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vendredi 28 juin 2013

2010306 Turquie Part1: bref passage a Istanbul & la place Taksim

Me revoilà a Istanbul. On avait deja visiter la ville avec Elsa il y a quelques années sur un week end prolongé et je n'avais pas forcement prévu d'y retourner. J'ai pris une auberge dans le quartier moderne, tout juste a cote du Bosphore. J'ai eu la demi chance de prendre le dernier tram après le métro mais le tram s'est arrêté une station avant ma destination finale et je me suis traversé la traverser du pont a pied. Pas désagréable de voir les nombreux pécheurs tenter d'arracher du poisson du pont tout de même situé a un bon 20m de hauteur. J'ai rejoint l'hostel vers 1h du mat et après une bonne douche désaltérante, je suis allé faire un tour sur la place Taksim pour voir l'ampleur des protestations qui font tant de bruits dans nos journaux. Et bien rien: la place était quasi déserte et seul un petit groupe d'une vingtaine de personnes veillait là avec des bougies a la mémoire des 3 défunts tués pensant les émeutes. Le parc situé sur la place étant en revanche fermée par une fine bandelette de plastique qui le ceinturait et il y avait un policier tous les 2m assis sur une chaise pour que personne n'y pénètre. Quelques chars anti-émeute munis de canon a eau étaient aussi stationnés dans le coin, au cas où. Je suis rentré sagement me coucher, histoire de ne pas rater mon vol du lendemain pour Malatya et l'ascension du Nemrut Dagi, un des must en Turquie. 

lien vers la video Istanbul

mercredi 26 juin 2013

201306 Bulgarie Part2: Plovdiv & la cote de la mer noire


Plovdiv est une ville agréable au centre de la Bulgarie qui contient 6 collines dont l'une où est située mon auberge, Hikers Hostel. J'ai fait la rencontre d'un portugais et d'un coréen et on s'est fait un petit poker l'apres midi avec le gerant de l'auberge afin de laisser le soleil retombé car ici il n'y a pas un gramme de vent et l'air ambiant est étouffant. Je suis ensuite allé au free walking tour du centre ville a 18h avec Marie, une néozélandaise d'origine des philippines qui avait débuté un tour du monde depuis quelques mois déjà. Elle avait du mal a marcher car elle avait la cheville qui avait gonflé suite a une infection due a une piqure d'insecte en Thaïlande. Elle avait consulté 2 docteurs a Istanbul et n'avait pas pu visiter la Turquie, totalement immobilisée pendant 2 semaines la pauvre. A peine le free walking tour commencé que je me suis demandé ce que je foutais là! La guide s'est présentée en disant qu'elle n'était pas une guide professionnelle mais une lycéenne: super comme intro. J'ai tout de même bien apprécié les vieilles maisons du centre ville en partie en bois et la belle vue de la forteresse avec un magnifique coucher de soleil. Le soir, on s'est baladé dans les petites ruelles a la lueur de la pleine lune avec une allemande et le coréen, a la fraiche. On a ensuite fini a l'auberge autour d'une bouteille de vodka frelatée locale qui m'a retourné la tête le lendemain alors que je n'en ai pris qu'un verre. On a passé la fin de la soirée avec un joyeux groupe de 7 anglais qui venait de finir leur 2eme année d'université et avait acheté une jeep pour traverser l'Europe de l'est et les balkans avant d'envisager de la vendre arrivés a Istanbul puis repartir en avion en Angleterre. Plutôt malin comme programme.
J'avais prévu de prendre le bus de 6h50 du mat mais encore une fois, le réveil n'a pas fonctionné et je me suis réveillé a 7h. Je me suis rabattu sur le bus de 10h qui prenait4h30 pour rejoindre la cote de la Mer Noire et plus précisément la ville de Burgas. A la station de bus de Plovdiv, la nana qui m'a vendu le billet ne parlant pas tres bien l'anglais, a demandé a une jeune fille qui allait dans la même direction de m'accompagner. J'ai fait sa connaissance et on a bien sympathisé. Elle s'appelle Nevena, 28ans, originaire de Bourgas mais travaillant a Plovdiv depuis 3 ans comme agent de la circulation. Elle a rejoint Plovdiv pour son mec et n'est jamais sortie de son pays: un petit contraste avec mon parcours mais c'est dans les différences qu'on fait les plus belles rencontres ;-) elle a commencé a me parler de kitesurf sur la plage de Burgas et j'ai tout de suite fait tilt! Arrivés a Burgas, je l'ai accompagné faire une démarche administrative puis elle m'a fait rencontrer sa jeune soeur de 22ans qui travaille dans un salon d'onglerie dans le centre ville. Elle m'a ensuite accompagné sur la plage où on est allé voir les mecs qui kitaient. Malheureusement le vent n'etait pas assez fort. Seul un mec avec une voile de 18m a pu faire quelques bords. Il n'y a pas de kite center ici et pour lui du matos, il fait que j'aille au centre ville dans leur boutique puis que je prenne un taxi pour rejoindre la plage avec le matos et fasse le même trajet au retour: pas pratique du tout, d'autant plus si je dois changer de kite parce que la puissance du vent change! Ils n'annonçaient pas plus de vent le lendemain et au donc mis mes envies de kite de coté et suis allé me baigner dans la mer noire avec Nevena. L'eau faisait un bon 27°c avec quelques petites vagues: un régal. On s'est fait un petit resto de poisson et je suis parti dans mon hotel au centre ville. On s'est rejoint le soir et elle m'a emmené dans un de ses repères: un club de billard tenu par le petit copain de sa soeur. Pas grand monde mais super ambiance et j'ai pu bien sympathiser avec leurs potes. Le temps qu'elle me mette une belle au billard et on est parti dans un karaoké de rock, voire de hard rock. Moi qui ne suis pas fan de ce genre de musique, j'ai adoré l'ambiance. Toutes les personnes qui montaient sur scène assuraient grave et il y avait une super bonne ambiance. J'ai fini vers 4h du mat lessivé!
Le lendemain, je suis parti visiter quelques villes balnéaires de la cote a commencer par Sozopol, a 30km au sud de Bourgas dont la vieille ville est une petite péninsule perchée sur une colline et plein de charmes avec de nombreuses maisons en bois. Néanmoins pas grand chose a faire ici et au bout d'une heure et demi, j'ai fait le trajet inverse en bus pour rejoindre Burgas et pris un autre bus en direction du nord cette fois-ci. Je me suis tout d'abord arrêté sur le village de Nessebar, un peu le même style que le précédent mais j'ai trouvé l'ensemble plus harmonieux et cohérent entre les vieilles églises quasi en ruine et toujours ces maisons en bois ayant un peu toutes le même cachet. Alors certes, ça sent l'usine a touristes a plein nez avec des échoppes et des commerces dans tous les rez de chaussées de la vieille ville mais le fait que cette dernière soit en plus située sur une petite ile isolée, un peu a l'image de Stefi Stefan au Montenegro, fait que j'ai vraiment adoré lézarder dans les ruelles de ces vestiges passés. J'ai de nouveau vu, comme a Bansko, les portes placardées d'affiche A4 avec a chaque fois une croix en haut et une photo d'une personne. J'avais demandé des explications a Nevena a ce propos qui m'avait expliqué que les bulgares rendaient "public" le décès de leurs proches en placardant une affiche a leur effigie soit sur la porte d'entrée de leur maison soit sur le tronc d'un arbre proche. Coutume assez étrange et Nevena m'a clairement dit qu'elle avait signifié a sa famille qu'en cas de malheur, elle ne souhaitait pas finir sur un arbre! Je ne me suis pas trop éternisé ici car j'avais quand même mes 2 sacs sur le dos telle une tortue portant sa maison (ce qui est finalement un peu le cas depuis 1,5ans!) et ai filé a Sunny Beach, LA station balnéaire de Bulgarie!
Le temps de trouver une chambre dans un hôtel a bon compte et j'ai arpenté les rues, ou plutôt la rue principale qui est piétonne de Sunny Beach, et j'ai eu l'impression de me retrouver a Benidorm a l'époque où Elsa bossait en Espagne. Quasi que des anglais, vieux ou jeunes mais vous pouvez sentir qu'il ne s'agit pas de la crème de la crème, a peine le fond d'une tasse de café turc! Je ne me suis pas éternisé et au repris le bus le lendemain pour Bourgas afin de rejoindre la Turquie. Malheureusement, arrivé a Bourgas, on m'annonce que le bus pour Istanbul prévua 12h30 était complet! Il était censé y en avoir un autre a 13h mais le guichet était fermé. Le truc gênant étant que j'avais booké un vol d'Istanbul pour la Cappadocce le soir a 23h55 et que le trajet était annoncé pour une durée de 6h30...j'ai vu le bus de 13h me passait sous le nez alors que je n'avais pu booker que celui de 14h, soit le dernier de l'apres midi. Le nouveau problème qui est survenu alors est un pb mécanique qu'a rencontrer le bus sur sa route. Il a été bloqué pendant des heures a a peine 30km de Bourgas. Il est finalement arrivé a 17h et ai effectivement arrivé a Istanbul a 23h30. J'ai du changer mon vol pour le lendemain matin et passer la nuit a Istanbul. 

mardi 25 juin 2013

201306 Bulgarie Part 1: Sofia & les régions de RIla et Pirin


Le trajet en bus qui m'a fait traversé quasi toute la Macédoine du sud ouest au nord est a été assez long. On était censé arriver vers 2/3h du mat a Sofia mais le passage de frontière a été assez douloureux. Ils ont fait descendre tout le monde du bus, fouillé tous les sacs et checker le bus de fond en comble. Ils ont été assez suspicieux a mon égard, surtout quand ils ont vu un tampon de l'Albanie dans mon passeport, presque comme si ça avait été un crime! Je suis finalement arrivé a 6h du mat a mon auberge de jeunesse a Sofia (avec une heure de décalage en plus tout de même) et la nana a la réception ne m'a pas fait payer la nuit. Je me suis réveillé vers midi et avais raté le free walking tour de 11h: damn! Je suis allé déjeuner avec une partie du groupe de français que j'avais rencontré en Macédoine et ils m'ont emmené dans un bon resto de moules. Ca faisait longtemps que je n'avais pas mangé correctement depuis que je suis dans les Balkans!

L'apres midi, je suis allé me balader dans les parcs de la ville puis ai rejoint le free walking tour de 18h. Au beau milieu du tour, on est tombé sur une manif qui dure depuis 4 jours maintenant. Les gens descendent dans la rue et protestent contre le gouvernement qu'ils souhaitent voir démissionner...de nouveau car cela avait déjà été le cas il y a quelques moi et la rue avait eu raison du gouvernement d'alors. Ayant atteint la fin du tour, j'ai voulu aller un peu m'immerger dans la manif, la guide m'ayant bien précisé qu'elle se déroulait ces derniers jours sans aucune violence. Et je suis a nouveau tombé sur Florence, l'une des françaises bulgares alors qu'on était entouré de dizaines de milliers de personnes! On a squatté un peu dans la manif et a priori les gens se plaignait de la corruption, de la mafia et des prix élevés et de la dernière hausse de l'électricité qui a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Je suis rentré a l'hostel et fais la connaissance de 2 allemandes et un couple d'australiens avec qui on a fait une petite partie de cartes: un "trou de cul" version australienne. 
J'ai ensuite rejoint l'un des français que je n'avais pas vu ce midi qui dinait non loin de là avec quelques uns de ses amis expats. Le temps d'une salade et d'une bonne glace puis on est parti se balader et on est retombé sur la fin de la manif: un petit peu plus musclé cette fois où les forces de l'ordre était en tenue de combat et séparait 2 camps: les nationalistes extrémistes d'un coté et les autres. Mais on n'a pas vu de heurts en particulier.
Le lendemain, je quittais déjà la capitale pour la région du sud et le monastère de Rila.


La galère dans les transports aujourd'hui. J'ai pris le bus de 7h30 du mat et suis arrivé vers 13h au pied du monastère de Rila. Un long chemin pour un petit trajet en sachant que le seul bus retour repartait a 15h mais franchement ça valait le coup: le monastère est situé au milieu de montagnes et une rivière coule juste en contrebas. Des que vous passez le mur d'enceinte, vous êtes soufflé par la vue sur l'endroit avec au centre une église de toute beauté et très colorée et juste a coté une tour a l'architecture un peu différente mais tout aussi majestueuse. Tout cela est entouré de 4 étages a arcades qui font le tour du mur d'enceinte et qui constituent les appartements des habitants des lieux. L'endroit respire la sérénité et appelle a la méditation.
J'ai pris le bus retour et me suis arrêté a la ville de Rila où j'ai attendu un second bus pour la ville de Blagoevgrad puis un 3eme pour ma destination finale du jour: la station de ski de Bansko. Ici, pas d'auberge de jeunesse et l'office du tourisme étant fermée a l'heure où je suis arrivé, j'ai arpenté les magnifiques ruelles du centre a la recherche d'une guest house ou d'un hôtel. Je suis tombé sur une petite pépite. Un établissement vieux de 200ans plein de charme et géré de manière familiale par une équipe bien sympathique bien que non anglophone. Je m'en suis tiré a 15€ la nuit avec petit dej et lunch box pour le midi, soit quasi les mêmes prix qu'un dortoir en auberge sauf que là, j'avais un double lit, une salle de bain privée et surtout une terrasse avec canapé donnant sur les montagnes que j'allais gravir le lendemain: idéal!
En revanche, difficile d'obtenir des informations claires sur l'itinéraire a suivre pour pouvoir effectuer la rando que j'avais prévu la veille, a savoir l'ascension du mont Vihzren, le plus haut sommet de la chaine de montagnes des Pirins dans laquelle je me trouve. J'ai néanmoins par chance croisé 2 allemands qui ont fait leur check in tardivement et qui venaient juste de le faire: ils sont passés par l'arête nord pour la montée, réputée la plus difficile et m'ont dit que c'était jouable. Par contre, eux y sont allés avec leur voiture de loc alors que moi, il va falloir que je me débrouille par mes propres moyens.
Le seul bus montant au refuge du Vihzren partait a 8h du mat mais difficile de le prendre en me levant a 7hh50! J'ai finalement décollé vers 10h en espérant trouvé une voiture en auto-stop. J'ai marché un bon 3/4h, le temps de sortir de la station qui s'étend tout de même pas mal puis de trouver une ame charitable et me voilà parti sur la route. Le me m'a avancé des 3/4 du chemin et j'ai eu la chance de tomber tout de suite sur une autre voiture qui m'a déposé au refuge de Banderitsa, a seulement 30' de marche de celui de Vihzren. Voyant sur la carte que je pouvais également démarré l'ascension de ce refuge ci, j'ai pris tout droit a travers la foret et ai commencé a gravir le 1er sommet qui se trouvait devant moi en direction du Vihzren. Je suis retombé sur le chemin de montagne au bout d'une bonne heure et demi et ai pu le suivre jusqu'au sommet. La dernière heure s'est faite entre neige et rochers et j'ai eu l'opportunité de passer tout près d'un groupe de chamois qui visiblement habitaient le coin. Je n'ai rencontré personne jusqu'au sommet où un groupe d'une quinzaine d'allemands venaient aussi d'arriver en passant par la voie du sud. Le temps d'apprécier la vue sous un bon soleil de plomb et de me faire la redescente en a peine 1h et me voilà reparti en direction de Bansko après avoir trouvé un lift au bout d'a peine 5' d'attente.
Impossible de trouver un moyen de transport pour rejoindre ma prochaine destination, Plovdiv. J'ai du me résoudre a attendre le lendemain matin 6h50 pour pouvoir partir. Ayant fini une conf call a 3h30 du mat, je vous laisse imaginer l'état du bonhomme. Ca a été l'un des trajets le plus court de la vie: j'ai fermé les yeux dans le bus et a peine rouvert, j'etais arrivé...après 4h de route!

lien vers Bulgarie Part1 Sofia & regions Rila et Pirin

samedi 22 juin 2013

201306 Macédoine


Apres la visite de Pristina ce matin, j'ai pris un mini bus pour la Macédoine a midi et suis arrivé a 14h dans la capitale Skopje. Mon hostel est situé en bord de rivière un peu a l'extérieur du centre ville et on sent qu'il a vécu. Ils étaient d'ailleurs en train de le rénover. J'ai tapé la discute avec Pablo, un black venant probablement d'Haiti ou de Cote d'Ivoire qui était là pour quelques jours, le temps d'attendre le délai légal afin de pouvoir revenir en union européenne pour les 3 prochains mois. Il fait du business dans l'immobilier en Bulgarie. Un bon baroudeur qui avait l'air de bien connaitre l'Amérique Centrale.

Je me suis mis en mouvement vers 15h30pour visiter le centre ville et il faisait une chaleur étouffante. Et bien sur, ça n'a pas manqué, au bout de 5' de sortie qu'une violente pluie s'est mise a s'abattre sur la ville et est devenue si forte que même les branches des arbres ne suffisaient plus a me protéger de la pluie! Ca n'a pas duré et j'ai pu reprendre la visite avec un beau soleil par la suite.
Le centre ville est très spécial: ils ont construits plein de nouveaux buildings et on lis des statues en veux-tu en voilà partout. Et quand je dis partout, c'est vraiment partout...de toutes tailles de toutes sortes a tel point que ça en perdait son harmonie.
J'ai flâné dans le vieux bazar turc refait a neuf avec les marchands d'or et de bijoux en tout genre puis suis monté a la forteresse mais malheureusement celle-ci était fermée. On dirait qu'il se prépare quelque chose ici car j'ai vu de nombreux podiums de concerts qui se montaient dans toute la ville.
J'ai alors attrapé un bus pour aller en direction du canyon Matka situé a 3/4h du centre.

Arrivé sur place, j'ai eu la bonne surprise de voir des kayakeurs s'entrainer sur un parcours de rapides...on se serait presque cru aux JO! J'ai marché quelques minutes jusqu'au 1er barrage puis ai longé le lac artificiel sur un petit chemin de montagne. Le chemin fait 6km mais je n'ai pu en faire qu'a peine la moitié car le bus retour partait 1h30après m'avoir déposé. Sur la route, j'ai croisé un restaurant assez charmant malgré son air très touristique accolé a un petit monastère orthodoxe.
Je suis revenu a l'auberge a la tombée de la nuit et j'ai pris quelques rakia, la boisson locale avec le gérant de l'auberge, un ancien combattant de rue, ainsi qu'un de ses potes bodybuldeurs macédonien bossant dans la sécurité et un des clients de l'auberge complètement ivre et qui arrivait a peine a aligner 2 mots correctement. La soirée semblait mal engagée puis une japonaise est arrivée en provenance de Thessalonique mais elle était trop fatiguée pour sortir: damn! J'allais me résoudre a partir seul en vadrouille quand un groupe de 5 jeunes français est arrivé. Ils faisaient tous un semestre d'étude ou un stage a Sofia et était venu visiter la Macédoine le temps du week end. On est parti tous ensemble diner dans un resto dans le centre au bord de la rivière et on est tombé sur un groupe de musique live assez sympa avec un saxophoniste qui assurait bien. Vers minuit trente, on est allé sur la place principale où avait lieu un autre concert mais de reggae macédonien cette fois: plutôt sympa. Il y a en fait un festival de musique de rue dans la ville qui commençait aujourd'hui et on s'est dirigé vers la forteresse pour voir un autre groupe mais cette fois-ci, la musique n'était pas terrible. On s'est baladé dans le bazaar turc où de nombreux bars etaient bondés puis on s'est terminé au city park où après s'être fait recaler d'une première boite sous les cendres d'un feu d'artifice improvisé, on est rentré dans un autre du même genre avec comme d'habitude le style balkans: plein de tables hautes partout, pas de dance floor et la musique a fond. On a quand même réussi a bien s'amuser dans ce petit groupe francophone bien sympathique et on est rentré vers 5h du mat.

Le lendemain, départ a 8h pour le lac d'Ohrid situé a 3h30 de bus. J'ai fait mon check in dans l'auberge Sunny Lake en plein centre ville et ai filé avec une jeune américaine faire un tour au monastère Sveti Naum, l'un des plus vieux de Macédoine et contenant le cercueil du Saint Naum au dessus duquel on est censé encore entendre battre son coeur si on y colle l'oreille...pour ma part, je devais être dur de la feuille ce jour là. On est ensuite parti en mission pour essayer de gravir le mont Madrongo, le plus haut du coin a 2255m. La difficulté n'était pas censé etre dans la marche en elle-même car une route devait nous mener a 1h de marche du sommet mais a trouver une voiture qui pourrait nous y amener vu qu'il n'y avait pas de bus sur cette route menant au col en question. On a attendu a peine 10' au croisement avant de monter dans une fourgonnette d'un local très sympa faisant de la livraison pour des boissons (orangina): peut être mon futur métier dans un futur proche! Apres a peine 1/4h d'approche, la citadine américaine n'en pouvait déjà plus et a préféré rebrousser chemin. De mon coté, j'ai gravi sans grande difficulté le reste de la montagne (va savoir si je suis sur entrainé ou si l'américaine n'était vraiment pas sportive pour un sous mais je crois que j'opterais plus pour la 2eme option) et ai pu jouir d'une magnifique vue sur les 2 lacs qui bordaient la montagne. A la redescente en revanche, j'ai pris un autre chemin et ai du une nouvelle fois affronté des pans enneigés. Pas super pentus comme en Albanie mais le problème était plutôt dans mes chaussures: je n'avais pris que les claquettes! Au bout de 5', mes pieds glissaient tellement dans mes chaussures que j'etais a 2 doigts de les casser. Vu que je ne voulais pas que la même mésaventure qu'a Ulcinj m'arrive, a savoir marcher pieds nus sur des chemins rocailleux, je me suis essayé a la marche pieds nus dans la neige...j'ai tenu 30 secondes a tout casser! Au final, je suis parvenu a redescendre en autant que la montée. Il était 18h30 et il ne me restait plus qu'a prier très fort qu'une voiture égarée passe dans le coin avant la tombée de la nuit. Au bout de 30' d'attente, je suis tombé sur un couple la cinquantaine passée belge habitant a Bruxelles: cool! Ils m'ont emmené faire 1 tour au St Tropez local avant de me déposer a l'auberge a la tombée de la nuit.
Le soir, toute l'auberge est sortie ensemble soit un groupe de 25 jeunes déchaînés et pour la plupart déjà bien bourrés (UK oblige!). On est allé dans un bar avec music live. C'était bien calme au début puis c'est devenu bondé vers 1h du mat. J'ai rencontré 2 australiens assez cool avec qui j'ai passé le reste de la soirée. On est allé dans une boite de nuit par la suite et oh surprise, après a peine 5' dans la boite, je retombe sur mon groupe de petits français bulgares que j'avais rencontré a Skopje. L'ambiance était toujours de style Balkan dans la boite et c'était cool que je les retrouve.
Le lendemain, mon bus pour Sofia, ma prochaine destination ne part qu'a 7pm. Je suis donc allé visiter la vieille ville et ai crapahuté jusqu'a la forteresse d'où j'ai pu jouir d'une très belle vue sur le lac. Je me suis fait quelques églises et monastères en passant puis ai cherché un bout de plages pour aller me baigner. Et sur qui je tombe? De nouveaux les français bulgares en train de se baigner. On a passé une petite heure ensemble puis après un petit tour chez le barbier bien utile, j'ai pris mon bus de nuit pour la Bulgarie.

mardi 18 juin 2013

201306 Kosovo


J'ai enchainé les transports aujourd'hui: apres mon aller/retour en ferry en Albanie, j'ai pris un mini bus pour la ville de Bajram Curry puis sauté dans un autre en direction de la ville de Gjakovë au Kosovo pour en prendre un autre direction Pirzen où je me suis finalement arrêté. Il a commencé a pleuvoir et cela en continue jusqu'au lendemain matin. Je me suis trouvé une auberge de jeunesse vraiment cool et ai tapé la bavette avec un italien travaillant là et un jeune canadien de Toronto. Puis le gérant est venu et on a pu discuter un peu plus de la situation ici. Il y avait des drapeaux partout du Kosovo et de l'Albanie et il m'a expliqué que le Kosovo était habité quasiment que par des albanais mais que la Servie avait refusé que lors de l'Indépendance de 2010, le Kosovo passe sous le drapeau albanais et le compromis a été de créer un nouveau pays. A priori, il y aurait des mines d'or au nord du pays ainsi qu'une communauté serbe concentrée un peu plus haut près de la frontière. Bref, pas simple a gérer et le gérant était persuadé qu'il y aurait une guerre de nouveau d'ici une vingtaine d'années. C'est un peu comme les marchés boursiers, ça marche par cycle!

J'ai pas eu le courage de ressortir et après avoir passé le début de soirée dans le lobby avec les autres backpackers, je me suis retiré dans ma chambre pour me regarder le dernier episode de la série "Game of Thrones" qui venait juste de sortir ;-)
Le lendemain, j'ai visité le centre ville et suis monté jusqu'a la forteresse pour le point de vue sur la ville, sous la pluie. On peut voir un nombre assez impressionnants de minarets disséminés dans toute la ville et quelques églises orthodoxes ou catholiques par ci par là.
J'ai pris le bus de 9h30 et ai filé en direction de ma prochaine étape kosovare, la ville de Pejë ou Pec en serbe.

J'avais demandé au chauffeur qu'il m'arrête au milieu du trajet pour aller visiter le monastère de Decani mais ce dernier ayant oublié, j'ai tout simplement skippé cet arrêt. La ville de Pejë n'est pas touristique du tout. Il y a bien un tourisme information center mais il était fermé quand j'y suis passé. Vu que je ne comptais pas passer de nuit ici (il n'y a même pas d'auberge de jeunesse en ville!), je n'ai pas pu non plus demander a mon hôtelier. J'ai déjeuné a ce qui ressemblait au centre ville et n'ai pu trouver qu'un fastfood. Je me suis ensuite tapé 2km de marche avec mes sacs a dos pour rejoindre l'entrée des gorges Rugova. C'est une chaine de montagnes qui démarre par un canyon très échancré  et qui finit par un petit domaine skiable. J'ai tout d'abord débuté ma visite par le monastere patriarcale, un des plus vieux de tous les balkans datant du XIII siècle. Le site est gardé par l'armée de l'OTAN et pour rappel, le Kosovo lui-même est sous protection de l'union européenne.
J'ai ensuite pris un mini bus pour me faire toute la vallée Rugova soit 60km aller/retour. Il y avait quelques chutes d'eau sympas et le décor était assez impressionnant. Il n'y avait que des locaux dans le bus, pour la plupart des gens qui travaillaient dans le coin. Il y avait d'ailleurs pas mal de construction sur la seule route qui était bien cabossée quand il ne s'agissait pas d'un simple chemin de terre.
J'ai fait le retour seul dans le bus et le chauffeur m'a déposé a la station de bus où j'ai pu monter de justesse dans le dernier bus direction la capitale Pristina.

Je suis arrivé vers 19h30 a Pristina et en demandant mon chemin a 2 jeunes kosovars qui se trouvaient là, je me suis fait embarquer avec eux a aller prendre un café dans le quartier, un peu excentré du centre ville. Je me suis plaint de la lourdeur de mes sacs leurs disant que je ne voulais pas faire un gros détour et ils ont alors insisté pour me porter chacun un. J'etais quand même un peu méfiant mais les mecs étaient plutôt cools, des étudiants en droit et en informatique. C'était des fans de football et notamment du club de Liverpool. Ils m'ont expliqué que les équipes de foot au Kosovo n'avaient pas le droit de faire les championnats européens car elles n'étaient pas reconnues comme un pays par l'UEFA. A priori, ce serait la Serbie qui bloquerait! Résultat: 8 joueurs de l'équipe nationale albanaise sont kosovars.
Je ne me suis pas trop attardé car la nuit tombait et me suis dirigé vers mon hostel que j'ai eu un mal fou a trouver alors qu'il était pendant 3/4j devant mon nez. J'avais beau montrer l'adresse aux passants, taximen, serveurs de café, chacun m'indiquait un chemin diffèrent. L'hostel est situé au 4eme étage d'un immeuble d'habitations privées et bien que l'intérieur soit nickel et neuf, les parties communes et notamment la cage d'escalier faisaient peur a voir par leurs délabrements. Je suis sorti me faire une petite lasagne aux épinards rapido et suis remonté pour une conf call avec mes amis mexicains.
Le lendemain, j'ai visité la vieille ville et le bazar turc. Pas grand chose a se mettre sous la dent ici mais j'ai tout de même senti une bonne atmosphère dans les cafés/bars et je serai bien resté une soirée de plus mais vu que j'etais déjà bien a la bourre sur mon planning, j'ai préféré abréger mon séjour kosovar et filer tout droit vers Skopje, la capitale macédonienne. 

lien vers la vidéo Kosovo

lundi 17 juin 2013

201306 Albanie du Nord: Shkodra & les vallées de Teth & Valbona


Je suis arrivé un peu avant 7h du mat a Shkodra un dimanche matin. Il y avait déjà quelques clients dans les nombreux cafés du centre ville mais impossible de trouver a manger. Le petit dej albanais se résume a une simple tasse de café turc. L'office du tourisme était censé ouvrir a 8h mais même a 9h passée, il était toujours fermé. J'ai rencontré un Albanais qui m'a proposé de m'emmener dans le village de Teth dans les montagnes albanaises du nord pour 10€. Je lui ai fait rajouter la visite du château Rijeka et c'était parti. En revanche, on est parti qu'a 11h30, le chauffeur voulant blinder sa voiture de provisions en tout genre. Sa jeep roulait a peine a 30/40km heure sur route asphaltée et je me suis demandé ce que je foutais dans cette galère mais des que la route est devenue plus caillouteuse, j'ai compris ma chance: la jeep roulait toujours a la même vitesse et pourtant je peux vous dire que j'ai rarement pris une route en si mauvais état de toute ma vie. On a traversé de somptueux cols de montagne et le paysage était splendide. On est arrivé a 15h30 dans la vallée de Teth et le driver m'a posé au niveau de l'église, au milieu de nulle part. Le village de Teth est vraiment éparpillé. On trouve des maisons de ci de la entre des champs mais il n'y a pas de route ici, que des chemins de montagne. Des petits jeunes du village sont venus m'aborder pour me proposer le gite de leurs parents mais j'ai eu la chance de reconnaitre un couple de touristes allemands qui passait par la. Je les avais croisé a Ulcinj lors de mon footing vers la grande plage. Ils m'ont conseillé d'aller dormir chez une vieille dame qui gardait une grande tour de garde de l'époque des vendettas. Je ne me suis pas fait prier et suis allé voir sa maison. Elle vivait avec sa fille et sa petite fille et aucune des 3 ne parlaient anglais. J'ai négocié un bon prix pour une pension complète sur 2 jours et j'ai fait la connaissance de Pauli, une des amis de la famille, et de ses 2 enfants. N'ayant plus d'électricité dans le village depuis 5 jours, Pauli m'a gentiment proposé de passer chez elle le soir car elle dispose de son propre générateur et en plus son mari Pavlo serait là et étant guide de hautes montagnes, il pourrait me renseigner sur les bons treks a faire.

Il etait 18h et j'ai profité des quelques heures de soleil qui restaient pour faire un tour des environs et suis tombé sur une magnifique cascade.
Apres un diner dantesque où ma table était juste au milieu des montagnes et pics qui entourent la vallée dans un décor fabuleux, je suis allé chez Pauli et Pavlo. J'ai dis a ce dernier que je voulais un truc un peu physique et pas trop facile et il m'a conseillé de faire un trek autour du Mont Arapit d'une dizaine d'heures.



Le lendemain, très tres grosse journée pleines d'émotions. Petit dej a 6h30 et décollage a 7am pour se garder une marge de manoeuvre. On ne sait jamais dans la montagne ce qui peut se passer et c'est quand même un trip de 10h. En sortant du village, j'ai aperçu un mec avec 2 bâtons de marche sortir d'une propriété et prendre la même direction que moi. Apres le village de Teth, le chemin remonte toujours la rivière et se rapproche de plus en plus des piques dont l'un, le Mont Arapit, est vraiment impressionnant avec ses 900m de falaises abruptes. Les marques se faisaient rares mais j'arrivais a peu près a les retrouver. En fait, ce n'est pa très compliqué: le seul chemin de montagne serpente a travers le vallon et a l'air de se diriger tout droit vers un canyon très encaissé rempli d'une grosse coulée de neige. Du moins c'est ce que j'ai cru sur le coup vu que j'avais perdu la trace des indications du chemin de montagne. Apres 2h de marche, je me suis retrouvé nez a nez avec le début du canyon et me suis procuré 2 bons bouts de bois pour m'en servir de piolets afin de gravir ce mini glacier. La montée était assez aisée au départ mais le canyon se faisait de plus en plus étroit et surtout de plus en plus raide. A certains endroits, malgré la friabilité de la roche calcaire, j'ai préféré passer par les cotés rocheux plutôt que par la glace très glissante. Je pouvais voir la fin (ou plutot le debut!) de la coulée de neige et j'avais l'impression que le chemin allait reprendre juste après. La pluie a commencé a montrer le bout de son nez et a devenir de plus en plus dense. Je me suis abrité sous le glacier contre la paroi rocheuse et ai pris mon déjeuner, non sans esquiver tant bien que mal les bouts de roche qui tombaient de temps en temps contre la paroi et qui voulaient s'inviter dans ma gamelle. Arrivé a la fin de la coulé de neige, je me suis retrouvé devant un mur de 5m super raide avec très peu de prises pour l'escalader. J'ai tenté plusieurs fois de le franchir et suis tombé 2 fois dont une d'un bon 4m de hauteur. Encore heureux que la neige était la pour amortir ma chute. J'ai finalement renoncé et cherché un autre endroit où passer me disant que sinon il valait mieux que je me tape toute la redescente du canyon qui m'avait pris une bonne heure et demi a gravir. J'ai finalement trouvé un passage assez raide également mais qui avait l'air jouable, d'autant plus qu'il avait l'air de mener a un passage assez aisé menant au sommet. Je m'y suis engouffré et ai eu quelques sueurs froides lorsque la roche s'est a plusieurs reprises dérobées sous mes mains. L'adrénaline aidant, j'ai réussi a me hisser tant bien que mal sur ces parois vertigineuses et j'ai commencé a apercevoir le sommet après une nouvelle heure et demi de grimpette. J'ai fait une prière pour être sur que derrière le sommet ne se cachait pas un autre ravin qui m'aurait obligé a redescendre. Quel soulagement quand j'ai vu qu'il y avait derrière une petite vallée enneigée qui était alimentée par les plus hauts sommets des alentours. Cet endroit ressemblait a s'y méprendre au début de mon ascension du mont Bobotov Kuk avec le même petit lac a la couleur Ariel lessive. Tous les sommets avaient l'air a porter et après avoir bien scruté les différentes voies qui menaient a chacun d'eux, j'ai pris la décision de gravir le mont Arapit (2200m) car j'avais aperçu un passage qui avait l'air assez simple pour y monter. En m'y rapprochant, j'ai retrouvé le chemin de montagne et le passage "normal" pour arriver a ce point. Il indiquait 2h30 pour rejoindre le village de Teth là où j'en avais mis 6! J'ai démarré mon ascension et j'ai entendu une voix criée mais impossible de voir d'où cela émanait. J'ai finalement trouvé la personne et l'ai rejoint assez vite: il s'agissait du monsieur que j'avais vu ce matin avec ses 2 bâtons de marche. Un israélien qui s'était offert ce trip pour ses 60ans. Il m'a dit qu'il avait galèré pour trouver le bon chemin et m'a demandé si je pouvais rester avec lui pour la descente car il ne se sentait pas très a l'aise avec la neige. Vu sa vitesse de marche, je lui ai dit que j'allais gravir le sommet du mont Arapit et que je le rejoindrais par la suite. Il ne m'a fallu que 45' pour arriver au sommet et jouir d'une vue splendide sur tous les sommets aux alentours ainsi que la jolie et verdoyante vallée de Teth. J'ai également aperçu un petit lac et un village au loin et j'ai appris par la suite qu'il s'agissait du Montenegro. Pour la redescente, j'ai essayé de prendre un raccourci afin de me retrouver plus vite sur le chemin de montagne qui faisait le tour du mont Arapit. La pente etait extrêmement raide (j'aurais même hésité a la faire en snowboard!) mais recouverte de neige et j'ai voulu faire comme au Montenegro, a savoir glissé sur les pieds comme sur des skis pour aller plus vite. Malheureusement sur une des pentes, j'ai perdu l'équilibre et me suis retrouvé a glisser sur les fesses comme sur une luge et a prendre de la vitesse. Impossible de freiner et je voyais une ligne de rochers dépassant le niveau de la neige a une centaine de mètres. Au bout de quelques secondes et malgré le fait que j'essayais de freiner de toutes mes forces avec mes mains, je me suis retrouvé glissant sur cette bande de rochers qui ne faisait que 2m a peine de longueur et j'ai vu ensuite une crevasse: j'ai pu voir ma courte vie défiler en une fraction de seconde et me suis dit que s'en était terminé de moi. Par chance, il y avait une nouvelle couche de neige qui démarrait là et l'espace entre la paroi rocheuse et la couche de neige ne faisait qu'a peine 2m. J'ai tapé en haut de la couche de neige par mon dos et ai fait une chute de 4m pour me trouver au fond de la crevasse. Encore heureux que le fond était aussi recouvert de neige ce qui a amorti ma chute: plus de peur que de mal mais je peux vous dire que par la suite je n'en menais par large sur ces pentes enneigées et ai pris toutes les précautions pour que ça ne m'arrive plus! Et pourtant j'ai de nouveau glissé après 1/4h et perdu le contrôle mais cette fois la pente s'adoucissait a la fin et ne terminait pas par une crevasse. J'ai repris le chemin de montagne et ai rejoint mon compère israélien, au nom de Youri, qui n'avançait pas bien vite. On a entamé la descente, d'abord sur des pans enneigés puis rocailleux avant de traverser une foret très abrupte. Apres 1 bonne heure de descente, on s'est retrouvé devant une falaise impossible a franchir. Sur notre droite, il y avait également une autre falaise super raide et en consultant la carte, on s'est dit que le chemin de montagne devait démarrer sa descente plus loin et on a donc pris la décision de remonter. Apres 40' d'ascension assez périlleuse (on ne voulait pas glisser et risquer de tomber dans une des falaises qui bordait la foret. On a fait une pause et c'est alors que je me suis aperçu que mon petit sac était grand ouvert. J'avais perdu en chemin mes 2 manteaux et me suis dit que je devais tenter de les retrouver quitte a perdre 10'. Il était 16h30 et on avait encore un petit peu de temps pour redescendre avant la tombée de la nuit. Cela m'a rappelé l'épisode a Jericho en Palestine où j'avais perdu mon portefeuille de la sorte et c'est là où je me suis souvenu que lors de ma pause déjeuner, il pleuvait tellement fort que j'avais mis mon portefeuille dans la poche de mon manteau afin qu'il ne prenne pas l'eau! L'histoire se répétait et je faisais encore les mêmes erreurs. Je m'étais pourtant dit après l'épisode en Palestine que j'allais changer de sac a dos! J'ai entrepris la redescente dans la foret a la recherche de mes affaires: 2 manteaux noirs a retrouver dans une foret dense, pas gagné. Surtout que je n'ai pas réussi a retrouver le chemin exact que l'on avait emprunté lors de la montée. Apres 1/2h de recherches infructueuses, j'ai commencé a me dire que ma bonne étoile m'avait cette fois abandonné et qu'il valait mieux rentrer au gite quitte a retaper le lendemain exactement le même chemin pour essayer de retrouver mes affaires. J'ai commencé a remonter la pente et c'est là que j'ai aperçu mes 2 manteaux, en boule dans un amas d'herbes et coincés avec des branchages: Alleluia! Je suis remonté a toute vitesse et ai rejoint Youri en a peine 20'. C'est fou a quel point l'adrénaline peut vous donner de la patate même quand vous avez l'impression que votre corps n'en peut plus! Je me suis dit alors qu'il pouvait m'arriver n'importe quoi, ce ne serait pas grave car j'avais évité le pire...un peu trop optimiste dans l'euphorie du moment mais j'ai assez vite déchanté...
On a cherché en vain le chemin de montagne mais sans succès et on a pris la décision de tenter de nouveau une descente a travers la foret espérant tomber sur un passage entre les falaises. Apres 20' de descente, peine perdue, on était entouré de falaises qui tombaient a pic. Il était 19h et vu que la nuit tombait vers 20h30, on a commencé a se faire une raison et qu'on allait passer la nuit là pour tenter de trouver un passage le lendemain. Youri avait une couverture de survie et moi seulement un drap en soie que j'utilise parfois pour mettre dans un duvet quand il fait très froid. Pas l'idéal tout de même.
Le guide de voyage que j'avais rencontré lors de mon bref passage a Shkodra m'avait donné son no de téléphone et m'avait dit de l'appeler en cas de pépins. J'ai essayé mais je n'avais plus de crédit sur la carte sim locale que j'avais achetée d'ailleurs avec lui. Youri s'est alors rappelé qu'il avait gardé la carte de visite de son camping a Teth et m'a demandé d'essayer de les appeler mais pas de crédit pour et impossible de changer de carte sim sur mon iphone sans une aiguille. Youri s'est alors décidé a sortir son portable israélien et a appelé en panique le mec du camping lui demandant des secours. Il a fallu en arriver a cette extrémité pour qu'il veuille bien daigner sortir son portable et appeler: quel crevard! Son discours etait incompréhensible et le mec du camping ne parvenait même pas a comprendre où l'on était. Apres 10' de perdu, j'ai pris les choses en main et ai rappelé le mec du camping lui demandant de trouver le guide de montagne Pavlo que j'avais rencontré la veille. Il m'a trouvé son no de tel et j'ai pu être en contact direct avec lui. Il nous a dit qu'il n'y avait qu'un seul passage assez escarpé qui se situait a laurée de la foret mais tout près du mont Arapit. On n'était parti dans le mauvais sens! Il nous a dit qu'il venait en rescew avec un autre guide et qu'en attendant, il fallait qu'on se rapproche du mont Arapit. Il était déjà 19h15 et on savait qu'on aurait pas assez de lumière pour redescendre. On a traversé la foret en biais avec toujours la peur de tomber nez a nez avec un ravin. On a mis nos lampes frontales et on avançait très lentement a cause de la fatigue, du chemin accidenté et du manque de visibilité. Au moment où l'on est enfin sorti de la foret, on s'est retrouvé sur une falaise où coulait un ruisseau et on a pu voir les lumières de l'équipe de secours en contrebas. Il etait déjà 21h15 et ça faisait un bout de temps que l'on marchait dans le noir complet. L'équipe de secours était composée de 2 guides: Pavlo et Ricardo, un allemand habitant ici a plein temps, féru de montagnes et devenu guide local après un an seulement ici. On a mis 1h30 a redescendre et a rejoindre leur 4x4. Encore 25' de jeep et on a pu s'asseoir autour d'une table au chaud avec une bonne bière fraiche dans la main. Une sacrée aventure que cette ascension que je ne suis pas prêt d'oublier. J'ai offert 50€ a l'équipe de secours qui, même s'ils ne demandaient rien, méritait amplement cela. Non seulement Youri n'a pas donné un centime a l'équipe, mais il a en plus demandé a diner et a bu une bière sans sortir son portefeuille: une vraie pince! L'épopée a duré 16h de marche et 25' de jeep...pas loin de mon record de 20h au Mont Blanc mais tout aussi fatiguant. Pavlo était étonné du chemin que j'ai emprunté pour la montée. Il n'avait jamais entendu quelqu'un être passé par là et pensait même que c'était impossible, tout du moins sans la neige qui m'a aidé pendant les trois quarts de l'ascension.
J'ai diné brièvement vers 23h30 dans ma guesthouse et suis allé me coucher fourbu sans meme pouvoir prendre de douche car pas d'eau chaude.
Le lendemain, j'ai mis les voiles a 10h direction le village de Valbona. Il fallait passer un col pour changer de vallée et j'ai du porter mes 2 sacs sur le dos pendant toute la journée car je ne revenais pas ensuite a Teth. Près de 20kg pendant 7h30 de marche avec des passages assez raides dans la neige: pas de tout repos mais la vue était une nouvelle fois magnifique. Je m'étais cette fois bien renseigné sur l'itinéraire car le couple d'allemands que j'avais rencontré l'avant veille m'avait prévenu qu'ils avaient mis 12h pour faire la traversée en se perdant a 4 reprises. J'ai eu beaucoup de mal pendant les 3 premières heures car je ressentais la fatigue de la veille ainsi que le poids de mes sacs qui m'appuyaient sur les épaules telle une enclume mais finalement par la suite, j'ai eu un regain de forme après ma pause déjeuner et suis parti de plus belle. Je suis arrivé vers 18h au village de Valbona mai ai été un peu déçu par l'endroit: ils venaient tout juste de finir de construire une route goudronnée il y a quelques mois et cela enlevait beaucoup de charmes aux lieux.
J'ai pu prendre cette fois-ci une bonne douche chaude et après un diner salvateur, je suis allé me coucher vers 23h alors qu'il y avait une nouvelle fois eu une coupure d'électricité qui m'a obligé a finir a la bougie.
Le lendemain, départ super tôt a 4h du mat direction le lac artificiel de Koman, le ferry démarrant a 6h. Les albanais ont construit dans la région 3 barrages hydrauliques et créé par la même occasion 3 lacs artificiels qui serpentent a travers les montagnes. Cela m'a vraiment rappelé les fjords norvégiens: visite de toute beauté! Le bateau est en fait un taxi boat qui s'arrête fréquemment afin de prendre des habitants par ci par là qui logent dans les montagnes au bord du lac et qui transportent le fruit de leurs cultures au marché du coin: assez folklorique! J'ai du me taper un aller/retour sur ce trajet, soit 6h de navigation car le plus court moyen pour rejoindre ma prochaine étape, le Kosovo, était un bus qui partait non loin du point de départ du ferry

lien vers la vidéo Albanie

samedi 15 juin 2013

201306 Montenegro Part 3: Ulcinj & ses environs


Me voilà arrivé a Ulcinj et oh surprise, il fait beau ici: grand bleu et pas une goutte de pluie ni un nuage a l'horizon. Ca ne m'était pas arrivé depuis Budapest! J'ai marché un bon 3km de la station de bus jusqu'a la petite plage adjacente a la forteresse d'Ulcinj. Je me suis trouvé une chambre chez l'habitant avec vue sur la mer pour 10€/jour. Je ne pouvais pas être mieux placé si ce n'est que ma fenêtre donne juste sur le minaret de la mosquée. Encore heureux que l'appel a la prière est chantée par une voix assez mélodieuse!

J'ai appelé le centre de kite mais ils m'ont dit que le vent ne soufflerait que dans 2 jours. Je suis donc allé me balader sur les hauteurs de la vieille forteresse qui est située sur une corniche et qui domine le centre ville et la mer. Je me suis attablé a une table d'un resto de poissons et ai pu profiter du beau temps et de la truite locale qu'on m'a même préparé devant moi. L'intérieur de la forteresse est vraiment charmant avec plein de maisons en vieilles pierres et des minuscules ruelles pavées. La petite plage elle est déjà remplie de monde mais plutôt de gens a la retraite venus se dorer la pilule au soleil.
Le lendemain, je me suis mis en mode sportif et suis parti faire un footing plus au sud pour rejoindre le spot de kite situé a une douzaine de kms du centre ville. Apres 1h de footing, je suis arrivé sur la grande plage de Ulcinj et il m'a fallu encore une bonne heure et demi, non sans m'arrêter pour gouter la température de l'eau et me rafraichir, afin de rallier le spot. Il y a en fait 2 spots collés l'un a l'autre et seulement séparés par la rivière Bojana. De l'autre cote de la rivière se trouve l'ile d'Ada avec sa plage nudiste mais la saison ne commençant que le 15 juin, rien n'etait encore ouvert. Ils installaient a peine les premières paillotes en bord de mer. J'ai réussi a trouver le centre de kite par leur drapeau "F one". J'ai fait la rencontre de Sebastian, un suisse allemand qui avait pris 15 jours de kite dans une formule tout compris. Il était arrivé depuis une bonne semaine et n'avait pas eu beaucoup de chance jusque là: il était seul dans le kite center, son hôtel venait a peine d'être inauguré et il était le seul client dedans a essuyer les plâtres (genre pas d'eau chaude and co...) et pour couronner le tout, il n'avait pas eu une seule journée de vent depuis son arrivé!
Vu que le vent ne soufflait pas, je suis parti me trouver un restaurant pour le déjeuner et Sebastien m'a accompagné. Les mecs du centre nous en ont conseillé un près de l'ile d'Ada, censé être au bord de l'eau. Je n'ai donc pas pris mes chaussures et y suis allé pieds nus en marchant le long de la plage dans le sable. Belle erreur: on a mis 1h30 a rejoindre le resto qui en plus n'était pas vraiment situé sur la plage mais près d'un pont. La route pour rallier le pont de la plage était un chemin en petites caillasses et mes pauvres petits pieds tendres de parisien ont pris très cher. On s'est dit qu'on allait prendre la route goudronnée pour le retour et qu'on trouverait bien quelqu'un pour nous prendre en auto-stop. On a marché plus de 2h et personne n'a daigné s'arrêter. Avec Seb, on s'est échangé a tour de rôle ses sandales car même la route asphaltée n'était pas vraiment lisse et je n'arrivais plus a faire un pas sans souffrir le martyr. Dans notre malheur, la première route a rejoindre la plage était située a 2km plus au nord du spot de kite, ce qui nous rajoutait 4km en plus par rapport a la plage! On a eu la chance de tomber sur une des nanas du kite center a l'entrée de la route menant a la plage et elle a pu abréger nos souffrances.
Le soir, on a déjeuné ensemble avec Seb dans un resto situé sur les hauteurs de la forteresse. On a ensuite pris un verre dans un bar sur la petite plage et l'ambiance était vraiment bizarre: c'était comme un défilé sur le petit remblai qui bordait la plage. Les nanas, de toutes âges (mais surtout très jeunes de 14 a 18ans), se mettaient sur leur 31 avec talons aiguilles de 20cm and co. On s'est dit qu'il y avait une boite de nuit qui allait tourner ce soir mais non rien.
Le lendemain, on avait prévu avec Seb de louer un scoot pour visiter quelques endroits touristiques près d'Ulcinj mais malheureusement le seul loueur de scooters de la ville était parti pour la capitale pour la journée et avait bien sur pris les clés de tous les scoots avec lui! On s'est finalement retrouvé sur le spot de kite vers 13h, le ventre plein je précise, et cette fois-ci le vent était au rdv: un bon 20 noeuds. Les mecs du centre m'ont filé une 11m F one qui datait d'au moins 4ans. J'avais débuté avec lors de mon initiation au kite a El Gouna en Egypte. J'etais complètement surtoilé et les mecs n'avaient pas d'autres kites de dispo. J'ai galeré toute la journée a essayer de border mon kite sans me faire trop arracher et a remonter au vent tant bien que mal. Le soir rebelote avec Seb au centre ville d'Ulcinj. C'était un vendredi soir et encore une fois, défilé sur le remblai et toujours pas de boite de nuit d'ouverte.
Samedi matin, cette fois-ci, j'ai pu mettre la main sur le loueur de scooter et lui ai pris un 125cm3 pour la journée. Je suis passé récupérer Seb a son hôtel et on s'est tapé une bonne heure le long de la cote monténégrine afin de rejoindre la minuscule ile de Sveti Stefan: super jolie mais impossible d'y rentrer depuis qu'ils ont transformé l'ile en hôtel de luxe. On est ensuite allé déjeuner a Virpazar, le petit village en bord du lac Skadar que j'avais fait de nuit il y a quelques jours avec Alex et Zac. On a rejoint Ulcinj en prenant la route "rupestre" qui longeait le lac: superbe! On est arrivé vers 14h30 au centre de kite et j'ai commencé avec la même voile qu'hier: au bout de 2h30 de galère de nouveau, je suis allé me plaindre du matos et ils m'ont alors donné un kite F one tout neuf de cette année qu'ils n'avaient pas jamais utilisé...un régal. J'ai retrouvé mes sensations du Cap Vert et me suis éclaté jusqu'a 19h sur l'eau comme un petit fou. Le soir, on a remis ça une nième fois avec Seb mais cette fois-ci la parade continuait par un night club. J'ai retrouvé un peu les mêmes ambiances qu'a Belgrade et a Sarajevo, a savoir de la musique super forte avec des petites tables partout toutes réservées et pas de dance floor. On ne pouvait même pas s'entendre hurler dans les oreilles de l'autre! On a quand même compris le fin mot de l'histoire: les 3 jours de parade étaient seulement destinés au samedi soir en boite de nuit. On n'a pas fait long feu.
Dimanche matin, je me suis levé a 5h du mat pour rendre le scoot et attraper le bus de 6h (le seul de la matinée) direction Shkodra en Albanie.
J'ai vraiment adoré le Montenegro, malgré les prix qui sont un peu plus chers que dans le reste des Balkans, qui regroupe en un tout petit espace tout ce qu'il faut: montagnes, plages avec du kite, jolies petites villes médiévales. Manquait plus qu'un peu de plongées mais malheureusement les centres n'étaient pas encore ouverts. Dommage car il parait qu'ils avaient un grand nombre d'épaves a me faire visiter...next time!

lien vers la vidéo Ulcinj

jeudi 13 juin 2013

201305 Montenegro Part2: les montagnes du Dormitor


Je suis parti assez tôt ce matin de Budva pour essayer de rejoindre le par national du Dormitor situé au Nord du Montenegro. Malheureusement pas de bus direct. J'ai du faire un passage par la capitale, anciennement Titograd et depuis sa mort renommée Podgorica. Il n'y a rien a voir dans cette ville qui pourtant concentre 1/3 de la population soit 200,000 âmes. La prochaine correspondance pour ma destination finale au village de Zabljak n'était que 4h plus tard et j'ai du prendre mon mal en patience avant de me taper en bus 3h de trajet. Encore heureux que le paysage était au rdv avec les premières montagnes aux sommets enneigés. 

Je me suis trouvé une chambre chez l'habitant où Zac m'a accueilli a bras ouverts. C'est un ancien randonneur de montagnes et il m'a donné plein de tuyaux sur les coins sympas a visiter au Montenegro mais aussi en Albanie et en Bulgarie, deux de mes prochaines étapes. Au programme pour demain, l'ascension du plus haut sommet du coin, le Bobotov Kuk a 2500m prévu en une dizaine d'heures.
On est allé diner dans un restaurant local et on a rejoint un couple d'israéliens la cinquantaine passée anciens et encore actuels baroudeurs. Un autre client de Zac nous a suivi, Alexander un jeune russe en vacances ici pour la semaine. Je suis parti me coucher assez tot afin de pouvoir assurer le lendemain. Alex voulait me suivre mais il n'avait pas trop d'expérience de la montagne et Zac l'a découragé de le faire.
Petit dej a 6am et me voilà parti sur les pistes de montagne sous une fine pluie. J'ai rapidement rejoint le lac noir. Il doit son nom aux sapins qui l'entourent et qui se reflètent dans son eau plate et lui donne un aspect foncé. Le mont Medjed trône au pied du lac et lui donne aux lieux une touche irréelle. J'ai poursuivi la montée qui s'est avérée de plus en plus enneigée et suis arrivé au  camp de base où un petit lac surnagé au milieu de la neige dans le fond d'une vallée très encaissée. Sa couleur ressortait d'autant plus que la neige, ne datant pas d'hier, avait pris une teinte jaune. J'avais l'impression d'un liquide de machine a laver le linge. J'ai été surpris par un tel contraste de couleur et n'ai pas vu que les indications tournaient sur la droite et j'ai continué tout droit. J'ai suivi un autre sentier qui m'a amené au beau milieu du renfoncement, entouré de montagnes de toutes parts. J'ai pris la décision de continuer tout droit sur un versant extrêmement pentu et complètement recouvert de neige. J'avais eu la bonne idée d'emprunter les bâtons de marche de Zac et m'en suis servi comme de 2 piolets pour gravir ce pan de montagne non sans difficultés ni gouttes de sueur.  Au fur et a mesure que je progressais dans mon ascension, la neige devenait de plus en plus fraiche et profonde ce qui ne m'a pas facilité la tache. J'ai cassé la croute en haut d'un des pics mais je sentais bien que ce n'était pas le bon. Apres avoir bien profité de la vue qui a été accompagnée d'un sympathique éclairci, j'ai entamé la redescente en m'essayant au ski sans ski, vu que la neige était suffisamment molle pour le permettre sans qu'elle ne s'enfonce trop. Arrivé de nouveau au pied du petit lac, je me suis dit que ca faisait un peu court et que j'allais essayer d'escalader une autre montagne qui se dressait devant moi tel un nouveau défi. La montée était de nouveau assez vertigineuse et j'ai pu reprendre mon souffle dans une petite grotte a ciel ouvert qui n'attendait que moi. J'ai aperçu le début d'un sentier dans la neige et vu des marques d'un chemin de montagne. En essayant de traverser en biais le flan de montagne, un de mes bâtons de marche s'est cassé en deux et j'ai perdu l'équilibre et ai glissé sur bien 2/3 mètres avant de pouvoir freiner ma chute et me remette sur mes pieds. J'ai alors aperçu un couple de randonneurs en contrebas qui allait dans la direction. J'ai poursuivi la route et suivi le chemin de montagne qui m'a fait contourner une première montagne. Je pouvais apercevoir le sommet du Bobotov Kuk qui n'avait pas l'air simple a gravir mais bizarrement le sentier tournait autour. Apres une bonne ascension, les indications indiquait de redescendre tout en bas ce qui m'a paru bizarre mais sans la moindre trace d'autres indications, j'ai suivi le chemin et me suis quasiment retrouvé au point de départ de la précédente montée avec en prime plus aucune indication. En colère, j'ai entrepris la remontée en partant un peu plus en biais en étant persuadé que le sommet de la montagne qui se trouvait devant moi allait me mener au sommet, après une bonne heure d'ascension sur des parois assez dangereuses et glissantes, je me suis retrouvé au sommet de cette montagne mais impossible de rejoindre le Bobotov Kuk qui était séparé de l'endroit où j'etais par une crevasse infranchissable mais invisible d'en bas. Le temps commençait a se gâter avec une pluie plus consistante et surtout un brouillard épais qui m'empêchait de voir a plus de 10m. Ca faisait prêt de 8h que j'avais démarré mon ascension et le sommet me paraissait trop loin pour le tenter. J'ai entamé la redescente du rocher sue lequel je me trouvais mais ne voulant pas passer par le même endroit que là où je suis monté, jugeant la descente plus compliquée que la montée, j'ai cherché un passage plus facile. Apres quelques dizaines de mètres de descente, je me suis retrouvé coincé entre un pan sous mes pieds assez périlleux et glissants et je ne me voyais pas remonter pour trouver un endroit plus simple. J'ai donc pris d'énormes précautions sur mes prises afin de ne pas me louper et a plusieures reprises, j'ai eu le droit a des pierres qui se dérobent sous mes pieds ou sous mes prises de main. A voir a quelle vitesse ces pierres dégringolaient dans le fond du pan de montagne et se fracassaient les unes contre les autres pour finir en mille morceaux, je me suis demandé ce que je foutais là. C'est alors que j'ai vu un mousqueton encré dans le flan de la roche avec un bout de corde qui pendait a son bout j'ai vite compris que ce n'était pas bon d'être a cet endroit sans être assuré mais je n'avais désormais d'autres alternatives que de continuer ma descente. J'ai mis une heure et demi avant de finir de descendre ce pan et je peux vous dire que je n'en menais pas large. Il ne me restait quasi plus d'eau et j'ai du mettre de la neige dans ma bouteille et patienter que celle-ci fonde pour pouvoir y gouter! La descente finale a été interminable car j'avais bien dévié de mon chemin d'origine. Au fur et a mesure que j'avançais, il y avait de moins en moins de neige et la roche faisait place a une foret qui s'est faite de plus en plus dense. Je m'étais dit que j'allais redescendre en essayant d'arriver pile poil au niveau des chutes d'eau du lac noir que je n'avais pas pu apercevoir lors de mon passage aller. La pluie était désormais battante et je suis arrivé au pied des chutes après 11h de marche au total! J'ai pris un moment pour récupérer et en même temps profiter du merveilleux bruit que faisaient ces chutes d'eau avant de repartir a mon auberge. Au total, après 12h de marche dans les jambes et un bâton de marche en moins, j'ai enfin atteint la maison de Zac qui m'attendait avec un peu d'inquiétude. Je réalisais a peine que c'etait la première fois que je ne parvenais pas a gravir un mont que je m'étais fixé: grrrr! Un couple d'écossais venait tout juste de faire leur check in et on est parti tous manger dans un resto près du centre.
Le lendemain, on est parti avec la voiture de loc des écossais et Alex essayer de rejoindre la vue panoramique du coin qui donnait sur le canyon de la rivière Tara, le 3eme plus profond du monde. Malheureusement et malgré les nombreuses explications de Zac, impossible de retrouver le chemin et on s'est perdu dans la foret. On est revenu a l'appart où une agence de rafting nous attendait pour faire la descente d'une partie de la rivière Tara sous le pont le plus connu des Dormitors. 2 autres clients nous ont rejoint pour cette descente en rafting, un couple de jeunes français qui s'avérait être le couple que j'ai croisé lors de mon ascension ratée de la veille. Eux non plus n'ont pas réussi a suivre le chemin de montagne et ont du rebrousser chemin. La descente en rafting s'est avérée assez pépère et n'a duré qu'une heure mais cela a été bien suffisant pour apprécier la beauté du décor et le profond canyon dans lequel on se trouvait.
A peine revenu au bercail que j'ai du enchainer pour un tour en voiture avec Zac et Alex qu'on avait booké la veille. On s'est arrêté a une station essence après une heure de route parce que Zac avait donné rdv a un mec pour un eventuel échange de voiture. Finalement l'échange ne s'est pas fait, le 4x4 que lui proposait le mec étant bien plus vieux qu'il n'était indiqué sur l'annonce de vente!
On a repris notre chemin et nous sommes arrêtés au monastère d'Ostrog, incrusté au beau milieu d'un flan de montagne. On a ensuite un peu écourté notre itinéraire par manque de temps et après avoir racheté des bâtons de marche tout neuf a Zac dans la capitale, nous avons pris une charmante et pittoresque route de campagne pour atteindre le petit village de pêcheurs de Rijeka qui était bordé de lacs d'un joli vert avec plein de montagnes autour: tout simplement magnifique! On a mangé au bord de l'eau en commençant par une merveilleuse soupe de poissons, réputée pour être la meilleure du pays, puis avant d'attaquer notre plat d'anguilles grillées, nous avons fait une balade en bateau a moteur a travers les différents lacs du coin. Au retour, nous avons retrouvé par hasard le couple d'israéliens qui avaient pris une chambre ici pour la nuit!
On a continué notre périple mais la nuit était malheureusement déjà tombée et on n'a pu apprécier qu'a moitié le reste du parcours. On a fait une brève étape au village de Virpazar avant de rejoindre notre destination finale: la ville de Bar. Zac avait prévu de remonter sur les Dormitors mais il ne se sentait pas le courage de refaire le trajet inverse et on s'est trouvé une piaule pas chère pour la nuit qu'on a partagé a trois. Difficile de s'endormir lorsqu'un des occupants de la chambre ronfle comme une locomotive. Je me suis mis un petit film pour m'aider a fermer les yeux et je l'ai finalement regardé jusqu'au bout: "la vie héroïque de Serge Gainsbourg". 
Le lendemain, Zac nous a déposé sur Stari Bar où on a rencontré lors de notre petit déjeuner un sosie parfait du Serge Gainsbourg petit que j'avais vu la veille: bluffant! Il pleuvait assez fort mais on a tout de même pris notre courage a 2 mains et avons visité la forteresse et les ruines de l'intérieur des remparts.
Alex m'a ensuite quitté pour rejoindre l'aéroport international et moi je suis parti en direction de Ulcinj la prochaine destination où m'attend l'un des dix meilleurs spots de kite recensés au monde: nice!

lien vers la vidéo montagnes Dormitor

samedi 8 juin 2013

201305 Montenegro Part1: la cote de Kotor à Budva

Depart de nouveau de bon matin a 7am mais pas le choix, on m'a dit qu'il n'y avait qu'un bus par jour pour rejoindre la ville de Kotor au Montenegro. Le voyage en voiture se fait en 2h30, 3h en bus direct mais là, j'ai du passer par Dubrovnik en Croatie. On m'avait annoncé 5h de trajet. Ca en a pris 8! Forcement quand on passe entre 3/4h a 1h a chaque poste de douane et que j'en au eu le droit a 4: le bosniaque lors du passage en Croatie + le Croate puis le croate lors du passage au Montenegro + le Montenegro. J'ai eu la bonne surprise en attendant le bus de retrouver Luke, le neo-zélandais qui faisait partie du tour la veille a Mostar. Il habite depuis 5 ans en Italie et est joueur de rugby professionnel. Vu que c'est la fin de la saison, il a 2 mois de temps morts et les a mis a profit pour faire un tour des Balkans. Il a 33ans et pense encore faire une dernière saison avant de raccrocher. Son idée pour la suite serait avec l'argent qu'il a mis de cote depuis le début de sa carrière d'acheter une maison en nouvelle zelande pour la louer puis de partir en tour du monde. Il a une petite amie mais il ne sait pas trop s'ils vont partir ensemble. Elle a un petit budget et lui ne se sent pas de payer pour deux sauf a faire des trucs un peu roots.
Malgré la longueur du trajet, le parcours était assez agréable. On est passé a Neum, la seule parcelle de cote que détient la Bosnie. Le Montenegro est vraiment étonnant. In a pris un ferry avec notre bus et on a traversé un fjord! J'ignorais jusque là qu'il y avait des fjords en méditerranée... En fait on est en mer adriatique mais tout de même, j'ai vraiment eu l'impression de revenir en Norvège avec en plus un petit coté village provençal de la cote d'Azur.
On est arrivé a 15h a Kator et on a filé tout de suite au meilleur restaurant de fruits de mer du coin: pas donné mais je n'en pouvais plus des fast foods locaux et de manger de la viande tous les jours.
Ayant repris des forces, on a entamé l'ascension de la montagne qui borde la vieille ville pour rejoindre la forteresse qui y est juchée en son sommet. Une vue incroyable nous y attendait...
La vieille ville, entourée par des murs d'enceinte, m'a un peu fait penser a Carcassonne en plus petit. Les ruelles sont minuscules et toutes pavées. Kotor a vraiment gardé une certaine authenticité et c'est tant mieux. Même notre auberge de jeunesse était d'un gout médiéval.
Le soir, il y avait une soirée sangria d'organisée a l'auberge. L'ambiance était vraiment chaleureux avec pas mal de backpackers. L'un d'entre eux, Mike de Toronto m'a raconté une mésaventure qui lui est arrivé la veille. Il est sorti dans un bar crawl d'une auberge de jeunesse a Athènes et il s'est réveillé le lendemain matin en cellule et sans chaussure ni portefeuille. Les policiers l'ont laissé sortir sans même lui dire ce qui s'était passé et il est rentré a l'auberge a pied et pieds nus avant de prendre un avion pour le Montenegro. J'ai également retrouvé 2 autres mecs avec qui j'avais connaissance a Mostar. Ils étaient 10 cette fois et venaient de finir un semestre Erasmus a Zagreb et avaient décidé de le clôturer par un petit tour des Balkans ensemble. En revanche, dans la vieille ville, c'était le désert complet et j'ai préféré ne pas trop m'éterniser pour reprendre des forces pour demain. J'avais prévu une ascension assez difficile sur le plus haut point du coin mais malheureusement le temps en a voulu autrement. Il a plu des trombes d'eau toute la nuit, a tel point qu'au reveil, il n'y avait plus du tout d'électricité dans l'auberge ni même dans toute la ville. Bonjour pour prendre sa douche dans une salle de bain sans fenêtre!
Vu que la pluie ne cessait toujours pas, j'ai préféré packer et partir pour la ville de Budva située a seulement 1h de route de Kotor.

Il a plu une bonne partie de la journée et j'ai donc mis le ralenti. J'ai pas mal discuté avec la nana de la réception de mon auberge: c'est une serbe qui venait a peine de commencer son boulot ici mais qui avait habité 7ans en France et qui parlait couramment le français. Vraiment agréable de pouvoir parler dans sa langue maternelle avec des locaux!
Je suis parti a l'assaut de la vieille ville qui est encore plus petite que Kotor. En revanche, les vagues y sont plus menaçantes. Je me suis fait attraper par un violent orage et ai pu de justesse me réfugier dans un café. Le temps que cela cesse et un beau soleil était de retour. J'ai marché le long de la cote pour rejoindre une petite crique de sable. Sur le retour, je me suis de nouveau arrêter a un restaurant de poissons et y ai dégusté un bon plat de moules frites devant un match de Roland Garros retransmis a la TV: idéal!
Je suis rentré a l'auberge faire une longue et bienvenue sieste puis suis ressorti vers minuit pour voir un peu l'ambiance de la night life ici. Malheureusement je n'ai pas trouvé de wing man dans l'hostel (j'etais le seul client) et ai eu du mal a me mettre dans le bon mood. J'ai commencé par le plus grand club du coin: le Trocadero avec de la house bien lourde, puis j'ai fini dans un sympathique bar a salsa...eh oui. Même les gens d'Europe de l'Est dansent la salsa et ici plutôt bien. Je ne me suis pas éternisé pour autant et suis rentré vers 3h.
Le lendemain, un long trajet m'attend pour changer de décors direction les montagnes du nord du Montenegro et le parc national du Dormitor.


jeudi 6 juin 2013

201305 Bosnie-Herzégovine: Sarajevo & Mostar


Sarajevo:
J'ai booké une place dans un mini bus privé très tôt ce matin a 5h15 du matin pour rejoindre la Bosnie-Herzegovine et sa capitale Sarajevo. Le trajet se fait avec les transports publiques en 7/8h mais là, avec le conducteur que l'on avait, on a fait le trajet en a peine 6h. On sent tout de suite une différence quand on passe de la Serbie a la Bosnie, pourtant il n'y a guère qu'une rivière a traverser, mais les paysages ne sont plus de longues plaines interminables mais des vallons entourés de montagnes verdoyantes.
Je suis allé faire mon check in au "Travelling hostel", une auberge bien sympathique où le personnel a été super chaleureux avec moi pendant tout mon séjour. Je suis dans un dortoir avec un groupe de très jeunes australiens au long court: il y en a même un qui a pris sa planche de skate board! J'ai voulu aller faire le free walking tour de l'apres midi mais après a peine 5', j'ai préféré rebrousser chemin et rentrer a l'auberge au vu de la qualité du guide. J'ai diné a l'auberge avec tout ce joyeux petit groupe autour de bureks, sorte de kebab bosniak avec des petites saucisses servies dans une pita et bourrée d'oignons. Je suis sorti le soir avec Zach, un américain de 37ans ancien officier de police qui aimerait se reconvertir dans le fitness "nature" (ie: sans salle de muscu ni appareil ni produits bizarres!). Je lui ai tout de suite parle de la méthode de George Hébert que m'avait décrit André le grand père d'Elsa et dont le pere avait fortement aidé au développement de ses techniques en France. Espérons qu'il arrive a lancer son concept outre atlantique! On a rencontré un groupe de jeunes bosniaques qui nous ont emmené dans un club a la musique locale, un espèce de mix entre de la musique turc et grecque. Faut s'y habituer mais plutôt sympa a danser. En revanche, les garçons locaux sont plutôt chercheurs d'embrouille. Il s'agissait d'une soirée open bar (ie: boissons alcoolisées a volonté) et lorsqu'un des australiens de l'auberge a malencontreusement fait tomber le verre d'un des locaux, ce dernier lui a demandé de lui payer 20€. L'australien a bien sur refusé et le ton est monté. 3 vigiles sont arrivés et ont sorti le pauvre australien sans même chercher a comprendre et sans le ménager. Il a fini avec des écorchures aux mains et a du se sauver en courant dans la rue pour ne pas être plus abimé! De retour a l'auberge, le réceptionniste m'a explique qu'il y avait assez souvent des bosniaques d'origine serbe qui venaient dans ce club et se prenaient un peu pour des gangsters, genre mafia russe et qu'il s'etait lui aussi embrouillé avec eux une fois lors d'une fête d'anniversaire dans ce même club et qu'il n'y retournerait plus. Vaut mieux être prévenu!
Le lendemain, je suis parti sur un tour complet de Sarajevo et de ses environs organisée par notre auberge. On était 7 plus le guide. Aux 1ers abords, je me suis demandé si le guide n'était pas saoul. Le tour était prévu a 10am et 15' avant notre réceptionniste nous dit que le tour est annulé pour une raison obscure, puis finalement nous dit qu'il est maintenu puis 5' après, de nouveau annulé et enfin maintenu! Le guide nous a fait monter dans son mini van et il n'avait pas un discours très cohérent. Il nous a expliqué qu'il était censé recevoir un médicament pour son fils épileptique qui n'existait pas en Bosnie et qui devait arriver par bus la veille en provenance de Suisse mais que le coli n'était pas arrivé et qu'il avait voulu annuler ce tour pour s'occuper de ce problème avant que finalement on ne le prévienne a la dernière minute que le médicament arrivait aujourd'hui. 
On a traversé la ville et avons pu constater le contraste entre les quelques buildings neufs et ceux beaucoup plus nombreux qui avaient encore des traces de la guerre de 1993-1995 qui a eu lieu ici. La ville de Sarajevo a été assiégée par l'armée serbe pendant 3ans sans qu'elle ne puisse vraiment pénétrer a l'intérieur mais les chars et l'artillerie serbes, positionnés sur les hauteurs tout autour de la ville l'ont violemment bombardé pendant tout ce temps et de nombreux exactions ont ete commises. Seul le décret de Dayton a pu mettre une fin au conflit armé et a eu pour conséquence le retrait de l'armée serbe ainsi que la constitution d'une nouvelle république fédérale composée de 2 entités politiques distinctes: la fédération de Bosnie-Herzégovine qui couvre 51% du territoire et est composée de Bosniaques et de Croates et la fédération serbe de Bosnie. Les tensions sont encore très vives entre les 2 clans et les accords de Dayton, bien qu'ils ont eu le mérite d'arrêter la guerre, n'ont pas vraiment résolu les problèmes de fond. Notre guide nous a dit regretter l'époque de la Yougoslavie où Tito dirigeait d'une main de fer. Il a expliqué que le communisme yougoslave n'avait rien a voir avec celui des russes ou des chinois et qu'il s'apparentait plus a un socialisme "totalitaire". Totalitaire dans le sens où les partisans de politiques nationalistes étaient tous et très vite emmenés en prison pour des travaux forcés et que c'est comme cela que Tito a pu tenir autant de nationalités différentes sous une même bannière. Pour rappel, l'ex-Yougoslavie était composée de la Slovénie, la Croatie, la Serbie, la Bosnie, le Montenegro, la Macédoine et le Kosovo. A l'époque de Tito, tout le monde avait une voiture, mangeait a sa faim, avait un travail et pouvait voyager sans aucune restriction...selon notre guide bien sur. Depuis sa mort, les nationalistes sont peu a peu réapparus et la Yougoslavie a volé en éclat.
Pour en revenir a la Bosnie et plus précisément a Sarajevo, il faut savoir que la Bosnie est un pays multi culturelle et de mélange qui est composé de bosniaques (48%), de serbes (37% ) et de croates (15%). De plus, il y a un mix de religion qui m'a clairement rappelé Jerusalem ou Istanbul. On peut voir des églises catholiques et orthodoxes un peu partout mais principalement des mosquées vu que la Bosnie est a 80% musulmane depuis que les ottomans sont venus ici pendant un demi millénaire. 
On a d'abord flâné le long d'un parc qui etait transpercé de toute part par un imposant ruisseau puis on est allé voir le "tunnel de la vie": c'est un tunnel qui a été construit lors du siège par les habitants de Sarajevo afin de pouvoir alimenter la ville en nourritures et munition. On est ensuite monté sur les hauteurs, aux abords de Sarajevo pour voir les vestiges de la piste de bobsleigh qui avait pourtant été construite il n'y a pas si longtemps que ça: pour les jeux olympiques d'hiver 1984. Un peu plus loin, dans un bâtiment en ruine, on a pu admirer la plus belle vue de Sarajevo a partir d'un des terrasses ouvertes a coup de tirs de char! Un petit tour dans le cimetière juif du coin puis nous traversé le fameux pont où le prince Ferdinand a été assassiné, démarrant le début de la 1ere guerre mondiale. Un petit tour dans le vieux marché turc et la vieille ville et j'en avais fini avec Sarajevo.
Je suis parti le lendemain dans le train touristique pour la ville de Mostar.

lien vers la video Sarajevo

Mostar: 
De nouveau partie de bonheur, je suis monté dans le train de montagne en direction de Mostar. Le trajet était a couper le souffle: il a duré 2h20 et j'avais prévu d'y dormir mais au contraire, je n'ai quasi pas pu m'asseoir tellement le paysage était beau. On a traversé le canyon de la Neretva, peuplé de montagnes dont certaines avaient encore les pics enneigés. Il y avait presque autant de tunnels que de montagnes et a des qu'on sortait d'un tunnel, on avait le droit a un nouveau spectacle et un décor a chaque fois plus étonnant et merveilleux que le précédent. Le train a pendant une bonne partie du trajet longé une rivière au magnifique vert émeraude. On était toujours a flan de montagne et on pouvait jouir de toute la majesté des falaises qui nous surplombaient. 
Arrivé a la gare de train de Mostar, j'ai été accueilli par Miran, le proprio de l'auberge de jeunesse où j'allais résider pour la nuit. Il était venu spécialement pour moi afin que je ne rate pas le tour qu'il organisait quotidiennement a 10h. Il m'a offert le petit dej a l'auberge qui s'est petit a petit peuplé de tous les routards qui y résidaient. On s'est vite retrouvé a l'étroit au vu de la petitesse de la cuisine et du fait qu'il y avait un va et vient entre ceux qui faisaient leur check out et ceux, comme moi, qui venaient d'arriver mais quelle ambiance!
On était 4 a participer au tour de Miran: Dani 1 australien un peu fou fou venant de faire 5 mois de trip entre l'Asie du Sud Est et les Balkans, Heather une canadienne habitant a Londres et voyageant pour une dizaine de jours dans le coin et Luke, un neo-zélandais qui était parti immigré en Italie dans une petite ville aux abords de Venise et qui était là pour 2 mois. Miran est un bosniaque très chaleureux et bordélique au possible mais qui a le cour sur la main. Il a vécu le terrible conflit contre les serbes et les croates qui a eu lieu dans la région et a ete démineur après la guerre. Les tensions sont encore vives dans la ville de Mostar qui a été le theatre de bien tristes événements. Lors de la guerre de 92/95, les serbes ont été tout proches d'envahir la ville de Mostar et un des généraux de l'armée serbe a meme fait détruire le pont de la ville: la fierté des habitants du coin. Quand les bosniaques, avec l'aide de l'armée croate ont commencé a prendre le dessus sur l'armée serbe et a les repousser loin dans les montagnes, ils ont eu la mauvaise surprise de voir leurs alliés croates se retourner contre eux et les attaquer dans le dos. Ils se sont retrouvés pris entre 2 feux: les serbes d'un cote et les croates de l'autre. Il a fallu l'intervention des américains pour que le massacre cesse et que la ville de Mostar soit sauvé. A priori le plan des Serbes et des Croates étaient de se partager la ville en 2 de chaque partie du pont, d'où l'intérêt de détruire le fameux pont et surtout tout symbole pouvant rappeler l'appartenance de la ville aux bosniaques. Aujourd'hui il y a comme une ligne de démarcation entre les territoires habités par les croates et ceux habités par les Bosniaques. Il y a 3 mois, une statue commémorant la fin de la guerre et la gloire de l'armée bosniaque a été placée a la frontière entre les 2 territoires et a ete détruite la veille de mon passage, a priori par des nationalistes croate selon Miran. Ce dernier nous a raconté qu'un important procès venait tout juste de prendre fin et que la majorité des anciens généraux des armées serbes et croates avaient été condamnés en cumulé a 120ans de prisons pour les actes de barbaries et de génocides qu'ils avaient commis ici. On pouvait sentir que Miran était un actif partisan de la Bosnie libre et qu'il était membre d'une faction politique bosniaque. Il nous a tout d'abord emmené sur un lieux de pèlerinage connu dans le village de Medugorje. Ici en 1981, 6 enfants auraient eu une apparition de la vierge Marie et depuis des milliers de pratiquants viennent en ce lieux prier.
On est ensuite allé se baigner dans les somptueuses chutes d'eau de Kravica. L'eau n'était qu'a 12°c mais le spectacle était tellement beau qu'il n'a pas fallu longtemps pour me décider de m'y jeter a l'eau.
On a ensuite pris la direction du village médiéval de Pocitelj qui est entourée d'une magnifique forteresse. On a pris une collation chez une vieille dame qui a survécu a la guerre malgré les nombreux exactions des voisins croates habitant juste derrière la forteresse. La vue de cette dernière était tout simplement magique: on avait la rivière Nera qui serpentait en contrebas de la forteresse et les montagnes autour qui formaient un canyon. Miran nous a raconté que pendant la guerre, l'armée bosniaque avait du se battre dans ce canyon avec des chars serbes plantés sur les hauteurs des montagnes d'un des versants du canyon et des chars croates de l'autre versant!
On a continué la route et traversé un lieu saint musulman logé dans une vieille maison en bas d'une enorme falaise où s'écoulait un puissant cour d'eau.
Puis on a terminé par une visite d'un champ de bataille, sur les hauteurs des montagnes, là où l'armée bosniaque a repoussé l'armée serbe et où la ligne de démarcation entre la fédération serbe de Bosnie et la fédération bosniaque a ete arrêtée lors des accords de Dayton. Rien d'extraordinaire mais avec le discours passionné de Miran, la plaine prenait vie et on s'y croyait vraiment. On est allé dans les anciens bookers serbes pris par les bosniaques et une forteresse montée a la hâte par les serbes pour défendre les hauteurs mais prises par les bosniaques avant la fin du conflit.  
On est rentré tard le soir vers 21h et après avoir constitué un nouveau groupe avec les gens de l'hostels, on est allé diner dans la vieille ville pour y voir notamment le fameux pont, reconstruit en 2004. J'avais prévu d'y sauter car il s'agit d'une des activités des plus courues ici mais Miran m'en a dissuadé après m'avoir raconté que seulement l'année dernière, 4 touristes y avaient trouvé la mort après avoir sauté. Le saut ne fait "que" 22m de haut mais Miran m'a expliqué que les vents qui y soufflent sont forts et irréguliers ce qui rend compliqué une chute bien droite et que les courants de la rivière sous le pont etaient très forts. La dernière fois qu'un touriste y a perdu la vie, les autorités n'ont retrouvé le corps qu'après 2 mois a plusieurs dizaines de km de là. C'était suffisant pour calmer mes ardeurs et ma témérité. 
Le soir, au retour du resto, on s'est fait méchamment saucé par un violent orage qui a coupé court a tout envie de sortie et on est resté dans notre vaste dortoir où y régnait une bonne ambiance de routard.
Le lendemain, je filais déjà pour une nouvelle destination: le Montenegro!
J'ai vraiment été fasciné par la Bosnie et je ne m'attendais pas a un pays aussi beau...un voyage que je recommande chaudement pour ses merveilleux paysages, ses lieux chargés d'histoires et ses habitants si attachants, surtout aujourd'hui où le touriste s'y fait encore rare.