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vendredi 30 décembre 2016

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 2: Ugem village


Il était déjà 13 heures lorsque je traversa le pont suspendu afin de quitter Kurima pour démarrer le trek dans les Highlands. Toujours pas de guide parlant anglais mais je ne m'en inquiétais pas plus que cela et me mis en route à travers ces contrées sauvages.
Pour préparer cette rands, je n'avais trouvé qu'une description succincte sur un site d'un blogueur et je n'avais que le nom des trois prochains villages allant jusque qu'à la ville d'Angguruk. Je n'étais pas encore sûr de vouloir aller jusque-là, certains sites annonçant la marche jusqu'à Angguruk sur une durée de sept jours, aller simple!
Des mes premiers pas, j'ai tout de suite eu la sensation d'être sur un trek exceptionnel. Les paysages étaient grandioses et je me sentais totalement dépaysé. La route serpentait le long du fleuve mais n'était pas plate pour autant. Ca  grimpait fort et j'étais en plus muni de mon sac à dos chargé à plus de 20 kg. Je traversa plusieurs villages à la suite mais pas grand monde. Je ne rencontra que quelques très vieilles personnes âgées ou des enfants de ci de là. Je compris pourquoi quelques instants plus tard alors que je m'approchais d'un nouveau village, je surpris une énorme fête avec une certaine de locaux tous assis là autour de plusieurs feux de camp. Ils m'aperçurent en même temps que moi et tous les regards se posèrent sur moi d'un air surpris. Je vis un homme au milieu de la foule qui me fit signe d'approcher, probablement le chef de village. Je traversa la foule et me rendis à sa rencontre. Ce fut difficile de se faire comprendre mais j'ai senti une aura bienveillante dans ces lieux et je m'assis à côté des anciens essayant de me rendre le plus invisible possible, ne voulant pas troubler la fête.
J'ai la chance de tomber sur un guide local parlant un semblant d'anglais qui se trouvait dans la foule. Il était venu de Wamena spécialement pour cette cérémonie, l'enterrement du précédent chef de village. Je reussi a lui refiler ma caméra afin qu'il puisse filmer les convives sans que cela ne les dérange de trop car ils n'avaient visiblement pas l'air d'être trop accoutumés à ce genre de technologie. L'ambiance était assez incroyable: la plupart des convives était habillée mais il y avait quelques anciens qui portaient la tenue "traditionnelle", c'est-à-dire complètement nus avec un étui pubien pour seul tissu! Il faut savoir que dans cette région du globe, les gens étaient cannibales envers leurs ennemis et que certains dans cette foule avaient probablement mangé de la chair humaine il y a de ça quelques décennies. Cette région n'a été découverte pour la première fois par les blancs que dans les années 60. Des missionnaires catholiques étaient venus prêcher la bonne parole dans ces contrées éloignées et d'ailleurs certains avaient fini en ragoût en essayant de les convertir.
Les hommes et les femmes ne se mélangeaient pas pendant la cérémonie. Les enfants et les femmes patientaient d'un côté pendant que les hommes coupaient les morceaux de porcs entiers qui avaient été tués pour l'occasion et qui allaient être partagés dans la foule. On m'a bien sûr fait goûter de ce méchoui et bien que pas un grand fan de gras, je n'eu d'autres choix que de manger avec le sourire ce qu'on m'apportait avec tant de gentillesse. Les gens étaient tous très accueillants et bien qu'aucun ne parlait ni l'anglais ni l'indonésien, je réussi a échanger mes sensations par de larges sourires.  La nuit s'approchant, le thermomètre avait deja bien descendu en flèche. Les hommes du village me proposèrent de rester la nuit et un des hommes me ramena jusque dans sa maison. J'ai eu la chance de visiter une hutte local et de faire connaissance avec sa famille autour d'un thé. Ils me logèrent dans la guesthouse prévue pour les invités du village. Plutôt sommaire, mon matelas gonflable et mon duvet ne furent pas de trop. 
À ce moment-là, j'hésita à faire demi-tour ou à continuer ma route. J'étais surtout venu pour voir ces hommes nus avec leur fameux étuis a bite mais le fait d'avoir eu la chance de tomber si vite sur cette cérémonie me donnait l'envie de plus et j'avais la sensation qu'en continuant, d'autres aventures allaient s'offrir a moi.



lien vers la vidéo Ugem village

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 1: Wamena to Kurima


Sur cette étape, j'avais deux objectifs en tête: le festival de Santoni et une visite dans les highlands afin d'aller à la rencontre des tribus locales. Le festival de Santoni ne démarrant que d'ici une semaine, j'ai préféré prendre le premier vol direction les terres et sa capitale Wamena afin de commencer par les treks. Ce fut compliqué de trouver un vol pour cette destination le temps étant souvent extrêmement couvert dans cette région et les vols régulièrement annulés a la dernière minute.
Arrivé à Wamena, c'était comme débarquer dans un autre siècle. Il y avait encore les pousse-pousse pour se déplacer et personne ne parlait évidemment l'anglais. La langue commune etant l'indonésien. Je n'avais pas réussi à trouver beaucoup d'informations sur les trek de la région mais en revanche sur les forums sur Internet, tous conseillaient de se procurer un guide local parlant au moins l'indonésien. Et ce n'était pas cela qui manquait: des mon arrivée à l’aéroport, plusieurs guides sont venus me solliciter mais ils avaient tous l'air de charlatans. Je me suis dit que j'en trouverai bien un en route et après avoir fait le plein de ravitaillement et de nourriture je me mis en quête d'un transport et pris la direction de Kurima, point de départ d'un trek qui devait m'emmener au fin fond des Highlands. 
J'ai réussi à dégoter une camionnette en mode taxi brousse mais a peine 30 minutes plus tard, un camion ayant chaviré au niveau d'un pont bloquait la seule route menant a Kurima. Du coup, j'ai dû traverser à pied et continué par mes propres moyens. Je ne pensais pas que la route allez être aussi longue et alors que je commençais à désespérer sous une pluie battante, un pick-up déjà sur-peuplé est passé par là. J'ai pu m’accrocher à son garde-boue à son passage à a volée et me caler au dessus du pare choc arrière. J'ai cru sur le coup que ce fut une chance mais j'ai vite déchanté alors qu'a la première cote venue, le véhicule surchargé a commencé à ralentir puis à reculer. J'ai juste eu le temps de m'éjecter en sautant sur le côté avant que le véhicule n'aille s'encastrer dans un fossé non sans avoir éjecté plusieurs passagers et en en écrasant plus d'un au passage. J'étais le premier sur les lieux et en approchant du 4x4 je me suis aperçu qu'un des passagers étaient coincés sous l'une de ses roues et hurlait à la mort. Je me suis précipité pour le secourir et avec l'aide d'autres passagers, nous avons soulevé le véhicule pour l'extraire de la. Pendant quelques instants, je me suis pris pour Jean Valjean dans les Misérables soulevant la charrette pour sauver ce vieil homme. Ce dernier était âgé et mal en point mais sa peine n'allait pas s'arrêter la quand il s'aperçut que sa compagne, qui avait elle aussi été éjectée, avait pris un choc sur la tête et gisait inconsciente au bord de la route. Le vieil homme pris peur que sa compagne n'avale sa langue et la frappait de ses mains pour tenter de la garder éveillée. Une scène assez apocalyptique et  surréaliste. Néanmoins, plus de peur que de mal, après quelques dizaines de minutes pour qu'elle retrouve ses esprits, les gens s'étaient déjà dispersés et je repris ma route toujours à pied en direction de Kurima. 
Je ne marchais guère tres longtemps car il y avait un long fleuve à traverser qui barrait la route et aucun pont n'était prévu pour les véhicules. De l'autre côté du fleuve, il y avait bien des motos taxis qui attendaient le chaland, mais aucun ne parlant l'anglais, je décidais de continuer à pied pensant ma destination proche. Je déchantais assez vite lorsque je vis que la route n'en finissait pas et que la plupart des passagers qui était avec moi dans le véhicule avait pris des motos taxis. Je réussi à en arrêter une vide au passage qui m'amena jusqu'à destination. Je suis passé devant le poste militaire auquel j'étais censé m'identifier mais je préférais ne pas prendre le risque de m'arrêter et de me retrouver le bec dans l'eau au beau milieu de nulle part et continuais ma route pour le départ de ce fameux trek dans les Hilghlands.


lien vers la vidéo Wamena to Kurima


mardi 20 décembre 2016

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 1: Jayapura


Arrivé a la frontière entre la Papouasie Nouvelle Guinée et la Papouasie Occidentale, la difference se faisait sentir a plein nez. Il y avait un énorme drapeau indonésien qui flottait en haut d'une tour pour rappeler a tous que la Papouasie Occidentale avait été annexée dans les années 60 par l'Indonésie et qu'il n'était pas question d'indépendance. C'est un passage de frontière assez dangereux car il y a des mouvements révolutionnaires un peu partout dans la province et les révolutionnaires sont largement aidés et soutenus par leurs cousins de PNG contre la toute puissante Indonésie.
J'avais géré mes sous en gardant 20€ en tout et pour tout dans ma poche. Le transport pour rejoindre Jayapura, la capitale de la province était deja de 30€  si je privatisais un taxi. J'avais en tete de trouver un taxi moto bien qu'il y en avait pour plus d'1h de trajet. J'ai eu la chance de tomber sur 2 vieilles locales qui allaient partir en taxi et j'ai pu partager les frais avec elle pour charteriser un taxi. 
Apres plus de 50 ans d'occupation, l'Indonésie avait la main mise sur le pays et y avait deja imposé sa patte. Il y avait des scooters partout et un semblant de civilisation faisait grand contraste avec PNG et Vanimo portant séparés que de quelques kms. La densité humaine était aussi sans commune mesure et l'on aurait tres bien pu se croire dans des rues de Jakarta en plein Jayapura. A peine checké dans mon auberge, la seule de la ville a un prix abordable, j'ai tout de suite foncé au guichet Western Union pour enfin pouvoir retirer mes sous que j'avais au préalable demandé a mon frère de rerouter sur le West Papoua. 10' de procédures et j'avais mes 15,000,000,000 de roupies en poche (soit 1000€), largement suffisant pour finir mon trip ici sans être préoccupé tous les jours par des soucis pécuniers. 
La soeur de Michael, mon pote rencontré a Vanimo, m'a rejoint dans la soirée a la meme auberge que moi et on a pu échanger quelques mots en anglais. Il faut dire qu'ici, contrairement a la PNG, personne ne parle anglais vu que la langue officielle est l'indonésien. J'ai pu en profiter pour faire une lessive et me prendre une bonne douche a l'eau chaude, un plaisir longtemps oublié dans mon périple précédent. Rien de special a voir a Jayapura mais je voulais faire un festival qui devait avoir lieu en juin sur un lac près d'ici. Par contre j'avais une semaine d'avance! Je me suis donc mis en tete de me faire un "petit" tour dans les highlands de West Papoua avant de revenir ici et me suis booké un vol des le lendemain matin pour Wamena, située en plein dans les terres. Jamais je n'aurais pensé que je partais pour ce qui allait s'avérer comme le plus sauvage de mes trips depuis le début de ce tour du monde!



vendredi 16 décembre 2016

TDM6 E12 201606 PNG Part 8 Vanimo


Je ne suis resté qu'un soir a Wewak sur le chemin du retour car j'avais un bon vol pas cher pour rejoindre Vanimo a la frontière avec la West Papoua. Et pourtant j'aurais du y rester plus longtemps car James, le policier que j'ai rencontré a l'auberge de jeunesse de Wewak m'a rappelé le lendemain alors que j'étais deja a Vanimo pour me dire qu'il avait retrouvé les "boys" qui m'avaient volé le disque dur et qu'il y avait des chances pour qu'il puisse le récupérer. 
Je n'étais pas plus étonné que ca car j'avais eu une mésaventure similaire en Tanzanie où Vince, mon pote de voyage américain de l'époque, s'était fait voler son passeport et portefeuille dans le bus et en allant a la police, ces derniers avaient "miraculeusement" retrouvé le passeport, moyennant finance bien entendu. 
Ici, d'après James, les boys allaient demander de l'argent. Il a commencé a parler de 500€! Ca semblait tout de meme bien louche et j'ai préféré verifier en appelant mon autre pote policier, Martin, qui m'avait récemment hébergé chez lui a Maprik, sur la route de Pagwi. Martin a appelé James et il m'a confirmé que ca semblait tres louche et qu'il ne pensait pas qu'il avait le disque dur. Martin m'a dit qu'il devait passer sur Wewak pour le boulot et qu'il pourrait rencontrer James et régler ca. Entre temps, James m'a meme envoyé une photo de mon disque dur me disant que les street boys la lui avaient envoyé. Plus de doute possible, ils avaient bien mes données. 
J'ai commencé a négocier le prix et a proposé un montant de 50€, soit quasi tout ce qu'il me restait. J'espérais pouvoir enfin retirer l'argent de Western Union a la Banque locale, la BSP. 
J'ai dormi dans la seule auberge de la ville et ai réussi a négocier a 30€ la nuit alors que tous les autres locataires (que des papouasiens!) payaient 45€. 
Le lendemain, a la BSP, la responsable de l'agence m'a dit que les 1000€ de Western Union avait été retirés a Wewak!! J'ai senti le mauvais coup de la part de la responsable de la BSP a Wewak et ai fait un scandale a l'agence. Ces derniers ont appelé le siege puis Wewak pour finalement me dire, après quelques heures d'attente, que l'argent avait été soit disant bloqué a Wewak en attendant que mon visa d'immigration soit validé. Ca ne sentait pas bon et je doutais désormais qu'ils me laissent retirer le moindre centime. Je leurs ai dit de renvoyer l'argent a l'expéditeur et que j'allais me débrouiller autrement. Ils m'ont dit de revenir le lendemain. Entre temps, je suis passé a l'ambassade indonésienne pour faire faire mon visa d'entrée indonésien. Ils avaient bien sur augmenter les prix et je commençais a être super rick rack au niveau tunes. J'allais devoir me serrer la ceinture sur la nourriture pour tenir jusqu'a la frontière. 
Je pensais redemander a mon cher frère de me faire un nouveau virement mais sur le bon pays cette fois, a savoir la Papouasie Occidentale. 
Je me suis repointé le lendemain a la BSP et toujours pas d'avancé. Ils refusaient de me donner les sous et me demandaient désormais d'aller a l'immigration ici a Vanimo pour régler mon problème de visa. Il n'était pas question que je fasse une telle démarche. Ca sentait trop la galère et préférerai tenter ma chance directement au passage de frontière. Je suis sorti de la banque et suis allé au consulat indonésien pour récupérer mon passeport avec le visa indonésien. A peine sorti du consulat, 2 4x4 se sont arrêtés a ma hauteur et les passagers m'ont demandé si je m'appelais Olivier! J'ai répondu a l'affirmatif et ils m'ont sommé de monter avec eux dans la voiture. Ils étaient 6 et ne me laissaient pas vraiment le choix! Ils se sont présentés comme des inspecteurs des douanes et de l'immigration. Ils m'ont emmené a l'extérieur de la ville jusqu'a la maison du chef de l'immigration qui m'attendait patiemment dans l'escalier de son perron. La scene semblait surréaliste. Le chef s'appelait Peter et était plutôt cool. Apres lui avoir expliqué ma situation, mes conditions d'entrée sur le territoire a Bougainville et mon problème d'argent avec la Western Union, il m'a dit qu'il devait verifier quelques éléments, qu'il gardait mon passeport pour le moment et qu'il reprendrait contact avec moi le lendemain. 
Il m'a fait raccompagner a mon auberge par ses hommes de main qui m'ont au préalable emmené avec eux faire la "tournée". On est passé voir quelques commerçants chinois et bien que je ne comprenais pas leurs échanges, je crois bien qu'ils prenaient des pots de vin et/ou racketter les commerçants. A plusieurs reprises, ils ont embarqué des caisses entières de canettes et m'en ont meme fait profiter!

J'ai reçu un coup de fil de Peter dans l'après midi qui m'a dit qu'il passerait avec moi demain matin a la banque BSP pour dire a la directrice d'agence que tout était en ordre afin qu'ils puissent me remettre mon argent. 
Ca ne sentait pas bon du tout et je soupçonnais Peter de vouloir m'extorquer de l'argent une fois le pognon retiré de la banque. On avait rendez vous a 9h a la banque et je me suis pointé a 8:45 pour m'entretenir avec la directrice de la banque en tete a tete. Je lui ai expliqué la situation et lui ai dit de ne pas me donne l'argent tant que mon passeport ne serait pas entre mes propres mains. 
Peter s'est pointé comme une fleur et il a juste dit a la banquiere que j'étais en règle sans me redonner mon passeport. Cette dernière a refusé en disant qu'elle devait voir un tampon de l'administration dans mon passeport pour pouvoir me remettre les fonds. Peter a paru embêté mais il était coincé! Il m'a dit qu'il allait faire le nécessaire mais qu'il devait retourner chez lui mettre le coup de tampon sur le passeport. 
On s'est donné rdv l'après midi et j'ai zoné dans le centre ville en attendant. Je suis tombé dans la rue sur Michael, un des habitants de l'auberge avec qui j'avais tapé la discute la veille et on a passé le reste de la journée ensemble. Lui attendait sa soeur, une commerçante qui devait arriver en avion des highlands pour aller acheter des vêtements en Indonésie et il avait l'air d'avoir les memes galères que moi niveau tunes, en plus chronique. On est parti se baigner dans un lagon près du centre ville puis on a meme tapé le basket sur le playground de la base militaire de Vanimo avec quelques appelés!
Retour a la BSP dans l'après midi et revoilà enfin Peter qui se pointa, non sans 3h de retard, avec mon passeport tamponné: victoire!!
Semi-victoire en fait car revenu a la banque avec le fameux sesame, la directrice m'annonce que le siège a décidé de ne pas me remettre l'argent et de le renvoyer a l'expéditeur: de vrais boulets! Du coup, quasi a sec, je ne pouvais plus me payer de nuit a l'auberge. Dans mon malheur, Peter m'a tout de meme fait rencontrer un de ses potes, Jeaffrey, avec qui j'avais une histoire en commun! Jeaffrey bosse d'habitude a Port Moresby pour la compagnie d'électricité du PNG, l'equivalent d'EDF chez nous, et est venu a Vanimo pour une mission de quelques jours afin de réorganiser l'activité de l'opérateur historique ici. Or, il se trouve que Jeaffrey est le cousin de la fille des douanes qui m'avait mis le tampon des customs a mon entrée a Bougainville. De plus l'oncle de Jeaffrey est le taximan qui m'a fait tout le trajet du sud de Bougainville jusqu'au nord. Quelle coïncidence de tomber sur un bougainvillier, si loin de chez lui, et avec de telles connexions. Peter s'en est aperçu lorsqu'il a confronté mes dires avec le stamp dans mon passeport et passé quelques coups de fils a Bougainville. Du coup, Peter est devenu super cool avec moi d'un coup et j'ai tout de suite senti que son envie de m'extorquer des fonds avait disparu. Il etait appelé d'urgence a Port Moresby pour une affaire importante mais il m'a proposé de dormir chez lui malgré tout et a chargé Jeaffrey de s'occuper du transport. Il m'a aussi mis en contact avec 2 de ses agents pour m'aider a rejoindre la frontière ces prochains jours. Merci a ma bonne étoile. J'ai poussé le concept de l'émission "j'irais dormir près de chez vous" un peu plus loin en "j'irais dormir chez le immigration chief officer"! 
Une partie de mes problèmes était réglée. Restait le disque dur a gérer. J'étais en contact avec Antony, le directeur de l'aéroport de Vanimo, que j'avais rencontré a mon auberge, et qui me proposa de faire l'échange entre une somme d'argent et mon disque dur a Wewak. J'avais toute confiance en lui mais le problème résidait dans l'argent que je n'avais pas. Je suis tombé par chance sur un billet de 100€ que j'avais caché en cas de coup dur. J'ai pu l'échanger a la BSP et fait transiter 80€ par avion a Wewak pour récupérer le disque dur. J'avais toute confiance en Antony, moins en James, le policier de Wewak, qui finalement m'annonça après 2 jours que les street boys avaient disparu mais que des gens les avaient vu ivre mort quelques jours plus tot. Ils avaient apparement vendu mon disque dur a quelqu'un et s'étaient bourrés la gueule avec l'argent. Dommage pour moi. Je n'avais plus aucune chance de retrouver mes données et plus rien ne me retenait ici. J'ai dit au revoir a tout ce petit monde que je connaissais désormais a Vanimo et parti a la frontière en compagnie d'un des hommes de main de Peter de l'immigration. 
C'est ainsi que je quittais la Papouasie Nouvelle Guinée, sacré périple que j'ai fait là, où je me suis enfoui loin au contact des populations pendant un bon mois. Me reste désormais qu'une dernière étape: la Papouasie Occidentale!




mardi 29 novembre 2016

TDM6 E12 201606 PNG Part 7: Sepik River


Revenu sur Wewak, il devenait urgent que je passe a la banque. En effet, j'avais bloqué ma dernière carte bleue quelques jours plus tot a Karvieng et je commençais a être a court de liquidité. Le seul moyen que j'avais trouvé était de me faire envoyer de l'argent via Western Union par mon frangin. Je pensais initialement avoir suffisamment de sous pour tenir jusqu'au passage de frontière terrestre entre la Papouasie Nouvelle Guinée et la Papouasie Occidentale (les 2 étant situées sur la meme ile de Nouvelle Guinée) et avais alors demandé a mon frangin d'envoyer les sous a Jayapura en Papouasie Occidentale. Cette partie de Nouvelle Guinée a été rattachée a l'Indonésie en 1962 suite a un accord avec les Pays Bas qui détenait officiellement cette "colonie". Or mon cher frangin a mentionné la "Papouasie" quand il a viré l'argent ce qui a été enregistré comme la Papouasie Nouvelle Guinée en terme de pays. Je n'avais du coup d'autre choix que de retirer l'argent en Papouasie Nouvelle Guinée en devise locale puis a changer l'argent a la frontière en roupies indonésienne. Pas terrible au niveau des frais des intermédiaires mais je n'avais guère le choix. Il n'y a pas de guichet Western Union a proprement parlé en PNG, seulement des comptoirs dans les agences de la banque nationale. Le problème de ce genre de guichets est qu'il y a une queue monstre. Les locaux, pour la plupart des paysans ou pêcheurs, y viennent une fois par mois pour retirer ou déposer de l'argent et y passent allègrement la journée entière pour y faire la queue!
Encore heureux dans l'agence de Wewak, il y avait un guichet dédié Wester Union et je n'ai attendu qu'une petite heure et demi avant que l'on ne s'occupe de moi. La responsable de la banque est venue spécialement se pencher sur mon cas car il y avait un problème pour me donner les sous. Ils devaient indiquer mon no de visa dans la procédure. Or j'étais rentré par bateau par Bougainville via les Solomons et n'avais eu qu'un stamp d'un custom officer mais pas d'un immigration officer (je ne connaissais même pas la différence a l'époque!). A priori pas suffisant pour me donner les sous. La directrice d'agence était en contact avec le siege a Port Moresby et m'a fait patienter plus de 2h de la sorte alors que j'avais mon gros sac a dos sur le dos! Midi approchait et je commençais a avoir faim. De plus, je devais aller faire des provisions avant de démarrer mon trip sur la Sepik River qui pouvait être assez onéreux si l'on n'était pas en autonome. J'étais en plus passablement échaudé par la situation et ai alors dit a la guichetière que j'allais sortir me restaurer pendant une heure et que j'allais laisser mon sac dans un coin où elle pouvait garder un oeil dessus car je ne me voyais pas me balader en ville avec un sac de 25kg sur le dos. La guichetière ne voulait pas garder mon sac mais je ne lui laissais pas le choix. Je posa mon sac dans un coin de la salle d'attente, lui intima de garder un oeil dessus et sortit bien énervé. Il faut savoir que j'avais deja laissé une partie de mes affaires dans l'auberge de jeunesse et que je n'avais pas pris mon petit sac a dos par soucis pratique. D'habitude, je me trimballe tout le temps avec mon petit sac a dos où toutes les choses importantes et de valeur sont dedans mais pas cette fois. Erreur qui allait me couter tres cher mais je ne m'en aperçu pas tout de suite...
Je me baladais donc en ville, fis du shopping et pris des provisions et revins 2h plus tard a la banque où la boss me fit attendre une bonne heure de plus pour finalement me dire de repasser le lendemain car elle devait avoir une validation des immigration officers qu'elle avait contactés ici a Wewak. Ca ne sentait pas bon du tout. Je lui ai dit que je partais en trip sur la Sepik River et que je repasserais a mon retour.
J'ai attendu plus de 2h le minibus pour aller sur Pagwi mais il ne vint jamais! Pourtant je n'étais pas le seul a attendre et finalement les autres passagers se sont regroupés pour charteriser un pick up et j'ai pu m'y incruster. Pratique au détail près que les gens n'allaient pas a Pagwi mais au 3/4 du chemin a Maprik. Les locaux me dirent qu'il me serait ensuite facile de me trouver un transport pour Pagwi. En revanche, ce qu'ils n'ont pas mentionné, c'est l'heure d'arrivée a Maprik. En pleine nuit a 1h du mat! Pas le plus safe dans un pays comme PNG et j'en savais quelque chose après mon expérience dans les Highlands. Du coup, le chauffeur m'a déposé au poste de police et je suis resté là a attendre que la nuit passe. Il y avait bien un ou 2 hotels où passer la nuit mais il était hors budget. Vu le problème a la banque, j'étais vraiment trop ric rac. J'ai commencé a taper la discute avec Martin, le policier en fonction et lui ai demandé si je pouvais poser ma tente devant le commissariat pour y passer la nuit au chaud. Je crois qu'il a eu pitié et après une demi-heure de discussion, il m'a proposé de faire la dernière tournée avec lui en voiture puis de m'héberger chez lui: trop cool! 
Du coup, j'ai pu voir les coins un peu pourris de Maprik puis on est passé chez lui où sa femme nous a servi le diner avant de me montrer ma chambre. Rien que du tres basique mais ca m'a quand meme bien dépanné pour la nuit. 
Martin avait son jour off le lendemain et il m'a proposé de m'emmener dans les environs pour visiter les Haus Temborrangs. Il s'agit de maisons aux esprits où les anciens viennent se recueillir ou demander conseils. On en a fait une et après avoir acquitté de l'obole, non sans négocier, avec le chef de tribu, ils m'ont fait la visite qui s'est avérée assez mystique et un peu flippante. 
Martin m'a ensuite ramené en ville où le marché démarrait a peine. On a essayé de trouver un minibus pour Pagwi mais aucun transport en vue. Du coup, Martin m'a emmené direct jusqu'a Pagwi, soit près d'une heure de route: vraiment cool de sa part! 
On est arrivé a Pagwi et c'est là que j'ai compris ma boulette. J'étais complètement a contre sens du flot des locaux. Eux allaient tous au marché a Maprik et j'ai donc du attendre toute la journée qu'ils reviennent pour pouvoir monter dans une embarcation qui allait où je voulais.


La Sepik river est énorme et il est quasi impossible de faire la visite de la totalité. Les tribus sont disséminées un peu partout et on peut découper l'endroit en 3 partie: la lower, la middle et la upper river. Je voulais commencer par la upper river, la moins touristique, avant d'éventuellement redescendre vers la lower river. J'ai pu me dégoter une embarcation qui allait directement là où je voulais aller, sur le lagon Wagu. 
Le trajet fut épique, les 3 quarts se firent de nuit et je me suis demandé comment ils faisaient pour naviguer a travers des petits cours d'eau sans aucune lumière. On a du s'arrêter a plusieurs reprises en chemin déposer des passagers et a chaque fois qu'on était a l'arrêt, les moustiques nous tombaient dessus telle une fourmilière. L'anti-moustique ne suffisait pas et je n'ai trouvé qu'une grande serviette pour me couvrir le corps en mode foetus en attendant que l'on reparte. Il faut dire que l'endroit est particulièrement réputé pour la virulence des moustiques. A tel point que dans certaines tribus, ils le vénèrent comme un dieu et lui érigent meme des statues.
Arrivé a bon port, j'ai fait la rencontre de Matthew, le chef du village, et également le proprio de la seule structure recevant des touristes sur le lagon. Il m'a logé dans un grand bungalow en bois posé sur pilotis qu'il avait monté exclusivement pour les visiteurs. Et pourtant, on aurait dit que ca faisait un bout de temps qu'ils n'avaient pas eu de visite! Matthew était la seule personne du village avec un anglais suffisamment correct pour qu'on puisse avoir une conversation suivie. On est parti de tres bon matin a bord d'une de ses pirogues a la recherche des birds of paradise, l'emblème de la PNG, qu'on a pu apercevoir, après une petite rando dans la foret mais d'assez loin. 
De retour au village, j'ai eu la chance d'assister a la confection des pancakes de sago,réalisés entièrement avec un certain type d'arbre, le sago. Vraiment intéressant de voir a quel point l'homme peut être ingénieux et se débrouiller avec vraiment peu de choses. En revanche, au niveau du gout, ils repasseront. C'était assez infecte et fade. 
Matthew était en train de construire une seconde maison car il venait de prendre une 2eme femme. Les habitants de Papouasie sont polygames et il n'est pas rare pour un chef de tribu, d'avoir un nombre important de femmes afin d'avoir une descendance suffisante pour assurer les responsabilités du village.
J'ai fait un petit tour guidé dans le village et j'ai eu une scene assez surréaliste lorsqu'un enfant d'a peine 6/7ans, m'ayant aperçu, s'est caché derrière un buisson au bord de la route et quand je me suis approché de lui, il a fondu en larme et était apeuré. C'était la premiere fois qu'il voyait un homme blanc de sa vie! 
Le village était assez simple avec des bungalows sur pilotis. Pas d'électricité ni d'eau potable. La seule source était un mince filée qui coulait a l'extérieur du village. Il fallait y faire la queue pour pouvoir s'y laver, et notamment attendre que les femmes aient fini leurs toilettes. Malgré tout, les habitants étaient tres souriants et ravis de voir un étranger ici. Une foule s'est petit a petit formée derrière moi tant et si bien qu'arrivé a l'école, soit le bout du village, j'avais une bonne vingtaine de suiveurs. Pour faire discret, il faudra repasser!
Le soir venu, on est parti a la chasse aux crocodiles. Une spécialité ici. C'est quasiment la seule alternative aux poissons qu'ils ont et a priori les eaux en sont infestées. On a pu prendre qu'un petit spécimen de 2 ans que Matthew a harponné sans aucune difficulté. 
Le lendemain, je partais deja. Par contre, impossible de trouver une embarcation qui allait directement sur Pagwi. Du coup, je suis allé avec Matthew jusqu'a Ambunti. Lui devait amener une de ses filles a l'hôpital qui souffrait d'une vilaine malaria. Probablement là que j'ai attrapé la mienne mais ca, je ne l'appris que bien plus tard.



Le trajet pour rejoindre Ambunti fut assez épique. On est passé par des tous petits bras qui connectaient les différents lagons et on croisait en chemin les femmes qui pêchaient là et qui remontaient le courant a la pagaie.
Arrivé a Ambunti en fin de matinée, toujours aucune embarcation qui allait sur Pagwi. J'ai attendu toute la journée et ai meme pris une chambre pour la nuit dans la seule auberge du coin. Le lendemain, j'ai retenté le coup mais toujours rien. J'ai fait la connaissance de jeunes locaux qui sont restés attendre avec moi. C'était le matin mais ils étaient deja bien bourrés avec leur mix d'herbe locale et d'alcool fabriqué maison. 
En désespoir de cause, j'ai finalement rencontré un jeune local qui m'a dit qu'une embarcation partait demain matin tot a Pagwi et il m'a proposé de dormir chez lui pour la nuit. On a du prendre un autre bateau pour rejoindre son village, Hapan, juste sur l'autre rive par rapport a Ambunti. 
Il m'a installé chez lui, dans une "boys house". Il s'agit d'un bungalow où seulement les hommes sont autorisés et se retrouvent ici. Il y avait 3 matelas et ils m'en ont filé un pour la nuit. Apres le cocktail de bienvenu a la coco puis un petit bain rafraîchissant dans la Sepik River, on a déjeuné tous ensemble avec ses potes. J'ai fourni le riz et eux le poisson séché. Les boys étaient super cools et il y avait une tres bonne ambiance. On a fait un petit tour dans le village et réservé le bateau pour le lendemain. La vie est tres basique ici sur la Sepik River. Pas grand chose a faire et pour les jeunes, c'est tres vite l'ennuie!
On a diné ensemble et on a même eu le droit a du porc qu'un voisin nous a apporté avec gentillesse. On a couplé ca avec des galettes de sago et le tour était joué. 
Le lendemain, on est parti de nuit a 2/3h du mat pour arriver sur Pagwi au lever du jour. De là, quelques heures d'attente puis un camion rempli de locaux pour un retour sur Wewak. 
Je passa la dernière nuit dans la meme auberge qu'a mon arrivée ici et je fis la rencontre d'un policier local. Je lui expliqua le problème du moment que j'avais eu avant de partir sur la Sepik River. Je m'étais en effet aperçu qu'on m'avait volé un de mes 2 disques durs alors que j'avais laissé mon sac a dos dans la banque la semaine passée. J'avais perdu toutes mes videos de mes go pro ainsi que quelques montages des Fidjis: les boules! 
J'en ai parlé au policier qui m'a dit qu'il allait se renseigner et me rappeler s'il avait du nouveau. 
De mon cote, je partais deja le lendemain en avion pour remonter tout au nord de la PNG a Vanimo, juste a la frontière avec la Papouasie Occidentale...


lien vers la vidéo Ambunti & Hapan







dimanche 13 novembre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 6: Wewak & Mushu Island


Petit vol intérieur pour rejoindre la ville côtière de Wewak de Mont Hagen. J'ai un peu galeré pour me trouver un endroit où dormir. Apres avoir pris un 1er minibus de l'aéroport, j'ai du marcher une bonne 1/2h en plein caniar pour monter la cote où était située l'auberge de jeunesse où j'avais prevue de dormir. Ne la trouvant pas, un mec qui passait par là et que j'avais croisé a l'aéroport me donna un ride et me déposa a l'auberge qui s'avéra pleine. Pas qu'il y avait full de touristes mais l'auberge n'avait que 3 chambres! Encore heureux que mon bienfaiteur était resté et il m'amena a une autre auberge de jeunesse, plus locale pour sur et qui avait de la dispo. L'auberge était principalement utilisée par la police locale qui louait des chambres au proprio pour ses effectifs. Le but de mon stop ici était une virée sur la Sepik river mais le trajet pour rejoindre le depart des excursions en bateau ne partant que le surlendemain, je me suis booké un trip sur l'ile de Mushu, située juste en face de Wewak en attendant.
Je partageais le transfert en bateau avec un couple de jeunes israéliens backpackers plutôt cools. Le trajet allait être houleux. On pouvait voir a l'horizon un énorme nuage noir qui n'attendait qu'une chose, qu'on lève l'ancre pour venir s'abattre sur nous. Je m'etais deja fait avoir au Vanuatu lors d'un transfert où j'avais pris la sauce et m'etais donc preparé en conséquence cette fois-ci: maillot de bain direct, go pro a la main et tout le reste sous la bâche imperméable. Bien m'en a pris. La pluie est devenue torrentielle. On avait l'impression d'être sous une douche permanente. Ca tapait tellement fort que j'en avais limite mal torse nu. De plus, notre petite embarcation n'en menait pas large face aux grosses vagues qui se formaient. On réussit tant bien que mal a arriver a bon port. 
La guesthouse était composée de ravissant petits bungalows en bois tout simples surplombant le sable a quelques mètres du rivage. Je partageais ma chambre avec un californien qui avait fait le trajet jusqu'ici spécialement et exclusivement pour un trip sur la Sepik River afin de trouver des masques, spécialité des tribus vivant au bord de la Sepik. 
J'ai pu faire une sortie en snorkelling pour admirer le récif corallien et m'en suis sorti avec une énorme piqure de méduse sur le bras: pas gloop!
Les enfants de la proprio de la guesthouse m'ont fait visiter le village avec l'église et l'école. La vie est simple ici. Les locaux vivent de la pêche, construise leur maison avec les arbres de la foret environnante. Il y avait meme un petit ruisseau qui coulait le long du village et qui permettait de prendre une douche et de s'alimenter en eau potable.
Le lendemain, je repartais deja et passa ma journée entre la banque, dont le seul comptoir Wester Union était a l'intérieur et le marché local pour faire des provisions avant le départ.



jeudi 10 novembre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 5: The Highlands & Mont Wilheim

Je me suis pris un petit vol pour enfin rejoindre l'ile principale de PNG et la ville de Lae. Pas grand chose a y faire ici mais j'ai quand meme passé la journée a faire les "boutiques". J'ai en effet trouvé un moyen de retirer du cash. Ils appelent ca le "cash back". Vous allez dans un supermarché et vous faites vos emplettes et au moment de payer, vous demandez également du cash qu'ils vous chargent sur la carte bleue. Pratique car c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour avoir de l'argent frais alors que je n'avais plus le code de ma carte en ma possession. Par contre, ca reste limité. Ils vous laissent prendre 200 kinas (soit 60€) max. Je n'ai trouvé qu'un magasin qui le faisait et j'ai du le faire 4 fois, afin d'avoir a peu près suffisamment de cash pour gérer mon trip dans les Highlands. J'ai pris un pmv qui faisait la route de nuit pour rejoindre Kondiara, une sacrée aventure. Tout d'abord, les mecs attendaient que l'on soit un maximum puis on est parti au port où une cargaison de buttel nut nous attendait. Près de 30 sacs de 50 kgs histoire de bien chargée la mule. Les mecs étaient au tacquet de voir un blanc dans leur véhicule. Ca n'avait pas l'air d'arriver souvent. Ils m'ont installé devant et ont fait un arrêt direct au magasin de bière. Le chauffeur roulait comme un taré et était déjà bien amoché mais ce fut plutôt rigolo de partager cette expérience avec les locaux. Ils m'ont déposé a Kondiara a 3h du mat. Pas un endroit super safe. J'ai attendu au poste de police et un attroupement s'est formé autour de moi de plus de 50 personnes. Ils étaient tous intrigués de me voir ici avec mon gros sac a dos. Ils voulaient tout savoir de ce que je venais faire ici, d'où je venais. La plupart était saoul et il y avait aussi pas mal de gens de la rue. C'est la que j'ai fait la rencontre de Martin, un guide de montagne qui m'a offert ces services pour la montée du Mont Wilheim, le plus haut sommet de PNG a 4750m. On a attendu le matin pour trouver un 4x4 qui pourrait nous déposer au village au fin fond de la vallée d'où le trek démarre. Mais encore une fois il a fallu attendre qu'il se remplisse et on est parti qu'a 15h. Ca m'a permis de visiter les marchés locaux et de voir de sacrés spécimens. 


La route pour rejoindre le village était splendide. On traversait des vallées encaissées de toute beauté, très montagneux et avec un canyon qui rajoutait encore un peu plus de charme a l'endroit. Les Highlands est la province de PNG la plus peuplée et pourtant ce n'est que très tard que les européens ont commencé a planter leur drapeau ici, la plupart du temps des missionnaires venus convertir les peuples autochtones. On est finalement arrivé au village dont la partie la plus dans les terres avait été montée par un missionnaire allemand. C'était tout vert et on se serait cru dans un petit paradis. 
Martin gérait un orphelinat qui avait été monté par un hollandais il y a quelques années de ça. Ils avaient également monté une école et attendaient d'autres fonds pour avancer dans leur projet. Il m'a fait dormir dans la mission catholique, une toute petite bicoque sans prétention, sans eau ni électricité mais je me sentais bien ici. J'ai pu me laver dans le frais cours d'eau de la rivière et me faire un petit feu. Martin m'a fait la visite des installations. Les enfants étaient super souriants et au taquet de voir un blanc dans les parages.  
Ici, pas de supermarché ni meme de petits boui-boui, en revanche leur potager était bien garni et on a pu se servir avec Martin afin de se faire une bonne potée, chauffée au feu de bois, que j'ai pu agrémenter d'un peu de riz et d'une boite de thon de mes reserves. 


Martin s'était annoncé comme guide de haute montagne mais j'ai vite compris qu'il n'était pas vraiment dans ce role là. Comme tous les enfants ayant grandi dans ce village, la plupart était monté au sommet du mont Wilheim mais pour ce qui etait de guider les touristes, c'était plus compliqué car le chemin normal passe forcement par un lac dont la montée traverse un terrain privé. Les propriétaires de ce terrain ont pris le monopole des ascensions et font payer un droit de passage dans lequel ils forcent les touristes a passer une nuit dans un refuge au bord du lac. 
De mon cote, je n'avais ni les moyens de payer une telle somme ni l'envie de dormir au lac. J'avais prévu de faire l'ascension, annoncée en 6/8h, d'une traite et de poser ma tente au sommet pour y apprécier le lever/coucher de soleil. Martin n'avait jamais dormi aussi haut mais il m'a tout de meme proposé de m'y accompagner en passant par une autre voie, beaucoup moins empruntée et qui rallongeait de quelques heures l'ascension. Il a réussi a se dégoter un sleeping bag plus ou moins correct et on est parti de bon matin a l'assaut du plus haut sommet de PNG. 
Des les premiers mètres, j'ai senti que ca allait être compliqué. Martin avait pu emprunter une paire de chaussures fermée, sous mon insistance, mais préférait les garder au sec dans son sac et a démarré en flip flop. Son sac a dos était tout petit et il n'avait rien pour passer la nuit au chaud. Du coup, je me suis tapé les bagages pour 2 dans mon sac, soit la tente, les 2 sleeping bags et la bouffe. De plus, le chemin n'était ps toujours dégagé et on a perdu énormément de temps a se frayer un passage a coup de machette. Pour couronner le tout, le temps n'était ps au beau fixe et une fois sorti de la foret pour attaquer la partie a découvert sur les rochers, il s'est mis a pleuvoir sévère. Martin n'était une nouvelle fois pas équipé et j'ai du lui prêter un de mes blousons plus un kway pour ne pas qu'il congèle sur place. On a meme du faire une pause sous un arbre et allumé un feu pour se réchauffer en pleine journée ce qui nous a de nouveau ralenti. Apres bien 8h d'ascension, on était encore loin de l'arrivée et Martin, prit du mal d'altitude, n'avançait guère vite. La pluie redoublait d'intensité et on était deja trempé jusqu'aux os. Martin avait mentionné un refuge qui avait été installé quelque part près du sommet et qui était censé être ouvert mais il n'en était pas sur. De plus il. Ne se souvenait pas de son endroit exact avec l'épais brouillard qui régnait ici, on ne voyait pas a plus de 10 mètres. Il y avait toujours l'option de ma tente mais aucun terrain suffisamment plat a l'horizon et quand on en trouvait un, c'était toujours plein de boue ou trop humide. 
La nuit tombait et on marchait a la frontale quand un petit coin d'herbe est apparu près du sentier, sur une arête assez escarpée. Une grosse prise au vent et l'endroit n'était pas super sage mais au moins je pouvais y planter la tente sans risquer que l'on soit trempé pendant la nuit. Ce fut une galère sans nom a la monter avec le vent et la pluie et surtout que j'avais le bout des doigts congelés par le froid. On a réussi tant bien que mal a allumer le réchaud et a se faire chauffer un thé sous la tente avant de pouvoir se faire un bon repas chaud. Encore heureux que j'avais amené suffisamment de noddles pour 2 et qu'on avait géré l'eau correctement. 
Restait encore a trouver le sommeil et il ne s'agissait pas de la plus mince affaire. Martin était complètement ko a cause de l'altitude et moi je n'avais qu'un duvet a +15°c alors qu'il faisait clairement en dessous de zero. J'avais tout de meme prévu le coup en prenant double de vêtements pour dormir avec et une paire de grosses chaussettes sèches que j'avais gardée pour la nuit. 
On a dormi de la sorte tant bien que mal et finalement encore heureux que la tente était minuscule. Ca nous a permis de nous réchauffer mutuellement! On s'est levé de nuit vers 4h du mat pour finir l'ascension et essayer d'atteindre le sommet avant le lever du jour. La pluie s'était arrêtée mais malheureusement il y avait un épais brouillard au dessus de nos tete qui nous empêchait meme de distinguer le sommet. J'ai préféré attendre un petit peu plus bas et rester sous ces nuages pour profiter du spectacle, qui fut de toute beauté. On avait une mer de nuage au loin et des sommets de montagnes tout autour. 
Martin avait vraiment du mal a avancer et j'ai fini l'ascension tout seul. Il y avait quelques jeunes locaux du village d'en bas qui étaient également venus pour le lever de soleil. Je les ai doublés sur la dernière paroi et on s'est tous retrouvés en haut pour la seance photo. 
Apres quelques minutes passées au sommet, la chance sourit enfin et le vent aidant en dégageant les nuages, la vue m'apparue net tout d'un coup a 360°c: tout simplement merveilleux. Il ne faisait pas trop froid en plus au sommet et j'ai pu attendre l'arrivée de Martin qui réussit a en finir en ayant bien puisé dans ses reserves. 
La descente se passa a la cool et j'ai pu rejoindre le campement au sec et ranger la tente qui avait quasiment séché de cette folle nuit. 
Je me fis le reste de la descente avec les enfants du village qui munit de leur machette m'ouvraient le chemin. On se fit saucer une nouvelle fois sur la dernière heure avant d'arriver. Que ce fut bon de retrouver la mission et mon petit feu pour me réchauffer les membres.

Le lendemain, je repartais deja sur Kundiawa en compagnie de Martin. Ce dernier venait de recevoir une tonne de riz de la part du gouvernement coréen mais il devait s'occuper du transport a ses frais de Lae juqu'au village et il fit donc le retour avec moi. On a retraversé la vallée de Chimbu mais cette fois-ci j'étais bien placé a l'extérieur en haut du pick up et ai pu en prendre plein les yeux sur ces terrains montagneux si particuliers que forment les Highlands.
Je reprenais en suite un minibus pour rejoindre la ville de Mt Hagen d'où je m'étais booké un vol direction la cote et la ville de Wewak...

vendredi 4 novembre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 4: West New Britain


Les parties Est et Ouest de la Nouvelle Bretagne portent le même nom mais il s'agit bien de 2 provinces différentes et extrêmement difficile de rejoindre l'une par l'autre par la voie terrestre. J'ai atterri a Hopkins et il y avait près d'une heure de trajet pour rejoindre le spot de Walindi. Un chauffeur attendait une cliente pour l'y amener et j'ai tenté de rééditer le coup de Rabaul avec lui et ça a fonctionné. La nana etait une plongeuse américaine auditrice a Singapour et restait ici plonger une bonne semaine. Le resort de Walindi est super haut de gamme, tenu par un australien, c'est le seul endroit où il y a un centre de plongée. 

Le chauffeur m'a déposé a la guesthouse d'a cote où j'ai pu dormir pour pas cher et profiter des installations du resort. Je lui ai tout de même donné un petit billet au passage pour le remercier. 
Hormis le "Walindi Plantation Resort" et ma guesthouse, qui se trouve être dans les bureaux du centre de conservation locale, il n'y a pas vraiment d'autres constructions ici mais une dense forêt tropicale. D'ailleurs même le resort en est rempli. C'est le seul endroit de toute la PNG où j'ai trouvée une connexion internet et enfin pu charger 5go de videos sur le blog. Le manager en a eu marre de me voir squatter le wifi et a tenté de changer le mot de passe. Il faut dire qu'il avait aussi appris que le chauffeur m'avait déposé et il avait tenté de me charger avant que je n'ai une petite explication avec lui. Pas de chance pour lui, les guests du resort avec qui je plongeais me refilaient a chaque fois le nouveau mot de passe. 
La particularité des plongées ici sont les Sea Mounts, des espèces de montagnes sous marines recouvertes de coraux et avec une vie marine intense. Il y en a 3 connues et je voulais les faire toutes le même jour mais le centre de plongée n'en faisait qu'une par jour pour vous obliger a revenir 3 jours et donc faire 6 plongées! Du coup, j'en n'ai fait que 2 en 4 plongées. De belles plongées. Beaucoup de poissons mais jamais rien de très gros.
J'ai fait la rencontre d'un couple d'américains fans d'oiseaux et on s'est organisé une sortie avec le meilleur guide a oiseau du coin. C'était le jour de mon départ et on a commencé super tôt. On a vu plein d'oiseaux que je ne connaissais pas bien sur, dans les champs de oil palms mais eux étaient clairement plus au tacquet que moi.
J'avais négocié un ride avec un chauffeur pour qu'il me dépose jusqu'a l'aéroport et on est passé au distributeur de billets alors qu'il me restait encore pas mal de cash en poche mais je voulais être penard avant de partir dans la brousse dans les Highlands. J'étais un peu fatigué ce jour là et n'ai pas pris gare quand la machine a chaque fois que je rentrais mon code, elle me demandait combien je voulais, puis me redemandait mon code. J'ai fait ça 3 fois jusqu'a bloquer ma carte!! Avec ma 1ere carte expirée, et mon autre dont je ne me rappelais plus le code qui était soigneusement conservé dans l'iphone que j'ai perdu au Vanuatu, je ne pouvais tout simplement plus retirer de l'argent dans un distributeur. Le début des galères allait commencer...



mercredi 26 octobre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 3: New Ireland & New Hanover


La Nouvelle Irlande, ca avait l'air simple de la rejoindre par voies maritimes et terrestes. On m'avait parlé de 2h de traversée en bateau et 4h en voiture pour aller jusqu'a sa capitale Karvieng située tout au nord. Pour commencer, il a fallu attendre que le bateau se remplisse soit 3h d'attente. La mer était houleuse et on a pris cher dans le bateau. On devait se cacher sous des bâches pour essayer de rester un tant soit peu au sec. On a fait un arrêt sur une ile en milieu de parcours et en fait on attendait 3 autres bateaux pour faire la navigation ensemble au as où l'un d'entre nous ait un problème. On a bien du faire 5h de bateau. C'est là que j'ai revu mon pote que j'avais rencontré a la hot spring la veille au pied du volcan. Il était en fait chauffeur de pmv et c'est lui qui allait acheminer les passagers jusqu'à Karvieng. J'ai pu voyager en mode vip a l'avant de son 4x4 land cruiser mais on a du attendre une 2eme vague de bateaux, celle de l'après midi, avant de partir afin qu'il parte au complet. Du coup, quasi 3h de plus d'attente au port. On a fait la majorité de la route de nuit et ça a pris 7h pour rejoindre Karvieng qu'on a atteint de nuit vers minuit passé. Un sacré périple.

Je suis allé checker dans une auberge bien pourrie mais la moins chère de toute l'ile: 30 kinas la nuit en dortoir soit 8€, cadeau pour la PNG.
Le lendemain, je devais aller plonger mais vu que le centre ne faisait pas les spots qui m'intéressaient, j'ai préféré commencer par un nouveau périple sur New Hanover, qui se calait mieux au niveau des dates. En effet, il fallait attendre un jour de marché pour que les habitants de la Nouvelle Hanovre ne se pointe a Karvieng et reparte en fin de journée. J'ai dégoté un bateau en fin d'aprem de justesse, non sans mal après avoir galèré plus de 3h a attendre que les gens rentrent de leurs courses. 
La traversée fut agréable avec une eau plate pour une fois. On passait plein de petits ilots tous plus jolis les uns que les autres. On a longé l'île principale de New Hanover dans son magnifique lagon pour arriver enfin au resort que j'avais targetté en fin de journée juste avant la tombée de la nuit. L'endroit était super. Les bungalows simples mais décorés avec gout et la bouffe était inclus en pension complète pour 100 kinas la nuit: imbattable. La proprio super sympa et l'endroit respirait le calme et la sérénité. Bref un petit bonheur.
Je suis parti avec un guide faire un tour de l'ile a pied qui était ma foi étonnement fortement habitée alors qu'elle n'en donnait pas l'air quand on la longeait en bateau, on apercevait que les cocotiers et une dense foret verte en arrière plan. Au bout de l'ile, un magnifique lagon aux eaux cristallines. On a emprunté une petite pirogue locale et on a ramé jusqu'a un petit ilot de sable paradisiaque pour un bon moment de farniente, détente et snorkelling.
Une 2eme nuit passée ici et je filais deja pour revenir à Karvieng effectué mes plongées. J'avais booké une sortie pour 8h du mat mais on est tombé en rade d'essence un petit peu avant l'arrivée et on est arrivé a la bourre. Le bateau de plongée était sur le point de partir et j'ai juste eu le temps de passer d'une embarcation a l'autre.
On a fait une première plongée sur un joli mur corallien puis une seconde sur le site des blowholes où il y avait plein de petits tunnels avec des requins de récifs un peu partout. 
Le lendemain, de nouveau 2 tanks sur le spot le plus réputé de la Nouvelle Irlande: un passage qu'on ne peut faire qu'a marée basse, quand l'eau est encore claire où les courants sont super forts et qui plongent a plus de 80m pour se refermer comme un entonnoir entre 2 murs coralliens. Magnifique. Plein de requins. Pas de marteaux malheureusement. Et 2 jolies oceanic manta rays. J'étais de nouveau le plus expérimenté du groupe et l'instructeur m'a filé un crochet et une corde pour que je m'harnache au récif, là où le courant était le plus fort. Il ne restait plus qu'a rester là et a observer le spectacle des pélagiques qui passaient. Ca faisait comme une sensation de voler a la Superman d'être attaché de la sorte et porté par le courant. J'ai bien kiffé.
Lors de la 2eme plongée, on a gardé un peu d'air dans les bouteilles a la fin pour se faire une petite épave d'un zéro japonais coulé dans le lagon a une dizaine de mètres de fond. 
Le lendemain, j'avais arrangé mon planning au petit poil du cul et suis monté dans un avion direction la Nouvelle Bretagne mais de l'Ouest cette fois-ci...


samedi 22 octobre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 2: East New Britain




Dans l'avion de Bougainville a Kopopo, il n'y avait qu'un seul blanc, la cinquantaine passée, un air un peu austère, il etait clairement là pour affaire. Alors que je me renseignais a la sortie de l'aéroport sur comment je pouvais rejoindre la ville de Rabaul en transport en commun, ce dernier, Nick, est venu me voir et m'a proposé de m'y emmener alors que son 4x4 était déjà là dans le parking avec son chauffeur qui l'attendait. J'ai sauté sur l'occasion et on a fait plus d'une heure de route ensemble pour rejoindre la ville "fantôme" de Rabaul. Ville fantôme car elle fut dévastée en 1994 par l'éruption d'un double volcan qui a poussé comme une bulle dans une crêpe un jour. Les cendres ont recouvert la ville qui était la capitale de la province de West New Britain. Les gens se sont déplacés de l'autre côté de la baie pour former une ville nouvelle appelée Kopopo. Mais revenons a mon bon samaritain Nick qui m'a déposé dans une de ses usines qui construit des toitures en taule de fer ondulée. Il était simple salarié de cette société qui vivotait et le patron pensait a la fermer. Il a alors fait une offre, a repris la boite et l'a relancé a merveille. Aujourd'hui il a plus de 150 employés et des usines un peu partout dans cette partie de PNG. Malgré toute cette réussite, Nick était resté très simple d'accès et j'ai beaucoup apprécié le personnage. Il s'était remarié avec une locale et vivait de famille et de patron d'entreprise qui m'avait l'air tout a fait épanouie. Apres la visite de l'usine et de ses bureaux, il m'a mis en contact avec son bras droit, une australienne un peu dure qui avait monté une auberge a quelques encablures de Rabaul et qui tenait un centre de plongée. Le départ parfait quand vous arrivez dans un nouvel endroit inconnu.
La miss a fait venir une de ses employées de la guesthouse qui a fait le trajet avec moi jusqu'au site. On a tout de même mis une heure et demi a l'atteindre en transport en commun sur une route completement défoncée. Il y avait bien eu une subvention de plus d'un million de kinas (soit 300.000€) pour refaire la route et qui n'avait servi qu'a rénover un seul petit km, le reste de l'argent s'étant, comme souvent ici, volatilisé au passage. J'avais justement hésité a aller dans cette guesthouse dont le prix était assez abordable pour le pays, 250 kinas en pension complète, bien qu'un peu cher comparé a mes standards du moment. 
L'endroit était charmant et donnait sur une paisible baie où le snorkelling était magnifique. Les coraux était quasi a la surface et pas besoin d'être apneiste pour voir du poisson de près ici.
En revanche, les meilleurs sites de plongées etaient tous pres de Kopopo/Rabaul et dont j'ai préféré ne pas rester plus d'une nuit. Le soir au diner, j'ai fait la rencontre de chercheurs suisse qui étaient venus bosser avec les locaux dans un laboratoire ouvert où ils testaient des combinaisons de plantes sur des hectares de terre afin de voir lesquelles se mariaient le mieux entre elles pour pouvoir ensuite l'étendre a l'ensemble du pays.
La proprio m'a ramené sur Kopopo le lendemain dans son 4x4 ce qui m'a évité une galère en pmv et j'ai pu rejoindre a l'heure le centre de plongée où je m'étais booké un double tank dans l'hôtel le plus luxueux de la ville. C'était pourtant là que j'avais trouvé le prix des plongées les moins chères, quasi moitié prix par rapport a ses 2 autres concurrents et encore divisé par 2 quand au moment de payer, la nana de la réception s'est gourée et ne m'en a facturé qu'une seule.
Par contre, le planning des plongées n'a pas été respecté. Alors que je voulais absolument faire l'épave la plus réputée de la région, qui vacillait a près de 50/70m de fond juste en bord de cote, au moment où on s'est mis a l'eau, et pourtant in avait déjà fait plus de 45' en speedboat pour rejoindre le site, on a vu un énergumène torse nu un coupe coupe a la main hurlé dans notre direction et se précipiter a grandes enjambées vers notre embarcation. On a laissé le boatman gérer ça et on a commencé a nager avec tout notre attirail au départ du site mais le mec beuglait tellement et devenait de plus en plus menaçant que mon dive master a préféré retourner au bateau pour essayer de parlementer. Mon dive master a assuré le gars qu'on avait bien payé le droit d'entrée mais il s'est avéré qu'il y avait un conflit latent entre 2 communautés qui se disputaient l'appartenance du reef où l'épave était située. L'une disait que c'était sur sa parcelle et l'autre sur la sienne. A priori l'épave était entre les 2. Or, il y a plusieurs jours de cela, un groupe de 7 plongeurs était venu ici et le mec en question n'avait toujours pas touché le droit d'entrée pour ces personnes et déclarait qu'il ne laisserait plus personne plonger ici tant qu'on ne lui aurait pas payé son due. Ca devait faire une semaine entière qu'il était planté là sur son bout de falaise a attendre qu'un bateau de plongeurs ne s'y arrête! Ce sont les explications que m'a donné le dive master après traduction mais je soupçonne qu'il ne m'ait pas tout dit et qu'il y avait autre chose de sous-jacent car je ne l'ai pas trouvé plus étonné que ça et j'avais également essuyé un refus d'un autre centre de plongée pour aller sur cette épave.
Dommage pour moi, on est reparti sans plonger ici et on s'est rabattu sur une épave de moindre envergure plus proche de Kopopo sur une petite ile où l'on a également fait une seconde plongée dérivante le long d'un beau mur de coraux. 
Apres la plongée et avoir bien profité du resto et de la magnifique terrasse de l'hôtel de luxe qui surplombait la baie, je suis retourné sur Kopopo, non sans m'être arrêté faire une petite visite en chemin des tunnels que les japonais avaient fait creuser pendant la seconde guerre mondiale et qui servaient de véritable base armée souterraine. Il y avait une énorme grotte qui avait été creusée pour stocker jusqu'a 6 bateaux afin de les cacher des vols de reconnaissance américains. Egalement un hôpital qui contenait des dizaines de pièces sur plusieurs niveaux. Impressionnant.
L'hotel que je me suis trouvé a Rabaul était d'une autre envergure. Il ressemblait plus a l'austère hôpital que je venais de visiter qu'au resort de luxe de Kopopo.
Le lendemain, je suis parti faire la montée du volcan qui était la cause du ravage de Rabaul. Il a tout d'abord fallu traverser la vieille ville dont on peut encore voir a certains endroits une épaisseur de cendre assez impressionnante. Puis pour rejoindre le volcan, il y a une longue route de près de 10kms qui longe la baie. Il y avait un resort qui proposait les services d'un véhicule pour s'y faute déposer mais je trouvais les prix abusés et ai décidé de tenter la chance a pied. J'avais a peine démarré et alors qu'il s'agit d'une route très peu fréquentée, qu'un camion poubelle est passé par là et m'a pris en auto-stop. Ils n'allaient pas forcement dans cette direction mais ils m'ont tout de même déposé juste au départ du trek. Il y avait quelques locaux qui vendaient des bricoles dans des petites huttes mais sinon c'était le désert, aride et extrêmement chaud. Il fallait s'acquitter d'un droit de passage obligatoire pour traverser une source d'eau chaude (5 kinas soit quasi rien) et les locaux insistaient pour que je prenne un guide pour la montée, me disant qu'il y avait déjà eu des morts qui avaient glissé a l'intérieur du cratère ou qui s'étaient perdus en chemin. Pourtant ça n'avait pas l'air loin et je pouvais voit un chemin qui montait jusqu'au sommet. Je savais que c'était tout de même assez dangereux et me voyant hésitant, ils sont sortis leur argument massue: des raskals armés pouvaient surgir dans le coin et que je pouvais me faire dépouiller. Ca a eu tout l'effet inverse escompté! Généralement quand un mec me dit ça, c'est souvent que c'est lui le raskal et alors je suis en méfiance maximum vis a vis de lui. Du coup, j'ai décliné l'offre et ai démarré par la visite de la hot spring. Ils sont revenus a la charge pour me vendre d'énormes oeufs de megapodes qu'ils trouvent en creusant profondément dans le sable volcanique. J'en ai gouté un et effectivement ça calait bien! Une voiture rouge est arrivée avec un local qui venait visiter le coin. J'ai tapé la discute avec lui 5' et quand je lui ai dit mon prochain itinéraire, il m'a dit qu'on serait surement amené a se revoir très bientôt. Je n'ai pas relevé et suis parti me faire l'ascension. Lui, avait peur de tomber et n'a pas osé s'approcher plus près. 
Il est vrai que sans une seule partie ombragée de tout le parcours, il y avait de quoi fondre littéralement au soleil. J'ai mis 40' a arriver au sommet qui fumait encore avec des parties jaunes fluo typique du soufre. Il y avait une magnifique vue sur la baie et Rabaul. Il n'était pas compliqué d'imaginer ce nuage de cendre dévastant tout sur son passage. 
J'ai entamé le retour a pied et ai pu avoir un ride a la 1ere voiture qui passa et s'arrêta, soit au bout d'une heure en plein caniar sans compter l'aller/retour de la montée. Je commençais a compter car je savais que la journée allait être longue. En effet, j'avais prévu d'économiser une nuit d'hôtel et d'aller dormir au sommet de la plus haute montagne de la baie, réputée pour sa magnifique vue sur toute la région. Le truc, c'est que j'ai démarré un peu tard de l'hôtel et aurais du prendre un peu plus de marge. En effet, j'ai poireauté pendant plus d'une heure a l'arrêt de bus que le bon pmv se pointe pour me déposer au départ du trek mais les locaux qui étaient là me disaient tous qu'il n'y avait plus ce pmv a cette heure là et que dormir au sommet sans guide, c'était super dangereux, qu'il y avait plein de raskals, qu'un touriste était mort il y a quelques mois en tombant dans une crevasse invisible a l'oeil car recouverte par de la végétation, etc. Je n'en eu cure mais commençais tout de même a m'inquiéter de l'heure. Il ne restait plus qu'une heure et demi avant la tombée de la nuit et la montée était annoncée entre 1 a 3 heures. J'avais déjà préparé tout mon bardas et quitté ma chambre d'hôtel. Je ne me sentais pas de faire machine arrière. J'ai pris un autre pmv qui ne me déposait pas tout a fait a l'endroit prévu et j'espérais marcher et me demerder sur place. Les locaux qui attendaient avec moi ont expliqué la situation au chauffeur qui m'a pris en pitié et m'a proposé de m'avancer un peu. Il est monté le long de la route qui allait au départ du trek et m'a lâché a un carrefour où il y avait un local avec sa femme et ses 2 enfants en bas âge au bord de la route. Le chauffeur lui a expliqué la situation en lui demandant de me guider. Le mec a dit ok et alors que le chauffeur partait, il m'a dit que le tarif était de 50 kinas et incluait le droit d'entrée. C'était le tarif qu'on m'avait donné pour une excursion complète au départ de Rabaul mais vu que je voulais dormir au sommet, je lui ai répondu qu'il devait juste me donner le chemin a prendre. Il m'a dit "c'est 50 kinas pour les indications, sinon tu peux essayer de trouver quelqu'un d'autre si tu continues sur la route principale". C'est ce que j'ai fait mais au bout d'a peine 2', j'ai réalisé qu'il n'y avait personne dans le coin et qu'il restait a peine 30' avant que la nuit ne tombe. J'étais coincé. J'ai fait demi tour et lui ai dit qu'il m'accompagne a la moitié du chemin jusqu'a que je sois sur de ne plus me perdre et qu'il pouvait alors faire demi tour vu que de mon cote, j'avais prévu de dormir au sommet. Il a accepté moyennement un prix de 30 kinas tout de même le bougre. 
On est parti a toute vitesse dans les fourrées et il m'a fait prendre des petits raccourcis de malade pendant 10 bonnes minutes que je n'aurais effectivement jamais trouvé seul avant que l'on ne débouche sur un passage un peu plus large. De là, il m'a dit "c'est facile. Il suffit d'aller toujours tout droit. A un moment, tu auras un embranchement, tu prends a droite et ensuite c'est tout droit jusqu'au sommet", puis il est parti. Bon, c'était un peu cher payé pour 10' de marche mais après tout, si c'était tout droit, ça ne me dérangeait pas de marcher seul au contraire.
J'ai vu un 1er embranchement et ai pris a droite puis ça continuait pendant un moment et un second embranchement, j'ai pris de nouveau a droite et encore un autre embranchement puis un autre. C'était truffé de petits chemins car il y avait des plantations de copra de partout. Le guide me l'avait mise bien profond l'enfoiré! La nuit tombait et j'ai pu continuer comme ça pendant une bon'e grosse demi heure avant qu'il ne fasse nuit noire complètement. Le sommet n'était pas loin a vol d'oiseau mais impossible de se repérer dans cette dense foret. J'étais en galère et il me fallait au moins me trouver un coin suffisamment plat et dégagé pour poser ma tente et ce avant que je ne tombe dans une crevasse.
J'ai fini a la lampe torche mais ca n'aidait pas vraiment dans cette configuration. J'ai aperçu une colline dont le sommet et ai réussi a la rejoindre sans encombre. La lune m'avait bien aidé et j'ai pu y poser ma tente, me faire ma petite popote et même apercevoir le vrai sommet qui lui était définitivement inatteignable aujourd'hui. J'avais tout de même une  belle vue sur Rabaul et Kokopo éclairées et ai passé une bonne nuit. 
Le lendemain, j'ai réessayé de trouver le bon tracé en rebroussant chemin mais impossible de le trouver. Je me suis perdu de nouveau et ai atterri dans un village de l'autre cote de la péninsule, pas trop loin de là où il y avait l'épave. Je suis tombé sur une première hutte où le papa d'une famille m'a ramené jusqu'a un carrefour, après un bon 3/4h de marche d'où j'ai pu hitchhiker pour revenir sur Rabaul. Sacré expérience tout de même qui me servira de leçon pour plus tard ici en Papouasie: ne pas sous-estimer la foret et prendre un guide même si ça a l'air facile et faisable seul!
J'ai rejoint Kopopo en pmv et ai attendu, très patiemment, soit bien 3h, avant de pouvoir monter dans le 1er bateau qui s'était enfin rempli pour faire une traversée de 3h afin de rejoindre ma prochaine destination et province de PNG: la Nouvelle Irlande.



jeudi 20 octobre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 1: Bougainville


Bougainville est l'ile la plus polémique de toute la PNG. Une énorme mine de cuivre a été découverte une cinquantaine d'années plus tôt et pendant des décennies, elle a couvert plus de la moitié du PNB du pays. En revanche, les retombées économiques et financières étaient quasi nulles pour les locaux alors que les problèmes environnementaux eux étaient bien présents. Le PNG est un des pays les plus corrompus du monde et l'argent se volatilise souvent mystérieusement. Les locaux en ont eu ras le bol a un moment et on commençait a bloquer l'accès a la mine. L'armée est intervenue et c'en est suivi une guerre civile pour l'indépendance de Bougainville. Les locaux ont fait sauter les accès a la mine plusieurs fois et coupé l'électricité tant et si bien que la mine fut fermée et un référendum pour l'indépendance acté pour l'année 2019. L'endroit est réputé assez dangereux et beaucoup d'armes circulent ici. Les habitants du Shortland, pourtant cousins avec les bougainvilliens, se sont même plaint de raids organisés par des "raskals", des bandits de grand chemin, en bateau qui venaient dépouiller les maisons des iles environnantes. Pas cool quand on sait que les habitants du Shortland ont beaucoup aidé les Bougainvilliers a se cacher quand l'armée du PNG les poursuivaient. Quasi tous les hommes sont habillés en treillis militaire ici et la peau des Bougainvilliens est la plus foncée de tout le PNG.

Je n'avais pas beaucoup de sous en poche et la première banque était a 5h en voiture d'ici. J'ai évité les policiers de Bruin qui pouvaient me refouler s'ils voyaient que j'étais rentré sans visa et ai réussi a me dégoter un ride en 4x4 avec Peter un chauffeur de pmv (public motorized véhicule) jusqu'a Buka, tout au nord de Bougainville, là où se situe l'aéroport. Peter aurait bien aimé embarquer plus de gens mais pas preneur, il ne m'a pas trop fait attendre et on est parti au bout d'une petite heure. La route etait assez pourrie mais on a rejoint le centre de ville pour midi où l'on a fait une pause dejeuner. J'en ai profité pour faire la queue aux distributeurs de billets de la BSP, la 1ere banque du pays. Il y avait près de 30 personnes avant moi et j'ai attendu une heure et demi en plein caniar avant sur ce soit mon tour. Les locaux avaient toujours 4 a 5 cartes dans leurs poches et retiraient pour tous leurs amis/famille.  Et quasi tout le temps, ils prenaient une somme de 50 kinas, soit l'équivalent de 14€! Moi je suis arrivé et ai retiré 2000 d'un coup. Sans le savoir, ça allait être la dernière fois que j'en aurais l'occasion de le faire de tout le séjour.
Peter m'avait laissé aux distributeurs en me disant qu'il allait trouver un coin où pisser et était parti en voiture. J'avais laissé mon backpack dedans et au bout d'une heure alors qu'il n'était toujours pas revenu, j'ai commencé a me dire que j'avais peut être été un peu trop confiant avec lui. Pourtant, il m'avait semblé honnête et cool. Le commissariat de police était juste a cote de la banque et j'en ai profité pour demander a voir un officier de l'immigration pour qu'il me tamponne mon passeport. Une jeune femme est arrivée, au nom de Brigitte, et m'a tamponné mon passeport en me disant que j'étais "clear". Passé comme une lettre a la poste: nickel!
Je lui ai parlé de mon chauffeur qui avait disparu et en le décrivant, elle l'a reconnu et m'a répondu: "pas de problème, c'est mon cousin! Il va revenir". Et effectivement quelques minutes plus tard, il est réapparu. 
J'ai négocié avec lui un petit tour de la mine afin de voir a quoi ressemblait le centre de tout ce conflit. On parlait du plus grand pit du monde a l'époque. On n'a pas pu s'en approcher jusqu'au bout car la rote était fermée par des barricades mais j'ai pu apercevoir le pit qui n'était tout de même pas aussi impressionnant que celui de Kalgoorie Boulder en Australie.
On est arrivé en fin de soirée a Buka alors que Peter avait bien bu. Il avait commencé a la bière et avait continué au whisky. Il avait l'air de savoir ce qu'il faisait et quand je lui ai demandé ce qui se passait si les policiers le contrôlaient, il m'a tout simplement répondu "je leurs offrirai a boire avec moi et ils seront ravis!". CQFD.
J'ai vraiment eu la chance de tomber sur lui. Il ne m'a fait payer qu'une place alors qu'on a traversé toute l'ile seulement a 2, juste parce qu'ils devaient chercher des clients a Buka le lendemain. La traversée de Bougainville n'avait rien d'incroyable. L'ile était clairement verte, remplie de jungle et pas développée du tout mais je n'avais pas prévu d'y passer plus de temps et j'ai pris le premier vol le lendemain matin pour la province de New Britain et son ancienne capitale maudite: Rabaul.


mardi 18 octobre 2016

TDM6 E11 201605 Solomon Islands Part 6: Shortland


Peut etre un des endroits les moins touristes de tout Solomon, c'est vous dire. Il y avait pourtant une blanche dans l'avion. Elle bossait en tant que volontaire dans une ONG pour expliquer ce qu'était la maltraitance des femmes au foyer. A priori, les locales n'en avaient pas la moindre idée et les femmes étaient souvent maltraitées par leur mari ou famille sans même savoir que c'était de la maltraitance. C'est bien que je l'ai rencontré car ils m'ont donné une place dans leur embarcation qui allait jusqu'au village principal des Shortland. Il faut savoir que l'aéroport est situé sur une ile où il n'y a que lui et que le premier point de chute est situé a une demi heure en bateau. J'ai finalement dormi dans la même auberge qu'eux tenue pr des bonnes soeurs. 

J'ai également fait la rencontre de 2 policiers recruteurs super sympas qui tournaient partout dans les Solomons pour faire passer des tests aux locaux qui voulaient devenir policiers. Ils m'ont même préparé un coconut crabe pour mon dernier soir, sorte de mix entre une langouste et un king crab: délicieux!
Toute l'île était super croyante et ils allaient recevoir d'ici quelques jours une porte sainte que tout le monde vénérait ici. Il n'y avait que 10 bornes a traverser pour rejoindre le sud de Bougainville mais j'ai du attendre 2 jours qu'il y ait le marché a Bruin, la ville la plus au sud de Bougainville, pour trouver une embarcation qui y aille. Et encore j'ai eu de la chance. Le jour du marché coïncidait avec l'arrivée de la porte sacrée et quasi tous les bateaux avaient annulé leur départ, sauf un que j'ai réussi a me dégoter.
De bon matin, je quittais enfin les Solomons pour démarrer un des pays phares de ce sixième tour: la Papouasie Nouvelle Guinée.

lien vers la vidéo Shortland


lundi 17 octobre 2016

TDM6 E11 201605 Solomon Islands Part 5: Guizo

Encore un spot réputé pour ses fonds marins et toujours pas de concurrence au niveau des centres de plongées. Il n'y en avait qu'un tenu par un australien qui avait été le tout premier a plonger ici. Il avait même monté le centre de plongée de Maruva qu'il avait revendu par la suite il y a de ça quelques années. Il voulait céder celui-ci aussi et partir a la retraite mais ne trouvait pas preneur pour le moment.

On s'est fait 2 plongées sympas dans une eau cristalline, avec pour commencer la Central Station, la plongée la plus reputée des Solomons où la concentration d'espèces de poissons est la 2eme plus élevée au monde, seulement battue par Raja Ampat en Indonésie. 
La 2eme plongée fut une jolie épave posée a 40m de fond. Vu qu'il y avait 2 autres plongeurs moins avancés que moi, le dive master m'a laissé gérer mes plongées seul et j'ai pu me faire plaisir a découvrir par moi-même les spots.
Le soir, on est allé boire un verre au bar du coin et il y avait une soirée spéciale karaoke où les locales, que des femmes, par groupe de 3, chantaient une chanson qu'elles avaient composé pour la fête des mères. Pas incroyable vocalement parlant mais rigolo a voir. L'endroit s'est ensuite transformé en dancefloor et c'est là que les choses ont dégénéré. Des nanas saouls ont commencé a en venir au moment et j'ai préféré filer me coucher plutôt que de continuer a voir un tel spectacle affligeant.
J'ai fait une seconde journée en plongée bouteille avec des drifts dive et quelques mantas raies mais ne voulais pas m'en refarcir une troisième. J'avais négocié une place dans le bateau de plongeurs pour faire du free dive. Le proprio du bateau m'a prêté une corde de 50m, des poids et une bouée et j'ai pu installer mon attirail près d'un mur de plus de 50m. Vu que j'étais tout seul, je n'ai pas trop poussé la machine mais n'ai pas trop perdu quand même avec une plongée a 39m en 2'22. Il faudra vraiment que je pense a me faire une vraie session encadrée pour voir jusqu'où je suis capable d'aller.
J'ai fait la rencontre d'un couple de tour du mondiste allemand qui faisait le chemin inverse au mien. Ils venaient de traverser la frontière en passant par bateau de Papouasie Nouvelle Guinée, Bougainville plus exactement, a la province de Shortland aux Solomons. Je me suis dit que j'allais faire pareil dans l'autre sens ce qui m'évitait un long et couteux détour par Honiara et Port Moresby. Le seul problème que je n'avais pas fait de demande de visa du PNG qu'on est censé faire au préalable a Honiara. J'ai essayé de joindre le consulat par téléphone mais ils ne répondaient jamais. Du coup, je me suis dit tantpis, je tente le coup quand même et on verra bien si ça passe ou non. Je suis allé voir ie bureau d'immigration a Guizo qui m'a imposé un tampon de sortie du territoire et ai pris un vol pour le Shortland situé a une petite encablure de Bougainville.

lien vers la vidéo Gizo



vendredi 7 octobre 2016

TDM6 E11 201605 Solomon Islands Part 4: volcan of Kolombangara


Un bon plan galere que m'avait donné 2 galériens mais je ne l'ai pas vu arriver. Je suis arrivé au port de l'ile de Kolombangara et de là, il a fallu attendre plus d'une heure qu'un camion ne passe pour nous déposer a la place du marché. Il y avait une compagnie de coupe de bois qui était détenue a moitié par des investisseurs étrangers d'Indonésie et a moitié par le gouvernement. Pas d'histoire de kastoms ici. La compagnie contrôlait toute l'ile et quasi tout le monde bossait pour elle. C'est également par elle qu'il fallait passer pour la visite du volcan. Ils m'ont annoncé les prix du transport et du guide pour l'excursion et ça m'a pas mal refroidi. Le boss m'a dit qu'il y avait un couple qui arrivait dans l'après midi pour monter et je savais déjà qui c'était. Bien que je n'avais ps particulièrement envie de me balader avec eux, les utiliser pour faire baisser les prix me paraissait une bonne idée même si ça me faisait perdre une journée.

Ils ne sont arrivés qu'en fin d'après-midi et on a mis une bonne heure a monter jusqu'au refuge. Il ne restait qu'une heure et demi avant la tolbée de la nuit et les locaux voulaient absolument nous faire dormir ici. On s'est pourtant tous mis d'accord pour démarrer le trek bien que le 1er camp de base était annoncé a 3h de là. Le guide a mis le turbo et on y est arrivé juste avant la nuit. Le temps que le guide ne tonde l'herbe avec son coupe coupe pour qu'on puisse monter nos tentes et on a pu passer une nuit au sec. Le couple était toujours aussi imbuvable et j'ai préféré continuer seul de bon matin l'ascension. Il y avait 2 pics mais le guide n'était pas suffisamment clair pour que l'on sache combien de temps ça prenait. Ca montait raide et je n'appréciais pas trop ce genre d'environnement en rain forest montante. C'est super casse gueule, epuisant, on sue comme des porcs et on n'a quasi jamais de vu. Je suis arrivé au premier sommet juste avant qu'il le se couvre de nuages. J'ai quand même pu apprécier la vue. Le guide nous avait dit que le second sommet, le plus haut point de l'ile, n'avait pas de point de vue dégagé particulier et j'ai préféré prendre le chemin du retour. J'ai croisé mes amis australiens qui ont préféré continuer passer une nuit en haut malgré mes conseils. Je suis arrivé au refuge et ai fait appeler un 4x4. J'ai attendu plus de 2h avant que les australiens finalement ne me rejoignent avec le guide. Ils avaient changé d'avis vu le temps et avaient également fait demi tour. Le 4x4 est enfin arrivé et on a pu rejoindre le port non sans une petite embrouille sur le montant a payer, ces derniers voulant qu'on divise la note par 2 et non par 3 alors qu'eux étaient deux. Pas étonné venant de leurs parts.
J'ai rencontré un local au port qui m'a conseillé de dormir dans son resort sur la pointe de l'ile que j'ai pu rejoindre juste avant la tombée de la nuit avec une embarcation qu'il m'avait affrétée. L'endroit était charmant et j'ai pu assister de loin a un tribunal tribal. Les anciens s'étaient réunis piur régler un conflit de terres entre 2 clans, un classique ici.
Le lendemain matin, ils m'avaient réservé une place dans un long boat qui est passé me chercher juste devant mon bungalow en direction de Guizo.

lien vers la vidéo Kolombangara