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mardi 10 janvier 2017

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 6: Waniok village & barbecue


En sortie de jungle, la vallée d'Angguruk se présenta tout à coup a moi. Le village semblait loin et je pouvais distinguer au loin la piste d'atterrissage qui trônait en son centre. En chemin, je suis tombé sur une fête qui s'organisait autour de 2 porcs qui venaient d'être tués. Cela ressemblait fort a la fete que j'avais pris en cours quelques jours plus tôt mais là, ils n'en étaient qu'aux préparatifs. Le chef du village est venu me saluer et m'a fait faire cuire un morceau de porc qu'il m'a gentiment offert devant tout le reste du village. Il m'a ensuite proposé de rester pour la nuit et bien que je n'avais pas prévu de passer autant de jours sur ce trek, j'ai accepté avec grand plaisir, voulant absolument voir le déroulement d'une telle fête. 
J'ai participé, avec le reste du village, a la preparation du barbecue. Tout un programme. Ils font la cuisson a l'étouffé en se servant de pierres chaudes au préalablement chauffés par un grand feu ainsi que de divers plantes vertes ramassées dans les champs aux alentours. 
Le temps n'était pas au beau fixe et j'ai du a plusieurs occasions m'abriter dans la boys house, une hutte réservée aux hommes où ils jouaient de la guitare locale autour d'un feu. 
J'ai pu assister a une messe assez atypique en plein air (c'est le cas de le dire!) où le prêtre n'était revêtu que d'un étui pubien. 
Un autre groupe de visiteurs est venu nous rejoindre un peu plus tard dans la soirée. Ils venaient d'un village éloigné et se dirigeaient sur Wamena. Du coup, on a partagé la Boys house et on s'est retrouvé une bonne quinzaine a dormir de la sorte dans la hutte. 
Le lendemain matin, toujours en compagnie de mon guide de Pronggoli, nous reprenions la route pour enfin atteindre le village d'Angguruk!
Une sacrée expérience que ce village de Waniok...



lien vers la vidéo Waniok


jeudi 5 janvier 2017

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 5: Pronggoli to Waniok


A peine débouché dans la vallée de Pronggoli, je pus rapidement apercevoir le village de Pronggoli mais que ce fut long pour le rejoindre. Je n'avais pas forcement prévu de m'y arrêter et pensais toujours pouvoir rejoindre Angguruk dans la journée. J'ai fait une pause près de petites cabanes en bois où j'ai tapé la discute avec 2 anciens, habillés en étuis pubiens. Alors qu'ils étaient en train de me donner a manger, j'ai vu un avion atterrir sur la petite piste du village de Pronggoli. Je savais que le retour d'Angguruk s'annonçait compliqué. J'avais lu sur un forum que l'on pouvait attendre des jours voir des semaines avant de tomber sur un vol et sinon je devais me taper les 6 jours de retour a pied pour revenir a mon point de départ. Le village de Pronggoli semblait a 5' a pied a vol d'oiseau et je suis parti en trombe, accompagné de 2 enfants pour atteindre la piste avant que l'avion ne reparte. C'était sans compter le fossé qui me séparait du village. Je mis 30 bonnes minutes pour y arriver avec une bonne suée, tout ca pour voir l'avion décollé devant mes yeux! Les avions qui viennent ici déposent généralement du ravitaillement mais leurs passages sont tres imprévisibles. Il ne me restait plus qu'a marcher jusqu'à Angguruk...
Au village de Pronggoli, je fus une animation constante. Les gens n'étaient visiblement pas habitués a voir le moindre touriste passé par ici, ce qui est compréhensible au vu de la difficulté que j'ai eu a rejoindre cet endroit. J'ai finalement passé l'après midi a jouer avec les enfants en leurs apprenant plein de jeux bien de chez nous. Ils étaient super accueillants et m'ont offert de dormir dans la guesthouse du village. Ils ont vu a quel point j'etais fatigué de mon ascension la veille et ils se sont mis a 5 pour me masser les jambes: mon premier massage 10 mains! J'ai mangé entouré de près de 20 personnes qui scrutaient mes moindres faits et gestes. Je les ai gratifié en leurs faisant une petite seance video où je leurs ai montré des safaris africains. Ils étaient tous au tacquet! 
Le lendemain matin, je suis parti aux aurores accompagné d'un jeune local qui voulait absolument me guider a travers la foret pour m'amener a bon port. 
La route fut de nouveau rude. Je ne comptais plus le nombre de fois où je me suis retrouvé par terre, le terrain étant toujours aussi glissant et marécageux. On a mis 2 bonne heures a passer la vallée de Pronggoli avant d'entamer la partie jungle qui prit également une éternité. 
Puis d'un coup, la vallée d'Angguruk se présenta a moi. Le village semblait loin et je pouvais distinguer au loin la piste d'atterrissage qui trônait en son centre...



lien vers la vidéo Pronggoli to Waniok



dimanche 1 janvier 2017

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 4: l'ascension au Gunung Elit


Je m'étais mis en tête de suivre un groupe de locaux parti une vingtaine de minutes avant moi du village où j'avais passé la nuit, mais j'ai mis plus d'une heure à les rattraper. Et malgré tout, la marche était un petit peu lente et je me suis dit que je ne pouvais pas me perdre, le chemin ayant l'air suffisamment balisé pour que je m'y retrouve. Belle bêtise de ma part que j'allais payer assez cher.

Un moment, je me suis retrouvé près d'un refuge, sorte de cabane des bois faite de branchages avec un feu de camp dont les cendres fumait encore. Problème de cet endroit, il y avait deux chemins qui en sortait: un qui partait au nord et un autre à l'opposé. Difficile de faire un choix. Je pris au hasard celui du Nord. Ce dernier m'a mené le long d'un cours d'eau que j'ai du remonter pendant plusieurs heures qui montait dans la montagne. Il y avait parfois des traces de passage qui m’indiquait, à défaut d’être sur la bonne route, tout du moins que j'étais sur une voie empruntée par des humains. J'avais le doute d'être parti dans la mauvaise direction et ce dernier n’allait pas me quitter pendant un longtemps car il n'y avait pas àme qui-vive sur ce tracé. 

Aux alentours de midi, je me suis mis en tête de chauffer un peu d'eau au bord d'un ruisseau à fin de me faire mon petit plat de pâtes habituel. J'ai voulu économiser ma bouteille de gaz et tenté de démarrer un feu de bois. Mais il avait plu et le bois était tout humide et ne produisait que de la fumée. Alors que je tentais tant bien que mal de le faire prendre, j'entendis des chants provenant d’un large groupe de personnes. J’étais en fait juste en dessous du premier niveau du plateau du Gurung Elit et ce groupe de locaux se dirigerait vers le chemin opposé à moi. Du coup, il m'ont donné un coup de main pour faire démarrer mon feu et je pus me rassasier avant de repartir. Ces derniers me confirmerent que j'étais sur la route de Pronggoli, un village à mi-chemin jusqu’à Angguruk. J'avais bien pris le chemin le plus escarpé et dangereux par le Mont Elit. J’ espérais désormais pouvoir passer la descente et les échelles en bois sans me fracasser le cou sur la roche.
J'étais en retard sur mon planning. Moi qui voulais arriver à Angguruk dans la journée, ce n'était qu'un doux rêve. Je pensais franchir le plateau en une petite demi-heure. J’allais y passer la nuit. 
Le temps se dégrada sur le plateau qui n'en finissait pas. De plus le sol devenait marécageux et humide avec l’apparition de la pluie qui me ralentissait fortement. La guide de Jayapura rencontrée la veille m'avait annoncé trois refuges sur ce plateau que je pourrais utiliser en cas de problème. J'en avais déjà passé deux mais je savais que j'avais cette possibilité de dormir au cas où je me faisais rattraper par la nuit dans un endroit chaud et abrité du vent et du froid. Une nouvelle erreur. Lorsque j’arriva finalement à ce troisième refuge, un tout petit quart d'heure avant la tombée de la nuit, la pluie tombait à fortes gouttes et j'avais les mains presque gelés. Quand au refuge, ce dernier avait été détruit et il n'en restait qu'un amas de bois inutilisable. Il n'était de tout façon pas question que j'entame une éventuelle descente, pour laquelle d'ailleurs je n'avais toujours pas trouvé le point de départ, car la nuit s'approchait et avec ce temps, cela aurait été suicidaire. Du coup, je me suis mis en quête d'un endroit suffisamment plat et sec pour poser ma tante. Pas chose facile au regard du type de terrain sur lequel je me trouvais. Je parvins tant bien que mal à monter ma tente sur un lit de mousse avant de m'y engouffrer complètement trempé et frigorifié. 
La nuit fut courte et fraîche. J’avais marché plus de cinq heures sur ce plateau et toujours pas de porte de sortie. Dès le lendemain matin alors qu’un épais brouillard avait remplacé la pluie sur cet énorme plateau, je tentais de trouver la voie qui devenait de moins en moins claire. Il y avait des traces de pas qui partaient dans tous les sens et c'était difficile de s'orienter. Je réussi tant bien que mal après près de 2h d’errances à trouver le bout du plateau et y ai d'ailleurs croisé les premiers locaux qui se dirigeait dans l'autre sens. On ne m’avait pas menti: la descente était effectivement très périlleuse. Les échelles de bois n'étaient en fait que des branches posées à l’arrache de ci de là. Les barreaux étaient extrêmement glissants et  recouverts de mousse. Je pris toutes mes précautions car avec mon sac à dos, j’avais un piètre équilibre et la moindre chute pouvait être fatale. J'ai mis près de deux heures à la descente que je trouva pénible et éreintante. 
Cette ascension au Gurung Elit fut un vrai exploit et l'une des plus dures que j'ai eu l'occasion de faire lors de ces 5 années de voyage. Au total, depuis mon départ du village de Kandor, j'avais mis plus de 3 heures pour monter au plateau, sept heures à le traverser et 2 heures de descente. Angguruk était encore loin et je me demandais comment des locaux pouvaient raisonnablement faire la traversée en une seule journée! Il me fallu encore traverser une jungle dense et marécageuse pendant 2 bonnes heures avant de découvrir à l’orée de la foret comme par magie la vallée de Pronggoli. Je n’avais pas forcément prévu de stop à ce village mais étant complètement perdu et épuisé, je décidais de m’y diriger pour demander un peu plus de renseignements...


lien vers la vidéo Gunung Elit



TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 3: Ugem to Kandor


Le guide local que j'avais rencontré m'avez dit de le rejoindre le lendemain matin près d'une certaine maison. Mais le lendemain, personne au lieu mentionné. Au final ça m'arrangeait. Je ne sentais pas trop le coup d'être accompagné partout où j'allais. Je préférais garder ma liberté quitte a galérer un peu plus.

J'ai donc continuer mon périple de la sorte à travers des sentiers de plus en plus sinueux. Le trek était plus dur que ce que j'avais imaginé avec le poids de mon sac que je n'avais pu diminuer plus du fait que j'avais pris pour 10 jours de nourriture. En route j'ai fait la rencontre d'un touriste, un jeune Italien photographe qui était accompagné d'un guide de Jayapura parlant l'anglais (enfin!) et de deux porteurs. Pas un grand marcheur pour sûr mais ça faisait plaisir de pouvoir échanger un petit peu avec quelqu'un. On s'est finalement retrouvé au village de Kandor juste avant la tombée de la nuit. On a pu échanger des moments forts chaleureux avec les habitants du village tout content de voir des touristes occidentaux débarquer dans leur bled perdu. Le village se situait au bord d'un plateau qui descendait le long d'une pente assez raide jusqu'à un fleuve qui avait l'air de se perdre en fin fond d'une vallée. On n'y avait une vue saisissante sur les montagnes aux alentours et le brouillard apparaissant en fin de journée rajoutait un peu plus de mystique a cet endroit déjà fort éloigné de toute civilisation.
La guide local nous a fait un super diner qu'elle a gentiment partagé avec tout le monde. J'ai passé un agréable moment ce soir là entouré des locaux et avec la possibilité de pouvoir comprendre ce qu'ils disaient et d'échanger un minimum avec eux. Pour la suite du périple ça se compliquait pour rejoindre Angguruk qui ne pouvait etre rejoint que par 2 voies seulement. La 1ere empruntait un chemin de montagne très escarpé et assez dangereux qui passait par le sommet du Mont Elit. Il fallait franchir un col dont d'altitude etait annoncée a plus de 4000 m. Les locaux du village m'ont déconseillé de prendre ce chemin me disant qu'a la descente, les échelles posées en bois étaient endommagées et donc inutilisables. Ce chemin était annoncé sur 3 jours mais un des guides m'a dit que c'était éventuellement jouable en une seule journée si l'on marchait vite. En revanche l'autre chemin nécessitait trois jours supplémentaires de marche. 6 jours en tout pour rejoindre Angguruk et il fallait ensuite gérer le retour, autant dire injouable.
La guide prétendait qu'elle avait un troisième passage plus court que les deux autres et qui coupait à travers la rain forest. J'essayais de recouper les infos avec les autres locaux mais rien n'était clair quant a ce mystérieux raccourci. 
De bon matin, j'ai voulu partir avec eux mais l'italien était a la cool et vraiment trop lent. J'ai vu un groupe de locaux venant du village précédent qui se dirigeait a Angguruk. J'ai saisi l'occasion et ai décidé d'emboiter leur pas et de les suivre. C'est comme ça que mon aventure continuait...