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jeudi 29 mai 2014

Tdm4 E07 201405 Namibie Part 4: les otaries de Cape Cross

On a conduit quasi tout le long de nuit sur une piste de terre pendant près de 100km pour rejoindre Cape Cross de Swakop. On suivait nos chères suédoises qui avaient elles acheté une voiture d'occasion a Johannesburg. Arrivés sur place, il n'y avait quasi rien, la squeleton coast dans son plus belle apparat, excepté un lodge assez luxueux en bord de mer bondé de touristes. On a préféré se mettre un peu a l'écart et établir notre campement en dehors afin de ne rien avoir a payer. Fernando était un ancien reporter mais il voyageait en budget très serré. Les filles étaient également en mode super roots et dormaient la plupart du temps dans leur voiture. C'est moi qui leurs prépara le diner cette fois grâce a un réchaud "africain" que j'avais acheté sur la route. Maïs, sardines et moules en boite avec du pain et un bon thé chaud (qui a bien mis une heure a chauffer tellement il y avait de vent. Ce fut frugal mais réparateur surtout qu'il faisait tout de même sacrement froid sur la cote. Je fus le seul a dormir dans ma tente, Fernando préférant dormir dans la voiture et les filles aussi. 
Le lendemain matin, alors qu'on prenait un café bien chaud a la terrasse du lodge, les filles décidèrent de retourner a Swakop pour finalement porter plainte. On se sépara là et nous partimes visiter le site de Cape Cross. 

Il y avait un nombre incalculable d'otaries dans cette colonie, peut être une bonne dizaine de milliers d'individus, la plupart sur le bord du rivage et les autres dans l'eau a s'amuser avec les vagues de l'océan. Les otaries ont toutes le même cycle de reproduction et donnent naissance a peu près toutes au même moment, vers le 10 décembre. Tous les petits avaient donc dans les 5 mois. On était vraiment tout proche d'eux, parfois a quelques dizaines de centimètres. Une plateforme avait été aménagée pour pouvoir suivre les otaries de plus près et certaines s'y étaient même incrustées. Pour sortir alors qu'on leurs bouchait le passage, l'une d'elles nous a chargé d'un air méchant, en montrant les dents et en poussant des hurlements terribles. On a détalé en courant! On a pu assister a plein de scènes typiques comme l'allaitement, les bagarres entre mâles ou les étirements lors d'une session de dorage de pilule au soleil.
On est allé ensuite un peu sur les hauteurs afin de profiter du point de vue sur la squeleton coast, fameuse pour ses bateaux échoués sur ses rivages.
On reprit la route en fin de matinée pour rejoindre le massif de Brontberg situé a 150km de là.



Tdm4 E07 201405 Namibie Part 3: Wallis Bay & Swakop


On est arrivé en milieu d'après midi sur Wallis Bay après avoir passé quelques paysages désertiques, la squeleton coast s'annonçait déjà...on s'est arrêté faire un tour en ville. Malheureusement, on était le 1er mai et tout était fermé. On a quand même trouvé un coin près du port où les gens faisaient la fête alors qu'un groupe jouait de la musique américaine. Il n'y avait que des blancs et ça sentait encore bien la colonie allemande ici. 
On est allé voir la dune 7, utilisée pour faire du surf des sables. Bien que moins passionnant que le snow board, je voulais me faire une petite descente mais le magasin qui louait les planches n'avait que des regulars, sur une quinzaine de planche!
On a atteint Swakop en fin d'aprem. Le centre ville faisait un peu ville fantôme. Le ponton en revanche qui donnait sur l'océan était bien placé et on a eu le droit a un coucher de soleil de toute beauté. Je crois que j'avais rarement vu d'aussi belles couleurs. 


J'avais rencontré un mec a l'auberge de Windhoeck, Armando, quelques minutes seulement, qui avait entendu mon itinéraire lors d'une conversation et qui m'avait alors proposé de m'héberger chez lui a Swakop me disant qu'il avait l'habitude de faire du couch surfing. Il était en plus DJ et ça sentait être plutôt un bon plan. On l'appela mais ce dernier était en réunion a Wallis Bay jusqu'en début de soirée. Il fit venir un de ses potes, Pali, pour nous montrer le chemin. On arriva chez Armando dans une assez grande maison d'un espace pavillonnaire un peu a l'extérieure du centre ville. Il y avait déjà 2 personnes en couch surfing, 2 jeunes suédoises Clara et Kaysha qui avaient déjà passé une nuit ici. Pali était du genre reggae plutôt cool mais avec une assez nette tendance a taxer tout ce qui bougeait, de ma connexion internet, a la bouffe et j'en passe. Armando est arrivé un peu plus tard et nous a donné sa chambre pour s'installer dans le canapé. Les filles nous ont préparé un couscous puis Fernando et moi sommes sortis au bar "branché" de Swakop mais c'était plutôt mort. On a rejoint le reste du petit groupe dans un club d'une township (sorte de banlieue un peu crainios, genre faveila africaine). Les 2 pauvres têtes blondes étaient assaillies par tous les crevards du coin tel un nuage de mouches mais ça n'avait pas l'air de trop les gêner. Il faut dire que sous leurs 21 ans, elles avaient déjà bien roulé leur bosse en ayant fait par exemple l'Inde, le Sierra Lione et le Liberia en auto-stop: plutôt balezes les gonzesses! 

Le lendemain, on est parti tous les 4 se balader dans le moonscape, un endroit complètement désertique qui ressemblait effectivement a la face de la lune. On a traversé ce désert sur un bon 100km avant de pouvoir voir une des plantes les plus vieilles et rares du monde, la welwitschia mirabilis dont la plus vieille datait de plus de 1600ans. On a ensuite entrepris l'ascension d'un des monts les plus hauts du coin en plein désert et surtout en plein caniar. Les autres n'avaient pas l'air d'être des pros de la rando et j'ai été le seul a leurs rappeler qu'il serait bon de prendre de l'eau avec nous. On atteint le sommet après 1h30 de marche et j'ai eu une petite peur lorsque sur une ascension assez pentue, un pan de roche s'est complètement disloqué sous ma main alors que je prenais appui dessus. Plus de peur que de mal mais le point du vue du sommet sur toutes ces montagnes arides valait vraiment le coup.
Sur le chemin du retour, on a eu le droit a un coucher de soleil formidable: le soleil se refletait carrément dans l'océan et les nuages prenaient des teintes changeantes au fur et a mesure que le soleil disparaissait a l'horizon. A un moment, on a même eu l'impression d'être a la surface du soleil: spectacle de toute beauté!

On est rentré a l'appart et Fernando nous a gratifié de bon burgers a la mode argentine, Armando et surtout son pote Pali s'étant bien sur incrustés. La soirée se passait bien et on dansait déjà dans l'appart sur un reggae endiablé. Notre hôte Armando avait des phases un peu bizarres. Il avait des coups de speed terribles puis se calmait en un clin d'oeil avant de repartir au tacquet. Il avait l'air un peu perturbé par la mort récente de son pere qui lui avait laissé cette maison. Il lisait des bouquins un peu mystiques et avait l'air bien perché! 
On est parti dans un bar a l'ambiance très germanique puis quand on a voulu aller a la principale boite de nuit de Swakop, le physio n'a pas laissé rentrer Armando prétextant qu'il avait déjà trop foutu le bordel ici et qu'il avait été viré 2 fois. Les filles ont insisté mais rien a faire. Armando est rentré chez lui et on a continué la soirée dans la boite avant de rentrer vers 3h du mat. On s'est couché quand Armando est venu dans notre chambre vers 4h pour nous dire qu'on déshonorait sa maison et que l'on devait partir. J'ai essayé de le prendre a part mais rien a faire: impossible de comprendre le pourquoi du comment. Les filles sont alors sorties de leur chambre et on commencé a insulter fortement Armando. Kaysha s'est même mise a le frapper en lui disant qu'il avait essayé de lui faire du mal et que maintenant il voulait tous nous mettre dehors en plein milieu de la nuit. Lui, ne résistait pas, laconique et prenait les coups sans broncher. Les filles sont rentrées dans leur chambre faire leurs valises et on a commencé a faire de même mais Armando n'arrêtait pas de tourner autour de nous en nous mettant la pression. Il avait l'air instable et complètement perturbé. J'ai senti que ça allait partir en sucette et ai monté un peu le ton avec lui en lui disant fermement de rester dans le living room le temps que l'on finisse de packeter nos bagages. Il n'a pas dit un mot, s'est dirigé vers le placard du couloir et a sorti une énorme machette, tout en restant très très calme. C'est marrant car Fernando m'avait fait la remarque la veille qu'Armando avait le parfait profil d'un tueur en série, genre psychopathe un peu instable.
Fernando était a quelques mètres de lui seulement et a essayé de lui saisir le bras qui tenait la machette mais sans succès. Il a alors complètement viré de bord et a couru dans la chambre des filles qui était la plus proche et a fermé violemment la porte. Il faut dire que quelques instants avant, Armando m'avait dit qu'il n'aimait pas mon ami argentin qui amenait des mauvaises ondes dans sa maison. J'ai assisté a toute la scène de la chambre où l'on dormait mais je n'ai pas paniqué plus que ça, Armando ayant l'air d'être toujours aussi calme et glaciale malgré la machette qu'il tenait dans la main. Apres coup, je me dis que j'aurais sans doute du réagir plus vivement mais j'etais sans doute également sous le coup de la fatigue vu l'heure tardive. Je parla a Armando de loin lui disant de se calmer et je lui dis d'aller attendre dans le salon que l'on finisse de packeter nos affaires. Il obtempéra et disparu du couloir. A peine une minute plus tard, alors que je m'etais remis a packeter mes affaires, j'entendis du vacarme dans la chambre des filles, comme si quelqu'un cassait tout par terre puis un bruit de bris de glace et un second. Je pensa que c'était Armando qui essayait de s'introduire de force dans la chambre des filles par leur fenêtre et me décida a intervenir. Je mis mon manteau pour me protéger les bras et me pointa dans le salon. Je trouva Armando assis sur le canapé, la machette posée sur la table basse et quand je lui demanda ce qu'il se passait, il me répondit simplement que Fernando et les filles avaient cassé sa fenêtre et pris la poudre d'escampette! Je lui dis de rester calme et suis allé voir dehors ce qui se passait. Je cria "Fernando" et ce dernier sortit d'un buisson dans la propriété d'un des voisins. Il y avait déjà une voiture qui était là de la sécurité du lotissement. Je lui demanda ce qui c'était passé. Il était en panique complète. Il me dit qu'il avait cassé la vitre et qu'ils s'étaient enfuis tous les 3. Il avait dit aux filles de l'attendre au rond point un peu plus loin. Je lui dis d'aller retrouver les filles pour leurs demander où étaient leurs clés de voiture et qu'en attendant, j'allais tout packeter dans notre voiture et qu'on allait partir des que possible. Je rentra a l'intérieur de la maison et Armando était toujours affalé sur son canapé d'un air un peu absent et froid. Je lui dis de rester calme, que j'allais packeter les affaires de tout le monde et qu'on allait s'en aller rapidement. Ca me prit bien 20 bonnes minutes a tout mettre dans la voiture et a chaque fois que je passais par le salon pour mettre des bagages dans la voiture, je m'assurai qu'Armando était toujours bien a sa place et au calme. Je repartis voir Fernando dehors qui avait l'air toujours en mode panique. Il me dit qu'il n'avait pas réussi a trouver les filles et il était avec 2 voitures de la sécurité. Les mecs se décidèrent enfin a rentrer et a discuter avec Armando de ce qui s'était passé. Entre temps, ma voiture était prête. Je partis avec, pris Fernando en chemin et nous partimes a la recherche de Clara et Kaysha. Fernando leurs avait dit que si elle trouvait une voiture, elle devait aller dans une auberge de jeunesse au centre ville. Nous sommes allés voir si elles y étaient mais personne. Nous étions escortés par 2 voitures de la sécurité privée. On décida alors de retourner dans le quartier d'Armando et de sillonner le quartier en voiture. Apres 10' de recherche, on retrouva les filles en panique en train de monter dans la voiture d'un blanc d'une soixante d'années. On discuta avec eux et le mec nous proposa de nous héberger chez lui. Arrivés chez le mec, dans une très jolie petite maison, Fernando, qui n'avait pas le permis de conduire resta avec Kaysha et le mec et je retourna avec Clara près de la maison d'Armando. Je donna alors ma voiture a Clara et suis parti chercher la voiture des filles. Quand je suis arrivé aux abords de la maison, tout était éteint. Je n'essaya pas de rentrer, démarra la voiture et fila. Tout avait l'air sous controle. 
Les filles nous racontèrent qu'Armando s'était glissé dans le lit de Kaysha pendant la nuit, nu, et qu'il avait commencé a la tripoter avant qu'elle ne se réveille et tape un scandale! Fernando avait brisé la fenêtre en se projetant dessus avec son postérieur et il s'était blessé au niveau du haut de la cuisse. 
Le vieux, un sud africain a priori bien raciste, mais plutot avenant nous expliqua qu'il sortait tout juste du casino quand il croisa le chemin des filles dans la nuit. Il nous promit d'aller rendre visite a Armando demain pour lui faire comprendre que ce qu'il avait fait ne se faisait pas en Namibie.
Remis de nos émotions, les filles prirent la chambre du vieux, je me mis dans la petite chambre d'amis, Fernando s'installa dans le canapé du living room et le vieux a cote de lui dans un lit de la même pièce. Au réveil, le vieux nous proposa de nous faire un barbecue et nous dit que l'on pouvait rester aussi longtemps que l'on voulait chez lui. Je partis faire des courses et refis un passage chez Armando pour prendre le reste des affaires que j'avais oublié. Ce dernier m'avait écrit un sms entre temps pour me dire qu'il était désolé de ce qui s'était passé et qu'il n'etait probablement pas normal. Quand j'arriva chez lui, il était allongé dans son canapé, lunettes de soleil sur le visage en train d'écouter de la musique religieuse. Je lui dis qu'a priori les filles n'allaient pas porter plainte et qu'il n'y avait finalement que la vitre a remplacé. Je ne m'attarda pas et retourna a la maison du vieux. Arrivé là, je vis Kaysha les yeux en larme. Je demanda a Clara ce qui se passait et elle me dit que le vieux avait tenter de la toucher a plusieurs reprises! Il était passé au moins 10 fois dans leur chambre pendant la nuit pour "voir" si tout allait bien puis il était parti avec Kaysha faire des courses dans sa voiture et avait tenté d'abuser d'elle: putain, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre! Les filles décidèrent de faire un tour a pied du quartier pour se calmer et décider de la suite et je parla a Fernando de ce qui venait de se passer. On décida tous les 4 de manger le barbecue puis de filer ensuite en direction du nord. Dommage car on était samedi soir et il y avait une grosse soirée a Swakop pour la remise des awards de la musique namibienne mais bon, l'ambiance n'était plus trop a la fête. Le vieux insista pour que l'on reste passer une nuit de plus. Il nous proposa aussi d'aller faire un tour sur son bateau de pêche mais vu ce qui s'était passé, nous declinames poliment. Vers 16h, le vieux s'écroula ivre mort sur son lit. On en profita pour filer en douce et nous primes la route de Cape Cross située a une centaine de kms plus au nord sur la cote.





dimanche 25 mai 2014

Tdm4 E07 201405 Namibie Part 2: les dunes de Sossusvlei

Apres les incidents lors de la prise du véhicule chez Hertz, je ne suis parti que vers 11h de l'aéroport. Le temps de faire les courses qu'il était déjà midi trente. Je voulais arriver suffisamment tôt pour apprécier le coucher de soleil sur le site. La première moitié du trajet était une route goudronnée toute droite sur près de 300km, puis une route en terre non goudronnée mais bien plate sur près de 150km, sans soucis non plus. Le paysage était sauvage mais assez monotone: c'est simple, il n'y avait quasi rien! Des petits arbustes, de temps en temps une montagne mais sinon c'était complètement plat et sans trace de vie humaine si ce n'est un village tous les 50 voir 100km. Ca m'a permis de me refaire la main sur la conduite a gauche, avec notamment le changement de vitesse de la main gauche pas du tout naturel. Il y avait quand même de belles couleurs et de sacré beaux paysages sur la route. Je me suis trompé 2 fois sur la trajet et a chaque fois, j'ai bien mis 30km a m'en apercevoir avant de faire demi-tour. Pas que ce soit compliqué mais je n'avais pas encore de copilote et surtout, les dépassements pouvaient être assez périlleux sur piste car avec la poussière que faisait le véhicule de devant, je n'y voyais quasi rien et doublais alors au jugé. Et plus je me rapprochais du site, plus il y avait de 4x4 a doubler. Il faut dire que c'est le site le plus visité de toute la Namibie et vous allez comprendre pourquoi en voyant les images. J'ai eu le droit a de très belles couleurs lors du coucher de soleil mais je n'ai pas pu les apprécier du site de Sossusvlei que j'ai atteint trop tard. J'ai même fini de nuit et quelques minutes après qu'ils ne ferment les portes du parc. Ils m'ont tout de même ouvert et je me suis pointé a la réception du campsite de Sesriem, qui etait également fermée. Je n'avais pas fait de réservation et le camp était plein. J'ai expliqué que je venais rejoindre un pote d'une agence et ils m'ont tout de même trouvé un coin où poser ma tente. 
J'ai effectivement retrouvé Fernando et son groupe de touristes en train de diner autour d'un barbecue que leurs préparaient les mecs de leur agence. On s'est donné rdv le lendemain en fin de matinée vu qu'il avait déjà visité le site pendant la journée et j'ai commencé aux aurores soit a 4h30 du mat. Ils ouvraient les portes du parc a 5h10 pour qu'on ait le temps de parcourir les 60km de piste goudronnée qui nous séparaient du site. J'ai rapidement été la voiture de tête mais n'est pas vu le petit panneau qui indiquait le km 45 où il fallait s'arrêter pour le lever de soleil. Au lieu de cela, j'ai foncé tout droit jusqu'a la fin de la piste, soit le km 63 avant de faire demi tour et de revenir au km 45 juste a temps pour le lever de soleil. Le site était déjà sublime. La piste était bordée des 2 cotés par de grandes dunes de sable ocre. J'ai gravi la dune du km 45 a tout allure et ai pu assister a un superbe lever de soleil, les couleurs changeant au fur et a mesure que le soleil prenait forme a l'horizon. Le temps de faire quelques cascades en haut de la dune puis de la dévaler a toute blind sur la descente que j'etais déjà reparti pour le bout de la piste km 63. De là, il fallait un 4x4 pour continuer mais encore heureux que des shuttle tout terrain etaient prévus pour transporter les gens sur les 5km qui les séparaient du désert de Sossusvlei. Là, sur un 1er site, derrière une dune, je découvris une "foret" d'arbres morts, complètement desséchés par le sable. Je voulu monter sur l'une des dunes qui dominait le site, mais sans faire le tour par le chemin que tout le monde prenait, simplement par "tout droit"! J'ai bien du m'arrêter 6 fois le souffle coupé avant de pouvoir enfin atteindre l'arrête de la dune. De là haut, je voyais les dunes qui semblaient se tortiller au gré des caprices du vent. C'était tout simplement magnifique. L'impression d'être sur une autre planète! Je fis un 2eme site, tout aussi beau puis repartis dans le 4x4 de 3 hollandais que je venais de rencontrer sur le site et qui me ramenèrent a ma voiture. 

Je rejoignis Fernando vers 11h et on prit la route plus au nord en direction du prochain site: la région de Swakopmumd. On du passer par une route assez sinueuse autour de la ville de Solitaire mais de toute beauté. Les paysages variaient de temps en temps et les couleurs étaient a chaque fois plus belles, passant de vagues de collines recouvertes de brousses d'herbe presque blanchies par les rayons du soleil a de la roche ocre de montagnes acérées, au bleu du ciel qui avait l'air de s'étendre a l'infini a l'horizon parsemé de blancs nuages aux formes toujours atypiques et évocateurs.

lien vers la vidéo Dunes de sossusvlei


samedi 24 mai 2014

Tdm4 E07 201405 Namibie Part 1: la capitale Windhoeck


Le vol avec Air Namibia, bien que cher, n'a pas été très long: 5h a peine pour arriver a 5h du mat a l'aéroport international de Windhoeck, la capitale namibienne. Et pour rester dans les 5, il faisait 5°c quand je suis descendu sur le tarmack: un choc. Je m'étais habitué au 30° et plus de l'ouest africain et j'etais resté en short et débardeur!

L'aéroport est situé a 40km de la ville et pas de transport en commun pour la rejoindre. J'ai eu la chance de tomber sur un local qui venait de déposer des clients d'une agence de voyage et qui m'a emmené a destination pour 180 N$ seulement (N$: dollar namibien, soit 14€). Je me suis pointé a 6h30 a Cardboard box backpackers, une auberge de jeunesse munie d'une piscine et qui faisait aussi office de bar ouvert a l'extérieur. Mon idée était de trouver d'autres backpackers pour louer une voiture ensemble et partager les frais car ici, c'est quasi impossible de voyager a travers le pays sans voiture. Il y a toujours des bus qui relient les principales villes mais pour les sites touristiques, ça n'existe tout simplement pas. 
J'ai tout de même eu une impression d'une autre afrique par rapport a ce que j'avais connu jusqu'alors. Les routes étaient en parfait état, de grosses voitures partout, des panneaux aux rues (en anglais et en allemand!), pas de déchets dans les rues et j'ai même pu prendre une douche a l'eau chaude! Je crois que ça faisait presque 2 mois que je n'en avais pas prise, soit depuis le Cap Vert...


Je suis parti a pied faire un tour dans le centre ville pour faire quelques courses dans un mall respirant le neuf puis me suis baladé sur la mini rue piétonne avant de déboucher sur Independance Avenue, le principal axe de la ville. Windhoeck compte 400,000 habitants pour un total de 2 millions en Namibie alors que la surface du pays fait 1,5 fois la France. 
Retour a l'auberge où j'ai fait la rencontre de Fernando, un argentin de 28ans qui cherchait également a partager une voiture pour faire le tour de la Namibie. Il était parti depuis 7 mois déjà de Buenos Aires et avait fait l'Afrique de l'Est avant d'arriver ici en sac a dos. Il était en plus muni d'une tente et avait un très bon anglais: le profil idéal quoi! J'ai tout de suite vu que ça allait coller entre nous et on s'est dit qu'on partait ensemble. On a essayé de trouver un 3eme voir 4eme larron mais les peu qui pouvaient etre intéressés n'étaient pas intéressants. Le petit problème, c'est qu'en désespérance de cause, il avait booké un tour avec une agence sur 3 jours pour faire le site de Sossusvlei. Son tour commençait demain matin et lui avait couté 380 US$, lui qui voyageait en budget serré. J'avais prévu de faire le tour de la Namibie par le Nord et cela m'obligeait a changer mes plans et a morceler le trip mais tantpis. Au niveau location de voiture, ce n'était pas donné: les 4x4 commençaient a 50€/jour et pour les voitures normales, certains s'en étaient tirés pour 250€/semaine. J'ai réussi a choper une offre spéciale sur internet avec Hertz pour 120€/semaine. J'ai sauté sur l'occasion même si rien n'était indiqué au niveau des assurances. J'ai appelé les 2 agences, celle du centre ville et celle de l'aéroport, pour tirer ça au clair mais a chaque fois, le même discours: on n'a plus de véhicule. Bizarre! En tant que franchisé, je savais qu'ils étaient obligés d'honorer les commandes passées par internet mais par contre cette offre ne fonctionnait que si je prenais la voiture le mercredi, ce qui m'obligeait a patienter une journée de plus a Windhoeck, mais en plus a l'aéroport, soit 40km a me retaper dans les 2 sens! Je pris quand même l'offre et me suis mis d'accord avec Fernando pour le retrouver directement sur le site de Sossusvlei jeudi matin. 
J'ai fait la rencontre a l'auberge d'un jeune local, Michael, visiblement gay, et on est parti faire un tour en ville le soir. La plupart des bars était fermée sauf le Warehouse, un ancien theatre transformé en bar avec concert live le we. J'y ai retrouvé par hasard mon Fernando, déjà en train de discuter avec des filles: un sacré laron celui-là!
Le lendemain, j'ai fait la rencontre de 3 jeunes allemandes volontaires ici en Namibie près du plateau de Watterberg et on est allé prendre le petit dej en ville avec Michael avant de se faire un musée d'art contemporain. Les filles sont parties faire des courses et nous, on a continué sur le musée de l'Indépendance. Tout récemment ouvert et basé dans un énorme building tout neuf, il a été sujet a beaucoup de critiques envers le président a cause de son cout. Il faut savoir que le pays n'est indépendant que depuis 1990. Il était sous colonie allemande jusqu'a la 1ere guerre mondiale où les forces de l'armée sud africaine ont délogé les allemands en 1915. Les namibiens se sont ensuite battus dans les années 60 pour faire partir l'envahisseur sud africain et ce n'est qu'en 1990 que le parti révolutionnaire SWAPO a définitivement libéré le pays.
On a passé le reste de l'apres midi au bord de la piscine du Hilton, le seul hotel 5* de Namibie avant que les filles ne nous rejoignent en fin de journée pour le coucher de soleil. 
Le soir, je suis parti manger des tapas dans un resto espagnol avec Michael puis de nouveau Warehouse avant que l'on ne rentre. Sur la fin, Michael m'a tout de même demandé s'il pouvait m'embrasser et j'ai vite mis les points sur les "i" en essayant de ne pas trop le heurter avant de filer me coucher!

Je suis parti le lendemain a l'aéroport avec l'une des allemandes qui avait son vol retour et ai essuyé quelques soucis avec l'agence Hertz. En donnant mon permis de conduire pour qu'ils en fassent une photocopie, je me suis aperçu après coup que j'avais laissé un billet de 200€ a l'intérieur en cas de coup dur et que ce dernier venait de disparaitre. Ils étaient 2 au desk et a priori seulement un avait manipulé mon permis de conduire. Apres avoir cherché partout, j'ai demandé aux 2 personnes s'ils pouvaient me montrer leurs poches. Celui qui a manipulé mon permis a tout de suite dit non pas question mais a proposé que j'aille voir la police. Je lui ai dit ok et on est alors sorti tous les 3 du bureau pour aller au bureau de police. Le mec a accéléré sur un virage et je l'ai perdu de vue pendant quelques secondes. Comprenant son manège, j'ai couru après lui et ai eu a peine le temps d'apercevoir qu'il avait retiré quelque chose de ses poches et qu'il faisait un truc avec ses mains. Il est revenu vers moi puis m'a dit: il y a trop de monde, on reviendra tout a l'heure. On est rerentré dans le bureau hertz et là, il a accepté de montrer le contenu de ses poches! Il n'y avait bien sur plus rien et je me voyais mal lui demander de se déshabiller. Je me suis fait une raison sur les 200€ et ai essayé de négocier au mieux les assurances qui faisaient presque doubler le prix de la location. J'ai réussi a m'en tirer pour 160€/semaine avec une assurance collision (bien utile si on tape un animal ici) mais sans le bris de glace ni les pneus qui eux étaient exclus de tous les packages d'assurance proposés. J'etais quand même content d'avoir réussi a négocier la voiture car ma carte n'a failli pas passer a cause des montants énormes de caution qu'hertz predebitait sur celle-ci. 
Un petit tour au supermarché du centre ville de Windhoeck pour faire quelques provisions et me voilà parti dans le wild des routes namibiennes direction le sud et le 1er site: les dunes de Sossusvlei.

Lien vers la video windhoeck


jeudi 22 mai 2014

Tdm4 E05 201404 Togo Part 3: retour au Togo/Ghana avec visite de l'Orphelinat d'Ahepe

Je voulais redescendre pres de la cote par une route plus a l'ouest et essayer de dormir sur le site de Possotomé, pres d'un lac. J'eus le droit tout d'abord a 50' de taxi moto en direction de l'ouest pour atteindre une gare routiere où un taxi brousse pouvait m'emmener a destination. Sur la route, je vis un panneau "frontiere Togo 30km". Je me dis alors que je pouvais switcher la visite du lac par celle de l'orphelinat des volontaires belges que j'avais rencontrées a Lomé. Ils m'avaient dit qu'ils etaient tout proche de la frontiere mais j'ignorais où. J'envoya un sms a l'un d'eux avec ma puce ghanéenne. Zoé me repondit en me disant que l'orphelinat etait proche de Tabligbo et que je pouvais passer mais qu'elle ne connaissait pas Abomey et ne pouvait me dire si j'etais loin ou non. J'essaya de lui envoyer un second sms mais plus d'unité sur ma puce ghanéenne...je demanda aux autres passagers de mon taxi brousse qui me dire que c'etait a quelques kms de la frontiere avec Lomé. Je changea donc mes plans et rejoignis la frontiere au niveau de Lomé que j'atteignis vers 21h. Le temps de passer la douane, de payer un nouveau visa togolais (et oui, je n'avais pris qu'une entrée simple pour 80€ de Paris alors que là, a la frontiere terrestre, j'ai payé seulement 15€ pour un multi entrées!). Je reussis a trouver quelqu'un qui me preta son telephone (avec unités!) pour joindre Zoé. Cette derniere me dit qu'ils habitaient dans le village d'Ahepe non loin de Tabligbo. Les mecs a la frontiere me dirent que ca faisait 30km pour Tabligbo et 15 de plus pour Ahepe. Ca avait l'air jouable mais ils me deconseillerent tous de le faire vu qu'il faisait nuit et que la route etait "gatée". Je n'avais pas beaucoup de jours devant moi et je decida de tenter le coup avec un moto taxi qui me garantit qu'on serait a Tabligbo en 1h, qu'il avait une bonne moto et qu'il avait des credits pour que je puisse appeler Zoé une fois sur place a Ahepe, le tout pour 4500frf (7,5€) tout de meme. Je dis OK et partis a 22h d'Aneho, la frontiere togolaise. Mais a peine quelques dizaines de metres qu'il m'annonca qu'il fallait qu'il passe chez lui pour qu'il prenne un manteau en cas de pluie. Puis 50m plus tard, il me dit qu'il devait gonfler sa roue avant qui avait l'air un peu a plat. La route n'etait effectivement pas bonne et au bout d'une heure de route, on avait fait a peine la moitié du trajet pour Tagbebo et il me dit alors que sa roue avant etait de nouveau a plat et qu'il fallait changer la chambre a air! On s'arreta au village suivant et on reussit a reveiller un petit garagiste qui nous changea la roue en une petite 1/2h. Il était minuit passé et quand j'ai voulu appeler les filles pour leurs dire que je serai a la bourre, mon chauffeur n'avait bien sur pas de crédit sur son téléphone. On du négocier avec les jeunes du quartier de Tagbebo pour pouvoir appeler et avoir les dernières indications pour trouver l'endroit. Encore heureux que les filles étaient réveillées et qu'elles nous attendaient au bord de la route car sinon impossible de trouver, surtout a 2h du matin! Il m'a fallu enjamber les enfants qui étaient pour une bonne partie entassés dans une des chambres avant de pouvoir installer mon tapis de sol dans la chambre des filles. Il faut dire que ce projet d'orphelinat a pris naissance il y a a peine un an et qu'il n'est pas encore abouti. Le fils ainé du proprio de la maison a voulu aider les enfants de la rue de son village, pour la plupart sans parents et abandonnés par le reste de leur famille. Chloé, l'une des belges volontaires pour ce projet en est depuis le début et elle m'a expliqué que la sélection de ces derniers avaient été très difficiles, les capacités d'accueil n'étant pas illimitées. Ils ont pu choisir 14 enfants, âgés de 3 a 14 ans. L'orphelinat étant en cours de construction, les enfants sont hébergés dans des familles locales d'accueil en attendant. Ils se retrouvent tous après les cours chez le proprio où résident les volontaires bénévoles qui leurs donnent un soutien scolaire et affectif. L'orphelinat est financé exclusivement par le fils du proprio, qui malgré la 20aine a peine passé, se tue littéralement a la tache pour joindre les 2 bouts. Il a pris 3 boulots en même temps a Lomé et tous ses sous y passent. Quand je suis arrivé ici, je n'ai malheureusement pas pu le rencontrer, ce dernier ayant attrapé la typhoïde doublée de la malaria: un vrai burn out! 
J'ai appris qu'il y avait de nombreux volontaires bénévoles qui devaient carrément payer pour pouvoir rester sur des projets d'ONG, parfois jusqu'a 500€/mois pour couvrir leurs frais de logement et de nourriture: une vraie arnaque aux bénévoles!
Le lendemain matin, j'ai fait la connaissance du gérant de l'orphelinat et on est allé faire un tour dans le village. Les gens vivaient dans des conditions très dures mais étaient tous avenants et d'une grande gentillesse. 
Je suis allé visiter l'emplacement où ils avaient prévu de construire l'orphelinat avec Max, le 3eme volontaire. Il s'agit d'un terrain de 600m2 qu'ils venaient a peine de défraîchir au milieu d'une foret de teck. Une route goudronnée etait prévu pas loin mais pour l'instant le site était au beau milieu de la cambrousse sans eau ni électricité. Trois volontaires français dont un spécialisé dans la maçonnerie étaient censés venir cet été pour démarrer le chantier. Mais ce dernier s'annonçait difficile car les fonds prévus pour la construction étaient limités aux seuls apports du fils du proprio!
Un voisin nous a invité a boire du vin de palme de sa propre production ainsi que de l'alcool de palme, préalablement fermenté et donc plus fort. J'ai ensuite rencontré les enfants qui rentraient de l'école. Ils se sont présentés un a un puis ils se sont réunis pour me chanter une petite chanson qu'ils avaient préparée a l'occasion d'un concours. Ca m'a beaucoup ému de voir tous ces enfants de la rue si soudés les uns envers les autres et j'en ai été de ma petite larme! On est allé se promener dans l'apres midi avec les enfants jusqu'a leur potager. Le proprio a un grand terrain où il fait pousser du manioc ainsi que des manguiers. On ne s'est pas privé d'en ramasser une grande quantité pour le repas de fête de ce soir. En effet, on allait fêter le départ de Zoé et Charlene qui après respectivement 7 et 3 mois chacune de présence ici, repartaient pour la Belgique. On a eu la chance de tomber en pleine période de production du vin de palme. Le principe est assez simple. Ils coupent les palmiers et laissent le tronc allongé sur le sol. Puis ils font une entaille dans celui-ci pour recueillir tout la sève de l'arbre. Ils mettent le feu dans l'entaille et se servent de grande canne de bambou pour attiser les flammes avant de refermer le tout et de laisser un bidon qui se remplit alors tout seul. Cette technique produit environ 2L de vin de palme par jour et par arbre et peut durer 40 jours, soit 80L par arbre environ, sachant que le litre d'alcool de palme s'achète ici a peine 1€ le litre après l'avoir fait fermenter puis distiller 2 fois.
De retour a la maison, j'ai donné un "mini" coup de main a la préparation du fufu. Quel travail cela demande pour piler le manioc afin d'en faire une pâte. Je comprend mieux pourquoi les filles les plus âgées de l'orphelinat sont si sculptées au niveau de leur musculature. Les filles sont allées saluer les "notables" du village pour leur départ, a savoir le directeur de l'école primaire et celui du lycée ainsi que le chef du village. On ne peut pas dire qu'ils étaient très actifs et j'ai senti un grand immobilisme de leurs parts. On a discuté de la grève des enseignants qui avaient eu lieu il y a quelques semaines dans le lycée avec le directeur. Ils se plaignaient d'être sous payés mais a priori, leur mouvement de grève n'a eu aucun effet si ce n'est de ne pas avoir eu de cours pendant ces jours-ci. Oe chef du village nous a reçu dans la cour de chez lui d'une maniere plutôt assez formelle. On était assis a l'opposé de lui a près de 5m de distance et il fallait presque lui faire la courbette avant de prendre la parole. J'ai essayé de le motiver en lui parlant du projet de l'orphelinat et d'un éventuel jumelage qu'il pouvait faire avec des villes européennes pour pouvoir augmenter les échanges et peut être les dons. Mais a priori, les filles m'ont dit que c'était comme de pisser dans un violon et qu'ils n'avaient jamais reçu la moindre aide de sa part.
On est allé tous boire un verre au bar du village et on sentait une grande détresse de la part des enfants a cause du départ des filles. C'était pour eux comme revivre un second abandon. Elles ont essayé de garder le sourire et la fête s'est tout de même bien déroulée. Les enfants ont chacun eu le droit a un soda puis ils ont dansé comme des fous sur de la musique au gout du moment, de la gweta et de l'azonto qui se dansent de manière très hachurée sur un rythme endiablé. On est rentré vers minuit après 40' de marche dans le noir pour rejoindre la maison du centre du village.
Le lendemain matin, j'ai regardé un peu ce qu'apprenaient les enfants a l'école primaire mais le rythme scolaire n'avait pas l'air très soutenu et les manuels utilisés dataient de plus de 15ans pour certains.
Je suis retourné sur Lomé en taxi brousse en compagnie de Max qui devait se faire soigner a l'hôpital pour une infection. Il y avait de gros embouteillages dans le centre ville de Lomé causés par une manif qui avait l'air assez violente. Les forces de police quadrillaient un quartier et il y avait des fumigènes un peu partout. Mais je n'ai malheureusement pas réussi a savoir les revendications des manifestants. Je me suis pointé a la frontière avec le Ghana, situé a 1km du centre ville et ai pris un taxi brousse pour retourner a Accra où j'avais projeté de prendre l'avion afin de rallier la Namibie. Le taxi brousse a bien mis 5h pour arriver a destination a cause des bouchons. J'avais projeté de rejoindre Kewtar qui m'avait proposé de m'héberger a Accra. Cette dernière n'avait pas encore de téléphone locale et je ne pouvais pas l'appeler avec ma sim ghanéenne. Elle m'avait tout de même donné de bonnes indications assez précises de l'endroit où elle habitait. Je me suis d'abord arrêté a l'aéroport pour essayer de booker mon vol pour le lendemain. On était samedi et l'agence de l'aéroport était censée n'être ouverte qu'aujourd'hui et pas dimanche. Mais j'ai trouvé un rideau de fer avec une simple feuille de papier dessus indiquant que l'agence etait exceptionnellement fermée le samedi et qu'elle n'ouvrait que lors des jours de vol! J'ai pris 2 mini taxi brousse pour rejoindre le quartier d'OSU puis un taxi privé pour qu'il me dépose devant chez Kewtar mais ce dernier n'a pas réussi a trouver l'adresse exacte et après avoir cherché pendant 5', il m'a laissé a l'église méthodique du quartier, censée être juste a cote de son appart. De là, j'ai zoné dans le coin pendant près d'une heure et demi avec mes 2 sacs. J'ai été aidé par quasi tout le quartier mais impossible de trouver l'endroit et la nuit était tombée depuis un moment maintenant. Kewtar a fini par m'appeler avec le portable d'un de ses collègues et j'ai pu visiter leurs bureaux. Les 2 associés, des californiens, avaient monté un incubateur de start up et travaillaient aussi sur un projet d'université en ligne afin de pouvoir offrir un enseignement post bac aux étudiants n'ayant pas les moyens de se payer la fac et/ou de se déplacer. Le principe avait l'air porteur mais les 2 associés n'étaient pas de bons financiers et le rôle de Kewtar était de remettre de l'ordre dans leurs comptes et de mieux suivre leur budget et surtout leur trésorerie qui était une catastrophe. 
On s'est fait un resto un peu lounge dans le quartier d'OSU avec un DJ qui passait de l'electro reggae, puis on est sorti dans un maquis local qui faisait office de bar dansant. On s'est terminé dans une boite très locale située tout près de l'appart pour finir vers 3/4h du mat.
Le lendemain, je suis retourné sur la plage de Labadie avec Kewtar. On y a bien lézardé avant que je ne retourne a l'aéroport vers 17h mais l'agence d'Air Namibia n'était toujours pas ouverte! Le vol ne partant qu'a 23h, j'ai eu le temps de retourner prendre mes affaires  chez Kewtar puis je suis retourné une dernière fois a l'aéroport avec un des associés. Cette fois-ci, l'agence était ouverte et j'ai réussi a acheter un billet pour Windhoeck a la dernière minute alors que le check in commençait déjà! J'ai du m'acquitter des 600€ pour le prix du billet d'avion en monnaie locale vu que l'agence n'acceptait pas la carte bleue, une vraie galère au distributeur de billets! Mais au moins, j'avais réussi a trouver un moyen de rejoindre ma prochaine destination: la Namibie qui ouvre l'arc du Sud de l'Afrique qui s'annonce passionnant.
Pour faire un petit resumé de mes impressions de l'Afrique de l'Ouest: il n'y a pas de choses "incroyables" a voir ici. Des jolies endroits, quelques sites sympas mais rien qui soit extraordinaire. En revanche, la rencontre avec les gens et rentrer dans leur univers assez anarchique où règne un foutoir ambiant et continu auquel on finit par s'habituer sont sans doute ce qui me marqua le plus de ce périple. J'ai fait aussi de belles rencontres que ce soit avec des locaux ou des expats. J'espère avoir la chance d'en revoir un maximum dans le futur...

Tdm4 E05 201404 Benin Part 3: villages lacustres de Ganvié & Abomey ancienne capitale du royaume de Dahomey

Des les 1eres lueurs du jour, j'etais pret a attaquer cette longue journée qui se profilait devant moi. Je commenca par un trajet en moto taxi et a peine 5' apres etre parti, boum, une grosse averse. Juste le temps de s'arreter pour enfiler mon coupe vent et mon pantalon impermeables. Premiere fois que j'en ai l'usage depuis ce tour d'Afrique mais probablement pas la derniere. J'ai ensuite rejoint le site de Ganvié en taxi brousse situé a 20km de Cotonou. J'arriva a 8h sur le site qui n'etait censé ouvrir qu'a 9h mais je reussis a trouver une pirogue pour me faire le tour. C'etait l'heure du marché aux poissons et l'activité battait son plein a l'embarcadere. On traversa un long plan d'eau sur pres de 8km avant d'atteindre le premier village. Lors de la traversée, je pus voir la principale technique utilisée ici pour pecher le poisson. Les locaux ramenaient des grandes palmes qu'ils plantaient dans l'eau afin de faire un grand carré. Ils devaient ensuite attendre pres de 2 ans que les palmes se decomposent pour que le poisson vienne s'y nourir. Puis ils posaient un filet tout autour et enlevaient toutes les palmes se trouvant a l'interieur de l'enclos. Cette etape prenait 2 a 3 semaines quand meme et ils resserraient a chaque fois un peu plus les filets pour finir avec un petit enclos de quelques metres carrés. Là, ils n'avaient plus qu'a se baisser pour ramasser le poisson qu'ils avaient elevé depuis 2 ans et recommencer le procedé a un autre emplacement. Un travail de longue haleine! On denombre plus de 40 villages lacustres (ie: construit sur la lagune) a Ganvié pour pres de 30,000 habitants. Quasi toutes les maisons sont construites sur pillotis qui doivent etre changées tous les 10 ans. Certains ont remblayé pour construire sur du dur car l'eau n'est pas forcement tres profonde a certaines parties de la lagune. Neanmoins, cette pratique a ete interdite depuis peu pour empecher toute extension d'un tel phenomene. Les locaux nomment leur ville la "Venise" de l'Afrique. Il est vrai que la balade en pirogue dans ces petites allées pouvaient avoir un certain aspect romantique mais je vous laisse juger par vous-meme!

Trois personnes differentes m'ont fortement conseillé de ne pas prendre la route directe pour Abomey car la piste etait tres mauvaise mais de faire le tour par Porto Novo. Cela doublait quasiment la distance et en plus j'etais deja passé par Porto Novo la veille et je n'avais pas envie de faire 2 fois le meme trajet. Il n'y avait que 110km a peine entre Ganvié et Abomey et je decida de prendre le pari pour la voie la plus courte. Peut etre le pire trajet de ma vie...en tout cas, le plus mauvais depuis que je suis ici en Afrique. Non seulement la route etait pourrie, j'etais en plus bien sur dans une voiture presque du meme age que moi bondée a ras bord, il avait plu le matin tres fort ce qui rendait l'etat des piste tres boueux mais pour couronner le tout, il y a eu un accident entre 2 camions il y a une semaine de cela qui se sont percutés sur cette route. L'un portait de l'essence et il a explosé, rendant le passage impraticable. Il y avait des chemins en terre, en quelque sorte des deviations, qui avaient ete créés par les automobilistes pour ne pas rester bloqué là. En revanche, les gros camions ne pouvaient emprunter ces petits chemins et etaient coincés depuis des jours ici: il y avait une queue de peut etre 10km de camions...les pauvres chauffeurs! 
On a emprunté une de ces deviations dont vous imaginez l'etat et apres quelques kms parcourus comme cela, nous sommes tombés sur un camion qui s'etait aventuré a prendre ce chemin et qui s'etait enlisé dedans. Les 2 chauffeurs essayaient de le reparer desesperement. Quand nous sommes arrivés au niveau de ce camion, le chemin a cet endroit n'etait pas large et une camionnette arrivant en sens inverse essaya de passer a cote du camion mais le chemin etait tellement boueux qu'elle s'embourba dedans. Le chauffeur forca pour passer et cassa quelque chose sous son capot. Resultat: la camionnette etait aussi immobilisée...le comble du comble! Il y avait deja un attroupement de villageois et ces derniers aiderent la camionette a passer une fois que le chauffeur repara sa casse. Ca prit un bon 3/4h. Le probleme etant que les voitures s'etaient accumulées en attendant et qu'il fallait qu'on laisse toutes les voitures d'en face passer avant que l'on puisse nous-meme tenter le passage car le chemin etait trop etroit. Une vraie galere. 
Apres pres de 5h de trajet, il nous restait encore 15km a parcourir quand le chauffeur decida de s'arreter sans autre explication. Il rentra dans une maison et revint avec une bassine pleine d'eau pour refroidir son moteur. Or j'avais prevu de ne pas rester la nuit a Abomey mais de seulement faire les visites de 2 sites puis de repiquer vers la cote togolaise. Le probleme etant que les 2 musées fermaient a 17h tous les 2 et qu'il etait deja 15h. J'abandonna mon taxi brousse là et pris la premiere moto taxi qui passa pour attaquer le 1er site: le village soutterain d'Agongointo. 
Les habitants se servaient de ces maisons souterraines pour se cacher lorsque des ennemis les attaquaient afin de les prendre a revers. Il y avait un guide a l'accueil mais ce dernier me dit de rejoindre un groupe qui avait debuté la visite. Lorsque je rejoignis le groupe, le second guide me dit que c'etait un tour special et qu'il fallait que je parte avec le 1er. J'ai fait 3 allers/retours comme ca et en fait aucun des deux ne voulaient bosser. Je me suis resolu a faire la visite plus ou moins tout seul mais n'ai pas payé de droit d'entrée a cette bande de feignasses! 
Je pris un second taxi moto pour les palais royaux et arriva pile poil au demarrage de la derniere visite. Pas de photo permise malheureusement. Il s'agit des palais des differents rois du Dahomey qui se sont succedés. La tradition voulait qu'a chaque nouveau roi, ce dernier construise un nouveau palais a cote de l'ancien: il y en avait 32! Bien qu'il ne reste plus grand chose si ce n'est des murs en terre cuite (le roi de l'epoque ayant perdu la guerre contre les francais, prefera bruler les edifices plutot que de les laisser aux mains de l'envahisseur), le site est tout de meme classé au patrimoine mondial de l'Unesco (le seul au Benin). 
Je finis vers 18h la visite et un mec du musée, tres sympa, m'emmena a la gare routiere et m'aida a negocier le trajet suivant que je debuta en taxi moto...

Lien vers la video ganvié et abomey 



mercredi 21 mai 2014

Tdm4 E05 201404 Benin Part 2: les capitales de Porto Novo & Cotonou


J'hesita longtemps sur le sens de la boucle que je voulais entreprendre au Benin mais opta finalement pour aller le plus a l'Est avant de revenir sur mes pas et aller plus dans les terres. Mon taxi brousse pris a Ouidah me deposa a Cotonou en plein marché, un des plus dynamiques apres celui de Kumasi au Ghana. Je me retrouva dans une foule dense et fourmillante et ce ne fut pas facile de trouver un taxi brousse pour rejoindre la capitale administrative Porto Novo. La route, en cours de refexion de nouveau par les chinois, avait ete execrable tout du long et j'arriva fourbu au centre Songhai, la principale raison de ma visite ici. La capitale a quelques vieux batiments coloniaux encore debout mais elle ne brille d'aucun eclat particulier. En revanche, le projet qui avait ete monté dans cet institut Songhai etait des plus interessants. Il s'agissait d'un nigerain anciennement ingenieur en mecanique et egalement chercheur en biologie/agriculture qui entreprit de monter une ecole de formation pour apprendre aux jeunes africains a cultiver la terre et elever des animaux de maniere efficiente. Il y avait maintenant 4 centres a travers toute l'afrique de l'ouest. Celui-ci etait d'une trentaine d'hectares et au dela de la presence de classes de cours, d'un amphitheatre et de dortoirs pour les etudiants, il y avait surtout des champs et des cultures de toute sorte afin d'y faire les travaux pratiques. Tout etait passé en revue avec un vrai soucis du bio et de l'ecologie. Le principe etait de reutiliser tout ce qui etait possible pour en faire un veritable ecosysteme a part entiere. Ainsi les poules etaient gardées dans des enclos sur pilotis (qui ne manqua pas de me rappeler une certaine rando en colombie britannique) afin que leurs defections puissent etre reutilisées pour de l'engrais. L'eau urinée des eleves etaient evacuée a travers des bassins de joncques qui s'impregnaient du liquide souillé pour le rendre propre. Les sacs plastiques etaient reutilisés pour en faire des bouteilles plastiques et bouchons afin d'y preparer les jus de fruits frais de baobab, gingembre et mangue. Il y avait egalement de la pissiculture, les asticots pour nourir les poissons etant elevés dans des intestins de poules. Ils arrivaient meme a fabriquer du gaz a partir de certaines plantes et le reutilisaient pour en faire de l'electricité (en faisant tourner un generateur) ou de la cuisson. Tous ces mecanismes necessitaient assez souvent des machines qui etaient vendues sur place. Je fis d'ailleurs la visite avec un jeune parisien d'origine congolaise qui avait ete envoyé par ses parents afin de faire un reperage. Ils avaient en effet un beau terrain au Congo  d'une centaine d'hectares qu'ils voulaient exploiter mais ils n'etaient pas agriculteur a la base et avaient entendu parler de cette institution. Le restaurant du centre ne proposait que des produits fait sur place et la cuisine y etait excellente et tres abordable au niveau tarif. Ils avaient d'ailleurs egalement un supermarché où les gens de l'exterieur venaient faire leurs courses de produits frais estampillés "Songhaï". Je fus veritablement bluffé par la qualité de ce que je pus voir et les discussions que j'ai eues avec les quelques etudiants que je rencontra me confirma mon impression. D'ailleurs, le guide qui nous fit notre visite proposa ses services a ce jeune franco congolais, c'est a dire que l'institution se proposait de depecher des experts au Congo pour monter l'exploitation: sensas!

Je dormis sur place pour une somme tres raisonnable et partis le lendemain voir la Grande Mosquée, un edifice colonial faisant plus penser a une mairie ou un batiment officiel qu'a une batisse religieuse. Puis je visita le musée ethnographique Adandé, avec sa collection de masques fetichistes a "theme", et celui de Honmè situé dans le palais de l'ancien roi de Porto Novo. 


Je pris la route inverse pour rejoindre Cotonou et decida de me poser un peu a l'exterieure dans le quartier pres de la route des Peches, au bord de la plage. J'avais prevu de faire un aller retour sur le site de Ganvié mais la chaleur etait telle que je m'octroya une aprem farniente. Je pris un zem (moto taxi) et me posa au bord d'une piscine qui longeait la route des peches. Cette derniere suivait la cote sur pres de 30km et reliée Cotonou a Ouidah par une piste de terre. Je fis la rencontre d'une allemande qui residait ici pendant quelques semaines. Je resta avec elle toute l'apres midi meme si la conversation fut tres limitée, son anglais se limitant au plus basique. J'avais prevu de sortir tester la night life beninoise a Cotonou mais je m'ecroula dans mon lit vers 22h pour ne rouvrir les yeux que le lendemain aux aurores. Vu la journée qui suivit, ces quelques heures de sommeil ne furent pas de trop!



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mardi 20 mai 2014

Tdm4 E05 201404 Benin Part 1: lundi de Paques a Grand Popo & Ouidah


Le passage de la frontiere entre le togo et le benin se fait principalement par la cote. La premiere ville frontaliere cote Togo s'appelle Aneho plus connue sous le nom de Petit Popo. Son pendant beninois s'appelle Grand Popo et se situe a 3/4h de la frontiere. Je projetais de dormir la-bas dans une petite auberge du bord de plage qui avait l'air bien cool d'apres le routard puis de rejoindre le lendemain Ouidah par une pirogue afin de me balader sur le fleuve Mono et voir ce qu'ils appelent la Bouche du Roi, probablement l'embouchure. Malheureusement, le proprio de l'auberge me dit qu'il n'y avait pas de touristes en semaine et que je risquais de devoir privatiser la pirogue a un prix tres elevé (pres de 40,000frf soit 60€!). J'ai donc laissé tomber et ai juste pris un verre ave lui et un de ses potes rasta, Voudoua, qui venait justement de Lomé. Il nous a fait ecouter quelques morceaux de sa propre composition: un mix de jazz reggae blues "embrumé", plutot sympa.

J'ai ensuite attendu au bord de la route qu'un taxi brousse m'arrete mais c'etait le retour du week end de Paques et je n'etais pas le seul a attendre sur la route. J'eus tout de meme la chance de tomber sur un couple franco beninois qui s'arreta pour me prendre. Ils etaient avec 2 enfants en bas age et m'ont donné plein de bons tuyaux pour mon voyage au Benin. La femme, Celine, etait francaise et cela faisait 5 ans qu'elle avait rencontré son homme en France avant qu'ils ne migrent ici depuis 2 ans. Elle venait tout juste d'ouvrir le musée d'Art Contemporain a Cotonou. Elle me conseilla d'aller chez une certaine Charlotte a Ouidah qui avait un resto appelé Coté Peche. A peine debarqué sur place, Charlotte me montra ma chambre et me conseilla vivement de filer sur la plage malgré l'heure avancée. Son resto etait situé a 4km de là et ca correspondait a la Route des Esclaves, un chemin de terre qui menait les esclaves de l'epoque du Fort jusqu'a la mer. J'avais prevu de le faire demain matin, surtout que la nuit allait tomber d'ici moins d'une heure et que je me sentais assez fatigué. J'entrepris tout de meme de suivre son conseil et pris la route. Il s'agit d'une piste en terre bordée de plantes verdoyantes. Il y avait un nombre incalculable de motos qui circulait dessus. Un enfant d'a peine 8ans vient me proposer des petits caramels qu'il vendait dans une boite en plastique. Je declina gentiment mais nous decidames de faire la route ensemble, lui-meme se dirigeant sur la plage pour faire ses friandises. Ce fut le guide parfait: pas trop relou ni insistant et connaissant suffisamment les lieux pour m'orienter. Arrivés sur la plage, on decouvrit cette derniere archi-comble, et pourtant elle n'etait pas petite: deux cent metres de large et s'etendant sur des kms des 2 cotés. Il y avait des rassemblements un peu partout: certains dansaient sur des chants endiablés au rythme des djembés, d'autres profitaient des vagues de l'ocean meme s'il vaut dire que la plupart ne trempait a peine que les pieds, la majorité des africains ne savant pas nager. De plus l'endroit ete reputé pour ses forts courants vous entrainant vers le large: la mer qui vous prend pour les africains...
On fit un tour a la porte du non retour, desormais appelée la porte du retour, la diaspora revenant sur les traces de leurs ancetres pour mieux comprendre leurs racines. On eu le droit a un pseuso concours de chants en playback: pas terrible! L'ambiance etait a la fete exceptée les quelques jeunes qui venaient me saouler pour que je leurs offre une piece ou une glace, parce que j'etais blanc. Il faut dire que je n'ai pas vu d'autre non africain ici a part moi. La nuit etait maintenant completement tombée. On se partagea une glace chacun avec mon compere et je lui ai bien acheté 5 de ses caramels avant que nous ne prenions le chemin du retour. La fete durait jusqu'a minuit mais je sentais les esprits s'echaudés un petit peu: les jeunes, souvent en groupe, etaient survoltés et je pouvais entendre des rires et moqueries envers ma personne. A tel point que mon jeune vendeur de bonbon me dit qu'il etait temps de rentrer. Impossible de prendre un taxi moto au retour ni un minibus, ims etaient litterallement pris d'assauts par la foule. On refit le chemin inverse et il s'avera assez perilleux de marcher au bord de la route dans le noir complet alors que des motos et voitures passaient dans les 2 sens et qu'il n'y avait bien sur pas de trottoirs.  Il y eu a plusieurs reprises des groupes de jeunes qui vinrent me taquiner. Je sentais que ca pouvait tourner au vinaigre a la moindre etincelle. Je sortais a chaque fois un grand sourire et accelerai le pas pour les semer et passer au groupe suivant. Je rentra assez fatigué a l'auberge et m'offris un veritable festin de tiger gambas. Quelle chance j'eus de tomber sur cette fete. J'appris par la suite que c'etait "the place to be" le lundi de Paques et que tout le Benin se donnait rendez vous ici chaque année a ce jour bien precis.
Le lendemain matin, j'attaqua assez tot par le temple des pythons et le guide local m'offrit un collier vivant pendant ma breve visite: rien de tel pour se reveiller! Je visita ensuite l'ancien fort portuguais où etaient entassés les esclaves avant leur depart en mer et qui avait ete converti en un fort interessant musée ethnographique. Je n'eus pas le courage de reprendre la route des esclaves pour voir les femmes extraire le sel des eaux de la lagune, spectacle que j'avais manqué la veille. Il faisait extremement chaud et je ne voulais pas trainer pour ma prochaine destination: les capitales Porto Novo et Cotonou.

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Tdm4 E04 201404 Togo Part 2: Lomé et la cote togolaise

Je suis arrivé a Lomé vers 9h et ai tout de suite rejoint mon point de chute pour les 3 prochaines nuits: l'auberge Gallion, située tout pres de la plage. Lomé est une ville a taille humaine d'un peu moins d'un million d'habitants et posée a 1km seulement de la frontiere ghanéenne. Il faut dire que la cote togolaise n'est pas large: 53km entre le Benin et le Ghana! J'ai tout de suite fait la rencontre a l'auberge d'un groupe sympathique de 3 volontaires bossant a Kumasi au Ghana et etant venus passer le we ici: une americaine (repondant au doux nom de Chelsea: gloups!), Anania une australienne et Geoffrey un irlandais. Ils etaient contents de me rencontrer car aucun d'eux ne parlaient francais. On a entrepris d'aller visiter le musée international du Golfe de Guinée qui etait indiqué sur leur guide. A l'auberge, on nous a indiqué le chemin, pres de l'hotel Mercure, situé a l'autre bout de la ville. On a chacun pris un taxi moto pour longer la plage et ainsi essayé la nouvelle autoroute qui avait ete construire recemment ici. Le moto taxi m'a meme laissé conduire pendant quelques minutes sur sa "pseudo" harley. Arrivés dans le coin, impossible de trouver le musée. On a bien demandé a 3/4 personnes mais personne n'etait sur. A la reception du Mercure, l'hotel chic de Lomé, on nous a dit "c'est a 5' a pied, juste a cote de la statue sur la route de la plage". On a marché pendant 45', en demandant bien a 5 nouvelles personnes et toujours le meme discours "c'est a 5' devant!". On a finalement laissé tomber et on s'est rabattu sur le musée national en plein milieu de la place de l'Independance. Le conservateur du musee nous a dit que l'autre musée que l'on cherchait avait fermé il y a plus de 2 ans! Celui-là n'avait pas tres fier allure mais il fut tout de meme interessant pour nous donner un avant gout de la culture fetichiste du pays et un peu d'histoire sur le pays. Le Togo etait une colonie allemande des 1884 avant que l'on l'en depossede lors de la 1ere guerre mondiale pour qu'elle passe sous giron francais. Le pays a subit la dictature de leur president Gnassingbé pendant 35 ans avant que son fils ne reprenne les rennes jusqu'a aujourd'hui.
En sortie de musée, je suis tombé sur une procession de bien 2000 personnes qui suivait le chemin de croix de Jesus pour la Paques. Il s'est mis a pleuvoir des cordes et je me suis demandé si les pelerins avaient suffisamment de foi pour continuer leur marche sous un tel deluge...moi en tout cas, je ne suis pas resté pour le verifier! Le temps s'etant calmé, on est parti tous les 4 faire un tour a la plage. La plage qui borde me centre de Lomé n'est pas tres bien frequenté et on a vite fait de s'y faire depouiller. Pour trouver des plages plus penards, il faut longer la cote en direction du Benin, passer la partie ville, puis la zone industrielle qui s'etend sur plus de 6km avant de trpuver des plages privées cloturées et donc safe. Il y a beaucoup de nigerians desoeuvrés ici et meme les raffineries ne sont pas a l'abri. Elles sont protegées par de hauts murs de beton suivi par une serie de barbelets. Et pour completer le tour, des miradors sont positionnés un peu partout: un vrai penitencier! Il faut sire que des bandits ont a plusieurs reprises percé les murs d'enceinte pour piquer les reserves de petroles. On m'a meme dit que des pirates nigerians sevissaient dans les eaux ici et avaient deja attaqué des bateaux stationnés au large de Lomé dans le Golfe de Guinée. La mer etait assez agitée mais on s'est tout de meme bien amusé dans les gros rouleaux du bord, surtout que l'eau etait au top, peut etre dans les 30°c.
Rentré a l'auberge où l'on a pris l'apero dans une ambiance tres expat, on a ensuite continué par un bar en bord de plage en haut d'un building tout pres de la feontiere avec le Ghana. Le patron etait francais et on a tres vite sympathisé avec les gens d'ici. Quasi tous des blancs expats, c'etait leur point de rencontre. J'ai fait la connaissance de tres jeunes volontaires, la vingtaine a peine, tres sympas, qui bossaient a l'ouverture d'un orphelinat un peu plus au nord pres de la frontiere. Ils me proposerent de passer leurs rendre visite a l'orphelinat et je sauta sur l'occasion pour decouvrir un peu plus le travail de volontaires ici en afrique de l'ouest.
On a ensuite bougé dans un concert de reggae au Sunset puis on s'est terminé au Rumba, un club de locaux.
Le lendemain matin, j'ai fait la connaissance au petit dej d'un expat francais travaillant en tant que consultant independant ici. Il venait de remporter un appel d'offre pour refondre la gestion des dechets dans la capitale: un vaste sujet! En discutant avec lui, ca m'a donné envie de bosser sur ce genre de projets. Plutot que de bosser en tant que volontaire dans une ONG souvent sans envergure, a l'impact tres limité et où mes competences ne seraient pas exploitées a leur maximum, je trouvais ca comme un meilleur compromis avec en plus un aspect pecunier plus interessant. Ca alliait a peu pret tout ce que je recherchais et comblait les manques que j'avais pu voir sur les autres idées que j'avais eues depuis que je voyage...affaire a suivre!
Mon equipe d'expats ghanéens etant partie pour le nord du Togo, je suis allé me promener sur la cote autour du lac Togo. Une petite traversée en pirogue pour rejoindre Togoville, plein de fetiches et pourtant ayant accueilli le Pape Jean Paul II il y a une vingtaine d'années. Le site est en effet connu pour y avoir ete temoin d'une apparition de la Vierge Marie sur les eaux du lac. J'ai ensuite pris un taxi moto pour traverser la rase campagne jusqu'a Aneho, juste a la frontiere avec le Benin. De là, retour sur la capitale Lomé et mon auberge où j'ai fait la rencontre d'un chinois et d'une parisienne. Le 1er etait là pour le boulot mais avait malheureusement un anglais tres limité. On a tout de meme eu une petite polemique au sujet du Tibet qu'il considerait comme faisant partie integrante de la Chine. Il accusait la France de cacher le Daila Laima, son "chef terroriste" selon ses mots! La parisienne, Kawtar, etait en fait marocaine avec un passeport suedois, travaillant au Ghana et en visite pour le we au Togo! Elle etait aussi consultante (decidement!) en banque, specialisée dans les modeles mathematiques de couverture de risque, pour le cabinet americain Ernst & Young. Elle etait d'une famille qui bougeait beaucoup et elle avait reussi a partir au Ghana en tant que volontaire mais payée par sa boite: une premiere en France pour E&Y! Elle avait 31ans et avait deja visité 61 pays...bien en avance par rapport a mes temps de passage. On a vraiment bien accroché et on a parlé de nos voyages et experiences respectives pendant une bonne partie de la soirée avant que l'on rejoigne les autres expats togolais au beach bar de la veille. J'ai discuté un peu plus avec l'un d'entre eux qui etait un gros baroudeur aussi. Il s'occupait desormais de la salle de poker d'un des casinos de Lomé: un bon contact! On est tous parti feter Paques dans une soiree au Pure Beach, une des plages privées de Lomé: le theme etait Disco et quasi tout le monde etait deguisé. J'ai fini a 7h du mat pour le lever de soleil sur la plage!
Journée limasse le dimanche. On s'est tout de meme fait un super resto francais le soir avec Kawtar avant de tenter un bar ou 2 mais l'ambiance n'y etait plus ce soir.
Le lendemain, je devais partir avec les volontaires pour visiter leur orphelinat mais ces derniers m'etant un peu de temps a mon gout a lever le camp, je decida de ne pas passer le lundi de paques ici et pris la direction du Benin, ma derniere etape de mon trip de l'Ouest africain.

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Tdm4 E04 201404 Togo Part 1: la region de Kpalimé


La traversée de la frontiere Ghana/Togo a ete assez hyppique: je suis passé en moto taxi d'un petit village coté Ghana a la jungle cote togolais sur une piste eclatée bordée de hautes montagnes verdoyantes. C'etait en fin de journée et le coucher de soleil a ete splendide. Je crois que je n'avais jamais vu un tel orange qui recouvrait toute une partie du ciel par dessus les cretes des montagnes. En chemin, on a croisé des voitures archi-bondées: les personnes entassées dedans comme du betail, le coffre plein a craquer tenant avec des ficelles et des sacs sur le toit doublant la hauteur de la voiture! J'ai souri sur le coup sans savoir que j'allais bientot me retrouver dans la meme situation...

J'ai rejoint le village d'Adeta apres 30km de nuit pour enfin atteindre le goudron. J'ai switché la moto par une voiture taxi. On etait 5 tranquille et j'avais pris la place de devant, comme d'hab. Puis le taximan s'est arreté en chemin pour prendre ule famille de 4 personnes qui ramenait leur recolte a priori en ville: 9 dans la voiture (une genre de R19!) dont 4 a l'avant. Le chauffeur partageant sa place avec un des enfants. Il avait tellement chargé le toit que la taule faisait des bruits bizarres toutes les 2 minutes. J'ai cru que le toit allait nous tomber sur la tete et nous ecrabouiller! 50km plus loin en 1h30de temps, on ait enfin arrivé a Kpalimé. J'avais le dos tout fourbu...etant assis carrement sur le frein a main pendant tout le trajet.
Je me suis posé dans une auberge assez propre. Ma chambre donnait sur une cour arborée et j'avais l'electricité, l'eau, du savon, une serviette, un ventilo et meme les infos de TV5 monde sur la TV: le bonheur quoi! Je ne m'etais pas rendu compte a quel point j'avais perdu en confort ces derniers jours.
J'ai essayé de trouver un resto en ville mais malgré que Kpalimé soit une ville de plus 100.000 habitants, io n'y avait pas grand monde dans les rues alors qu'il n'etait que 22h. J'ai pris une moto taxi pour rejoindre un resto indiqué dans mon guide du routard. Le serveur est venu me voir, bien 20' apres que j'ai passé ma commande, pour me dire que le cuisinier etait parti et qu'il ne pouvait pas me servir...alors que j'etais le seul client dans le resto. J'ai tout de meme reussi a me degoter un plat rapide dans une cafeteria en plein air puis suis rentré me coucher, la journée de demain s'annoncant chargée.
Je me suis reveillé assez tot et ai levé le camp vers 7h du mat pour aller dans le coin de Kouma-Konda, un village perdu dans les montagnes a 12km d'ici. Je suis allé trouver Prosper, un local specialisé dans les papillons et qui avait monté son auberge dans le village. Il etait egalement botaniste, peintre et entomologiste (specialiste des insectes). Il m'expliqua qu'un allemand etait venu en 1984 et lui avait appris a chasser le papillon pour qu'il lui en envoit en Europe et c'est comme cela que ce virus l'a piqué. La botanique est venu par la suite puis la peinture dont il confectionne lui-meme les matieres premieres en utilisant toutes sortes de plantes qu'il trouve dans la foret tropicale autour de chez lui. Il m'a proposé de faire une excursion la journée entiere dans la jungle. J'etais au tacquet jusqu'au moment où il m'a dit qu'il avait de l'ashme et qu'il preferait que ce soit son frere plutot que lui qui fasse la balade avec moi. J'ai senti le coup venir et lui ai repondu "ok, si ton frere est aussi pointu que toi, pas de pb". Le soi-disant frangin est arrivé et n'a pas pu aligner 2 mots quand je lui ai posé une question sur les papillons: c'etait plié, Prosper n'avait plus d'autre choix que d'enfiler sa tenue de chasseur!

On a demarré a 9h et Prosper a commencé a reprendre ma formation d'entomologue depuis zero: c'etait tres interessant. Il connaissait bien les plantes et legumes aussi et m'a presenté ce qui se faisait dans la region. Au niveau peinture vegetale, il m'a montré comment faire l'indigo par des feuilles vertes, et le jaune en grattant l'interieur de l'ecorce d'un arbre. 
On est arrivé sur les hauteurs de la region et la vue sur toute la vallée etait tres sympa avec la ville de Kpalimé en contrebas et dans le fond, le pic d'Agou, le plus haut point du Togo qui m'appelait irresistiblement. On a ensuite pris la foret tropicale protegée et Prosper s'est mis en tete de me faire decouvrir une petite cascade qu'il avait lui-meme decouverte. Cette derniere etait tres encaissée et vu que mon cher Prosper s'etait en plus embrumé un peu les neurones avec de l'herbe locale, la descente pour l'atteindre a ete tres sport! On a cassé la croute un peu plus haut sur des grandes feuilles de bananiers avec des avocats trouvés sur le chemin. Il m'a raconté un peu son histoire: il a 2 femmes et 9 enfants en tout alors qu'il est pourtant chretien. Il a rencontré sa premiere femme alors qu'il n'avait a peine 18 ans. ils ont eu des enfants puis il y a 7ans, il a eu une relation extra conjugale avec une autre fille qui est tombée enceinte. Elle a dit qu'elle voulait le garder et que ca ne la derangeait pas d'etre la 2eme femme. Prosper s'est retrouvé pieger selon ses dires et il regrette ce qu'il appelle une erreur car maitnenant il doit entretenir les 2 femmes, chacune dans une maison. La 1ere est tres jalouse et lui fait sentir tous les jours, lui rendant la vie un peu dure. Selon ses dires, ce n'est pas parce qu'il a 2 femmes qu'il s'est transformé en pere presbyterien donnant la messe et il m'a dit qu'il n'etait fidele a aucune des 2 et qu'il ne se genait pas pour aller coucher ailleurs quand l'occasion se presentait. Je pense qu'il devait s'approcher de la soixante: ah, ce sacré Prosper!
On est rentré vers 15h, bien fourbu et je me suis fait une petite sieste avant de me faire accompagner par le neveu de Prosper au Mont Kloto d'où l'on avait une superbe vue sur la region de l'Ouest et notamment le lac Volta ghanéen qu'on arrivait encore a apercevoir. 
Le soir, Prosper s'est mis sur son 31 et on s'est fait une petite sortie au centre de Kpalimé: pas grand monde en ville (on etait le jeudi soir et le we du lundi de Paques s'annoncait) mais on a quand meme trouvé le moyen de rentrer a 1h du mat.
3h plus tard, reveil aux aurores par un petit jeune du village avec qui j'avais negocié l'excursion jusqu'au pic d'Agou en moto situé a 40km d'ici. Il m'avait garanti qu'il m'emmenerait jusqu'au sommet du pic en moto, sans que je n'ai besoin de payer le droit d'entrée, qu'il me ferait visiter les villages aux alentours qu'il connaissait bien et qu'il avait en plus une moto flambant neuve.
La moto etait toute pourrie, il n'y avait pas de calle pieds pour moi et il callait quasi a chaque fois qu'il se mettait en 1ere. On mis une bonne heure et demi pour rejoindre le haut de la montagne mais ce dernier etait sous les nuages. On a meme eu le droit a de la pluie au sommet. Moi qui avait prevu de voir le lever de soleil, c'etait raté. Pour couronner le tout, a quelques mettrs du sommet, un barrage militaire nous demanda de payer 5000 frf (7,5€) pour passer, contrairement a ce qu'il m'avait dit.
J'ai attendu que l'on recupere mon gros sac chez lui et qu'il me redepose a la station de taxi brousse pour lui dire tout le "bien" que je pensais de son discours de mythomane. On s'etait en plus la veille bien pris la tete sur le prix du parcours. Il avait commencé a 15000frf (22,5€) pour arriver a 7000frf (un peu plus de 10€). Vu les conditions, je lui ai dit qu'il etait horq de question que je lui paie ce tarif et vu que je lui avais deja avancé 2000frf d'essence, je lui en donna seulement 3000 de plus. Il s'enerva vite et empecha le taxi brousse dans lequel j'etais monté pour rejoindre Lomé de partir! Il essaya de me mettre les locaux a dos et l'ambiance commencait a etre electrique. On s'est un peu empoigné et vu qu'il ne lachait pas l'affaire, j'ai preferé reprendre mon sac a dos du taxi et filer a pied prendre un bon petit dej le temps que ca se calme et qu'il disparaisse. Ca a fonctionné et j'ai en plus rencontré 2 francaises tres sympas a la cafeteria qui allaient faire a peu pres le meme parcours que moi.
Je suis retourné a la gare routiere discretement, suis monté dans un taxi et ai disparu d'ici pour me siriger vers le sud et la cote togolaise en direction de la capitale Lomé.

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