Rechercher dans ce blog

mardi 19 mai 2015

201504 Tdm 5 E06 Tibet Part 1: Everest expedition Section 2: the Base Camp


Je suis arrivé a Katmandu après 16h de bus de Bardia vers 6h du mat mais le chauffeur n'a pas pu me laisser au centre ville a Thamel a cause de la grève. Il me restait 20km a parcourir et aucun taxi ne voulait m'amener au centre de peur d'avoir sa voiture caillassée par les manifestants. Du coup, je me retrouvais coincé là mais par chance, j'ai engagé la conversation avec un motard qui passait par là et qui se trouvait être un medecin. Il m'a donné un ride jusqu'a Thamel et m'a déposé a mon hotel, le tout gratuit, vraiment sympa! 

J'ai fait la connaissance de Jamie, l'expédition leader. C'est avec lui que j'étais en contact ces derniers mois et c'est lui qui m'a convaincu de partir avec son agence. Il s'agit d'un neo-zélandais de 48ans qui était climbing sherpa ici sur l'Everest qu'il a parcouru 5 fois avant de monter sa propre agence. J'ai aussi rencontré un autre des clients qui partait avec moi sur l'Everest, Felix, un pilote de ligne de 44ans qui s'est découvert une passion pour la haute montagne voilà 2 ans. Il a à son actif quelques sommets en Chine dont une pointe a 7500m. Il fait également du rock climbing.



On est parti faire du shopping pendant 3 jours et c'est surtout moi qui en avais le plus besoin:

- Les mountains boots que j'avais achetées avant de partir aux annapurna ne convenaient pas a Jaimie qui les trouvait pas assez imperméable au niveau de l'Inner boot. Il faut dire que je les avais dégotées a 300$ neuve (alors qu'il y a souvent des "secondes mains" sur ce genre de matos) et que la marque italienne de ces chaussures étaient inconnue au bataillon. Le vendeur, qui connaissait Jaimie, a bien voulu les reprendre et je lui ai acheté des La Sportiva neuve pour 600$. Il n'y a finalement que 2 marques qui ont vraiment le monopole sur les chaussures au delà de 8000m: la Sportiva et Millet. Le vendeur me dit qu'il me les reprendrait a 300$ au retour si je ne les avais pas défoncées.

- les chaussures de rando: les miennes, des Bastard, une marque espagnol, que j'avais achetée en Ukraine il y a 3 ans, avec quasi rendu l'âme après le tour des Annapurnas. Semelle lisse et plus du tout waterproof. Je les ai mis au rebut et ai pris des North Face pour 180$.
- la down suit, sorte de combinaison énorme faisant office de duvet humain ou de Bibendum. North Face a le quasi monopole sur ces combi qui coutent 1000$ pièce. J'en avais trouvé une a 200$ juste avant de partir aux annapurnas mais l'expert que j'avais rencontré a ABC, rien qu'en voyant une photo, a reconnu que c'était une fausse. Jamie a vu la combi et a dit que cela devrait le faire quand même.
- la down jacket, comme la down suit mais juste le haut. Il y en avait entre 600$ et 1000$ pour un vêtement que je n'utiliserai jamais par la suite. Jamie m'a trouvé un endroit où ils les louaient pour 0,70$/jour soit 40$ pour 2 mois. La qualité n'était pas aussi bonne que les autres mais ça devrait suffire pour le Base Camp au moins. Je faisais également l'impasse sur le down paint
- les gants: une vraie galère. Il fallait des mitaines pour le summit day ultra chaudes a 100$ plus des sous gants au cas où j'ai besoin de faire des réglages précis qui nécessitent que j'enlève mes mitaines et que je ne perde pas le bout de mes doigts avec le froid. Egalement des gants avec une doublure en cuir a l'intérieur afin de ne pas me bruler lors des rappels d'escalade quand je voulais freiner sec. Et 2 autres paires de gants standards pour tous les jours.
- les sleeping bags: il en fallait au moins 2, un de -20° et un de -40°. J'en avais acheté un a -20° a Pokhara pour le trek des annapurna mais j'appris par la suite que c'était un faux et qu'il donnait a peine du -3° en confort! Et effectivement quand j'ai vu les vrais -20° et -40° a Katmandu, j'ai compris la différence, tant en terme de prix (de 400 a 1000$) quand terme de taille de sac: juste énorme! Heureusement, Jamie m'a dit qu'il en avait de rechange et qu'il pouvait m'en prêter.
- les chaussettes: j'ai du en acheter une ribambelle dont une paire spéciale pour le summit day a près de 50$/ la paire!
- le sac a dos ou backpack: le mien, un queshua de 70L commençait a rendre l'âme. Les fermetures etaient toutes défoncées et la sangle abdominale, la partie la plus importante, était endommagée. Et dire que je l'avais changé après mon voyage en Afrique l'année passée et qu'ils sont censés être garantis 10 ans par Decathlon. Jamie en avait un de rechange spécial expedition Osprey 85L qu'il me ceda pour 180$
- le matériel d'escalade: il fallait un baudrier, des mousquetons, des longes, des freins pour le rappel et un juma pour sécuriser la montée, un piolet, des bâtons de marche et bien sur je n'avais rien de tout ça. Encore une fois, Jamie avait tout en double et me prêtait tout ça gracieusement. 
- des bouteilles Nalgene d'1/2L: indispensable. Ce sont les seules bouteilles du marché qui peuvent servir de bouillotte car elles laissent passer le chaud mais qui ne gèlent pas non plus. Pas évident a trouver des vrais a Katmandu et les fausses coulent a partir de certaines altitudes...pas cool dans le sleeping bag. On en met généralement une de chaque cote de la down suit pour nous tenir au chaud lors de l'ascension finale.



Je fis la rencontre de notre 3eme larron, Satoshi, un japonais de 48ans, sourd et muet, et qui ne pouvait pas lire l'anglais sur les lèvres. Il avait fait part d'une expédition sur l'Everest l'année précédente mais n'avait pas pu atteindre le sommet a cause du mauvais temps. Il avait également participé a un Paris Dakar a moto il y a quelques années et avait atteint un autre 8000, le Cho Oyu. 

Le temps se faisait long. On avait donné nos passeports afin d'obtenir les visas chinois et tibetains. Jamie m'avait emmené voir le specialiste des masques et des bouteilles a oxygène,Ted, un anglais un peu barjo mais très sympa qui partait d'ailleurs aussi sur une expédition face nord de l'Everest avec une équipe de la British Army. Juste en face de son bureau, en plein Thamel et a 2 pas de mon hotel, il y avait un mur d'escalade. Je ne me suis pas fait prier pour occuper mes 3 dernières journées ici et c'est comme ça que je suis rentré en contact avec la communauté des expats de Katmandu qui pratiquait l'escalade. On s'est fait une petite soirée du cote de Patan avant que je ne parte le lendemain en jeep avec mon équipe direction la frontière tibétaine.

On est passé devant le saut a l'élastique du Nepal sur un pont tibétain a 160m de haut mais pour une fois, je ne me suis pas arrêté pour l'essayer!
On est arrivé a la frontière alors qu'il pleuvait des trombes d'eau. La partie népalaise ne fut qu'une simple formalité. En revanche, cote chinois, plus compliqué. Il y avait un nombre invraisemblable de népalais qui passait la frontière et qui avait la plupart du temps comme passeport qu'un simple bout de papier avec une photo dessus. Les gardes frontaliers avaient l'air d'avoir l'habitude et selon la coiffure ou la forme de leur interlocuteur, ils faisaient un signe de tête pour dire oui ou non. Si c'était non, le népalais recalé réessayait a la file d'a cote! 
On a passé une nuit a la première ville tibétaine après la frontière qui s'élevait tout en hauteur le long du flan de falaise sur laquelle elle avait été construite. On ne devait pas rejoindre trop vite le Camp de Base car on devait acclimater nos corps a l'altitude. On a passé 2 nuits a xxx, un trou a rat situé a xxxm. Il a neigé fort pendant quasi les 2 jours dont rien de palpitant a faire si ce n'est a constaté que les magasins d'enseignes chinoises se multipliaient de plus en plus. Jaimie essayait de les boycotter et d'aller toujours chez un tibétain pur souche plutôt qu'un colon chinois.
On a traversé de magnifiques contrées et même passé un col a plus de 5000m en voiture. La venue des chinois a tout de même de nombreux cotés positifs comme la route qui était très bien entretenue et neuve en de nombreuses portions. Rien a voir avec celle cote népalais toute défoncée. Les chinois ont essayé d'amener de la modernité aux tibétains qui etaient complètement reclus sur eux-mêmes pendant des siècles. Et c'est vrai que parfois, ça sonnait faux: on a traversé pas mal de villages typique tibétain avec les bouses de yaks alignées en haut des murs telle de la deco, plutôt typique...et a cote de ça, des lampadaires hi-tech au panneau solaire le long de la seule rue avec un square contenant des appareils de gym outdoor...et bien sur des antennes de téléphone portable a chaque village. Comme si la modernité allait plus vite que les habitants. Surtout qu'il faut voir les tibétains, vraiment un peuple a part. Rien que dans leur tenue vestimentaire, on se croirait dans le show de Ben Hill. et ils ont pour la plupart les traits de visage bien marqués par la haute altitude, même les touts petits voir les bébés ont déjà des traits marqués!
On a passé 2 jours a Tingri a 4400m pour de nouveau s'acclimater et on a été témoin d'un phénomène très étrange dans le ciel. Il y avait comme un énorme arc de cercle gris autour du soleil et la couleur du ciel a l'intérieur de ce cercle était plus foncée qu'a l'extérieur. Vraiment un phenomene étrange. Jaimie nous a dit qu'il s'agissait d'un effet de prisme de certains nuages qui étaient tellement froid qu'ils contenait des cristaux de glace qui déviaient la lumière du soleil. Je n'ai pas été vraiment convaincu par ses explications vu qu'on a pu constater a un moment un cercle alors qu'il n'y avait aucun nuage autour du soleil...



On s'est fait une petite sortie d'échauffement en allant sur le sommet d'une montagne aux alentours des 4900m. Sur l'un des sommets, il y avait plein de vêtements de toutes tailles dont certains de bebe. Jaimie nous expliqua que l'endroit été utilisé comme "cimetière" par les gens de Tingri. Ils laissaient le cadavre là nu et quelques vêtements a cote. Les oiseaux s'occupaient du nettoyage. Ca m'a fait froid dans le dos.

On partageait notre hotel avec pas mal d'autres expéditions et je n'ai pas été agréablement surpris par l'ambiance qui régnait entre les alpinistes. On se regardait beaucoup dans le blanc des yeux et il n'y avait pas d'échanges cordiaux ou bienveillants, comme si on était a l'aube d'une compétition importante a leurs yeux.

Le lendemain, on quittait enfin la route principale pour suivre le panneau qui allait nous amener au camp de base de l'Everest cote tibétain donc situé a 5100m d'altitude.

lien vers la vidéo Everest Base Camp


dimanche 17 mai 2015

201504 Tdm 5 E06 Tibet Part 1 Everest expedition Section 1: Preparation a Katmandu & jeep jusquau Camp de Base


Je suis arrivé a Katmandu après 16h de bus de Bardia vers 6h du mat mais le chauffeur n'a pas pu me laisser au centre ville a Thamel a cause de la grève. Il me restait 20km a parcourir et aucun taxi ne voulait m'amener au centre de peur d'avoir sa voiture caillassée par les manifestants. Du coup, je me retrouvais coincé là mais par chance, j'ai engagé la conversation avec un motard qui passait par là et qui se trouvait être un medecin. Il m'a donné un ride jusqu'a Thamel et m'a déposé a mon hotel, le tout gratuit, vraiment sympa! 

J'ai fait la connaissance de Jamie, l'expédition leader. C'est avec lui que j'étais en contact ces derniers mois et c'est lui qui m'a convaincu de partir avec son agence. Il s'agit d'un neo-zélandais de 48ans qui était climbing sherpa ici sur l'Everest qu'il a parcouru 5 fois avant de monter sa propre agence. J'ai aussi rencontré un autre des clients qui partait avec moi sur l'Everest, Felix, un pilote de ligne de 44ans qui s'est découvert une passion pour la haute montagne voilà 2 ans. Il a à son actif quelques sommets en Chine dont une pointe a 7500m. Il fait également du rock climbing.



On est parti faire du shopping pendant 3 jours et c'est surtout moi qui en avais le plus besoin:
- Les mountains boots que j'avais achetées avant de partir aux annapurna ne convenaient pas a Jaimie qui les trouvait pas assez imperméable au niveau de l'Inner boot. Il faut dire que je les avais dégotées a 300$ neuve (alors qu'il y a souvent des "secondes mains" sur ce genre de matos) et que la marque italienne de ces chaussures étaient inconnue au bataillon. Le vendeur, qui connaissait Jaimie, a bien voulu les reprendre et je lui ai acheté des La Sportiva neuve pour 600$. Il n'y a finalement que 2 marques qui ont vraiment le monopole sur les chaussures au delà de 8000m: la Sportiva et Millet. Le vendeur me dit qu'il me les reprendrait a 300$ au retour si je ne les avais pas défoncées.
- les chaussures de rando: les miennes, des Bastard, une marque espagnol, que j'avais achetée en Ukraine il y a 3 ans, avec quasi rendu l'âme après le tour des Annapurnas. Semelle lisse et plus du tout waterproof. Je les ai mis au rebut et ai pris des North Face pour 180$.
- la down suit, sorte de combinaison énorme faisant office de duvet humain ou de Bibendum. North Face a le quasi monopole sur ces combi qui coutent 1000$ pièce. J'en avais trouvé une a 200$ juste avant de partir aux annapurnas mais l'expert que j'avais rencontré a ABC, rien qu'en voyant une photo, a reconnu que c'était une fausse. Jamie a vu la combi et a dit que cela devrait le faire quand même.
- la down jacket, comme la down suit mais juste le haut. Il y en avait entre 600$ et 1000$ pour un vêtement que je n'utiliserai jamais par la suite. Jamie m'a trouvé un endroit où ils les louaient pour 0,70$/jour soit 40$ pour 2 mois. La qualité n'était pas aussi bonne que les autres mais ça devrait suffire pour le Base Camp au moins. Je faisais également l'impasse sur le down paint
- les gants: une vraie galère. Il fallait des mitaines pour le summit day ultra chaudes a 100$ plus des sous gants au cas où j'ai besoin de faire des réglages précis qui nécessitent que j'enlève mes mitaines et que je ne perde pas le bout de mes doigts avec le froid. Egalement des gants avec une doublure en cuir a l'intérieur afin de ne pas me bruler lors des rappels d'escalade quand je voulais freiner sec. Et 2 autres paires de gants standards pour tous les jours.
- les sleeping bags: il en fallait au moins 2, un de -20° et un de -40°. J'en avais acheté un a -20° a Pokhara pour le trek des annapurna mais j'appris par la suite que c'était un faux et qu'il donnait a peine du -3° en confort! Et effectivement quand j'ai vu les vrais -20° et -40° a Katmandu, j'ai compris la différence, tant en terme de prix (de 400 a 1000$) quand terme de taille de sac: juste énorme! Heureusement, Jamie m'a dit qu'il en avait de rechange et qu'il pouvait m'en prêter.
- les chaussettes: j'ai du en acheter une ribambelle dont une paire spéciale pour le summit day a près de 50$/ la paire!
- le sac a dos ou backpack: le mien, un queshua de 70L commençait a rendre l'âme. Les fermetures etaient toutes défoncées et la sangle abdominale, la partie la plus importante, était endommagée. Et dire que je l'avais changé après mon voyage en Afrique l'année passée et qu'ils sont censés être garantis 10 ans par Decathlon. Jamie en avait un de rechange spécial expedition Osprey 85L qu'il me ceda pour 180$
- le matériel d'escalade: il fallait un baudrier, des mousquetons, des longes, des freins pour le rappel et un juma pour sécuriser la montée, un piolet, des bâtons de marche et bien sur je n'avais rien de tout ça. Encore une fois, Jamie avait tout en double et me prêtait tout ça gracieusement. 
- des bouteilles Nalgene d'1/2L: indispensable. Ce sont les seules bouteilles du marché qui peuvent servir de bouillotte car elles laissent passer le chaud mais qui ne gèlent pas non plus. Pas évident a trouver des vrais a Katmandu et les fausses coulent a partir de certaines altitudes...pas cool dans le sleeping bag. On en met généralement une de chaque cote de la down suit pour nous tenir au chaud lors de l'ascension finale.



Je fis la rencontre de notre 3eme larron, Satoshi, un japonais de 48ans, sourd et muet, et qui ne pouvait pas lire l'anglais sur les lèvres. Il avait fait part d'une expédition sur l'Everest l'année précédente mais n'avait pas pu atteindre le sommet a cause du mauvais temps. Il avait également participé a un Paris Dakar a moto il y a quelques années et avait atteint un autre 8000, le Cho Oyu. 
Le temps se faisait long. On avait donné nos passeports afin d'obtenir les visas chinois et tibetains. Jamie m'avait emmené voir le specialiste des masques et des bouteilles a oxygène,Ted, un anglais un peu barjo mais très sympa qui partait d'ailleurs aussi sur une expédition face nord de l'Everest avec une équipe de la British Army. Juste en face de son bureau, en plein Thamel et a 2 pas de mon hotel, il y avait un mur d'escalade. Je ne me suis pas fait prier pour occuper mes 3 dernières journées ici et c'est comme ça que je suis rentré en contact avec la communauté des expats de Katmandu qui pratiquait l'escalade. On s'est fait une petite soirée du cote de Patan avant que je ne parte le lendemain en jeep avec mon équipe direction la frontière tibétaine.
On est passé devant le saut a l'élastique du Nepal sur un pont tibétain a 160m de haut mais pour une fois, je ne me suis pas arrêté pour l'essayer!
On est arrivé a la frontière alors qu'il pleuvait des trombes d'eau. La partie népalaise ne fut qu'une simple formalité. En revanche, cote chinois, plus compliqué. Il y avait un nombre invraisemblable de népalais qui passait la frontière et qui avait la plupart du temps comme passeport qu'un simple bout de papier avec une photo dessus. Les gardes frontaliers avaient l'air d'avoir l'habitude et selon la coiffure ou la forme de leur interlocuteur, ils faisaient un signe de tête pour dire oui ou non. Si c'était non, le népalais recalé réessayait a la file d'a cote! 
On a passé une nuit a la première ville tibétaine après la frontière qui s'élevait tout en hauteur le long du flan de falaise sur laquelle elle avait été construite. On ne devait pas rejoindre trop vite le Camp de Base car on devait acclimater nos corps a l'altitude. On a passé 2 nuits a xxx, un trou a rat situé a xxxm. Il a neigé fort pendant quasi les 2 jours dont rien de palpitant a faire si ce n'est a constaté que les magasins d'enseignes chinoises se multipliaient de plus en plus. Jaimie essayait de les boycotter et d'aller toujours chez un tibétain pur souche plutôt qu'un colon chinois.
On a traversé de magnifiques contrées et même passé un col a plus de 5000m en voiture. La venue des chinois a tout de même de nombreux cotés positifs comme la route qui était très bien entretenue et neuve en de nombreuses portions. Rien a voir avec celle cote népalais toute défoncée. Les chinois ont essayé d'amener de la modernité aux tibétains qui etaient complètement reclus sur eux-mêmes pendant des siècles. Et c'est vrai que parfois, ça sonnait faux: on a traversé pas mal de villages typique tibétain avec les bouses de yaks alignées en haut des murs telle de la deco, plutôt typique...et a cote de ça, des lampadaires hi-tech au panneau solaire le long de la seule rue avec un square contenant des appareils de gym outdoor...et bien sur des antennes de téléphone portable a chaque village. Comme si la modernité allait plus vite que les habitants. Surtout qu'il faut voir les tibétains, vraiment un peuple a part. Rien que dans leur tenue vestimentaire, on se croirait dans le show de Ben Hill. et ils ont pour la plupart les traits de visage bien marqués par la haute altitude, même les touts petits voir les bébés ont déjà des traits marqués!
On a passé 2 jours a Tingri a 4400m pour de nouveau s'acclimater et on a été témoin d'un phénomène très étrange dans le ciel. Il y avait comme un énorme arc de cercle gris autour du soleil et la couleur du ciel a l'intérieur de ce cercle était plus foncée qu'a l'extérieur. Vraiment un phenomene étrange. Jaimie nous a dit qu'il s'agissait d'un effet de prisme de certains nuages qui étaient tellement froid qu'ils contenait des cristaux de glace qui déviaient la lumière du soleil. Je n'ai pas été vraiment convaincu par ses explications vu qu'on a pu constater a un moment un cercle alors qu'il n'y avait aucun nuage autour du soleil...



On s'est fait une petite sortie d'échauffement en allant sur le sommet d'une montagne aux alentours des 4900m. Sur l'un des sommets, il y avait plein de vêtements de toutes tailles dont certains de bebe. Jaimie nous expliqua que l'endroit été utilisé comme "cimetière" par les gens de Tingri. Ils laissaient le cadavre là nu et quelques vêtements a cote. Les oiseaux s'occupaient du nettoyage. Ca m'a fait froid dans le dos.
On partageait notre hotel avec pas mal d'autres expéditions et je n'ai pas été agréablement surpris par l'ambiance qui régnait entre les alpinistes. On se regardait beaucoup dans le blanc des yeux et il n'y avait pas d'échanges cordiaux ou bienveillants, comme si on était a l'aube d'une compétition importante a leurs yeux.
Le lendemain, on quittait enfin la route principale pour suivre le panneau qui allait nous amener au camp de base de l'Everest cote tibétain donc situé a 5100m d'altitude.

samedi 16 mai 2015

201504 Tdm 5 E05 Nepal Part 5 le parc de Bardia


On m'avait conseillé d'aller faire un tour dans ce parc de Bardia, bien que beaucoup plus éloigné que son concurrent le parc de Chitwan, que j'avais par ailleurs déjà visité lors de ma première vue au Nepal en 2010. Par beaucoup plus éloigné, j'entends 16h de bus local a partir de Katmandu ou de Pokhara, quasi a la frontière avec l'Inde. Je me suis pointé a l gare routière et on m'a fait monter dans un bus où il y avait encore plein de places disponibles alors que le chauffeur s'apprêtait a partir. J'ai pris mes aises mais on m'a dit que toutes ces places étaient déjà réservées et que j'avais celle du fond sur la banquette a nombre variable! Les routes étaient tellement défoncées qu'a chaque bosse ou trou, je faisais un énorme bond et risquais de me cogner la tête au plafond. Il y avait un seul autre européen dans le bus avec moi qui allait en Inde, sinon que des locaux pas très loquaces en anglais. 

J'etais le seul a m'arrêter a cette destination et le chauffeur me laissa sur le bord de la route a 3h du mat devant l'entrée du parc: youpi! Il y avait tout de même un mec qui faisait la nuit devant la porte et qui me proposa de m'amener a moto a une guesthouse. Damien, mon compère aux annapurnas, était venu ici quelques semaines auparavant et m'avait conseillé une auberge tenue par un français, un certain Gautier. Je dus négocier pendant près de 3/4h pour que le motard accepte de m'y emmener et moyennement le double du prix qu'il m'avait annoncé au départ. Il faut dire que l'auberge était situé a près de 35km de l'entrée et qu'il fallut emprunter des chemins bien hasardeux, parfois dans la foret, parfois traversant le cours d'une rivière. On avait appelé Gautier qui m'attendait avec un bon café mais qui m'annonça qu'il était complet. Il faut dire que sa guesthouse n'avait pour le moment que 2 bungalows de disponible a la clientèle, son activité venant de démarrer il y a tout juste 1,5ans. Il me conseilla une autre guesthouse tenu par une famille indienne et m'y déposa en jeep. 
Je ne perdis pas de temps et partis tout juste le matin avec un guide local a la chasse au tigre, ma principale raison de ma venue ici a Bardia. Quand je dis chasse, j'entends "spot" bien sur. Le problème avec les tigres, c'est que ce sont des animaux territoriaux et solitaires, ce qui veut dire que chaque tigre va se déplacer dans une zone d'un rayon de 40km environ et qu'ils ne font pas "trop" empiéter sur la zone des autres. Ce qui veut dire que même en étant a la frontière entre plusieurs zones, les chances de spotter un tigre étaient minces. Ils parlaient d'une chance sur 5. Sauf qu'après avoir passé près de 11h avec le guide, a faire la planque pendant plus de 2h parfois au même endroit (ça ne me dérangeait pas plus que ça car j'avais des heures de sommeil a rattraper!), je ne me voyais pas faire ça pendant 5 jours d'affilée, surtout qu'il fallait repayer les droits d'entrée du parc à chaque fois et qu'ils n'étaient pas donnés. J'ai quand même eu le droit a un rhinocéros de près, de très près même vu qu'il était en captivité!
Je suis parti diner chez Gautier qui m'a fait un excellent poulet au miel, et qui m'a conseillé pour le lendemain de faire un tour a velo pour aller a la rencontre des locaux qui ont une vie tout a fait fascinante. Et effectivement, ça a commencé très fort par une cérémonie de crémation au bord de la rivière où 2 corps étaient brulés, un bûcher chacun au bord de l'eau. Les habitants de la région sont pour la plupart des paysans et vivent presque comme au moyen âge. Le forgeron est extrêmement respecté et utile car c'est lui qui répare les lames des faux et couteaux qui font servir ensuite dans les champs. J'ai eu de tres bons moments a me balader ainsi a velo a travers les villages. Les gens m'accueillaient a bras ouverts et on pouvait voir qu'ils n'avaient pas (encore) l'habitude de voir un blanc se balader si près de chez eux. 
Finalement une très belle expérience que cet endroit. Ca m'a rappelé un peu la Birmanie où je m'étais baladé a velo près du lac Inlé.
J'avais prévu de rester quelques jours de plus ici mais malheureusement une grève nationale s'annonçait le lendemain sur 3 jours consécutifs, ce qui avait pour conséquence de ne plus avoir de transport du tout alors que je devais être a Katmandu dans 3 jours pour remettre mon passeport a l'agence afin qu'on m'y appose mes visas chinois et tibétain. Je pris donc le bus de 16h et arriva a Katmandu le lendemain a 6h du mat...en pleine grève générale!

lien vers la vidéo Bardia park


201504 Tdm 5 E05 Nepal Part 4 Sur les hauteurs de Pokhara


Revenu de l'Annapurna Sanctuary de nuit a Pokhara, j'ai réussi a retrouver Alex qui cicatrisait ses plaies. On était censé aller a une fête juive avec le groupe qu'on avait rencontré aux annapurnas mais je suis arrivé trop tard. On s'est contenté d'un gros diner ce qui nous a changé de la nourriture un peu répétitive dans les tea houses. Le lendemain, on a pris le petit dej sur une belle terrasse qui "surplombait" le lac. Je mets entre " " car les maisons les plus proches du lac sont a près de 100m de celui-ci! Et cela nous a donné envie d'aller visiter les 2 principaux sommets des collines qui bordent le lac. La première est en fait le principal point de lancement des parapentes, une des activités phares de Pokhara, et on le comprend quand on voit la vue d'ici: le lac et la ville de Pokhara d'un cote, la chaine de montagnes des annapurnas de l'autre! Une activité que j'aimerai bien approfondir en solitaire (ie: sans sauter en tandem) et que je me note sur ma to do list, peut être un stage a mon retour en France.

Le second sommet se trouve juste en face du premier, le lac entre les 2. Il y a une pagode flambant neuve et énormément de touristes mais la vue est également sympa avec le centre ville de Pokhora en bord de lac, le quartier hippie au nord que je n'aurais pas le temps de visiter, et les montagnes, toujours les montagnes aux sommets enneigés qui fait de cette vue une très belle carte postale. 
Pas le temps car j'avais déjà un bus qui m'attendait pour rejoindre le parc de Bardia tout a l'ouest du pays, afin d'aller a la rencontre des tigres de la réserve, un des rares animal que je n'ai pas eu l'occasion de voir en liberté.

lien vers la vidéo Pokhara


201504 Tdm 5 E05 Nepal Part 3 Annapurna Sanctuary


De Ghorepani, il m'a fallu une bonne et longue journée a travers de magnifiques forets de rhododendrons rose pour rejoindre le village de Chomrong situé sur une autre vallée. La démarcation des 2 territoires se faisait par le village de Tadapani situé a mi chemin. J'avais jusque là réussi a passer entre les gouttes des brèves mais fortes averses qui pointaient parfois le bout de leur nez sans prévenir mais a a peine 1/2h de Chomrong, j'ai eu le droit a un déluge et impossible de s'abriter quelques parts...même mes vêtements en gortex n'y ont pas suffi. En plus, de nombreuses auberges étaient pleines et j'ai du en faire 5 avant de trouver une place! Et je suis tombé sur celle où il y avait 2 espagnols que j'avais rencontrés plus tôt sur la route. Enfin "espagnol", ils n'aimaient pas qu'on les qualifie comme cela et quand on leur demandait d'où ils venaient, ils répondaient "basque country", ce que personne d'ici n'avait bien sur jamais entendu parler. 

Le lendemain, je partis un peu avant eux, ayant vu qu'ils avaient une allure plus rapide que la mienne (on aurait dit des marathoniens de la montagne, surtout avec la dégaine de Santi, l'un d'eux et son petit short moulant de running). J'avais jusque là marcher dans les annapurnas avec un sac de 23kg, bien trop lourd et comportant pas mal de choses inutiles, mais je m'étais dit que ça me ferait un bon entrainement pour l'Everest quand il faudrait porter 3 bouteilles d'oxygène a plus de 8000. Vu que le sanctuaire était une impasse et qu'il fallait ensuite faire demi tour et repasser par Chomrong, j'ai laissé près de 8kg a la guesthouse et me suis retrouvé tout de suite plus léger! J'ai traversé de très jolis villages le long d'une rivière, Bamboo a 2245m, Dobhan a 2600, Himalaya a 2900, Deurali a 3230 (là où j'avais prévu de m'arrêter), puis j'ai poussé un peu jusqu'au Machhapuchhre Base camp (MBC pour les intimes) a 3700. J'etais en train de negocier les prix d'une chambre pour 3 quand Santi et Aratz, mes 2 espagnols, m'ont rejoint et m'on dit: "si c'est pour se lever aux aurores d'ici et monter de nuit jusqu'a l'Annapurna Base Camp (ABC) pour voir le lever de soleil, autant y aller maintenant!". Il n'y avait "que" 2h de plus pour rejoindre l'ABC et c'est comme ça que je me suis embarqué dans une galère! Santi s'était fait mal a l'épaule et ne pouvait plus porter son sac. Aritz prit donc les 2 sur le dos et c'est comme ça qu'on prit la chemin qui montait bien raide dans la neige jusqu'a l'ABC. Vu qu'Aritz portait un surpoids, ils ont mis le super turbo pour arriver vite et en essayant de les suivre, alors qu'ils passaient le sommet d'une colline, je me suis retrouvé en fringale: plus d'énergie pour avancer et en manque de sucre criant! Le soleil s'était déjà quasi couché et il y avait un voile de nuages épais qui rendait le décor juste irréel. Un trou dans cet épais manteau de nuages me laissa découvrir une immense montagne avec un petit bout de ciel bleu derrière: j'avais l'impression de me diriger vers le paradis...il me restait au fond de mon sac un paquet de céréales granola que j'utilisais d'habitude pour le petit dej: sauvé! Surtout qu'il n'y avait juste plus personne qui passait par là a cette heure avancée du jour. J'ai bien mis 10' avant de retrouver mes forces et j'ai pu finir sous un épais et mystérieux brouillard, qui de temps en temps me dévoilait le base camp pour mieux me le faire disparaitre quelques secondes après. 
Il y avait pas mal de monde au refuge et après le diner, le gérant du camp nous conseilla a tous d'aller voir dehors. La nuit était claire et le ciel complètement dégagé et c'est là que j'ai compris pourquoi on appela cet endroit le "sanctuaire". On était complètement cerné de montagnes de toute part dotées de pics acérés alors qu'on se trouvait nous même a 4130m d'altitude. Il y avait l'Annapurna South (7219m), le Hiun Chuli (6434m), le Machhapuchhre (6997m), le Ghandharwa Chuli (6248m), le Tent peak (5695m), le Fluted peak (6501m), le Fang (7647m) et bien sur l'Annapurna I (8091m). Le spectacle était majestueux et de se retrouver ici, tout petit au milieu de ces géants, ça donnait froid dans le dos. Sur place, j'ai fait la connaissance d'un guide de haute montagne qui venait tout juste de revenir d'une expédition ratée sur le Tent peak (5695m) et qui était auparavant sauveteur sur l'Everest face sud (ie: cote népalais). Son métier était d'etre déposé en hélicoptère sur les parois de l'Everest puis d'aller rescewer les personnes en danger. Il m'a donné plein de bons tuyaux sur ma prochaine expédition et m'a quelque peu rassuré sur ce challenge qui s'annonce tout de même pleines d'aventures.
On a fait le traditionnel lever de soleil a l'ABC puis, alors qu'il y avait de plus en plus de touristes qui arrivaient, je n'ai pas trainé et suis parti sur les coups de 7h du mat, ai rejoint Chomrong vers 15h puis suis redescendu sur Syauli Bazar dans la vallée où j'ai pu partager une jeep vers 18h30, juste avant la tombée de la nuit qui me ramena sur Pokhora a 21h.
Au final, 10 jours 9 nuits pour faire l'Annapurna Circuit et l'Annapurna Sanctuary: un peu tassé mais c'est ce qu'il me fallait pour me sentir fin prêt pour ma prochaine expédition vers le Toit du Monde...

lien vers la vidéo Annapurna sanctuary


201503 Tdm 5 E05 Nepal Part 2 Poon Hill


Du Thorong La Pass a 5416m jusqu'à Tatopani 1190m, on perdait plus de 4000m, qu'on allait finalement vite reprendre en allant rejoindre le village perché de Ghorepani situé a 3180m soit 2000m d'un coup...en une seule journée sur 8h de marche: les cuisseaux ont chauffé! Probablement la journée la plus physique des annapurnas. On a traversé des paysages superbes, très verts, avec des terrassements d'altitude un peu partout sur les flancs de montagnes qui nous entouraient. On a traversé quelques villages de montagnards ce qui nous a permit d'être au plus près de la population locale. D'en bas, on avait remarqué des taches rouges qui dénotait sur le reste vert de la foret, le plus souvent en haut des sommets. En fin de journée, on a compris en les traversant qu'il s'agissait de forets de rhododendrons, l'arbre national népalais: magnifique! A un moment, avec les pétales rouges des fleurs jonchant les marches en pierre du chemin, je me serai cru dans la maison du Poisson ;-)

Une bonne heure avant notre arrivée finale a Ghorepani, il a commencé a pleuvoir des trombes. On a fini complètement trempé mais émerveillés par l'endroit, une foret de rhododendrons roses cette fois-ci perchée au dessus des nuages avec les sommets enneigés de plus de 7000m qui dépassaient un peu partout. Seul bémol a Ghorepani: blindés de touristes! Pour la 1ere fois, on a du galères pour trouver de la place dans une auberge qui affichait quasi toute complet! Et ça s'est vu le lendemain matin quand on a voulu monter au site de Poon Hill, a seulement 45' a pied de Ghorepani: il y avait une queue d'enfer pour emprunter le sentier qui serpentait jusqu'a un superbe point de vue de la chaine des Annapurnas avec en ligne de mire Dhaulagiri et Annapurna I, 2 sommets a plus de 8000m mais aussi les sommets du Nilgiri ainsi que le Machhapuchhre plus communément appelé Fish Tail. La plupart des touristes de masse viennent quasi directement en voiture de Pokhara jusqu'ici, passe la journée a Ghorepani, puis repartent tout content d'avoir rempli leur appareil photo de beaux clichés! Dommage que ce ne soit pas un peu plus mérité tout ça...
Alex avait depuis quelques temps déjà dépassé les limites du raisonnable: il avait d'affreuses ampoules au pied. Il faut dire pour l'anecdote, qu'on lui avait acheté des chaussures toutes neuves a Katmandu et qu'a 1h de prendre le seul bus de la journée pour Besisahar, il s'était aperçu qu'il les avait oublié dans le bus de la veille! On n'est pas Kazak style par hasard non plus. Du coup le proprio de notre auberge a Pokhara a eu la gentillesse de lui prêter ses propres chaussures de rando mais ces dernières n'étaient plus vraiment imperméables et "un peu" grande pour les pieds plats d'Alex. 
Bref, Alex préféra rentrer sur Pokhara directement après Ghorepani et Damien voulait se laisser une journée de repos avant de continuer. De mon cote, j'ai poursuivi ma route pour aller chercher le 2eme objectif de ce trek: l'Annapurna Base Camp et son sanctuaire...

lien vers la vidéo Poon Hill

jeudi 7 mai 2015

201503 Tdm 5 E05 Nepal Part 1 l'Annapurna Circuit


J'avais donné rdv de longue date a une bonne connaissance a Katmandu  le 22 mars: Alex, mon pote de Moscou, avec qui on avait fait le Montenegro ainsi que la Turquie, Georgie, Arménie ensemble. On avait prévu de faire les Annapurna ensemble, vu que je lui avais donné gout a la haute montagne. 

On passa une journée entière a parfaire nos équipements de montagne a Katmandu et j'en profitai pour rencontrer les mecs de l'agence "Himalaya Expeditions" avec qui j'avais booké un tour pour le 11-04. Le lendemain, on prenait le bus local pour rejoindre la ville de Pokhara, située a 200km de Katmandu, soit plus de 5h de bus, sur les routes de montagnes népalaises surpeuplées par les camions de marchandises traversant le pays pour aller de Chine en Inde et vis et versa. De Pokhara, un nouveau bus de 5h pour rejoindre Besisahar où le départ du trek des annapurna circuit commençait. Besisahar allait malheureusement être tristement célèbre quelques semaines plus tard pour être l'épicentre d'un énorme tremblement de terre qui ravagea la région et ne laissera aucune des maisons de Besisahar debout!
On a trouvé un groupe de 5 russes, qui avaient pris le même bus que nous et qui cherchaient a avancer un peu en voiture sur le circuit, la 1ere partie n'étant plus des plus intéressantes depuis qu'une route carrossables rejoignait Besisahar a Chamé. On dégota une jeep mais celle-ci n'était pas prévue pour autant de monde. Alex et moi, on se mit a l'arrière, avec les sacs a dos et bagages. Ca secouait fort sur cette piste bien pourrie et après avoir roulé une paire d'heures, on eut nos premiers ennuis mécaniques, la batterie puis un peu plus loin la transmission. Il faut dire qu'on avait négocié la jeep a des petits jeunes du coin et qu'on était passé outre le bureau des chauffeurs qui nous avait d'ailleurs bloqué un moment la route, se plaignant qu'on passe outre leur monopole! Pas la première fois que j'avais a faire avec cette mafia de conducteurs...
La nuit s'annonçait et on avait fait a peine la moitié du chemin. On décida de continuer a pied et de laisser tomber le chauffeur et sa jeep mais après 1/4h de marche, la jeep réapparue et semblait rouler. On remonta dedans pour retomber en panne quelques kms plus loin! On s'arrêta au village le plus proche pour y passer la nuit. 
Le lendemain, le chauffeur et son acolyte étaient fin prêts a nous emmener jusqu'a Chame. Ils avaient apparemment bossé pendant la nuit pour réparer la jeep. 5km plus loin, de nouveau en panne! On réussit a aller jusqu'au prochain village qui était doté d'un mécanicien qui changea une pièce près des amortisseurs et répara la voiture en une heure de temps. On repartait de nouveau et cette fois jusqu'au bout. En chemin, on changea de position pour se placer debout sur le parechoc arrière de la jeep et ainsi bénéficier d'une vue a 180°c bien plus interessante que l'arrière de la bache de la jeep. Cela transforma totalement le trajet et on prit beaucoup de plaisir a voyager de la sorte. A tel point qu'on aurait bien poussé jusqu'a Manang avec la jeep mais la route était fermée après Chame car trop de neige.






On débarqua a Chamé en milieu d'après midi et on préféra avancer un peu plus a pied jusqu'au village de Pisang qu'on atteignit a la tombée de la nuit après avoir traversé de splendides paysages, de la peaceful forest a des vallées encaissées surmontées par des pics enneigés. On n'a pas eu un super feeling de Pisang et on a poussé jusqu'a Upper Pisang, 45' de marche en plus, en finissant a la frontale, pour finalement se retrouver dans une guest house (appelée ici tea house) qui n'avait ni eau ni electricité.
Le lendemain, on repartait de plus belle et en route, on retrouva des porteurs que l'on avait rencontrés dans la tea house. On échangea nos bagages jusqu'a Manang. Il ne restait que 30' de marche et j'étais assez content d'échanger mon backpack de 23kg qui commençait a me scier les épaules. En échange, je me suis retrouvé avec 35kg et 3 backpacks sur le dos mais soutenus en majeur partie par ma tête et plus  precisemment mes cervicales. Dur métier quand même!
Manang était censée être la plus grosse bourgade des Annapurnas mais on n'est pas vraiment tombé sous le charme et après un bon steak de yak, on a continué notre route en direction du Thorong La pass. J'avais prévu de dormir a Gunsang qui avait soi-disant 2 auberges (confirmées par l'office de tourisme de Manang) mais en chemin, plusieurs locaux nous ont alertés qu'il n'y avait personne a Gunsang pour nous recevoir. J'ai cru a un traquenard pour nous obliger a dormir dans une de leurs guesthouses et on a fait comme de rien était. On est arrivé a Gunsang en fin d'après midi et effectivement pas un chat! Le village le plus proche, dans un sens pu dans l'autre, était a 2h de marche et on était déjà bien cassé. Il faut dire que l'altitude n'aidait pas puisqu'on était a 3900m. J'avais repéré en arrivant, sur une des 3 maisons qui formaient le hameau de Gunsang une porte au 1er étage ouverte. Je suis passé par les toits et ai exploré tout le premier étage mais cela ne communiquait pas avec le bas. Il n'y avait a chaque fois qu'une pièce unique par porte...deja suffisant pour nous protéger du vent et dormir dans nos sleeping bag. En creusant un peu plus, l'une des 3 maisons qui était visiblement a l'abandon, avait une de ses portes non verrouillée et donnait sur une chambre toute mimie avec 2 petits lits: parfait! 
On s'est fait un feu et notre petite tambouille devant un spectacle grandiose, Gunsang donnait sur plusieurs monts enneigés de toute beauté, dans un cadre magnifique et idyllique mais surtout au calme, seuls au monde. Le soleil se coucha et on eut le droit a un superbe ciel etoilé. Vraiment un de nos plus beaux endroits aux annapurnas.
Le lendemain, j'essayai de gravir une petite montagne enneigée pour rejoindre un temple surmonté d'un anneau en roche qui m'avait intrigué la veille mais la pente était trop dangereuse. Par contre, j'eus la chance en chemin de croiser quelques "blue sheeps", sorte de chamois locaux.

lien vers la vidéo Annapurna Circuit 1.2 Pisang to Gunsang



On reprit la route pour Thorong La et on croisa en chemin Damien, un français normand originaire de Caen qui avait pris 6 mois pour se balader dans la région. Notre petit trio avançait tant bien que mal dans la neige qui devenait de plus en plus profonde. On atteignit Thorong Phedi,  située a 4450m d'altitude en fin de journée et Damien préféra s'arrêter là bien que cela impliquait qu'il démarre a 4h du mat le lendemain pour passer le col. Il avait démarré de Manang et avait peur du mal aigu des montagnes en changeant trop vite d'altitude. de notre cote, je convainquis assez aisément Alex et on poussa jusqu'au High Camp, basé a 4900m que l'on atteignit juste a la tombée de la nuit, complètement épuisés! Mon idée de dormir au plus haut point possible était double. Tout d'abord, cela nous permettait de commencer la journée d'ascension au Thorong La a 5:30 du mat "seulement", car après cette heure, les vents sur le col sont si forts qu'il devient difficile voir dangereux de le franchir. Mais la 2eme raison était que cela allait me permettre de mieux acclimater mon corps a la très haute altitude et cela serait un atout non négligeable pour mon expédition du 11/04 a l'Everest.
De toute façon, la nuit fut brève et pas super reposante (ça n'est que rarement le cas a ces altitudes!). On retrouva notre cher Damien au breakfast qui avait démarré de nuit a la frontale et on partit tous les 3 a l'assaut de ces pentes. Le Thorong La pass est un des cols les plus élevés du monde situés a 5416m. Il avait beaucoup neigé ces dernières semaines et la progression ne fut pas toujours facile. Ce pass est malheureusement connu pour avoir abrité un drame l'année passée en octobre. Un typhon en provenance d'Inde s'était transformé en tempête inattendue qui s'était abattue sur la région des annapurnas. Certains touristes qui se trouvaient alors au High Camp avec des guides de montagne a priori pas très professionnels sont quand même montés au Thorong La Pass. On en a retrouvé aucun vivant, tous mort lors de la descente.
Cette fameuse descente: près de 4h dans de la neige parfois dure comme de la glace et extrêmement coupante (les bras d'Alex, qui s'est amusé a faire une descente en lige sur son backpack en t-shirt, pourront en témoigner!), parfois profonde de plus d'un mètre et donc impossible de glisser dessus sans s'enfoncer jusqu'aux hanches. Les paysages étaient tout de même merveilleux et on en a bien profité jusqu'a la vallée de Muktinah où la neige a commencé a faire son apparition. Alex est parti direct en jeep avec un groupe d'Israéliens qu'on avait rencontré un peu plus tôt. Damien et moi, on a essayé de rejoindre la ville de Jomsom a pied mais après a peine 20' de marche, on a fait demi-tour: on y voyait rien dans cette mélasse de neige et après le 4eme embranchement, on s'est dit que c'était jouer avec nos vies que de vouloir aller plus loin et se perdre a tous les coups en pleine nature pour le coup hostile. On a pris la jeep suivante et rejoint Alex a Jomsom. Un autre bus plus tard, on traversait des vergers de pommiers dans la région de Marpha sous une forte pluie cette fois-ci, le thermomètre étant passé au dessus de zéro dans la vallée. Il a fallu changer une nième fois de bus a la ville dont le nom prête a sourire, Tukuche. Ce dernier bus nous a fait prendre un chemin de montagne de toute beauté, mais super escarpé et le chauffeur ne roulait pas vraiment en conséquence! On est arrivé a Tatopani de nuit mais tout juste pour pouvoir profiter des bains d'eaux chaudes naturelles. Quelle délivrance après un tel périple.




mercredi 6 mai 2015

201503 Tdm 5 E04 Myanmar Part 6 Dawei et sa peninsule

Debarqué au port de Dawei, il me restait encore 45 minutes de transport terrestre pour rejoindre la ville. La compagnie maritime affrétait des bus gratuit et après une bonne heure d'attente, je me retrouvais sur le toit d'une de ces charrues a moteur. Super pour visiter le coin en prenant de la hauteur mais gare a la tête qui dépasse de trop, les fils électriques traversant la route défoncée n'étant jamais très loin.
Le bus s'arrêta au final dans une rue d'un village et on m'indiqua qu'il s'agissait du terminus. Il n'y avait pas grand chose mais je pus enfourcher un taxi moto qui m'amena faire la tournér des guesthouses en centre ville. On en fit 3 mais a chaque fois, les prix étaient trop élevés, aux alentours de 30$ la chambre, ou les chambres simples complètes. Alors que je me dirigeais sur une nouvelle guesthouse en désespoir de cause avec mon pauvre taxi dont la course m'avait couté seulement 1$, je croisa 2 grands blonds qui marchaient a pied au bord de la route et qui me firent de grands signes de la main. Ils cherchaient en fait d'autres touristes pour compléter un bateau qu'ils voulaient privatiser afin de faire une croisière a la journée sur l'une des iles avoisinantes. Vu les galères que j'avais essuyées sur Myuizk, je sautai sur l'occasion et me joins a eux. Ils me trouvèrent une chambre dans une guesthouse a 8$/nuit et on dina ensemble. Les 2 étaient allemands, le premier Tim, habitait a Bangkok et venait ici de temps en temps passer quelques semaines, l'autre, André, habitait carrément ici et était en train de monter un projet de resort sur une plage déserte perdue dans la péninsule de Dawei. Ils me donnèrent quelques tuyaux pour me balader et me conseillèrent, plutôt que d'aller sur les plages les plus proches de Dawei, de louer une moto et de me balader le long de la péninsule.

Les seules explications que j'avais retenues étaient de prendre a gauche après le pont qui enjambait le fleuve et qu'il y avait près de 3h de route si je voulais aller jusqu'au bout de la péninsule. Mon intention n'était pas d'aller aussi loin mais de m'arrêter sur une des plages paradisiaques qu'ils m'avaient annoncées sur la route. Je fus surpris, après avoir pris a gauche au pont de me retrouver a l'intérieur des terres et de m'éloigner de plus en plus de la cote sans jamais voir la mer. Je roulai une bonne heure en me disant qu'il y aurait bien un embranchement et surtout je me demandais comment j'allais pouvoir demander mon chemin, la seule indication que je pouvais donner étant le mot "peninsula" et la plupart des habitants ne parlaient pas un seul mot d'anglais. Je m'arrêta dans une bicoque au bord de la route pour faire le plein et j'eus la chance de tomber sur une mère de famille qui parlait un anglais tout a fait potable. Elle m'expliqua que je devais rouler encore une bonne heure et demi pour rejoindre le bout de la péninsule et arriver sur la plus belle des plages. Elle me donna un bout de papier avec le nom de la plage écrit en birman, les birmans possédant leur propre alphabet. Avec ce précieux papier, je réussis a demander ma route aux différents passant que je croisais. Il y avait beaucoup de travaux de réfection de la chaussée et je dus prendre a de nombreuses reprises des chemins en terre  tout défoncés en guise de déviation. A un moment, la route tourna sur la droite et je longea enfin la mer. Il s'agissait d'une mangrove de toute beauté avec une eau bien claire, un vrai ravissement pour les yeux. Je passa quelques villages de pêcheurs très pittoresques puis au bout d'une bonne demi heure de route, alors que je longeais une interminable plage de sable blanc, je me décida a faire un stop et me rendis au milieu de cette plage. C'était une anse en arc de cercle bordée par 2 collines. Il y avait des cocotiers de toute part, une petite cahute en bambou que je devinais au loin et sinon rien. Rien d'autre que du sable fin et la mer qui se balançait sur le flot de légères vagues. Je ne me fis pas prier et je me mis a l'eau sans trainer. Elle était quasi a 30°, un régal.
Je me pointa a la bicoque qui se révéla être un petit resort avec quelques bungalow en bambou posés en retrait de la plage et y cassa la croute. Je fis la rencontre d'un groupe de jeunes locaux, un peu éméchés, qui me proposèrent de boire de la bière whisky avec eux. Alors que je leurs demandais ce qu'il y avait de l'autre cote d'une des 2 collines qui bordaient la plage. L'un des jeunes me fit signe de le suivre et il amena son scooter jusqu'au rivage. On fit la traversée a 2 sur son scoot et l'aller retour sur cette longue plage qui devait bien faire 3 kms de long. Il s'arrêta sur la 2eme extrémité et se gara a fleur d'eau. On se balada quelques minutes sur les rochers quand il s'aperçut que sa moto avait été pris par une vague et se retrouvait par terre dans l'eau! Plus de peur que de dégât, on put repartir et il me ramena a mon point de départ sans heurt.
Alors que j'allais partir pour poursuivre ma route jusqu'au bout de la péninsule où on m'avait indiqué la présence d'une jolie pagode, un bus rempli de touristes locaux s'arrêta là. Ca me cassa un peu mon délire! Quelques kms plus loin, j'arrivais a cette pagode qui était perchée sur le haut d'une corniche en surplomb de la mer d'Andaman. Assez touriste bien que je ne vis quasi aucun blanc ici a l'exception d'un couple de baroudeurs français qui avaient aussi rencontré André et qui lui avaient acheté une carte de la région avec des indications sur les plages a visiter. Ils m'en conseillèrent 2 et je pris la route pour essayer de les dénicher. Il faut dire qu'il fallait les mériter pour les voir ces plages sur la péninsule. J'ai du prendre de minuscules pistes de terre et rouler pendant bien 3/4h pour commencer a revoir la mer.
J'ai atteint un petit village de pecheur perdu a la fin d'une piste au fond d'une jungle super dense. Il y avait une magnifique plage de sable en arc de cercle et je l'ai simplement traversé a moto avant de me garer a même le sable et m'y baigner, peinard, seul dans ce bout du monde.
J'ai repris la route principale et de nouveau bifurqué sur une piste pour rejoindre le village de Whae Ma Kay mais après une heure de dure piste qui ne faisait que monter et descendre, j'ai traversé quelques hameaux de paysans puis suis arrivé au bout de la piste sans trouver ce que je cherchais. On m'avait parlé d'une mangrove a traverser a pied pour arriver sur une plage isolée. J'y suis finalement parvenu a l'aide d'un jeune local qui me montra le chemin. J'eu tout juste le temps de me baigner une nouvelle fois qu'il fallait déjà que je file avant que le soleil ne se couche mais encore une très très belle expérience.

C'était sur que j'allais avoir du trajet de nuit mais je voulais le diminuer au minimum et au final, j'ai bien fait car je me suis aperçu en roulant que je n'avais plus de lumière. J'ai essayé de mettre mes warnings pour que les voitures en face puissent au moins me voir mais après a peine 2' de ride, plus de warning et bientôt plus de clignotant du tout...la batterie était complètement a plat...même plus assez de patate pour klaxonner. Encore heureux que j'avais pris ma frontale avec moi qui, a défaut de m'éclairer, me signalait aux véhicules d'en face. Il faisait tout de même trop noir pour conduire en dehors des villages et j'ai du a plusieurs reprises attendre qu'un véhicule ne passe pour le suivre a la trace. J'ai conduit près d'une heure et demi dans le noir complet avant de rentrer sur Dawei. Pas marrant du tout!
J'ai vraiment été surpris par la beauté des paysages que j'ai eu l'occasion de voir et le coté encore intact des lieux rajoutait du charme a la péninsule pour sur. Il est clair qu'avec la nouvelle route goudronnée qu'ils sont en train de mettre en place le long de la péninsule, le paysage risque d'être irrémédiablement modifié. Probablement un des plus bel endroit que j'ai eu l'occasion de voir depuis que je voyage...et des plus authentiques.

lien vers la vidéo Dawei & sa péninsule 6.1


Le lendemain, je partais faire la croisière avec André, Tim et une poignée d'autres baroudeurs blancs présents ici a Dawei. Le bateau qu'il avait eu tant de mal a dégoter était un tout simple bateau de pêcheurs, ultra bruyant et extrêmement lent...mais c'était quasi la première excursion qui se déroulait dans ces lieux!
On mis bien 2h avant de rejoindre la première petite ile au large des cotes. On se mit a l'eau pour un peu de snorkeling et je découvris un super spot, avec certes beaucoup de courant, mais d'une eau super claire et dont le fond était une énorme roche quasi blanche qui donnait une luminosité assez exceptionnelle sous l'eau. On ne s'est pas privé pour se faire quelques belles séquences de free diving.
On est allé accoster sur une plage d'une autre ile recouverte de foret primaire pour le déjeuner. Il y avait seulement quelques maisons de pêcheurs plantées sur la plage et le lagon était de toute beauté. Un vrai ravissement pour les yeux. Et pour ne rien gâcher, les quelques locaux qui étaient là, et plus particulièrement les enfants, étaient super ouverts, souriants et plein de gaité et de bonne humeur.
On se fit une dernière étape de l'autre cote de cette ile sur une plage réservée a la ponte des tortues de mer. Pas de tortue en vue mais un gros varan qui attendait là et qui a mon avis devait bien se gaver des oeufs pondus ici. Je profitais de l'arrêt pour une nouvelle séance de snorkelling où cette fois les poissons étaient plus présents.
On prit le chemin du retour vers 17h mis il y avait plus de 3,5h de trajet pour le retour. Apres le coucher de soleil, je me suis essayé a une nouvelle discipline: j'ai demandé au capitaine d'arrêter le bateau et me suis mis a l'eau dans le grand large pour une petite séance de free diving de nuit. Je n'ai fait qu'une descente mais ai eu vraiment des sensations inattendues. On était au milieu de la mer, rien autour, l'eau était claire mais on ne pouvait deviner le fond a cause de la profondeur du site, il devait bien y avoir une centaine de mètres au moins. Je débuta la descente, muni seulement d'un masque et donc sans ceinture de poids ni palme. L'eau était suffisamment claire pour que je puisse voir sur les 10 premiers mètres puis ensuite c'était le grand noir complet. Je m'y suis engouffré pendant 5 mètres environ et j'ai eu un coup de flip. J'étais entouré par du noir et j'ai eu peur de me perdre dans cette masse, de ne plus pouvoir retrouver la sortie, le haut du bas, tout était confus. Vu qu'a cette profondeur, la flottabilité est quasi nulle, il est facile de perdre ses repères car la gravité ne vous aide plus a vous orienter. En plus, pas de corde pour savoir où j'étais et pas de palme pour pouvoir remonter vite si jamais j'allais plus profond. Juste imaginez que vous pensez remonter et qu'en fait, vous allez encore plus profond! Je suis donc vite remonté mais j'ai été quand même agréablement surpris par les sensations que j'ai alors ressenti dans ce noir. Je me suis dit qu'a l'occasion, j'essayerai a nouveau d'une manière plus encadrée ce concept de night free dive dans le deep.

lien vers la vidéo Croisière au large de Dawei 6.2


Le lendemain, je repris la même moto que l'avant veille pour me faire quelques nouvelles plages que Tim et André m'avaient conseillé. J'avais un vol pour le Nepal le lendemain et je n'avais pas pu booker un vol domestique le matin pour revenir a Rangoon, l'un étant plein et l'autre ayant été décalé plus tôt le matin. Je m'étais donc rabattu sur le bus de nuit qui partait en début d'après midi pour une arrivée vers 5h du mat a Rangoon. Il ne me restait plus qu'une demi journée a profiter de la péninsule. Je filais sur l'un des plus hauts points du coin, une vraie mission pour y monter a moto tant la route était pourrie et surtout pentue comme jamais. En revanche a l'arrivée, une pagode et surtout une superbe vue sur la région et la baie du coin. J'appréhendais la descente qui est toujours bien plus dangereuse que la montée. J'ai du a plusieurs reprises descendre de la moto et y aller a pied, avec le moteur qui tournait en 1ere pour avoir un max de frein moteur et malgré cela, je suis quand même tombé une fois tellement la pente était importante. Je suis arrivé sur la baie qui avait une forme toute particulière. Il y avait une bande de sable assez étroite sur près de 500m qui reliait la cote a une petite ile. Et cette bande de sable était recouverte de maisons en bois de pêcheurs. Je n'avais jamais vu ça. Tout simplement magique. Je me suis baladé dans ce petit village a petite vitesse a moto et ai vu les habitants séchés le poisson au soleil.

Il ne me restait que 2h avant le départ de mon bus et j'étais sur le chemin du retour sur la route principale quand j'ai vu une petite bifurcation. Je me suis dit plutôt que d'arriver trop en avance a la station de bus, autant profiter encore un peu de la région et aller explorer un peu plus. Mal m'en a pris puisqu'après 1/2h de ride dans la jungle sur une piste assez accidentée, j'ai crevé! Rien a l'horizon autour de moi et il me restait a peine 1h pr rejoindre la station de bus. J'ai donc fait demi tour et suis retourné tant bien que mal sur la route principale. J'ai eu la chance de trouver très vite un mécano qui me changea la chambre a air en a peine 5'. Tout juste le temps de repartir et je montais dans mon bus de nuit qui m'emmenait sur Rangoon où je quittais le pays en direction du Nepal, ma prochaine étape...

J'ai été totalement conquis par la Birmanie, la gentillesse (gratuite) et spontanée de ces habitants, et la beauté de ses sites touristiques mais aussi des coins moins en vue qui ont tant de magies a vous faire découvrir. J'espère y retourner, au moins pour voir le projet d'André sorti de terre, son resort sur sa plage de sable blanc semblait juste être un petit bout de paradis.

lien vers la vidéo Remote beach Dawei 6.3


mardi 5 mai 2015

201503 Tdm 5 E04 Myanmar Part 5 Myiuzk

J'avais initialement l'intention de prendre un vol pour Dawei, une petite ville dans le sud du pays, pas du tout touristique et dont on m'avait vanté la beauté de ses plages ainsi que sa croisière en bateau jusqu'a une autre ville Myiuzk. Or j'ai eu toutes les peines du monde a réserver mon vol en avion, censé être le seul moyen de rejoindre ce coin reculé de Birmanie, la zone entre Rangoon et Dawei étant interdite aux touristes par la voie terrestre (du moins, c'est ce que les guides touristiques décrivaient dans leur livre tel le lonely planet). Il faut savoir qu'il y a une multitude de compagnies aériennes en Birmanie qui sont en fait toutes détenues par la junte militaire et qu'il n'est pas possible de trouver certains de ces vols sur internet, quand on arrive a avoir une connexion potable dans le pays. J'ai finalement booké mon vol via mon auberge de jeunesse et après avoir payé ce dernier, je me suis aperçu que la nana s'était trompée et avait booké un vol pour Myuizk au lieu de Dawei! Pas grave, je me suis dit que j'allais faire le trajet en bateau dans l'autre sens dans ce cas.
Le vol s'est finalement arrêté dans un endroit complètement paumé au beau milieu des mangroves. L'aéroport était minus et alors que je m'apprêtais a descendre, un peu anxieux de débarquer dans un tel endroit sans rien avoir préparé, un des passagers m'a signalé que Myuizk était le prochain arrêt! Et pourtant impossible de savoir où on avait fait escale, le nom de l'aéroport ne figurant sur aucune carte que j'avais.
Je débarquai finalement a Myuizk une heure plus tard, dans un aéroport pas beaucoup plus grand que le précédent et alors que j'attendais que les bagages soient livrés, je vis 2 blancs attablés au bar de l'aéroport coté départ qui purent me donner quelques précieux renseignements et notamment sur un endroit où dormir en ville. Ils me dirent qu'il n'y avait pas grand chose a faire ici mais que la croisière en bateau jusqu'a Dawei était jolie et qu'ensuite, Dawei valait vraiment le coup.
Apres avoir passé les formalités d'usage, a savoir signalé ma présence en tant que touriste au bureau militaire, je pris une moto taxi et me pointa a la guest house que l'on m'avait conseillée, le White Pearl. A part un hotel juste a coté, c'était la seule guesthouse de la ville et pour cause, il n'y avait tout simplement aucun touriste, blanc tout du moins. On m'avait parlé d'une archipel d'iles magnifiques aux abords de Myuizk mais je fus vite refroidi par le proprio de la guesthouse qui m'expliqua qu'il y avait bien un resort sur une de ces iles mais qu'il fallait débourser 1000$ pour pouvoir y résider. Qu'a part celui-là, les seuls moyens de se rendre dans ces archipels étaient soit de passer par un live diving boat thaïlandais qui offrait des croisières plongées mais seulement a partir de la thailande, soit de privatiser un bateau de pécheurs mais alors le cout était au minimum de 600$!
Je me restreins donc a une simple bicyclette a 1,5$/jour et fis un tour le long de la rue principale qui longeait le port. Effectivement pas grand chose a voir si ce n'est le contact avec les locaux, génial alors qu'ils étaient tous intrigués de voir un blanc ici. La plupart m'a réservé un super accueil et bien que leur anglais fut pour la plupart limité a quelques mots, le contact passait super bien et les échanges étaient très chaleureux.
Je ne m'éternisai pas pour autant et le lendemain, j'étais déjà dans le bateau direction Dawei. La traversée m'avait couté 25$ tout de même et je m'attendais a un bateau décent, surtout qu'ils annonçaient un "speed boat". Il s'agissait au final d'un ferry, qui certes avançait vite sur l'eau, et encore heureux car les distances étaient importantes, on pouvait rejoindre Dawei en avion d'ici, mais super vieux et crade a l'intérieur. Le bateau était bondé avec des familles entassées un peu partout, le ponton a l'arrière étant "réservé" a ceux qui n'avaient pas de billet! Etant le seul touriste a bord, on me fit quand même une place sur une banquette un peu surchargée.
Le trajet se révéla plutôt ennuyeux avec pas grand chose a voir. L'eau était de couleur marron et on ne croisa de la mangrove que sur la fin. Il y eu un 1er arrêt au beau milieu de nul part et je me suis demandé ce que je foutais là jusqu'au moment où on m'expliqua que mon arrêt n'était pas celui là. Quelques heures plus tard, un second arrêt dans un endroit tout aussi paumé, je me suis dit que c'était de nouveau un arret intermédiaire et suis resté dans le bateau jusqu'a que je m'aperçoive sue j'étais quasi tout seul dedans et que c'était cette fois-ci le bon arrêt!



201503 Tdm 5 E04 Myanmar Part 4 Rangoon

Rangoon, la plus grosse ville du pays qui a perdu son titre de capitale assez récemment alors que la junte militaire décida d'évacuer tous les centres administratifs et politiques du pays dans une nouvelle ville créée de zéro a quelques centaines de kms d'ici, pour éviter les manifestations du peuple mécontent. Ca m'a un peu fait penser au cas ivoirien avec Yamassoukro et Abidjan.
Rangoon est ce qu'on peut appeler un "shit hole": totalement désordonnée, bruyante au possible, un traffic intense et dérégulé, une anarchie dans les rues et les semblants de trottoirs, et une crasse record. Ajouté a ça un climat super chaud et humide, et ça ne vous donne pas envie de planter votre drapeau ici. Je suis parti faire la visite de la principale pagode du pays, la Shwedagon en compagnie d'un géant basketteur canadien rencontré plus tôt dans mon auberge de jeunesse. Le stupa en son centre est également géant avec plus de 150m de hauteur. On est allé se promener dans les parcs environnants la pagode et notamment celui contenant le lac de Kandawghyi. Ils avaient créé un ponton tout en bois qui faisait le tour du lac, très agréable. On passa devant l'impense restaurant en forme de bateau a la proue de canards géants dorés. La chaleur était telle qu'on préféra passer le reste de l'après midi a barboter au bord d'une piscine municipale.
Le soir, je fis la rencontre d'un sacré personnage, Luiggi, un italien qui avait bien la cinquantaine et qui ressemblait un peu a Jorn Borg, avec son bandeau sur la tête et des cheveux longs. Un baroudeur des premières heures qui voyageaient autour du globe depuis de nombreuses années. On est allé diner ensemble et il réussit a me convaincre de ma prochaine destination alors que j'hésitais, pour clôturer ce périple birman, entre des plages a l'ouest du pays, très développées, assez chères mais munies de centre de plongée bouteille, d'autres un peu plus au sud et plus proche de Rangoon, plus conviviales et moins aseptisées, et enfin, le sud sud où là, c'était l'inconnu totale: pas un guide ne mentionnait une ligne sur cette région mais j'en avais entendu du bien d'une ou 2 personnes croisées en chemin. J'avais cherché des infos sur internet mais pareil: rien! Le 3eme choix semblait le plus aventureux mais Luiggi sut trouver les bons mots en me rappelant que le voyage, ce n'était pas un parcours, tout organisé a l'avance et qu'on suivait a la lettre car alors, cela en perdait tout son sens et toute sa beauté. Qu'il fallait au contraire partir le plus a l'aventure possible, avec le moins d'organisation possible en se laissant porter au grès des flots, et que c'était là qu'on allait faire les plus belles rencontres et passer les meilleurs moments. Il me parla également de son étonnement de voir la nouvelle génération de backpackers, continuellement connectés sur la toile, toujours avec leur smartphone en main, a poster des nouvelles en live sur facebook et autre support alors que pour lui, il n'y avait rien de mieux que d'au contraire, ne donner que très peu de nouvelles a ses amis, pour pouvoir les retrouver par la suite et avoir plein de choses a partager et a leurs raconter. Je l'ai trouvé assez dans le vrai et ça a pas mal remis en question mon utilisation de ce blog qui me prend tout de même beaucoup de temps et qui me détache parfois du moment présent que je vis sur place. Néanmoins, je décidais de continuer a faire vivre ce blog mais a ce qu'il n'empiète pas sur mon voyage et sur le fait de vivre les moments présents a fond.
Du coup, je pris un billet d'avion pour la ville de Myiezk tout au sud du pays le lendemain matin et repartais a l'aventure.