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jeudi 31 juillet 2014

Tdm4 E10 201406 Mozambique Part 1: Maputo et Punto da Ouro


On était a 4kms seulement de la frontière avec le Mozambique mais Tim devait déposer la voiture de location a Nelspruit a 150km d'ici plus dans les terres. L'idée était ensuite de prendre un bus Nelspruit jusqu'a Maputo mais le passage de frontière pouvait poser problème. En effet, l'obtention de visa a ce poste frontière pouvait être long voir même hasardeux. La compagnie de bus nous avait prévenu que si c'était trop long, ils ne nous attendraient pas. J'ai préféré aller directement au Mozambique d'ici et on s'est séparé avec Tim et Jayson après qu'il m'ait déposé a la frontière. 

A peine franchi le poste frontière sud africain, alors que e n''étais encore qu'en zone de transit, qu'un militaire du Mozambique m'alpagua et me demanda mon passeport. Ensuite il refusa de me le rendre et me dit "dinero, dinero"! On m'avait prévenu que la police du mozambique était extrêmement corrompue et que ce genre de scènes de racket vis a vis des touristes était monnaie courante. Je refusa de lui donner le moindre sous. Il essaya alors de m'intimider en essayant de fouiller mon sac mais je refusa énergiquement. Il vit que je ne lâcherai pas un centime et après 5' il me rendit mon passeport: welcome in Mozambique!
L'obtention du visa fut finalement simple et rapide bien qu'ils me délestèrent tout de même de près de 50€.
Je pris le minibus pour rejoindre la capitale Maputo située a 90km d'ici. C'était comme un retour en Afrique de l'Ouest: le minibus était tout pourri et on était entassé comme des animaux a l'intérieur. 
Arrivé a Maputo, la gate de bus était un simple carrefour quasi désert. Il faut dire qu'on était dimanche et que la plupart des commerces était fermée. Un des mecs du bus avec qui j'avais tapé la discut appela mon auberge de jeunesse qui m'envoya un taxi. Le prix de la course était le même que celui du minibus soit 200 miticais (2,5€) pour a peine 10' de trajet.
A l'auberge, je fis la rencontre intéressante d'un Suisse de 24 ans qui faisait un tour d'Afrique. Il avait commencé par le Soudan puis avait a peu près suivi mon itinéraire a l'envers...en 6 mois et demi tout de même! Je partis diner au resto avec un groupe de jeunes étudiants de Cape Town qui suivaient un semestre a l'étranger a l'université de Stellenbosch et qui avaient ensuite décidé de voyager ici ensemble quelques semaines: un australien, un anglais, une allemande et même une francise de Lyon.
Le lendemain, n'ayant as eu de nouvelles de Tim et Jayson, je décida de partir plus au sud a Ponta da Ouro qu'on m'avait chaudement recommandé. Mais je devais d'abord réglé un problème de taille: le chargeur de mon mac book air avait rendu l'ame la veille. Une chance quelque part que cela se passe ici dans la capitale mais le seul magasin qui vendait ce produit m'alluma copieusement; 5500 miticais(" (140€). Ce n'est pas comme si j'avais eu le choix.
Je pris un petit trot trot pour rejoindre l'embarcadère du ferry: exactement les mêmes rickshows qu'en Inde! A peine acheté le billet pour la traversée en ferry qu'un nouveau militaire me tomba dessus assez violemment et m'ordonna de me mettre de coté en empoignant l'arrière de mon sac a dos. Il approcha sa tête si près de moi que je pus sentir l'odeur de l'alcool qui émanait de sa bouche. Je refusa d'obtempérer et lui pris le poignet avec force. Iil recula en me disant de me calmer et je pus filer directement a l'embarcadère. Je tomba sur 2 des jeunes avec qui j'avais passés la soirée la veille sur le ferry et on fit la route ensemble. Un petit 1/4h de ferry puis on attendit que le minibus se remplisse pour rejoindre Punta d'Ouro quand un mec avec un pick up Hilux nous proposa un ride jusqu'a notre destination. On fut 6 a monter a bord et on put bénéficier du coffre a ciel ouvert pour profiter au mieux du paysage lors des 4h de trajet. La route n'était qu'une piste de sable très chaotique et on traversa des villages typiques avec cases a l'africaine, le tout très peu développé. On arriva a Punta d'Ouro vers 16h et je m'installa dans un camping au bord de la mer. Je fis la rencontre de Mike, un américain de 24ans qui suivait a peu près le même parcours que moi et on décida de faire la route ensuite ces prochains jours. 

Aux aurores, je partis nager avec les dauphins sauvages dans l'ocean. C'est une activité assez rare et je suis tombé sur la nana qui fait de la recherche sur les wild dolphins. On a spotté un groupe de dauphins après un petit 1/4h de zodiac et après avoir été débarqués du bateau en snorkelling, les dauphins sont venus nous voir d'eux-meme: tout simplement magique! Ils étaient une bonne quinzaine dont un nouveau né. On ne devait pas plonger sous l'eau et seulement nager a la surface. Ils se sont approchés de très près et j'ai eu la sensation de faire parti de leur groupe pendant un bref instant.
De retour au camp, mes gentils voisins, de forts sympathiques sud-africains, après m'avoir invité a partager leur petit déjeuner, m'ont proposé de partir avec eux faire une balade en quad. C'étaient des pros du camping et ils avaient tout le matos requis. On s'est baladé dans les dunes de sable avec de jolies paysages jusqu'a un camping perdu au milieu de nulle part et surplombant l'ocean.
Le lendemain, je suis parti faire une plongée bouteille mais vu qu'on était en basse saison, j'ai du rentrer dans un groupe de 10 plongeurs au niveau pas très avancés et on a fait une sortie a seulement 18 mètres de fond. Rien a se mettre sous la dent si ce n'est une tortue que j'ai surpris alors qu'elle dormait dans son antre.
Il y avait un blanc qui louait du matos de kite mais le vent n'etait pas assez fort pour rider.
Je repartis le lendemain matin a 2h du mat avec Mike. On eu la chance de tomber sur un minibus quasi plein et on put partir a 3h. Juste le temps d'arriver a Maputo pour le lever du soleil.
Je retourna a Fatima backpackers puis on se balada toute la journée au centre ville avant d'aller trouver une tente pour Mike dans une grande surface. Il avait rencontré Fernando sur la wildcoast qui l'avait convaincu de l'intérêt du camping dans certain pays!
Le lendemain, départ de nouveau aux aurores a 5h du mat direction les plages de Tofo



Tdm4 E08 201406 Afrique du Sud Part 10: le Swaziland, la region de Mpumalanga et le parc Kruger

J'ai pu embarquer dans la voiture de location de Jayson et Tim a partir de Durban avec pour objectif de visiter le parc Kruger puis le Mozambique. Les 2 sont des surfeurs invétérés mais surtout Jayson qui vit de sa passion. Il est d'origine australienne et habite aux etats-unis, entre San Diego et le Massachusetts. Il a 36ans et a habité pendant 6 ans a Hawaii. Il donne des cours de surf a des clients américains fortunés une partie de l'année et profite du reste de l'année pour voyager, soit 8 mois sur 12 tout de même. Ca fait 3 ans qu'il est sur les routes. Tim quand a lui est britannique, 49ans et en vadrouille depuis 2 ans. Il a monté sa boite dans l'immobilier mais après une déception amoureuse il y a 4 ans d'une relation de 6 ans avec une femme de quinze ans de moins que lui, il a eu du mal a s'en remettre et a préféré partir voyager. Il se balade un peu a ma façon en faisant des trips assez courts de quelques mois puis revient en Angleterre avant de repartir. Les 2 se sont rencontrés il y a un mois en chemin et depuis ne se quittent plus.

Ils avaient fêté l'anniversaire de Jayson l'avant veille et avaient du mal a s'en remettre. Tim était couché depuis 2 jours et il pensait même avoir attrapé la malaria. 
On a decollé vers 11h apres un solide petit dej pris a l'Alliance Française de Durban (mon 2eme me concernant!) direction le nord. On est passé pas loin de Sodwana Bay, là où j'avais prévu d'aller plonger mais mes 2 compères étaient focusés sur les animaux du parc Kruger et on ne s'arrêta donc pas. Il faut dire qu'on avait près de 800km a parcourir.

On passa par le Swaziland et je fus un peu déçu par l'endroit. Pas très animé, quelques similitudes avec le Leshoto mais sans la magie des hautes montagnes et des gens emmitouflés dans des couvertures. Apres avoir passé la plus grosse ville du pays, Manzini comptant 80,000 habitants seulement, et s'y être restauré, on traversa la vallée d'Ezulwini puis la capitale Mbabane. On voulu s'arrêter a une auberge de jeunesse près du barrage d'Hawane mais la réception était déjà fermée et le gardien des plus antipathiques. On préféra continuer notre route et rouler de nuit pour rejoindre directement la ville de Nelspruit, capitale de la région sud africaine du Mpumalanga. Au poste frontière, je réussis a me faire prolonger mon visa mais seulement d'une semaine. Suffisant pour finir ce que j'avais a faire ici sachant que mon visa précèdent allait expirer dans 2 jours.


L'auberge était bien sympathique et nous avons pu regarder le match d'ouverture de la coupe du monde au Bresil devant la TV, bien au chaud sous de grosses couvertures.
On avait prévu de commencer a 5:30 du mat pour pouvoir rentrer dans le parc Kruger le plus tôt possible et voir les animaux a l'aube mais ni l'un ni l'autre ne purent se lever! Je pris mon mal en patience et on ne décolla qu'a 11h du mat, le temps de faire le tour des médecins, hôpitaux et acuponcteurs du coin. 
Il y avait un we de 3 jours cette semaine là et les hébergements a l'intérieur du parc étaient plein a craquer. On décida donc patienter le lendemain pour la visite du parc et on se dirigea au nord pour voir le Blyde River Canyon, le 3eme plus grand canyon du monde. Jayson & Tim n'étaient pas des plus rapides et j'ai du les pousser un peu au cul pour pouvoir voir quelques sites méritants le coup d'oeil. On est passé tres rapidement a Pilgrim's Rest, une ancienne ville de chercheurs d'or, aujourd'hui exclusivement tournée vers le tourisme. Un arrêt au stand dans le village de Graskop afin d'y gouter leurs fameux pancakes puis on a continué sur la visite de marmites géantes a Bourke's Luck Potholes. On a finit par un magnifique point de vue au Three Rondavels d'où l'on dominait tout le canyon. 

On est allé dormir a Hazyview dans un hotel de luxe qui proposait des lits en dortoirs plus abordables dans un bâtiment originalement prévu pour les employés, mais pas du tout dans une ambiance backpackers. Jayson & Tim avaient encore une autre façon de voyager que ceux avec qui j'avais pu faire un bout de route jusque là. Ils se trimbalaient 3 planches de surf chacun sur le toit de la voiture, ne faisaient jamais de course au supermarché et mangeaient donc toujours au resto. Ils avaient l'air de ne pas trop compter l'argent et ça me changeait des autres backpackers. Leur devise: pas plus d'une visite par jour! Vous imaginez le choc pour moi.

Le lendemain, mes 2 zouaves ont réussi a se lever cette fois et on a pu atteindre la porte d'entrée Phabeni pour rejoindre le parc Kruger a 6:30 du matin. Il y avait une queue de folie mais on a pu par chance griller la cinquantaine de voiture qui attendait là depuis des plombs! Le parc Kruger est le 3eme plus grand d'Afrique avec 360km de long sur 60 de large. Il devait y avoir de la place pour tout le monde. C'est également le plus vieux parc d'Afrique et il habite toutes les espèces que l'on souhaite voir en Afrique. 
On est assez vite tombé sur un lion un peu caché au bord des broussailles mais on était encore proche de l'entrée et en a peine 2 minutes, il y avait déjà 15 voitures au bord de la route!
On a passé toute la journée dans le parc du lever de soleil a son coucher. On a pu voir quasi toutes les espèces, des antilopes en passant par les zèbres, gnous, éléphants, girafes, hyènes, singes, hippopotames, crocodiles et j'en passe. On a eu la chance également de tomber sur un guépard, se reposant tapis dans l'ombre. Sur le finish, alors qu'on prenait le chemin de la sortie, on s'est fait bloquer par un troupeau de buffles: une première pour moi. Ils ressemblent a de gros taureaux mais avec d'énormes cornes en arc de cercle qui sont rattachées entre elles au dessus du crâne par une espèce de perruque en dur. En les voyant, Tim, en bon British, a tout de suite fait référence a Margarette Tatcher! J'avais un peu peur d'une redite du parc Ethosa en Namibie mais il n'en a rien été. Le parc était assez plat mais la végétation différente d'Ethosa et plus dense. Il n'y avait tout de même plus l'émotion de la première fois mais ça a été une belle journée. Et puis, on assiste toujours a des scènes inédites comme ces 2 babouins qui restaient assis dans un arbre a l'orée d'un campement près d'un air de camping. Je les avais en surveillance du coin de l'oeil et au bout de quelques minutes, ils se sont élancés, traversés toutes les tables de pique nique pour finalement prendre un sac de pains qu'ils avaient repéré sans surveillance. Les propriétaires n'ont pas eu le temps de dire ouf qu'ils etaient déjà loin. 
On s'approchait de la sortie sud du parc et en traversant un pont, on a eu la chance de tomber sur un petit troupeau d'éléphants qui se préparait a traverser la rivière. Il y avait un petit éléphanteau et avec ses parents, ils se sont mis en file indienne, se sont tenus par le bout de la queue et on traversé la rivière a la nage! Moi qui pensais que de tels pachydermes ne pouvaient même pas flotter, je fus impressionné par la vitesse a laquelle ils nagèrent pour atteindre l'autre rive.

On est sorti du parc a la tombée de la nuit et avons diné et dormi tout près dans la ville de Komatipoort a seulement 4km de la frontière avec le Mozambique, ma prochaine étape!
L'auberge était très sympa bien que quasi vide avec un balcon en bois surplombant la terrasse et qui donnait sur une des rivières du parc.
Tim devait rendre la voiture de location a Nelspruit avant de rejoindre le Mozambique en bus. Je préféra qu'ils me déposent directement a la frontière en fin de matinée, quand ils furent réveillés et prêts a partir plutôt que de les accompagner et faire des aller/retour inutiles.
Ici se termine mon périple sud africain bien que j'envisage peut être un retour pour visiter Joburg et Pretoria dans les prochaines semaines. Mais pour l'instant, retour en Afrique avec la cote Est cette fois-ci et le Mozambique, ancienne colonie portugaise...

la vidéo viendra plus tard...


Tdm4 E09 201406 Lesotho

Apres avoir loué la plus petite et économique voiture possible chez mes amis de Hertz a Umhtata, j'ai retrouvé mes 2 nouveaux compagnons de route, Yosh et Freeda, respectivement 26 et 23 ans. Yosh est issu d'une famille de docteurs, exactement comme Fernando. Il étudie la géographie mais travaille également comme acteur. Il a un réel talent et est d'un naturel fou, un peu sauvage et totalement imprévisible. Il a eu un moment difficile il y a 2 ans lorsque son frère cadet est décédé dans un accident de voiture. Freeda, elle, finie ses études d'anthropologie. Le pere de Yosh a vecu 10ans ici en Afrique du Sud et le projet de Yosh est de suivre ses traces en s'installant peut être ici après ce tour. 
On a pris la route direction les montagnes du Lesotho, pays indépendant gouverné par un roi bien que complètement enclavé par l'Afrique du Sud. Le pays a réussi a garder son indépendance grâce a ses hautes montagnes servant de frontières naturelles et n'a jamais été conquis ni par les anglais, ni par les boers, ni par les sud africains. On est arrivé en fin de journée au poste frontière et finis la route de nuit pour trouver un hotel. Le pays n'est pas du tout orienté tourisme et on était en plus hors saison. On a réussi a se dégoter une chambre avec 3 lits car impossible de planter sa tente ici: le thermomètre affichant une température en dessous de zéro. Par contre, aucun restaurant a l'horizon, les locaux n'ayant pas les moyens de se payer un tel luxe. Les habitants se baladent quasi tous avec une couverture sur le dos, pour vous dire a quel point il faisait froid. 
Le lendemain matin, on a pris la direction de Malealea et après avoir traversé de somptueux paysages, on est arrivé aux portes du paradis, the gateway paradise, un col d'où la vue sur les montagnes et vallées aux alentours était exceptionnelle avec une belle palette de couleurs allant du jaune au marron. On est descendu dans un des rares lodges tenus par des blancs posé sur une colline: un vrai havre de paix. 
14km plus loin d'une longue piste caillouteuse, on a pu profiter d'une jolie cascade où Yosh s'est entêté a vouloir y construire un barrage. Rien d'exceptionnel mais on a croisé beaucoup de Shotos, toujours souriants malgré la pauvreté qui semblait régner ici.
On s'est ensuite dirigé vers le Nord et la capitale Maseru. Il a commencé a neiger a petits flocons et nos frêles vêtements n'étaient pas de taille pour affronter une telle température. On s'est réfugié a l'Alliance Française où des cours de français étaient donnés. Impressionnant quand on sait que les expats français sont au nombre de 14 dans la capitale!
On a fini de nuit par atteindre Roma et un magnifique lodge où les toits en chaume des huttes étaient couverts de blanc. La nuit fut fraiche, -3°c au compteur, mais le ciel étoilé annonçait un lendemain meilleur.
De beau matin, ciel bleu, pas un nuage. On s'est tout de même renseigné avant de prendre la route de montagne en direction de la chute de Semonkong. Il s'agit d'un des highlights du Leshoto avec une chute de 200m que l'on peut descendre en rappel. On avait réservé un tour malheureusement arrivé a la moitié du col, la route, bien que toute fraichement bitumée, était enneigée et notre petite Kia ne put passer. On fit demi-tour tout en ayant tout de même bien apprécié la beauté de ces paysages recouverts d'une fine lingerie blanche.
On remonta plus au nord afin d'éviter les passages de col difficiles et on pris la route du barrage de Katse. On du franchir le pass de Mefitia mais ce dernier avait été épargné des affres de la neige. On pu admirer une vue a couper le souffle sur toute la vallée. On testa un petit peu la qualité de glisse de notre voiture puis on longea la rivière qui nous amena jusqu'au barrage. Il s'agit d'un projet énorme d'1,8 milliards de US$ débuté en 1986 et qui permet aujourd'hui d'alimenter en eau potable toute la région sud africaine du Goteng dont font notamment partie Johannesburg et Pretoria. Pour ce faire, ce barrage de 180m de haut a été construit mais également des tunnels de plus de 45km de long qui traversent les montagnes sous terre afin de faire passer l'eau cote sud africain. Le Leshoto touche des royalties mensuels de 4,5 millions de US$ et prévoit de construire 3 autres barrages afin d'alimenter le reste des régions sud africaines. On passa la nuit au resort du coin dans les dortoirs d'un building initialement prévu pour les employés. Le froid était omniprésent et la nuit fut fraiche. On fit la visite de l'intérieur du barrage vers 9h du mat puis on reprit la route pour la région de Butha Butte. On avait prévu de faire du ski sur la station Afriski mais les remontées mécaniques n'étaient pas encore ouvertes faute de neige. 
On oublia l'idée et on quitta le Leshoto pour attaquer une autre partie montagneuse: les pics du Drakensberg.

lien vers la vidéo Lesotho

samedi 26 juillet 2014

Tdm4 E08 201406 Afrique du Sud Part 9: Durban & sa cote sud avec l'Atoll Aliwal Shoal

On a quitté le Drakensberg de nuit pour rejoindre la cote et après 3h de route, on est finalement arrivé a notre point de chute, Mantis & Moon backpackers, une charmante auberge en bordure d'ocean cachée sous les hauts bananiers. On était encore une fois hors saison mais je pouvais sentir de très bonnes vibrations ici. Il y avait d'ailleurs une salle spécialement conçue pour des séances de yoga ainsi que des huttes dans les arbres. On avait prévu de plonger avec Josh le lendemain matin mais il y avait un sacré vent ce jour là et les sorties en mer ont toutes été annulées. On a donc changé de plan et pris des bodyboards pour essayer le spot du coin. Ca soufflait tellement fort que le sable se soulevait et nous fouettait tout le corps. L'eau de l'ocean indien était par contre assez chaude. Les vagues venaient tantôt de droite tantôt de gauche. On a eu beau essayer, impossible de rejoindre le point break. 

On a flâné le reste de l'âpres midi a l'auberge. Moi qui suis toujours dans le rush, a la recherche de la moindre activité, ça m'a fait du bien de suivre un peu le rythme de Josh & Freeda, qui préféraient plutôt prendre leur temps et ne pas faire plus d'une activité par jour.
Le lendemain, on se sépara. Eux partirent avec la voiture de location a Umhtata pour la rendre alors que de mon cote, j'avais réservé un shuttle bus a 6h du mat pour m'amener a 60km de là sur le site d'Umkamaas.
J'avais planifié une double plongée dans le Aliwal Shoal, le spot le plus reputé d'Afrique du Sud. C'est l'endroit où l'on peut notamment voir les Raggie Thooth Sharks, les terrifiants requins aux dents qui partent dans tous les sens que l'on voit le plus souvent a la TV. On est parti avec une palanquée de 4 seulement: 2 anciens dive masters canadiens ayant près de 1200 plongées au compteur chacun ainsi que la dive master du jour et moi.
Le départ en zodiac a été assez chaud. On a du pousser le bateau des qu'une vague suffisamment grosse le souleva du sable. Puis le skypper du s'y prendre a plusieurs reprises avant de réussir a passer le short break. La plongée en elle-même n'était pas forcement très technique. Il y avait quand même un fort courant qui nous trainait de droite a gauche sur plusieurs mètres a chaque fois. On vit une bonne quinzaine de ces chers requins et certains de très très prêt. A cause de ce courant, j'ai cru a plusieurs reprises que j'allais carrément les tamponner. Et quand vous voyez leurs dents acérées, c'est la dernière chose que vous avez envie de faire. On eu également la chance d'avoir une raie manta qui se pointa au dessus de nous et nous  tourna autour pendant 5 bonnes minutes. Avec le bleu turquoise de la surface, le tableau était irréel.
La plongée finit, je partis pour Durban en minibus. Je voulais ensuite aller a St Lucia, a 300km plus au nord de Durban puis a Sodwana bay, un second site de plongée tout près de la frontière avec le Mozambique. Malheureusement, il y avait une grève des chauffeurs de minibus, assez violente en cours au centre ville de Durban et même le chauffeur de minibus n'osa pas nous déposer si près. On du finir a pied. Je discuta avec les policiers qui s'occupaient de la manif et ils me conseillèrent de rester là cette nuit et de retenter ma chance le lendemain. J'avais un soucis de visa car a mon entrée en afrique du Sud de la Namibie, le bureau des Home Affairs ne m'avait donné qu'un mois, les 3 mois n'étant donnés que si l'on venait de son pays d'origine par avion. Du coup, je devais quitter le pays avant le 15/06, soit dans 4 jours. Mais je n'avais pas le choix et les policiers m'amenèrent a mon auberge dans l'un de leurs fourgons. La 2eme fois que je testais leurs sièges, décidément!
L'auberge, Tekwini backpackers, était bien sympa. Je profita du reste de l'apres midi pour faire un tour a la plage. Le stade de la coupe du monde a été construit juste a cote de l'ancien, pas trop loin de la plage et tout aussi beau que celui du Cap. Je suis allé faire un tour au Suncoast Casino mais pas de poker room. Je suis rentré a l'auberge et est retrouvé la gérante de l'auberge de Port St John qui était là également pour un problème de visa. Je vis aussi un de les mecs avec qui je fis mon second saut a l'élastique sur le Boulkan's bridge. Et enfin, je rencontra Tim & John, les 2 mecs qui faisaient la balade un peu a part aux Mont aux sources. Ils projetaient de partir pour le Kruger parc puis aller au Mozambique et avait une place de libre dans leur voiture malgré leurs planches de surf. Je sauta sur l'occasion et partis avec eux des le lendemain.



Tdm4 E08 201406 Afrique du Sud Part 8: les montagnes du Drakensberg


On a quitté le froid du Leshoto et a peine rentré sur le territoire sud africain qu'on débarquait dans un magnifique parc de la région du Freeland, the Golden Route avec un paysage encore atypique: de grandes vallées d'herbes hautes jaunes et des montagnes du genre de celles de Cappadoce en Turquie. La différence est qu'ici, on a en plus la présence des zèbres. 

On a ensuite pris une route toute pourrie pour rejoindre l'Amphitheater Backpacker situé en plein coeur du Drakensberg. A l'arrivée, on avait explosé 3 gentes sur 4 de nos pneus! Il n'y avait pas de neige mais il faisait tout de même bien froid. Josh préféra passer en mode camping et on posa nos tentes dans le grand jardin qui donnait sur les montagnes environnantes. Le nom d'Ampitheatre venait du fait qu'on avait l'ensemble de la chaine du Drakensberg nord en face de nous bien que l'on soit au beau milieu de la vallée. On avait l'impression que les montagnes étaient toutes proches. L'endroit avait tout d'un petit paradis avec jaccuzi, sauna, billard, piscine, ping pong et une bonne ambiance de backpackers. Je fis la connaissance d'un groupe venant de Durban dont l'un était dive master sur la cote. Il me parla de fantastiques plongées avec les requins près de Durban et réussit a me convaincre sans peine a y jeter un oeil ces prochains jours.

Au petit matin, je décida de partir a l'assaut d'un des sommets de la chaine, le Mont aux sources. L'auberge organisait un tour guidé la-bas mais je préféra le tenter par moi-meme, ne voulant pas me fonder dans un groupe de plus de 20 personnes. Le mec de la réception, pas forcement super avenant, me donna quelques brèves indications pour rejoindre le départ du trail. Il y avait 120km a faire pour arriver au spot car il fallait faire tout un détour pour contourner le lac de la vallée. Je me perdis bien sur allègrement dans un des embranchements avant de rejoindre la principale ville. Je m'arrêta pour acheter 4 gentes et faire quelques courses. 

Je me pointa sur le site a 11:30 et je pus voir que le groupe guidé était passé par là a 10h du mat alors que j'etais parti avant eux ce matin! 

L'endroit était magistral avec le sentinel peak, un énorme bloc rocheux qui trônait en haut d'une montagne. Je ne me pris pas la tete sur la route a suivre et pris tout droit a l'assaut du peak. En 1/2h, je me retrouva au pied de celui-ci sans trouver aucune voie pour le gravir. On m'avait parlé de chaines en fer posées là pour faciliter la montée mais impossible de les trouver. Je vis a un moment un petit groupe qui descendait le long d'un sentier au loin et je suivis leur trace en sens inverse. Je fis le tour de la montagne et commençais a en longer une autre lorsque je vis 2 personnes en train de se frayer un chemin entre 2 parois abruptes. Puis une 3eme et une 4eme. Bingo, c'était mon groupe guidé! Je les rattrapa sans peine et parvins au sommet en a peine 1/4h. La vue était de toute beauté. Les falaises tombaient a pic sur près d'un km et on avait une vue dégagée qui allait jusqu'a l'horizon avec de magnifiques couleurs. C'est un site très réputé pour le best jump et c'est vrai que ça donne envie de sauter. Peut être a essayer un jour...

Je pris mon casse croute ici avant de me diriger vers la cascade, en quasi totalité asséchée, le seul filet d'eau qui restait étant complètement gelé. Il s'agit de la 2eme cascade la plus longue du monde avec un dénivelé de plus de 900m. Sur le parcours, je rencontra 2 mecs, John et Tim, qui faisaient partie du groupe guidé mais qui était passé par l'autre cote, celui aux échelles, afin d'échapper aux bruits et bavardages incessants du groupe. Ils m'indiquèrent le chemin et je pus sans peine redescendre en empruntant ces fameuses échelles incrustées dans le flan d'une falaise a même la roche.  

Je rejoignis le campement a 16:30 et retrouva Josh et Freeda qui avaient préféré lever un peu le pied et se balader dans le parc d'a coté. Le groupe guidé arriva a l'auberge 3hplus tard que moi, notamment ralenti par un des clients, qui fêtait son soixantième anniversaire et qui avait eu toutes les peines a redescendre.

On avait prévu avec Josh de se faire la montée de Cathedral peak, un peu plus dur et technique que celle de Mont aux sources, mais ce dernier n'avait pas les chaussures adéquates et la marche était tout de même de9h. On laissa donc tomber l'idée et on partit tôt le matin direction le Drakensberg sud et le Suni Pass.
Josh & Freeda se prenaient pas mal la tete sur le devenir de leur couple. Josh avait une personnalité complètement exubérante et Freeda s'effaçait volontiers devant lui. Josh ne supportait pas ça et la provoquait a chaque fois en la traitant assez durement et sans aucun respect ni attention. Il jouait a chaque fois avec elle jusqu'a atteindre la limite où Freeda allait craquer et a chaque fois, il redevenait gentil et la calmait. Ca ne sentait pas le couple gagnant sur longue durée...
On arriva au pied du Suni pass a 13:30 et après avoir passé les formalités douanières sud africaines, on s'embarqua a pied sur le chemin pour finir les 8kms de montée, la piste ne permettant pas a un véhicule normal de passer. Freeda, feignant un mal a l'estomac, préféra rester se reposer dans la voiture et je partis avec Josh a l'assaut du pass. Il eut un peu de mal a suivre le rythme mais la montée s'annonçait plus longue que prévu. Apres 1h30 de marche, on prit un raccourci qui montait bien raide et au 3/4 de celui-ci, on vit une voiture s'engager sur le chemin. J'accéléra le pas et arriva pile poil sur la route au moment où la voiture passait par là. Le mec nous prit dans son 4x4 et nous amena jusqu'au sommet. Josh ne se sentit pas bien, probablement a cause du mal de l'altitude bien qu'on ne soit qu'a 2800m, et préféra rester dans la voiture. Je pris un bon chocolat chaud pour me réchauffer, pris quelques tofs et on démarra la descente a 15h30 seulement. Aucune voiture ne descendait et c'était un vrai désert. Bien que Josh ne se sentait pas bien, on n'eut d'autres choix que de descendre a pied mais cela s'annonçait pénible car Josh n'avançait pas bien vite et la nuit n'allait pas tarder a tomber. Apres 30' de marche, la providence nous sourit et un 4x4 de locaux passa par là et nous déposa jusqu'en bas: ouf, sauvé.
On prit la direction de Durban et de la cote bien qu'il faille rouler de nuit avec tout de même un arrêt au stand pour faire réparer un pneu a plat.
Après les montagnes du Drakensberg, allait suivre la plongée avec les raggie tooth sharks...

Lien vers la video Montagnes du Drakensberg

dimanche 20 juillet 2014

Tdm4 E08 201406 Afrique du Sud Part 7: the Wild Coast


Ce fut la première fois qu'un blanc s'arrêta pour me prendre au auto-stop en Afrique du Sud. Il avait la cinquantaine, cheveux longs en mode hippie accompagné d'un de ses voisins du même style. Port Elizabeth était a près de 250km d'ici et le mec put m'emmener jusqu'a bon port presque directement. En effet, on s'arrêta en chemin a Port Elizabeth pour aller chercher son fils a l'école primaire qu'il avait en garde partagée.  La visite de l'école fut assez intéressante: le mix black/blanc avait l'air d'opérer dans cet établissement pourtant plutôt haute gamme. L'école avait des installations sportives un peu partout, de la piscine en passant par les courts de tennis, le terrain de hockey sur gazon et bien sur le terrain de rudby. Les enfants ici n'ont cours que le matin et passent leurs après midi a s'adonner aux joutes sportives. On comprend mieux pourquoi ils sont si forts au rudby! Le petit de mon hôte avait un tournoi d'échecs et j'ai pu assister avec son pere a sa fulgurante victoire en a peine 10 coups.

Mon hote me déposa a mon auberge en début d'aprem. C'était parfait pour réaliser mon plan du jour: faire du kite a Port Elizabeth surnommée the "wind city". J'avais en plus bien calculé mon coup car le vent soufflait très fort ce jour-là. Le seul point qu'il me manquait était la location du matériel et je n'avais pas réussi a trouver de kite center sur le net. La réceptionniste de l'auberge me trouva 2 numéros de mecs qui louaient du matos mais ni l'un ni l'autre n'étaient disponibles. Mon plan tombait a l'eau: too bad! Il y avait 3 spots de kite a Port Elizabeth mais le plus proche, mal orienté, était vide ce jour-là et les 2 autres étaient trop loin pour que j'y aille sans voiture. Il ne me restait plus qu'a me reposer un peu a l'auberge en attendant le lendemain pour lever l'ancre. 
Je pensais également trouver d'autres backpackers pour pouvoir partager le transport mais la plupart d'entre eux faisait le chemin inverse en direction de Cape Town. Il y en avait bien un ou deux avec qui cela auraient pu coller mais non seulement ils étaient en BAZ bus mais en plus, je sentais que les profils ne correspondaient pas forcement a ce que je recherchais.
On était vendredi et je pensais sortir le soir mais je ne parvins pas a me mettre dans l'ambiance de l'hostel, les jeux de ping pong drinks & co ne m'amusant pas plus que ça. Je sentais que j'etais a un creux de mon voyage, ce genre de moments où je peux avoir le mal du pays et où je ne me sens pas trop d'humeur sociable. Je préféra me faire un resto de fruits de mer en solitaire et rester dans ma bulle en attendant des jours meilleurs.
Histoire de changer un peu de moyens de transport et surtout afin d'éviter les interminables attentes, je décida de prendre le minibus le lendemain pour parcourir les 500kms qui me séparaient de mon prochain stop: Coffee Bay et la Cote Sauvage. Je me pointa a 7h30 du mat a la gare de bus et on me dirigea vers le minibus qui allait a Umhtata, la grosse ville la plus proche de Coffee Bay a une centaine de kms. J'etais le 1er client et je dus attendre 5h30 avant que le minibus ne soit plein et que l'on parte: pas forcement plus rapide que l'auto stop du coup!
Le chauffeur me déposa a la jonction avec Coffee Bay a 18h30 alors qu'il faisait déjà nuit mais il me trouva un autre minibus qui allait dans ma direction...puis un second avant que je n'arrive a bon port vers 21h. Coffee Bay est un petit village perdu au bord de la Cote Sauvage. Cette dernière doit son nom due au fait qu'elle est éloignée des principaux axes routiers et qu'elle est restée indomptée. Les habitants qui la peuplent sont majoritairement de la tribu des Xhosas dont Nelson Mandela en était originaire. L'endroit était réputé pour les hippies et pour l'herbe qu'on pouvait y trouver qui poussait un peu partout dans ces montagnes. L'auberge s'appelait Coffee Shack et je pus y installer ma tente pour une somme modique. Je passa la soirée en compagnie de néerlandais et d'américains. Rien d'extraordinaire mais ambiance plutôt chill out. 
Le lendemain matin, je fis la connaissance d'une jeune israélienne qui était la seule a camper avec moi et qui était partie pour un tour de 4 mois en Afrique du Sud après avoir terminé son service militaire. 3 autres jeunes allemandes se joignirent a nous et nous partimes en rando a la découverte de la cote et de ses vertes falaises. On marcha 8kms le long de l'océan indien et on traversa quelques villages xhosas aux maisons plutôt basiques mais très colorées et se fondant parfaitement dans le décor des lieux. Les filles n'étaient pas trop randonnées physiques mais plutôt en mode pipelette et a un rythme qui ne me convenait pas. Je profita d'un passage un peu difficile pour leurs fausser compagnie le long d'une falaise et profiter au calme de la sérénité des lieux. La Cote Sauvage avait ce cote africain sauvage, nature et authentique que j'avais perdu depuis l'Afrique de l'Ouest et ce passage me fit le plus grand bien. J'arriva le premier sur le site du Hole in the Wall. Il s'agit d'un haut rocher en forme d'énorme mur faisant face a l'océan d'un cote et cerné par une rivière de l'autre. Il était percé en son centre et l'océan s'y engouffrait par vagues successives. Je partis a sa rencontre a la nage mais ne pus que monter dessus, le hole étant un peu trop tourmenté par les vagues qui venaient s'y abattre. Sur le chemin du retour, l'israélienne, qui n'avait décidément pas froid aux yeux, pénétra dans une maison où une voiture était garée devant. Elle demanda a ses occupants s'ils pouvaient nous déposer a notre auberge. Il s'agissait d'un groupe de 5 indiens qui avaient loué la maison pour la semaine et qui allaient justement dans notre direction pour faire une pêche nocturne: quelle chance! On put tous monter dans le pick up et on réussi a rentrer a l'auberge pour le coucher de soleil. 



Le lendemain, je plia bagage a 7h pour prendre mon mal en patience sans l'attente d'un minibus qui puisse me déposer a Umhtata. J'eus la chance de croiser 2 blancs qui bossaient dans l'auberge de jeunesse et qui m'avancèrent aux 3/4 du chemin. A peine 5' d'attente supplémentaire et je pus monter dans un minibus pour Umhtata que j'atteignis vers 10h tout de même. Je voulais visiter le musée de Nelson Mandela mais ce dernier était en rénovation. Je dus attendre une bonne heure avant que mon minibus ne parte pour Port Saint John, mon prochain stop, a 2h d'ici. Arrivé sur place, je dus patienter encore 1/2h plus 1h de trajet pour parcourir les 5 derniers kms qui me séparaient de la second beach où était logée mon auberge Amarango Backpackers. Elle était posée sur le flan d'une colline avec une vue superbe sur l'océan et la rivière qui s'y jetait dedans. Je fis la rencontre d'un mec de Cape Town, la quarantaine, ancien financier spécialisé dans les Hedge Funds et qui avait prévu de remonter la cote jusqu'au Mozambique en 6 mois. Il était parti depuis 2 mois déjà donc un passé dans cet hostel! C'était un assez gros fumeur de joins et il faut dire pour sa défense qu'il y avait de sacrés spécimens ici. Je partis me balader sur la plage, indiquée comme "très sure" par le Routard alors qu'il y avait pourtant eu une attaque il y a 2 mois de ça où un pere de famille qui barbotait avec ses enfants s'est fait emporter par un bull shark. Je ne mis pas un pied dans l'eau! Je suis allé au "Gap & Blow hole", sorte de rocher sur l'eau, accessible par une corde et 2 échelles en bois des plus rudimentaires. Arrivé sur le rocher, il y avait un trou où les vagues s'engouffraient pour laisser passer ensuite une explosion d'écumes d'eau: très impressionnant et assez dangereux, je ne m'y aventura pas de trop près. 
Retourné a l'auberge, je passa une soirée près du feu de bois en tapant tout de même quelques parties de ping pong avec mon cher financier, ancien tennisman également...que de points en commun! Le lendemain, j'avais prévu de partir assez tôt pour prendre le minibus en direction de Durban et je suis parti aux aurores me faire une dernière promenade dans la foret tropicale du coin. Il suffisait de longer un pipeline posé un peu a l'arrache pour rejoindre au bout de 40' le lit d'une rivière qui débutait par une jolie cascade. 
De retour a l'hotel, je fis la rencontre d'un charmant couple de néerlandais, Yosh 28 ans et Freeda 23 ans, en voyage pour 4 mois ici et qui remontaient la cote de Cape Town. Ils venaient d'arriver mais voulaient bouger ensuite le lendemain pour les montagnes du Drakensberg. C'était justement un des endroits que je voulais faire mais ils n'étaient pas véhiculés. Apres discussions, on se mit d'accord pour aller louer une voiture a Umhtata ensemble et visiter le Lesotho et le Drakensberg ensemble sur la prochaine semaine. Je laissa donc tomber Durban et repartis au Blow Hole avec eux et en compagnie de 2 autres hollandaises rencontrées la veille.
Le lendemain, les hollandaises me déposèrent a l'aéroport d'Umhtata où je pus récupérer la voiture de loc puis je pris mes 2 compères au centre ville qu'ils avaient rejoint en minibus et on partir direction le Leshoto.




Tdm4 E08 201405 Afrique du Sud Part 6: l'Otter Trail & le bungy jump


Ca faisait un bout de temps que j'avais prévu de faire ce trail. On m'en avait parlé alors que j'etais au fish river canyon en me disant que l'Otter Trail (rando de la loutre) était le plus beau des trails sud africains. Il s'étendait sur 43kms le long de la cote mais devait impérativement se faire sur 5 jours. Il y avait des huttes sur le chemin de 12 places max et des que les réservations sur une journée atteignaient 12 personnes, il fallait obligatoirement passer au jour suivant. Vu que ce dernier était très populaire, ça allait très vite et il fallait parfois s'y prendre plus de 6 mois a l'avance pour réserver. 

De mon cote, j'avais ma petite idée sur la question: j'allais tout simplement prendre ma tente dans mon sac et m'arrêter des que j'en aurais envie!
Mais tout d'abord, je devais déposer mon surplus d'affaire quelque part a un endroit stratégique. On m'avait conseillé le rest camp de Nature's Valley. On s'est pointé dans ce petit village avec Christine et Christian et en demandant notre chemin a une vieille dame, cette dernière nous dit que c'était plus simple de laisser les affaires directement chez elle: cool!



On prit ensuite la vieille route de montagne pour rejoindre le parc de Tsitsikamma. On put admirer le pont enjambant la rivière Boulkan sous lequel ils avaient installé un saut a l'élastique: le plus haut du monde a 216m avant que ce dernier ne se fasse détrôner par celui de Macao. On en avait parlé avec Christian la veille et on s'était dit qu'on allait sauter aujourd'hui mais il avait cogité toute la nuit et était mort de trouille a l'idée de sauter. Ca l'arrangeait finalement bien qu'on ne passe pas devant!
On arriva a l'entrée du parc a 17h, juste avant qu'ils ne ferment leur porte. Les prix étaient plus chers que d'habitude. La meilleure option était une hutte en bois pour eux 2 et un emplacement en tente pour moi malgré qu'ils me facturaient le prix de 2 personnes pour le camping soit 280 rands (22€). Je me suis plaint un peu et lorsque le mec de la réception nous demanda nos dates de naissance pour la réservation, il s'aperçut que l'anniversaire de Christian tombait le lendemain. Il nous offrit alors un chalet a 1500rands pour le prix de ce qu'on avait réservé: nickel! On était en plus passé auparavant au supermarché pour prendre de la viande histoire de se faire un petit barbecue et on s'est préparé un vrai festin en bord d'océan avec mais grillé, steak d'autruches et riz blanc. Le chalet avait tout le confort qu'il fallait et donnait sur l'océan dont les vagues éclataient sur les rochers juste devant notre nez. Il y avait même une grande baignoire et je pus me faire un bon bain chaud: ça faisait un bail! On termina la soirée par un petit poker en dealer's choice. Cette chère Christine, en plus d'être comptable dans la clinique, est aussi croupière les 1ers dimanches de chaque mois dans une salle de jeu a Pau. Autant vous dire que je me suis fait vite fait bien fait ratisser et que j'etais bon pour leurs préparer le petit dej le lendemain matin.


On décolla vers 8h et on commença par une balade pour rejoindre un pont suspendu long de 77m. Le site était de toute beauté et on continua ensuite la balade par l'ascension d'une falaise d'où l'on jouit d'un superbe panorama sur la cote. A la redescente, on essaya de prendre un raccourci avec Christian et on se retrouva a visiter une profonde grotte perdue en flan de montagne. On retourna a la voiture après plus de 3h de balade. Un petit casse-croute les pieds dans le sable puis on attaqua la 2eme partie: le long de la cote sur 3km pour rejoindre une cascade. Il s'agissait en fait du départ de l'Otter Trail. Au bout d'a peine 1/2h de marche, ma 2eme anse de sac lâcha, la 1ere ayant déjà craqué lors du fish river canyon. Encore heureux que j'avais un mousqueton en rab dans mon sac.
On mis près d'une heure et demi avant d'atteindre la magnifique cascade en bord d'océan puis on se sépara là: eux reprenaient la direction de Cape Town et moi je commençais mon trek le long de la cote.

Il était près de 14h30 et j'atteignis la 1ere hutte après une heure de marche seulement. Pas question de m'arrêter si tôt, je poussa plus loin pour rejoindre la seconde hutte a 8km de là. Le trail ressemblait a s'y méprendre a celui du West Coast Trail sur l'ile de Vancouver. Ce n'était pas un chemin plat mais des montées et des descentes afin de pouvoir passer les falaises aux parois parfois abruptes et plongeant dans l'océan. Les 8km étaient annoncés en 4h et je devais avoir une bonne cadence pour éviter de finir de nuit sachant que celle-ci tombait a 17h45. Je dus tout de meme finir a la frontale pour arriver au campement vers 18h15. Je tomba sur un mec portant un bonnet et des lunettes et lui demanda s'il y avait de la place dans l'une des huttes. Il me répondit sèchement que tout était plein et que je n'étais pas censé être ici. Je lui dis que j'aurais du être a la 1ere hutte mais que je voulais avancer un peu plus rapidement. Il me dit "sorry man" et s'éclipsa: sympa l'accueil! Je tenta une approche dans le groupe qui etait près d'un feu de camp. Je m'introduis par un jovial "hello". Le mec au bonnet était là en train de decrire la situation aux autres et pas une réponse si ce n'est un silence de mort. Merci l'ambiance...
Je retourna dans mon coin sous un préau pour préparer ma tente quand le mec au bonnet vint me parler. Je m'attendais a de plates excuses et a ce qu'il engage gentiment la conversation. Pas du tout bien au contraire. Il me dit que je n'étais pas censé dormir ici, qu'ils étaient un groupe de 12 amis et avaient privatisé l'endroit, qu'ils ne se sentaient pas en sécurité avec moi dans les parages. Bref, un vrai délire! Il m'encouragea fortement a rester là le prochain jour. Je lui dis que j'avais l'intention de continuer ma route et il me rétorqua alors que je devais aller plus loin que la hutte 3 car ils ne voulaient plus me voir. Je l'ai envoyé bouler en lui disant de ne plus me parler et il est parti.
J'avais la rage a un tel point que je me suis dit que j'allais me venger le lendemain. Je pensais arriver avant eux a la hutte 3 et fermer un des 2 cabanons avec un de mes cadenas pour leurs donner une bonne leçon de savoir vivre. J'ai eu l'impression d'être dans la peau d'un noir durant la période de l'Apartheid. Quel sentiment horrible de se sentir exclu de la sorte et traité comme une vulgaire nuisance. Et après, les blancs d'ici s'étonnent qu'il y ait autant de ressentis et de violences contre eux de la part de la communauté noire.
La nuit fut assez chaude et je pus me reposer bien 8h. J'en avais bien besoin car la journée avait été longue et la marche difficile. Je partis tôt le matin a 7h30, sachant que le jour ici ne se lève qu'a 7h. La hutte no3 était annoncée a 4h d'ici pour 8kms et j'en mis effectivement presque 3h30. Je traversa des sites de toute beauté avec des criques qui se découvraient juste après un virage ou des rivières plus ou moins difficiles a passer. 
Je suis arrivé vers 11h sur le site. Un peu en avance par rapport a ce que j'avais prévu. Je checka les huttes: des lits en dortoir sur 3 étages avec largement la place pour accueillir d'autres personnes. Je cherchai a mettre un cadenas sur la porte d'entrée mais elle était conçue de telle sorte que c'était tout bonnement impossible. 
Je laissai tomber l'idée et commençai a me préparer mon déjeuner a l'extérieur quand a peine 5' plus tard, un ranger se pointa de nul part, pour faire le menage dans les huttes! Comme quoi, la haine ne paie pas. Je n'ose même pas imaginer si j'avais réussi a mettre un cadenas a la porte...le mec m'expliqua qu'il y avait une route au dessus de la falaise et qu'il venait faire le menage régulièrement.
Je partis vers 11h30 avec en tête l'idée de m'arrêter a la hutte no4. Celle-ci était très éloignée, a près de 14kms d'ici et annoncée en 6h de marche. Ca devait coller avec la tombée de la nuit. Le seul hic était le passage de la Boulkan's river, le point le plus difficile a passer. On m'avait déjà bien prévenu que cette rivière n'était pas évidente et qu'il fallait absolument la passer a marée basse. Je n'avais pas réussi a me procurer la table des marées sur le net, n'avais pas pu la demander a l'entrée du parc vu que j'y allais en resquilleur. Je ne m'en étais pas trop inquiété car je pensais la demander aux randonneurs que j'allais croiser dans le parc mais vu l'accueil de la veille, je me retrouvais sans info. La marche fut pénible avec de longues montées qui me faisaient sentir tout le poids de mon sac sur les épaules. Je devais avoir 20kg de charge mais après quelques heures de marche, le sac paressait peser une tonne pour mes "frêles" épaules.
J'arrivai sur l'embouchure de la Boulkan's river vers 15h30, soit un peu plus tard que prévu mais toujours dans les temps pour rejoindre la hutte no4 avant la nuit. Il y avait un grand panneau qui expliquait les différentes voies de passage mais impossible de les distinguer clairement en voyant le site. Je compris plus tard en regardant la table des marées qui avait été posée là: la marée haute était precisemment a 15h30 et la marée basse a 10h du mat. Il y en avait une autre de nuit vers 21h. Je me demandais comment c'était possible de passer a marée basse sachant que de la hutte no3, il y avait près de 4h de marche. Une de mes options était de poser ma tente quelque part là et de tenter la traversée de nuit. Mais non seulement il n'y avait pas forcement de place pour poser ma tente quelque part sur cette falaise mais en plus, le panneau indiquait qu'il était formellement déconseillé de tenter une traversée de nuit et qu'il fallait impérativement passer dans un créneau d'une heure avant et après la marée basse seulement.
J'avais de toute façon prévu un plan B. Je voulais faire le saut a l'élastique et le pont était posé au dessus de la rivière. Il y avait une escape route mais celle-ci était annoncée avec 2h de temps alors que le saut a l'élastique fermait ses portes a 17h. Je me suis dit que ça valait le coup de le tenter et je rassembla mes dernières forces pour effectuer la montée au pas de charge. Je réussis a arriver sur la N2, la route principale, en a peine 45'. Je me pointa au bord du pont mais je ne trouva aucun accès. Il y avait seulement un panneau qui indiquait 200rands d'amende pour les piétons qui empruntaient le pont. Je me retrouvais coincer. Un autre panneau indiquait le "Bungy jumping" a 1km d'ici mais j'avais peur d'y arriver trop tard et je ne me sentais pas la force d'aller si loin. J'avais en revanche encore du crédit 3G et je réussis a trouver le no de l'agence de bungy jumping. Je les appela et ils m'expliquèrent qu'il y avait un raccourci a travers la foret pour venir a leur bureau: ouf! Je me pointa et ni une ni deux, je me retrouva sur le bord du pont les pieds attachés prêt a sauter. Le saut fut sympa bien que court: 5 secondes de chute libre seulement. En revanche, j'avais payé pour la video mais ces derniers ont eu un problème lors de mon saut qui n'a pas été enregistré. La manager était embêtée et m'a alors proposé soit de me rembourser le prix de la video soit de faire un second saut le lendemain matin gratos. Ca tombait pile poil et j'ai dit bingo pour la seconde solution.
 Il faisait déjà nuit et la pluie avait fait son entrée. Je ne me sentais pas de poser ma tente alors qu'en plus, la température avait chuté aux alentours des 5°c. Il y avait un hostel plutôt pourri juste a cote du bungy jumping mais ils n'avaient plus d'electricité. La manager est de nouveau intervenue et m'a proposé de partir avec les employés en ville a Storm River et de me déposer dans une belle auberge puis de me ramener le lendemain matin pour mon saut: royal au bar!
L'auberge, Tube and Axe, etait vraiment sympathique. Une grande maison en bois avec un feu de cheminée a l'intérieur pour se réchauffer. Il n'y avait pas grand monde mais j'ai quand même pu taper la discute avec un couple de Joburg et un jeune allemand en vadrouille dans le coin. J'ai même pu me restaurer et reprendre des forces pour attaquer requinqué la fin de l'Otter Trail le lendemain.
J'etais sur le pont vers 9h accompagné d'un groupe de jeunes backpackers voyageant avec le Baz bus. Il s'agit d'un concept intéressant a la base mais qui a pour moi vite tourné au vinaigre. Constatant qu'il n'y avait pas vraiment de transport en commun sur la cote, ils ont pensé a un bus qui passe une fois par jour sur les sites touristiques les plus visités et qui fait sa tournée. On peut y monter et descendre quand on veut sur une durée plus ou moins longue selon le montant que l'on paie. L'inconvénient majeur: du fait de sa popularité, les prix se sont envolés et le Baz bus est plus devenu un moyen de transport pour jeunes volontaires attardés que pour de vrais backpackers. Le jeune allemand par exemple avait payé son billet Joburg/cape town 3800rands (300€). C'était un billet open mais tout de même une vraie fortune pour l'Afrique du Sud!
Bref, j'effectua mon saut, en arrière histoire de varier les plaisirs puis je fila sur l'escape route pour passer la Boulkans river a marée basse. 
Je suis arrivé au pied de la rivière a 10h20 soit 10' après le pic le plus bas et j'ai pu voir un groupe au loin qui venait de traverser. C'était bien sur mes 12 grands amis que j'avais rencontrés a la hutte nº2. La haine me remonta direct et je me fis plein de scénarios d'approche de ce cxxx qui m'avait envoyé baladé l'avant veille. Mais il fallait d'abord passer la rivière et bien qu'elle soit beaucoup plus basse que la veille, la traversée n'avait pas l'air évidente. Il y avait des vagues qui rentraient de temps en temps dans l'embouchure et qui provoquaient une remontée soudaine du niveau d'eau de bien un mètre supplémentaire. J'avais en plus déjà entendu des histoires de mecs qui s'étaient fait emporter jusqu'a l'océan. Je me mis en maillot et attendis la bonne série pour débuter la traversée. J'avais pris un grand bâton dans les mains pour m'aider a garder l'équilibre au cas où je marchais sur des rochers mais finalement ce dernier m'encombra plus qu'autre chose. J'aurais mieux fait de courir le plus vite possible jusqu'a l'autre rive. Il me restait une dizaine de mètres a faire quand la 1ere vague s'annonça. Je lâcha mon bâton et couru a toute vitesse pour rejoindre le bord de la falaise la plus proche. Malheureusement un peu tard, la vague arriva et m'enveloppa lentement jusqu'a la taille. Je baissa mon buste pour mouiller le moins possible mon sac a dos et parcouru les derniers mètres qu'il restait avant de gravir la paroi. J'eus de la chance car mon sac ne fut qu'a peine mouillé sur le fond. Quelques secondes plus tard et j'aurais même pu être emporté: avec mon pc portable et toutes mes affaires avec!
Le temps de me secher et de remettre mes guenilles et groles que j'avais déjà rejoint le groupe de 12. Ils étaient en file indienne a galerer a passer un passage un peu rocailleux. J'engagea la discussion avec le dernier larron qui fut plutôt sympathique cette fois. Il m'expliqua qu'ils étaient partis a 4h du mat avec les frontales pour n'arriver que vers 10h ici. Ils venaient tous de Joburg. Je décida finalement de ne pas m'énerver et de jouer le gentil gars avec le reste du groupe pour ne pas leurs donner raison de m'avoir exclu de la sorte. La moitié du groupe me dit un bonjour sincère et jovial et l'autre a peine un regard ou un sourire. Quand j'arriva au niveau de mon "meilleur ami", je lui fis un grand bonjour avec un large sourire. Ce dernier tourna la tête en lâchant un bonjour qui avait l'air de l'étouffer. Quel con! Je partis a toute blind pour m'éloigner au plus vite des odeurs nauséabondes qu'il me laissait. Je fus tout de même assez fier de moi et de ma manière de réagir. A une autre époque, je lui aurais refait une tête plus carrée mais là, je l'avais laissé dans sa bêtise. J'eus même un moment l'impression de revenir dans le film de Mandela que j'avais vu récemment où ce dernier, après 27ans passé emprisonné, fut appelé par ses détracteurs et notamment le président en place pour sauver le pays de la crise en cours. Ils lui en avaient fait tellement baver que personne n'aurait crié au scandale s'il avait viré tous les blancs du pays. Mais en homme de grande sagesse, il était passé au dessus de cette rancoeur et avait essayé de faire au mieux pour que les 2 communautés puissent vivre ensemble.

J'arrête mes tergiversations ici et reviens au trek en lui-meme. Je traversa de magnifiques paysages avec des flans de falaises tous plus beaux les uns que les autres et toujours cette espèce de foret mi jungle mi européenne qui donnait ce cote vert contrastant parfaitement avec le bleu de l'océan et du ciel. L'arrivée au site de la hutte n°4 fut de toute beauté: dans un renfoncement qui laissait place a l'embouchure d'une rivière, je découvris le site du haut de la falaise. Splendide!
Je tapa le casse croute là et des que mes poursuivants arrivèrent, je leva le camp aussitôt pour garder l'esprit tranquille et serein. 
Il me restait encore 7kms que je fis en a peine 2h. Je commençais a fatiguer mais l'arrivée sur la baie de Nature's Valley me redonna un coup de fouet: une longue plage de sable qui séparait l'océan d'une lagune un peu perdue dans la brume. Je merda tout de même a trouver mon chemin et commença a faire le tour de la lagune au lieu de traverser a l'embouchure. Je compris mon erreur et fis demi tour par le bord de la lagune mais je fus bientôt coincé par un mur de ronces infranchissable. Je mis bien 1/2h avant de pouvoir atteindre l'embouchure et la traverser.
De là, je devais retrouver la maison de Penelope, la femme qui m'avait gentiment gardé mon surplus d'affaires. Mais je me perdis une nouvelle fois dans ce petit labyrinthe. Il était temps que je me repose!
Penelope m'offrit un café mais ne put me proposer un ride pour me ramener sur la route principale située a 12km d'ici. J'attendis donc a un carrefour et a peine 2' plus tard, un blanc me prit ainsi qu'une nana black qui attendait avec moi. Il allait a Plettenberg mais je préféra descendre a la jonction de la N2 plutôt que de faire du chemin pour rien, ma prochaine destination étant Port Elizabeth. 
Il était près de 16h et je me fixa 17h comme dernier délai pour tenter d'avoir un ride pour Port Elizabeth située a 220km de là. Personne ne s'arrêta malgré un nombre impressionnant de voitures qui passa. Je pris le parti de changer de cote pour aller a Plettenberg afin de dormir au chaud dans un hostel puis de repartir a la sortie de la ville le lendemain. J'attendis 3/4h mais personne ne s'arrêta non plus.
Je commençais a avoir froid et la fatigue aidant, je n'avais pas le moral au plus haut. Je décida de rejoindre une station service a 1km d'ici et me posa dans le resto de la station. j'entama la discussion avec un client plutôt rigolo, un blanc muni d'un casque de moto et d'un masque de ski! Il me dit qu'il m'avait vu faire de l'auto stop d'un coté alors qu'il passait en tracteur puis de l'autre cote quelques instants plus tard alors qu'il repassait par la même route. Je pensais trouver un coin dans la nature pour poser ma tente mais ce dernier me proposa d'appeler un de ses potes qui tenait une auberge de jeunesse pas loin. La providence! Il appela son pote qui passa me chercher 1/2h plus tard. Je me retrouva au bord d'un feu de cheminée a taper la discussion avec des américains bien calé au chaud. Le patron m'offrit le diner: une tourte qu'il avait lui-même cuisinée pour ses convives. Il s'appelait Rocky et c'était un grand fan de pétanque. Il s'était fait un petit terrain de boules dans son immense jardin et on se fit une partie avec tous les autres clients.
Il me proposa de rester pour le week end mais je préféra lever le camp le lendemain matin tôt pour retenter ma chance au même spot que la veille. J'attendis 2 bonnes heures avant qu'une voiture fit demi tour pour me prendre et m'emmener directement jusqu'a Port Elizabeth.




samedi 12 juillet 2014

Tdm4 E08 201405 Afrique du Sud Part 5: la Garden Route entre la baie de Knysna et les otaries de Plettenberg


Parti en auto stop d'Outsbhoorn, le chauffeur était vraiment cool et a poussé jusqu'a mon auberge de jeunesse moyennant 50rands pour tout le trajet. On était dimanche et la ville de Knysna semblait morte. On se rappelle du douloureux épisode de l'équipe de France de football ici dont les joueurs avaient refusé de descendre du bus lors de la coupe du monde 2010. Je partis faire un tour en ville puis au petit waterfront. La seule croisière en bateau ne partant qu'a 17h, j'eus le temps de prendre un bon déjeuner avec la spécialité locale, d'énormes huitres. 

La croisière aurait pu se faire en 10' mais elle dura 1h30 afin que les touristes puissent diner dans le bateau. J'etais avec un car entier d'indiens! Néanmoins, la lagune de Krysna est de toute beauté avec de très belles maisons posées ici et là sur les petites iles environnantes ou a fleur de flan de montagnes. On est allé jusqu'a Eastern Head, la falaise qui marque l'embouchure entre la lagune et l'océan.
De retour a l'auberge, j'ai fait la rencontre d'un couple de français: Christine et Christian, respectivement 46 et 43 ans, habitant a Pau et bossant tous les 2 dans une clinique privée. Ils se connaissaient depuis 10 ans et partaient tous les ans ensemble 3 semaines depuis 4 ans. Ils etaient très proches mais étaient juste amis dans la vie. 
On décida de faire un bout de chemin ensemble et le lendemain matin, on démarra par le haut de la falaise vu d'en bas la veille en bateau. Point de vue magnifique! Puis on se dirigea sur Plettemberg Bay d'où l'on pique niqua sur Central beach. On partit ensuite en zodiac pour aller nager dans une colonie d'otaries. Le départ vu épique, propulsé par un gros tracteur du sable pour passer le short break. Le snorkelling fut lui sublime. Encore mieux qu'aux Galápagos car ici, des centaines d'otaries, dont pour la plupart de jeunes ados, venaient s'amuser avec nous dans l'eau, nous tirer le bout des palmes et parader devant nous: un vrai bonheur! Le retour a la plage fut aussi assez musclé: le capitaine mit plein gaz en direction de la plage afin d'aller le plus loin possible dans le sable.

On se dirigea ensuite vers le parc de Tsitsikamma: notre prochaine destination!




Tdm4 E08 201405 Afrique du Sud Part 4: Grottes de Rando et ferme d'autruches a Outshboorn


On s'est fait déposer a 40km de Gans Bay a une intersection quelconque perdue au beau milieu de nul part. Moi qui m'étais dit plus jamais d'auto-stop en Afrique du Sud après mes mésaventures lors de mon entrée dans le pays. Mais bon, Fernando était persuadé que comme dans tous les autres pays africains qu'il avait traversés, a l'exception de la Namibie (cas a part puisqu'il n'y a quasi pas d'habitants hormis dans les grandes villes), il arriverait a faire de l'auto-stop sans trop de difficulté car il avait son fameux panneau "tour d'Afrique coupe du monde". Je n'en étais pas convaincu du tout mais je voulais tout de même voir ses techniques d'auto-stop et enfin savoir si c'est moi qui avais la pouasse ou s'il manquait quelque chose dans ma démarche. 

On attendit a peine 20' et un premier mec nous prit pour nous amener a 50km plus loin, a une autre intersection. De là, on a peut etre attendu une heure avant qu'une personne ne nous prenne a nouveau et nous dépose sur la N2, la route principale. De là, on attendit une bonne heure de nouveau et un mec travaillant pour Avis nous prit. Il y avait déjà 2 autres personnes dans la voiture et le me nous expliqua qu'il ramenait les voitures de location que les clients avaient laissé ailleurs qu'a leur lieu d'enlèvement initial. Il pouvait nous déposer a George, quasiment jusqu'au bout de notre prochaine destination. Il ne nous resterait alors plus que 50km a parcourir. A la mi-parcours, le chauffeur du mettre de l'essence et nous demanda de participer au frais, c'est a dire de diviser la note entre les différents auto-stoppeurs qui étaient dans la voiture, sans lui bien entendu! Il avait rempli l'essence juste ce qu'il fallait pour arriver a notre destination. Fernando protesta lui répliquant qu'il n'avait jamais payé un trajet en auto stop depuis qu'il était en Afrique. Le mec était prêt a nous faire descendre sur le champs. Je proposa 20rands (1,3€) par personne et on s'en tira pour 50rands au final (3,3€). C'etait plutôt un super deal mais Fernando était outré d'un tel comportement surtout que le chauffeur ne payait pas l'essence vu que c'est Avis qui prenait tout en charge.
Le chauffeur nous laissa a une station service a l'entrée de George. Il était déjà 17h passée et la nuit n'allait pas tarder. On démarra l'auto stop direct et un mini bus nous prit pour nous dire qu'il fallait aller a un embranchement spécial pour faire de l'auto stop dans la direction où l'on allait. Il nous y amena et nous fit racker 10rands le fumier! 
Il faisait presque nuit et ce n'était pas bon pour faire de l'auto stop ici car si les gens ne voyaient pas nos têtes, ils ne s'arrêteraient jamais. Et effectivement après 2h d'attente, pas une voiture ne s'était arrêtée. On décida de changer nos plans et de se dégoter un hotel. On trouva un motel un peu miteux pour 150rands/tête (10€). 

Je trouvais Fernando changé ces derniers jours. Il n'avait plus la même patate que d'habitude et il avait l'air un peu las. Je crois qu'il avait plus la tète au Bresil, sa prochaine destination qu'ici: dommage. 

Le lendemain matin, le proprio du motel eut la gentillesse de nous déposer a l'extérieur de la ville au bon endroit pour faire de l'auto stop. On fut les 1ers puis un blanc ressemblant a un clodo qu'on avait déjà vu la veille vint également et se positionna une dizaine de mètres après nous. Puis 3 jeunes blacks arrivèrent et attendirent 20 mètres devant. Apres 15' d'attente, une voiture s'arrêta a priori pour nous mais le vieux clodo fut le premier au carreau de la voiture et réussit a monter avant nous. Il n'y avait pas assez de places pour 3: circulez, il nous avait piqué notre ride! 10' plus tard, une voiture s'arrêta un peu plus loin que nous. Bien que nous étions plus prêts, le temps de prendre nos sacs, les 3 blacks avaient tapé le sprint et étaient en train de négocier quand Fernando arriva a la fenêtre. Personne ne fut prit sur ce ride là mais on décida de se mettre 500 mètres plus loin pour éviter cette concurrence. Pas la meilleure idée qu'on ait eu car toutes les voitures intéressées s'arrêtaient pour eux d'abord. Et il y eut 2 autres auto-stoppeurs qui arrivèrent en plus et qui se postèrent pas loin des 3 blacks. On se retrouvaient vraiment en bout de chaine alors qu'on avait été les 1ers sur le spot! Un petit camion s'arrêta a leurs niveaux, ne prit personne, puis s'arrêta pour nous. Il nous proposait un ride mais a l'arrière, dans sa remorque complètement fermée dans le noir. Le mec avait l'air plutôt sympathique et on accepta. Il nous demanda tout de même 15 rands (1€) pour la course! J'eus une petite appréhension quand le mec ferma la porte avec un cadenas: on était complètement enfermé dans le coffre d'un inconnu dans le noir! Tout se passa bien et il nous déposa a destination dans l'auberge Backpackers Paradise. On y planta nos tentes et on se sépara. Je voulais aller visiter les grottes du coin alors que Fernando voulait de reposer un peu. 
Il était 11h du mat quand je commença l'auto-stop. Il y avait un couple de blacks qui attendaient également et je me plaça stratégiquement 200m avant eux. Bien qu'aucune voiture ne s'arrêta, au bout d'1/2h, ils comprirent le stratagème et se placèrent a 30m au dessus de moi. Un minibus s'arrêta au milieu entre nous. Ils arrivèrent les premiers et montèrent direct. Il restait encore pas mal de places mais le chauffeur me dit "non, pas toi!" Et il partit. Je n'ai pas compris ce qui se passait. Il y avait peut être déjà 10 personnes dans le minibus toutes black...bizarre!

J'avais un panneau indiquant "caves" qui n'étaient situées qu'a 30km d'ici. J'attendis encore un bon 20' quand un fourgon de police passa. Je ne montra pas mon panneau et les policiers ne s'arrêtèrent pas mais 5' plus tard, les mêmes policiers avaient fait demi-tour et m'interpellèrent. Je me disais que j'allais prendre cher, qu'il était peut être interdit de faire de l'auto-stop ici. Mais non pas du tout, les policiers me demandèrent si j'allais aux caves et me donnèrent un ride la bas: trop cool! Ils me firent monter a l'arrière de leur fourgon. J'eus l'impression d'être un prisonnier pendant tout le trajet ;-)
Arrivé a destination, je pris le circuit "Aventures" et ce fut effectivement sportif. Il fallu se glisser dans des passages plus étroits les uns que les autres mais par contre, ça valait le coup: les salles que l'on découvrait étaient énormes avec des stalagmites et stalactites millénaires de toute beauté. On était juste un petit groupe de 6 plus le guide et 2 d'entre elles, de jeunes allemandes me donnèrent un ride pour ma prochaine destination: la ferme d'autruches de Rando.

La ville d'Outshboorn est connue pour l'élevage de ses autruches. Ca a été le 1er endroit au monde où ils ont commencé a domestiquer des autruches en grand nombre. La valeur des plumes et du cuir alors valait une fortune: plus que le cours de l'or, elles étaient très a la mode dans les tenues chics et les sacs ainsi que pour les costumes tels que ceux confectionnés au Lido par exemple!
Mais depuis, le nombre de fermes avait tellement augmenté que le cours de l'autruche était retombé a des niveaux plus "basiques". Un sac en peau d'autruche vous en coutera tout de même un max mais beaucoup moins qu'a l'époque. Les fermes réalisent désormais 60% de leur bénéfice dans le cuir, 30% dans la viande et 10% pour les plumes. 
J'eus le droit a un baiser d'une autruche...sur la bouche s'il vous plait! Mes lèvres s'en rappellent encore. Je voulais voir les petits mais malheureusement en hiver, ils stoppaient la reproduction car généralement les petits ne tenaient pas a cette période frileuse de l'année. Les oeufs d'autruche sont juste énormes: un seul représente l'équivalent de 24 oeufs de poule: vous avez intérêt a avoir des invités quand vous en casser un!
Malgré que la charge max soit de 75kgs, le guide me laissa monter sur le dos d'une autruche. Expérience vraiment rigolote bien que trop instable pour que l'on puisse tenir longtemps sur son dos. D'ailleurs le pauvre animal ne le supporterait pas longtemps non plus.
La visite terminée, je réussis a trouver un ride sans trop de difficulté avec un local du coin et je retrouva Fernando a l'auberge. Il avait un peu étudié son parcours et voulait prendre plus par les terres alors que moi, je préférais retourner le long de la cote. On avait a la base décidé de faire l'Otter Trail ensemble puis Fernando s'etait aperçu qu'il ne marchait pas assez vite pour suivre ma cadence lorsqu'on avait fait Table Mountain ensemble a Cape town et de plus il n'avait que moyennement apprécié une marche aussi longue. Il cherchait clairement plus le contact avec les gens et il voulait partir dans des endroits plus sauvages et moins touristiques pour se confronter a la "vraie" population. Pas idiot comme raisonnement mais si vous voyiez la carte du routard dans la zone où il allait partir: il n'y avait rien! Courageux d'aller faire de l'auto-stop la dedans mais pourquoi pas. Je prendrais de ces nouvelles pour voir s'il avait fait de belles rencontres.
L'auberge de jeunesse proposait un barbecue a la viande d'autruches et ce fut un vrai régal: la viande n'avait quasiment pas de gras et était tendre comme un steak argentin! Il y avait une vingtaine de jeunes volontaires qui étaient venue du Cap avec une agence de tourisme passée quelques jours de vacances dans la région et on partagea quelques moments avec eux. La plupart était des jeunes filles qui bossaient dans les townships avec des enfants de max 6ans pour du soutien scolaire. Elles nous racontèrent pour la majorité que leur travail était tout de même un peu limité car elle donnait du bonheur a des enfants mais après 6 ans, il n'y avait plus rien pour eux, aucune structure et ils se retrouvaient presque tous dans la rue, dans la drogue.

Le lendemain, on partit ensemble avec Fernando faire de l'auto-stop puis on se sépara: chacun sa bifurcation! Pour ma part, j'attendis un ride pour George et après 1h30 de patience, j'eus la chance de tomber sur un mec plutôt cool qui m'emmena jusqu'a Knysna, ville tristement célèbre pour les bleus...il me fit payer la course 50 rands comme une autre passagère et m'expliqua qu'en Afrique du Sud, il fallait tendre un billet de la valeur du trajet que l'on voulait effectuer pour que les voitures s'arrêtent. Un bien bon conseil que j'appliquerai ces prochains jours...