Depuis que j’avais rencontré Hussain en Australie, notamment lors de la visite de Frayser Island sur la cote Est, on s’était dit en se quittant que je le rejoindrai une fois qu’il irait au Pakistan. En effet, Hussain est d’origine pakistanaise bien qu’habitant a Calgary au Canada. Quand il m’a annoncé en fin d’année dernière qu’il allait se marier à Islamabad et qu’il m’y invitait, je n’ai pas hésité longtemps. Rdv était pris pour le 22/23 mars pour 2 jours de cérémonie.J’ai réussi a me dégoter un vol quasi direct pour Lahore, 2eme ville du pays avec 15millions d’habitants (contre 25 pour Karachi).
Dès mon arrivée au pays, j’ai tout de suite était frappé par la quantité des forces de l’ordre: des militaires aux rangers en passant par des services de police de toute sorte. Il faut savoir que le pays contient 200 millions de personnes dont 7 millions sont dédiés a l’armée. Et il faut bien ca pour faire un minimum de contre poids face a leur meilleur ennemi, l’Inde, mais je reviendrais sur ce point. Il y avait des checks points un peu partout, la sécurité avait l’air d’être au maximum et on voyait des mitraillettes et ak47 a quasi chaque carrefour.
Je m’étais réservé un lit dans une modeste auberge de jeunesse, Lahore backpackers, la seule de la ville. J’y ai retrouvé Marie Josée, une autre invitée d’Hussain, provenant de Montréal, et qui voulait également visiter un peu le pays avant le mariage. Il faut savoir que le tourisme est quasi inexistant ici au Pakistan et encore plus difficile pour une femme seule.
On a fait un tour avec Sajjad, le proprio de l’auberge de jeunesse afin de voir le Great Minaret, tout premier monument créé après la Partition, célèbre événement qui a vu en 1947, lors de la déclaration d’indépendance de l’Inde vis a vis de l’Empire britannique, la scission de cette région en 3. L’Inde prenait son indépendance mais lâcha en route 2 territoires, l’actuel Pakistan et le Bangladesh, principalement de religion musulmane, afin d’éviter de nouveaux heurts.
On est passé près d’un temple Sikh avant d’aller visiter la Grande Mosquée de Lahore, pouvant contenir plus de 100.000 personnes. Le fort jouxtant la mosquée avait été créé par la même famille que celle qui a imaginé le Taj Mahal a Akra et effectivement on pouvait y voir quelques ressemblances, toute modestie gardée.
Apres avoir largement profité de la nourriture locale dans des petits bouibouis, en mode street food, on a filé a la frontière avec l’Inde, en fait le seul poste frontière terrestre ouvert entre les 2 pays, appelé Wagah border. Cet endroit ne laisse passer qu’un seul bus par jour! En revanche, vous avez une cérémonie quotidienne tous les soirs assez spéciale. Des tribunes ont été construites des 2 cotés de la frontière et a priori proportionnelle a la taille du pays, soit 1000 places côté pakistanais et 10,000 côté indien. Il y a bien une poignée de mains entre les 2 officiers des armées mais on sent bien que le conflit qui les gêne depuis des décennies est toujours bien présent dans les esprits, a savoir la possession de la région du Cachemire. Aujourd’hui appartenant a l’Inde alors qu’elle est en grande majorité de confession musulmane.
Le soir venu, j’ai pu faire la rencontre des autres voyageurs de l’auberge et a mon grand étonnement, il y avait principalement des femmes! 2 venaient de Grèce, travaillant a l’accueil de refugiés sur une des iles proche de la Turquie. Elles m’ont expliqué que 80% des réfugiés étaient d’origine pakistanaise, fuyant leur pays pour divers raisons, mais probablement dans l’espoir d’un avenir meilleur plus que des raisons de réfugiés politique. J’ai également fait la connaissance d’un Suisse qui venait d’Iran et qui pensait peut être aller ensuite en Afghanistan. Quasi tous les voyeurs ici étaient des tours du mondiste assez chevronnés qui en avaient pour au moins un an. Ca m’a donné l’envie d’explorer peut être un peu plus les autres pays de la région sur un prochain voyage...
Le soir venu, je suis allé acheter une simple bouteille d’eau au shop du coin, 60 roupies, soit 0,50€. Je n’avais pas de monnaie et lui ai donné un billet de 5000 roupies (soit 35€), le plus gros billet qui existe. Ce dernier a rapidement fait disparaître le billet et m’a rendu la monnaie sur 1000. Je n’y ai pas prêté attention sur le coup et ai cru lui avoir donné un billet de 1000 roupies. Quelques heures plus tard, je me suis aperçu de mon erreur en voulant payer le tour de la journée. Sajjad a appelé le responsable de la boutique et incroyable, une heure après, j’avais mes 4000 roupies manquant qui m’étaient rendus: assez rare pour le noter! Ce n’est d’ailleurs pas la 1ere fois que j’ai eu ce genre de bonnes experiences dans un pays musulman (voir post Palestine).
Un groupe de touristes est venu pointer le bout de son nez a l’auberge et ils ont demandé a Sajjad s’il pouvait leurs trouver une bouteille de vin. Bien que Sajjad n’est jamais bu d’alcool ni même vu a quoi ressemblait du vin, il a appelé un de ses contacts qui lui a dégoté une mixture dans une petite bouteille de whisky. Il faut savoir que l’alcool est totalement interdit ici au Pakistan et qu’il a du galerer pour en trouver et même prendre des risques. Il n’a pas été récompensé de ses efforts, les touristes s’etant bien sur plaint qu’il ne s’agissait pas de vin mais d’un alcool douteux mélangé avec de l’eau: mdr!
Le lendemain, on a quitté la mégapole et son infernal bruit de fond assourdissant, pour aller faire un tour en pleine campagne. Des gens simples vivant des produits de la terre. Super dépaysant. Entre les plantations d’arbres fruitiers ou de plans de fraises, il y avait toujours de la weed qui poussait toute seule: assez incroyable! On a pu profiter des goyaves et oranges locales du verger et même testé une fabrication locale d’alcool, quasi a 90°, avant de repartir a la station centrale de bus, direction la capitale Islamabad.