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jeudi 18 septembre 2014

Tdm4 E16 Ethiopia Part 1: la capitale Addis Ababa


On s'est séparé avec Vince a l'aéroport d'Addis, lui prenant un autre vol pour rentrer et moi continuant mon périple ici. On m'avait prévenu que l'Ethiopie était un pays totalement différent de tout ce qu'on pouvait voir dans le reste du monde et des mes premiers pas ici, je l'ai vite compris. Le visa d'entrée ne coutait que 17€ ou 20$ mais je n'avais que 9$ de cash sur moi et un billet de 200€. Les douaniers n'avaient pas de change et les 2 bureaux de change de l'aeroport  soit disant non plus. Pour couronner le tout, les 2 distributeurs de billets étaient en panne! Je me retrouvais coincé. Les douaniers m'ont donné un récépissé de passeport et ont gardé l'original en me disant de repasser les voir quand j'aurais les sous et ils m'ont laissé passer.

J'ai trouvé un taxi et on a fait près d'une trentaine de distributeurs dans toute la ville: tous en panne! Il y avait une pluie battante et j'avais bien sur laissé mes affaires de pluie a Vince, histoire d'alléger mon sac, ne sachant pas que j'etais en pleine période de mousson ici. Pour noircir encore un peu plus le tableau, mon taximan ne parvenait pas a trouver mon hotel et il m'a dirigé finalement vers un autre, portant le même nom mais pas tout a fait au même endroit. J'avais checké auparavant sur internet et les voyageurs avaient signalé qu'il y en avait effectivement deux et qu'il fallait se méfier des arnaques. Les proprios m'ont dit qu'ils avaient fermé l'ancien mais ils ne ressemblaient pas au couple d'allemands mentionné dans le lonely planet. Je n'avais guère le choix vu que j'etais a sec et qu'ils acceptaient de me faire crédit pour la nuit, la chambre a 25$ tout de même alors qu'annoncé a 14$ sur internet.
Je suis resté la soirée a l'hotel vu que je n'avais pas un sous en poche et en ai profité pour me reposer un peu.
Le lendemain, la pluie s'est enfin arrêtée vers midi et j'ai pu retirer des sous et retourner a l'aéroport récupérer mon passeport. Encore heureux que je n'avais pas booké de tour et que j'avais un programme plutôt flexible. 
Pour ne pas déroger a mes bonnes habitudes africaines, je suis allé me faire une simcard locale. Pas très compliqué, tout comme les compagnies aériennes, ils n'ont qu'un seul opérateur téléphonique ici. Par contre, pas de 3G sans acheter un téléphone, j'ai du me résoudre a de la 2G, soit pas d'internet du tout.
Le soir, je suis sorti et suis tombé sur l'anniversaire de David, un expat italien, et de sa femme locale, tous deux nés le même jour. Ambiance super sympa avec beaucoup d'expats. Je suis ensuite allé au club Illusion puis au Concorde mais ai été un peu déçu par la night life d'Addis dont on m'avait dit le plus grand bien.
Samedi, jour de visite des musées sous une pluie battante qui décidément avait du mal a s'arrêter. J'ai commencé par le musée ethnographique qui retraçait les spécificités d'un peu toutes les ethnies en Ethiopie et dieu sait si il y en a! Un petit tour au musée nationale pour faire les restes de notre cher ancêtre a tous, Lucy, vieille de 3,2 millions d'années. A noter qu'elle n'est plus la plus vieille car d'autres restes encore plus anciens de près de 5 millions d'années ont été trouvés depuis. Je suis ensuite allé a l'église orthodoxe St Georges construite fin du 19eme siècle pour fêter la victoire sur les italiens. Victoire importante car elle a permis a l'Ethiopie de ne pas être colonisée, ce qui demeure le seul exemple du genre sur tout le continent africain.
J'ai fini ma tournée par le musée du génocide de la "Terreur Rouge" qui explique qu'en 1974 pendant la révolution qui a fait abdiquer Haile Selassie, le dernier empereur d'Ethiopie, l'armée a profité du bordel ambiant pour s'approprier le mouvement révolutionnaire Derg et prendre le pouvoir. C'est ainsi que le colonel Mengistu est devenu dictateur et qu'il a tué plus de 500,000 personnes lui faisant opposition. En 1991, des contre révolutionnaires ont réussi a le renverser et ce dernier a pris la fuite au Zimbabwe où le dictateur local, un de ses proches, le cache encore aujourd'hui.
Je suis revenu a l'auberge et suis parti me faire une sieste afin d'être en forme pour la soirée mais je ne me suis relevé que le lendemain. Il pleuvait encore des cordes alors que j'avais décidé de démarrer mon trip éthiopien par le sud mais je décida d'annuler complètement ce voyage et de rentrer en France. Les locaux annonçaient près d'un mois et demi de telles moussons et je n'avais aucune envie de passer mon dernier périple sous des trombes d'eaux. Je préféra reporter ce voyage au début du prochain et dernier tour, le TDM5!

lien vers la vidéo Ethiopie Addis Abeba


lundi 15 septembre 2014

Tdm4 E15 201408 Ouganda: extreme rafting a la source du Nil


Vince arrivait a la fin de son périple. Il ne lui restait que 2 nuits a passer et on arrivait a peine en Ouganda a une frontière où il n'y avait juste rien. Plus d'une heure de galère pour trouver le change afin de s'acquitter des droits d'entrées pour le visa. On démarra par un peu d'auto stop pour rejoindre la plus proche ville. On monta dans un shared taxi mais a peine démarré que le conducteur se faisait attraper par un mec qui visiblement bossait pour les taxis et lui mit une bonne claque et nous demanda de descendre et de monter dans une autre voiture. On obtempéra et on mit bien 2h pour rejoindre la prochaine bourgade, située a a peine 75km d'ici mais le paysage, très montagneux, était somptueux. Le temps de se restaurer et on put monter dans un bus de nuit direction la capitale Kampala. On partir a 19h pour arriver a 3h du mat. On resta dans le bus jusqu'a 6h du mat puis on prit un petit dej avant de prendre un ride qu'on avait réservé direction l'embouchure du Nil qui démarre ici au lac Victoria a la ville de Jinja. On s'était booké une descente du Nil en rafting mais, histoire de pimenter la chose, on avait prit la formule "extreme" soit une personne par bateau plus le capitaine! Activité super touristique, on était près d'une soixantaine a faire du rafting ce jour là mais seulement nous deux a avoir pris cette formule, et pour cause: a quasi chaque rapide, le bateau, trop petit, chavirait et on se retrouvait a chaque fois dans l'eau. On fit 8 rapides allant jusqu'a la class V mais avec beaucoup de passage plat où il fallut ramer. Les paysages étaient grandioses et les rapids impressionnants. La nuit dans le camp était offerte et on passa la spirée avec un sympathique groupe d'israéliennes. 

Le lendemain matin, on s'était booké un tour sur une ile au large d'un lac Victoria mais avec les transports publiques, impossible d'arriver a l'heure. On annula la sortie et on passa le reste de la journée a Kampala, le temps que je me booke mon vol pour Addis Ababa, la capitale Ethiopienne, mon prochain arrêt. Vince avait lui aussi trouvé un vol dans cette direction pour retourner a son point de départ, l'aéroport de Kilimanjaro d'où il repartait.
On se sépara a l'aéroport d'Addis en fin de journée et je continua mon périple avec cette dernière étape au berceau de l'humanité, l'Ethiopie.

lien vers la vidéo Extreme rafting source Nil


mercredi 10 septembre 2014

Tdm4 E14 201408 Rwanda Part 2: des gorilles dans la brume au parc des milles volcans


On prit un bus très tôt pour rejoindre le parc aux milles volcans et le départ du trek pour voir ces fameux gorilles. On traversa des paysages assez surréalistes, le coin étant plein de collines dont le moindre mètre carré était utilisé pour y faire pousser quelque chose, et ce quelque soit la pente de ces dites collines. Il faut dire que le pays compte désormais plus de 15 millions d'habitants ce qui en fait le pays le plus dense en terme de population de toute l'Afrique.
On arriva aux abords du parc et on comprit vite pourquoi il était appelé le parc aux milles volcans. Il y avait de hautes montagnes un peu partout dont les sommets étaient tous perdus dans les nuages, le plus élevé culminant a 4500m soit le 5eme plus haut sommet d'Afrique. On se pointa a l'entrée du parc et il y avait déjà foule. Tous les touristes étaient là et prêts a démarrer l'approche des gorilles. Les groupes étaient de max 8 personnes et on se retrouva dans le seul groupe qui allait sur le chemin le plus difficile pour voir les gorilles, situé a près d'une heure en voiture d'ici. On était 6 en tout, 2 milanais banquiers (dont un bossant chez JPMorgan!) faisant un tour de la région en véhicule 4x4 avec leur propre chauffeur ainsi qu'un couple britanno canadien dont le pere de la jeune fille, qui bossait en tant que directeur de l'école internationale de Kigali, les accompagnait. On s'incrusta chacun dans un des 2 véhicules et on prit la route. Mais après a peine 30' de route, le 4x4 des italiens tomba en panne et on dut attendre un 4x4 de remplacement pendant une bonne heure. On était les seuls a avoir prit ce chemin car il était le plus difficile de tous. Il empruntait justement les pentes de la plus haute montagne du Rwanda et il n'était pas rare qu'il faille monter jusqu'a plus de 3500m pour pouvoir approcher les gorilles. On démarra l'ascension par une foret de bambous de toute beauté, accompagné par 2 guides et 2 gardes armés, soi-disant pour nous protéger des buffles mais je crois que c'était plus une mesure de sécurité envers les rebelles du M23 qui pouvaient sévir dans la région. La britannique avait également pris un porteur car elle ne se sentait pas bien ce jour là et effectivement elle n'avança pas très vite sur la pente de cette montagne. On du l'attendre a de nombreuses reprises et le guida ne pensa pas qu'elle allait y arriver. Mais finalement après 3 d'heures d'ascension, alors qu'on était passé a une végétation plus tropicale d'une foret humide, les 5 pisteurs qui nous devançaient nous signalèrent qu'il y avait un groupe de gorilles a l'approche. On était a une altitude de 3000m environ et on tomba tout de suite sur l'Alpha mâle, énorme avec son dos a la peau grise argentée. On s'approcha de lui a quelques mètres a peine et personne ne toussa alors! Il y avait un groupe d'une quinzaine d'individus et on rencontra le nouveau né de la bande, d'une semaine a peine, dans les bras de sa mère qui nous laissa nous approcher a a peine un mètre. On pouvait presque les toucher! Il y avait également tout un groupe de jeunes gorilles, tous plus mignons les uns que les autres et notamment 2 jumeaux qui n'arrêtaient pas de se chamailler entre eux, visiblement pas du tout incommodé par notre présence. On vit un autre mâle tout aussi gros que le premier, préparait son nid de feuilles et de branches pour se faire une petite sieste. La rencontre fut assez magique et on n'en revenait pas d'être aussi prêt d'eux, a partager de tels moments, comme si l'on était des hôtes de passage. Apres avoir passé une heure avec eux (le temps maximum autorisé par le parc), on reprit le chemin de la descente.


On avait prévu ensuite de gravir cette plus haute montagne mais vu qu'on en avait déjà fait une partie, on changea nos plans pour un autre challenge encore plus fou: gravir le volcan Nyiaragongo, l'un des plus dangereux du monde, toujours actif et dont la dernière éruption datait de seulement 2002. Il y avait le plus grand lac de lave visible au sommet du cratère. Le tout était un véritable challenge car le volcan, bien que tout près, était situé en RDC dans une zone fortement perturbée par les rebelles dont la plupart faisait partie de la milice Interarmwé qui avait sévit ici. 
On se repointa aux abord du lac Kyvu où l'on essaya de franchir la frontière pour rejoindre la ville de Goma. Les autorités rwandaises me tamponnèrent mon passeport avec le visa de sortie en me prévenant que je devrais repayer un visa a ma nouvelle entrée au Rwanda et que pour cela, je devais faire une nouvelle demande de visa en ligne (qui en principe prend 3 jours alors qu'on en avait qu'un devant nous!). De plus, il était 17h55 et ils allaient fermer le poste frontière dans 5'. Arrivé cote congolais, c'était une autre paire de manche. On se serait cru dans une guerre civile. Ca grouillait de partout. Les policiers étaient beaucoup moins cool et n'hésitaient pas a se servir de leur matraque pour faire bouger les locaux qui se baladaient tous avec d'énormes sacs sur la tête. Les douaniers, nous demandèrent nos passeports et nous dirent niet car on n'avait pas de visa congolais. L'un d'eux nous expliqua brièvement qu'on était censé le demander dans nos pays d'origine mais qu'on pouvait aussi en faire la demande en ligne pour un visa volant. Ils nous raccompagnèrent a la zone de no man's land et c'est là que je commença a prendre peur. En effet, je n'avais plus de visa rwandais et pas fait encore de demande pour en obtenir un nouveau...on eut la chance de retomber sur les mêmes douaniers rwandais au retour qui purent nous annuler le tampon de sortie et nous faire rerentrer au pays. L'un d'eux nous expliqua que ce poste frontière était un peu compliqué et que l'on pouvait réessayer le lendemain au poste de la Grande Barrière où les douaniers congolais étaient plus "arrangeants".
On décida de tenter le coup et on se prit 2 lits en dortoirs dans une mission catholique (a 2,5€/nuit!) avant de réessayer le lendemain. 
Malheureusement, on se fit bloquer des notre sortie du Rwanda où les douaniers rwandais, voyant qu'on avait déjà un tampon de sortie annulé, nous refusèrent la sortie du territoire avant que l'on puisse leurs montrer des visas congolais. 
On laissa donc tomber cette périlleuse ascension et on prit un bus pour rejoindre la frontière ougandaise cette fois.

lien vers la vidéo Gorillas in the wist


lundi 8 septembre 2014

Tdm4 E14 201408 Rwanda Part 1: la capitale Kigali et le lac Kivu


On débarqua au Discovery Rwanda hostel, l'une des seules auberges de la ville, qui affichait complet mais dans laquelle on pouvait tout de même déposer nos tentes dans le jardin. On se fit une petite virée nocturne dans les bars du coin, le Sun downer, le Papyrus puis le K club. Les gens étaient très chaleureux et il y avait pas mal de blancs expats ici. Le lendemain matin, on alla au RDB, le bureau qui s'occupe de gérer les parcs nationaux au Rwanda et notamment les treks avec les gorilles de montagne, la principale raison de notre venue ici. On peut voir ces gorilles que dans 3 pays seulement: le Rwanda, l'Ouganda ainsi que la République du Congo et les approcher coute cher, 700$ en Ouganda et 750$ au Rwanda! Hormis le prix, le principal problème est qu'ils limitent le nombre de visiteurs a une soixantaine par jour et que les billets sont très vite sold out. On avait essayé de réserver en ligne quelques jours auparavant mais ils nous avaient annoncé que tout était plein sur le mois d'aout. Et pourtant en se pointant au bureau, la nana de l'accueil nous demanda notre jour de préférence et réussit a nous booker 2 tickets: parfait!

On fit ensuite un tour au mémorial du génocide. Les terribles incidents qui ont eu lieu ici sont encore dans toutes les mémoires. Il y eut un conflit entre 2 "soi disant" ethnies locales, les Tutsis et les Hutus. Il faut savoir qu'a l'origine, ces ethnies ont été créées de toute pièce par les colons belges en début du 20eme siècle en déclarant que ceux qui avaient plus de 10 vaches et un nez un peu plus long que les autres étaient classés dans les Tutsis, tous les autres dans les Hutus. Les Tutsis étaient donc minoritaires et représentaient 15% de la population. Quand les belges sont partis, ils ont en gros laissé le pouvoir aux Tutsis, ce qui a laissé un climat plein de tension. Celles-ci sont montées pour se transformer en véritable haine des hutus envers les tutsis, alimentée par une forte propagande du pouvoir en place. Le président d'alors était un hutu et après que des accords de paix aient été signés, son avion se fit exploser en plein vol avec lui a son bord ainsi que son homologue du Burundi. Personne ne sut jamais qui avait fermenté le coup mais ce fut l'étincelle qui déclencha le génocide. En a peine 3 mois, la milice hutu, l'Interarmwé, décima plus d'un million de tutsis, sans que l'armée rwandaise ni les nations unies ne fassent quoi que ce soit. Les rebelles tutsis qui étaient alors exilés aux frontières du pays réussir a reprendre le controle du pays avec l'aide de certains hutus et a sortir l'Interarmwé en dehors du pays, principalement dans la région montagneuse de la république démocratique du Congo. Au jour d'aujourd'hui, on ne fait plus la différence entre tutsis et hutus et on ne prononce quasiment plus ces mots d'ailleurs. Il a été reproché aux casques bleus de l'ONU de ne pas avoir agi et protéger les populations locales ainsi qu'a l'armée française d'avoir entrainé et armé la milice Interarmwé et d'avoir participé aux exactions. Pas étonnant que la langue française ne se parle plus trop ici et que l'anglais ait pris le dessus.

Le lendemain, on prit la direction du lac Kyvu, le plus grand du Rwanda et en a peine 3h, on était déjà sur sa rive, servant de frontière naturelle avec la RDC voisine. On se prit un hotel assez chic au bord du lac pour 60€/nuit tout de même. L'endroit est censé être assez animé le we mais plutôt le vendredi/samedi et on était un dimanche. On se balada le long de la plage de sable artificiel puis on dejeuna dans l'hotel de luxe Lake Sorena Hotel avant de retourner dans le notre pour profiter du sauna hammam. Le lendemain, un autre type de population nous attendait...les gorilles des montagnes!

lien vers la vidéo Kigali et le lac Kivu


vendredi 5 septembre 2014

Tdm4 E13 201407 Tanzanie Part 5: from Mwanza to Kigali


Lachés a la porte ouest du Serengeti, on s'eat tout de suite retrouvé dans une autre Tanzanie, plus authentique et moins touristique. Pas de blancs ici et beaucoup plus pauvre, presque comme un retour en Afrique de l'Ouest. Même Vince s'était mis aux habitudes locales en portant une partie de nos affaires sur sa tête! On a pris un bus local direction Mwanza, la 2eme plus grande ville du pays avec 2,5 millions d'habitants, bordant l'énorme lac Victoria au Sud. La région est emplies de nombreuses collines toutes pleines de gros rochers plutôt inaccueillants pour y vivre. Et pourtant, les tanzaniens ont réussi a y planter des maisons un peu partout on ne sait comment. La région m'a d'ailleurs beaucoup rappelé la Cappadoce en Turquie. On est arrivé en début d'après midi et on s'est pris une belle chambre dans un cosy hotel de la ville. On a rejoint William, le néerlandais qui avait débuté le safari avec nous et qui avait rejoint Mwanza en avion d'Arusha. Lui, partait ensuite en direction de Kigoma pour aller vers le Burundi. Nous de notre coté, on a pris la route de bon matin pour la frontière avec le Rwanda, notre prochain stop. Les régions frontalières avec le Rwanda mais surtout avec le Burundi étaient classées a risque, orange pour la frontière et rouge pour la seconde, a cause de rebelles sévissant encore dans le coin. On nous avait conseillé de prendre le bus partant a 5h du mat mais on avait décidé de ne pas trop se stresser ce jour là et on est arrivé a la gare de bus a 7h du mat seulement. Et là, bien sur, plus de vus pour Banako, la ville la plus proche du poste frontière. Les rabattues nous ont fait monter dans un autre bus nous disant qu'il faudrait qu'on change une fois en chemin. Ce fut un bus régional qui allait "pole pole" comme on dit ici, soit doucement doucement. On a commencé a comprendre notre erreur quand on a appris que le poste frontière rwandais fermait a 6h du soir alors qu'on avançait a la vitesse d'un escargot. On avait fait a peine un quart du chemin a midi. De plus, on se faisait constamment arrêter par des barrages de police ce qui n'accélérait pas notre marche. Au terminus du bus, au beau milieu de nulle part, on nous fit monter dans un minibus puis un autre afin de rejoindre une route goudronnée un peu plus principal. Il nous restait 70km a parcourir et on eut ensuite la chance de tomber sur un taxi a partager qui nous emmena jusqu'a Banako, ancien camp de réfugiés lors des exactions qui ont eu lieu en 1994 au Rwanda, en un temps relativement rapide. On y arriva sur les coups de 17h et on prit un taxi moto chacun pour rejoindre le poste frontière.

Le passage de frontière se passa sans heurt. Je dus débourser 30$ pour mon visa alors que Vince, zéro en tant que bon américain. Allez savoir les règles quand on sait qu'il avait 100$ pour son visa tanzanien, soit le double du mien! On se pointa coté rwandais a 18h passé, la frontière était encore ouverte, par contre, plus de bus pour rejoindre Kigali, la capitale rwandaise située a 3h d'ici. On eut la chance de tomber sur une famille de 5 français qui voyageait dans un énorme camion tout terrain. Le pere de famille bossait en Argentine et y avait emmené toute sa famille, soit sa femme et leurs 3 enfants. Il était féru de 4x4 et de safari et ils avaient entamé un tour du monde très particulier. Ils étaient partis de France par l'Espagne puis le Maroc. Ils avaient ensuite fait envoyer leur camion en Namibie et avaient repris leur tour après un an de pause. Ils avaient fait le sud de l'Afrique puis avaient de nouveau laissé leur camion pendant un an avant de le récupérer a Dar Es Salam d'où ils avaient traversé toute la Tanzanie. Ils terminaient leur voyage ici a Kigali le lendemain et allait le reprendre là où ils l'avaient laissé dans un an. Ils voyageaient comme ça un mois par an et projetaient de finir l'Afrique par l'Ethiopie avant de faire envoyer leur camion en Asie pour démarrer un nouveau tour. Plutot intéressant et assez inédit comme concept. 
Ils ne rejoignaient par contre pas Kigali le jour même et nous déposèrent dans un village a quelques kms de la frontière. De là, on chercha un bus pour rejoindre la capitale mais il n'y en avait pas d'ici le lendemain matin. On tenta l'auto stop une petite heure sans grand succès non plus. On n'était pas forcement en stress car la population locale, parlant d'ailleurs pour la plupart un petit français, était d'une profonde gentillesse et on ne se sentait pas du tout en insécurité ici.  On prit finalement la voiture privée du pharmacien du coin qui nous déposa a Kigali pour une trentaine d'euros et qui en profita pour aller voir son fils habitant a la capitale.

lien vers la vidéo from Mwanza to Kigali


Tdm4 E13 201407 Tanzanie Part 4: la grande migration des gnous

On retourna au premier lodge où l'on s'était rencontré a l'extérieur du parc. Les 2 anglais repartaient sur Arusha pour filer a Zanzibar, William avait encore un jour de safari avec nous alors qu'on en avait deux de notre cote pour faire des petits parcs moins excitants que ceux que l'on venait de faire. Je m'etais renseigné comme un malade pour savoir où se trouvaient les gnous exactement mais je ne réussis pas a avoir de réponse claire et uniforme. Certains nous disaient qu'ils étaient déjà au Kenya et on envisagea alors d'y aller mais on devait alors faire un grand tour par Naerobi. D'autres nous dirent que le troupeau s'était découpée en plusieurs morceaux et que certains étaient retournés en arrière cote Serengeti a cause d'averses qui avaient eu lieu dans une partie du parc seulement et qui avaient déréglé le sens d'orientation des gnous. On tenta le pari de retourner au Serengeti et on négocia un changement d'itinéraire avec notre agence pour remplacer les 2 derniers jours de safari par un tour privé dans une autre jeep de 3 jours pour aller plus au nord dans le Serengeti jusqu'a la rivière Mara. Ce changement nous couta la modique rallonge de 500$ chacun. Le jour du départ, on nous annonça qu'il fallait rajouter 280$ au pot, le gérant de l'agence ayant finalement fait machine arrière et n'avait pas voulu compenser l'annulation des 2 jours du 1er safari. On discuta pendant plus de 2 heures avec le responsable de l'agence et le chauffeur pour trouver un accord...en vain. J'entrepris alors de faire machine arrière et de retourner faire nos 2 jours de safari 'normal" mais le mec nous dit que c'était désormais trop tard et qu'on avait tout perdu! Je baissa drapeau et on accepta de verser les 280$ supplémentaires et prit la route direction le Serengeti. Il fallu encore une fois passer par la réserve du Ngonrongoro mais au gate, notre chauffeur eut un problème. On était en effet un jour férié, fin du ramadan oblige, et ce jour exceptionnellement, on ne pouvait payer en cash les droits d'entrée du parc mais seulement a l'aide d'une carte spéciale que seules les agences avaient. Or notre chauffeur était bien muni d'une de ses cartes mais n'avait pas crédité un seul centime dessus. On se retrouva une nouvelle bloquée. Le responsable du gate se pointa et nous expliqua qu'il ne pouvait rien faire et nous conseilla de rebrousser chemin et de revenir le lendemain: les boules! Au bout d'une heure, la providence arriva. Le boss du chauffeur, qui avait d'ailleurs ardemment participé aux négociations du matin, se pointa avec une autre carte créditée du montant suffisant: ouf, on pouvait enfin passer. Rebelote 3 heures plus tard a la porte du Serengeti où cette fois, je paya en carte bleue mais le guichetier me factura 2 nuits en camping dans le parc alors qu'on ne voulait n'en passer qu'une a l'intérieur et une autre dans un campement a l'extérieur du parc pour avoir le plus de chance que possible de tomber sur la migration. Je demanda un remboursement mais après une bonne heure, le responsable me dit que ce n'était pas possible, qu'il fallait faire un courrier et blablabla. On laissa tomber et décida donc par la force des choses de se faire les 2 nuits au même endroit au nord du parc. On s'enfonça de nouveau dans le Serengeti mais jusqu'au camp de Lobo cette fois, tout au nord. La végétation changeait du tout au tout au nord avec beaucoup plus d'arbres, de verdure et de collines rocheuses. De plus, il y avait beaucoup moins de monde qu'au centre. C'était comme un nouveau safari qui débutait! On dormit dans un campement a taille humaine cette fois et on n'eut pas a attendre des heures que notre cuisinier nous prépare le diner vu qu'on cuisinait nous-même avec mon petit réchaud. 
Le lendemain, on partit a l'aube faire une journée entière de game drive. Notre chauffeur n'était pas muni de radio cette fois pour communiquer avec ses compères mais il avait un oeil de lynx. On tomba sur plusieurs scènes où des dizaines de vautours terminaient les restes de gnous laissés là sur la plaine. A chaque fois, ils étaient accompagnés d'un ou plusieurs marabouts, sorte de grand hérons mais carnivores! On assista a quelques autres belles scènes comme ces lions mâles qui se prélassaient près d'hautes herbes. On put s'approcher a peine quelques mètres sans que ça ne les dérange le moins du monde. On vit aussi un groupe d'une bonne quinzaine de lionnes avec de jeunes lionceaux presque adolescents. On croisa quelques groupes de gnous de plusieurs milliers de tête mais sans que ce ne soit la grande migration que l'on attendait tant. On atteignit enfin la rivière Mara mais toujours pas de trace de gnous. On put distinguer de l'autre cote du fleuve, cote Kenya,  des milliers de points noirs sur le flan d'une colline mais trop loin pour vraiment pouvoir dire avec certitude qu'il s'agissait d'eux. D'ailleurs ils avaient l'air d'être plutôt a l'arrêt qu'en mouvement comme on pouvait s'y attendre en pleine migration. En désespérance de cause, on longea le fleuve jusqu'a tomber sur une masse aux rayures blanches et noires flottée a la surface de l'eau. On l'observa quelques minutes puis tout d'un coup, la masse se retourna violemment et laissa apparaitre des pattes avant de replonger dans l'eau. Il s'agissait en fait d'un zèbre en train de se faire dévorer par une bonne demi dizaine de crocodiles! A un moment, l'eau qui entourait le zèbre changea de couleur en rouge vive. Le zèbre n'en avait plus pour longtemps avant de disparaitre complètement dans l'estomac de ces gourmands. On cassa la croute sur les hauteurs d'une colline avec en toile de fonds quelques éléphants s'abreuvant dans le fleuve mais toujours pas de trace de la migration. Ce ne sera a priori pas pour cette fois.le chauffeur prit le chemin du retour et après une nième scène avec des vautours, il nous dit qu'il allait prendre le chemin du retour. J'insista alors pour faire un dernier tour au bord de la rivière, histoire de peut être spotter une nouvelle scène avec un croco. Quel flair j'eus! A l'approche de ma rivière, on put voir au loin un énorme nuage de poussière qui se formait au dessus des arbres. On attendit quelques instants et puis le spectacle commença: énorme! En flot continu, une incommensurable quantité de gnous galopait comme des furies le long du bord de la rivière Mara. On dirait qu'ils ne savaient pas trop où ils allaient et les chefs de file commencèrent a faire un demi cercle. Ce fut une cohue sans nom et la scène se remplissait de toujours plus de gnous au fil des minutes jusqu'a atteindre la densité d'une fourmilière, en 100,000 fois plus grand. On était en pleine migration des gnous qui remontait la rivière pour aller plus au nord dans le Masai Mara. Probablement le dernier jour pour les spotter avant qu'ils ne disparaissent complètement dans le Kenya pour les 2 prochains mois: quelle chance! On put les suivre pendant une bonne heure avant que le troupeau ne disparaisse complètement au loin. Ils étaient un nombre incalculable. Un des plus incroyable spectacle qu'il m'ait été donné de voir.
On repartit a notre campement, heureux, heureux et surtout satisfait d'avoir tant insisté pour pouvoir assister a ce fabuleux phénomène. On s'arrêta dans le village des employés du camp Lobo où l'on prit une bière avec les locaux qui nous firent manger le plat local: du manioc pillé en sauce, comme en Afrique de l'Ouest! On changea ensuite de décor pour prendre un verre dans le super luxueux lodge du coin. Un endroit assez incroyable, le grand luxe au beau milieu de la nature pour près de 400$ la nuit tout de même. On ne prit qu'un verre a 5€ et profita des installations avant de nous en retourner dans notre camp, sous tente certes mais bien plus proche de la nature et moins de tout ce confort superflu et matérialiste. 
Le lendemain, on traversa tout le parc d'est en ouest en passant par les western corridors. Je resta quasi toute la matinée la tête au vent, le toit ouvrant permettant de rester debout sur la banquette arrière. On croisa de nombreux hippopotames dans les lits de rivière et quelques crocos puis on arriva a la gate ouest où notre chauffeur nous laissa pour revenir sur ses pas. Nous on repartait a l'aventure en auto-stop direction la ville de Mwanza, située a 150km d'ici sur les bords du lac Victoria. 

lien vers la vidéo Migration des gnous