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dimanche 29 mars 2015

201502 Tdm 5 E03 Thailande Part 5: Tec & Free diving at Koh Lanta


Koh Lanta n'est qu'a une petite encablure de Krabi: a peine 2h en speed boat. Je me suis endormi sur le ponton, suffisamment de temps pour cramer du torse en prenant un bon coup de soleil! 

Koh Lanta est divisée en 2 iles: une qui est sous l'égide d'un parc national et sur laquelle on ne peut pas résider, et l'autre, plus ouverte, et donc plus ou moins bien préservée. Le petit port a l'arrivée du ferry est assez bruyant mais reste tout de même sympathique. Je suis allé faire un tour dans les dive centers du coin et ai fait la connaissance de Ben, le gérant français de Blue Deep Ocean divers. Super sympa, il m'a booké une journée en plongée technique avec son moniteur tcheque un peu fou fou Melo, un specialiste des cave dive, puis une sortie en free diving avec un autre prof, Pete, un peu perché lui aussi mais plus tourné Yoga.

Je suis allé déjeuner juste en face et alors que j'étais attablé sur la terrasse, un couple de français est venu me voir en me disant qu'ils venaient tout juste de faire tomber leur téléphone portable dans l'eau. Ce dernier était muni d'un étui étanche mais ils ne parvenaient plus a le voir du bord. J'ai regardé dans mon sac et ai tendu mes lunettes de plongée au monsieur en lui disant qu'en plongeant, il devrait retrouver son téléphone sans peine. Pendant quelques instants, je me suis cru revivre le film du Grand Bleu où les enfants se chamaillaient pour aller chercher une pièce au fond de l'eau et c'est finalement Enzo (Jean Reno) qui s'y colla et ramèna le trophée en vainqueur. Le mec s'est mis en maillot et a tourné pendant une bonne vingtaine de minutes mais il ne trouvait rien. Il y avait un attroupement d'enfants qui regardaient la scène tout intrigués. De mon cote, je dégustais tranquillement mon plat de Pad Thai fruit de mer en attendant qu'il vienne me demander de l'aide. Finalement un instructeur du club de plongée est arrivé avec un masque, s'est mis a l'eau et a retrouvé le téléphone en a peine 10'. Ca m'a quand même mis dans le bain pour la suite...


J'ai loué un scooter et suis descendu le long de la cote Ouest. J'avais mon backpack et il fallait que je me trouve un logement pour la nuit. Le problème est qu'a Lanta, la route principale ne longe quasiment jamais la plage et il est donc difficile de voir les resorts et guesthouses sans marcher le long de la plage ou sans connaitre les lieux. Sans m'en rendre compte, je me suis retrouvé en a peine 1/2h a la pointe Sud Ouest de l'ile, dans une zone protégée bordée par une ravissante plage dominée par un phare. J'en ai profité pour faire la visite du coin et me suis tapé le tour dans la jungle sur près de 2km en plein caniar. 

Je me suis arreté sur quasi toutes les plages de l'Ouest: toutes plus jolies les unes que les autres et jamais surpeuplées. Et pourtant, quand il est arrivé l'heure du check in, alors que je m'y suis pris assez tard après le massage/diner, tout était plein! Même les dortoirs étaient surchargés. Vraiment bizarre alors que je n'avais pas l'impression que l'ile était blindée. J'ai du me rabattre sur une chambre dans un hotel qui donnait sur la rue principale: pas très kolantesque mais plutôt bon budget (12€/nuit). 
Le lendemain, je suis parti faire la visite de l'Est de l'ile avec des plages moins paradisiaques, sans sable, mais tout aussi jolies et une vue magnifique sur l'archipel environnant. Je me suis dirigé a la pointe Sud-Est cette fois de l'ile et ai visité un village de gitans des mers avant d'arriver dans un resort super joli portant le même nom que le village Ban Sang-Ga-U.
J'ai visité quelques cahutes du cote de Old Town, le village d'origine chinoise qui a gardé tout son cachet avec ses maisons sur pilotis. J'ai fait la connaissance de 2 français installés ici: l'un était venu en tant que boxeur de Muyai Thai avant de rencontrer sa copine ici sur le ponton voisin: il s'entrainait a la boxe et elle faisait du yoga! Depuis, sa copine attendait un bebe qui allait naitre d'ici quelques jours et lui s'était réorienté en préparant des petits dej a la française pour une petite guesthouse locale. Quand au 2eme français, lui, produisait son propre pain et fromage de chèvre, qu'il revendait a quelques restaurateurs français privilégiés de l'ile. Je me suis pris une chambre a Old Town et ai flâné toute l'après midi sur ce fameux ponton.

lien vers la vidéo Ko Lanta



Je suis arrivé tout juste le lendemain matin au port de Ban Saladan alors que le catamaran de plongeurs allait partir sans moi. A peine 5' de navigation que le moteur s'est mis a fumer: bateau immobilisé! On n'était pas encore sorti de la baie et on a pu changer avec un speedboat, plus petit. Ca a été un peu le bordel pour transvaser tout le matos de plongée d'un bateau a l'autre. Surtout que certains plongeurs, tels Medo et moi, avions 3 bouteilles par plongée: un twin type (ou double tank) plus un spare tank de cote rempli de Nitrox. On est allé sur le site de Hin Daeng. Il y avait une visibilité de plus de 30 mètres: idéal! 

On a fait les 2 premières plongées a -52m et on a croisé a chaque fois une énorme raie manta qui se baladait dans le coin. Elle n'arrêtait pas de faire des allées et venues et j'ai pu la prendre sous toutes les facettes. C'était ma 1ere "fun dive" en Tec (ie: pas en tant que cours) et ça s'est très bien passé. Il m'a fallu quelques minutes pour m'habituer au "sapin de Noël" avec 3 bouteilles sur le dos. Malgré les 60kg de matos, j'étais assez a l'aise sous l'eau et ai plutôt bien apprécié le site et sa super visu. Une plongée qui en appellera d'autres sans doute mais pas en Thailande où les fonds intéressants ne sont pas profonds.
On s'est fait une 3eme plongée sur le site de Ko Haa où la visibilité était encore incroyable. On est passé par une cheminée qui démarrait vers les 8m jusqu'a 25m et en son milieu, il y avait un tunnel, complètement noir mais rempli de poissons: sensations assurées!




Le lendemain, je passai a une autre discipline: le free diving, avec Pete, un moniteur écossais qui était auparavant moniteur de plongée bouteille. Mes premières impressions ne fut pas les meilleures: déjà il n'avait même pas été prévenu que je plongeais avec lui et en plus, il avait un cours qu'il donnait a un débutant! Quand il a appris que j'avais fait 2 plongées profondes la veille, il a commencé a flipper en me disant qu'il n'était pas sur que je puisse faire du free diving profond et qu'il y avait peut être un petit risque: génial! 

Je lui ai expliqué ce que je cherchais: j'avais fait pas mal de sessions de free dive et je me retrouvais a chaque fois bloqué vers les 40m car alors, plus d'air pour décompresser les oreilles. Il m'a parlé d'une technique pour passer ce cap: le Mouthfill. Le principe consiste, vers les 25m, a gonfler sa bouche d'air, puis a descendre comme cela, arrivé au point de blocage, le fait d'avoir de l'air dans la bouche permet de décompresser plus facilement car ça relâche un peu de pression au niveau de la trompe d'Eustache. Ca, c'est la partie pour les novices, la 2eme partie consistant a utiliser l'air emmagasiné dans la bouche pour la passer dans les tympans afin de décompresser. Mais cela requiert un peu de technique et beaucoup d'entrainements notamment pour maitriser le mouvement de la carpe et de la carpe inversé afin de faire passer l'air des poumons a la bouche et de la bouche aux oreilles.
On a failli frôler la cata quand, alors qu'on venait d'être largués sur le site, a un endroit bien précis, le seul du coin ayant 40m de fond, Pete s'est aperçu qu'il avait oublié son masque de plongée: pas la meilleure impression pour ses élèves! Il a du nager 200m aller retour jusqu'au bateau principal et nous a laissé pendant 15 bonnes minutes seuls au milieu de l'ocean.
Passons ces détails qui finalement ne resteront qu'anecdotiques tant la session s'est bien passée. J'ai commencé par une descente a poids variable en prenant en main les poids servant a lester la bouée. Toujours agréable de n'utiliser aucun muscle pour effectuer la descente même si cela nécessite d'égaliser ses oreilles très vite car la descente va beaucoup plus vite avec les poids. 
Pete m'a parlé d'une autre technique, la descente exhale ou poumons vides. Je l'avais déjà testé au Mozambique mais le prof ne m'avait pas expliqué l'intérêt d'un tel procédé. En fait, vu qu'on descend les poumons vides, ces derniers se retrouvent plus vite compressés par la pression de l'eau et on atteint alors plus vite cette barrière que je rencontre d'habitude a 40m. Ce phénomène porte un nom: le "blood shift". Les poumons se retrouvent tellement compressés qu'a un moment, pour que les alvéoles contenant l'oxygène ne soient pas écrasées, notre coeur rempli le peu d'espace qu'il reste dans les poumons de sang. Or, si l'on descend poumons vides, ce phénomène va apparaitre plus tôt, dans mon cas, vers 25m. A ce moment là, il n'y a plus d'air dans les poumons et c'est la raison pour laquelle on ne peut plus décompresser les oreilles. L'idée de descendre exhale permet de tester ce phénomène a des profondeurs plus aisées et de pouvoir s'entrainer a utiliser la technique du mouthfill par exemple. 
J'ai fait 2 descentes comme ça puis ai essayé de nouveau une descente normale. Arrivé aux alentours des 40m, toujours ce même phénomène: sensation de ne plus avoir d'oxygène dans le corps pour décompresser les oreilles. J'allais remonter quand j'ai réussi, en forçant un peu, a décompresser les oreilles alors que j'avais la bouche pleine: miracle. Tout se débloquait et je pouvais descendre plus bas et toucher le fond. Je suis resté quasi 2 minutes sous l'eau mais j'aurais pu aller plus profond. Vraiment dommage que le site ne le permettait pas. Pour sur que j'essayerai de nouveau dès qu'une opportunité de plonger se représentera. En tout cas, j'ai réussi a être bien relâché et la sensation fut géniale.
Apres la pause déjeuner, on enchaina par la 2eme session mais pas vraiment du free diving avec bouée et corde. Cette fois, on allait faire de l'exploration sous-marine. Pete enfila sa mono palme pour l'occasion. La visibilité était incroyable et le spot magique. J'arrivais a faire des descentes d'1'30...un peu moins longtemps que Pete mais suffisamment pour le suivre et le voir évoluer sous l'eau tel un dauphin. Il m'a emmené dans une grotte sous-marine et alors que tout devenait sombre, il m'a fait signe de remonter. Je ne parvenais pas a voir a la surface vu que c'était noir et il m'a fallu une bonne dose de sang froid pour ne pas paniquer et faire marche arrière, surtout qu'une fois engagée dans la grotte, je n'avais de toute façon pas assez d'air pour faire demi tour. Finalement la grotte avait une partie hors de l'eau où l'air était respirable. Ce n'était pas complètement noir bien qu'il n'y ait pas d'accès a l'extérieur au dessus de l'eau car le passage par lequel on était passé éclairait suffisamment la grotte par un bleu indigo de toute beauté. On a croisé quelques plongeurs bouteille qui étaient bluffés de nous voir évoluer au même niveau qu'eux mais totalement libre, sans aucun harnachement ni équipement encombrant. J'ai de nouveau eu de pures sensations sous l'eau et me suis dit que j'essayerai la mono palme a la prochaine occasion, celle de Pete étant trop petite pour moi.


On est rentré a 16h au port de Ko Lanta et ai eu tout juste le temps de sauter dans le dernier ferry du jour qui partait pour Ko Phiphi.

lien vers la vidéo Free diving Lanta


vendredi 13 mars 2015

Tdm 5 E03 Thailande Part 3: Rock climbing in Krabi


Je suis arrivé tard dans la nuit a l'aéroport de Krabi et ai tout de suite filé dans un petit lodge près de la plage de Noppharat. L'endroit, Laughing Gecko, contenait des petits bungalows tout simple ainsi qu'un dortoir a 200baths/nuit (soit 5€). Le prix etait tres correct mais j'ai quand même voulu négocier avec le proprio alors que j'étais seul penard dans le dortoir car j'avais vu le prix sur internet a 180. Le mec a peté un câble en me disant que c'était le moins cher de toute la cote et que je pouvais aller voir ailleurs pour comparer les prix. Je me suis ravisé et lui ai dit que c'était bon a 200 mais il m'a dit non, qu'il ne voulait pas des gens comme ça dans son établissement, qu'il le dirigeait tout seul depuis près de 20 ans et qu'il était fatigué et qu'il voulait un certain esprit ici. J'ai du ravaler un peu ma fierté, faire profil bas pour qu'il accepte de me reprendre! Ca m'a donné une bonne leçon de vie, car parfois a trop vouloir négocier, ça peut tout simplement détériorer le rapport humain que l'on a avec son interlocuteur. 


Les plages de Raileys sont en fait un ensemble de 4 plages accessibles exclusivement par bateau, bien que rattachées par le continent par une étroite bande de terre montagneuse très escarpée. Le site est tout simplement de toute beauté: des falaises abruptes bordent les plages de sable fin et le reste n'est que jungle et cocotiers.

Krabi est essentiellement connu pour l'escalade. On s'y est essayé des qu'on est arrivé avec Alek en se bookant une après midi avec Pet, un moniteur de grimpe local. Il nous a emmené sur Railey East et vu qu'on est arrivé pour l'heure du déjeuner, on a eu le site pas trop occupé pendant les 2 premières heures. J'avais déjà fait de l'escalade encordée avec ma chère Fanny a Dakar au Senegal mais ici, c'était tout de même plus encadré et surtout ils prêtaient des chaussures de grimpe, ce qui change pas mal la donne quand vous êtes sur un mur avec des passages techniques. 
Les voies a faire sont notées par niveau de difficulté et vont de 5a pour la plus facile, a 8b pour les fadas! On a commencé par une 5b puis une 6a que j'ai passé sans encombre. Par contre Alek, bien que très bodybuildé, n'était pas très a l'aise avec la roche et avait toutes les peines du monde a tenir sur la paroi. Il essayait de passer en force a chaque fois et tout dans les bras mais cela ne faisait que tétaniser ses muscles et l'épuiser pour rien.
Une 3eme personne est venue rejoindre notre groupe, une russe de bien 45ans, grasse comme tout et qui ressemblait a tout sauf a une grimpeuse. J'ai dit au prof que j'aurais aimé faire une voie un peu plus dure car j'avais peur qu'on se rabatte sur quelque chose de plus facile vu le gabarit de ce nouvel arrivant. Il m'a répondu tranquillement: pas de problème, on va faire une 7b et c'est elle qui va ouvrir la voie (c'est a dire mettre en place les mousquetons jusqu'a l'arrivée!). Des qu'elle a démarré, on a était bluffé sur place: la nana montait quasi plus vite que les moniteurs locaux et est parvenue (elle a tout de même du s'y prendre a 2 fois) a ouvrir la 7b jusqu'au bout. 
C'était mon tour d'y aller mais encore heureux la voie commençait par une portion gradée 6b. Je suis parvenu a passer mais j'ai vraiment du me surpasser et bien sur avec les conseils du moniteur qui m'indiquait où étaient les prises. Je suis alors arrivé au départ de la 7b: c'était juste une paroi verticale quasi lisse sans aucune prise. J'ai a peine fait 2 mètres a l'horizontale puis me suis retrouvé bloqué sur la paroi...pas encore mon niveau pour sur!
Le site était devenu surpeuplé et c'était un peu la bataille pour trouver une voie de libre. On a finalement pris le bateau retour mais je fus enchanté par cette première journée d'escalade et voulais absolument recommencer le lendemain. 
Alek est venu checker dans la même pension que moi et on est reparti tôt le matin pour Raley. On a démarré par une balade sur une montagne où un chemin assez pentu nous a emmené jusqu'a un magnifique point de vue où l'on pouvait voir les 2 plages de Raileys cote a cote avec la bande de terre verte les séparant. Mais ce n'était pas là le clou du spectacle, on a pris un autre chemin pour redescendre, bien plus escarpé celui-là, pour arriver, après s'être faufilés dans une longue et étroite paroi entre 2 falaises, sur un plan d'eau: le lagon! Incroyable de trouver ça ici alors qu'il était entouré de hautes parois abruptes. Je me suis senti comme dans le film "La Plage" lorsque Leonardo trouve un endroit magnifique et paradisiaque. On a exploré le coin de fond en comble avec Alek et même quelques grottes pour voir si il y avait un autre passage mais non, le seul accès était le chemin qu'on avait pris a l'aller. 
On a continué la journée avec Pet de nouveau, le moniteur d'escalade et commencé par la traversée d'une énorme grotte a l'intérieur d'un piton rocheux qui séparait 2 plages. La vue a l'entrée était déjà magnifique mais celle a l'arrivée encore plus sensationnelle. On a débouché a 30 mètres de hauteur alors qu'un climber était en train de réaliser le plus dur d'une paroi classée 7b en devers: impressionnant de sang-froid, de techniques et de sureté dans ses prises! Surtout qu'il était en train de l'ouvrir et qu'il ne fallait pas qu'il tombe. On est descendu en rappel puis on a enchainé par un peu de grimpette le long de cette nouvelle paroi. Il y avait encore trop de monde et alors que je voulais faire des 6b, Pet nous a collé sur un mur de 5a, 5b. Je me suis plaint et lui ai dit que je voulais en plus qu'il m'apprenne quelques techniques de grimpe alors qu'il ne se contentait que de m'indiquer les prises a prendre. Il m'a répondu que si je voulais des conseils techniques, il fallait que je paie sur plusieurs jours une formation. Pas très cool de sa part.
On a du de nouveau repartir sur le continent par bateau et me suis repointé le lendemain mais cette fois-ci sur la plage de Tonsai, quasi collée a celle de Railey West mais avec un tout autre spirit: il n'y avait quasi que des grimpeurs ici qui étaient venus pour la plupart avec leur propre matos spécialement en Thailande pour ce site! L'ambiance au village était très rasta et relax, rien a voir avec la trop touristique Railey. J'avais en tete de prendre un cours particulier d'escalade pour parfaire mes techniques avant d'attaquer le Nepal. Malheureusement, les profs n'étaient dispo que le lendemain. Je suis allé me balader sur la plage de Nha Tang puis ai pris une après midi escalade sur une autre paroi avec une finlandaise et un russe, toujours accompagné d'un guide. 
J'ai commencé par une 6a+ que j'ai eu le plus grand mal a passer mais y suis parvenu sans me servir une seule fois de la corde. Un sacré défi car lors de la principale difficulté, j'étais quasi sur de ne pas pouvoir passer et pourtant j'y suis parvenu en repoussant mes limites. C'en est suivi une 6b mais je n'avais plus assez de patates dans les bras et il y avait un passage vraiment difficile que je n'ai pas réussi a franchir. Un peu de repos puis j'ai terminé par une 6a tranquille mais a plus de 30 mètres avec une super vue sur la baie. On est rentré a la tombée de la nuit. Le temps de me faire faire un massage et de diner qu'il était déjà 22h alors que je ne mettais pas encore mis en quête d'hotel où dormir pour la nuit. Et bien sur, quand je commença, tout était plein a Tonsai village. Les 2 seuls choix qu'il me restait étaient une tente a 280baths et dont les draps a l'intérieur n'avaient pas l'air propre dans une guest house tout en haut de la colline de Tonsai, et un bungalow de luxe a 750 mais mieux placé. J'ai opté pour le bungalow pour une fois et ai pu négocier la nuit a 650 tout de même.



Le lendemain, je commençais mon cours d'escalade qui s'intitulait "techniks of rock climbing and bouldering" avec un moniteur local. Je ne connaissais pas ce terme "bouldering" qui se traduit en français par "bloc" ou "faire du bloc". Il s'agit de faire de l'escalade sans corde en faisant des parois pas très hautes et donc sans danger si l'on tombe. On a commencé par un mur d'escalade en indoor où j'ai eu toutes les peines du monde a faire les exercices que me demandait le prof. Et a chaque fois la même remarque qui tombait: "you need more muscles, you have to train harder when you come back in your country!". Je n'étais évidemment pas venu pour entendre ça mais plus pour apprendre des techniques de grimpes. Apres 1h30 sur le mur, on est parti en extérieur dans une cave spécial bouldering. Le spot était bien plus dur que le mur et la plupart des parois était en devers complet! J'en ai fait une 1/2h sur la partie la plus facile mais je n'avais déjà plus rien dans les bras. Je me suis plaint au prof lui disant que j'avais besoin d'un site plus accessible a mon niveau et que je voulais apprendre des techniques de base. On s'est pris la tête et il a préféré arrêter le cours là. J'ai négocié avec la patronne du centre et elle m'a refilé une heure de cours gratos avec un autre prof, blanc cette fois, le lendemain matin. 

En discutant avec pas mal de grimpeurs dans l'après midi, j'ai compris qu'il fallait en fait en passer par là pour progresser et que le bouldering était indispensable a l'escalade mais qu'il était assez ingrat au début. Il faut se muscler certains muscles que l'on utilise jamais dans la vie de tous les jours comme les muscles des doigts ou le gros orteil.
C'est finalement une russe, Ekaterina, qui m'a donné un cours et qui m'a mieux expliqué certaines techniques même si au final, ce fut encore limité a cause de mes muscles. Ca m'a en tout cas donné l'envie d'approfondir cette discipline en rentrant surtout qu'il y a un site magnifique juste a cote de Paris. J'en ai pris conscience après avoir passé quelques jours avec des climbers de tous les coins du monde a Tonsai. A chaque fois que je leurs disais que j'habitais a Paris, ils me répondaient tous sans exception "génial, a Paris, a cote de Fontainebleau". Il s'agit en fait du meilleur spot mondial pour pratiquer le bouldering et la plupart des grimpeurs que j'ai rencontré ici y allaient chaque année au moins une fois! Si bien qu'a la fin, a la question où j'habitais, je répondais "a cote de Fontainebleau, dans un petit patelin appelé Paris!".



Juste après le cours de bouldering, j'ai enchainé par une journée de Deep Water Solo, probablement un de mes meilleurs moments lors de ce tour. Il s'agit de faire de l'escalade/bouldering mais sans corde, car on est sur des falaises qui plongent directement dans la mer: génial! Le site était magique et il y en avait pour tous les niveaux. De la 6a a de la 8a...et tant mieux car dans le bateau, il y avait des extra-terrestres...de véritables singes. Certains sont passés sur des 7c mais aucun n'a réussi a passer une 8a hormis les locaux! 

De mon cote, j'ai commencé par une 6a et lorsque je fus tout en haut et que je sauta, ma go pro que j'avais a la tête se perdit dans l'eau. J'appelais le staff qui n'avait pas l'air de trouver ça trop grave. Je nageais a fond jusqu'a mon bateau et demanda un masque tuba au capitaine. Ce dernier m'en lança un et je me remis a peu près au spot où j'avais plongé. Je commença ma descente et au moment où j'entrepris d'égaliser mes oreilles, je m'aperçus que la partie du masque qui couvrait mon nez était en plastique dur donc impossible a égaliser et donc a descendre plus profond! Je retourna en trombe a mon bateau et engueula tout le staff leurs disant qu'ils ne bougeaient pas le petit doigt pour m'aider et qu'ils auraient du me prévenir avant que je ne saute. J'ai trouvé un autre masque, plus standard et suis reparti sur le spot. J'avais peur qu'avec le courant, la camera, si je ne tarde trop, soit emportée a tout jamais. Ma chance en revanche, c'est qu'elle était toujours en marche et donc qu'elle clignotait rouge. Je réussis a la trouver a ma 1ere descente a a peu près 10 mètres de fond. Merci le free diving! Tout le staff était étonné que je la retrouve du premier coup et j'ai bien compris ce qu'ils attendaient. Que je perde ma camera pour aller la récupérer par la suite. J'eus quand même le droit a une remarque du capitaine qui n'était pas content que je l'insulte! Pas ingrat, il m'a donné une corde que j'ai pu attacher a ma go pro et mon maillot pour qu'elle ne puisse plus se détacher. J'ai pu continuer sur une autre paroi puis on est allé faire la pause déjeuner avant de reattaquer un autre site, "spiderman". C'était magique, il y avait une haute et vertigineuse parois et un énorme stalactite qui la longeait sur plusieurs dizaines de mètres. Je fus le 1er a tenter de monter sur le stalactite mais le passage etait très périlleux: il s'agissait d'une 6b mais a plus de 15 mètres de haut et si je tombais de travers, la réception dans l'eau serait assez douloureuse. J'ai pris mon sang froid a 2 mains et me suis lancé sur la paroi. Tous les guides m'ont aidé en criant les bonnes prises a prendre et je réussis a passer et a monter sur le stalactite. La vue était a couper le souffle bien sur et j'entrepris de monter un peu plus haut jusqu'au moment où je me retrouvais coincé car passage trop technique et surtout trop périlleux a essayer a près de 20m de hauteur. Il ne restait plus qu'une chose a faire, sauter! J'avais appris une technique de saut lors d'un cannoying a plus de 18m où le prof m'avait dit de commencer par faire l'oiseau avec les bras pour finir par faire l'allumette car a cette hauteur, si on fait le piquet trop tôt, on a des chances de partir sur le cote et de s'éclater alors a l'impact. Et j'ai appliqué cette technique a merveille.
Une dernière nuit a Tonsai soit 6 au total a Krabi puis je pris le bateau le lendemain matin direction la fameuse ile de Koh Lanta.

lien vers la vidéo Bouldering & Deep Water Solo

dimanche 8 mars 2015

Tdm 5 E03 Thailande Part 3: Chiang Rai et le triangle d'Or


Un petit bus de 5h de Chiang Mai et je me suis retrouvé a Chiang Rai. Plus petite et avec beaucoup moins de touristes. Je suis allé visiter le White Temple, pas vieux (il date de 1997), mais très orignal pour la Thailande car tout en blanc. Il fait penser un peu au Taj Mahal, toute proportion gardée. 

Le night bazaar de Chiang Rai est très sympa avec plein de petites gargotes posées entre les étals des divers marchands de babioles locales.
J'ai de nouveau loué un scooter et me suis dirigé plus au nord en direction de Mae Salong, un petit village perdu dans les montagnes qui a été créé pour accueillir les réfugiés du KMT martyrisés par la junte militaire birmane. J'ai ensuite poussé un peu plus loin dans les montagnes pour rejoindre Doi Tung, pile poil a la frontière avec la Birmanie. Il s'agit d'un site créé par la Reine mère. On y visite son "chalet savoyard" tout en teck ainsi qu'un magnifique jardin botanique.
J'ai pris une petite piste qui m'a fait traverser brièvement la frontière pour arriver de nuit a Mae Sai, grosse bourgade sans grand intérêt si ce n'est son poste frontalier avec la Birmanie.
Le lendemain, j'ai commencé ma visite du Triangle d'Or par le Hall of Opium. Cette région des 3 frontières (avec le Laos et la Birmanie) est surnommée ainsi a cause du traffic d'opium qui y avait lieu pendant des siècles. C'est la Reine mère qui y a mis fin, cote thaïlandais du moins, en faisant un travail de fond vis a vis de la population locale pour que les paysans puissent cultiver des plantes de substitution et de sortir de ce cercle infernal qui a produit des effets désastreux sur les populations asiatiques et notamment chinoises. Le Hall of Opium a été une visite passionnante sur le sujet (j'y suis resté près de 4h!) où l'on apprend que les 2 guerres de l'Opium qui ont eu lieu au milieu du 19eme siècle entre l'empire britannique, soucieux de perpétuer le commerce de l'Opium, et la Chine, qui voulait mettre un stop, ou tout du moins encadrer le commerce de l'Opium, trop néfaste a sa population dont des millions d'hommes en étaient accros et réduits a la misère. Les Anglais ont gagné ces 2 guerres et ont forcé la Chine a libérer complètement le marché de l'Opium. C'est d'ailleurs a cette époque que Hong Kong a été cédée par la Chine a la Grande Bretagne pour une durée de 150ans et qu'elle est devenue une telle plaque tournante de ce commerce. Il a fallu attendre des accords internationaux démarrés en 1912 pour voir son interdiction progressive dans le monde.
Je suis allé faire quelques temples et ai pu admirer de beaux panoramas de la région et du Mékong qui sert de frontière naturelle avec le Laos.
Je suis rentré dans l'après midi a Chiang Rai et me suis dégoté un vol a l'aéroport pour Bangkok puis pour Krabi, ma première étape de ma visite des cotes de la Mer d'Andaman.

lien vers la vidéo Chiang Rai & le Triangle d'Or


Tdm 5 E03 Thailande Part 2: le loop de la région de Chiang Mai


Ce loop est en fait une boucle de 700km que l'on peut faire a partir de Chiang Mai et qui vous emmène sur des routes très sinueuses, certains la surnomment la route des 1664 courbes On a tout d'abord rejoint le village "hyppie" de Pai, plutôt reposant bien que quasi que peuplé de touristes.

Le lendemain, on est allé visiter une gigantesque grotte perdue dans la jungle dans laquelle coulait une rivière sacrée en utilisant un petit radeau et un batelier. 
On a traversé quelques cols de montagnes qui sont habitées par de nombreuses tribus différentes qui ont fui la Birmanie toute proche a cause de la répression de la jente militaire au pouvoir. La plus connue de ces tribus est celle des long-necks ou femmes girafe. Vous comprendrez pourquoi avec la video.
La visite était sympa mais assez touristique. 
Petite pause a la mi journée où l'on s'est baigné aux Tha Pai Hot Springs, des sources d'eaux chaudes a près de 40°c, alors qu'il faisait déjà plus de 30°c dehors. On a ensuite essayé de s'écarter des sentiers battus en prenant des chemins de montagne pour voir des villages plus reculés. Et ça n'a pas loupé: alors qu'il y avait une descente a pic sur un chemin en terre, je compressais de toutes mes forces les 2 freins du scooter mais a cause du poids, vu qu'on était 2 plus un gros sac a dos, je prenais quand même de la vitesse. J'ai freiné tellement fort que bien que la vitesse soit quasi nulle, le scooter a dérapé et s'est mis de travers en s'écrasant de tout son poids sur ma cheville gauche. Nicoline s'en est tirée avec quelques hématomes sur la cuisse et de mon cote, j'avais le bras gauche un peu éraflé. Rien de très grave sauf que ma cheville était tout de même endommagé et que je boitais un peu en marchant. Il me restait suffisamment de temps pour récupérer d'ici le Nepal!
On a eu un super coucher de soleil au Wat Doi Kong Mu, temple perché en haut d'une montagne qui dominait la ville de Mae Hong Son avant d'aller profiter de son lac en centre ville et de ses restaurants de rue. Mae Hong Son est moins jolie que Pai mais beaucoup moins de touristes et donc offrant un visage plus thaï.

lien ers la vidéo loop Chiang Mai 1




Le temps est très changeant ici dans les montagnes: super froid le matin et a la tombée de la nuit, surtout si l'on se balade en scooter, et un soleil de plomb qui vous assomme en journée. On a rejoint le village de hautes montagnes de Microwave habité par des Méo, une ethnie chassée de Birmanie.
On a ensuite fait un long trajet très vallonné entre Mae Hong Son et Mae Chaem où l'on a traversé des villages assez pittoresques et pu aller a la rencontre des locaux. 
Juste avant le coucher de soleil, on a pu faire l'ascension a scooter du plus haut point de Thailande, le Doi Inthanon, culminant a 2600m d'altitude avec une température a 2°c au sommet. Je vous laisse imaginer la redescente en scoot, surtout qu'on a du la faire de nuit! On avait prévu de s'arrêter a Chom Tong pour la nuit mais on est tombé sur un festival avec une course de velo qui demarrait le lendemain. On a profité de l'ambiance très locale des lieux jusqu'au moment où l'on s'est mis en quête d'une auberge pour dormir. Tout était archi complet et il était déjà 23h. On n'a pas eu d'autre choix que de continuer une heure de plus en pleine nuit pour rejoindre Chiang Mai où l'on a également eu toutes les peines du monde a trouver un logement, nouvel an chinois oblige.

On est allé de faire un tour a dos d'éléphant, un des must a Chiang Mai dans un des nombreux camps qui proposent ce genre d'activités. On y est arrivé un peu tard et on n'a malheureusement pas pu avoir les activités complètes: dommage! 
Visite d'une nouvelle grotte a Chiang Dao, sacrée et comprenant plein de Bouddha et autres reliques dans ses profondeurs. 
Retour a Chiang Mai où l'on a visité le temple de Wat Cher Yod datant du XVeme siècle. En fin de journée, on a de nouveau fait un sommet, a la montagne de Suthep où y était logé un envoûtant monastère. Des moines y priaient tout en entonnant des chants bouddhiques.
On a terminé la journée et ce tour par le sunday market, une institution a Chiang Mai, blindé de touristes, pour la plupart chinois. Même les cours et jardins des temples étaient envahis par les étales et restaurants de rue.

Nicoline allait demarrait son tour a velo et moi de mon cote, je me dirigais encore un peu plus au nord pour visiter Chiang Rai et son fameux triangle d'or.

lien vers la vidéo Loop Chiang Mai 2


lundi 2 mars 2015

Tdm 5 E03 Thailande Part 1: Bangkok


Bizarrement, bien qu'il s'agisse du 10eme pays le plus visité du monde, je n'avais encore jamais mis un pied ici. Ce fut un choc par rapport a l'Afrique, même si Dubai avait contribué a l'atténuer. J'avais oublié ce qu'était le tourisme de masse.

J'ai commencé par un tour en bateau taxi, le meilleur moyen pour rejoindre le centre ville qui n'est pas desservi par le métro. Bangkok m'a fait penser a un mix entre Hong Kong d'un cote et ses grands gratte-ciels, et des quartiers plus authentiques que l'on peut voir par exemple a Saigon. J'ai commencé par le Grand Palais, surpeuplé de touristes chinois posant pour la postérité: pas facile d'apprécier le site alors surtout sous un soleil de plomb. Quelques temples plus tard, plus beaux les uns que les autres, mais quasi une indigestion après une 1/2 journée de ceux-ci. J'ai fait la connaissance de Mehmet, un journaliste turc qui vient souvent ici et qui m'a amené sur quelques bons spots locaux. 
Le lendemain, on est allé faire un tour sur les canaux de la vieille ville puis on a rejoint le gold mount, un temple perché au sommet d'une petite colline d'où l'on avait un très joli panorama.
J'ai pu trouver un vol pas cher (25€) pour rejoindre le nord et bien que je dus laisser ma tente et quelques autres menus bagages a mon hostel, histoire de ne pas dépasser les 15kg autorisés en soute, j'ai sauté sur l'occasion et me suis envolé pour la région de Chiang Mai.

lien vers la vidéo Bangkok

dimanche 1 mars 2015

Tdm 5 E02 Djibouti


Je n'avais pas forcement prévu de stop ici a la base mais, bien que je n'ai rencontré personne en Ethiopie y étant allée, mon lonely planet m'en avait convaincu. Il y avait un spot très venteux parfait pour la pratique du kite, de belles épaves pour la plongée ainsi qu'un safari pour nager avec les requins baleines que j'avais ratés a maintes reprises lors de mes différents voyages.

J'ai pris une grosse claque dans la tête des la 1ere après midi ici. J'étais le seul touriste dans l'avion. Tous les autres passagers étaient des militaires, des professionnels ou des locaux. Je n'avais pas fait la demande de visa et ils m'ont bloqué une bonne heure et demi a l'aéroport avant de me laisser enfin rentrer, après m'avoir soutiré 90$ pour un visa d'un mois. J'ai fait les 3 hôtels les plus "budget" et pas moyen de trouver une chambre a moins de 30€. Ca m'a changé de l'Ethiopie où les prix étaient plutôt de l'ordre de 4/5€, quand je prenais une chambre au lieu de pose ma tente.
Ici, il y a bien sur la base militaire française dont la présence date de plus de 120ans. Le contingent français est de l'ordre de 5000 personnes, famille inclus. Mais il y a également plein d'autres bases armées ici comme les américains, les italiens, les chinois. Je suis arrivé au centre ville vers 14h un lundi et la ville était comme morte: pas un chat dans les rues et toutes les boutiques fermées. On m'a expliqué que les gens avaient l'habitude de faire la sieste jusqu'a 16h car en été, il faisait trop chaud pour travailler avec des températures allant jusqu'a 50°. Il y avait 2 centres de plongées réputés: le 1er, Dolphins, m'a vite refroidi en me disant qu'ils avaient une prochaine sortie prévue que dans 5 jours car pas assez de client avant! Il y avait le Porte avion français, le Charles de Gaulle, qui arrivait dans 3 jours, avec près de 2000 personnes a son bord. Ils m'ont egalement dit que la session des requins baleines avait pris fin la semaine passée: gloups! Pour le kite , pas mieux. Ils avaient eu une grosse session de 15 jours de vent non stop mais depuis, le vent était tombé et cela allait durer toute la semaine. En plus, les seuls mecs qui louaient du matos, comme pour la plongée d'ailleurs, sont des militaires et ne font ça que pendant leurs perms, soit le we ou dans l'après midi. Il y avait bien un site, la baie de Ghoubbet, où le vent souffle a plus de 30 noeuds sur plus de 300 jours par an. Mais il était situé a 100km de Djibouti city et pas possible de l'atteindre sur une 1/2 journée. La 2eme agence, le lagon bleu, était encore plus chaotique. Elle était annoncée dans le plus bel hotel de Djibouti dans le lonely mais avait finalement déménagé au centre ville puis a l'aéroport. Au final, je ne les ai jamais trouvé mais ai réussi a passer par une agence de voyage pour contacter un militaire qui organisait des sorties en bateau. Par contre, pas d'épave: le mec, qui travaillait dans l'armée de l'air, avait des baptêmes de prévu et donc pas de sites trop profonds ni compliqués.
Bref, je n'ai pas attendu trop longtemps pour me trouver un vol direction Dubai dont le prochain partait dans 2 jours.
Le lendemain, je suis finalement parti a la sortie en bateau pour visiter l'ile Moucha et ai fait une session de free diving...seul! C'est le truc a ne jamais faire normalement car il doit toujours y avoir un binôme pour sécuriser la remontée où l'on peut faire une syncope mais bon, la profondeur n'était que de 23 mètres et ils n'avaient jamais vu d'apneistes avant ici. Ils m'ont filé une bouée pas tout a fait adaptée avec un fil qui s'enroulait sur une poulie en guise de ligne. Ca m'a bien convenu jusqu'au moment, après 1/2h de session, où alors que je nettoyais mon masque empli de buée, j'ai perdu ma go pro des mains qui s'est mise a couler a pique. J'ai fait mon canard pour la recuperer mais ai perdu une palme dans le mouvement. Je n'avais pas 50 solutions: soit je remontais pour récupérer ma palme au risque de ne plus retrouver ma go pro, soit je continuais pour ma camera. J'ai opté pour la seconde solution mais avec une palme, je descendais a peine plus vite que la go pro, ce qui fait que je l'ai récupérée quasi au fond de l'eau. Le temps de remonter, ma palme avait déjà disparu. J'ai tout de même continué ma session car je n'avais pas vraiment besoin de palme puisque j'utilisais la ligne, a la descente comme a la remontée. Et ce qui devait arriver arriva: alors que j'étais au fond et que j'entamais ma remontée en tirant sur la ficelle, cette dernière s'est tranquillement mise a descendre et ne me tirait plus vers le haut. Le noeud que j'avais fait avec la bouée avait lâché et je me retrouvais a 15m sous l'eau avec la ficelle dans la main qui contenait les 7kg de poids au fond de la mer servant de leste. J'ai essayé de remonter l'ensemble en gardant la ficelle a la main mais sans palme et avec 7kg de plus, je me suis assez vite aperçu que je n'allais pas y arriver! J'ai commencé a paniquer car il me restait encore un petit bout pour retrouver de l'oxygène a la surface. J'ai finalement décidé de lâcher la corde et suis remonté a toute vitesse. J'aurais du garder mol calme afin d'utiliser un minimum d'oxygène mais difficile dans ce genre de conditions. A la surface, ma bouée avait bien sur foutu le camp ainsi que ma 2eme palme. En gros, hormis ma go pro et mon masque tuba, j'avais tout perdu! Les mecs de l'école de plongée ont été cool et sont retournés dans l'eau avec leur bouteille pour retrouver les poids. Ils ont même réussi a remettre la main sur la bouée après une petite virée en bateau de 10'.

Le lendemain, je partis faire un tour avec Abdullaih, un local qui m'avait abordé au resto et qui avait soi-disant une agence de voyage avec 4x4 & co. On est finalement parti en taxi break pour faire un tour de la région et notamment du golfe de Tadjoura. Ce bout de terre qu'est Djibouti n'est en fait qu'un tas de cailloux aride où rien ne pousse tellement il fait chaud. Et pourtant, du fait de son emplacement stratégique, de nombreux pays y ont installé leur base militaire et beaucoup d'éthiopiens et de somaliens le traversent pour essayer de rejoindre le Yemen puis l'Arabie Saoudite en espérant y trouver fortune. Résultat, a peine sorti du centre ville de Djibouti City, on se rend très vite compte de la misère ambiante. A l'approche du lac Assal, la population était quasi inexistante si ce n'est quelques villages afar disséminés ici et là. Aux abords du lac, il y avait des sources d'eau chaude volcanique mais la température y était bien trop élevée pour s'y baigner. En revanche, au lac de sel d'Assal, j'ai pris tout loisir a m'y tremper mais pas de plongée cette fois, l'endroit étant bien trop salé. Les rives du lac étaient complètement faites de sel si bien qu'on se retrouvait carrément sur une banquise quand on marchait dessus. Il n'y avait qu'une poignée d'hommes qui y extrayait le sel mais contrairement a Danakil, ils n'avaient pas besoin de pioche pour briser les blocs de sel qui étaient beaucoup plus friables ici. Il suffisait juste de venir avec ses sacs et se servir.
Mon avion partait dans l'après midi et je changeais de continent pour une petite halte a Dubai y rejoindre Romain, un ami de longue date qui venait tout juste d'y migrer le mois dernier...

lien vers la vidéo Djibouti