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vendredi 11 octobre 2013

201309 British Columbia Part 2 Vancouver Island North to Center: from Port Hardy to Bamfield

The North from Port Hardy to Port Alberni:

L'auberge de jeunesse où j'ai créché n'était pas de première génération mais le personnel plutôt avenant. Ils m'ont dit qu'il n'y avait rien a faire ici et que j'avais mieux faire de descendre plus bas dans le sud de l'ile. J'etais venu pour faire le North Coast trail: un chemin sur 3/4 jours qui longeait la cote nord de l'ile, assez récent et pas encore assez populaire et surtout suffisamment éloigné de la capitale de l'ile Victoria, pour ne pas attirer trop de monde. Malheureusement il y avait si peu de monde qu'ils l'avaient fermé il y a quelques jours!

Les jours commençaient a se ressembler, la plupart des activités étaient fermées et je sentais que j'avais le mal du pays...au creux de la vague...il était peut être temps de rentrer.

Le lendemain matin, mon pc portable était en rade: plus de batterie alors que je l'avais laissé brancher toute la nuit. Sans lui, impossible de charger mon iphone ni ma go pro et donc plus de photos/vidéos: ça sentait le sapin! Lors de mon petit dej, j'ai fait la connaissance de Sue, une ancienne hippie la soixantaine passée habitant une petite ile au centre de l'ile de vancouver et étant venue au nord pour une conference sur l'utopia. Il s'agit de communautés qui cherchent a vivre d'une manière non conventionnelle et en harmonie avec les autres, un peu a la façon de ceux qu'on avait pu voir dans la ville d'Auroville en Inde près de Pondicherry. L'idée de cette conference était de remonter des best practises sur comment vivre ensemble dans une petite communauté. Sue vivait elle-même dans une communauté un peu décalée de 400 personnes. Elle m'a proposée de faire un bout de chemin ensemble vu qu'elle retournait chez elle et que je prenais la même direction. On a fait près de 250km ensemble et on a pu parler de plein de sujets intéressants. Elle avait elle-même fait un tour du monde d'1,5ans avec un mec puis ils s'étaient séparés car le mec était un polyamoureux et après un essaie infructueux, elle n'avait pas trouvé ça tenable, ne trouvant pas que ça lui correspondait, et avait préféré partir. Le mec avait finalement atterri dans une communauté de polyamoureux en Nouvelle Zélande et elle avait perdu contact depuis. Elle avait ensuite vadrouillée un peu partout a l'étranger, avec notamment un séjour de 10 ans a Hong Kong mais sans jamais vraiment se poser et elle s'etait même fait interdire de rentrer aux etats-unis, pour une histoire de marijuana a priori. Bref, passionnante comme histoire et elle a réussi a m'ouvrir les yeux sur certains aspects de ma relation avec Elsa et en general d'ailleurs où je n'avais pas su relancer notre couple quand on était parfois dans le creux de la vague, ce qui arrive a tous les couples passés une certaine période fusionnelle tout simplement parce que je n'en avais pas encore pris conscience. Vu que l'on ne passe pas d'un état passionnel a un autre comme on allume ou éteint une lumière avec interrupteur, que c'est quelque chose de plus diffus dans le temps, je ne m'en rendais pas compte sur le coup mais inconsciemment j'agissais autrement et finissais par fuir la relation dans laquelle je ne le retrouvais plus. A l'inverse, Elsa avait cette sensibilité qui lui permettait de se rendre compte quand ces moments arrivaient et alors d'agir pour relancer notre couple et je crois que c'est grâce a ça que l'on a dépassé le cap des 3 ans et réussir a tenir si longtemps ensemble. J'espère que cette prise de conscience va me permettre de sentir désormais quand la relation a besoin, un peu a l'image de braises dans un feu qui commence a s'éteindre, qu'on lui souffle dessus ou qu'on lui rajoute une buche afin de ne pas la laisser mourir.

Apres m'avoir déposé a Campbell River, j'ai eu le temps d'aller dans un magasin d'électronique où ils se sont aperçus que mon câble avait carrément fondu et ils me l'ont même changé gratuitement vu que mon appareil était encore sous garantie: merci Apple!

J'avais prévu d'aller dans le village de surfeur de Tofino sur la coteOuest mais il n'y avait malheureusement pas de bus direct ce jour-ci et j'ai du prendre un bus pour Port Alberni, en milieu de chemin et attendre le prochain le lendemain. Je me suis trouvé une auberge de jeunesse, le "Fat Salmon Hostel" mais qui n'était pas au centre ville et ai du prendre 2 autres bus locaux pour la rejoindre! J'etais quasi le seul client de l'auberge mais j'ai pu bien sympathiser avec le mec de la réception, un irlandais qui travaillait là pour se renflouer les poches avant de repartir sur les routes et qui m'a donné pas mal de tuyaux, notamment sur le Ouest Coast Trail que j'avais décidé d'entreprendre ainsi que sur Tolfino qu'il m'a finalement déconseillé et remplacé par l'imprononçable Yukleilet, situé pas loin de Tolfino mais où j'avais peut être une chance de trouver un bateau de pêcheur selon lui pour m'amener a Bomfield, le point de départ du Ouest Coast trail. Il m'a également conseillé de faire de l'auto stop pour rejoindre la cote plutôt que d'attendre le bus qui n'arrivait qu'a midi. Le soir j'ai essayé de trouver un resto d'ouvert quasi en vain avant d'en trouver un, chinois, juste a cote de l'auberge alors que je m'étais fait a l'idée de dormir le ventre vide ce soir.

Surf beaches and rain forest in Yucleilet:

Le lendemain j'ai attentivement écouté ses conseils et effectivement un mec m'a pris après a peine 1/4h d'attendre: un surfeur de 31ans, Kyle, père de 3 enfants déjà dont un de 10 ans, super sympa et qui m'a conduit sur plusieurs spots de la cote où il cherchait la meilleure vague pour poser sa planche. On était mardi et Kyle m'a proposé de passer dormir chez lui ce samedi où il faisait une petite fiesta avec ses potes. De mon cote, je suis parti me faire une balade sur la cote et me suis régalé de l'endroit malgré une pluie parfois battante. Je me suis tout de même tapé 3h de marche et ai pu avoir un avant gout de ce qu'il m'attendait au Ouest Coast Trail puis je suis parti en auto stop rejoindre le centre ville de Yukleilet. J'ai pu déposer mes affaires dans l'auberge de jeunesse Surf Inn guesthouse sans faire le check in afin de voir si je pouvais trouver un ride en bateau jusqu'a Bomfield, mon idée étant dans le cas contraire de retourner ce jour a Port Alberni pour faire de l'auto stop pour Bamfield tout en sachant qu'il y avait très peu de chance que je trouve une voiture sue ce chemin déjà très peu utilisé mais encore moins a cette période de l'année. En effet, il faut savoir que ce trail, réputé mondialement, ferme le 30 septembre et que le seul bus qui le dessert et qui permet d'en sortir s'arrête de tourner le 29/09. Or il faut entre 6 a 8 jours pour se farcir les 70kms de ce trail qui correspond a la route que devaient se taper les naufragés des nombreux bateaux qui échouaient sur ces cotes et on était le 23 milieu d'après midi!

lien vers la video Ucluelet


fisherman boat from Yucleilet to Bamfield through the Broken Islands:
Je me suis baladé sur le port et ai pu appeler un mec qui faisait ce genre de transfert Yucleilet/Bamfield. Il avait  un bateau de 18 personnes et facturaient 400$ pour me déposer la bas comprenant déjà un discount de 100$ parce que j'étais seul. J'ai essayé de trouver une alternative et ai commencé a appeler tous les numéros de téléphone qui étaient indiqués sur les petits bateaux du port. Seulement un m'a répondu par l'affirmative pour un prix de 325$ sachant que la traversée ne prenait que 45minutes en speed boat pour environ 30km. 

En désespoir de cause, je suis allé trainer mes guêtres dans un autre port encore plus petit et suis tombé sur Paul, un petit mec rigolo, la soixantaine, qui revenait de faire ses courses, qui n'arrêtait pas de jurés a chaque phrase qu'il prononçait et aller monter dans son bateau de pêcheur. Je lui ai parlé de ma situation et il m'a dit instantanément: "ok pas de problème, je t'y amène". Il a fait un calcul se combien ça allait lui couter en essence et m'a proposé le prix de 150$. J'ai sauté sur l'occasion et suis parti ni une ni deux faire mes courses de backcountry food pour les 5 prochains jours et suis allé récupérer mes affaires a l'auberge de jeunesse avant d'embarquer 1/2h plus tard dans son bateau. En effet, le prix était faible (il faut savoir que rien qu'en essence, il y en a normalement pour 200$ avec un speed boat) mais son bateau n'avançant pas très vite, il m'a conseillé de partir tout de suite si je voulais arriver a l'heure le lendemain matin a l'entrée du trail: ça me faisait la nuit gratos, perfect! J'avais en plus de fortes contraintes de temps car pour finir le 29/09 en commençant le lendemain, ça me faisait 5 jours de trek seulement alors qu'il était annoncé en 6 minimum mais il fallait en plus, pour pouvoir démarrer le trail, assister a une mini orientation qui commençait a 9h30 du mat.

Bref, on a demarré le periple vers 17h30 mais malheurusement Paul n'avait pas pu faire le plein d'essence car la seule pompe a essence du coin était passée aux heures d'hiver et avait fermé quasi devant son nez. Il a alors estimé avoir assez d'essence pour faire l'aller et espérait faire le plein a Bamfield. Le temps était comme par magie redevenu ensoleillé et je sentais un second souffle poussé et un regain d'énergie poussés en moi. Son bateau était plutôt petit et pas tout neuf mais a l'image du personnage: un peu cracra mais fort sympathique quand même. On a navigué pendant près de 3h avec un petit passage mouvementé dans le wild ocean pour rejoindre les "broken islands" mais une fois arrivés dans cet archipel d'iles, les eaux se sont retrouvées presque aussi calmes que dans un lac. On a jeté l'ancre dans une petite péninsule isolée apres avoir tout de meme navigué une bonne 1/2h de nuit et Paul m'a fait quelques burgeurs pour le diner, la viande hachée étant soigneusement malaxée par ses mains "soyeuses" pendant quelques minutes pour en faire des steaks. 

Paul était vraiment un mec cool. Ca faisait près de 40ans qu'il était pêcheur et sa philosophie de la vie était simple: "Fuck the money, fuck the system, fuck them all!". Il avait quitté sa femme il y avait 4ans, sans avoir eu d'enfant, parce qu'elle lui pompait l'air selon ses propres mots et lui avait laissé leur maison de 350,000$ et s'était retranché dans son bateau. Il poussait de temps en temps la chansonnette en guitare dans la ville de Port Alberni et a pu m'en faire une demo: une vraie petite star locale! En revanche, il aimait bien picoler et j'avais déjà acheté une bouteille de vin qu'on s'était enfilé en moins de deux pendant le diner mais lui enchainait de la beurre ultra forte canette sur canette.

Il m'a parlé du métier de pêcheur, la profession la plus dangereuse au monde selon lui et je veux bien le croire. Il avait de nombreux amis qui étaient morts sur ces cotes hostiles et notamment le long du West Coast Trail. Les 3 principales raisons de telles tragédies: le mauvais temps, un problème survenu sur le bateau et enfin l'alcool, les marins naviguant bourrés ayant l'air d'être plus une référence qu'une exception dans le coin!

lien vers la vidéo Broken islands





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