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vendredi 30 décembre 2016

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 2: Ugem village


Il était déjà 13 heures lorsque je traversa le pont suspendu afin de quitter Kurima pour démarrer le trek dans les Highlands. Toujours pas de guide parlant anglais mais je ne m'en inquiétais pas plus que cela et me mis en route à travers ces contrées sauvages.
Pour préparer cette rands, je n'avais trouvé qu'une description succincte sur un site d'un blogueur et je n'avais que le nom des trois prochains villages allant jusque qu'à la ville d'Angguruk. Je n'étais pas encore sûr de vouloir aller jusque-là, certains sites annonçant la marche jusqu'à Angguruk sur une durée de sept jours, aller simple!
Des mes premiers pas, j'ai tout de suite eu la sensation d'être sur un trek exceptionnel. Les paysages étaient grandioses et je me sentais totalement dépaysé. La route serpentait le long du fleuve mais n'était pas plate pour autant. Ca  grimpait fort et j'étais en plus muni de mon sac à dos chargé à plus de 20 kg. Je traversa plusieurs villages à la suite mais pas grand monde. Je ne rencontra que quelques très vieilles personnes âgées ou des enfants de ci de là. Je compris pourquoi quelques instants plus tard alors que je m'approchais d'un nouveau village, je surpris une énorme fête avec une certaine de locaux tous assis là autour de plusieurs feux de camp. Ils m'aperçurent en même temps que moi et tous les regards se posèrent sur moi d'un air surpris. Je vis un homme au milieu de la foule qui me fit signe d'approcher, probablement le chef de village. Je traversa la foule et me rendis à sa rencontre. Ce fut difficile de se faire comprendre mais j'ai senti une aura bienveillante dans ces lieux et je m'assis à côté des anciens essayant de me rendre le plus invisible possible, ne voulant pas troubler la fête.
J'ai la chance de tomber sur un guide local parlant un semblant d'anglais qui se trouvait dans la foule. Il était venu de Wamena spécialement pour cette cérémonie, l'enterrement du précédent chef de village. Je reussi a lui refiler ma caméra afin qu'il puisse filmer les convives sans que cela ne les dérange de trop car ils n'avaient visiblement pas l'air d'être trop accoutumés à ce genre de technologie. L'ambiance était assez incroyable: la plupart des convives était habillée mais il y avait quelques anciens qui portaient la tenue "traditionnelle", c'est-à-dire complètement nus avec un étui pubien pour seul tissu! Il faut savoir que dans cette région du globe, les gens étaient cannibales envers leurs ennemis et que certains dans cette foule avaient probablement mangé de la chair humaine il y a de ça quelques décennies. Cette région n'a été découverte pour la première fois par les blancs que dans les années 60. Des missionnaires catholiques étaient venus prêcher la bonne parole dans ces contrées éloignées et d'ailleurs certains avaient fini en ragoût en essayant de les convertir.
Les hommes et les femmes ne se mélangeaient pas pendant la cérémonie. Les enfants et les femmes patientaient d'un côté pendant que les hommes coupaient les morceaux de porcs entiers qui avaient été tués pour l'occasion et qui allaient être partagés dans la foule. On m'a bien sûr fait goûter de ce méchoui et bien que pas un grand fan de gras, je n'eu d'autres choix que de manger avec le sourire ce qu'on m'apportait avec tant de gentillesse. Les gens étaient tous très accueillants et bien qu'aucun ne parlait ni l'anglais ni l'indonésien, je réussi a échanger mes sensations par de larges sourires.  La nuit s'approchant, le thermomètre avait deja bien descendu en flèche. Les hommes du village me proposèrent de rester la nuit et un des hommes me ramena jusque dans sa maison. J'ai eu la chance de visiter une hutte local et de faire connaissance avec sa famille autour d'un thé. Ils me logèrent dans la guesthouse prévue pour les invités du village. Plutôt sommaire, mon matelas gonflable et mon duvet ne furent pas de trop. 
À ce moment-là, j'hésita à faire demi-tour ou à continuer ma route. J'étais surtout venu pour voir ces hommes nus avec leur fameux étuis a bite mais le fait d'avoir eu la chance de tomber si vite sur cette cérémonie me donnait l'envie de plus et j'avais la sensation qu'en continuant, d'autres aventures allaient s'offrir a moi.



lien vers la vidéo Ugem village

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 2: the Highlands Section 1: Wamena to Kurima


Sur cette étape, j'avais deux objectifs en tête: le festival de Santoni et une visite dans les highlands afin d'aller à la rencontre des tribus locales. Le festival de Santoni ne démarrant que d'ici une semaine, j'ai préféré prendre le premier vol direction les terres et sa capitale Wamena afin de commencer par les treks. Ce fut compliqué de trouver un vol pour cette destination le temps étant souvent extrêmement couvert dans cette région et les vols régulièrement annulés a la dernière minute.
Arrivé à Wamena, c'était comme débarquer dans un autre siècle. Il y avait encore les pousse-pousse pour se déplacer et personne ne parlait évidemment l'anglais. La langue commune etant l'indonésien. Je n'avais pas réussi à trouver beaucoup d'informations sur les trek de la région mais en revanche sur les forums sur Internet, tous conseillaient de se procurer un guide local parlant au moins l'indonésien. Et ce n'était pas cela qui manquait: des mon arrivée à l’aéroport, plusieurs guides sont venus me solliciter mais ils avaient tous l'air de charlatans. Je me suis dit que j'en trouverai bien un en route et après avoir fait le plein de ravitaillement et de nourriture je me mis en quête d'un transport et pris la direction de Kurima, point de départ d'un trek qui devait m'emmener au fin fond des Highlands. 
J'ai réussi à dégoter une camionnette en mode taxi brousse mais a peine 30 minutes plus tard, un camion ayant chaviré au niveau d'un pont bloquait la seule route menant a Kurima. Du coup, j'ai dû traverser à pied et continué par mes propres moyens. Je ne pensais pas que la route allez être aussi longue et alors que je commençais à désespérer sous une pluie battante, un pick-up déjà sur-peuplé est passé par là. J'ai pu m’accrocher à son garde-boue à son passage à a volée et me caler au dessus du pare choc arrière. J'ai cru sur le coup que ce fut une chance mais j'ai vite déchanté alors qu'a la première cote venue, le véhicule surchargé a commencé à ralentir puis à reculer. J'ai juste eu le temps de m'éjecter en sautant sur le côté avant que le véhicule n'aille s'encastrer dans un fossé non sans avoir éjecté plusieurs passagers et en en écrasant plus d'un au passage. J'étais le premier sur les lieux et en approchant du 4x4 je me suis aperçu qu'un des passagers étaient coincés sous l'une de ses roues et hurlait à la mort. Je me suis précipité pour le secourir et avec l'aide d'autres passagers, nous avons soulevé le véhicule pour l'extraire de la. Pendant quelques instants, je me suis pris pour Jean Valjean dans les Misérables soulevant la charrette pour sauver ce vieil homme. Ce dernier était âgé et mal en point mais sa peine n'allait pas s'arrêter la quand il s'aperçut que sa compagne, qui avait elle aussi été éjectée, avait pris un choc sur la tête et gisait inconsciente au bord de la route. Le vieil homme pris peur que sa compagne n'avale sa langue et la frappait de ses mains pour tenter de la garder éveillée. Une scène assez apocalyptique et  surréaliste. Néanmoins, plus de peur que de mal, après quelques dizaines de minutes pour qu'elle retrouve ses esprits, les gens s'étaient déjà dispersés et je repris ma route toujours à pied en direction de Kurima. 
Je ne marchais guère tres longtemps car il y avait un long fleuve à traverser qui barrait la route et aucun pont n'était prévu pour les véhicules. De l'autre côté du fleuve, il y avait bien des motos taxis qui attendaient le chaland, mais aucun ne parlant l'anglais, je décidais de continuer à pied pensant ma destination proche. Je déchantais assez vite lorsque je vis que la route n'en finissait pas et que la plupart des passagers qui était avec moi dans le véhicule avait pris des motos taxis. Je réussi à en arrêter une vide au passage qui m'amena jusqu'à destination. Je suis passé devant le poste militaire auquel j'étais censé m'identifier mais je préférais ne pas prendre le risque de m'arrêter et de me retrouver le bec dans l'eau au beau milieu de nulle part et continuais ma route pour le départ de ce fameux trek dans les Hilghlands.


lien vers la vidéo Wamena to Kurima


mardi 20 décembre 2016

TDM6 E13 201606 West Papoua Part 1: Jayapura


Arrivé a la frontière entre la Papouasie Nouvelle Guinée et la Papouasie Occidentale, la difference se faisait sentir a plein nez. Il y avait un énorme drapeau indonésien qui flottait en haut d'une tour pour rappeler a tous que la Papouasie Occidentale avait été annexée dans les années 60 par l'Indonésie et qu'il n'était pas question d'indépendance. C'est un passage de frontière assez dangereux car il y a des mouvements révolutionnaires un peu partout dans la province et les révolutionnaires sont largement aidés et soutenus par leurs cousins de PNG contre la toute puissante Indonésie.
J'avais géré mes sous en gardant 20€ en tout et pour tout dans ma poche. Le transport pour rejoindre Jayapura, la capitale de la province était deja de 30€  si je privatisais un taxi. J'avais en tete de trouver un taxi moto bien qu'il y en avait pour plus d'1h de trajet. J'ai eu la chance de tomber sur 2 vieilles locales qui allaient partir en taxi et j'ai pu partager les frais avec elle pour charteriser un taxi. 
Apres plus de 50 ans d'occupation, l'Indonésie avait la main mise sur le pays et y avait deja imposé sa patte. Il y avait des scooters partout et un semblant de civilisation faisait grand contraste avec PNG et Vanimo portant séparés que de quelques kms. La densité humaine était aussi sans commune mesure et l'on aurait tres bien pu se croire dans des rues de Jakarta en plein Jayapura. A peine checké dans mon auberge, la seule de la ville a un prix abordable, j'ai tout de suite foncé au guichet Western Union pour enfin pouvoir retirer mes sous que j'avais au préalable demandé a mon frère de rerouter sur le West Papoua. 10' de procédures et j'avais mes 15,000,000,000 de roupies en poche (soit 1000€), largement suffisant pour finir mon trip ici sans être préoccupé tous les jours par des soucis pécuniers. 
La soeur de Michael, mon pote rencontré a Vanimo, m'a rejoint dans la soirée a la meme auberge que moi et on a pu échanger quelques mots en anglais. Il faut dire qu'ici, contrairement a la PNG, personne ne parle anglais vu que la langue officielle est l'indonésien. J'ai pu en profiter pour faire une lessive et me prendre une bonne douche a l'eau chaude, un plaisir longtemps oublié dans mon périple précédent. Rien de special a voir a Jayapura mais je voulais faire un festival qui devait avoir lieu en juin sur un lac près d'ici. Par contre j'avais une semaine d'avance! Je me suis donc mis en tete de me faire un "petit" tour dans les highlands de West Papoua avant de revenir ici et me suis booké un vol des le lendemain matin pour Wamena, située en plein dans les terres. Jamais je n'aurais pensé que je partais pour ce qui allait s'avérer comme le plus sauvage de mes trips depuis le début de ce tour du monde!



vendredi 16 décembre 2016

TDM6 E12 201606 PNG Part 8 Vanimo


Je ne suis resté qu'un soir a Wewak sur le chemin du retour car j'avais un bon vol pas cher pour rejoindre Vanimo a la frontière avec la West Papoua. Et pourtant j'aurais du y rester plus longtemps car James, le policier que j'ai rencontré a l'auberge de jeunesse de Wewak m'a rappelé le lendemain alors que j'étais deja a Vanimo pour me dire qu'il avait retrouvé les "boys" qui m'avaient volé le disque dur et qu'il y avait des chances pour qu'il puisse le récupérer. 
Je n'étais pas plus étonné que ca car j'avais eu une mésaventure similaire en Tanzanie où Vince, mon pote de voyage américain de l'époque, s'était fait voler son passeport et portefeuille dans le bus et en allant a la police, ces derniers avaient "miraculeusement" retrouvé le passeport, moyennant finance bien entendu. 
Ici, d'après James, les boys allaient demander de l'argent. Il a commencé a parler de 500€! Ca semblait tout de meme bien louche et j'ai préféré verifier en appelant mon autre pote policier, Martin, qui m'avait récemment hébergé chez lui a Maprik, sur la route de Pagwi. Martin a appelé James et il m'a confirmé que ca semblait tres louche et qu'il ne pensait pas qu'il avait le disque dur. Martin m'a dit qu'il devait passer sur Wewak pour le boulot et qu'il pourrait rencontrer James et régler ca. Entre temps, James m'a meme envoyé une photo de mon disque dur me disant que les street boys la lui avaient envoyé. Plus de doute possible, ils avaient bien mes données. 
J'ai commencé a négocier le prix et a proposé un montant de 50€, soit quasi tout ce qu'il me restait. J'espérais pouvoir enfin retirer l'argent de Western Union a la Banque locale, la BSP. 
J'ai dormi dans la seule auberge de la ville et ai réussi a négocier a 30€ la nuit alors que tous les autres locataires (que des papouasiens!) payaient 45€. 
Le lendemain, a la BSP, la responsable de l'agence m'a dit que les 1000€ de Western Union avait été retirés a Wewak!! J'ai senti le mauvais coup de la part de la responsable de la BSP a Wewak et ai fait un scandale a l'agence. Ces derniers ont appelé le siege puis Wewak pour finalement me dire, après quelques heures d'attente, que l'argent avait été soit disant bloqué a Wewak en attendant que mon visa d'immigration soit validé. Ca ne sentait pas bon et je doutais désormais qu'ils me laissent retirer le moindre centime. Je leurs ai dit de renvoyer l'argent a l'expéditeur et que j'allais me débrouiller autrement. Ils m'ont dit de revenir le lendemain. Entre temps, je suis passé a l'ambassade indonésienne pour faire faire mon visa d'entrée indonésien. Ils avaient bien sur augmenter les prix et je commençais a être super rick rack au niveau tunes. J'allais devoir me serrer la ceinture sur la nourriture pour tenir jusqu'a la frontière. 
Je pensais redemander a mon cher frère de me faire un nouveau virement mais sur le bon pays cette fois, a savoir la Papouasie Occidentale. 
Je me suis repointé le lendemain a la BSP et toujours pas d'avancé. Ils refusaient de me donner les sous et me demandaient désormais d'aller a l'immigration ici a Vanimo pour régler mon problème de visa. Il n'était pas question que je fasse une telle démarche. Ca sentait trop la galère et préférerai tenter ma chance directement au passage de frontière. Je suis sorti de la banque et suis allé au consulat indonésien pour récupérer mon passeport avec le visa indonésien. A peine sorti du consulat, 2 4x4 se sont arrêtés a ma hauteur et les passagers m'ont demandé si je m'appelais Olivier! J'ai répondu a l'affirmatif et ils m'ont sommé de monter avec eux dans la voiture. Ils étaient 6 et ne me laissaient pas vraiment le choix! Ils se sont présentés comme des inspecteurs des douanes et de l'immigration. Ils m'ont emmené a l'extérieur de la ville jusqu'a la maison du chef de l'immigration qui m'attendait patiemment dans l'escalier de son perron. La scene semblait surréaliste. Le chef s'appelait Peter et était plutôt cool. Apres lui avoir expliqué ma situation, mes conditions d'entrée sur le territoire a Bougainville et mon problème d'argent avec la Western Union, il m'a dit qu'il devait verifier quelques éléments, qu'il gardait mon passeport pour le moment et qu'il reprendrait contact avec moi le lendemain. 
Il m'a fait raccompagner a mon auberge par ses hommes de main qui m'ont au préalable emmené avec eux faire la "tournée". On est passé voir quelques commerçants chinois et bien que je ne comprenais pas leurs échanges, je crois bien qu'ils prenaient des pots de vin et/ou racketter les commerçants. A plusieurs reprises, ils ont embarqué des caisses entières de canettes et m'en ont meme fait profiter!

J'ai reçu un coup de fil de Peter dans l'après midi qui m'a dit qu'il passerait avec moi demain matin a la banque BSP pour dire a la directrice d'agence que tout était en ordre afin qu'ils puissent me remettre mon argent. 
Ca ne sentait pas bon du tout et je soupçonnais Peter de vouloir m'extorquer de l'argent une fois le pognon retiré de la banque. On avait rendez vous a 9h a la banque et je me suis pointé a 8:45 pour m'entretenir avec la directrice de la banque en tete a tete. Je lui ai expliqué la situation et lui ai dit de ne pas me donne l'argent tant que mon passeport ne serait pas entre mes propres mains. 
Peter s'est pointé comme une fleur et il a juste dit a la banquiere que j'étais en règle sans me redonner mon passeport. Cette dernière a refusé en disant qu'elle devait voir un tampon de l'administration dans mon passeport pour pouvoir me remettre les fonds. Peter a paru embêté mais il était coincé! Il m'a dit qu'il allait faire le nécessaire mais qu'il devait retourner chez lui mettre le coup de tampon sur le passeport. 
On s'est donné rdv l'après midi et j'ai zoné dans le centre ville en attendant. Je suis tombé dans la rue sur Michael, un des habitants de l'auberge avec qui j'avais tapé la discute la veille et on a passé le reste de la journée ensemble. Lui attendait sa soeur, une commerçante qui devait arriver en avion des highlands pour aller acheter des vêtements en Indonésie et il avait l'air d'avoir les memes galères que moi niveau tunes, en plus chronique. On est parti se baigner dans un lagon près du centre ville puis on a meme tapé le basket sur le playground de la base militaire de Vanimo avec quelques appelés!
Retour a la BSP dans l'après midi et revoilà enfin Peter qui se pointa, non sans 3h de retard, avec mon passeport tamponné: victoire!!
Semi-victoire en fait car revenu a la banque avec le fameux sesame, la directrice m'annonce que le siège a décidé de ne pas me remettre l'argent et de le renvoyer a l'expéditeur: de vrais boulets! Du coup, quasi a sec, je ne pouvais plus me payer de nuit a l'auberge. Dans mon malheur, Peter m'a tout de meme fait rencontrer un de ses potes, Jeaffrey, avec qui j'avais une histoire en commun! Jeaffrey bosse d'habitude a Port Moresby pour la compagnie d'électricité du PNG, l'equivalent d'EDF chez nous, et est venu a Vanimo pour une mission de quelques jours afin de réorganiser l'activité de l'opérateur historique ici. Or, il se trouve que Jeaffrey est le cousin de la fille des douanes qui m'avait mis le tampon des customs a mon entrée a Bougainville. De plus l'oncle de Jeaffrey est le taximan qui m'a fait tout le trajet du sud de Bougainville jusqu'au nord. Quelle coïncidence de tomber sur un bougainvillier, si loin de chez lui, et avec de telles connexions. Peter s'en est aperçu lorsqu'il a confronté mes dires avec le stamp dans mon passeport et passé quelques coups de fils a Bougainville. Du coup, Peter est devenu super cool avec moi d'un coup et j'ai tout de suite senti que son envie de m'extorquer des fonds avait disparu. Il etait appelé d'urgence a Port Moresby pour une affaire importante mais il m'a proposé de dormir chez lui malgré tout et a chargé Jeaffrey de s'occuper du transport. Il m'a aussi mis en contact avec 2 de ses agents pour m'aider a rejoindre la frontière ces prochains jours. Merci a ma bonne étoile. J'ai poussé le concept de l'émission "j'irais dormir près de chez vous" un peu plus loin en "j'irais dormir chez le immigration chief officer"! 
Une partie de mes problèmes était réglée. Restait le disque dur a gérer. J'étais en contact avec Antony, le directeur de l'aéroport de Vanimo, que j'avais rencontré a mon auberge, et qui me proposa de faire l'échange entre une somme d'argent et mon disque dur a Wewak. J'avais toute confiance en lui mais le problème résidait dans l'argent que je n'avais pas. Je suis tombé par chance sur un billet de 100€ que j'avais caché en cas de coup dur. J'ai pu l'échanger a la BSP et fait transiter 80€ par avion a Wewak pour récupérer le disque dur. J'avais toute confiance en Antony, moins en James, le policier de Wewak, qui finalement m'annonça après 2 jours que les street boys avaient disparu mais que des gens les avaient vu ivre mort quelques jours plus tot. Ils avaient apparement vendu mon disque dur a quelqu'un et s'étaient bourrés la gueule avec l'argent. Dommage pour moi. Je n'avais plus aucune chance de retrouver mes données et plus rien ne me retenait ici. J'ai dit au revoir a tout ce petit monde que je connaissais désormais a Vanimo et parti a la frontière en compagnie d'un des hommes de main de Peter de l'immigration. 
C'est ainsi que je quittais la Papouasie Nouvelle Guinée, sacré périple que j'ai fait là, où je me suis enfoui loin au contact des populations pendant un bon mois. Me reste désormais qu'une dernière étape: la Papouasie Occidentale!