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mardi 9 août 2016

TDM6 E10 201604 Vanuatu Part 3: Santo


L'ile de Santo est après celle de Tanna la plus visitée. Il faut dire qu'il y a quelques jolis spots ici. Le vol domestique de Tanna m'a couté près de 300€ soit quasi un vol Paris/Asie! 

Dans l'avion, j'ai retrouvé Harmen, le hollandais avec qui j'avais fait la visite du volcan Yasur. On a diné ensemble au local market et on a essayé de tester la night life du Vanuatu, un vendredi soir. Le taxi driver de l'aéroport nous a amené au seul spot de l'ile: Planet 107. Il nous a dit que ça démarrait a 19h. On s'est pointé a 21h mais il n'y avait pas un chat si ce n'est une dizaine de staff de la sécurité. On a laissé tomber l'idée a 23h. 
Le lendemain, je suis allé plonger sur le Président Coolidge, l'épave réputée comme la plus belle du monde a visiter en plongée bouteille. J'étais tout seul avec le dive master local et alors que j'avais booké 3 plongées sur le Coolidge dont une de nuit, ce dernier m'a conseillé de n'en faire que 2 et que moyennant un petit billet, il m'amènerait sur les mêmes spots que l'on fait de nuit mais de jour car a l'intérieur de l'épave, tout est noir de toute façon. De plus, les 2 compagnies qui opèrent pour la plongée sur le Coolidge vous oblige a faire une 1ere plongée "découverte" dans laquelle vous faites seulement le tour de l'épave sans rentrer a l'intérieur et ce afin de vous forcer a plonger plus de 2 fois vu la taille immense du bateau. Le dive master m'a proposé d'aller direct a l'intérieur a 45m voir la "lady", une grande statue en porcelaine qui est restée bloquer au fond d'une cale. Ca m'allait très bien et on s'est fait les 2 plongées nickel. J'ai même pu, a la 2eme plongée leader le chemin afin d'avoir vraiment la sensation de découvrir le bateau pour la 1ere fois: frissons garantis. Entre les 2 plongées, on a fait un stop sur le site de Million dollar. C'est là que près de la cote, l'armée américaine, avant de partir a la fin de la seconde guerre mondiale, ont balancé tout leur matis au fond de l'eau car ça leurs coutait trop cher de tout ramener. Chars d'assaut, munitions, camions et j'en passe.
Le soir, on a tenté une nouvelle fois le Planet 107, samedi soir cette fois-ci et a 23h30 mais toujours pas un chat jusqu'a minuit 30 alors que les videurs nous ont assurés que c'était bondé a craquer les autres jours!



Dimanche, on est parti sur la Millenium cave. Il s'agit d'une grotte cachée dans le bush a l'intérieur des terres qui n'a été découverte qu'a l'an 2000, d'où son nom. Dans le lonely planet, il était indiqué que tous les prix étaient fixes mais depuis mon arrivée, je n'ai pas arrêté de tout négocier et d'avoir des supers réductions, quasi le prix des locaux! On était une bonne dizaine de touristes dans le minibus qui nous a emmené, après près de 2h de route, au beau milieu de la jungle. Les autres touristes étaient des étudiants anglais de la fac de médecine qui bossaient ici pendant un mois. On a du faire une marche d'une demi heure avant de rejoindre le village dont la communauté est "propriétaire" de la grotte selon les règles coutumières mélanésiennes. Toutes les huttes étaient en bois et en toit de palmes de cocotier. Le village ne manquait pas de charme. Tout y est vert ici et pousse de manière hallucinante. Il faut dire qu'il pleut beaucoup aussi dans les terres. 3/4h de marche supplémentaire pour arriver a l'entrée de la grotte cachée. Une rivière s'y écoulait et on a du enfiler nos maillots pour la traverser éclairés par nos lampes torches. Rien d'extraordinaire dans la grotte, la partie sensationnelle débutait après: un canyonning a travers une gorge magique, super encaissée et dans laquelle on pouvait nager. Je ne me suis pas fait prier pour escalader quelques parois et me faire des ploufs. J'avais également pris mon masque tuba et a la 1ere occasion où je l'ai mis, je suis tombé nez a nez sur une go pro silver 4, exactement la même que la mienne, que j'ai tant de fois perdue! Il y avait un groupe de la TV coréenne qui tournait une émission de télé-réalité partout dans le Vanuatu et l'un des membres avait perdu sa go pro dans les rapids: cadeau! Le canyon était du même acabit que celui du rafting au Fidji, c'est pour vous dire le niveau! Retour au village, Harmen et moi avons été les seuls a y passer la nuit et tant mieux. Les villageois nous ont gâté. On a pu gouter au kava local: rien a voir avec celui des Fidjis. Celui-là, beaucoup plus fort, avec un bol ou 2, vous êtes déjà dans les étoiles. Certaines sortes de kava peuvent vous laisser saoul pendant plusieurs jours. Le dîner, fait qu'avec des produits locaux de la terre et des écrevisses fraichement attrapées, a été succulent. Le lendemain, notre minibus est tombé en panne et on a pris le 4x4 qui acheminait les enfants a l'école pour nous ramener en ville. 


On a fait de l'auto-stop pour remonter la cote vers le nord et avons fait un joli arrêt sur Oyster Island où l'on a bien sur dégusté des huitres de mangrove. On s'est fait un tour en kayak et on a remonté une rivière jusqu'a arriver a un incroyable trou bleu où l'eau était "crystal clear". Sur le retour, un petit snorkelling pour voir des épaves d'avion puis on a repris la route plus au nord jusqu'à arriver a Lannoc Beach où l'on a passé la nuit. La plage y est magnifique et juste a cote, il y a celle que tous les touristes connaissent: "Champagne Beach". Celle-ci est incroyable: une jolie anse de sable en arc de cercle vient séparer l'eau turquoise de la jungle verdoyante. Il y avait un quai en béton horrible sur le cote qui venait défigurer le paysage afin que les énormes bateaux de croisière australiens puissent débarquer. Quand c'est le cas, plus de 2000 touristes descendent d'un coup. Imaginez le bordel! Nous, on a eu la chance d'avoir le site pour nous tous seuls.
Le lendemain, on a pris le chemin retour et j'ai quitté Harmen qui lui repartait plonger sur le Coolidge alors que moi, je prenais l'avion pour ma prochaine ile, Malekula...



vendredi 5 août 2016

TDM6 E10 201604 Vanuatu Part 2: Tanna et le volcan Yasur


Tanna est l'ile la plus visitée du Vanuatu de par son volcan en éruption qui est facile a visiter. De l'aéroport, il "suffit" de traverser l'ile pour rejoindre l'autre cote et vous retrouver au pied du volcan. Le truc, c'est que rien n'est développé ici. Les routes sont toutes défoncées et il y a peu de 4x4 pour faire la traversée. Généralement, les touristes bookent tout en avance et un pick up vient les chercher pour 10 fois le prix du trajet pour les locaux. J'ai voulu la jouer a la roots et ai refusé de monter dans l'und' des pick up qui pourtant me proposer moitié prix. J'ai patienté une bonne heure avant qu'un des staffs de l'aéroport ne réussisse a me mettre dans un 4x4 direction Lotaka, la ville principale de Tanna. De là, j'ai encore patienté une bonne heure avec des locaux super cools avant de monter dans un 4x4 qui faisait la traversée. J'ai eu la chance de tomber dans le véhicule sur le proprio de la guesthouse où j'avais prévu de dormir. Tant mieux car on est arrivé de nuit a Yasur. Il était déjà trop tard pour visiter le volcan et j'ai planté ma tente dans son jardin pour une somme modique. 

Le lendemain, je me suis réveillé au beau milieu de la verdure. La guesthouse était pleine de charme avec ses huttes en bambou. Il y avait même une maison qui avait été installé tout en haut d'un banyan tree, les plus gros arbres du Vanuatu. 

Je suis parti a pied me balader jusqu'a la mer. 8km de marche sous un soleil de plomb a travers une foret tropicale pour arriver a Port Résolution, un hameau qui avait été désigné pour être l'endroit du futur aéroport international. Il faut savoir qu'il y a un vrai problème ici avec les aéroports et les infrastructures de transport en général. Ainsi, suite a l'ouragan Pam il y a plus d'un an de cela, le gouvernement, qui est quasi au bord de la faillite, n'a pas pu réparer correctement l'aéroport de Port Vila tant et si bien que les compagnies aériennes internationales, que ce soit quantas ou Air New Zeland, ont décidé de ne plus faire atterrir leurs avions au Vanuatu tant que les pistes ne seraient pas réparées. Du coup, seule la compagnie locale Air Vanuatu opère encore a l'international en direction de l'Australie / Nouvelle Zélande ce qui a entrainé naturellement une chute vertigineuse du tourisme au Vanuatu. Les chinois se sont proposés de réparer/paver les routes du pays moyennant un deal que personne n'a l'air de connaître. Je soupçonne qu'il y ait des échanges de matières premières ou des droits de pêche dans les eaux du Vanuatu. En attendant, les habitants se plaignent de la montée en puissance de la Chine ici qui est omniprésente notamment dans le commerce où l'on voit des boutiques chinoises de partout. Pour endiguer ce fléau, l'ile de Tanna a décidé d'interdire tout simplement la détention de commerce sur son ile a tout opérateur non local.
A Port Resolution, j'ai fait un tour au Yatch Club mais il n'y avait pas un rat ici depuis des lustres si ce n'est le gardien qui m'a tout de même offert une noix de coco qu'il est allé chercher lui-même dans l'arbre. En allant sur la plage, je suis tombé sur un projet intéressant de construction d'un resort pour la communauté locale afin de prevenur d'éventuels investisseurs étrangers. Ils avaient fait appel a l'Université d'Adelaide en Australie qui leurs avait financés une partie de la construction et avait même envoyé une vingtaine d'étudiants en architecture bosser sur place sur le projet. 
En fin de journée, j'ai finalement débuté la visite du volcan apres m'être acquitté du droit d'entrée qui venait tout juste de doubler a 70€! Pour justifier une telle hausse de prix, ils avaient mis en place un petit show de danse locale, pas vraiment convainquant, et il y avait des 4x4 qui vous amenaient quasi jusqu'en haut. La différence de décor entre une végétation  dense qui passe d'un coup a du sable volcanique est frappante et rajoute encore un peu plus de mystère au lieu. Il y avait également une post office sur le chemin de la montée pour signaler a ces proches qu'on y était en direct.
Le volcan Yasur est actif et assez dangereux. 2 accidents ont été répertoriés ce dernier mois avec un guide qui a perdu l'usage de ses jambes suite a une explosion imprévue qui a entrainé un projeté de pierres incandescentes. Les autorités monitorent tout de même son activité et ne permettent les visites que jusqu'a la force 3. A cette dernière, on ne peut même pas aller jusqu'a l'arête d'où l'in voit le centre du cratère. Pour mon cas, il était en force 2 et on a pu se caler a un endroit idéal où patienter que la nuit tombe pour pouvoir voir le chaudron dans toute sa splendeur. On n'avait pas une vue a 100% du fond du cratère mais des qu'il y avait des projections, on parvenait a voir la lave se lever en l'air et une pluie de météorites s'envoler avant de retomber autour du cratère. Les nuages de fumée qui s'en dégageaient étaient tout aussi impressionnant. Ce n'était pas aussi impressionnant que le Tombalchik au Kamchatka mais ce fut tout de même une belle expérience. Sur place, j'ai fait la rencontre d'une infirmière française qui bossait en indépendant sur la Nouvelle Calédonie ainsi que d'Harmen, un hollandais parlant couramment le français et bossant dans la formation sur des usines de production minière a l'international.



De retour tot le matin sur la partie ouest de l'ile, les petits avions étaient plein et j'au du patienter une journée sur place. Du coup, je suis allé faire la visite du plus grand Banyan tree du monde. Il fallait emprunter un chemin de terre sur 4km qui montait jusqu'à un village perché en haut d'une colline. De là, les villageois m'ont demandé de payer 20€ pour pouvoir voir l'arbre en question. J'avais tout juste de quoi payer mais j'ai trouvé ça exagéré et ai fin de ne plus avoir de sous sur moi. Il faut dire qu'il n'y a pas de distributeur de billets sur Tanna. Les mecs ont été cool et m'ont fait la visite gratos. L'arbre avait une multitude de troncs et des ramifications qui partaient dans tous les sens. Il s'étendait a perte de vue et couvrait la largeur d'un terrain de football. Je me suis fait une petite grimpette dans l'arbre, chose assez aisée vu toutes les racines qui offraient un choix de prises innombrables.

Revenu sur la cote, j'ai filé un peu plus au nord de l'aéroport pour rejoindre un resort où ils m'ont laissé planter ma tente. J'étais encore une fois le seul touriste présent dans l'hôtel, un gros changement par rapport a la Nouvelle Zélande voir même les Fidjis. La cote était protégée par un reef volcanique et il y avait plein de trous bleus dans lesquels le snorkelling était agréable avec une eau a 31°c.
Le lendemain matin tôt, je retournais sur Port Vila y passer une nuit avant de prendre une nouvelle connexion direction l'ile d'Espiritu Santo...

lien vers la vidéo Tanna

lien vers la vidé Bonus Volcan Yasur


TDM6 E10 201604 Vanuatu Part 1: Port Vila


Je suis arrivé par avion directement sur l'ile principale du Vanuatu, Etafe, où réside la capitale Port Vila qui a été dévastée il y a un an par Pam, le plus puissant cyclone qu'ils n'aient jamais connu, de force 5. On pouvait encore voir des traces d'un tel désastre avec des ferrys retournés qui attendaient de pourrir là sur la cote. 

J'avais attrapé la conjonctivite lors de mon dernier jour au Fidji, seulement sur l'un de mes yeux qui était devenu tout rouge. Il y avait une épidémie de conjonctivite partout dans le sud pacifique. Je suis allé me balader avec un autre français rencontré dans l'avion a la cascade du coin. J'avais un début de fièvre et me sentais moyen. Mes 2 yeux étaient devenus bien rouge et alors que l'on descendait du minibus, je n'ai pas fait attention a mes 2 iphones, l'ancien et le nouveau acheté a Vegas, qui ont glissé de ma poche alors que j'étais assis. Je ne m'en suis rendu compte qu'un quart d'heure plus tard alors qu'on se dirigeait vers la cascade. Heureusement j'avais copié toutes les photos sur mes disques dur externes au prealable mais je perdais tous mes contacts, ma puce francaise (et donc plus de whatshapp) ainsi que le code d'une de mes 3 cartes bleues que je ne connaissais pas par coeur. Sachant que cette dernière pouvait être utilisée en signant lors d'achat sans avoir besoin de rentrer de code, que la 2eme était périmée, il me restait tout de même la 3eme pour retirer des sous aux distributeurs automatiques. Je suis retourné là où le minibus nous avait déposé mais personne. J'ai poireauté près de 2h a la place centrale au centre ville en essayant de reconnaitre le minibus jaune mais il y en avait des dizaines. Un taximan m'a prêté son téléphone et j'ai appelé mon nouveau no du Vanuatu que j'avais tout juste acquis a l'aéroport, ça sonnait mais personne ne répondait. Une heure après, ça tombait direct sur messagerie. Il fallait me faire une raison: mes iPhones étaient perdus! 
J'ai tout de même réussi a racheter un iPhone 6S, le même que celui acheté a Vegas. 
Je suis retourné a la cascade pour finalement la voir et ai ensuite lézardé sur l'ile de xxx. L'endroit est reputé pour son snorkelling au bord d'un reef où l'air est super clair. Il y avait une "post office" sous l'eau dans laquelle vous pouviez deposer vos cartes postales, un tant soit peu qu'elles soient water proof elles aussi!
J'ai retrouvé mon français au bord de la plage, stone, et on a assisté a un show de feu avant de se rentrer. Ce dernier est cuistot en Nouvelle Zélande sur l'ile du Sud et il a du sortir du pays car son visa arrivait à expiration. Il allait faire une demande d'un nouveau visa a partir du Vanuatu avant de pouvoir rerentrer en Nouvelle Zélande. 
J'ai passé un jour de plus a Port Vila a essayer d'organiser mon voyage et ai pris l'avion pour mon prochain stop, Tanna, l'ile au volcan en éruption...




mercredi 3 août 2016

TDM6 E09 201604 Fiji Part 6: Rafting on the Navua river


Paul m'avait fortement conseillé de faire cette descente en rafting près de Pacific Harbour. Les prix étaient assez dissuasif, 400$ la sortie! Tuula m'y a amené de bon matin et alors que j'avais réservé la place sans payer, ils m'ont annoncé que les rapids n'étaient que de classe III au maximum alors que je m'attendais a un truc de dingue avec les torrents d'eau qui étaient tombés du ciel ces derniers jours. De plus, j'ai vu la clientèle: une trentaine de blanc becs avec des enfants d'a peine 10 ans. Ca ne sentait pas l'extrême! J'étais a 2 doigts d'annuler mais vu qu'il n'y avait rien d'autre a faire et que le temps était pourri, j'ai quand même tenté. Je ne l'ai pas regretté du tout. On a fait près de 2h de route dans les terres avant d'arriver au site. Vu que je m'etais plains, le boss de l'activité m'a mis dans un raft avec un couple de jeunes expats et un barreur qui envoyait du lourd. Résultat: au 1er rapid, je me suis retrouvé a l'eau! Au delà de la descente qui était assez pépère, le spectacle de traverser une telle gorge a été époustouflant. Il y avait des falaises vertigineuses des 2 cotés et au niveau des cimes, la jungle dense qui débordait. Des cascades de partout plus impressionnantes les unes que les autres. Le décor a même servi pour le film Anaconda II. Un vrai régal.

J'ai repris le bus pour revenir sur Suva et ai passé 2 autres jours dans la capitale où Tuula m'a un peu sorti. J'ai filé le dernier jour sur Nadi et ai pris un vol tôt le matin en direction de mon 10eme pays visité lors de ce world trip no6: le Vanuatu...



TDM6 E09 201603 Fiji Part 5 Rakiraki Section 2: kitesurf in Nananu-i Ra


J'ai quitté Tuula sous une pluie battante par le bateau qui m'amena sur la presqu'île de Nananu-i Ra. Un australien, kiter et plongeur, avait monté un joli resort ici mais il y avait beaucoup de dégâts autour de son resort. Il m'a expliqué qu'il n'était assuré que pour des ouragans de force 3 maximum et que pour s'assurer pour des ouragans de force 5, chose qui n'était jamais arrivée dans l'histoire auparavant sur les Fidji, ça coutait grosso modo un 5eme de la valeur du bien que vous vouliez assurer: rédhibitoire! 

Il y avait un couple de québécois qui bossait là en tant que dive instructeurs mais qui n'était arrivé qu'il y a quelques semaines et une cliente japonaise kiteuse qui elle était là depuis quasi un mois! Elle était en mode embrouille avec le proprio australien et ça se chamaillait fort. Il est vrai que le proprio était assez spécial et très vite ultra antipathique mais la japonaise n'était pas facile non plus. J'avais checké les prévisions de vent avant de venir et ils annonçaient 2 jours a 30/35 noeuds avec des rafales a plus de 40. Les 2 "petites" erreurs que j'avais faite étaient que je n'avais pas vérifié l'orientation du vent ni la météo. Pour le 1er, le spot se retrouvait en off shore. J'avais tout de même appelé le proprio auparavant qui m'avait dit pas de problème, on peut naviguer quelque soit l'orientation du vent. Il y avait en effet une autre plage derrière le resort qui avait une orientation side mais avec une petite colline qui crée un couloir déventé au départ de la plage qui elle ne faisait que quelques mètres voir inexistante a marée haute. Mais mon plus gros problème était la météo: ils annonçaient une série d'ouragan en provenance du Vanuatu. Il y en a eu 4 d'affilée qui se suivaient. Il faut reconnaitre qu'on était en pleine période de typhons. 
Je m'étais également renseigné sur le matos de disponible et le mec avait mon kite préféré, Rebel de North, en plusieurs tailles. Ce qu'il ne m'a pas annoncé, c'est qu'il faudrait les réparer auparavant. La japonaise avait eu le même problème avec ses voiles, a savoir que les valves en plastique utilisées pour gonfler le kite se décollaient avec le soleil qui tapait extrêmement fort ici. Du coup, il fallait toutes les changer et c'est quasi impossible de le faire tout seul. C'est d'ailleurs comme ça que le proprio a fini par avoir raison de la japonaise qui est partie d'elle même, plus de kite opérationnel. On a fait le travail ensemble. Ca ne m'a pas dérangé plus que ça et c'etait intéressant de voir comment s'y prendre pour le faire mais le problème c'est que c'était en plein pendant la bonne session de gros vent et qu'on a mis près de 2h pour faire un kite entier. Arrivé finalement sur la plage, le spot était ultra dangereux au départ et ça soufflait déjà moins. La japonaise m'avait d'ailleurs prévenu. De plus le proprio avait une blessure a la main qui s'était vilainement infectée et il ne pouvait pas la mettre dans l'eau.  Il a tout de même tenu a lancer le kite et m'a envoyé dans l'eau pour que je lui tienne la voile pendant que lui avait la barre et le décollait de la mini plage. Le problème c'est que le vent avait bien faibli et qu'il n'était pas facile de tenir le kite en l'air dans cette partie déventée. Quand je suis enfin parvenu a prendre le kite, j'ai réussi a le tenir 30 secondes en l'air avant qu'il ne retombe. Pas eu assez de temps pour sortir du coin déventé mais suffisamment pour partir a la dérive! Je me suis retrouvé dans la mangrove. On a cherché la board dans celle-ci pendant plus d'une heure et demi mais impossible de mettre la main dessus. Elle avait tout simplement disparu. Il m'a filé une seconde planche et j'ai pu me faire une bonne session de 2h. Le temps était menaçant et alors que j'ai fini de nuit, en mode galère une nouvelle fois car personne pour m'aider a poser le kite et pas de plage pour le faire, par contre plein de palmiers autour! Il a commencé a repleuvoir des trombes d'eau.
Le lendemain matin, je suis parti tot chercher dans la mangrove la planche a marée basse mais toujours pas de trace de celle-ci. En revenant au resort, un local est venu la rapporter. A priori, quelqu'un l'avait sournoisement piqué la veille mais sachant qu'il ne pourrait rien en faire, ils sont venus la rapporter et le proprio leurs a donné un paquet de cigarettes en échange. Ca montrait a quel point il n'était pas apprécié par les locaux! Seconde session en fin de matinée où après m'avoir aidé a lancer ma voile, le proprio est parti en ville. J'ai du naviguer 20' avant que le vent ne faiblisse et encore une fois, personne pour m'aider a poser la voile. J'ai du faire ça a l'arrache et ai encore emmêlé les lignes (ça prend plus de 2h a les démêler ensuite!). Il n'est revenu qu'en fin d'après midi avec 4 autres clients alors que toute l'après midi, il y avait de super conditions mais personne pour me lancer. J'étais furax! J'ai quand même pu me faire une session de quasi 2h jusqu'a la tombée de la nuit et me suis bien fait plaisir.
Ce soir là, un cyclone de force 4 était annoncé sur les Fidjis. Tout le monde avait rangé les bateaux et s'était préparé au pire. Finalement le cyclone est passé a cote des cotes mais n'a pas endommagé les terres. En revanche, il pleuvait tellement fort que la plupart des routes était coupée et Nadi était sous les eaux, complètement inondée.
J'avais prévu de partir le lendemain matin lais le proprio a prétexté que la marée était trop basse pour pouvoir ressortir son bateau et il a réussi a me bloquer une journée de plus chez lui. Le vent était tombé et le spot n'était pas désagréable. De plus, j'avais booké un vol pour rejoindre Savusavu mais vu le temps, je préférais laisser tomber l'idée et ne pas me retrouver au milieu d'un cyclone.
Je suis resté bloqué 2 jours avant de pouvoir enfin filer d'ici. J'ai pris le premier minibus qui passait par là et suis revenu sur Suva rejoindre Tuula et Peter. Un dernier trip m'attendait au Fidji: la descente en rafting des rapids près de Pacific Harbour...



mardi 2 août 2016

TDM6 E09 201603 Fiji Part 5 Rakiraki Section 1: village impacted by Winston


Ayant renoncé a visiter Taveuni, pourtant la Mecque de la plongée fidjienne, car annoncée comme "flat", totalement rasée par le cyclone Winston que ce soit sur la partie hors de l'eau que sous l'eau, je me suis rabattu sur Rakiraki. Il s'agit du seul spot des fidjis où l'on peut pratiquer du kitesurf en louant du matos sur place. Mais auparavant, j'avais prévu de faire un stop dans un village a cote, que m'avait conseillé une des habitantes du village de Kadavu. Son frère y habitait et se proposait de m'héberger. Je n'ai pas tout de suite tilté quand elle m'a annoncé que je pouvais leurs amener une guitare comme cadeau de bienvenu, a la place du kava, son frère étant pasteur  7 days adventists. J'ai trouvé ca exageré et alors que Tuula s'est gentiment proposer de m'amener jusqu'a bon port, on a juste acheter du pain et du lait en poudre. Il a plu tout le trajet des tonnes d'eau. A la moitié du chemin, on a commencé a voir l'impact de Winston sur cette partie des Fidjis. Les palmiers étaient quasiment tous sans branche, que des troncs plantés là. La plupart des maisons était ravagées et pour certaines, il ne restait que la dalle de ciment au sol, tout le reste était parti! Il y avait des tentes unicef ou a drapeau chinois un peu partout alors que le cyclone avait frappé il y a déjà plus d'un mois de cela. Mon contact nous avait donné rendez vous a la jonction de la route principale et du commissariat de police du coin. Le problème, c'est qu'il ne restait plus rien du commissariat, totalement dévasté par l'ouragan. Encore heureux qu'ils nous ont vu passé et nous ont appelé. Il pleuvait encore des cordes quand on est arrivé et les locaux nous ont déconseillés de prendre la voiture. L'endroit n'avait pas l'air super safe et ni Tuula ni moi ne nous sentions a l'aise. Ils nous ont dit qu'il n'y en avait que pour 10' pour rejoindre la maison du pasteur et une demi heure pour le village. On a préféré sans tenir a la maison et alors qu'ils avaient compris que j'allais rester ici passer plusieurs jours, j'ai préféré leurs dire que j'étais un peu pressé et que je n'allais pas rester. L'endroit était vraiment trop désolé. Au bout de 5' de marche et alors qu'on était sous nos parapluies, il pleuvait vraiment trop fort et la route avait l'air convenable. J'ai fait demi tour pour aller chercher la voiture qui ne me paraissait pas trop en sécurité là où on l'avait garée. On a fait a peine quelques centaines de mètres de plus avec la voiture qu'une rivière nous barrait le chemin. Même le 4x4 qui faisait l'aller-retour en guide de bus ne la franchissait pas. J'ai garé la voiture là et on a fini a pied. On s'est mis en maillot de bain pour traverser la rivière et Tuula a du être soutenu par 2 jeunes du village pour traverser tant le courant était fort et alors qu'on avait de l'eau jusqu'a la taille. Le pâtée de maisons où ils habitaient étaient un massacre. Ils avaient assemblé tant bien que mal des tôles de ferraille en guise de murs et ça ressemblait plus a un camp de romanos qu'on peut voir aux abords du periphe parisien qu'a autre chose. On s'est senti désolé pour eux. C'était comme la plus grande des misères qui s'était abattue sur eux d'un seul coup sans prévenir. On a finalement changé d'avis et décidé d'aller voir le village. Il a tout d'abord fallu traverser un énorme pont bétonné qui était a moitié fracassé afin de franchir une rivière qui faisait bien 50 mètres de large. Au milieu de celui-ci, l'eau passait par dessus mais seulement de quelques centimètres et on a pu traverser sans trop de problème. Le village était un peu comme les images qu'on peut avoir des Balkans pendant la guerre. On eut l'impression qu'une armée lui était passée dessus. Les gens nous souriaient et avaient l'air content de voir des visiteurs. Pour ma part, je me sentais de moins en moins a l'aise face a toute cette misère et j'avais du mal a garder mes émotions. Ils nous ont fait rentrer dans une grande pièce d'une des rares maisons encore debout et qui avait l'air de servir de community hall et après les présentations, les jeunes du village ont commencé a jouer de la guitare et a chanter. Rien que du très classique pour les 7 adventists mais j'ai eu une montée de pression énorme alors que les chansons qu'ils jouaient avaient un air super triste. Je n'arrivais pas à contenir mes larmes devant une telle désolation et ai du sortir pour essayer de ne pas être vus par les locaux. Je me sentais debile d'avoir une telle faiblesse alors que c'était eux qui souffraient. En plus, ils avaient tous le sourire et les enfants étaient joyeux. Il faut dire que pour eux, la catastrophe s'était passée il y a près de 2 mois alors que pour moi, c'est comme si l'ouragan était passé la veille. Et je ne m'attendais pas du tout a trouver le village aussi abimé et me suis retrouvé pris complètement au dépourvu. J'en ai voulu a mon contact a Kadavu qui aurait pu me prévenir qu'ils avaient été touchés aussi durement, mais serais-je venu alors? J'étais aussi dégoûté par ma mesquinerie, moi qui n'avais apporté que quelques morceaux de pain et n'avais pas voulu acheter une guitare alors que ces gens n'avaient plus rien. Ce fut dur et j'ai mis un bon moment a m'en remettre. On a finalement fait le tour du village et les locaux nous ont présentés l'église qu'ils aimeraient retaper et notamment la toiture qui avait été complètement emportée. La note se montait a 20.000€ et je leurs ai promis que je les aiderai en les faisant apparaitre sur le blog. Malheureusement, mais ça, ce fut bien plus tard, je perdis la plupart de ces videos par la suite et leur contact avec. 

Alors que je retrouvais peu a peu mes esprits, je me suis senti tout d'un coup un peu emprisonné, comme si j'avais été amené dans un piège. Il est vrai que les locaux étaient tout de même assez insistants sur le fait de leurs faire une donation alors que Tuula leurs avaient déjà donnés une belle somme. Je n'ai pas aimé ce sentiment et ai commencé a prendre du recul et a me méfier. La pluie venait enfin de s'arrêter et Tuula voulait absolument partir car elle ne voulait pas rouler de nuit et il y avait encore du chemin pour rejoindre Rakiraki (alors que mon contact m'avait d'ailleurs dit que le village était juste a coté, il était a près de 3/4 d'heure en voiture). C'est alors que les villageois nous ont dit qu'on risquait de ne pas pouvoir repasser le pont qui devait probablement être inondé. On s'est senti tous les 2 cette fois-ci attrapés et ça confirmait ma première impression. Tuula ne voulait rien savoir et s'en perdre le sourire, elle leurs a dit qu'elle allait tout de même essayer de traverser, on s'est pointé au pont et alors que Tuula allait passer, je l'ai retenue par le bras en lui disant de voir d'abord si les locaux arrivaient a le franchir car le niveau était sacrement monté. Le pont pouvait se désintégrer a n'importe quel moment et en son centre, on ne le voyait même plu tellement il était recouvert par les rapides. Un des jeunes a tenté de traverser mais a dû renoncer, le courant étant trop fort, on avait toutes les chances de se faire emporter. Le chef du village nous a dit de patienter une demi heure car la pluie s'était arrêtée et que ça prenait généralement une demi heure avant de redescendre, on a obtempéré et avons patienté au chaud. Il y avait un autre pasteur de Nadi qui était également venu rendre visite au village et était bloqué comme nous. On s'est repointé près du pont après 3/4 d'heure et l'eau avait encore monté de plus belle. On était bloqué. 
Alors que les locaux commençaient a nous proposer de nous loger, Tuula n'a rien voulu savoir et s'est mise en tête de traverser a la nage! Je ne la prenais pas vraiment au sérieux jusqu'a que je la vois débarquée en maillot avec un local qui tenait une bouée dans la main. Elle avait vraiment l'intention de le faire...
Pour cela, il a fallu remonter a pied sur plusieurs centaines de mètres le long de la rivière a contre courant avant de tenter de traverser dans une diagonale suffisamment courte pour que l'on puisse atteindre l'autre cote avant d'arriver au pont qui paraissait comme une chute d'eau que vous n'aviez pas envie de traverser même en mode canyonning. Le pasteur s'était lui aussi laissé séduire par l'idée de traverser a la nage alors que lui ne savait même pas nager! Les locaux ont amené des grandes boites de crackers en plastique pour mettre nos affaires au sec. Le courant me paraissait quand même extrêmement fort et je trouvais ça assez risqué. Sous l'insistance de Tuula, un des jeunes est parti avec elle entourée d'une bouée et ont pris les devants. Je ne me sentais pas de la laisser partir de la sorte et après quelques secondes, je lui ai emboitée le pas mais en refusant la bouée malgré la forte insistance des locaux. Je me sentais plus a l'aise sans rien et j'ai eu raison. La traversée s'est avérée physique mais faisable. Même le pasteur a réussi a passer avec l'aide de 2 locaux!
En fait, Tuula avait aussi peur pour sa voiture que j'avais garé un peu près de la 1ere rivière. Non seulement elle ne sentait pas le fait d'y avoir laissé tous nos papiers et affaires de valeur dedans toute la nuit mais en plus, elle pensait qu'elle avait peut être été emportée par les flots. Quand on s'est pointé a la rivière, la voiture était heureusement encore là mais la rivière avait fortement grossi et paraissait aussi dangereuse que la précédente a traverser. Mais de toute façon, on n'allait pas rester planter là bloqués entre 2 flots et on a fini par traverser et s'extirper de ce piège dans lequel on s'était embarqué. Tuula était morte de rire d'avoir traversé de telles aventures et toujours de bon'e humeur: un sacré bout de femme! 
J'ai eu un sentiment mitigé de cette expérience, d'un coté j'avais envi de tout leurs donner afin de pouvoir les aider au mieux et je ne me voyais pas ne rien faire. D'un autre, ça ressemblait tellement a un traquenard que je ne savais plus trop quoi penser. Et dans ces cas là, et comme malheureusement ça doit arriver a chaque fois, je n'ai rien fait et ai juste mis cette histoire sous le tapis, comme une nouvelle anecdote a raconter autour d'un feu ou d'une soirée mondaine. Triste a écrire mais c'est pourtant la réalité si on veut être lucide une seconde...



Tuula m'a déposé au quai près de Rakiraki d'où le bateau du proprio du kitecenter m'attendait alors qu'il s'était remis a pleuvoir des trombes. Il y avait des bateaux retournés de partout. Il y en avait même, et pas des petits, au bord de la route, a se demander comment ils avaient pu atterrir là alors que l'eau était a plusieurs centaines de mètres de là...