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dimanche 29 septembre 2013

201309 Alaska Part 4: from Gwennallen to Valdez through Chitina

Je me suis posté au carrefour et ai attendu a peine 20' avant qu'un autre énergumène ne me prenne. Un local, arrière grand père 4 fois, ancien chasseur et boucher, et étant désormais "fish cutter" a Valdez ou il se rendait. J'ai hésité a y aller direct sans passer par Mc Carthy mais le seul ferry que j'avais trouvé partait de Valdez le lundi et on était seulement mardi! Je lui ai demandé s'il pouvait faire un petit crochet au visitor center situé a quelques kms de Gwennallen et il a gentiment accepté et m'a attendu le temps que je prenne les cartes des treks que je voulais le faire dans le parc. En revanche, je n'ai pas pu prendre de container pour protéger ma bouffe contre les ours car la nana voulait que je lui ramène la boite mais ce n'était pas prévu sur mon chemin retour de faire un tel crochet. En remontant dans la voiture de Jim, le fishcutter, j'ai pu sentir qu'il avait patienté avec un joint de marijuana! Il m'a déposé a l'intersection sur la route de mc Carthy et m'a proposé de passer le voir a Valdez quand j'y serai...rendez vous était pris.

J'ai attendu une bonne 1/2h avant qu'un mec travaillant pour la voirie s'arrête et me dépose a une vingtaine de kms plus loin, a une grocerie. J'en ai profité pour acheter une corde afin de pouvoir suspendre ma nourriture en haut d'un arbre a l'abri des ours. J'ai attendu un bon 3/4h et ai bien cru que j'allais dormir ici. Une française en vacances ici et qui était venue visiter sa fille, m'a tenu compagnie pendant quelques minutes et in a tapé une bavette. Puis un local muni d'une longue barbe s'est arrêté et m'a pris pour m'amener a mi chemin sur le village de Chichina. Le mec était super sympa et tres intéressant. Il avait 63ans et tenait un resto un peu plus haut sur la highway. Il était chied deputy au lion's club de tout l'état d'Alaska et m'a raconté plein d'anecdotes rigolotes quand on est tombé tout d'un coup sur la route sur un ours noir femelle et son bebe d'a peine 1 an sur notre route. Situation extrêmement dangereuse car c'est l'animal le plus agressif d'Alaska après l'origan, et d'autant plus qu'il s'agissait d'une mère avec son petit. Ils ont fuit la route très vite et le petit est monté dans un arbre a toute vitesse tel un écureuil. Je ne pensais pas qu'ils pouvaient être si agiles et rapides! La mère était planquée dans les fourrées pas loin et on a pu profiter tranquillement du spectacle du petit ourson qui ne savait pas trop quoi faire entre rester perché dans son arbre ou filer rejoindre sa mère. Moments assez exceptionnels et uniques selon mon hôte Bill.
Ce dernier m'a ensuite proposé de passer voir sa "fish wheel" et de la mettre en fonction avant de me déposer. Il s'agit d'une grande roue qui tourne toute seule dans l'eau, qui capture le poisson et le balance dans un grand panier, tout ça sans rien faire. Invention datant de la fin du 19eme siècle créée par un blanc d'ici. Bill m'a dit qu'il avait déjà pris plus de 200 saumons en une seule fournée avec cet engin (sachant qu'une fournée dure 12h environ) et que comme pour l'origan, il n'était pas censé les vendre mais devait s'en servir pour sa propre consommation et celle de sa famille...faites des enfants qu'ils lui disaient a l'époque!
Apres lui avoir donné un coup de main a la mettre en fonctionnement, on est parti dans un bar très sympa du coin tenu par son pote Tom et on a pris un verre avant que son pote ne m'accompagne a un terrain de camping super bien placé près d'une jolie rivière.  Bill faisait une fête ce samedi dans son établissement avec un petit concert de guitares et m'y a gentiment convié.
J'attendrai le lendemain pour me faire les 60 miles restants qui me séparent de Mc Carthy.
C'est après ces 2 jours passés sur la route que j'ai pris conscience de la portée de cette maxime que l'on m'avait souvent répétée mais que je n'avais jamais vraiment assimilé: "l'important, ce n'est pas la destination mais le chemin pour y parvenir".

J'ai encore mieux compris la maxime le lendemain: j'ai attendu de 8:30 a 14:30 soit 6h sans aucune voiture ne me prenne. C'était soit des touristes qui ne s'arrêtaient pas soit des locaux qui allaient juste a la rivière. Il y a du avoir une trentaine de voiture en tout max! En plus, il a plu toute la nuit et ça a continué une bonne partie de la matinée...la pire des situations quand on fait de l'autostop. Au final, j'ai lâché l'affaire, me suis tapé les 2 miles avec mes 2 sacs de 50L sur le dos et suis allé au centre ville de Chichina voir si Tom n'avait pas de solution mais malheureusement, il n'a rien eu a me proposer d'autres. J'ai decidé de laisser tomber Mc Carthy et le parc de Wrangell St Elias et de rejoindre Valdez, située a 200km d'ici. 
J'ai attendu un bon 3/4 d'heure avant de tomber sur le bonhomme qu'il me fallait. Un jeune slovaque la trentaine habitant dans les rocheuses au Canada et qui allait justement a Valdez. Il venait de récupérer sa voiture de location qu'il avait laissé au bord de la rivière depuis 5jours et qui est d'ailleurs resté devant mon nez toute la matinée. En effet, il avait démarré une balade de 5 jours en kayak avec sa copine pour descendre la Copper River de Chichina jusqu'a Cordova. Ils avaient ensuite pris le ferry jusqu'a Valdez et lui avait fait de l'auto stop toute la journée pour venir rechercher sa voiture tandis que sa copine était restée a Valdez.
La route était de toute beauté, surtout l'arrivée sur Valdez où on longe une très jolie rivière encaissé et où d'ailleurs sont tournés de nombreux clips de descente de ski en poudreuse l'hiver. On peut comprendre pourquoi quand on voit la dénivelée, la route m'ayant d'ailleurs fait penser a la route des Trolls que l'on avait traversé en Norvège!
Arrivé en ville a Valdez, j'ai essayé d'aller au camping du coin mais ce dernier venait de fermer pour la saison ainsi que certains hôtels et le visitor center également. Ca s'annonçait bien! J'en ai profité pour poser ma tente sur un emplacement du dit camping, un peu caché pour pas qu'on la voit et me vole mes affaires ou m'embête. Le seul problème étant que je ne pouvais pas prendre de douche et que ça faisait déjà un bail que ça ne m'était pas arrivé!
Le lendemain, j'ai démarré assez tôt, sachant que j'avais mon ferry en milieu d'après midi direction Cordova, pour faire un trek le long de la cote: le "Shoup trail". Le problème est qu'il avait tellement plu que le trail était en grande partie inondée. J'ai réussi a m'en depatoger jusqu'a l'arrivée sur une clairière où là, un des petits ponts était inondée et impossible de le franchir sans se mouiller les 2 pieds. J'ai essayé de contourner a travers les hautes herbes marécageuses et ai du longer une rivière que je ne pouvais traverser jusqu'a une grande plage peuplée de nombreux oiseaux et en particulier des mouettes. En voulant m'approcher pour les prendre en video pendant qu'elles s'envolaient, j'ai vu au bout de 5' un ours noir sur la même plage que moi a a peine 100m qui me regardait! J'etais a découvert et coincé par la rivière dans mon dos et la mer sur ma droite. J'ai fait des grands signes de bras pour paraitre bien grand et ai commencé a parler fort tout en battant en retraite. L'ours a continué a m'observer puis est reparti vaquer a ses affaires: ouf! 
Je n'étais tout de même pas très rassuré et ne voulant pas faire demi tour, j'ai entrepris de sauter par dessus la riviere après y avoir mis un tronc d'arbre en travers. J'ai ensuite longé la plage de galets et ai bien profité du magnifique paysage qui s'offrait a moi, a moitié dans la brume et avec une falaise qui n'arrêtait pas de pleurer! Au bout de 10' de marche, ca ne passait plus et ai du rebrousser chemin.
Le temps de manger un morceau, une énorme pizza pour 4 que je me suis enfilé tout seul, et j'etais dans le ferry direction Cordova.





lundi 23 septembre 2013

201309 Alaska Part 3: from Denali to Gwennallen through Fairbanks


Premier long voyage que je tente en auto stop de Denali a Fairbanks soit un peu plus de 2h de trajet. J'ai eu le droit a un 1er ride avec 4 jeunes européens vivants a Washington DC mais ils ne m'ont déposé qu'a Canyon la ville la plus près du parc de Denali. 3 filles super cools m'ont ensuite pris pour 10miles de plus et m'ont déposé juste devant un origan. J'ai cru au début que c'en était un empaillé puis je l'ai vu bouger les oreilles. Il faut savoir que c'est assez dangereux d'être très près d'un origan car il peut vous charger a tout moment...ms le problème étant qu'il était juste au meilleur endroit pour faire de l'auto stop. A peine 5' d'attente et un mec venant d'Anchorage m'a pris pour m'amener juste devant ma guesthouse: nickel!

J'ai trouvé cette guesthouse assez particulière, chez Billie's Backpackers hostel, qui propose des chambres et des dortoirs comme toute auberge qui se respecte mais également des places de camping dans son jardin! J'ai pris une place dans le jardin histoire de rentabiliser ma tente achetée a Anchorage mais j'ai tout de même profité des facilities de la maison et notamment de la salle de bain...je ne m'étais pas lavé depuis 6jours...même pas rincé le visage une seule fois (l'eau dans le parc de Denali etant a 2°c!). 

J'ai ete un peu lasy le soir et ne suis pas allé a la chasse aux aurores boréales vu qu'il pleuvait, et pourtant certains touristes japonais ont pu en voir cette nuit là. 
Le lendemain, j'ai voulu aller faire des courses pour mon prochain trip en back country dans le supermarché de Fairbanks mais c'est tout de suite la galère ici des qu'on n'a pas de voiture, surtout que le dimanche, les bus ne fonctionnent pas! J'ai mis 45 bonnes minutes a pied pour rejoindre le mall sous la pluie et en ai profité pour me faire un gros gueuleton chez Taco Bell. Petit retour en auto stop où un charmant couple m'a redeposé a ma guesthouse.
J'avais prévu ensuite d'aller aux sources d'eau chaude de Chenai situées tout de même a 80km de Fairbanks. Malheureusement pour moi, tous les habitants de la guesthouse qui voulaient y aller étaient déjà partis. Je me suis dit, pas grave, on va hitchacker. Je suis parti dans une galère sans nom. Un premier mec super cool m'a pris au bout de 5' et m'a déposé a 15' de là sur la highway. Sur ma carte, l'embranchement pour aller a Chenai n'avait pas l'air loin mais bien la carte n'était pas a l'échelle et j'ai marché sur l'autoroute pendant 6km! A peine arrivé a l'embranchement qu'un couple m'a pris pour me déposer a 10km de là, puis un mec seul pour quelques kms et un autre couple qui m'a amené jusqu'a une station service a 23 miles de Fairbanks et il m'en restait 33 a faire. J' ai attendu sous une pluie battante pendant une bonne heure et demi et ai commencé a me dire qu'il fallait peut être que j'aille de l'autre cote de la route pour rentrer quand un couple de jeunes locaux s'est arrêté pour me prendre. Ils allaient faire un trek a 15km de mon point de chute mais quand ils ont vu a quel point j'avais galeré, ils m'ont finalement deposé directement aux thermes.

Là, je ne me suis pas fait prier et ai foncé tout droit dans le premier bassin indoor du site, puis un petit jacuzzi a bulles avant d'aller a l'exterieur et profiter de l'enorme bassin d'eau chaude entouré de gros rochers naturels sur lesquels on pouvait se relaxer quand l'eau devenait vraiment trop chaude. Tout allait bien et j'etais dans un bon esprit de relaxation quand mes amis japonais sont arrivés, au moins 2 cars pleins de retraités japonais assez bruyants. Je suis resté en tout et pour tout presque 3h sur le sure et quand j'ai voulu repartir, meme problème, personne qui partait pour Fairbanks! J'ai du patienter un bon 3/4h avant de tomber sur un couple d'américains d'origine coréenne habitant Anchorage, dont l'homme était militaire dans l'US Air Force, et qui m'ont raccompagné jusqu'au palier de ma porte de tente: nickel!
Vers minuit, je suis parti a la chasse aux aurores boréales avec un groupe de 3 taïwanais qui avaient tous leur petit trépied avec leur appareil photo dernier cri mais le ciel était assez couvert et on ne pouvait pas distinguer d'énormes aurores boréales et encore moins les photographier me concernant, l'iphone étant un peu limité pour des clichés dans le noir.
Le lendemain, j'etais reparti pour faire de l'auto stop, en direction de Mc Carthy et du parc Wrangell St Elias. J'ai parlé de ce parc a de nombreux locaux ici et aucun ne l'a jamais visité. Il est dit dans le lonely planet qu'il s'agit d'un parc un peu plus wild que celui de Denali et beaucoup moins touristique.


J'ai trouvé un premier ride a l'arrêt de bus. Un jeune super cool qui m'a déposé a l'un des meilleurs spots de la ville pour faire de l'auto stop: a l'entrée d'une autoroute là ou il y avait le plus grand supermarché de Fairbanks, Walllmart. Je m'étais fait un petit écriteau indiquant une ville au milieu du parcours, "Delta Junction", située a 160km. Un autre jeune m'a pris, super sympa aussi et a priori gay, mais juste pour me dire qu'il n'allait pas a l'extérieure de la ville et me déposer a un spot beaucoup moins approprié que le précédent et a 5' de voiture du 1er! J'ai galeré pendant un bon 3/4h ici. J'ai essayé plusieurs feux, différentes techniques avant qu'un mec, chasseur, ne me prennent et me dépose a 17miles d'ici a North Pole, une petite ville de la banlieue de Fairbanks, là ou il y avait la maison du père Noël. J'ai pu me prendre un bon Big Mac avant de retenter ma chance a l'entrée de l'autoroute et ça n'a pas trop tardé. Apres une vingtaine de minutes, un mec et ses 2 pitbulls s'arrêtent pour me prendre et me dépose a 20km plus loin au milieu de nulle part, dans un magasin de souvenirs sur le bord d'une petite route genre départementale. Là, j'ai bien poireauté une bonne heure avant qu'un couple de jeunes chasseurs ne s'arrête pour me prendre mais bizarrement ceux-là venaient de l'autre sens! Je n'ai pas compris sur le coup mais en fait, ils m'avaient vu et avaient fait demi tour pour me prendre. Ils allaient a Tok mais m'ont déposé a Delta Junction ce qui m'a bien avancé. Ils étaient originaires de Juneau et venaient chasser l'origan dont l'ouverture de la chasse venait de commencer début septembre et courait jusque début octobre. Je leurs ai fait écouter de la "musique du monde" et il se trouve que la jeune fille était une fan de swing et m'a donné une adresse a Juneau où il y avait des soirées de ce genre tous les vendredis soirs...noté dans mon agenda! Ils m'ont accompagné dans un magasin de camping/armurerie où j'ai pu acheter un tarp, une sorte de grande bâche isolante que je puisse mettre sous ma tente afin de la rendre plus étanche et qu'elle garde lieux la chaleur par le dessous. C'est en sortant de la voiture que j'ai remarqué que le mec avait un revolver a la ceinture! 
Il était environ 14h30 et de nombreuses voitures passaient par là mais aucune ne s'est arrêtée et au bout d'une heure 30, j'ai décidé de faire une pause dans la pizzeria du coin tenue par un sympathique couple d'immigrés grecs qui étaient venus tenter leur chance ici en Alaska il y a presque 40 ans lors de l'installation du pipe line qui relie l'Alaska du Nord au Sud pour y faire transiter le pétrole. Ils m'ont mis en garde contre les gens du coin qui étaient tous armés et de faire attention avec qui je montais car je pouvais tomber sur un détraqué. De plus, ils m'ont également prévenu de faire attention car après cette ville, ça devenait vraiment sauvage et que je pouvais trouver la mort par ce temps là dans cette région...
Je voulais regarder la finale de l'US Open de tennis qui était en train de se jouer mais ces gueux n'avaient pas la TV!
Apres m'être bien sustenté, je suis parti retenter ma chance dehors et ai attendu jusqu'a 19h sans aucun résultat. Seulement une voiture s'est arrêtée avec 2 mecs a bord pour me donner un sandwich, genre mendiant en me disant de ne pas utiliser mon panneau car ça faisait celui qui voulait réclamer sa pièce! 2 nanas se sont arrêtées en voiture et m'ont proposé de m'amener a un terrain de camping pour y passer la nuit afin que je ne galère par trop pour la nuit et que je retente ma chance le lendemain. J'ai sauté sur l'occasion et ai pu passer une bonne nuit dans la nature pres d'une rivière pour reprendre des forces après cette dure journée. J'ai quand même un peu gambergé cette nuit là et me suis demandé ce que je foutais là et si je n'avais pas mieux fait de rentrer en France direct.
Le lendemain, j'ai marché pendant un bon km avec mes 2 gros sacs pour rejoindre le même spot de la veille et après 1/2h a peine, un jeune mec au look de surfeur que j'avais déjà vu la veille s'est arrêté pour me faire monter en me disant qu'il m'avait vu galerer la veille et qu'il pouvait me déposer a une soixantaine de kms de là près de Paxtson, a peu prêt a un quart du parcours restant. Il m'a egalement prévenu qu'il allait peut être tirer a la carabine pendant le trajet si jamais un origan passait par là. Je lui ai dit ok pas de problème et c'était parti.
Il avait effectivement une belle carabine juste a coté de lui avec une longue vue et il m'a dit qu'il avait fait 6 mois en Irak a Bagdad il y a quelques années. Il essayait de se faire un origan et sillonner la route qu'on allait emprunter pour en tirer un au passage. Le paysage était de toute beauté et j'ai eu l'impression de me retrouver dans le parc du Denali mais sans les touristes japonais autour! Il m'a déposé a un aire de parking au milieu de nulle part. J'ai commencé a me poser quelques questions quand au bout d'une demi heure, seulement 4 voitures étaient passées a toute blind sans même ralentir en me voyant. Je me suis fait des pâtes minutes avec mon réchaud au bord de la route et ai eu le temps de me faire chauffer un thé avant qu'un petit convoi de 2 voitures et une remorque ne s'arrête. Il s'agissait d'un chasseur, du cru, avec une de ses amies et sa petite fille de 9 ans. Le mec venait tout juste de tuer son origan et était aux anges. Les chasseurs sont limités a un origan par personne par saison de chasse et n'ont pas le droit de vendre la viande. Ils dépècent la bête (ça prend 2 jours entiers a 2!) et la mettent au freezer et ont de la viande pour leur barbecue pour toute leur famille pour une année entière. Le mec avait un arsenal de guerre dans son pick up avec longue vue et télescope spécial. Sur le chemin, il n'arrêtait pas de klaxonner des qu'on croisait quelqu'un pour montrer sa prise! Il m'a bien avancé, de près de 150km et m'a déposé dans sa ville a Gwennallen, au croisement entre 2 routes. Là, j'ai fait la rencontre coup sur coup de 2 couples rigolos: un 1er composé de 2 bikers suédois roulant pour une association pour protéger les enfants orphelins. Ils étaient partis d'Anchorage et allaient a Miami...en vélo! Leur trip était prévu sur 5 mois a base de 90km/jour. Le 2eme couple venait d'Angleterre. Ils étaient arrivés de Chicago, avaient acheté une moto et avaient rejoint la cote ouest avant de remonter jusqu'en Alaska pour essayer de revendre leur véhicule a Anchorage et rentrer au bercail après 2,5 mois de trip sur une moyenne de 300km/jour. Les suédois m'avaient prévenu que le ferry de Valdez, une de les prochaines destinations, était en panne jusqu'en octobre et qu'il n'y avait quasi aucun moyen de quitter la ville que par la route et revenir a Anchorage par le carrefour où l'on était maintenant. Je me suis posé la question d'aller a Mc Carthy où l'on m'annonçait en plus une galère sans nom pour trouver un ride jusque la bas. Je me suis dit que c'était dommage de renoncer si près du but après autant de galère et que je choisirais selon mon prochain ride. J'avais tout de même checké entre temps sur internet et avais trouvé une solution de sortie de Valdez par un autre ferry plus une double correspondance en avion...pas simple mais faisable. 

lien vers la vidéo Part 3 from Denali to Gwenallen through Fairbanks


samedi 21 septembre 2013

201309 Alaska Part 2: Into the Wild dans le parc Denali


Day 0 Intro: arrivée & check in a Denali et nuit au camping Riley Creek

J'ai donc pris le train le lendemain et était censé m'arrêter a Talkeetna pour un vol dans un petit coucou autour du Mc Kinley afin de compenser le fait que je ne puisse tenter son ascension. Malheureusement la nana de l'agence m'a appelé en début de matinée pour me prévenir que le mauvais temps n'allait pas permettre le vol ce jour là et je suis donc resté dans le train jusqu'au parc de Denali que j'ai rejoint a 16h. J'ai mis près de 2h et demi pour comprendre comment le parc fonctionnait et pour me faire un itinéraire sur les 7 prochains jours. Le parc fonctionne a 3 vitesses: les touristes de masse qui se déplacent dans des gros bus et qui ne passent qu'une journée dans le parc, en ressortent et dorment dans des hôtels ou camping a l'extérieur (il vaut savoir qu'ici, un peu comme en Norvège, c'est le paradis du camping car et il faut voir les monstres que c'est...a l'américaine!). La 2eme manière est le camping a l'intérieur du parc dans des campgrounds prévus a cet effet. Les places sont limitées et mieux vaut réserver a l'avance. Quand je suis arrivé, les campings les plus intéressants étaient pleins depuis près de 6mois! La dernière manière de fonctionner est le backcountry camping: ils ont découpé le parc en unité qui peut contenir chacune un nombre restreint de backpackers par nuit (entre 4 et 12 max selon la taille de l'unité). Vous devez définir votre itinéraire a l'avance et réserver vos nuits dans chaque unité où vous voulez vous arrêter pour la nuit...pas simple quand on sait que le parc contient 90 unités et que chacune fait environ 20km sur 20km! Le truc qui est bien est qu'on ne dort pas dans les campings du parc (qui sont au nombre de 5 et qui sont de toutes façons tous complets!) mais dans la nature, où l'on veut a condition de poser sa tente a plus de 800m de la route qui longe tout le parc. Sur cette route, des bus spécial backpackers circulent toute la journée et on peut les prendre a volonté pour aller d'une unité a une autre: plutôt pratique quand on a compris comment ça fonctionne!
Vu qu'il était tard, j'ai pris un camping juste a l'entrée du parc et après avoir monté ma tente, je m'apprêtais a partir en mission faire mes courses au seul village le plus près du parc situé a 3km d'ici quand je suis tombé sur un autre campeur qui m'a proposé de boire un verre puis après discussion qui s'est proposé de m'amener au village avec sa voiture. Il s'appelle Arte et est d'origine hollandaise bien qu'il soit né et habite l'Alaska, a Fairbank precisemment. Il sentait tout de même bien l'alcool et j'ai vite vu a sa conduite qu'il était déjà bien atteint mais pas très grave, ça m'a bien depanné! J'en ai eu pour 100$ de courses pour acheter de la nourriture de merde pour les 7 prochains jours: un vrai racket. La petite boite de sardine était vendue a 3,5$et le paquet de céréales a 7$, avant les taxes bien sur! De retour au camping, on avait prevu de diner ensemble avec nos rechauds respectifs mais Arte s'est fait expluser du camping car il n'avait pas payé l'emplacement et n'avait pas l'intention de le faire! On s'est tout de même échangé nos nº de telephone et il s'est proposé de m'héberger a Fairbank, ma prochaine étape, mais pas sur que je l'appelle!
La nuit fut rude avec beaucoup de vent et une pluie constante. J'ai essayé de pacter le lendemain et bien sur ça ne rentrait pas tout dans un seul sac. Il faut savoir qu'en plus, lors du check in dans le parc, il m'ont fait tout un briefing sur comment gérer les animaux sauvages comme les loups et les origans mais surtout les ours qui pullulent ici et plus précisément les grizzlis et les ours bruns. Ils m'ont donné un gros container noir incassable et je suis censé mettre toute ma bouffe, mon dentifrice, mes savons et mes déchets a l'intérieur afin de ne pas attirer les ours. De plus quand je mange, je dois me mettre a 100m de ma tente et quand j'ai fini, je dois placer ce container a 100m également afin de former un triangle, toujours pour se protéger des ours qui sont attirés par les odeurs.
Je vous avoue que j'etais très excité a l'idée de faire une telle balade dans ce parc mythique. C'est là qu'a été tourné le film "Into the wild" (histoire vraie d'ailleurs) qui raconte l'histoire d'un jeune américain pour qui tout réussissait dans la vie mais qui décida de tout plaquer pour aller vivre dans le "wild" en Alaska. Je ne vous raconte pas la fin pour ceux qui ne l'ont pas vu et je vous engage a aller le voir si vous en avez l'occasion: un grand classique même si a la fin, ça ne se termine pas forcement bien pour lui...c'est vraiment un film qui m'a inspiré lors de mes voyages et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'avais mis l'Alaska au programme de mon tour du monde.



Day 1: Triple lake (unit 1) & Savage Alpine trails (unit 25)
J'ai commencé ma première journée par un trail a l'entrée du parc: pas très wild mais ils en disaient de bonnes choses dans les différentes revues que j'avais parcourues. Il s'agit du "triple lakes trail" annoncé en 5h pour 15km de trajet aller. Je les ai fait en 3h30 a l'aller sous une pluie intermittente et un vent fort mais lui constant. Sur la route, je me suis régalé des baies qui parcouraient le chemin...mais n'ai pas gouté aux champignons ;-).
La balade était plutôt sympathique avec  de très beaux paysages et de belles couleurs, a moitié automnale a moitié estivale. Ca montait et ça descendait si bien que le retour s'annonçait sur la même durée! J'ai préféré rejoindre la route et faire de l'auto stop et après a peine 5', j'ai été pris par un local qui m'a non seulement déposé mais m'a en plus donné le nom de sa soeur qui est la gérante d'un des 4 hôtels de luxe qui se trouvent au fin fond du parc afin que je passe la voir: cool! 
J'ai du modifier mes unités de passage dans le parc avant de rendre visite a cette personne et suis parti a l'assaut de l'unité 25 avec 5h d'avance donc, vers 14h30. J'en ai profité pour faire le programme du lendemain dans l'apres midi et suis parti démarrer mon 2eme trail de la journée: le "Savage Alpine trail" annoncé sur 3h pour 7km que j'avais prévu de faire dans sa partie haute puis de sortir du chemin pour me balader dans le wild (j'adore cette expression!) et y poser ma tente pour la nuit. Il y avait un vent de malade. La seule fois que j'ai eu le même genre de conditions, c'était avec Elsa au parc Torres del Paine au Chili où l'eau des lacs était soulevée par les rafales de vent. Ici pas d'eau, mais vu que j'avais mon gros sac qui en plus débordait de toute part (j'avais acheté 2 sangles puis encore 2 autres afin de pouvoir tout attacher sur le pauvre 50l) alors que j'avais pourtant déposé une partie de mes affaires inutiles dans un locker a l'entrée du parc. J'ai fait 2 bonnes heures d'ascension et ai jouit d'une formidable vue sur toute la vallée du parc aux tons marrons de l'automne et en fond un premier jet de montagnes couvertes de forets et en arrière plan, d'autres mais enneigées cette fois. Malheureusement il y avait tout de même des nuages et impossible de voir le mont Mc Kinley. J'ai pourtant entrepris l'ascension du sommet de la montagne où j'etais, non sans laissé mon sac a l'abris afin de pouvoir monter plus aisément mais rien a faire. 
J'ai voulu dormir sur les hauteurs afin de bénéficier d'un eventuel éclairci au lever du soleil mais il n'y avait pas d'eau ici et j'ai du redescendre en contrebas où je me suis trouvé un super spot situé juste au dessus d'une rivière et a moitié protéger par le flan de la montagne et quelques arbustes entourant l'endroit qui faisait pile poil la taille de ma tente. Le temps de me faire chauffer des macaronis au fromage "organic" (c'est comme ça qu'ils appellent le BIO ici) avec un petit thé, a 100m de ma tente, de vous écrire ces quelques lignes et un bon dodo réparateur pour démarrer une autre extraordinaire journée.

lien vers la vidéo Day 0 to Day 1 Intro & Triple lakes and Savage Alpine trails




Day 2: from Savage River to Eielson & the Thorofare Ridge trail (Unit 33)
La nuit a été assez cauchemardesque. Il y a eu des bourrasques de vent terribles jusqu'a 5h du mat et a plusieurs reprises, j'ai cru que la tente allait s'envoler tellement elle était ballotée malgré les grosses pierres que j'avais mises sur chaque piquet! Il y avait en plus des courants d'air froids qui arrivaient a passer a travers mon tapis de sol. J'ai alors enfilé mon "sous-duvet" en soie, censé me chauffer 5°c de plus mais rien a faire, toujours ces courants d'air venant du sol. Je crois que ça venait non seulement du fort vent mais également du terrain que j'avais choisi qui était très humide.
J'ai tout de même trouvé un peu de sommeil quand il y a eu l'accalmie mais me suis réveillé assez tard. Le temps de me faire mes oeufs brouillés "minute" et j'ai pu lever le camp a 9h30 tout de même. J'ai mis une bonne heure et demi pour rejoindre la route en longeant une rivière.
J'ai loupé le bus d'1/4h et ai du attendre une bonne heure le prochain où il ne restait que 2 places de libre: ouf! La population dans le bus n'était pas du tout des backpackers ni même des campeurs "normaux" mais des touristes américains ou japonais venus visiter le parc Denali en une journée et sans sortir du bus! On a vu 2 caribous aux cornes gigantesques mais trop rapide pour que je puisse les prendre en photo. On a par contre croisé 2 énormes grizzlis dont le 2eme a environ 400m de la route et qui est carrément venu la traverser là où on était garé et passer son chemin comme si de rien était.
Le trajet a duré presque 4h et j'ai été content d'arriver parce que l'air devenait irrespirable dans ce bus a cause de l'ambiance que je voulais justement fuir en venant ici. Le temps de remplir mes bouteilles d'eau potable au Eielson visitor center et de prendre les derniers conseils auprès des rangers et j'ai commencé par un 1er trail, le dernier que j'avais prevu en fait, qui montait le long de la montagne Thorofare. Je l'ai fini en 3/4h  et je suis parti faire un tour de l'autre cote de la vallée. Sur l'autre flan de la montagne, je suis a un moment tombé presque nez a nez avec une famille de "dall sheep". Je ne connais pas la traduction en français de cet espèce d'animal tout blanc que je n'avais jamais vu de ma vie d'ailleurs. Il a alterné pluie et soleil et j'ai mis près de 5h a rejoindre le spot que je m'étais fixé pour poser mon campement. Aucune autre rencontre d'animaux même si j'ai croisé beaucoup d'empreintes d'ours et de caribous. La marche n'était pas très pentue et j'ai plutôt marché sur du semi plat mais le terrain était très changeant: a des hautes herbes voir carrément des arbustes super denses appelées ici des "bush" puis passé sans prévenir a des marécages genre sable mouvant ou bien encore des sortes d'éponges qui s'enfoncent comme si l'on marchait dans de la poudreuse. En revanche, le paysage, encore une fois fantastique, avec notamment un joli petit lac que j'ai découvert par hasard perdu au milieu de couleurs d'automne avec en fond les montagnes: magnifique! J'ai même eu le droit a un joli arc en ciel qui m'a indiqué où poser ma tente...en plein dans un chemin de passage de Caribous au bord d'une rivière...espérons qu'ils ne me réveillent pas en piétinant ma tente pendant la nuit car les traces laissaient indiquer qu'ils se déplaçaient en troupeau...je commence a être un vrai petit pisteur a force de trainer dans la nature ;-) je me suis fait du riz basmati avec une boite de thon avant d'aller faire dodo. 
C'est marrant parce que je me suis souvent plaint pendant ce tour du monde que j'en avais marre de ne manger qu'au restaurant et que "ma" cuisine me manquait mais là, depuis près de 3 jours que je me farcie tous les repas a faire au réchaud pour un gout assez médiocre, ça me fait manquer un bon resto où je n'ai plus qu'a mettre les pieds sous la table...


Day 3: Kantishna et le bout du parc, la montagne Brooker (unit 43)
Pas une très bonne nuit de nouveau, il a plu et je n'ai pas compris pourquoi mais les parois intérieures de ma tente étaient mouillées ce qui fait que des que mon duvet était en contact avec la tente, il devenait mouillé et j'ai de nouveau eu froid. J'ai fini ma nuit vers 6h30 et j'aurais bien fait une grasse matinée mais le bus que je voulais prendre pour ma prochaine destination ne partait que toutes les 2 heures et je ne voulais pas y arriver trop tard. Le temps de plier le camp est toujours assez long et j'ai réussi a décoller a 8h soit avec 1/2h d'avance sur mon planning. J'ai continué a longer la rivière et me suis engagé dans un canyon de plus en plus étroit. Parfois, la rivière collait a l'une des parois du canyon qui tombait a pic et il fallait traverser de l'autre cote de la rivière mais pas évident de trouver le bon endroit où je ne risquais pas d'avoir de l'eau jusque dans mes chaussures. Ces dernières sont goretex et donc imperméables mais si l'eau passe au dessus, là, on ne peut rien y faire! J'ai mis 2 fois le pied dans de l'eau profonde et ma seconde et derniere paire de chaussettes etait egalement mouillée de la veille. Apres 1h30, je suis sorti du canyon et ai rejoint un pont où la route du parc passait. J'ai attendu 45' qu'un bus vert passe et le vent me gelait les os. Quand celui-ci est finalement arrivé, il y avait marqué devant: "sorry bus is full"! J'ai du attendre 1/4h de plus que le prochain arrive et celui-ci m'a redeposé au visitor center de Eielson. J'avais une heure a tuer avant mon prochain bus qui devait m'emmener plus au fond dans le parc, a vrai dire a la fin de la route! J'ai pu recharger mon portable et ai même eu le temps de regarder un petit film sur l'ascension du Mc Kinley...finalement je ne suis pas sur de vouloir la tenter un jour. Le documentaire expliquait qu'il y avait un microclimat très spécial autour du Mc Kinley et qu'il n'était pas rare qu'il fasse du -40°c en plein été. On voyait des mecs en train de construire des murs en brique de glace autour de leur tente. L'ascension normale prend entre 2 et 3 semaines avec une approche qui se fait pourtant en avion jusqu'a un glacier situé a 2500m mais il n'est pas rare d'attendre plusieurs jours dans un des camps de base que le temps se calme. Ca ne donnait pas trop envie surtout quand ils ont annoncé qu'il y avait près de 1200 personnes par an qui tentaient l'ascension sur a peine 3 mois, ce qui faisait un peu un hall de gare dans certains camps de base. D'ailleurs, pour ne pas "polluer" le site, ils vous donne une boite au départ de l'expédition que vous êtes censés garder tout le temps sur vous et dans laquelle vous faites vos besoins et que vous  leurs ramenez a la fin...je veux bien préserver la nature mais quand même, faut pas trop pousser! La moyenne historique de % de réussite d'atteinte du sommet est de 50% et cette année, ils ont battu le record avec 68% de réussite.
J'ai emprunté ce second bus qui était pour le coup le spécial campeurs et on a eu la chance de croiser plusieurs caribous a 2 reprises mais ce qui valait vraiment le coup, c'était la vue sur la vallée et les montagnes avec toujours autant de couleurs et de contraste. On a rejoint le Wonder Lake (lac des merveilles!), la star de Denali car c'est le spot où l'on est censé voir le mieux le Mc Kinley. Il faut savoir que le Mc Kinley n'est visible en moyenne qu'un jour sur 3. Quasi tout le monde est descendu là car ils avaient tous reservé leur place de camping ici. Il parait qu'il faut reserver 6 mois a l'avance pour avoir une place. Franchement je ne vois pas l'intérêt quand en plus l'emplacement coute 16$/nuit alors que l'on peut camper en back country pour gratos et sans avoir d'autres campeurs sur le dos ni des cars de touristes qui débarquent en journée pour prendre des photos et repartir aussi sec. Bref, le bus m'a déposé a l'arrêt final de la route et plus précisément au Kenshina Road House, le lodge hôtel dont Jayson, le mec qui m'avait pris en auto stop quelques jours plutôt, m'avait conseillé d'aller y voir sa soeur, gérante de l'établissement. Je m'attendais a un petit traitement de faveur avec peut etre pas une nuit gratis mais au moins un repas chaud car ils faisaient aussi restaurant mais que pour les résidents. Je suis tombé a la réception sur un immigré mexicain qui m'a dit que Marie était partie pour la journée a Fairbank et ne revenait que demain: damn! Je lui ai tout de même expliqué que j'etais venu pour lui demander les meilleures balades a faire dans le coin et le réceptionniste m'a dit d'attendre un de leurs guides qui pourrait me faire un topo puis au bout d'a peine 2', il m'a dit qu'il était capable de le faire, s'est mis au comptoir des guides et m'a dit que la meilleure balade était de monter la montagne juste derrière l'hôtel en a peine 2h après avoir traversé une rivière et suivre un trail déjà tracé et qu'en haut, j'aurais non seulement une vue splendide mais qu'en plus, je pourrais voir le chemin que je voudrais emprunter par la suite vu que la montagne dominait toute la région.
Je l'ai écouté et j'ai effectivement vu la rivière: 30m de large avec quelques passages profonds et rapides. J'ai failli laisser tomber puis me suis finalement décidé a traverser en mettant mes baskets. Ca m'a rappelé la traversée d'une rivière avec Elsa en Argentine en Patagonie a El Chalten ou l'on avait du traverser une rivière gelée...les mêmes sensations au niveau des pieds, comme si vous mangez une glace trop vite sauf qu'au lieu que ça chauffe la tête, là c'est les pieds! J'ai ensuite suivi le chemin qui se séparait en 2 puis de nouveau en 2. Il y avait 3 montagnes en face de moi. Une assez grande a ma gauche qui avait forcement vu sur le wonder lake, comme le réceptionniste me l'avait annoncé, une autre de même taille au milieu qui était reliée a la 3eme, beaucoup plus élevée et qui avait l'air de dominer toute la région. Petit dilemme...j'ai décidé de prendre les chemins qui avaient l'air d'aller en direction de la 3eme mais au bout de 5' de marche, le chemin s'arrêtait au bord d'une rivière. J'avais gardé mes baskets et me suis dit que j'allais remonter la rivière pour récupérer l'autre chemin qui devait monter a la 1ere montagne. Au bout de 500m, les parois sur les cotes de la rivière ne pouvaient plus être longées et j'ai du mettre les pieds dans l'eau mais je n'ai pu tenir que 5' comme ça et ai du me résoudre a prendre en pleine foret en direction de la montagne du milieu. Ca montait très vite très sec mais je me suis laisser prendre par les baies qui étaient là au milieu de la végétation. Elles étaient si faciles a ramasser lorsque j'etais en train de monter car pile poil a hauteur de main sans même devoir se baisser. J'ai continué comme ça pendant 10 bonnes minutes a me gaver de baies mais la montée devenait de plus en plus rude avec des bush de plus en plus denses a passer. J'ai finalement atteint le sommet de la montagne du milieu après une bonne heure et demi d'ascension. On commençait a voir les montagnes enneigées montrer le bout de leur pic. J'ai continué jusqu'a la plus haute montagne du coin, a priori la montagne Brooker d'après ma carte et au sommet, j'ai pu avoir une vue quasi a 360° avec les montagnes enneigées de la partie "wilderness" du parc et de l'autre coté, une vaste plaine qui s'étendait a perte de vue et qui constitue une autre partie du parc que les touristes ne visitent pas. En contrebas, entre les 2 montagnes, il y avait la Eldorado creek qui serpentait le long d'une rivière. Il faut savoir que Kentishna a ete témoin d'une des ruées vers l'or au début du siècle dernier et qu'il y a même eu une mine d'ouverte ici. C'est sans doute la raison pour laquelle j'ai croisé des ruisseaux et des cours d'eau avec un fond jaune voir limite doré. J'ai cru a du souffre a un moment même si le terrain ne ressemblait pas a un volcan mais maintenant, je crois que ça provenait de ces montagnes d'or.
J'ai longé la crête du sommet pendant une bonne heure puis ai pris la décision de redescendre dans la creek pour poser ma tente près de la rivière. Ce fut une descente épique avec une densité de bush de folie. J'arrivais parfois a passer sans trop de mal en empruntant le chemin tracé par les animaux du coin, probablement des caribous mais a certains endroits, il n'y avait plus du tout de chemin et j'ai du ouvrir la voie moi-meme, ce qui n'était pas évident, d'autant plus que j'avais mon sa a dos sur les épaules. Je suis arrivé a 19h au creux du canyon et j'étais assez inquiet car j'avais peur de ne pas trouver d'emplacement sec où poser ma tente. En arrivant sur la rivière, je suis tombé nez a nez avec une large voie construite par l'homme qui traversait la rivière. En consultant ma carte, j'ai appris que c'était le "tractor trail" qui menait directement a une mine de l'époque. Quelle chance! Le chemin n'était plus utilisé du tout et j'en ai profité pour monter ma tente dessus. A peine fini de monter ma tente que la pluie s'est invitée a nouveau et ne m'a plus lâché jusqu'au milieu de la nuit. Je me suis fait des lasagnes minute et au lit avant de me transformer en chasseur d'or demain.


Day 4: l'Eldorado creek, la mine d'Antimony & la marche sans fin dans l'unité 15
Aujourd'hui, je devais avoir une journée assez cool et je suis resté au lit une heure de plus qu'a l'accoutumé, vers 8h pour un décollage, pactage prêt, a 9h30. J'ai compris très vite pourquoi j'etais tombé sur le "tractor trail" la veille. Ce chemin, plus utilisé depuis des lustres, n'arrête pas de croiser et recroiser la rivière, si bien que j'ai du traverser la rivière une bonne cinquantaine de fois lors de ma quête de la mine d'Antimony. Sur le plan que j'avais de l'unité 43, il était indiqué que ce tractor trail mènait directement a cette mine. J'ai marché pendant 3h le long de cette maudite rivière et j'avais les pieds trempés. Je suis arrivé presque au bout de ce canyon et sur les derniers mètres, il y avait des filets qui avaient été posés avec des piquets sur une centaine de mètres des 2 cotes de la rivière. Je crois que c'est là que les chercheurs d'or filtraient l'eau au tamis pour trouver des pépites! La riviere remontait encore mais n'était plus qu'un ruisseau d'un mètre de large. J'ai essayé de le suivre voulant absolument voir la mine mais la végétation autour était trop dense pour passer. J'ai fait le tour par le cote et par le haut pour prendre de la hauteur et voir si j'arrivais a distinguer l'entrée d'une mine quelque part. 
En remontant, les montagnes enneigées sont apparues. C'etait les mêmes que la veille a l'exception pret qu'il y en avait une qui s'était rajoutée grâce a une meilleure visibilité: une montagne qui dépassait toutes les autres de loin et qui pointait son pic vers le ciel comme pour le défier. J'etais persuadé que c'était le Mc Kinley et j'ai essayé de prendre un max de photos et de me poster sur la colline en face de moi afin de bénéficier d'une vue de plein pied. En tout et pour tout, la vue sur cette montagne n'a duré qu'une 1/2h avant que les nuages ne la cachent de nouveau. C'est seulement ensuite, apres une bonne heure que je me suis demandé si c'était bien le Mc Kinley car on pouvait voir une autre montagne dont le haut était dans le brouillard qui avait l'air aussi gigantesque rien que sur la partie qui n'était pas cachée par les nuages. Il faudra que je demande confirmation aux rangers du parc a l'occaz...
Apres avoir bien profité de la vue et scruté le coin pour voir le meilleur passage a prendre tout en évitant les bush, ma hantise depuis ma montée de la veille, je suis descendu dans la vallée où j'ai rejoint un petit lac puis un 2eme. La marche était dure car le terrain pas très adéquat. J'ai fait une pause près de ce second plan d'eau quant au bout de 10', j'ai aperçu un magnifique caribou qui se baladait le long de la crête de la colline en face de moi. Au moment où je l'ai vu, il m'a également vu et m'a observé pendant une bonne minute sans bouger dans ma direction pour voir ce que j'allais faire. Je n'ai pas bougé d'un pouce et il a repris sa marche mais il regardait tout de même toutes les 20 secondes dans ma direction pour voir ce que je faisais. C'est tout de même assez incroyable qu'il ait réussi a me voir alors que j'etais assis dans de hautes herbes et que rien ne dépassait! J'ai entrepris de me lever et de me rapprocher et après quelques pas, il s'en est aperçu, s'est cabré tel le Tornado de Zorro et a rebroussé chemin le long de la crête avant de disparaitre derrière la colline. J'ai profité du fait qu'il ne me voyait plus pour changer ma direction également et essayer de lui couper la route. J'ai réussi a le voir une deuxième fois mais assez rapidement. Il m'a vu également et s'est enfoncé dans le fond de la vallée en quelques secondes alors que moi, j'avançais comme une tortue dans ce bourbier de broussailles. J'ai laissé tomber et ai poursuivi ma marche dans la toundra. J'ai du changer d'unité et arriver dans l'unité 15 mais je n'avais qu'une partie de l'unité 15 sur mon plan et une photocopie de plan des 2 unités 43 et 15. J'ai marché pendant des heures dans cette toundra, qui etait vallonée par quelques petite collines, suffisamment hautes pour que je ne puisse pas vraiment voir le paysage ni où je me trouvais et j'avançais sur un terrain encore pire que tout a l'heure qui n'arrêtait pas de varier, entre du marécageux, de l'éponge et du bush et parfois un mélange de ces 3 en même temps. Je ne sais pas combien de temps j'ai marché la dedans mais mes pauses étaient de moins en moins espacées: c'est passé de toutes les 30', a toutes les 10', pour finir a quelques minutes. J'etais un peu a plat. Je commençais a manquer d'eau et aucune rivière a l'horizon et encore moins d'endroit ou poser sa tente, tout étant humide et spongieux. J'ai eu peur de me faire surprendre par la nuit et ai coupé en diagonale par rapport a l'endroit ou je me trouvais pour essayer de prendre de la hauteur et de trouver un cours d'eau ou au moins de distinguer ou j'etais vraiment. C'est fou a quel point je peux paniquer, surtout quand je suis seul. J'avais cette idée en tête que peut être je m'etais trompé de chemin, et ça tournait en obsession jusqu'a que j'en sois persuadé après a peine 10'.
Ca m'a pris plus de 2h pour avoir suffisamment de hauteur et me localiser. J'etais près du wonder lake mais pas du coté que j'avais initialement prévu. J'ai entrepris une descente sur une rivière que j'entendais et qui était présente sur mon plan maintenant que j'arrivais a me situer et j'ai pu remplir mes bouteilles d'eau. Par contre impossible a trouver de coin sec. J'ai du me résoudre a monter mon camp sur un terrain spongieux et même ça, ça n'a pas été facile d'en trouver un plat (et pourtant on ne peut pas dire que ma tente soit grande!). J'ai fini de monter mon camp a 21h30, soit 1/2h après le coucher de soleil et juste avant la tombée de la nuit. 11h de marche au total alors que j'avais prévu une petite journée...décidément, s'il n'y a pas un bus pour m'arrêter comme ce fut le cas les 3 jours précédents, je n'arrive pas a rester en place ou du moins a lever le pied. J'essayerai ces prochains jours...


Day 5: Wonder Lake & approche dans l'unité 9
Cette fois-ci, journée tranquille de prévu au programme. J'ai déjà passé une nuit sans pluie ni vent, une première ici et la mousse sur laquelle j'avais posée ma tente s'est révélée plutot douillette au final. Le seul problème, c'est que j'ai encore eu froid. J'avais pourtant mis collant pantalon, t-shirt, pull et polaire, rien a faire, toujours froid. Je crois que ce sont les parois de ma tente qui sont humides et qui rendent humides mon duvet des qu'il les touche. Pourtant j'ai progressé au niveau du montage depuis le premier jour en mettant des tendeurs sur les 4 cotés ce qui a amélioré un peu les choses mais il semblerait que ce soit la condensation...je pense qu'il fait pas loin des 0° la nuit tout de même. 
Donc décollage sans douleur vers 10h30 et j'ai mis 1h30 pour rejoindre le lac des merveilles. La vue sur les montagnes enneigées étaient assez bouchées et j'avais prévu de rester une nuit supplémentaire dans l'unité 15 pour buller un peu mais j'ai changé d'avis en cours de route et décider d'accélérer le rythme pour finir plus tôt Denali et passer a autre chose. J'avais normalement cette nuit ici dans l'unité 15 et les 2 prochaines dans l'unité 9 au centre du parc pour me rapprocher des glaciers. Je n'avais pas le droit de changer de programme et si je voulais le faire, j'etais censé retourner au visitor center, soit a 6h de bus d'ici. Je me suis dit que pas un ranger n'allait me checker là ou j'allais aller et que ça devrait le faire comme ça. J'ai quand même bien pris le temps de profiter de la vue du lac en déjeunant devant ce beau panorama. Il faut dire que le prochain bus retour ne passait qu'a 14:30, soir près de 2h d'attente. 
Pendant le trajet dans le bus, j'ai profité du radiateur du fond pour faire sécher mes 2 seuls paires de chaussettes et mes 2 paires de chaussures. Mes pieds commençaient a en avoir ras le bol de marcher tout en étant humide! 
On a vu un troupeau d'au moins 7 caribous et un peu plus tard un origan. Y a vraiment pas photo entre le bus et la marche a pied pour ce qui est de spotter des animaux sauvages!
Arrivé devant l'unité 9, j'ai marché le long d'un large couloir où coulait la rivière Toklat qui était entourée de hautes montagnes, tout d'abord plutôt recouvertes de végétation, puis de pierre et enfin de neige, tout du moins au sommet de certaines. 
Un des rangers m'avait indiqué de prendre a gauche a un certain moment mais impossible de retrouver avec certitude ce point sur ma carte. Il m'avait annoncé 4 a 5 heures de marche et pourtant j'avais croisé un groupe de 3 backpackers devant moi qui eux ont pris les montagnes après a peine 3/4h de marche. J'ai marché pendant près de 3h avant de me décider a prendre une gorge qui ressemblait a peu près a ce qu'il m'avait décrit. Il faut dire qu'il était près de 8h du soir et que la pluie s'annoncait menaçante. La gorge que j'ai trouvée était assez impressionnante avec de hautes falaises sur les cotés et plein d'eboulis de rochers au sol avec un torrent qui coulait en son milieu. J'ai trouvé un renfoncement dans une des parois de la falaise et j'ai fait tout de suite Bingo, that's my base camp for the night! J'allais etre protégé de la pluie et du vent et surtout des éboulis de pierres qui me faisaient un peu peur si j'avais du poser ma tente au pied d'une des falaises.

Day 6: unit 9 to 8, la montée au glacier Polychrome
Ce fut la nuit la plus chaude que j'ai passée a Denali, quasi une nuit entière sans me réveiller de froid ce qui fait qu'a 6:30, j'etais debout et bien frais pour démarrer la journée. Il pleuvait assez fort et la montée le long de cet etroit défilé s'annonçait assez hasardeuse. J'ai longé le torrent qui serpentait a travers les parois de montagnes dont je ne voyais pas le bout. A un moment, il y a eu une cascade de près de 4m, impossible a franchir. J'ai essayé de contourner par le cote gauche mais la roche était super friable et la pente trop raide. Je suis passé par le coté droit et ai réussi a passer en prenant mes précautions pour ne pas glisser. Ca montait toujours et le défilé avait l'air sans fin. J'ai en fait inventé le canyonning a l'envers: remonter des torrents plutôt que de les descendre! j'ai commencé a apercevoir des sommets de montagnes enneigées autour de moi et au bout de 1h30 d'ascension, j'ai eu un sacré coup de pompe. J'ai pris un energizer que j'avais acheté a l'entrée du parc et censé me redonner du peps pendant les 5 prochaines heures. Et effectivement, ça a bien marché: j'ai terminé l'ascension en trombe malgré la neige qui avait commencé a tomber et la pente qui était devenue bien plus raide. Arrivé au sommet du pass, j'ai découvert un joli glacier, probablement le glacier Polychrome. Il ne restait plus que la partie verglacée sur quelques centaines de mètres a monter pour arriver au sommet du glacier mais je n'étais pas équipé pour et le temps n'était pas au mieux non plus. J'ai entamé la descente et suis arrivé en bas de la vallée puis a la route où récupérer le bus après 3h30 de marche.
J'en termine là mon trip "into the wild" dans le parc Denali et je vais essayer de rejoindre Fairbanks par autostop dans la fin de l'apres midi afin d'y voir les aurores boréales...


dimanche 15 septembre 2013

201309 Alaska Part 1: Anchorage & le train/croisière/trek à Seward


Passer du Kamchatka a l'Alaska fut pour moi une toute première dans ce type d'expérience: je suis parti le 29/08 a 22h de l'aéroport de Petropavlovsk et après 4h de vol, j'ai atterri a 6h du mat a Anchorage, toujours le 29/08, soit une journée a près de 40h...la plus longue de ma vie, avec 2 petits dej et 2 déjeuners dans la même journée.
Même si on passe de la Russie aux Etats-Unis, il faut savoir que ces 2 régions sont plutôt cousines. On y retrouve sensiblement la même faune et flore et d'ailleurs, l'Alaska appartenait a la Russie avant que celle-ci ne la vende aux Etats-Unis en 1867 pour la modique somme de 7 millions de $...de l'or fut trouvé 13ans plus tard et quand le filon fut tari, c'est l'or noire qui le remplaça un siècle plus tard.

A l'aéroport d'Anchorage, je n'ai pas eu de très bonnes vibrations. Tout d'abord, mon sac a dos, que j'avais du mettre en soute (ce que je ne fais jamais) car j'ai maintenant un sac de couchage et un tapis de sol avec moi et qui devrait m'être utile dans mon périple ici. J'ai attendu qu'il arrive et étais dans les derniers a attendre mon sac quand je me suis rendu compte qu'ils l'avaient mis de coté! J'ai du me taper en plus toute la queue au passage des douanes vu que j'etais dans les derniers. Le mec de mon auberge de jeunesse m'avait conseillé de prendre un taxi me disant qu'il n'y avait pas de bus a l'heure où j'arrivais. Arrivé a la station de taxi sous la pluie, pas de taxi. Je suis finalement monté dans un bus qui m'a emmené jusqu'au centre ville et ça m'a couté zéro. Le prix du bus est de 1,75$ a payer a une machine dans le bus et le chauffeur n'avait pas de monnaie sur mes 100$.
Je suis descendu a la gare routière et je pouvais sentir l'Amérique du "bas": beaucoup de "non blancs", de homeless, de gens qui avaient l'air de galerer. Mon auberge était située a a peine 100m de la gare et comble du ridicule, l'immeuble de 3 étages dans lequel est l'auberge est collé a l'hôtel Marriot. Je vous dis "comble du ridicule" parce qu'il faut savoir qu'aux Etats-Unis, ou en tout cas ici en Alaska et plus particulièrement a Anchorage, les gens qui vont en hostel ne sont pas que des touristes. Il y a beaucoup d'américains ou d'immigrés venant du "continent" et cherchant du travail ou ayant un petit boulot. Le lit en dortoir est tout de même a 30$/nuit mais les hôtels sont juste inabordables ici. Ca va très vite a 200€/nuit pour un hôtel 2*.
Bref, ambiance plutôt foyers qu'auberge de jeunes donc. Je suis parti au visitor center et les gens sur place m'ont bien aidé a monter mon trip sur la prochaine quinzaine. Je suis tout d'abord parti a la recherche d'une tente et après avoir fait quelques magasins généralistes dans la montagne, je me suis rendu en bus chez LE spécialiste, REI, chez qui j'ai pu me dégoter une tente 1 personne (pour 140$ tout de même, et en promo svp!), un nouveau sac a dos un peu plus adopté au camping, un réchaud et du gaz, de la vaisselle. Bref, l'équipement complet du parfait petit campeur!
Je n'ai pas passé une très bonne nuit dans cette auberge, Bent Prop Inn. Il y avait une bande de sans domiciles saouls qui faisaient du bruit juste devant la fenêtre de mon dortoir et impossible de ne pas les entendre, même avec la musique de mon iPhone a fond dans mes écouteurs.
Je me suis levé a 5h30 du mat pour prendre le train en direction de Seward. J'ai eu le droit de me faire un double aller retour en taxi vu que j'avais oublié mes chaussures de rando a la réception de l'auberge! Le train en Alaska est un des highlights car il traverse sur certaines portions des contrées sauvages de toute beauté. Et il se trouve que la portion la plus jolie et reputée de toutes est justement celle la! Le train en lui-même est assez exceptionnel avec plein de cabines et wagons différents et l'on peut, avec le même ticket, passer d'une cabine a l'autre sans problème. Ils appellent d'ailleurs ce billet le "Adventure ticket"! On a été suivi pendant quasi tout le long du trajet par un helico mais je n'ai pas pu en trouver la raison...peut être une personnalité importante dans le train ou un reportage en cours. Je vous laisse découvrir les images et vidéos des paysages que j'ai traversés lors de ce trajet mais c'était assez fantastique et surtout une bonne introduction a la nature en Alaska.

Arrivé a Seward, un petit port qui donne sur le golfe d'Alaska, la vue était splendide et ce malgré le gros bateau de croisière qui attendait ses 2000 touristes pour une croisière le long de la cote. Il y avait des glaciers de partout et j'ai tout de suite enchainé du train a une petite croisière que j'avais réservé la veille pour une balade dans le golfe de 6h. Cette balade m'a un peu fait penser a celle que j'avais réalisée une semaine plus tôt au Kamchatka dans le golfe d'Avacha a la différence près qu'il fallait ici remplacer les volcans par des glaciers! Sur notre route, on a croisé des orques, des baleines a bosse ainsi qu'un poisson dont je n'ai pas su trouver la traduction mais qui était un mélange entre un orque et un dauphin. J'ai bien-sur été malade après 2h de navigation des qu'on est rentré dans le wild ocean et que les vagues ont commencé a être plus sévères.
J'ai ensuite fait mon check in dans une guesthouse un peu en dehors de Seward a environ 10miles. Une assez vieille maison en bois tenue par Heather une dynamique et jeune locale et son père, un peu sourd de la feuille mais non moins sympathique. Je voulais absolument avancer sur mon planning en Alaska car je n'avais rien de prévu sur les prochains jours et n'avais pas les idées claires et en plus mettre a jour le blog qui ne l'avait pas été depuis Kazantip! Ca a fait trop de choses dans la tête. J'avais le cerveau en ébullition et je n'ai quasi pas avancé tout en ayant terminé a 2h du matin.
Le lendemain matin, je me suis forcé a me lever tôt pour faire un trekking assez spécial et réputé ici: le Harding ice field trail. Ce fameux Harding est un personnage qui a exploré ce ice field qui alimente plus d'une dizaine de glaciers de la région (qu'on a pour la plupart vu lors de la croisiere) et qui a eu du mal a trouver un chemin de sortie a ce ice field. Il en a trouvé finalement un le long d'û glacier qu'il a alors appelé le "Exit" glacier! Ce chemin de rando démarre du pied de ce Exit glacier et le longe en le remontant jusqu'au ice field. Le trajet était annoncé sur 5h aller mais j'en ai mis 3 seulement. Par contre, j'ai fait la montée avec mon sac de rando et toutes mes affaires car j'avais peur de rater mon train retour pour Anchorage prévu a 18h. Le glacier Exit était tout de même situé a 20km de ma guesthouse et j'ai fait de l'auto stop pour le rejoindre. Je suis tombé sur un charmant couple d'indiens originaire de Chennai et habitant a Chicago. Au retour, un sympathique couple de français que j'avais croisé lors du trek m'ont gentiment déposé au centre ville de Seward où j'ai même eu le temps de m'avaler un King Crab avant de monter dans le train! Je crois que c'est l'effet Ana & Wayne qui m'a mis en mode plus routard car leurs nombreuses péripéties lors de leurs trajets en auto stop m'a vraiment donné envie d'en faire autant.
Je suis arrivé a 22h30 a la gare de train a Anchorage et ai rejoint a pied la même auberge de jeunesse. Je ne voulais pas forcement y passer une autre nuit mais vu qu'il était tard et que j'avais finalement booké un autre train tôt le lendemain matin, c'était le plus simple. En plus je leurs avais laissé un de mes sacs avec notamment mon matos de camping dedans. Et surprise en arrivant a la réception, l'auberge affichait complet ainsi que toutes les autres du centre que j'ai une par une appelé. A court de solution, je me suis retourné vers le réceptionniste et ce "connard" n'a trouvé qu'a me dire: "sinon vous pouvez aller a l'hôtel juste a cote, je pense qu'ils ont encore de la place". Il parlait du Marriot dont le prix de la chambre standard devait commencer a 400/500$ alors que dans son établissement a clodos, les dortoirs étaient a 30$! Bref, j'ai entrepris de me débrouiller tout seul et ai descendu les auberges sur tripadvisor. J'en suis tombé sur une qui avait de la place mais qui était situé a 15' d'ici en taxi soit 15$ aller. Ca me faisait doubler le prix de la nuit mais pas trop le choix. Les commentaires sur tripadvisor n'était pas très bons non plus avec un gérant qui était a priori assez souvent saoul...j'ai attendu 1/2h mon taxi car ils étaient quasi tous bookés et je crois que je suis tombé sur le pire de toute la ville: un macédonien qui faisait son premier jour en tant que taco. Il a commencé par rentrer l'adresse sur son gps mais est parti complètement a l'opposé de la direction (c'est pas très compliqué vu que les rues sont des numéros et des lettres). Il a voulu se ranger sur le bas coté pour vérifier et a failli percuter une voiture qui était sur sa droite et qui a du monter sur le trottoir pour l'éviter! La nana au volant a eu le bon réflexe mais elle avait endommagé une de ces jantes sur le trottoir mais encore heureux, elle était pressée et n'a pas demandé a faire de constat. Quand on a enfin trouvé ma rue, ce débile de taxi conduisait a tout de vitesse et on ne pouvait pas voir les numeros sur les portes et on a fait 4fois le tour de la rue pour enfin tomber devant mon hostel!
A l'intérieur, pas vraiment de jeunes ni de touristes: quasi que des étrangers qui avaient des petits boulots a Anchorage. J'ai sympathisé avec un coréen la quarantaine qui était venu pour monter le Mont Mc Kinley et qui se donnait 2ans pour le faire. En attendant, il était cuisto dans un resto de sushis et avait l'air de forcer pas mal sur la bibine! Moi je me suis concentré sur le pactage de mon nouveau sac et j'ai mis près de 2h a trouver le meilleur moyen de pacter. J'ai acheté un 50l mais je crois que c'était une connerie car ça ne peut pas rentrer avec une tente, un duvet et un tapis de sol dans un 50l, surtout qu'il y avait la bouffe a rajouter et que je n'avais d'ailleurs pas eu le temps de prendre. En effet, je pars pour le fameux parc de Denali demain et on m'a conseillé de prendre la bouffe avec moi car sur place, il n'y a qu'une ou 2 épiceries et a des prix pires que les arabes a Paris ;-)



vendredi 13 septembre 2013

201308 Kamchatka Part 7: la pêche en rafting

Le lendemain, jour du départ. J'ai tout du même réussi a me booker un tour de pêche en rafting. Il m'est arrivé une tuile quand j'ai voulu retirer des sous a la machine avec ma visa: coupure d'électricité générale alors que l'automate était en train de me servir mon argent!!! J'ai du attendre 1/4h que l'électricité revienne pour constater que ma carte avait été avalée et mon tour de pêche partait dans 5'. J'avais le choix d'attendre la maintenance ou de partir pêcher. J'avais plusieurs cartes et ai choisi la pêche ;-)

Le principe du tour est simple: on est sur un raft avec 2 grosses rames fixes et le rameur est le capitaine. Et pendant qu'il navigue, nous, on pêche! Le temps était plutôt couvert et on n'a rien attrapé du tout pendant 5h de trajet pourtant et alors qu'il y avait un expert de la pêche a la volé parmi nous ainsi que le capitaine qui pêchait pendant les quelques pauses qu'on a fait sur le trajet. A priori le temps joue beaucoup dans le fait qu'on ait les poches pleines ou qu'on rentre les mains vides.
On a fini par des bains d'eau chaude le long d'une rivière et cette fois 100% naturel et nature. A certains endroits, il fallait même creuser son trou soi-même pour que l'eau soit assez profonde pour vous couvrir tout le corps. Il pleuvait des cordes en même temps que l'on s'est baigné mais pas grave avec l'eau chaude qui nous entourait, ça a été un vrai régal!
Et voilà comment prend fin mon aventure au Kamchatka, des moments inoubliables et un vrai coin pas encore abimé par l'homme. Je vous le recommande chaudement si vous en avez l'occasion même si l'obtention d'un visa d'au moins 30jours est requis pour un tel voyage.
Prochaine étape: les Etats-Unis et l'Alaska que je vais rejoindre en 4h de temps avec le seul vol direct de la semaine opéré parYakutia airline.

lien vers la vidéo Peche Rafting


jeudi 12 septembre 2013

201308 Kamchatka Part 6: les ours péchant le saumon sur le lac Kurilskoe


Le vol en helico m'a été confirmé vers 10h30 seulement car la météo était incertaine. On était bien mieux installé dans cet helico et on a survolé le sud cette fois-ci avant d'arriver sur le camp près de cet énorme lac de Kurilskoe. Un petit peu en arrivant, j'ai pu voir a plusieurs reprises des ours près de rivières ou courir dans des plaines...ca s'annonçait passionnant. La base est flambant neuve et entourée de barriere électrique pour pas que les ours n'approchent. On est allé faire un tour sur le pont qu'ils avaient construits et on était au milieu du lac. Il y avait des milliers de saumons qui nageaient sur un des cotes du lac. Il faut savoir que les saumons naissent généralement dans une rivière, redescende la rivière pour rejoindre l'océan au bout de 3ans environ puis remonte là où ils sont nés, procréés et meurent pour un total de 6 années de vie: une vie programmée des leur naissance!

On a pu spotter 2 ours a quelques centaines de mètres du pont mais surtout un 3eme qui était carrément collé au pont et pêchait là. Il faut savoir que les ours ici pêchent toute la journée pour devenir bien gras avant d'hiberner l'hiver. Et pourtant, ils sont plutôt difficiles: a peine un saumon de pêcher que l'ours y prenait 2, 3 crocs seulement et passait a un autre...il faut dire qu'il y a de quoi faire le difficile ici quand on voit la quantité de poisson: le lac en possède près d'un million! Assez amusant de voir avec quelle dextérité et doigté l'ours arrive a enlever la peau du poisson avec pourtant ses grosses mitaines.
Apres le déjeuner, on était censé faire 2 arrêts, l'un près d'un volcan et l'autre sur une source d'eau chaude mais les 2 ont été annulés a cause du mauvais temps!



mercredi 11 septembre 2013

201308 Kamchatka Part 5: La vallée des Geysers


J'avais prévu de me faire le lac Kurilskoe en helico qui se faisait sur une excursion d'une journée et en option sur une seconde journée la vallée des geysers. Le soir de mon retour au Kluychevskoy, j'ai retrouvé mes 2 compères Ana et Wayne qui avaient passé quelques jours en camping dans différents base camp de volcan et il leurs était arrivé de sacrées histoires, du fait notamment qu'ils voyageaient exclusivement en bus public et en auto stop.

J'avais prévu cette excursion en helico le lendemain mas tout a été annulé a cause du mauvais temps. Idem pour Ana et Wayne qui avaient réservé une croisière en bateau et qui a été annulée faute de participants. On est finalement resté tous les 3 toute la journée a se relaxer a l'appart puis on a fait un peu de shopping. 
Le lendemain, j'ai finalement réussi a faire mon tour en helico mais dans la vallée des Geysers. L'helico pouvait contenir 30 personnes et je me suis retrouvé dans un groupe de près de 25 chinois: bonjour l'ambiance!
Le vol était incroyable...de la nature sans aucune route ni maison ni aucune trace de vie humaine ici. On a survolé les montagnes, vallées, lacs et rivières avant d'arriver dans cette merveilleuse vallée des Geysers qui n'a ete découverte que très tard en 1940.
Chaque geyser a son propre mode de fonctionnement: certains entrent en éruption toutes les 2', pour d'autres notamment le plus gros, c'est seulement toutes les 5/7 heures donc on n'a pas eu la chance de voir celui-là. On a tout de même attendu une bonne heure que le big geyser veuille bien nous montrer ce qu'il avait dans le ventre. La vallée est tres jolie mais c'est vrai qu'on ne peut pas visiter de maniere tres approfondie le site et on est obligé de rester sur le chemin qui ne fait qu'un bref tour. J'ai retrouvé un des mecs avec qui j'avais monté le Tolbachik plat en plein jour. Il est ranger ici et a toujours son gros fusil a la main.
On a ensuite repris la route des airs pour rejoindre le volcan d'Uzon Caldera dont le cratère est juste immense. A l'intérieur de ce dernier, il y a de nombreux lacs avec plein de geysers également ainsi que des ours qu'on a pu apercevoir au loin. Un des chinois du groupe est tombé presque en syncope. Il avait déjà du mal a respirer lors du second vol et là, il a du s'allonger et on a attendu qu'il aille mieux pendant près d'1h.
On a repris l'helico direction un petit coin de paradis, accessible exclusivement par ce moyen de locomotion. Un espèce de petit complexe avec une petite dizaine de chalets en bois en pleine nature. Habités par de riches américains a la retraite fans de pêche sauvage. Il y avait une source d'eau chaude dans un des chalets en bois et je ne me suis pas fait prier pour aller m'y ressourcer.
Je suis rentré a la tombée de la nuit a la guesthouse mais étais cette fois tout seul: Ana et Wayne étaient partis pour de nouvelles aventures au Japon.

lien vers la vidéo Vallée des Geysers



dimanche 8 septembre 2013

201308 Kamchatka Part 4: expedition au Kluychevskoy


Le volcan Kluychevskoy, non content d'être le plus haut point d'Eurasie avec ces 4850m, est en constante éruption depuis 2005. J'ai appris 2 jours avant le départ qu'il y avait eu une énorme explosion 4 jours avant avec un gros bloc de roches volcaniques qui a ete éjecté dans les airs et est retombé face sud du volcan. Et dire que Vladimir était en train de le monter avec 3 autres touristes mais heureusement du coté nord! On a regardé avec Ana sur le site http://www.volcanodiscovery.com/kamchatka/klyuchevsky.html l'état du volcan et il était en Rouge "éruption"...pas très rassurant mais bizarrement en recheckant le site en début de soirée, il était repassé en alerte Jaune puis en fin de soirée en alerte Verte. Je vous mets ci dessous le détail du bulletin météo a 2 jours de partir...a moitié rassurant!
Saturday, Aug 17, 2013
MODIS hot spot at the summit of Klyuchevskoy volcano (MODIS, Uni. Hawai'i)
MODIS hot spot at the summit of Klyuchevskoy volcano (MODIS, Uni. Hawai'i)
A new eruption began at 06:30 UTC on 15 August, KVERT reports. Accompanied by strong tremor, strombolian activity has been taking place in the summit crater.
Incandescence at the summit of the volcano's summit were observed at night and a gas-steam plume containing small amounts of ash rose up to 18,000 ft (5.5 km) a.s.l. and drifted to the north-east of the volcano on August 16. Satellite data showed a big and bright thermal anomaly over the volcano on August 15-17. 



On s'est retrouvé a 8:30am avec Vladimir a la station de bus et nous voilà parti pour la 1ere journée de transfert a destination de Klyuchi. Notre bus était archi plein et il y en avait un 2eme qui suivait. Ce dernier a crevé un pneu et j'ai pu assister en direct a un changement de chambre a air méthode ruskof!

On est arrivé vers 18h a Klyuchi et Yelena m'avait prévenu de longer les murs dans ce village car il y a une base militaire juste a coté et les touristes sont censés demander des autorisations pour pouvoir venir mais ça prend au moins 15 jours donc on n'avait fait sans. Vladimir était comme un poisson dans l'eau ici, il avait tous ses repères et connaissait beaucoup de monde. On a fait le check in dans une guesthouse. Il m'avait annoncé le prix a l'avance soit 1000rub (25€) par personne et je devais bien sur payer pour lui et moi en sachant qu'on partageait la même chambre: pas donné tout de même! Vladimir est parti négocier une jeep pour le lendemain matin et on s'est une nouvelle fois pris la tête sur le planning. Je voulais démarrer tôt genre 6am en jeep pour ensuite avoir le temps de marcher jusqu'au base camp de 2200m et de tenter l'ascension le lendemain mais lui voulait dormir au base camp situé a 1200m, soit a 2h de marche du tout premier base camp situé a 980m. On s'etait mis d'accord sur un trajet en jeep jusqu'au base camp de 1200m pour 10,000rub (250€) l'aller et 3h de trajet mais finalement Vladimir a du négocier au rabais et gratter sur les 10,000 que je lui avais précédemment donné. En voyant en plus la jeep arrivée le matin pour un depart tardif a 10am, j'etais furax. Une espèce de boite de conserve tout en ferraille qu'on devait en plus partager avec une équipe de télévision venant tourner un reportage pour la tv moscovite. Ils n'ont fait que la moitié du trajet et nous, nous avons continué dans une seconde jeep, un peu dans le même calibre mais cette fois-ci, le chauffeur a commencé a sortir un fusil et des cartouches de 12. J'imagine que c'était pour les ours ou les caribous...
On est arrivé au base camp de 980m et on a rencontré un groupe de jeunes moscovites qui campait là avec 2 de leurs professeurs. J'ai discuté avec eux et ils étaient venus ici juste pour 2 jours a cette altitude pour admirer le volcan en éruption de nuit. Ils étaient étonnés quand je leurs ai dit que je n'étais pas un geologiste mais un simple touriste...
On a démarré le périple avec a peu près 20kg chacun sur le dos. Le sac de Vladimir faisait presque sa taille...Le rythme de marche était plutôt lent et Vladimir demandait a faire des pauses toutes les 30'. On a rejoint le base camp de 1200m en 1h50 et on a déjeuné a l'intérieur au chaud. Il était 14:30 et Vladimir m'a proposé de continuer pour le base camp de 2200m. J'ai sauté sur l'occasion et on a tout de même mis 4h de marche pour le rejoindre mais au moins, ça nous évitait d'utiliser la tente et surtout ça nous permettait de monter au sommet des le lendemain.

Vladimir parle un anglais plus que sommaire avec 4 mots "very good" ou "very poor" et "little problem" ou "big problem". Ils les placent dans ses phrases en même temps qu'il parle russe et on arrive a peu près a se comprendre.
La nuit, on pouvait voir toutes les projections incandescentes que crachait le volcan et on avait en plus la lune juste au dessus ce qui donnait un joli contraste. Les projections avaient l'air beaucoup plus puissantes qu'au Tolbachik et ça s'annonçait sportif le lendemain.
Je n'ai pas passé une très bonne nuit au base camp. Il faut dire que j'ai été accueilli par un cadavre de souris et Vladimir qui me répondit quand je lui ai montré: "little problem. Very good"! Je me suis réveillé quasi toutes les heures alors qu'on devait se lever a 4am. Le temps de préparer le petit dej et les sacs (plus petits cette fois car on avait prévu de faire l'ascension et de revenir dormir ici) et on a décollé a 5:30am. Le rythme de marche était encore très lent mais cette fois-ci, il n'y avait plus l'excuse des sacs lourds. J'ai mis a peu près 1h a comprendre en m'apercevant que Vladimir ne pouvait pousser sur ses genoux pour monter. Ca ne s'était pas vu la veille car la pente était douce mais là et malgré ses 2 bâtons de marche, c'était flagrant. Au bout de 3h de marche, on a eu quelques rochers qui fusaient  en provenance du sommet. Impressionnant: on avait l'impression de véritables balles de fusil qui sifflaient et qui allaient a tout allure. Pas bon de s'en prendre un en pleine face surtout qu'ils étaient de taille variable, le plus gros que j'ai vu faisant bien un bon 300kg! Vladimir a commencé a s'inquiéter du nombre de ces "rolling stones" comme il les appelle et m'a dit qu'il valait peut être mieux renoncer a l'ascension. Payer 2000€ pour m'arrêter là: pas question! Je lui ai dit qu'on continuait et on est monté pendant 2h supplémentaires jusqu'a 4300m en sachant que le volcan culmine a 4850m. Je n'arrêtais pas de le doubler et de l'attendre pour qu'il indique le chemin et je trouvais ça assez dangereux de marcher aussi lentement alors que les rolling stones se faisaient un peu plus nombreuses a chaque fois. Je lui ai proposé d'aller seul au vieux cratère, censé être a 4750m et de l'attendre là pour finir l'ascension jusqu'au nouveau cratère. Il m'a dit ok en me précisant de bien rester dans le couloir dans lequel on était qui était bordé par 2 glaciers et de surtout ne pas emprunter ces glaciers. il m'a également dit "I'm sorry" en comprenant bien qu'il était vraiment trop lent. Le temps était assez changeant avec parfois des nuages mais qui ne restaient pas et la plupart du temps, on pouvait voir le sommet et le ciel bleu. Je m'attendais a une ascension d'1,5h jusqu'au vieux cratère où j'espérais profiter d'une vue plongeante sur de la lave en fusion un peu comme au Tolbachik en encore plus impressionnant mais j'ai petit a petit déchanté. J'ai marché pendant 3h et il y avait de plus en plus de rolling stones. C'etait même parfois des pluies de rochers qui s'abattaient d'un coup, au début ils venaient du sommet et dévalaient la pente a pleine vitesse mais quand je me suis retrouvé plus près du cratère, ils arrivaient carrément du ciel. On avait l'impression d'un champ de bataille. J'avais trouvé une technique pour les éviter: me planquer juste derrière un gros rocher et je n'avais quasi que le casque qui dépassait et en plus protégé par le rocher, la probabilité d'être touchée était tout de même faible. Le problème est qu'il fallait également que j'avance et parfois la distance entre 2 rochers étaient de près de 20m et a cette altitude, courir lors d'une ascension vous coupe le souffle pour 5 bonnes minutes a chaque fois. Des mini tempêtes de vent ont commencé a sévir près du sommet et a redescendre là ou j'etais. Certaines étaient chargés de cendres volcaniques  qui arrivaient a passer a travers mes lunettes! J'ai entrepris de changer de manteau et de mettre le spécial "tempête" que Vladimir m'avait prêté pour l'occasion mais le vent était tellement fort que j'ai perdu pendant l'opération une des mitaines qu'il m'avait également prêté! Je pouvais voir le sommet de plus en plus prêt et même en étant a bout de souffle et attaqué par des pluies de rochers de toute part, j'ai forcé pour au moins jeter un oeil au cratère. En tout et pour tout, après être parti en solo, j'ai mis 3h20 avant d'atteindre quasi le sommet. Il me restait a peine 50m mais ces derniers étaient difficiles car il y avait de la cendre partout et très profonde, un peu comme de la poudreuse ce qui rendait l'ascension encore plus dure et les rochers de lave en fusion n'arretaient pas de tomber. J'en ai vu un tombé du ciel et faire un impact d'un bon 40cm de profondeur a a peine 3m de moi. Je me suis dit que j'y en prenais un comme ça, il n'allait pas faire que rebondir sur mon corps mais y laisser des traces. Je me suis alors souvenu de la phrase de Françoise et Claude, mes amis tour du mondiste qu'on avait rencontrés en Antarctique et férus de montagne qui m'avait dit que le plus dur lors d'une ascension n'était pas de monter au sommet mais de savoir s'arrêter et renoncer si les conditions étaient trop difficiles. Leur phrase prenait tout son sens ici et j'etais a quelques mètres de mon but, que j'avais monté pendant 8h30 pour arriver a ce point sans parler des 7h d'approche de la veille et du transfert en bus et jeep...trop dur de renoncer. Mais je ne voulais pas perdre la vie non plus et je me suis dit qu'au prochain rocher qui tombait près de moi, je renonçais et rebroussais chemin. Ca n'a pas tardé: il y a eu une nouvelle pluie de rochers dont 2 gros qui sont tombés très près avec le plus proche a 30cm de ma jambe. Il y avait du brouillard de folie et un vent pas possible. Il y avait en plus dd fortes chances de ne rien y voir au sommet et je ne me voyais pas attendre qu'un éclairci se profile a l'horizon dans de telles conditions. J'ai fait demi tour et ai débuté la descente qui n'était pas moins périlleuse: les rochers sifflaient de toute part et j'etais de dos cette fois-ci. J'essayais de me retourner des que j'entendais du bruit et ça n'a pas loupé: un rocher de près de 20cm de diamètre est venu foncer sur ma poitrine a toute vitesse, j'ai pu l'éviter en me penchant de coté et il est passé a quelques centimètres de moi! Je ne voyais pas grand chose lors de la descente avec les nuages qui m'entouraient. Impossible de trouver Vladimir. J'ai entrepris la descente sans trop trainer car ça sifflait toujours beaucoup malgré le fait que je me sois écarté du sommet. Je me suis retrouvé sur un glacier et bien sur impossible de retrouver le couloir par lequel on était monté. C'était très glissant et dangereux et je ne voulais pas me retrouver a glisser sans contrôler ma vitesse comme cela m'était arrivé en Albanie. Au bout de 2h et demi de descente, je n'arrivais toujours pas a trouver le moindre repère et a chaque fois qu'il y avait un faible éclairci sur la vallée, ce dernier ne durait que quelques minutes et je n'arrivais pas a m'y repérer. Je me suis dit que je ne devais pas être sur le bon flan mais je ne voulais pas descendre plus bas car je risquais de perdre de la hauteur pour pouvoir trouver un point de repère. Je suis descendu en biais sur la droite mais toujours pas trace de points connus. J'ai envoyé un sms a Vladimir pour lui dire que j'etais totalement perdu. Il était 16h passé et je commençais a baliser grave, parce qu'une nuit a la belle étoile ici sans duvet ni tente, je ne savais pas si je n'allais pas mourir congelé, d'autant plus que je savais que dans la vallée, il n'y avait rien si ce n'est les 2 bases camp. Aucun touriste ni âmes qui vivent ici et le 1er village était Kluytchi a 32km!
En regardant l'orientation du soleil qui illuminait encore une partie de la vallée (c'est Elsa qui m'avait parlé de s'orienter selon le soleil lorsqu'elle ne trouvait plus son chemin dans la montagne!), je me suis souvenu de comment il était placé la veille quand j'avais essayé de faire des photos du Kluychevskaya et en ai alors déduit que c'était peut être plus sur le flan gauche. J'ai marché en biais pendant près de 10' et j'ai aperçu un autre volcan qui me disait quelque chose puis quelques minutes plus tard, j'ai pu distinguer le refuge au loin que j'ai rejoint en 1h et demi: ouf, j'etais sauvé.
Je suis arrivé a 17:30 au refuge et pas de Vladimir a l'horizon. J'ai essayé de le joindre sans succès et lui ai envoyé un sms lui disant que j'etais au refuge avant de m'endormir après ces 12h30 de marches épuisantes. Je me suis réveillé 2h après dans un état un peu comateux et j'avais un terrible mal de crâne ainsi qu'une douleur intense a l'une de mes dents du fond. J'avais la tête qui chauffait et j'ai eu des hallucinations, comme si je rêvais éveillé. Je faisais la connaissance d'un jeune qui passait par là au refuge et qui venait lui aussi de Kazantip! Vraiment bizarre après coup. Vers 19h30, je me suis aperçu que mon sms n'était pas passé mais je n'avais pas de réseau au refuge. Je me suis dit que Vladimir allait de toute façon finir par arriver au refuge et suis resté comme ça avec ma douleur au crâne jusqu'a 21h où il faisait nuit noire et toujours pas de Vladimir. Ca devenait assez inquiétant. Il lui était peut être arrivé quelque chose. Je suis sorti dehors et ai enfin eu du réseau. Je l'ai appelé et il a tout de suite décroché et m'a dit qu'il arrivait dans 10'. Il est arrivé 1h et demi plus tard et m'a dit qu'il avait fait traduire mes premiers sms par des amis au téléphone et qu'il était resté a 4100m a me chercher toute la fin d'après-midi et la soirée. Il était a moitié gelé! Je lui expliqué comment c'était passé mon ascension et il m'a dit qu'il n'était pas monté aussi haut car c'était beaucoup trop dangereux et que je cherchais de l'adrénaline! Il m'a expliqué que le volcan avait explosé il y a 7 jours et que depuis le volcan était trop en éruption pour qu'on puisse l'approcher! J'etais vraiment fâché contre lui toute l'apres midi qu'il m'ait plus ou moins abandonné lors de la montée et que j'ai failli me perdre et ne pas retrouver le refuge sur la descente mais le fait qu'il m'ait attendu pendant des heures me prouvais qu'il avait tout de même une conscience professionnelle et que c'était peut être moi qui avais trop insisté. Je lui ai tout de même demandé s'il y avait moyen de retenter l'ascension le lendemain! Mais il m'a répondu que c'était désormais trop dangereux et qu'en fait, ils avaient fermé l'entrée du parc aux visiteurs depuis plusieurs jours. Je comprend mieux pourquoi il n'y avait pas âme qui vive ici hormis nous deux! A propos de mon mal de crâne et de mes hallucinations, il m'a dit que c'était du a l'acclimatation et au fait que je sois monté très vite de 2600m a 4800m puis redescendu aussi vite a 2600m. Je pensais que les symptômes ne se faisaient sentir qu'en altitude et pas après la descente...a creuser! 
On s'est couché vers minuit et Vladimir m'a dit avant de me coucher qu'il pleuvait...au réveil à 7am, c'était tout blanc. Il avait neigé près de 10cm pendant la nuit. Je n'imagine même pas si je n'étais pas parvenu a trouver le refuge la veille au soir!
Sur le coup, j'ai ete très déçu de mon trip au Kluychevskoy. L'endroit n'est pas incroyable car tout est recouvert par des coulées de lave durcies ou par des glaciers noirs dus a la cendre volcanique et le seul centre d'intérêt pour moi, le cratère, n'avait pas pu être atteint. Je me suis fait la réflexion d'un tel intérêt pour les montagnes d'altitude ou la nature n'y était quasi pas présente et où finalement seul le challenge d'aller très haut comptait et ai même commencé a remettre en cause ma future ascension du Mc Kinley que j'avais prévu de faire en Alaska. La nuit étant passée, j'etais tout de même content de mon expérience. J'ai pris des risques mais ça m'a donné une bonne leçon et permis de me connaitre un peu plus: moi et mes limites! Pour les quelques jours qu'il me reste, je vais essayer de me booker des trips plus natures afin de changer d'atmosphère et de découvrir l'autre coté que le  Kamchatka a à m'offrir!