôt. A priori, ils font ça quand un de leurs sous-marins nucléaires refait surface pour se ravitailler. Du coup, la plongée a été assez décevante, plein de poissons mais pas de gros. Je ne voulais pas rester sur ma faim et je suis parti sur le site de Navy Pier avec Kai, un néerlandais avec qui je partageais mon dortoir et qui avait une voiture. On s'est fait mettre plusieurs fois en garde par les passants qu'il était interdit d'aller nager sur le site mais on a quand même tenté le coup en démarrant d'un peu plus loin pour ne pas se faire repérer. Des les premiers mètres sous le ponton, on a vu nos premiers requins, des reef sharks mais quand même flippant quand on nage a la surface. Kai n'était pas trop rassuré et a préféré regagner la plage. De mon cote, j'ai poursuivi ma découverte du spot mais la visibilité n'etait pas géniale. C'est alors que je suis tombé sur une énorme sting raie qui est passée juste sous moi. Je venais tout juste de voir la video de ce célèbre présentateur tv australien (le fondateur de l'Australian Zoo a Brisbane) qui s'était fait tuer en direct a la camera par une de ses bestioles, le dare directement planté dans le coeur. J'ai tout de même poursuivi et ai commencé a voir des groupes de requins, plus imposants ceux-là que les 1ers, qui avaient remarqué la présence et regardaient dans la direction. J'ai préféré laisser tomber là et suis vite rentrer sur le shore. 
Le lendemain, on est parti avec Kai de l'autre cote de la péninsule, en plein désert, explorer la Turquoise Bay en snorkelling. L'eau était juste magnifique avec une visu de malade. Pour ne rien gâcher, le sable était blanc et fin, juste parfait. Le seul hic, c'est que Kai voulait rester camper dans le coin et que de mon côté, j'avais un bus qui partait dans quelques heures d'Exmouth pour rejoindre ma prochaine destination, Broome, située a plus de 1500kms d'ici. Et des bus, il n'y en avait pas tous les jours. J'ai fait de l'auto-stop pendant une bonne heure en plein caniar jusqu'a que la chance me sourit enfin et une famille de Perth me prit jusqu'a Exmouth. Le tour était joué. Il ne me restait plus qu'a patienter 16 bonnes heures avant de rejoindre Broome...




lundi 18 avril 2016

TDM6 E07 201601 Australia part 13 South West Section 7: Rottnest Island


Paul avait passé 2 ans a étudier afin d'obtenir son diplôme de pilote d'avion. Il venait tout juste de l'obtenir et c'était la 1ere fois qu'il prenait des passagers a son bord sans aucune assistance. Il a du faire tous les checks de l'appareil avant le décollage et avait fait une demande spéciale pour que l'on puisse survoler le CBD de Perth. Le temps était parfait et on s'est régalé a voler de la sorte. L'arrivée sur Rottnest fut aussi magique. On pouvait voir le bleu turquoise de l'eau du reef près des cotes, les lacs salins qui recouvraient le milieu de l'ile ainsi que les nombreux phares qui la peuplaient. Ce fut une expérience assez particulière d'arriver par avion sur un endroit comme celui-là alors que tous les autres touristes arrivent ici en bateau. Ca a donné comme un gout spécial a la visite. 

On a loué des vélos et longé la cote, non sans croiser quelques quokkas, des espèces de petits wombats super mignons et très sociables. Dur d'imaginer qu'a peine une décennie en arrière, les gens s'amusaient avec eux a jouer au football avec le quokka comme ballon: pauvre bête!
On s'est arrêté sur une plage paradisiaque pour un petit snorkelling avant de repartir sur le main land pour un dernier diner a Fremantle.
Je quittais déjà Paul après une semaine bien remplie pour filer plus au nord démarrer mon dernier tronçon d'Australie: le Nord Ouest que je commençais par Exmouth en avion.


samedi 16 avril 2016

TDM6 E07 201601 Australie Part 13 South West Section 4 to 6: Bluff Knoll, Albany, Danemark & Margaret River

J'ai finalement rejoint Paul a Perth et on est directement parti faire un tour au sud. On a d'abord commencé par un peu de grimpette. Paul avait 2 sommets en tête et ne sachant pour lequel opter, on a fait les 2. En revanche le temps n'était pas au beau fixe. Il pleuvait des cordes ce qui rendait l'ascension plutôt dangereuse. On a monté le premier si vite que ça m'a rappelé notre 1ère rencontre au Népal où Paul mettait déjà la pâtée a tout le monde, guides locaux inclus. La vue s'est dégagée et on a jouit d'un joli spectacle. 

On était un peu short pour rejoindre le 2eme sommet. On avait prévu d'y dormir en haut. J'ai bombardé sur la route du parc national qui menait au pied de la montagne et alors que la nuit commençait a tomber, ce qui devait arriver arriva: un kangourou s'est jeté sur le phare avant gauche, attiré par la lumière, alors que je roulais a un bon 140km sur une route non goudronnée. On a entendu un gros choc et Paul a vu le kangourou s'envoler dans les airs sous l'impact du choc. Tout l'avant était complètement défoncé et on ne pouvait plus ouvrir la portière passager. On a cherché le corps du kangourou qu'on a retrouvé 20m plus loin, en un seul morceau mais raide mort, tué sur le coup par la violence de l'impact. Apres avoir repris nos esprits, on a repris la route, cette fois-ci a une vitesse un peu plus convenable, dans les 50km/h, et a peine 500m plus loin, pam, un second kangourou qui s'est jeté une nouvelle fois sur la voiture. On était a priori pas les bienvenus ici. L'impact a été moins violent cette fois-ci vu la plus faible vitesse et on a pu entendre le kangourou partir se cacher dans les bois en boitant. Pas sur qu'il passe la nuit tout de même. 

On a finalement atteint le départ du trail sans autre encombre et on a préféré se faire la popote là et dormir dans la voiture. Du coup, on a démarré tôt le lendemain matin pour arriver au sommet un peu avant le lever de soleil. La vue fut splendide. On a repris la route plus au sud et on a fait quelques arrêts sympas sur des rochers qui venaient tout juste d'être aménagés pour avoir un peu de gaz. 
On a finalement rejoint la ville d'Albany et la mer et on est allé se baigner sur l'une des nombreuses et magnifiques criques de sable blanc qui bordent la cote. Le coin est paradisiaque mais l'eau pique un peu: un petit 20°c et avec de sacrées vagues. 




On a du un peu se battre avec la pluie qui était torrentielle ici. On a fait quelques balades en foret et notamment une jolie canopy a plus de 40m de haut pour voir la cime de ces eucalyptus géants. Il y avait un autre site assez dingue où un arbre géant servait a l'époque aux pompiers pour avertir des départs de feu dans la région. Ils ont planté d'énormes barres de fer en guide de marche tout autour du tronc et on pouvait aller jusqu'à 53m de hauteur où une cabane a 3 étages avait été installée. Le seul problème est qu'il pleuvait des cordes et que la montée était fermée. Ca ne nous a pas arrêté pour autant et on est monté malgré l'eau qui dégoulinait le long du tronc et les barreaux glissants. La vue en haut fut impressionnante et la descente assez flippante car on voyait le vide dans ce sens!


On a atteint la ville de Danemark de nuit et on a dormi près du phare du Cap Leethen qui fait la jonction entre l'Ocean Indien et l'Ocean Antarctique. On a fait la visite de bonne heure sous des trombes d'eau puis on a continué plus au nord pour voir les plages de surfeurs.
Plus au nord, il y avait la région viticole de Margaret River et on en a profité pour faire quelques dégustations de vins. L'endroit est aussi réputé pour ces grottes et on a eu le temps d'en visiter 2 magnifiques.
Le tour du South West prenait déjà fin et on a terminé par un petit diner dans un quartier tendance de Perth avec la copine de Paul avant d'attaquer la dernière étape: un tour en avion jusqu'a l'ile de Rottnest avec comme pilote mon cher et tout nouveau diplômé Paul...





lundi 11 avril 2016

TDM6 E07 201601 Australia part 13 South West Section 3 Perth & Fremantle

J'ai finalement rejoint la ville de Perth et ai débarqué dans une énorme hostel comme la cote Est savait les faire. Une petite visite du centre ville, rien de spécial. Si ce n'est la fonderie d'or où j'ai pu assister a la confection d'un lingot en live! 
Une petite balade sur le royal botanic garden de Perth qui domine la ville du haut de sa colline.

Je suis également allé faire un tour sur Fremantle, la banlieue chic de Perth. J'y ai visité l'ancienne prison, centre des conficts UK qui ont (re)peuplé l'Australie et qui a aussi hébergé quelques chefs aborigènes "recalcitrants".
J'ai ensuite pu rejoindre une vieille connaissance, Paul, mon pote fidjien que j'avais rencontré 10 ans plutôt sur les pentes de l'Everest Base Camp au Népal et avec qui j'allais partir visiter le Sud de Perth...







TDM6 E07 201601 Australia part 13 South West Section 2 the Pinnacles and Lancelin


Que de kms parcourus en si peu de temps. Les distances ici sont démesurées. J'ai fait près de 2000kms en 2 jours. J'ai réussi a atteindre le site des Pinnacles juste avant le coucher de soleil, au meilleur moment, quand le flot des touristes partait. Le site était particulièrement beau. Il y avait des milliers de pierres, un peu en forme de menhirs, plantées dans le sable par je ne sais quelle magie. Je ne me suis pas pris la tête pour trouver un endroit où dormir et ai posé ma tente directement sur le site, penard au milieu de la nature. Le ciel étoilé fut magnifique ce soir là et au réveil, ce fut merveilleux de découvrir les Pinnacles au rythme de la lumière du soleil qui se levait petit a petit. 

Je me suis dirigé vers la mer et suis tombé sur une splendide baie a l'eau turquoise et chaude avec encore une fois personne pour me sortir de cette quiétude. Un vrai bonheur.
J'ai longé la cote vers le sud pour retourner sur Perth et ai fait une halte sur le spot de Lancelin, connu pour ses rafales de vent, ce qui en fait le meilleur spot de la cote ouest. Il y avait même une compétition de kite ce jour là! Malheureusement, c'était le calme plat sur l'eau. Même les pros en foyle ne pouvaient faire de miracles dans ces conditions. 





vendredi 8 avril 2016

TDM6 E07 201601 Australia part 13 South West Section 1 the Super Pit


J'ai débarqué a l'aéroport de Perth un peu comme un cheveu sur la soupe en n'ayant rien préparé du tout. Je devais voir mon pote Paul, rencontré 10 ans plus tôt sur les pentes du camp de base de l'Everest au Nepal, mais ce dernier n'était disponible que dans une semaine. Du coup, j'ai loué une voiture a l'aéroport et suis parti en road trip. Road trip pour ne pas dire mission car je m'étais mis en tête d'aller visiter le Super Pit, un trou béant de plusieurs kms entièrement créé par l'homme et pour cause, il s'agit de la plus grande mine d'or du monde. Le truc c'est que la mine était a plus de 650km de Perth et qu'il n'y avait rien entre les 2. J'ai juste fait un petit détour pour voir la "wave rock", une formation rocheuse a la forme si particulière qu'on croirait une énorme vague que l'on pourrait surfer. 

La région de Perth est la plus riche d'Australie car c'est elle qui contient toutes les matières premières qui ont fait de l'Australie sa richesse. Ces derniers temps, l'activité minière était un peu en récession avec le ralentissement de l'économie chinoise, son principal client. J'ai du rouler plusieurs centaines de kms sur de la route en gravillon afin d'absorber mon détour pour la wave rock. Les routes ici vont tout droit sur des dizaines de kms. Il y a même la ligne droite la plus longue du monde ixi reliant Perth a Adelaide sur plus de 1000kms.  Je suis arrivé de nuit a la ville minière de Kalgoorie-Boulder. J'ai pris un lit en dortoir dans une auberge. Il n'y avait que des mineurs comme clients!
La visite du Super Pit fut impressionnante. Les machines utilisées ici sont juste hors normes. Vous avez les plus grands camions du monde. Chaque roue fait près de 2 fois ma taille et le prix du pneu est de 30,000€ l'unité. Gare a ne pas crever! Le Super Pit est une mine d'or a ciel ouvert. Des machines creusent le sol, parfois aidées par de la dynamite et tous les gravas sont évacués du fond du Super Pit jusqu'a la surface. Chaque camion transporte  250 tonnes de gravas et pour chaque cargaison, on y trouve en moyenne 1 seul gramme d'or. La ville a été construite de toute pièce avec la découverte de l'or ici car il n'y avait rien dans cette région désertique. 
Apres la visite, je repartais le jour même dans l'autre sens direction Perth et bifurquais un peu plus au nord afin de voir le site côtier des Pinnacles...




mercredi 6 avril 2016

TDM6 E07 201601 Australia part 12 Northern Territory from Uluru to Alice Spring


Pas évident de rejoindre le centre de l'Australie en mode budget. Le site d'Uluru, situé en plein désert, est éloigné de tout de plusieurs milliers de kms. J'ai opté pour un vol a partir de Melbourne et ai eu la chance de pouvoir survoler le site avant l'atterrissage. Il n'y a qu'un seul resort ici qui a le monopole sur tout: l'hébergement, la nourriture et les transports. Il en coutait 80$ rien que pour aller sur le site d'Ayers Rock, situé a a peine 20kms. Je me suis essayé a l'auto-stop bien que tout le staff de l'hotel me le déconseillait fortement vu les grosses chaleurs: quasi 40°c. Et pourtant une petite demi heure d'attente et un blanc travaillant dans le ravitaillement en nourritures des différentes réserves aborigènes de la région me donna un ride. Grace a lui, j'ai même pu éviter de payer les droits d'entrée dans le parc en me faisant passer pour un de ses collègues. Il me parla un peu des tribus locales en me confiant que la plupart des aborigènes ici était des fainéants qui restaient assis toute la journée a l'ombre d'un arbre sans rien faire et a attendre les allocations versées par le gouvernement. Bizarre qu'il est choisi un tel boulot, alors qu'il venait a la base de Sydney.

Arrivé au pied de la bête, quelle fut ma déception quand je pris connaissance des panneaux indiquant que la montée au sommet était interdite. Il y avait un long débat sur le sujet expliquant que quand les premiers occidentaux avaient découvert le site, ils avaient pris l'habitude de l'escalader sans savoir que l'endroit était sacré pour les aborigènes. Il faut dire qu'il n'y avait plus d'aborigènes vivant dans le coin a l'époque et que les réserves actuelles étaient essentiellement formées par des individus venant d'autres régions et ayant été attirés par la vie facile ici, les allocations gouvernementales rendant la chose possible. Néanmoins, par peur de voir l'affluence des touristes diminuée, les autorités n'ont jamais pris la décision ferme d'interdire l'ascension d'Ayers Rock mais laisse le choix a chaque touriste de l'entreprendre ou non en toute connaissance de cause. Ca, c'était la partie théorique de la chose. En pratique, des locaux avaient détérioré les 30 premiers mètres de la montée en enlevant les chaines. Du coup, les rangers avaient suspendu toute ascension jusqu'a nouvel ordre. Or ça faisait déjà plus de 6 mois et rien n'avait été réparé. Je me suis dit que j'allais me contenter de faire le tour du rocher. Ca représentait déjà 10 bons kms en plein caniar mais a la fin de la boucle, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose. J'ai attendu qu'il n'y ait plus personne au depart de l'ascension et ai filé comme le vent jusqu'au 1er sommet. Pour passer plus inapercu, je me suis mis torse nu afin de me fondre dans la couleur de la roche. Malheureusement, un bus de touristes est passé 5' plus tard alors que j'étais en plein milieu de la montée. J'ai entendu des cris vers ma direction mais ai préféré ne pas me retourner et faire comme si je n'avais rien entendu. J'ai poursuivi jusqu'au sommet où la vue et l'endroit en lui même étaient très spécial. Il n'y avait que le désert tout autour et une montagne ou 2 que je pouvais distinguer au loin. Je sentais qu'il se dégageais quelque chose ici, un peu mystique. 

A la redescente, j'ai attendu qu'il n'y ait plus de touriste au pied du rocher pour l'entamer au pas de course. C'était sans compter le ranger qui m'observait du coin de ses jumelles. J'avais probablement été balancé par un des tour guides. A la moitié de la descente, j'ai vu son 4x4 se pointer juste en bas. J'étais coincé. A quelques mètres de l'arrivée, je l'ai pris prendre des photos de ma descente. Ca n'annonçait rien de bon. J'ai feint de passer par le cote afin de prétendre que je n'avais pas vu les panneaux. Des qu'il m'a vu prendre un autre chemin, il a crié en ma direction en m'ordonnant de venir directement a lui. Il m'a demandé ce que je faisais là et si je n'avais pas vu les panneaux signalant que la montée était interdite. Je lui au dit que j'étais passé par le cote et qu'il n'y avait aucun panneau a cet endroit. Il m'a demandé mon passeport. J'ai hésité a lui donner mais vu la désastreuse expérience de la dernière fois sur l'Overland Track, je me suis dit que j'allais tenter une autre tactique et lui ai donné mon passeport. Il a appelé le central et a discuté avec le chef des rangers. Il m'a demandé si j'étais au courant que la montée était interdite. Je lui ai répondu que non. Il a semblé surpris et m'a dit qu'on aurait du me prévenir a l'entrée du parc lors du règlement des droits d'entrée. Vu que j'avais fraudé l'entrée en passant avec un local et que je ne voulais pas le mettre dans l'embarras, je lui ai dit que j'avais marché du resort, soit 20km en plein caniar...juste infaisable. Il m'a répondu que c'était super dangereux de marcher dans le bush et complètement interdit et que j'aurais pu me faire piquer par un serpent. Il a rappelé sa chef qui au vu de la situation a priori inédite pour eux a semblé sans recours. Le ranger m'a dit qu'il était me mettre 2 amendes, une de 450$ pour avoir monter Ayers Rock alors que le trail était fermé et une autre pour ne pas avoir de billet d'entrée dans la réserve. Je ne risquais pas grand chose car je n'avais aucune intention de payer la moindre amende mais finalement le ranger m'a dit que j'avais été cool et coopératif avec lui et qu'il ne me mettrait pas d'amende. Il m'a demandé comment j'allais repartir et quand je lui ai dit en auto stop, il m'a alors donné un ride jusqu'a l'entrée où j'ai tout de même du m'acquitter des droits d'entrées a 20$. Plutôt une chance que d'être tombé sur ce ranger! J'ai eu un ride dans la minute qui a suivi pour me ramener au resort: perfect!
Dans le resort, il y avait toutes les gammes de prix: des chambres super luxueuses au camping en passant par le dortoir. J'avais opté pour la dernière solution et ai fait la rencontre dans le dortoir de 2 jeunes hollandais, Rick et Mark, militaires de carrière dans l'infanterie, qui avaient loué une voiture pour visiter la région.  Ni une ni deux et le lendemain matin, on partait ensemble tous les 3 a la visite du 2eme site du coin, le Kula Tjuta, situé a seulement quelques dizaines de kms du resort. 
Il s'agit également de formations rocheuses mais celles-ci sont plus accidentées et on peut se balader a l'intérieur. On a fait le trail appelé the wind" bien que ce dernier était fermé (des qu'il dépasse 36°c ou qu'il est plus de 11h du mat!) pour une petite balade a l'intérieur du canyon. On a poussé un peu les machines en entamant une petite montée d'un des sommets afin d'avoir une vue vertigineuse sur le massif nous entourant ainsi que d'Uluru que l'on apercevait au loin.



On a ensuite enchainé par le Kings Canyon situé a 350km d'ici sur une route rectiligne monotone. Le trail était de nouveau fermé, toujours pour les mêmes conditions et on a du sauter la barrière. Ce qui une nouvelle fois, a permis une visite exclusive du site. L'endroit était magnifique afin un jardin bordé de petits plans d'eau disséminés ici et là qui portait le nom de "jardin d'Eden"...et pour cause! On a vraiment pris notre temps dans ce canyon tant et si bien qu'on s'est fait rattraper par la pluie sur la fin du parcours. Et comme par magie, des centaines de grenouilles sont sorties de nulle part. 
Mark et Rick repartaient sur Uluru. Quand a moi, j'allais en direction d'Alice Spring et mes 2 acolytes m'ont donc laissé en pleine nuit au carrefour entre les 2 routes, en plein désert.
J'avais prévu le coup et avais pris près de 10L d'eau avec moi. Alors que je prenais mon diner dans ma gamelle, un scorpion est sorti de sous mon sac et est allé se loger dans mon day pack! Des que je me suis approché, il a levé son dard et s'est immobilisé. Il ne me laissait pas trop le choix que de le terrasser si je voulais passer une nuit tranquille en tente. 
Le lendemain matin, j'ai été réveillé vers 4h du mat par un road train qui passait par là et ai tout de suite entamé l'auto stop. Il y avait un bon 500km a parcourir et très peu de voitures qui passaient par là. En plus, les mouches étaient partout et rodaient autour de mes yeux pour rendre l'étape encore plus éprouvante. J'ai finalement eu un ride vers 10h par Steeve, un européen, tour du mondiste a son heure, qui avait atterri ici il y a plus de 40ans et qui était finalement resté dans la région, se mariant a une aborigène. Il m'a confié qu'il avait fait le même parcours 40ans plus tôt et qu'il avait mis 3 jours avant d'avoir un ride!!!



Steeve habitait dans la campagne, dans un coin perdu d'Uluru et il devait aller a Alice Spring pour aider sa mère, alors âgée de 80 ans, a déménager de Surfers Paradise a Alice Spring. On est arrivé a Alice Spring sans encombre et après m'avoir fait visiter le point de vue du coin, in a eu une petite surprise quand on s'est aperçu que la voiture ne démarrait plus. Encore heureux que Steeve était mécanicien a ses heures...
Dans l'auberge de jeunesse où je suis resté, j'ai fait la rencontre d'une jeune italienne qui venait de finir un tour avec une agence locale. De fil en aiguille, je me suis retrouvé dans un 4x4 avec Debora la guide touristique, spécialisée sur la culture aborigène, pour aller visiter les Mac Donnell West. On aurait presque fait tous les sites en 2 jours si l'on avait pas perdu la vitre arrière du 4x4 en chemin. Les Mac Donnell étaient une chaine de montagnes ravissantes tout étirées a l'horizontal, en plein désert mais munies de point d'eau dans lesquels on pouvait se baigner.
J'ai appris plein de choses sur la culture aborigène au contact de Debora qui d'ailleurs partait en retraite faire une initiation shamanique au Pérou. Mais mon temps était déjà révolu ici et je reprenais l'avion direction Perth cette fois-ci où je devais y retrouver une vieille connaissance...



mardi 5 avril 2016

TDM6 E07 201512 Australia part 11: the Grampians


Que ce fut dur ce trajet 12 apostols / Grampians. J'ai eu un nombre incalculable de petits rides jusqu'au dernier, un fan de parapente du New South Wales, qui avait l'habitude de faire du stop par rapport a son activité. Il ne connaissait pas trop le coin et m'a lâché au beau milieu de nulle part après avoir regardé son gps. La route était sans doute la plus directe pour rejoindre les Grampions mais surement pas la plus fréquentée. J'ai attendu de nouveau assez longtemps jusqu'a qu'un petit vieux me prenne dans une voiture toute pourrie. C'était un ancien joker qui s'était reconverti, après un accident, en éboueur!! Vu l'heure tardive, il m'a dit qu'il ne pensait pas que je trouverais un ride aujourd'hui et m'a par contre proposé de monter avec un de ses collègues qui partait dans la même direction que moi le lendemain aux aurores. Il m'a offert le gite et le couvert chez lui pour la nuit. Il avait une charmante petite maison en pleine cambrousse avec une écurie attenante contenant 3 magnifiques chevaux de course. Sa fille montait et était une petite championne de saut d'obstacles. J'ai même eu le droit au passage du maréchal Ferrand qui est passé refixer les fers des chevaux de mon hôte. Son beau-fils était aussi éleveur et un de ses chevaux venait tout juste de remporter une course alors qu'il était totalement outsider. Ce fut un super moment partagé avec ces "vrais" locaux, même s'il venait à la base de Nouvelle Zélande. Tout de même bizarre de voir un éleveur de chevaux de course être éboueur entre 2 courses!

Encore plus bizarre le lendemain matin quand j'ai rencontré son collègue. Ca avait été un plan galère. On est parti a 4:30 du mat de chez mon hôte pour arriver a son lieu de travail a 5:30 puis j'ai patienté dans sa caisse jusqu'a 8h que son collègue se pointe, alors qu'il était censé démarrer a 6h. Le mec était donc également éboueur mais avait lui aussi une 2eme activité: il était agriculteur et avait 300 hectares dans lesquels il gérait 300 vaches, principalement pour la viande. 
Le ride a été assez rigolo car il y avait les doubles commandes dans le camion, certaines communes exigeant une conduite a gauche et d'autres a droite pour ce genre de service...une autre bizarrerie du coin. 
Le mec m'a laissé a la sortie d'un village et là, j'ai compris ma douleur. Une voiture toutes les 10' et personne qui ne s'arrête, pendant plus de 2h. Un voisin m'a vu faire de l'autostop alors qu'il sortait faire son jogging. On avait alors discuté 5' et je lui avais dit où j'allais. Ce dernier est revenu 2h après avec une pancarte et ma destination: trop cool! Et comme par magie, au bout de 5', j'eu un 1er ride puis un second direct a destination!


Quelles aventures rien que pour arriver au départ du trek. Ce dernier, le Grampians Peaks trek était en cours de finition et seulement une partie était ouverte au public, soit 32km sur les 140 de prévu. La section ouverte était annoncée en 3 jours 2 nuits mais je l'ai torché en 24h. La 1ere partie était très touristiques jusqu'a un premier sommet magnifique mais ensuite je me suis retrouvé seul penard dans la montagne jusqu'au plus au point, le mont Rosae que j'ai atteint juste avant le coucher de soleil. J'ai trouvé un emplacement pour poser ma tente a quelques mètres du vide. C'était sur un rocher assez plat mais impossible de planter mes piquets. J'ai du trouver des pierres pour faire tenir ma tente. La nuit fut extrêmement agitée. Le vent souffla si fort que je due a plusieurs reprises trouver de plus grosses pierres en pleine nuit pour pouvoir la faire tenir. Mais le coucher et lever de soleil que j'ai eus en valait vraiment la peine. 
J'avais pris la veille les horaires des bus et trains pour rejoindre Melbourne et il y en avait justement un et un seul qui partait a 1h de l'après midi. J'ai tout fait pour arriver a l'heure et ai même du courir sur certaines portions, backpack dans le dos. Il me restait encore 30' de marche mais le bus allait partir d'ici 10'. C'était râpé. J'ai alors quitté le trail pour rejoindre la route et ai eu un ride quasi tout de suite. Je suis arrivé avec 2' d'avance pour finalement m'apercevoir que je m'étais trompé de jour de bus: le boulet!
Du coup, autostop de nouveau et je suis arrivé plus vite que le bus a la gare de train pour rejoindre Melbourne.
J'y ai retrouvé Octavi qui avait entre temps changer d'appartement et se retrouvait dans une charmante maison avec de super collocs. On est parti tous boire un coup ensemble et je m'envolais déjà le lendemain pour attaquer le centre du pays et le rocher sacré d'Uluru...