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mardi 21 février 2017

201702 Cuba Oriente & Kite a la Havane


Retour a Cuba alors que j'y avais deja fait un premier arrêt lors du 1er tour du monde en 2012. Il faut dire que l'ile s'étend sur plus de 1200km de long et qu'on avait fait a l'époque que la partie Ouest de l'ile.
Du coup, après avoir passé une nuit dans le Vedado de la Havane, j'ai pris un vol direct pour la region de l'Est, l'Oriente, et sa capitale Santiago de Cuba. Une jolie ville qui s'articule autour de 4 places principales où toute la vie locale se passe. Beaucoup de musique dans la rue et des concerts un peu partout dans les casas de la musica. En revanche, beaucoup de touristes aussi et pas des meilleurs ce qui fait que les locaux ont plutôt tendance a prendre les visiteurs pour des jambons. Un peu le même sentiment que celui qu'on avait eu lors du 1er passage. Le pays a tout de meme commencé a changer depuis 4 ans ave notamment un accès a internet possible sur des spots wifi par les touristes et les locaux alors qu'a l'époque, seuls les touristes avaient accès a internet et seulement dans des cybercafés bien ciblés.
Par contre, toujours ces 2 monnaies nationales qui coexistent: les pesos cubains pour les locaux et les pesos convertibles pour les étrangers, dont la valeur est 25 fois plus que le peso. Comment voulez-vous avoir une interaction cohérente et amicale non basée sur l'argent avec de telles differences? Car tout est en double et en parallèle ici: des restaurants aux hotels en passant par les transports. Il n'est pas interdit d'utiliser les services payables en pesos mais en tant que touristes, on n'est pas censé détenir des pesos dans les poches.
Santiago m'a un peu fait penser a Salvador de Bahia au Bresil avec cette même ferveur pour la musique. 
Je suis allé faire un tour sur la plage locale puis ai assisté a la cérémonie du tir du canon a la forteresse qui gardait l'embouchure de la baie lors d'un joli coucher de soleil.
Apres y être resté quelques jours, je suis allé tout a l'est du pays pour voir le village de Baracoa, en passant par la région de Guantanamo. On est passé en quelques heures de bus d'un paysage désertique et ultra sec près de Guantanamo a une vallée plus fertile et verte sur Baracoa, non sans avoir franchi une barrière de montagnes. 
La ville de Baracoa a été frappée par un typhon en novembre dernier et on pouvait voir les palmiers couchés ici et là ainsi que le pont reliant la partie nord complètement emporté. Rien de folichon a faire ici mais plus s'imprégner de la quietude locale caribéenne. Le mont Yunke prônait en fond d'image a l'arrière de la ville et m'a rappelé Table Mountain a Cape Town.
Je suis allé faire un tour dans le parc national d'Humbolt  mais ce dernier avait été bien endommagé et il n'y avait pas grand chose a y voir, si ce n'est la plus petite grenouille du monde présentée dans un tupperware.  
Un petit plouf dans les eaux de l'Atlantique avant d'être surpris par une forte averse qui me ramena a la pousada. 
Le lendemain, je revenais deja sur Santiago pour remonter plus au centre de l'ile.
J'ai profité de la journée a Santiago, en attendant le bus de nuit pour Trinidad, pour aller faire un stop sur une ile de pêcheurs a l'interieur de l'embouchure protégée par la fameuse forteresse.

Je suis arrivé super tot a Trinidad le lendemain et ai enchainé par une petite trempette dans les eaux des Caraïbes cette fois. Une plongée bouteille mais quasi aucun poisson a y voir malheureusement. En tout cas, le soleil tapait fort et je commençais de plus en plus a ressembler a un local! J'avais deja trainé mes guêtres ici lors de mon 1er passage mais quasi aucun souvenir alors que le centre ville de Trinidad ressemble a un vieux musée colonial avec ses bâtisses authentiques de l'époque des colons.  
Le lendemain, je suis allé faire un petit galop a cheval dans la vallée de Los Ingenios qui s'est terminé par un plouf dans une cascade rafraichissante. 






Je reprenais de nouveau le bus longue distance pour arriver a la Havane de nuit afin de rejoindre Eric, le 1er de mon groupe de pote de "kitters" a être arrivé. Venant de Tahiti, il avait pris un peu d'avance sur les autres. On a passé le we sur Miramar, la banlieue chic de la Havane puis on a rejoint les 2 villas qu'on avait louées pour la semaine a Playas del Este, dans le trou perdu de Tarara, a 20km de Habana vieja.
Le vent fut au rdv au debut et a la fin de la semaine avec une grosse journée a presque 30 noeuds. Malheureusement le matos du centre de kite n'était pas des meilleurs et les conditions de navigation s'en sont retrouvées assez détériorées. 
On a passé une journée a faire la visite de la dernière usine de fabrication de cigares cubains et a errer dans les ruelles de Centro Habana et Habana Vieja. Le lendemain, on a aussi visiter le paseo, le Malecon, cette artère qui longue le bord de mer, puis la rue Hallen, fameuse pour les peintures murales en extérieure réalisées par un artiste local. Un petit verre a l'hotel Nacional pour faire comme les autres touristes et le tour était quasi bouclé.
Il ne restait plus qu'a reprendre l'avion retour et retrouver le froid hivernal et grisonnant parisien...




201610 Hautes Pyrénées


Ca faisait un bout de temps que j'avais la chaîne des Pyrénées en tête. Depuis le Népal pour être précis où j'avais rencontré des montagnards du pays basque alors que l'on grimpait dans l'Annapurna sanctuaire qui m'avaient vanté la beauté de leur région.

Viaduc de Millau puis canal du midi avant d'enfin arriver dans la fameuse chaine de montagnes des Hautes Pyrénées. J'ai commencé par la partie française d'où mon frère revenait tout juste après une petite virée avec sa famille. Un petit tour au Pic du midi en mode escalade avant d'arriver a Gavarnie où j'ai pu juste avant la nuit poser une tente a l'abri des regards au fond du cirque dans un endroit surréaliste. Le cirque de Gavarnie est une énorme falaise de plus de mille mètres qui vous fait face au fond d'un cirque. Par contre, c'était le debut de l'hiver et dès que le soleil a disparu derrière les montagnes, j'ai vite senti le thermomètre chuté en flèche. Le lendemain matin, ma tente était toute recouverte de givre, une nuit bien fraiche! Un endroit tout de même assez magique, surtout visité de la sorte, en dehors des heures de pointe de la masse touristique.
Une petite via ferrata au passage avant de monter jusqu'a la brèche de Roland, porte naturelle qui permet de passer coté espagnol en aillant le cirque de Gavarnie juste en contrebas. 
En revanche, au niveau météo, les secouristes prévoyaient une forte tombée de neige pendant les 2 prochains jours et m'avaient vivement conseillé de ne pas camper sur le haut plateau.
Du coup, j'ai préféré rebrousser chemin et passer la frontière en faisant le tour, une boucle de plus de 200km! En chemin, j'ai traversé plusieurs autres cirques et vallée mais le temps s'étant effectivement dégradé, j'ai préféré continuer un peu plus au sud dans la region d'Aragon afin de visiter le coin de Rodellar, mondialement réputé pour ses rapids et la pratique du canyoning. 
L'endroit est aussi devenu reconnu pour l'escalade. J'ai pu en admirer certains lors d'un trek dans la région sur des parois complètement en dévers a plus de 100m d'altitude, de vraies araignées.
Un petit tour au camping du coin quasi abandonné avant de tenter la descente en canyoning d'un des torrents. Un peu dangereux sans guide car il y avait des sauts où le niveau de l'eau était carrément limite. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'ai pas pu faire les plus connus, une autre raison de repasser dans le coin a un autre moment de l'année.



Je suis ensuite remonté plus au nord pour retrouver les Pyrénées dans la vallée de Ordesa. Il y avait une super ambiance au village qui était en pleine effervescence du a leur festival annuel qui battait son plein. 
Le lendemain matin, petite traversée du cirque de Saosa avant de partir en expédition sur le Mont Perdu, 4eme plus haut sommet des Pyrénées a un peu plus de 3000m d'altitude. J'avais prévu de faire une halte au refuge de Goritz en chemin, soit a la montée soit a la descente car les locaux m'avaient dit que ca allait faire court de tout faire sur une seule journée. Je suis donc parti avec ma tente et tout mon barda, le refuge étant surbooké depuis des mois déjà. La 1ere partie ressemble assez au cirque de Gavarnie sauf que là on peut le monter dans un décor époustouflant. Quelques heures après le refuge de Goritz, la neige faisait son apparition puis il a fallu, sur les derniers pans, chausser les crampons pour passer la partie glacée. Toute la montée s'est faite au soleil et a couvert du vent jusqu'a la toute fin où un vent glacial venait frapper la pointe du Mont Perdu. Autant vous dire qu'il ne fallait ps trainer au sommet, d'autant plus que j'avais croisé plein de gens a la 1ere partie de la montée mais plus personne a la descente. J'étais le bon dernier et avais commencé vraiment tard l'ascension. Je suis revenu au refuge de Goritz juste avant la tombée de la nuit mais ai finalement décidé de finir ca dans la meme journée et ai continué pendant près de 4h a la frontale pour rejoindre mon point de départ et rouler directement sur le chemin du retour jusqu'a Paris. J'avais tout de meme bien forcé avec plus de 12h de marche et ce qui devait arriver arriva: nouvelle crise de malaria sur la route du retour alors que je conduisais avec des spasmes et une grosse montée de fièvre. Décidément, ce satané parasite n'allait pas me lâcher de si tôt...




mardi 14 février 2017

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 5 Raja Ampat & back to Paris


Voici une destination qui m'avait tenu en haleine depuis un bon bout de temps tant j'ai entendu parler des incroyables fonds marins et coraux de ce spot de Raja Ampat. On dit d'ailleurs que c'est ici que les coraux naissent avant d'être emportés par les courants marins et de peupler le reste des eaux indonésiennes. De plus le coin est fameux pour ces gros pélagiques et notamment les bans de raies mantas géantes...

L'aéroport est situé dans la ville de Sorong, peuplée de plus d'un million d'habitants mais pas vraiment connue au bataillon. Il m'a fallu ensuite prendre une taxi moto a toute vitesse pour attraper le seul ferry du jour au port que j'ai eu de justesse.
De là, 2h de traversée pour rejoindre le milieu de l'archipel a Waipei. Je ne me sentais vraiment pas au mieux mais au moins je parvenais tout de meme a suivre les étapes. La guesthouse que j'avais réservée m'avait booké une place dans une embarcation et après une petite heure d'houleuses vagues, j'arrivais enfin a destination. Un ravissant petit resort avec des cabanes en bois et un centre de plongée. J'y ai retrouvé un couple de français et 2 canadiennes, ces dernières bossant comme costumières pour le siège du Cirque du Soleil à Montréal. Que des plongeurs confirmés. Plutôt cool meme si le dive center n'était par contre pas trop au niveau. Mais ca, je m'en aperçu sur le tas...
On a fait une 1ere plongée qui s'est plutôt bien passée même si la visibilité n'était pas incroyable. C'est a la 2eme immersion que les problèmes sont apparus. J'avais déjà froid avant de rentrer dans l'eau et au moment où mon corps est entré au contact de l'eau, j'ai eu la sensation de me jeter dans de l'eau glacée alors qu'elle était a 30°c et que j'avais une double combi neoprene. Je n'y ai pas pris gare plus que ca et ai débuté la descente comme si de rien n'était. 
J'ai eu de plus en plus froid sous l'eau et n'avais déjà au bout de quelques minutes seulement qu'une seule envie, vite remonté. J'ai tenu 20' comme ca avant de dire au dive master que je n'en pouvais plus et que je remontais car trop froid. Le bateau a bien mis 5' avant de me voir et de me sortir de l'eau alors que je tremblais comme une feuille de tout mon corps. J'étais pris de violentes convulsions et je commençais a ne plus pouvoir respirer, un peu comme la crise de panique que j'avais eu sur le bateau sur la cote est australienne mais en plus doublé d'une vilaine fièvre. J'ai demandé au boatman de me donner de l'oxygène pur mais l'embarcation n'en était pas munie. J'ai réussi a enlever ma combi et les rayons du soleil ont doucement chauffé ma peau. J'ai du attendre de la sorte près de 40' que le reste de la palanquée remonte. J'ai vraiment cru que j'allais y passer. En fait, rien de plus stupide que d'aller plonger alors qu'on est fiévreux. On risque une hypothermie qui peut être fatale sous l'eau. 
Rentré sur la terre ferme, je suis resté toute l'après midi couché au lit, mort de froid. 
En revanche, le lendemain, je me sentais comme neuf. Du coup, je suis reparti pour un set de 2 plongées. Cette fois-ci, tout s'est bien passé et j'ai pu apprécier une superbe vie marine bien que pas de trace de manta raie de 5m de long. 
Je repartais déjà le lendemain pour Sorong avec une traversée épique: j'avais eu une énorme montée de fièvre pendant la nuit et j'étais quasi dans l'impossibilité de me lever. On m'a aidé a faire mon sac et je suis monté dans la petite embarcation je ne sais trop comment. Le temps était mauvais et ca a beaucoup secoué pour rejoindre le port. Encore heureux que j'étais avec un américain qui rentrait également sur Sorong et qui a pu porter mon sac pour moi. Je me suis booké une chambre au meilleur hotel de la ville avec les derniers roupies que j'avais en poche et ai pu profiter enfin d'une douche a l'eau bouillante pour me faire retomber la fièvre. Ca m'a donné suffisamment de répit pour pouvoir profiter d'un bon poisson grillé en bord de mer avant de rentrer a l'hotel pour gérer une nouvelle crise. 


lien vers la vidéo Raja Ampat




Le lendemain, je continuais mon parcours du combattant sur le chemin du retour avec un 1er vol jusqu'en Sulawesi, puis un second a Jakarta. Là, j'ai du attendre plus de 4h sous une clim d'enfer. J'ai eu une grosse montée de fièvre en plein aéroport et ai pourtant du rester très discret. J'avais peur que les autorités sanitaires ne me mettent en quarantaine ou que je me fasse toper par un test de température.
J'ai tant bien que mal embarqué pour mon prochain vol direction Paris qui avait une escale a Djeddah, la Mecque d'Arabie Saoudite. On devait descendre de l'avion et passer un transit international avant de rembarquer.  Alors que je passais devant le douanier en djellaba au transit, impossible de remettre la main sur mon passeport. Il avait disparu. J'étais sur de l'avoir montré a l'hôtesse avant de monter dans l'avion a Jakarta et bien qu'ils aient vérifié plusieurs fois dans l'avion, plus de trace de mon passeport. La pire situation possible: me retrouver en transit en Arabie Saoudite en plein ramadan sans passeport! 
C'est là que ma bonne étoile ne m'a pas lâché! J'avais gardé sur moi pendant tout mon voyage de 10 mois mon avant dernier passeport qui était quasi plein. Les autorités françaises me l'avaient remplacé par un nouveau mais me l'avaient laissé car il y avait un visa en cours russe dedans. Par contre ils y avaient apposé un tampon dedans disant que ce passeport n'était valable qu'avec le nouveau passeport. Or les douaniers en Arabie Saoudite ne lisant pas le français n'y ont vu que du feu et m'on finalement laissé passer.
Je mettais enfin un terme a ce 6eme et dernier tour du monde et rentrer chez moi après 10 mois de voyages. 
Mais ce n'était pas fini. Arrivé a l'aéroport Charles de Gaulle, j'y avais laissé mon scooter au parking longue durée. Batterie a plat, impossible de le faire démarrer.
Du coup, j'ai pris le rer pour rentrer chez moi et ai appelé un pote le lendemain pour aller chercher le scooter avec des pinces croco. On a réussi a faire démarrer le scooter tant bien que mal et j'ai pu m'engager sur l'Autoroute A3 pour rentrer de nouveau chez moi. Panne d'essence a mi chemin en plein autoroute. J'ai du ramer pendant une bonne heure pour trouver une station essence a Rosny sous Bois avant d'enfin rentrer chez moi.
C'est un peu plus tard après de nombreux examens à l'hôpital Saint Louis que l'on m'a diagnostiqué une sévère forme de malaria, placemodium vivax, sorte de dernier cadeau pour compliquer encore un peu plus mon retour a la civilisation...


lien vers la video Sarong to Paris


TDM6 E13 201606 West Papoua Part 4 Sentani festival


J'ai débarqué tôt de l'avion a l'aéroport de Sentani. Le festival devait commencer ce jour-même mais j'avais laissé une partie de mes bagages dans un hotel a Jayapura avant de partir a Wamena quelques semaines plus tôt. Grace a un mec avec qui j'avais sympathisé a l'aéroport, j'ai pu me dégoter une moto taxi que j'ai booké pour la journée. On est tout d'abord aller voir le festival car impossible de trouver le moindre programme en ligne. Arrivé sur place, c'était effectivement un peu tôt et rien n'avait encore commencé. Je suis allé voir la tente qui s'occupait de la direction du festival afin de demander des renseignements et c'est là que j'ai eu mes premiers symptômes de fièvre. J'avais terriblement froid dans tout le corps avec des convulsions soudaines. Magda, une des filles de l'organisation m'a emmené dans la tente pour les soins et a fait appeler un docteur. On était dimanche et ce n'était pas simple d'en faire déplacer un. En attendant, ils m'ont mis sous perfusion avec du glucose liquide pour me redonner des forces. 

J'etais persuadé d'avoir chopé soit la malaria soit la dingue et je pensais que c'était arrivé la veille dans la chambre d'hotel a Wamena où je m'étais fait piquer par un moustique pendant la nuit. J'ignorais qu'il y avait une période d'incubation de 15 jours pour ce genre de parasites, ce qui remontait alors a mon trip dans la Sepik river et le dieu Moustique.
Le médecin est arrivé et il m'a fait faire le test de la malaria, en prenant une goutte de sang sur un testeur ainsi que de la dingue. Les 2 étaient négatifs. Il m'a dit que c'était fiable a 95% mais que ça méritait de me refaire checker dans un hopital a l'occasion. J'étais soulagé et me suis dit sur le coup que j'avais juste une simple fièvre. 
Je suis reparti en moto taxi, habillé comme en hiver alors qu'il faisait plus de 30°c, me taper le trajet jusqu'à Jayapura pour récupérer mes affaires. Il y avait près de 45' de trajet one way mais c'est surtout au retour où j'ai eu le plus de mal car une nouvelle poussée de fièvre me frappait alors que j'avais mon gros sac avec moi. 
J'ai tout de même voulu repasser au festival pour voir au moins l'ambiance a défaut des danses tribales des locaux habitants autour du lac. J'ai retrouvé Magda et on est allé faire un petit tour sur le lac dans des embarcations surpeuplées. Le festival était très populaire et il y avait énormément de monde. Par contre pas la même ambiance que du cote des Highlands avec moins d'authenticité. On pouvait percevoir la patte indonésienne qui commençait insidieusement a s'immiscer ici.
J'ai tenu jusqu'a la tombée de la nuit et un joli lâché de lampions dans le ciel. Je suis rentré en titubant dans ma chambre d'hotel situé a 500m de l'aéroport. J'aurais du rester un peu plus longtemps ici pour bien profiter du festival mais je me sentais las et j'avais le sentiment que c'était le moment pour moi de rentrer a la maison. En plus, il me restait une toute dernière étape que je ne voulais absolument pas rater: les fantastiques fonds marins de Raja Ampat.


lien vers la video Sentani Festival


samedi 11 février 2017

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 3 Dekai


Dekai est une ville assez horrible montée de manière totalement artificielle par le gouvernement indonésien qui veut en faire un axe routier important dans la région. Les routes étaient en cours de construction avec un asphalte tout neuf mais pas encore de ponts!
Je me suis dégoté un taxi moto a l'aéroport et après avoir fait le plein de ravitaillement dans l'une des nombreuses épiceries, le chauffeur m'a amené au port situé a une bonne heure de Dekai.
J'avais chopé quelques infos auprès de la guide Wally qui, bien qu'elle ne l'ait jamais fait, m'avait conseillé le nom d'un mec qui avait un speedboat au port. Il y avait entre un et 3 jours de navigation du port pour rejoindre le départ d'un trek qui menait dans la foret où résidait cette tribu des Korogai. Le problème est qu'ils sont nomades et qu'il n'est pas forcément evident de les trouver!
Le port ne ressemblait a rien et moi qui pensais partager le transport avec quelqu'un, voir monter dans une embarcation a l'arrache, c'était raté. Il y avait très peu de passage et le temps était bien pourrie avec une lourde pluie qui n'avait pas l'air de vouloir en finir. 
J'ai vu le mec en question qui tenait une petite gargote. Il me proposa de privatiser son speed boat et de m'y emmener pour la modique somme de 1200€ aller/retour. Ben voyons! Je lui ai répondu que j'étais fauché et que j'attendrai patiemment une embarcation allant dans ma direction. Il me proposa alors de dormir chez lui mais me prévient que ca pouvait prendre des semaines avant qu'une embarcation aille par là! 
Le mec était cool mais je pensais qu'il voulait absolument me vendre son tour en bateau. J'ai donc pris mon mal en patience et ai patienté...j'ai attendu pendant 8 heures et pas une seule embarcation n'est passée! Et il faut savoir que si jamais je trouvais une embarcation ici, il me faudrait ensuite attendre pour un retour et que ca devrait être encore plus compliqué qu'a l'aller. Juste injouable! 
Du coup, j'ai entamé la nego de son embarcation mais je savais que ca allait être compliqué. Il ne me restait que 800€ en poche et il me restait encore quelques dépenses a gérer avant mon retour. J'ai tout de même réussi a le faire baisser a 700€, je crois son prix plancher, mais même comme ca, ce n'était pas raisonnable. Et puis je ne voulais pas payer une telle somme pour ensuite ressembler a ces groupes d'australiens que je venais de décrier autant quelques jours avant. J'ai donc du me résoudre a faire chemin inverse et a retourner a Dekai pour ensuite Jayapura par avion. 
Pas une mince affaire ce fut de négocier une place dans un vol. Tout était surbooké et les locaux me passaient a chaque fois devant pour le surbooking en négociant directement en indonésien avec les mecs de la compagnie. 
Apres avoir passé une nuit sur place, je pris un vol pour Wamena en milieu d'après-midi sachant qu'il y avait un autre vol ensuite pour Jayapura. Mais malheureusement, arrivé sur place a Wamena, le vol était annulé et il me fallu de nouveau attendre le lendemain. Une vraie galère pour sortir de ces Highlands!!!


lien vers la vidéo Dekai



TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 7: Angguruk


De Waniok a Angguruk, il semblait n'y avoir qu'un pas. On pouvait même distinguer la piste d'atterrissage qui prônait au beau milieu de la vallée. Mais comme d'habitude dans les Highlands, on mit plus de 3h a l'atteindre dans des conditions de marche toujours aussi difficiles. Il me fallut au total 6 jours pour rejoindre Angguruk de Wamena, soit le temps standard qui était annoncé sur les forums. Un sacré trek, peut etre le plus éprouvant que j'ai eu l'occasion de faire. 

Arrivé a Angguruk, je me mis en quête d'un traducteur. Il y avait une seule personne de tout le village qui parlait anglais et qui pu m'expliquer un peu les choses. J'étais assez inquiet pour le retour. Je ne me voyais pas faire le chemin en sens inverse et je savais que prendre l'avion d'ici était très compliquée et aléatoire. D'ailleurs un 1er vol arriva dans l'après-midi mais il était malheureusement déjà surbooké. 
Il y avait un seul magasin dans tout le village, tenu par un indonésien super cool. Il était si surpris de me voir arrivé dans de telles conditions (il faut dire que je lui ai commandé un certain nombre de paquets de biscuits, tellement j'étais en manque de sucre!) qu'il m'a offert le déjeuner avec lui: du riz, des legumes, des oeufs et meme de la viande, un grand luxe auquel je n'étais plus habitué! Il m'a proposé de rester dormir chez lui gratos en attendant qu'un vol ne vienne. C'était parfait!
Je suis parti visiter le coin et notamment les hauteurs d'Angguruk d'où l'on avait une vue saisissante sur la vallée et 2 autres corridors coincés entre les montagnes qui menaient encore plus loin dans la jungle. L'un d'eux menait directement a Dekai, le point de départ pour rendre visite aux tribus Korogai qui vivent dans la cime d'arbres géants. Malheureusement le trajet jusqu'a Dekai était annoncé sur 3 semaines de marche. Je ne me voyais pas me taper un tel périple supplémentaire mais finalement entre ça et faire demi tour pendant 6 jours, s'il n'y avait pas d'avion de dispo, ça se réfléchissait...
Il y avait un hopital a Angguruk et je fis la connaissance des internes indonésiens qui avaient été envoyés ici en stage. Ils m'ont pris sous leurs ailes et m'ont fait faire la visite de leurs installations, extrêmement vétustes, avant de m'inviter a passer une soirée chez eux, au son de leur guitare et de leurs chants. Il faut dire que dès qu'il fait nuit, il n'y a plus grand chose d'autre a faire ici vu qu'on est seulement éclairé a la lumière de bougies. 
Le lendemain, Angel, mon touriste italien est arrivé avec sa guide et ses 2 porteurs. Ils avaient réussi a éviter le sommet du mont Elit en passant par la foret mais au final, ils avaient tout de même été plus longs que moi bien que j'avais plutôt pris mon temps depuis 3 jours. 
Welly la guide locale m'invita a dîner chez son oncle qui habitait Angguruk et dont la femme était le docteur du village. Les gens étaient vraiment tous super accueillants avec moi et bien qu'ils n'avaient pas grand chose a offrir, ils le faisaient toujours de bon coeur et ce malgré une communication plus que réduite vu le soi disant barrage de la langue. 
Le lendemain, un petit avion privé a atterri avec a son bord un groupe de 5 bénévoles australiens qui venaient soi disant apporter de l'aide aux locaux a travers une association caritative. De bons australiens bien gras et pas vraiment rodés a ce genre de voyages, la communication avec les locaux passaient moins bien et ils ne comprenaient pas que les enfants n'aient pas envie de jouer avec les ballons de football ou les freesbies qu'ils avaient apportés! Je parti faire une balade avec eux de nouveau sur les hauteurs d'Angguruk et c'est à que je m'aperçus vraiment de leurs intentions. C'était de vrais citadins qui venaient, sous couvert de leur association, faire du voyeurisme malsain, afin d'avoir plein d'histoires a raconter a leurs collègues. Pas vraiment ma tasse de thé mais bon, ca me faisait du bien de parler enfin avec des gens qui me comprenaient...tout du moins les mots qui sortaient de ma bouche! Lors de la montée, il y en a même une qui s'est mise à gerber, trouvant la cote trop pentue alors qu'on venait de débuter la marche depuis 1/4h! Le lendemain matin, ils avaient déjà leur avion qui revenait les prendre pour un retour a Jayapura: super leur visite dans les Highlands!
Malheureusement, pas de place pour moi dans ce vol. Le lendemain, il n'y eut aucun vol, le surlendemain, 2 vols mais tous les 2 surbookés. Il faut dire qu'a cause du crash d'un avion dans la vallée quelques jours plus tôt, il y avait plusieurs familles qui devaient être acheminées a Wamena pour une cérémonie. Ca ne sentait pas bon du tout pour moi ça...De plus, rien n'était clair. On me disait qu'un avion arrivait, puis 5 minutes avant d'atterrir, alors que tout le monde était prêt a embarquer avec leurs nombreux bagages, le pilote change d'avis au dernier moment pour aller atterrir au village d'après. L'hallu complète!
Finalement, après 4 jours passés en désespoir de cause, un avion, même pas prévu, est passé par là et alors qu'il était de toute façon surbooké, le pilote, un jeune néo-zélandais, m'a vu attendre sur le tarmac et est venu a ma rencontre. Il était étonné de voir un blanc ici qui plus est sans guide. Il m'a fait monter devant avec lui alors que d'habitude il ne prend les passagers que derriere, ne faisant pas trop confiance a la manière de réagir des autochtones dans les airs! Quelle chance j'ai eue ce jour là.



De plus, le vol dans lequel je montais allait justement a Dekai. Ca m'évitait de repasser par Wamena voire Jayapura pour une connexion. Et pour couronner le tout, le vol fut juste somptueux. On survola a basse altitude une autre partie des highlands avec une foret qui avait l'air encore plus vierge que ce que je venais de traverser et des montagnes acérées de toute beauté. Quand meme plus confortable assis dans son siege a regarder d'en haut que d'aller s'embourber dans la gadou et y passer 3 semaines de marche intense! Puis d'un coup, la foret se fit moins dense et on aperçut un large fleuve suivi de près par la ville de Dekai...

lien vers la vidéo Flight over the Highlands