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jeudi 22 mai 2014

Tdm4 E05 201404 Togo Part 3: retour au Togo/Ghana avec visite de l'Orphelinat d'Ahepe

Je voulais redescendre pres de la cote par une route plus a l'ouest et essayer de dormir sur le site de Possotomé, pres d'un lac. J'eus le droit tout d'abord a 50' de taxi moto en direction de l'ouest pour atteindre une gare routiere où un taxi brousse pouvait m'emmener a destination. Sur la route, je vis un panneau "frontiere Togo 30km". Je me dis alors que je pouvais switcher la visite du lac par celle de l'orphelinat des volontaires belges que j'avais rencontrées a Lomé. Ils m'avaient dit qu'ils etaient tout proche de la frontiere mais j'ignorais où. J'envoya un sms a l'un d'eux avec ma puce ghanéenne. Zoé me repondit en me disant que l'orphelinat etait proche de Tabligbo et que je pouvais passer mais qu'elle ne connaissait pas Abomey et ne pouvait me dire si j'etais loin ou non. J'essaya de lui envoyer un second sms mais plus d'unité sur ma puce ghanéenne...je demanda aux autres passagers de mon taxi brousse qui me dire que c'etait a quelques kms de la frontiere avec Lomé. Je changea donc mes plans et rejoignis la frontiere au niveau de Lomé que j'atteignis vers 21h. Le temps de passer la douane, de payer un nouveau visa togolais (et oui, je n'avais pris qu'une entrée simple pour 80€ de Paris alors que là, a la frontiere terrestre, j'ai payé seulement 15€ pour un multi entrées!). Je reussis a trouver quelqu'un qui me preta son telephone (avec unités!) pour joindre Zoé. Cette derniere me dit qu'ils habitaient dans le village d'Ahepe non loin de Tabligbo. Les mecs a la frontiere me dirent que ca faisait 30km pour Tabligbo et 15 de plus pour Ahepe. Ca avait l'air jouable mais ils me deconseillerent tous de le faire vu qu'il faisait nuit et que la route etait "gatée". Je n'avais pas beaucoup de jours devant moi et je decida de tenter le coup avec un moto taxi qui me garantit qu'on serait a Tabligbo en 1h, qu'il avait une bonne moto et qu'il avait des credits pour que je puisse appeler Zoé une fois sur place a Ahepe, le tout pour 4500frf (7,5€) tout de meme. Je dis OK et partis a 22h d'Aneho, la frontiere togolaise. Mais a peine quelques dizaines de metres qu'il m'annonca qu'il fallait qu'il passe chez lui pour qu'il prenne un manteau en cas de pluie. Puis 50m plus tard, il me dit qu'il devait gonfler sa roue avant qui avait l'air un peu a plat. La route n'etait effectivement pas bonne et au bout d'une heure de route, on avait fait a peine la moitié du trajet pour Tagbebo et il me dit alors que sa roue avant etait de nouveau a plat et qu'il fallait changer la chambre a air! On s'arreta au village suivant et on reussit a reveiller un petit garagiste qui nous changea la roue en une petite 1/2h. Il était minuit passé et quand j'ai voulu appeler les filles pour leurs dire que je serai a la bourre, mon chauffeur n'avait bien sur pas de crédit sur son téléphone. On du négocier avec les jeunes du quartier de Tagbebo pour pouvoir appeler et avoir les dernières indications pour trouver l'endroit. Encore heureux que les filles étaient réveillées et qu'elles nous attendaient au bord de la route car sinon impossible de trouver, surtout a 2h du matin! Il m'a fallu enjamber les enfants qui étaient pour une bonne partie entassés dans une des chambres avant de pouvoir installer mon tapis de sol dans la chambre des filles. Il faut dire que ce projet d'orphelinat a pris naissance il y a a peine un an et qu'il n'est pas encore abouti. Le fils ainé du proprio de la maison a voulu aider les enfants de la rue de son village, pour la plupart sans parents et abandonnés par le reste de leur famille. Chloé, l'une des belges volontaires pour ce projet en est depuis le début et elle m'a expliqué que la sélection de ces derniers avaient été très difficiles, les capacités d'accueil n'étant pas illimitées. Ils ont pu choisir 14 enfants, âgés de 3 a 14 ans. L'orphelinat étant en cours de construction, les enfants sont hébergés dans des familles locales d'accueil en attendant. Ils se retrouvent tous après les cours chez le proprio où résident les volontaires bénévoles qui leurs donnent un soutien scolaire et affectif. L'orphelinat est financé exclusivement par le fils du proprio, qui malgré la 20aine a peine passé, se tue littéralement a la tache pour joindre les 2 bouts. Il a pris 3 boulots en même temps a Lomé et tous ses sous y passent. Quand je suis arrivé ici, je n'ai malheureusement pas pu le rencontrer, ce dernier ayant attrapé la typhoïde doublée de la malaria: un vrai burn out! 
J'ai appris qu'il y avait de nombreux volontaires bénévoles qui devaient carrément payer pour pouvoir rester sur des projets d'ONG, parfois jusqu'a 500€/mois pour couvrir leurs frais de logement et de nourriture: une vraie arnaque aux bénévoles!
Le lendemain matin, j'ai fait la connaissance du gérant de l'orphelinat et on est allé faire un tour dans le village. Les gens vivaient dans des conditions très dures mais étaient tous avenants et d'une grande gentillesse. 
Je suis allé visiter l'emplacement où ils avaient prévu de construire l'orphelinat avec Max, le 3eme volontaire. Il s'agit d'un terrain de 600m2 qu'ils venaient a peine de défraîchir au milieu d'une foret de teck. Une route goudronnée etait prévu pas loin mais pour l'instant le site était au beau milieu de la cambrousse sans eau ni électricité. Trois volontaires français dont un spécialisé dans la maçonnerie étaient censés venir cet été pour démarrer le chantier. Mais ce dernier s'annonçait difficile car les fonds prévus pour la construction étaient limités aux seuls apports du fils du proprio!
Un voisin nous a invité a boire du vin de palme de sa propre production ainsi que de l'alcool de palme, préalablement fermenté et donc plus fort. J'ai ensuite rencontré les enfants qui rentraient de l'école. Ils se sont présentés un a un puis ils se sont réunis pour me chanter une petite chanson qu'ils avaient préparée a l'occasion d'un concours. Ca m'a beaucoup ému de voir tous ces enfants de la rue si soudés les uns envers les autres et j'en ai été de ma petite larme! On est allé se promener dans l'apres midi avec les enfants jusqu'a leur potager. Le proprio a un grand terrain où il fait pousser du manioc ainsi que des manguiers. On ne s'est pas privé d'en ramasser une grande quantité pour le repas de fête de ce soir. En effet, on allait fêter le départ de Zoé et Charlene qui après respectivement 7 et 3 mois chacune de présence ici, repartaient pour la Belgique. On a eu la chance de tomber en pleine période de production du vin de palme. Le principe est assez simple. Ils coupent les palmiers et laissent le tronc allongé sur le sol. Puis ils font une entaille dans celui-ci pour recueillir tout la sève de l'arbre. Ils mettent le feu dans l'entaille et se servent de grande canne de bambou pour attiser les flammes avant de refermer le tout et de laisser un bidon qui se remplit alors tout seul. Cette technique produit environ 2L de vin de palme par jour et par arbre et peut durer 40 jours, soit 80L par arbre environ, sachant que le litre d'alcool de palme s'achète ici a peine 1€ le litre après l'avoir fait fermenter puis distiller 2 fois.
De retour a la maison, j'ai donné un "mini" coup de main a la préparation du fufu. Quel travail cela demande pour piler le manioc afin d'en faire une pâte. Je comprend mieux pourquoi les filles les plus âgées de l'orphelinat sont si sculptées au niveau de leur musculature. Les filles sont allées saluer les "notables" du village pour leur départ, a savoir le directeur de l'école primaire et celui du lycée ainsi que le chef du village. On ne peut pas dire qu'ils étaient très actifs et j'ai senti un grand immobilisme de leurs parts. On a discuté de la grève des enseignants qui avaient eu lieu il y a quelques semaines dans le lycée avec le directeur. Ils se plaignaient d'être sous payés mais a priori, leur mouvement de grève n'a eu aucun effet si ce n'est de ne pas avoir eu de cours pendant ces jours-ci. Oe chef du village nous a reçu dans la cour de chez lui d'une maniere plutôt assez formelle. On était assis a l'opposé de lui a près de 5m de distance et il fallait presque lui faire la courbette avant de prendre la parole. J'ai essayé de le motiver en lui parlant du projet de l'orphelinat et d'un éventuel jumelage qu'il pouvait faire avec des villes européennes pour pouvoir augmenter les échanges et peut être les dons. Mais a priori, les filles m'ont dit que c'était comme de pisser dans un violon et qu'ils n'avaient jamais reçu la moindre aide de sa part.
On est allé tous boire un verre au bar du village et on sentait une grande détresse de la part des enfants a cause du départ des filles. C'était pour eux comme revivre un second abandon. Elles ont essayé de garder le sourire et la fête s'est tout de même bien déroulée. Les enfants ont chacun eu le droit a un soda puis ils ont dansé comme des fous sur de la musique au gout du moment, de la gweta et de l'azonto qui se dansent de manière très hachurée sur un rythme endiablé. On est rentré vers minuit après 40' de marche dans le noir pour rejoindre la maison du centre du village.
Le lendemain matin, j'ai regardé un peu ce qu'apprenaient les enfants a l'école primaire mais le rythme scolaire n'avait pas l'air très soutenu et les manuels utilisés dataient de plus de 15ans pour certains.
Je suis retourné sur Lomé en taxi brousse en compagnie de Max qui devait se faire soigner a l'hôpital pour une infection. Il y avait de gros embouteillages dans le centre ville de Lomé causés par une manif qui avait l'air assez violente. Les forces de police quadrillaient un quartier et il y avait des fumigènes un peu partout. Mais je n'ai malheureusement pas réussi a savoir les revendications des manifestants. Je me suis pointé a la frontière avec le Ghana, situé a 1km du centre ville et ai pris un taxi brousse pour retourner a Accra où j'avais projeté de prendre l'avion afin de rallier la Namibie. Le taxi brousse a bien mis 5h pour arriver a destination a cause des bouchons. J'avais projeté de rejoindre Kewtar qui m'avait proposé de m'héberger a Accra. Cette dernière n'avait pas encore de téléphone locale et je ne pouvais pas l'appeler avec ma sim ghanéenne. Elle m'avait tout de même donné de bonnes indications assez précises de l'endroit où elle habitait. Je me suis d'abord arrêté a l'aéroport pour essayer de booker mon vol pour le lendemain. On était samedi et l'agence de l'aéroport était censée n'être ouverte qu'aujourd'hui et pas dimanche. Mais j'ai trouvé un rideau de fer avec une simple feuille de papier dessus indiquant que l'agence etait exceptionnellement fermée le samedi et qu'elle n'ouvrait que lors des jours de vol! J'ai pris 2 mini taxi brousse pour rejoindre le quartier d'OSU puis un taxi privé pour qu'il me dépose devant chez Kewtar mais ce dernier n'a pas réussi a trouver l'adresse exacte et après avoir cherché pendant 5', il m'a laissé a l'église méthodique du quartier, censée être juste a cote de son appart. De là, j'ai zoné dans le coin pendant près d'une heure et demi avec mes 2 sacs. J'ai été aidé par quasi tout le quartier mais impossible de trouver l'endroit et la nuit était tombée depuis un moment maintenant. Kewtar a fini par m'appeler avec le portable d'un de ses collègues et j'ai pu visiter leurs bureaux. Les 2 associés, des californiens, avaient monté un incubateur de start up et travaillaient aussi sur un projet d'université en ligne afin de pouvoir offrir un enseignement post bac aux étudiants n'ayant pas les moyens de se payer la fac et/ou de se déplacer. Le principe avait l'air porteur mais les 2 associés n'étaient pas de bons financiers et le rôle de Kewtar était de remettre de l'ordre dans leurs comptes et de mieux suivre leur budget et surtout leur trésorerie qui était une catastrophe. 
On s'est fait un resto un peu lounge dans le quartier d'OSU avec un DJ qui passait de l'electro reggae, puis on est sorti dans un maquis local qui faisait office de bar dansant. On s'est terminé dans une boite très locale située tout près de l'appart pour finir vers 3/4h du mat.
Le lendemain, je suis retourné sur la plage de Labadie avec Kewtar. On y a bien lézardé avant que je ne retourne a l'aéroport vers 17h mais l'agence d'Air Namibia n'était toujours pas ouverte! Le vol ne partant qu'a 23h, j'ai eu le temps de retourner prendre mes affaires  chez Kewtar puis je suis retourné une dernière fois a l'aéroport avec un des associés. Cette fois-ci, l'agence était ouverte et j'ai réussi a acheter un billet pour Windhoeck a la dernière minute alors que le check in commençait déjà! J'ai du m'acquitter des 600€ pour le prix du billet d'avion en monnaie locale vu que l'agence n'acceptait pas la carte bleue, une vraie galère au distributeur de billets! Mais au moins, j'avais réussi a trouver un moyen de rejoindre ma prochaine destination: la Namibie qui ouvre l'arc du Sud de l'Afrique qui s'annonce passionnant.
Pour faire un petit resumé de mes impressions de l'Afrique de l'Ouest: il n'y a pas de choses "incroyables" a voir ici. Des jolies endroits, quelques sites sympas mais rien qui soit extraordinaire. En revanche, la rencontre avec les gens et rentrer dans leur univers assez anarchique où règne un foutoir ambiant et continu auquel on finit par s'habituer sont sans doute ce qui me marqua le plus de ce périple. J'ai fait aussi de belles rencontres que ce soit avec des locaux ou des expats. J'espère avoir la chance d'en revoir un maximum dans le futur...

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