Apres près d'une semaine passée a Kingston, on monta une petite équipe pour aller gravir le Blue Mountain Peak, le plus haut sommet de Jamaique. Outre Alex (le danois) et Keyva, un couple d'amis de Keyva se joignit a nous, Peter un rasta local et sa copine allemande. Il y avait bien 3h d'approche en voiture a travers la dense jungle jamaïcaine. A un moment, on a du laisser là la voiture et finir a pied tellement la route était raide et en mauvais état. On nous a bien proposé de nous y emmener en 4x4 mais vu le prix de touristes qu'ils nous ont annoncé (environ 50$ pour 4 miles), on a préféré les faire a pied. J'avais aperçu un raccourci qui évitait un lacet bien qu'un peu pentu. On s'y engagea tous sauf Keyva mais il se révéla plus difficile pour certains comme Peter a qui j'avais du prêter mes snikers, lui pensant qu'il allait faire l'ascension en sandale ou pieds nus! Au débouché du raccourci, on avait déjà perdu Keyva, introuvable. On mis bien 2h avec un finish a la frontale, a rejoindre la guesthouse qu'on nous avait conseillée, tenue par des rastas. Quand on est arrivé, le proprio Jay B était juste stone et impossible de le comprendre. Encore heureux que ses fils sont arrivés pour nous arranger une accommodation. On était en plein milieu des plantations de café et la nuit fut fraiche. Mais l'on pouvait déjà distinguer la mer du haut de ces hauteurs. Au final, hormis Alex et moi, tous les autres prefererent abandonner le lendemain matin et rebrousser chemin pour repartir sur Kingston.
La première moitié de la montée se passa tranquillement sur un chemin assez bien dégagé bien que sous un bon soleil de plomb. Vu que j'étais le seul a avoir un gros backpack, je me tapais près de 20kg sur le dos (ie:le matos pour 2!). La 2eme partie en revanche était beaucoup plus raide et on utilisa de nombreux shortcuts pour couper les interminables lacets. On mit 4,5h pour atteindre le pic où nous étions bien sur tout seul: le paradis!
On était arrivé une bonne heure avant le coucher de soleil, ce qui nous laissa suffisamment de temps avant la tombée de la nuit pour monter notre campement et surtout collecter du bois en se servant allègrement des restes de la toiture d'une maison abandonnée qui avait probablement fait office de refuge dans une autre vie. La nuit venue, on aperçut dans une vallée dans le fond du décor, quelques lumières s'allumer, puis de plus en plus jusqu'a qu'on comprenne qu'il s'agisse en fait de Kingston! le ciel étoilé fut splendide et grace au feu de bois, on put rester l'admirer près de 2 heures avant d'aller se coucher. On nous avait prévenu d'une pluie de météorites cette nuit là mais vu qu'on n'avait pas l'heure précise de passage, on ne spotta rien du tout si ce n'est une ou 2 étoiles filantes...
Le lendemain matin, le sommet était pris dans un brouillard épais mais fuyant. On réussit a voir le lever de soleil au dessus de la mer de nuages lors de brefs éclaircis. L'ambiance était particulièrement mystique et on se serait cru parfois aux portes du Paradis...
La descente se passa "presque" sans encombre jusqu'a ce que je dise a Alex lorsqu'il entreprit de prendre un raccourci, que j'allais prendre la route normale et qu'on s'attendrait a la prochaine jonction pour voir le nombre de temps que l'on économisait en passant par les bush. En réalité, Alex n'avait pas emprunté un raccourci mais un autre chemin qui devait mener complètement ailleurs. Je m'en suis aperçu au bout de 10 bonnes minutes quand je voyais que le chemin principal ne rebiquait pas en dessous du raccourci. Du coup, je me suis dit que j'allais l'attendre a mi chemin au Portland Gap. Malheureusement, je fis de nouveau une erreur en empruntant moi-même un autre raccourci que j'étais persuadé avoir pris lors de la montée également. Apres 15' de descente assez raide, je me rendis compte que j'allais sur un autre versant de la montagne et fis demi tour. Je mis bien 25' a revenir sur mes pas avant de retrouver le chemin principal. Je continuais a descendre mais en mode un peu panique vis a vis d'Alex. Que devrais-je faire si je ne le trouvais pas au Portland Gap...l'attendre pendant des heures? Revenir sur mes pas et prendre le raccourci qu'il avait emprunté afin de vérifier s'il ne s'était pas tordu le coup le long de la falaise? Ou partir jusqu'a Kingston et espérer qu'il y soit également? Je mis une bonne heure a atteindre Portland Gap et j'y retrouvais Alex qui m'y attendait: quel soulagement! Ce dernier avait rebroussé chemin après s'être aperçu qu'il avait pris un mauvais raccourci et avait sans doute du me passer lorsque j'avais emprunté le mien! Quelle histoire...
En tout cas, 2 morales a cette mesaventures:
- ne jamais se separer quand on est que 2 dans la montagne!
- ne pas prendre de shortcuts hasardeux a la descente! A la montée, ça ne pose pas de problème car on voit a peu près où est le sommet et on peut se repérer. Par contre, a la descente, il peut y avoir des multitudes de chemins allant un peu partout.
Revenus près des plantations de café, on eu la chance de retrouver une vieille cliente rasta anglaise que l'on avait rencontrée au Reggae Hostel de Kingston. Cette dernière avait booké un 4x4 pour redescendre directement jusqu'a Kingston: la bonne samaritaine! Je pense que sans elle, on ne serait probablement pas revenu avant la tombée de la nuit.
Du coup, on essaya d'aller a un concert de reggae sur les hauteurs de Kingston, du groupe Chronixx. Mais malheureusement, arrivés a l'entrée, les tickets étaient sold out.
De mon cote, je m'envolais déjà le lendemain matin super tôt et quittais la Jamaique après 3 semaines géniales passées ici. Vraiment un beau pays plein de diversités, de contrastes et un rythme de vies et des gens qu'on ne côtoie nulle part ailleurs.
J'avais prévu de faire ensuite la Basse Californie mexicaine mais les connexions aériennes a partir de la Jamaique étant extrêmement limitées, je décidais finalement de changer de plans et me faire une halte a Puerto Rico, le berceau du Reggaeton et du Meringue...