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mardi 29 novembre 2016

TDM6 E12 201606 PNG Part 7: Sepik River


Revenu sur Wewak, il devenait urgent que je passe a la banque. En effet, j'avais bloqué ma dernière carte bleue quelques jours plus tot a Karvieng et je commençais a être a court de liquidité. Le seul moyen que j'avais trouvé était de me faire envoyer de l'argent via Western Union par mon frangin. Je pensais initialement avoir suffisamment de sous pour tenir jusqu'au passage de frontière terrestre entre la Papouasie Nouvelle Guinée et la Papouasie Occidentale (les 2 étant situées sur la meme ile de Nouvelle Guinée) et avais alors demandé a mon frangin d'envoyer les sous a Jayapura en Papouasie Occidentale. Cette partie de Nouvelle Guinée a été rattachée a l'Indonésie en 1962 suite a un accord avec les Pays Bas qui détenait officiellement cette "colonie". Or mon cher frangin a mentionné la "Papouasie" quand il a viré l'argent ce qui a été enregistré comme la Papouasie Nouvelle Guinée en terme de pays. Je n'avais du coup d'autre choix que de retirer l'argent en Papouasie Nouvelle Guinée en devise locale puis a changer l'argent a la frontière en roupies indonésienne. Pas terrible au niveau des frais des intermédiaires mais je n'avais guère le choix. Il n'y a pas de guichet Western Union a proprement parlé en PNG, seulement des comptoirs dans les agences de la banque nationale. Le problème de ce genre de guichets est qu'il y a une queue monstre. Les locaux, pour la plupart des paysans ou pêcheurs, y viennent une fois par mois pour retirer ou déposer de l'argent et y passent allègrement la journée entière pour y faire la queue!
Encore heureux dans l'agence de Wewak, il y avait un guichet dédié Wester Union et je n'ai attendu qu'une petite heure et demi avant que l'on ne s'occupe de moi. La responsable de la banque est venue spécialement se pencher sur mon cas car il y avait un problème pour me donner les sous. Ils devaient indiquer mon no de visa dans la procédure. Or j'étais rentré par bateau par Bougainville via les Solomons et n'avais eu qu'un stamp d'un custom officer mais pas d'un immigration officer (je ne connaissais même pas la différence a l'époque!). A priori pas suffisant pour me donner les sous. La directrice d'agence était en contact avec le siege a Port Moresby et m'a fait patienter plus de 2h de la sorte alors que j'avais mon gros sac a dos sur le dos! Midi approchait et je commençais a avoir faim. De plus, je devais aller faire des provisions avant de démarrer mon trip sur la Sepik River qui pouvait être assez onéreux si l'on n'était pas en autonome. J'étais en plus passablement échaudé par la situation et ai alors dit a la guichetière que j'allais sortir me restaurer pendant une heure et que j'allais laisser mon sac dans un coin où elle pouvait garder un oeil dessus car je ne me voyais pas me balader en ville avec un sac de 25kg sur le dos. La guichetière ne voulait pas garder mon sac mais je ne lui laissais pas le choix. Je posa mon sac dans un coin de la salle d'attente, lui intima de garder un oeil dessus et sortit bien énervé. Il faut savoir que j'avais deja laissé une partie de mes affaires dans l'auberge de jeunesse et que je n'avais pas pris mon petit sac a dos par soucis pratique. D'habitude, je me trimballe tout le temps avec mon petit sac a dos où toutes les choses importantes et de valeur sont dedans mais pas cette fois. Erreur qui allait me couter tres cher mais je ne m'en aperçu pas tout de suite...
Je me baladais donc en ville, fis du shopping et pris des provisions et revins 2h plus tard a la banque où la boss me fit attendre une bonne heure de plus pour finalement me dire de repasser le lendemain car elle devait avoir une validation des immigration officers qu'elle avait contactés ici a Wewak. Ca ne sentait pas bon du tout. Je lui ai dit que je partais en trip sur la Sepik River et que je repasserais a mon retour.
J'ai attendu plus de 2h le minibus pour aller sur Pagwi mais il ne vint jamais! Pourtant je n'étais pas le seul a attendre et finalement les autres passagers se sont regroupés pour charteriser un pick up et j'ai pu m'y incruster. Pratique au détail près que les gens n'allaient pas a Pagwi mais au 3/4 du chemin a Maprik. Les locaux me dirent qu'il me serait ensuite facile de me trouver un transport pour Pagwi. En revanche, ce qu'ils n'ont pas mentionné, c'est l'heure d'arrivée a Maprik. En pleine nuit a 1h du mat! Pas le plus safe dans un pays comme PNG et j'en savais quelque chose après mon expérience dans les Highlands. Du coup, le chauffeur m'a déposé au poste de police et je suis resté là a attendre que la nuit passe. Il y avait bien un ou 2 hotels où passer la nuit mais il était hors budget. Vu le problème a la banque, j'étais vraiment trop ric rac. J'ai commencé a taper la discute avec Martin, le policier en fonction et lui ai demandé si je pouvais poser ma tente devant le commissariat pour y passer la nuit au chaud. Je crois qu'il a eu pitié et après une demi-heure de discussion, il m'a proposé de faire la dernière tournée avec lui en voiture puis de m'héberger chez lui: trop cool! 
Du coup, j'ai pu voir les coins un peu pourris de Maprik puis on est passé chez lui où sa femme nous a servi le diner avant de me montrer ma chambre. Rien que du tres basique mais ca m'a quand meme bien dépanné pour la nuit. 
Martin avait son jour off le lendemain et il m'a proposé de m'emmener dans les environs pour visiter les Haus Temborrangs. Il s'agit de maisons aux esprits où les anciens viennent se recueillir ou demander conseils. On en a fait une et après avoir acquitté de l'obole, non sans négocier, avec le chef de tribu, ils m'ont fait la visite qui s'est avérée assez mystique et un peu flippante. 
Martin m'a ensuite ramené en ville où le marché démarrait a peine. On a essayé de trouver un minibus pour Pagwi mais aucun transport en vue. Du coup, Martin m'a emmené direct jusqu'a Pagwi, soit près d'une heure de route: vraiment cool de sa part! 
On est arrivé a Pagwi et c'est là que j'ai compris ma boulette. J'étais complètement a contre sens du flot des locaux. Eux allaient tous au marché a Maprik et j'ai donc du attendre toute la journée qu'ils reviennent pour pouvoir monter dans une embarcation qui allait où je voulais.


La Sepik river est énorme et il est quasi impossible de faire la visite de la totalité. Les tribus sont disséminées un peu partout et on peut découper l'endroit en 3 partie: la lower, la middle et la upper river. Je voulais commencer par la upper river, la moins touristique, avant d'éventuellement redescendre vers la lower river. J'ai pu me dégoter une embarcation qui allait directement là où je voulais aller, sur le lagon Wagu. 
Le trajet fut épique, les 3 quarts se firent de nuit et je me suis demandé comment ils faisaient pour naviguer a travers des petits cours d'eau sans aucune lumière. On a du s'arrêter a plusieurs reprises en chemin déposer des passagers et a chaque fois qu'on était a l'arrêt, les moustiques nous tombaient dessus telle une fourmilière. L'anti-moustique ne suffisait pas et je n'ai trouvé qu'une grande serviette pour me couvrir le corps en mode foetus en attendant que l'on reparte. Il faut dire que l'endroit est particulièrement réputé pour la virulence des moustiques. A tel point que dans certaines tribus, ils le vénèrent comme un dieu et lui érigent meme des statues.
Arrivé a bon port, j'ai fait la rencontre de Matthew, le chef du village, et également le proprio de la seule structure recevant des touristes sur le lagon. Il m'a logé dans un grand bungalow en bois posé sur pilotis qu'il avait monté exclusivement pour les visiteurs. Et pourtant, on aurait dit que ca faisait un bout de temps qu'ils n'avaient pas eu de visite! Matthew était la seule personne du village avec un anglais suffisamment correct pour qu'on puisse avoir une conversation suivie. On est parti de tres bon matin a bord d'une de ses pirogues a la recherche des birds of paradise, l'emblème de la PNG, qu'on a pu apercevoir, après une petite rando dans la foret mais d'assez loin. 
De retour au village, j'ai eu la chance d'assister a la confection des pancakes de sago,réalisés entièrement avec un certain type d'arbre, le sago. Vraiment intéressant de voir a quel point l'homme peut être ingénieux et se débrouiller avec vraiment peu de choses. En revanche, au niveau du gout, ils repasseront. C'était assez infecte et fade. 
Matthew était en train de construire une seconde maison car il venait de prendre une 2eme femme. Les habitants de Papouasie sont polygames et il n'est pas rare pour un chef de tribu, d'avoir un nombre important de femmes afin d'avoir une descendance suffisante pour assurer les responsabilités du village.
J'ai fait un petit tour guidé dans le village et j'ai eu une scene assez surréaliste lorsqu'un enfant d'a peine 6/7ans, m'ayant aperçu, s'est caché derrière un buisson au bord de la route et quand je me suis approché de lui, il a fondu en larme et était apeuré. C'était la premiere fois qu'il voyait un homme blanc de sa vie! 
Le village était assez simple avec des bungalows sur pilotis. Pas d'électricité ni d'eau potable. La seule source était un mince filée qui coulait a l'extérieur du village. Il fallait y faire la queue pour pouvoir s'y laver, et notamment attendre que les femmes aient fini leurs toilettes. Malgré tout, les habitants étaient tres souriants et ravis de voir un étranger ici. Une foule s'est petit a petit formée derrière moi tant et si bien qu'arrivé a l'école, soit le bout du village, j'avais une bonne vingtaine de suiveurs. Pour faire discret, il faudra repasser!
Le soir venu, on est parti a la chasse aux crocodiles. Une spécialité ici. C'est quasiment la seule alternative aux poissons qu'ils ont et a priori les eaux en sont infestées. On a pu prendre qu'un petit spécimen de 2 ans que Matthew a harponné sans aucune difficulté. 
Le lendemain, je partais deja. Par contre, impossible de trouver une embarcation qui allait directement sur Pagwi. Du coup, je suis allé avec Matthew jusqu'a Ambunti. Lui devait amener une de ses filles a l'hôpital qui souffrait d'une vilaine malaria. Probablement là que j'ai attrapé la mienne mais ca, je ne l'appris que bien plus tard.



Le trajet pour rejoindre Ambunti fut assez épique. On est passé par des tous petits bras qui connectaient les différents lagons et on croisait en chemin les femmes qui pêchaient là et qui remontaient le courant a la pagaie.
Arrivé a Ambunti en fin de matinée, toujours aucune embarcation qui allait sur Pagwi. J'ai attendu toute la journée et ai meme pris une chambre pour la nuit dans la seule auberge du coin. Le lendemain, j'ai retenté le coup mais toujours rien. J'ai fait la connaissance de jeunes locaux qui sont restés attendre avec moi. C'était le matin mais ils étaient deja bien bourrés avec leur mix d'herbe locale et d'alcool fabriqué maison. 
En désespoir de cause, j'ai finalement rencontré un jeune local qui m'a dit qu'une embarcation partait demain matin tot a Pagwi et il m'a proposé de dormir chez lui pour la nuit. On a du prendre un autre bateau pour rejoindre son village, Hapan, juste sur l'autre rive par rapport a Ambunti. 
Il m'a installé chez lui, dans une "boys house". Il s'agit d'un bungalow où seulement les hommes sont autorisés et se retrouvent ici. Il y avait 3 matelas et ils m'en ont filé un pour la nuit. Apres le cocktail de bienvenu a la coco puis un petit bain rafraîchissant dans la Sepik River, on a déjeuné tous ensemble avec ses potes. J'ai fourni le riz et eux le poisson séché. Les boys étaient super cools et il y avait une tres bonne ambiance. On a fait un petit tour dans le village et réservé le bateau pour le lendemain. La vie est tres basique ici sur la Sepik River. Pas grand chose a faire et pour les jeunes, c'est tres vite l'ennuie!
On a diné ensemble et on a même eu le droit a du porc qu'un voisin nous a apporté avec gentillesse. On a couplé ca avec des galettes de sago et le tour était joué. 
Le lendemain, on est parti de nuit a 2/3h du mat pour arriver sur Pagwi au lever du jour. De là, quelques heures d'attente puis un camion rempli de locaux pour un retour sur Wewak. 
Je passa la dernière nuit dans la meme auberge qu'a mon arrivée ici et je fis la rencontre d'un policier local. Je lui expliqua le problème du moment que j'avais eu avant de partir sur la Sepik River. Je m'étais en effet aperçu qu'on m'avait volé un de mes 2 disques durs alors que j'avais laissé mon sac a dos dans la banque la semaine passée. J'avais perdu toutes mes videos de mes go pro ainsi que quelques montages des Fidjis: les boules! 
J'en ai parlé au policier qui m'a dit qu'il allait se renseigner et me rappeler s'il avait du nouveau. 
De mon cote, je partais deja le lendemain en avion pour remonter tout au nord de la PNG a Vanimo, juste a la frontière avec la Papouasie Occidentale...


lien vers la vidéo Ambunti & Hapan







dimanche 13 novembre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 6: Wewak & Mushu Island


Petit vol intérieur pour rejoindre la ville côtière de Wewak de Mont Hagen. J'ai un peu galeré pour me trouver un endroit où dormir. Apres avoir pris un 1er minibus de l'aéroport, j'ai du marcher une bonne 1/2h en plein caniar pour monter la cote où était située l'auberge de jeunesse où j'avais prevue de dormir. Ne la trouvant pas, un mec qui passait par là et que j'avais croisé a l'aéroport me donna un ride et me déposa a l'auberge qui s'avéra pleine. Pas qu'il y avait full de touristes mais l'auberge n'avait que 3 chambres! Encore heureux que mon bienfaiteur était resté et il m'amena a une autre auberge de jeunesse, plus locale pour sur et qui avait de la dispo. L'auberge était principalement utilisée par la police locale qui louait des chambres au proprio pour ses effectifs. Le but de mon stop ici était une virée sur la Sepik river mais le trajet pour rejoindre le depart des excursions en bateau ne partant que le surlendemain, je me suis booké un trip sur l'ile de Mushu, située juste en face de Wewak en attendant.
Je partageais le transfert en bateau avec un couple de jeunes israéliens backpackers plutôt cools. Le trajet allait être houleux. On pouvait voir a l'horizon un énorme nuage noir qui n'attendait qu'une chose, qu'on lève l'ancre pour venir s'abattre sur nous. Je m'etais deja fait avoir au Vanuatu lors d'un transfert où j'avais pris la sauce et m'etais donc preparé en conséquence cette fois-ci: maillot de bain direct, go pro a la main et tout le reste sous la bâche imperméable. Bien m'en a pris. La pluie est devenue torrentielle. On avait l'impression d'être sous une douche permanente. Ca tapait tellement fort que j'en avais limite mal torse nu. De plus, notre petite embarcation n'en menait pas large face aux grosses vagues qui se formaient. On réussit tant bien que mal a arriver a bon port. 
La guesthouse était composée de ravissant petits bungalows en bois tout simples surplombant le sable a quelques mètres du rivage. Je partageais ma chambre avec un californien qui avait fait le trajet jusqu'ici spécialement et exclusivement pour un trip sur la Sepik River afin de trouver des masques, spécialité des tribus vivant au bord de la Sepik. 
J'ai pu faire une sortie en snorkelling pour admirer le récif corallien et m'en suis sorti avec une énorme piqure de méduse sur le bras: pas gloop!
Les enfants de la proprio de la guesthouse m'ont fait visiter le village avec l'église et l'école. La vie est simple ici. Les locaux vivent de la pêche, construise leur maison avec les arbres de la foret environnante. Il y avait meme un petit ruisseau qui coulait le long du village et qui permettait de prendre une douche et de s'alimenter en eau potable.
Le lendemain, je repartais deja et passa ma journée entre la banque, dont le seul comptoir Wester Union était a l'intérieur et le marché local pour faire des provisions avant le départ.



jeudi 10 novembre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 5: The Highlands & Mont Wilheim

Je me suis pris un petit vol pour enfin rejoindre l'ile principale de PNG et la ville de Lae. Pas grand chose a y faire ici mais j'ai quand meme passé la journée a faire les "boutiques". J'ai en effet trouvé un moyen de retirer du cash. Ils appelent ca le "cash back". Vous allez dans un supermarché et vous faites vos emplettes et au moment de payer, vous demandez également du cash qu'ils vous chargent sur la carte bleue. Pratique car c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour avoir de l'argent frais alors que je n'avais plus le code de ma carte en ma possession. Par contre, ca reste limité. Ils vous laissent prendre 200 kinas (soit 60€) max. Je n'ai trouvé qu'un magasin qui le faisait et j'ai du le faire 4 fois, afin d'avoir a peu près suffisamment de cash pour gérer mon trip dans les Highlands. J'ai pris un pmv qui faisait la route de nuit pour rejoindre Kondiara, une sacrée aventure. Tout d'abord, les mecs attendaient que l'on soit un maximum puis on est parti au port où une cargaison de buttel nut nous attendait. Près de 30 sacs de 50 kgs histoire de bien chargée la mule. Les mecs étaient au tacquet de voir un blanc dans leur véhicule. Ca n'avait pas l'air d'arriver souvent. Ils m'ont installé devant et ont fait un arrêt direct au magasin de bière. Le chauffeur roulait comme un taré et était déjà bien amoché mais ce fut plutôt rigolo de partager cette expérience avec les locaux. Ils m'ont déposé a Kondiara a 3h du mat. Pas un endroit super safe. J'ai attendu au poste de police et un attroupement s'est formé autour de moi de plus de 50 personnes. Ils étaient tous intrigués de me voir ici avec mon gros sac a dos. Ils voulaient tout savoir de ce que je venais faire ici, d'où je venais. La plupart était saoul et il y avait aussi pas mal de gens de la rue. C'est la que j'ai fait la rencontre de Martin, un guide de montagne qui m'a offert ces services pour la montée du Mont Wilheim, le plus haut sommet de PNG a 4750m. On a attendu le matin pour trouver un 4x4 qui pourrait nous déposer au village au fin fond de la vallée d'où le trek démarre. Mais encore une fois il a fallu attendre qu'il se remplisse et on est parti qu'a 15h. Ca m'a permis de visiter les marchés locaux et de voir de sacrés spécimens. 


La route pour rejoindre le village était splendide. On traversait des vallées encaissées de toute beauté, très montagneux et avec un canyon qui rajoutait encore un peu plus de charme a l'endroit. Les Highlands est la province de PNG la plus peuplée et pourtant ce n'est que très tard que les européens ont commencé a planter leur drapeau ici, la plupart du temps des missionnaires venus convertir les peuples autochtones. On est finalement arrivé au village dont la partie la plus dans les terres avait été montée par un missionnaire allemand. C'était tout vert et on se serait cru dans un petit paradis. 
Martin gérait un orphelinat qui avait été monté par un hollandais il y a quelques années de ça. Ils avaient également monté une école et attendaient d'autres fonds pour avancer dans leur projet. Il m'a fait dormir dans la mission catholique, une toute petite bicoque sans prétention, sans eau ni électricité mais je me sentais bien ici. J'ai pu me laver dans le frais cours d'eau de la rivière et me faire un petit feu. Martin m'a fait la visite des installations. Les enfants étaient super souriants et au taquet de voir un blanc dans les parages.  
Ici, pas de supermarché ni meme de petits boui-boui, en revanche leur potager était bien garni et on a pu se servir avec Martin afin de se faire une bonne potée, chauffée au feu de bois, que j'ai pu agrémenter d'un peu de riz et d'une boite de thon de mes reserves. 


Martin s'était annoncé comme guide de haute montagne mais j'ai vite compris qu'il n'était pas vraiment dans ce role là. Comme tous les enfants ayant grandi dans ce village, la plupart était monté au sommet du mont Wilheim mais pour ce qui etait de guider les touristes, c'était plus compliqué car le chemin normal passe forcement par un lac dont la montée traverse un terrain privé. Les propriétaires de ce terrain ont pris le monopole des ascensions et font payer un droit de passage dans lequel ils forcent les touristes a passer une nuit dans un refuge au bord du lac. 
De mon cote, je n'avais ni les moyens de payer une telle somme ni l'envie de dormir au lac. J'avais prévu de faire l'ascension, annoncée en 6/8h, d'une traite et de poser ma tente au sommet pour y apprécier le lever/coucher de soleil. Martin n'avait jamais dormi aussi haut mais il m'a tout de meme proposé de m'y accompagner en passant par une autre voie, beaucoup moins empruntée et qui rallongeait de quelques heures l'ascension. Il a réussi a se dégoter un sleeping bag plus ou moins correct et on est parti de bon matin a l'assaut du plus haut sommet de PNG. 
Des les premiers mètres, j'ai senti que ca allait être compliqué. Martin avait pu emprunter une paire de chaussures fermée, sous mon insistance, mais préférait les garder au sec dans son sac et a démarré en flip flop. Son sac a dos était tout petit et il n'avait rien pour passer la nuit au chaud. Du coup, je me suis tapé les bagages pour 2 dans mon sac, soit la tente, les 2 sleeping bags et la bouffe. De plus, le chemin n'était ps toujours dégagé et on a perdu énormément de temps a se frayer un passage a coup de machette. Pour couronner le tout, le temps n'était ps au beau fixe et une fois sorti de la foret pour attaquer la partie a découvert sur les rochers, il s'est mis a pleuvoir sévère. Martin n'était une nouvelle fois pas équipé et j'ai du lui prêter un de mes blousons plus un kway pour ne pas qu'il congèle sur place. On a meme du faire une pause sous un arbre et allumé un feu pour se réchauffer en pleine journée ce qui nous a de nouveau ralenti. Apres bien 8h d'ascension, on était encore loin de l'arrivée et Martin, prit du mal d'altitude, n'avançait guère vite. La pluie redoublait d'intensité et on était deja trempé jusqu'aux os. Martin avait mentionné un refuge qui avait été installé quelque part près du sommet et qui était censé être ouvert mais il n'en était pas sur. De plus il. Ne se souvenait pas de son endroit exact avec l'épais brouillard qui régnait ici, on ne voyait pas a plus de 10 mètres. Il y avait toujours l'option de ma tente mais aucun terrain suffisamment plat a l'horizon et quand on en trouvait un, c'était toujours plein de boue ou trop humide. 
La nuit tombait et on marchait a la frontale quand un petit coin d'herbe est apparu près du sentier, sur une arête assez escarpée. Une grosse prise au vent et l'endroit n'était pas super sage mais au moins je pouvais y planter la tente sans risquer que l'on soit trempé pendant la nuit. Ce fut une galère sans nom a la monter avec le vent et la pluie et surtout que j'avais le bout des doigts congelés par le froid. On a réussi tant bien que mal a allumer le réchaud et a se faire chauffer un thé sous la tente avant de pouvoir se faire un bon repas chaud. Encore heureux que j'avais amené suffisamment de noddles pour 2 et qu'on avait géré l'eau correctement. 
Restait encore a trouver le sommeil et il ne s'agissait pas de la plus mince affaire. Martin était complètement ko a cause de l'altitude et moi je n'avais qu'un duvet a +15°c alors qu'il faisait clairement en dessous de zero. J'avais tout de meme prévu le coup en prenant double de vêtements pour dormir avec et une paire de grosses chaussettes sèches que j'avais gardée pour la nuit. 
On a dormi de la sorte tant bien que mal et finalement encore heureux que la tente était minuscule. Ca nous a permis de nous réchauffer mutuellement! On s'est levé de nuit vers 4h du mat pour finir l'ascension et essayer d'atteindre le sommet avant le lever du jour. La pluie s'était arrêtée mais malheureusement il y avait un épais brouillard au dessus de nos tete qui nous empêchait meme de distinguer le sommet. J'ai préféré attendre un petit peu plus bas et rester sous ces nuages pour profiter du spectacle, qui fut de toute beauté. On avait une mer de nuage au loin et des sommets de montagnes tout autour. 
Martin avait vraiment du mal a avancer et j'ai fini l'ascension tout seul. Il y avait quelques jeunes locaux du village d'en bas qui étaient également venus pour le lever de soleil. Je les ai doublés sur la dernière paroi et on s'est tous retrouvés en haut pour la seance photo. 
Apres quelques minutes passées au sommet, la chance sourit enfin et le vent aidant en dégageant les nuages, la vue m'apparue net tout d'un coup a 360°c: tout simplement merveilleux. Il ne faisait pas trop froid en plus au sommet et j'ai pu attendre l'arrivée de Martin qui réussit a en finir en ayant bien puisé dans ses reserves. 
La descente se passa a la cool et j'ai pu rejoindre le campement au sec et ranger la tente qui avait quasiment séché de cette folle nuit. 
Je me fis le reste de la descente avec les enfants du village qui munit de leur machette m'ouvraient le chemin. On se fit saucer une nouvelle fois sur la dernière heure avant d'arriver. Que ce fut bon de retrouver la mission et mon petit feu pour me réchauffer les membres.

Le lendemain, je repartais deja sur Kundiawa en compagnie de Martin. Ce dernier venait de recevoir une tonne de riz de la part du gouvernement coréen mais il devait s'occuper du transport a ses frais de Lae juqu'au village et il fit donc le retour avec moi. On a retraversé la vallée de Chimbu mais cette fois-ci j'étais bien placé a l'extérieur en haut du pick up et ai pu en prendre plein les yeux sur ces terrains montagneux si particuliers que forment les Highlands.
Je reprenais en suite un minibus pour rejoindre la ville de Mt Hagen d'où je m'étais booké un vol direction la cote et la ville de Wewak...

vendredi 4 novembre 2016

TDM6 E12 201605 PNG Part 4: West New Britain


Les parties Est et Ouest de la Nouvelle Bretagne portent le même nom mais il s'agit bien de 2 provinces différentes et extrêmement difficile de rejoindre l'une par l'autre par la voie terrestre. J'ai atterri a Hopkins et il y avait près d'une heure de trajet pour rejoindre le spot de Walindi. Un chauffeur attendait une cliente pour l'y amener et j'ai tenté de rééditer le coup de Rabaul avec lui et ça a fonctionné. La nana etait une plongeuse américaine auditrice a Singapour et restait ici plonger une bonne semaine. Le resort de Walindi est super haut de gamme, tenu par un australien, c'est le seul endroit où il y a un centre de plongée. 

Le chauffeur m'a déposé a la guesthouse d'a cote où j'ai pu dormir pour pas cher et profiter des installations du resort. Je lui ai tout de même donné un petit billet au passage pour le remercier. 
Hormis le "Walindi Plantation Resort" et ma guesthouse, qui se trouve être dans les bureaux du centre de conservation locale, il n'y a pas vraiment d'autres constructions ici mais une dense forêt tropicale. D'ailleurs même le resort en est rempli. C'est le seul endroit de toute la PNG où j'ai trouvée une connexion internet et enfin pu charger 5go de videos sur le blog. Le manager en a eu marre de me voir squatter le wifi et a tenté de changer le mot de passe. Il faut dire qu'il avait aussi appris que le chauffeur m'avait déposé et il avait tenté de me charger avant que je n'ai une petite explication avec lui. Pas de chance pour lui, les guests du resort avec qui je plongeais me refilaient a chaque fois le nouveau mot de passe. 
La particularité des plongées ici sont les Sea Mounts, des espèces de montagnes sous marines recouvertes de coraux et avec une vie marine intense. Il y en a 3 connues et je voulais les faire toutes le même jour mais le centre de plongée n'en faisait qu'une par jour pour vous obliger a revenir 3 jours et donc faire 6 plongées! Du coup, j'en n'ai fait que 2 en 4 plongées. De belles plongées. Beaucoup de poissons mais jamais rien de très gros.
J'ai fait la rencontre d'un couple d'américains fans d'oiseaux et on s'est organisé une sortie avec le meilleur guide a oiseau du coin. C'était le jour de mon départ et on a commencé super tôt. On a vu plein d'oiseaux que je ne connaissais pas bien sur, dans les champs de oil palms mais eux étaient clairement plus au tacquet que moi.
J'avais négocié un ride avec un chauffeur pour qu'il me dépose jusqu'a l'aéroport et on est passé au distributeur de billets alors qu'il me restait encore pas mal de cash en poche mais je voulais être penard avant de partir dans la brousse dans les Highlands. J'étais un peu fatigué ce jour là et n'ai pas pris gare quand la machine a chaque fois que je rentrais mon code, elle me demandait combien je voulais, puis me redemandait mon code. J'ai fait ça 3 fois jusqu'a bloquer ma carte!! Avec ma 1ere carte expirée, et mon autre dont je ne me rappelais plus le code qui était soigneusement conservé dans l'iphone que j'ai perdu au Vanuatu, je ne pouvais tout simplement plus retirer de l'argent dans un distributeur. Le début des galères allait commencer...