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dimanche 30 mars 2014

Tdm4 E02 Senegal Part 4 le Sine Saloum


J'ai fini la visite de l'ile de Fadiouth en milieu d'après midi et je me suis péniblement dirigé vers le "garage, la gare routière du coin ", sous un soleil de plomb avec plus de 40°c a l'ombre, pour y attendre un taxi brousse. La pseudo voiture, un espèce de 4x4 tout pourri, était déjà là mais j'etais malheureusement le 2eme passager et il y avait encore 7 places a prendre. J'ai bien du attendre 2h30 ici avant que le taco se remplisse. Mais le trajet valait le coup: on a traversé un espèce de désert super aride et croisé des petits villages constitués de maisons en paille. Ca m'a rappelé un peu Madagascar! Ma destination finale était le campement Hakuna Matata qui est situé sur l'ile de Mar-Lodj. Je suis tout d'abord descendu a N'Dangane Sambou puis ai pris un autre taxi brousse pour rejoindre N'Dangane Campement! Là, j'ai attendu "Jean Claude dit "gros pépé", un contact que m'avait donné Jean Pierre et Josette, le couple de la langue de Barbarie. Gros pépé tient un resto et une auberge depuis près de 10 ans ici et il connait a peu prêt tout le monde. Il m'a dégoté une pirogue que prenait une de ses amies pour traverser le fleuve afin de rejoindre l'ile. J'ai du ensuite prendre une "charrette" sénégalaise pour arriver enfin a ma destination finale du jour, 

La traversée de l'ile en calèche était assez magique: c'était pourtant un véhicule on ne peut plus simple. Une planche de bois posée sur 2 roues et tirée par une mule. Mais le soleil était déjà couché et une petite brise rendait le climat tres agréable. Je suis arrivé de nuit au campement pour enfin rencontrer mon homonyme: Olivier, un baroudeur ancien punk qui avait entrepris de racheter ce campement il y a 10 ans. C'est le paradis de la pêche ici et Olivier en est un grand fan. (Mal)heureusement, il cherchait déjà a revendre son affaire. Il venait en effet de mettre enceinte une de ses clientes, une belge, et ne savait pas trop comment gérer un bebe dans un endroit aussi retiré.
Il m'a laissé installer ma tente dans son campement en me précisant de faire attention aux hyenes et aux chacals, assez nombreux dans la region. Mais ce n'était pas de ça que j'aurais du me méfier mais plutôt des "moutes moutes": ce sont des tous petits moustiques quasi invisibles qui ne se pointent en masse que lorsqu'il y a la pleine lune, la grande marée et pas de vent, bref, exactement les 3 conditions de la soirée! Et quand ils piquent, ils piquent. Je pensais etre protégé avec mon anti-moustique mais cela ne fonctionne pas avec les moutes moutes. Quand je l'ai compris, j'etais déjà en train de me gratter de partout et j'ai vite enfilé un polo manche longue mais ils s'en sont alors pris a mes pieds. 2eme étape avec les chaussettes par dessus le pantalon et ça allait déjà mieux!
Un groupe d'universitaires américains de Virginie est alors rentré en scène. Ils venaient pour découvrir l'Afrique et comprendre les différences avec leur culture: une grosse blague! Ils ont fait une veillée après le diner a laquelle j'ai assistée. Affligeant. Apres avoir passé quelques jours au Senegal, certains disaient qu'ils se rendaient compte qu'il n'était pas assez écolo et qu'ils devraient utiliser moins de papier dans leur vie de tous les jours, d'autres ne comprenaient pas comment un pays et des gens pouvaient être aussi sales et qu'il fallait absolument faire quelque chose pour gérer les déchets. Quand vous voyez dans quelle pauvreté les locaux vivent, vous comprenez qu'ils aient d'autres chats a fouetter que la gestion des ordures. 
J'ai passé une nuit agréable dans la tente: il faisait doux et les moustiques ne pouvaient pas y venir m'embêter.
Le lendemain, je suis allé me balader dans la mangrove avec un kayak: on s'y perd assez vite si on s'amuse a prendre les petits chemins! 
Jean Claude m'avait conseillé de prendre la pirogue "courrier", sorte de bus collectif, qui permettait de partir a la découverte du Saloum a moindre coup. Cette dernière allait a Tambacouta mais apres m'être bien renseigné sur place, c'était une galère: il fallait changer de pirogue 2 fois et attendre quelques jours a chaque fois, les jours de merché en fait, pour qu'elle ne reparte. A défaut, je me suis rabattu sur une pirogue privée qui m'a couté un bras (80,000fff soit 120€) pour 3h de trajet. Je n'avais pas 50 solutions et c'était celle qui paraissait la plus sympa. 
Je fus tout de même un peu déçu: on a surtout navigué dans les grands Bolongs (les bras du fleuve Saloum) et on ne voyait la mangrove que de loin. J'ai tout de même bien pris le soleil et en ai profité pour bien me reposer.
Arrivé a Tambacouta, un peu le trou du cul du monde encore une fois, je ne m'y suis pas trop éternisé car je voulais absolument choper un taxi brousse pour la prochaine ville Kaolak, plus central pour démarrer mon prochain trip au Senegal oriental. J'ai attendu près d'1h en compagnie d'un très sympa gérant d'hotel au bord de la route. Il y avait pas mal de taxi brousse qui passaient car il s'agit du chemin qui mène a la frontière avec la Gambie mais ces derniers étaient a chaque fois plein. On est finalement monté dans un bus rapide archi bondé mais bon: la course est a moitié prix de celles des taxi brousses...histoire que vous vous fassiez une idée de la comparaison!

lien vers la vidéo Siné Saloum


vendredi 28 mars 2014

Tdm4 Africa E02 Senegal Part 3 Petite Cote


Depart tranquille ce matin a 8:30 où je me résigne a rejoindre la gare routière de Dakar pour prendre un taxi brousse en direction du sud et de la Petite Cote. Le trajet ne s'étend pas sur de nombreux kms mais il y a de nombreux stops ce qui n'est jamais facile a gérer vu mon mode de transport et mes bagages. 

Je fais un 1er stop au village de La Somone, décrit comme plutôt typique par le Routard, j'en ai une rapide confirmation quand je traverse le centre ville. Je pris ensuite la direction de la lagune en longeant la plage et après 1/4h de marche, je tombe sur un énorme resort, le De Camaron qui prend toute la place sur plusieurs kms de plage. J'atteins enfin la lagune après une bonne suée et je repars direction Saly.
Je suis a la recherche d'un spot de kite. J'ai pu trouver des description de spots sur le net un peu partout au Senegal mais jamais de kite center où louer le matériel. Par chance, j suis tombé sur le gardien de l'hotel haut de gamme Teranga qui me proposa une grande maison tout équipée pour 20€ la nuit. Je saute sur l'occasion et me débarrasse de mon gros sac avant de poursuivre ma route. On m'a indiqué un centre sur la plage Cristalline et effectivement, ils avaient UN kite en location, c'est a dire une planche qui datait de bien 5ans sans poignée, une seule aile de 12m2 de marque inconnu et dont le système et la barre étaient également bien périmés et que dire du lych, le fil de sécurité qui est censé retenir le kite au harnais: c'était une fabrication maison a la sénégalaise. Même le mec qui louait le matos me confia qu'il ne savait pas en faire! De plus, il faisait extrêmement chaud ce jour là (vent donc faible) et c'était un vent de terre off-shore. 
J'ai juste pris de quoi me restaurer et j'ai filé a la ville d'a coté, MBour, pour voir le marché aux poissons et l'arrivée des pêcheurs. Ca fourmillait dans tous les sens et les étales étaient posées a même le sable. Il y avait quelques beaux spécimens comme ces raies guitares et quelques menus requins.
Je suis rentré dans ma "villa" vers 20h et suis ressorti le soir avec pour objectif de voir et danser le MBalax, que j'avais raté la veille a Dakar. On m'avait dit que les soirées commençaient a 22h mais même a minuit, il n'y avait toujours rien. Je suis tombé par hasard, au détour d'une place sur un spectacle de boxe française mis en musique par des rappeurs locaux: plutôt drôle!
J'ai pris mon mal en patience au tout nouveau casino flambant neuf de Saly en m'asseyant a une table de cash game pour une cave de 30,000frf (50€). Je n'ai joué quasi aucune main pendant une heure. Une fois une paire de 5 servie mais relancée très fort pre flop par un joueur, je ne suis pas rentré et bien sur le 5 est tombé au turn. L'avant dernier main avant la pause de 1am, je ne rentre pas avec Roi 8 et tombe Roi Roi 8 au flop. Et pour finir en beauté, ma première main de la soirée sur la dernière main: As Roi de coeur en milieu de parole. J'envoie tapis soit 15 fois la grosse blind en espérant chopper un ou 2 clients et en faisant genre que je voulais partir. Bien sur, personne ne me paya! 
En sortant, j'ai eu la mauvaise idée de prendre en photo une "dibiterie" en extérieure: sorte de resto servant de la viande grillée en barbecue. Mon flash s'alluma et le mec qui mettait du feu dans le bois m'a poursuivi pendant 10' en me demandant d'effacer la photo. Ne lui répondant pas, il fit mine d'appeler la police et poussa même le vice en simulant une conversation! Voyant que je ne réagissais toujours pas, il finit par lâcher l'affaire.
Je fis un tour des 3 boites du bled: l'Etage, plutôt mort, le King, ça commençait a rentrer mais je voulais aller voir la 3eme qui était censé être la mieux: l'Annexe. J'y suis arrivé a 2am: pas un chat devant la porte et le me mc de l'entrée me demanda 5000frf (8,5€) pour rentrer. Je lui dis Fuck en ayant en plus entendu la musique bien occidentale avec des tubes d'il y a 10ans et je suis rentré sans mon MBalax me caler chez moi.
La nuit fut une nouvelle fois agitée a cause des moustiques qui me piquèrent des 6h du pat jusqu'a que je me réveilla! J'ai pris ma moustiquaire portative et me la suis mis autour du corps et réussi enfin a dormir jusqu'a 10h.
J'ai repris 4 taxi brousses pour arriver sur l'ile de Fadiouth près de Joal. Il me resta encore un pont en bois flambant neuf de 500m, offert par la banque mondiale, a franchir pour arriver sur cette petite ile reposant entièrement sur des coquillages! L'ambiance y était tout a fait paisible: rien a voir avec ce que j'avais pu voir jusque là depuis mon arrivée au Senegal. Je pris un verre dans un minuscule bar et le mec qui me serva était tellement sympa que je lui ai laissé mon gros sac afin de pouvoir me balader plus léger. L'endroit était tout de meme extrêmement pauvre et sale. Les porcs vivant en quasi liberté sur les bords de l'ile n'arrangeaient rien a la chose. Ce fut tout de meme depaysant de se balader dans les toutes petites ruelles de cette ile: je me suis bien plantée 10 fois et je débouchais a chaque fois dans la cour de particuliers. 2 gamins m'ont alors aidé a retrouver mon chemin et je leurs ai payé un coca a chacun pour les remercier! Un autre pont en bois menait quant a lui au cimetière. Les tombes étaient elles-aussi faites de coquillages, comme le sol et quelques baobabs trainaient par là: on se serait cru a un remake de "le Bon, la Brute et le Truand" en version africaine...



jeudi 27 mars 2014

Tdm4 Africa E02 Senegal Part 2 région de St Louis

Je me suis retrouvé a la garde routière de Dakar vers 9h: l'enfer sur terre! On aurait dit un cimetière Peugeot. Que des voitures break des années 80 qui servent ici de transport collectif. J'ai eu ma 1ere expérience dans un taxi brousse sénégalais lors de ce transfert Dakar/St Louis et celle-ci fut douloureuse. Les taxi brousses sont de vieilles peugeot break 505 ou 305 avec 2 banquettes dans lesquelles ils y entassent 7 personnes plus le chauffeur et les nombreux bagages. Les places du fond, sur la 2eme banquette sont les pires et la palme de la place la plus inconfortable revient a celle du milieu. Je vous laisse imaginer celle que j'ai eu. Je ne pouvais me tenir droit et ai du hocher la tête pendant toute la durée du trajet. La banquette était si dure que mes ischions ont commencé a me faire souffrir des la 1ere demi heure. Et le trajet dura 5h! On ne s'arrêta qu'une fois...quand le chauffeur dut payer un bakchich lors d'un barrage policier. Je suis arrivé tout fourbu sur l'ile de St Louis mais j'ai tout de même entrepris de faire le walking tour du centre ville, proposé par le syndicat d'initiative. 
L'ile de St louis, bloquée entre le continent et la langue de Barbarie, jouit d'un emplacement exceptionnel. Malheureusement, et malgré qu'elle ait été classée au patrimoine mondial de l'Unesco, rien n'est fait pour la préserver et elle mériterait un bon gros investissement pour en refaire une pépite. J'ai tout de même rencontré 2 autres français pendant ce walking tour: Thomas, un jeune avocat fiscaliste parisien et Eliane, la soixantaine a la retraite. Tous les 2 étaient venus visiter des proches expatriés a Dakar de chez Total. Ils avaient privatisé un taximan sur 4 jours et m'ont gentiment proposé de faire les visites du lendemain avec eux. Ca tombait vraiment a pic car je voulais a tout prix éviter de passer par les agences de touristes pour faire les visites des parcs naturels.
Je me suis trouvé une petite auberge de jeunesse pour la nuit pas chère et bien propre. J'ai partagé le reste du dortoir avec les chauffeurs privés et un mauritanien en transit pour Dakar: pas un seul blanc!
Depart a 7:30 le lendemain pour le parc naturel du Djoudj: il s'agit d'une réserve d'oiseaux qui atteint son pic de fréquentation justement en mars, lorsque les oiseaux migrateurs y sont le plus nombreux. L'arrivée dans le parc fut incroyable: des milliers de pélicans nageant ensemble dans un grand plan d'eau. Ils plongeaient par groupe pour pêcher mais de manière fort synchronisée ce qui donnait un ballet artistique de 1ere ordre dans ce grand foutoir. La balade en pirogue fut un des temps forts de mon séjour au Senegal a n'en pas douter: hormis le fait qu'on ait rencontré un nombre d'espèces d'oiseaux différentes incalculables, le clou du spectacle était pour sur le vol des pélicans. Ces derniers se mettent en escadrille, soit en V soit en ligne et font des rase-mottes spectaculaires. Quand on sait que leur envergure varie entre 2m et 2,5m, on imagine le ballet dans le ciel, un peu a l'image de la patrouille de France. On dénombre pas moins de 22,000 pélicans ici et près de 250,000 canards et quand les 2 colonies ont pris leurs envols en même temps, le ciel s'est retrouvé assombri comme s'il allait pleuvoir...et effectivement, il plut! En tout cas, sur moi et plus précisément sur mon nez. J'ai reçu une petite dedicasse de la part d'un pélican: ça m'a rappelé un certain voyage en Norvège! Il y avait également de nombreux phacochères, sorte de gros sangliers, et on a aussi croisé quelques imposants crocodiles ainsi qu'un python. Je crois que c'est le plus beau parc d'oiseaux que j'ai eu la chance de faire jusqu'ici: aussi impressionnant que les Galapagos et plus peuplé que  le Pentanal.
Apres 3h de pirogue, on a repris la route en direction du sud de la langue de Barbarie: il s'agit d'un long banc de sable qui s'étend sur 35km de long pour quelques centaines de mètres de large a peine. Elle est bordée d'un cote par l'Ocean Atlantique et de l'autre par le fleuve Senegal qui sert de frontière naturelle avec la Mauritanie. La langue de Barbarie est aujourd'hui menacée a cause d'une grossière erreur humaine. Les autorités locales ont pris la décision en 2006 de faire une embouchure au milieu de la langue pour que les crues du fleuve Senegal puissent se déverser dans l'Ocean plus rapidement et ainsi soulager St Louis, menacée d'inondation. L'embouchure faisait a peine 5m mais la construction n'a pas ete suffisamment consolidée et aujourd'hui, cette embouchure fait près de 6km! C'est désormais l'Ocean qui se déverse dans le fleuve Senegal et l'eau y est maintenant salée dans la partie Sud de la langue. On a rejoint un campement détenu par un couple fort sympathique de français a la retraite: Josette, franco cap verdienne et Jean Pierre, né au Senegal et ayant toujours vécu ici bien que blanc de peau. Ils se sont installés là, au sud de la langue de Barbarie, sur la partie du continent en 1970 et étaient les tous premiers a défricher l'endroit, sans eau, ni electricité ni route. Ils en ont fait depuis un paisible havre de paix avec une jolie piscine, une petite plage et des hamacs, un vieux mini bus très habillement transformé en bar et même un terrain de pétanque. Thomas et Eliane ont pris chacun une chambre et moi je me suis mis dans leur camping où j'ai profité d'une grande tente mauritanienne en dur 6 places pour moi tout seul: nickel! Le fils de Jean Pierre et Josiette, Thierry, est un grand praticien de 4x4 et organise des rallye en Mauritanie sur les anciens tracés du Dakar et c'est lui qui a monté le festival du 4x4 au Senegal: une pointure quoi. Malheureusement il n'était pas là: dommage car ça m'aurait bien tenté. 
On a loué les services d'un piroguier qui nous a promené le long de la langue de Barbarie puis après avoir passé l'ile aux oiseaux, artificielle, il nous a déposé sur la langue pour une petite baignade dans l'Ocean. On a passé la soirée a discuter avec les propriétaires qui nous ont raconté une autre version de la création de cette embouchure dans la langue. D'après eux, il s'agirait d'une action politique car les piroguiers du village de St Louis en avaient marre de faire le tour de la langue pour sortir et ramener leurs bateaux et ils auraient poussé pour que l'on ouvre un passage. Quand on sait que les conséquences risquent peut être d'engloutir l'ile de St Louis, ça laisse songeur.
Le lendemain matin, on a retraversé le fleuve senegal en pirogue pour rejoindre la langue. J'ai fait un petit footing pour rejoindre la fameuse embouchure. Il y avait a l'extrémité un village abandonné, a moitié avalé par l'Ocean et qui n'en avait plus pour longtemps avant de disparaître complètement dans les flots. Je me suis fait le retour a la nage: un bon 600m. Il ne manquait plus que le velo pour clôturer mon 1er triathlon!

lien vers la vidéo St Louis


mardi 18 mars 2014

Tdm4 Africa E02 Senegal Part 1 région de Dakar

Je suis arrivé a Dakar a 8:30 du mat soit pres de 24h de transfert alors qu'un vol direct de Mindelo aurait pris moins de2h. Une toute autre ambiance que le Cap Vert. Dakar et sa banlieue comptent 3,5 millions d'habitants soit 1/4 de la population totale au Senegal. Autant vous dire que ca fourmille de partout. Je suis allé deposer mon sac chez les Fannies, ces 2 profs que j'avais rencontré la veille a Mindelo. J'ai ensuite pris le bus local, une vraie experience en soit, pour rejoindre le port international et le ferry afin de rejoindre l'ile de Gorée: c'est une ile classée au patrimoine mondiale de l'Unesco pour le role qu'elle a joué dans la periode de traite negriere qui a demarré en 1440 par les portuguais pour prendre fin 3 siecles plus tard. Les esclaves etaient parqués sur cette ile avant de partir pour les ameriques. Il faut savoir que le commerce des eslaves a debuté a cause de chefs de tribus locaux africains qui, quand ils prenaient le dessus sur une autre tribu ennemi, revendaient les vaincus aux blancs. J'ai visité la maison des esclaves dans laquelle on pouvait bien se rendre compte des conditions dans lesquelles ils etaient traités avant de subir l'enfer de la traversée. 
D'enormes canons ont ete installés sur cette ile dans les années 1930 afin de proteger la presqu'ile de Dakar et ont permis de couler le cuirassé anglais Tacoma. L'ile est tres paisible et les facades des vieilles maisons coloniales m'ont un peu replongé dans l'ambiance de l'epoque.

A mon retour a Dakar, j'ai fait la rencontre fortuite de Boubakar, un local musulman a la retraite et apres avoir discuté ensemble pendant 1/2h, ce dernier m'a proposé de faire un tour dans une association de soutien aux familles des victimes d'un nauvrage maritime qui avait eu lieu il y a quelques années seulement. Il m'a presenté le directeur de l'etablissement: a priori l'associaton fabriquait des vetements et objets de toute sorte de maniere artisanale et reversait les benefices aux familles des 2000 naufragés. Le directeur m'a fait faire le tour de tous les ateliers et apres avoir essayé de me refourguer des tenues africaines en tout genre, il a tenté de titiller la corde du don pour l'association mais a laché l'affaire en voyant que je ne sortais pas un centime.
Boubakar,  plus persistent, m'a alors emmené faire un tour de la ville a pied: on est passé dans différents marchés puis on a visité 2 grandes mosquées toutes les 2 financées par les rois du Maroc Mohamed V et Mohamed VI. On a ensuite longé la plage et rejoint le village artisanale de Soumbedioune où l'on a vu les pêcheurs au retour de pêche rentrant leurs pirogues. On a mangé du poisson frais ainsi que des moules et bulots grillés: plutôt bons. C'est ensuite qu'on commençait les galères avec ce cher Boubacar: non seulement il m'a surfacturé le déjeuner mais il m'a ensuite demandé de lui prêter 10,000 frf cfa soit 15€ pour faire une course au marché pour sa soeur et ensuite lui remettre sur la route de la maison des Fannies. J'ai senti la carotte venir mais vu son insistance et ne voyant pas trop ce que je risquais, je lui ai donné. Sa soeur ne s'est bien sur jamais montrée et j'ai essuyé mes pertes après qu'il m'ait juré ses grands dieux qu'il me rapporterait l'argent le soir. Je suis arrivé chez les Fannies a la nuit tombée et je leurs ai racontées mes péripéties du jour pendant le petit diner qu'elles nous a avaient concocté.
Le lendemain, je suis parti au lac rose, situé a 70km plus au nord de Dakar. J'ai négocié la 1/2 journée avec un taximan mais le tarif était si bas qu'il m'a cassé les pieds pendant toute la durée du trajet aller. Il n'a pas pris la voie rapide a péage et on a mis plus de 2h pour atteindre la destination qui se reliait en tant normal en 45'. Quand je lui ai demandé de m'amener au Bonaba café et qu'il a du faire le tour du lac (qui fait quand même 5km de long) sur une piste non goudronnée, je ne vous dis pas a quel point il m'a pourri. Le Bonaba café possède une jolie écurie en bord de lac et je suis parti faire une balade a cheval avec Moussa, le gérant du club, qui se trouvait en plus être un ami d'Ibou, le petit ami d'une des 2 Fanny. La rando fut vraiment géniale: on a galopé dans les dunes de sables puis des que l'on a atteint l'océan, le long de la plage les pattes dans l'eau. Il n'y avait pas un chat et la plage faisait des kms. Elle va a priori jusqu'en Mauritanie comme cela et on a d'ailleurs croisé un groupe de 8 motards faisant un rallye jusque la-bas: peut être une idée d'un prochain voyage...
J'ai fini la balade au bord du lac au resto Trerza où je me suis baigné dans son eau salée avant que mon déjeuner me soit servi. Le lac n'était malheureusement pas rose car il faut que l'eau de pluie se soit évaporée. Or là, il avait carrément été inondé. La salinité du lac est telle que l'on y flotte comme dans les eaux de la mer morte: ça m'a rappelé de bons souvenirs!

Le taximan m'a ensuite ramené a Dakar où je suis allé voir Fanny monter a cheval dans son club. C'est une cavalière émérite qui fait de la compétition en sauts d'obstacles. C'était la 1ere fois que je voyais un tel entrainement et j'ai vraiment apprécié la beauté de la chose. Fanny monte avec Ibou 3 chevaux appartenant a un français qui les a fait venir par avion de France (pour 6000€ par bête!). Elle avait ce jour là un nouveau coach venant de Suisse mais le courant avait du mal a passer. Vous comprendrez mieux en voyant les images du personnage. 

J'ai ensuite rejoint l'autre Fanny qui elle excelle dans l'escalade. Il faut savoir que le Senegal est un pays extrêmement plat et qu'a Dakar, il n'y a que 2 petites montagnes appelées les "Mamelles": l'une est surmontée d'un phare et l'autre d'une énorme sculpture, "la statue de la Renaissance", commandée par l'actuel président et très controversée au vu du coup qu'elle a couté et du résultat pas très réussi. 
Fanny, avec les autres grimpeurs de Dakar, soit 10 personnes a tout cassées, a ouvert plusieurs voies au niveau des falaises de la mamelle du phare en bord de mer. Quand je suis arrivé sur les lieux, je fus très impressionné par la hauteur de celles-ci et surtout par la verticalité et la difficulté des parois. Moi qui ait fait beaucoup de montagnes, je n'avais jamais, lors de mes périples, osé m'attaquer a ce genre de parois. 
Fanny m'a expliqué les bases, notamment la partie noeuds, cordes et matos. On doit débuter par un premier passage "en tête" afin de pouvoir sécuriser la voie. C'est la partie la plus dangereuse car la personne qui monte en tête n'est assurée par son binôme qu'a la hauteur de chaque mousqueton qu'elle pose sur les points de la paroi. Je me suis essayé sur la voie la plus facile et j'ai déjà pris très cher. J'ai passé l'endroit difficile en tournant le dos a la paroi et j'ai eu un mal fou a me retourner alors que j'etais quasi dans le vide! En plus, je n'étais pas muni de chaussures d'escalades ce qui rendait les choses encore plus ardues. 
Romain, un pote de Fanny nous a rejoint sur le spot et on a commencé les choses plus sérieuses: leurs potes avaient ouvert de nouvelles voies dans la paroi qu'ils voulaient absolument essayer. J'ai réussi, non sans mal, a passer la 1ere beaucoup plus vertigineuse que celle d'échauffement et la vue était magnifique d'en haut. En revanche, la 2eme m'a demandé tellement d'efforts dans les avant bras que j'ai du lâcher. Il fallait normalement garder les bras le plus tendu possible pour économiser ces muscles qui sont alors moins sollicités que s'ils sont repliés mais ce n'est vraiment pas quelque chose d'innée. Romain a réussi a passer et même Fanny a du s'y reprendre a 2 fois pour franchir la difficulté.
On a enfin essayé une troisième voie qui démarrait celle-ci déjà 5 bons mètres au dessus du niveau de la mer. Romain est parti en tête pour l'ouvrir et après avoir passé les 1eres difficultés, il a fait une chute de près de 5m alors qu'un rocher s'est dérobé sous sa main. J'ai cru qu'il allait littéralement s'écraser sur la roche. Heureusement, Fanny, qui l'assurait, l'a rattrapé de justesse en tenant la corde a 2 mains. Sa chute s'est arrêtée a 50cm du sol et Fanny, malgré le frein, a été soulevé d'un bon mètre et projetée sur la paroi. Plus de peur que de mal au final mais une bonne leçon de prudence tout de même a garder dans la pratique de cette discipline. On est rentré alors qu'ils faisaient déjà nuit et on a fait un tour au Just4You, le resto bar un peu dansant du quartier mais la soirée ne commençait que vers 1h du mat et on n'a pas eu le courage d'attendre jusque là. 

Les filles commençant très tôt le matin, je me suis réveillé aux aurores en même temps qu'elles, vers 6:30 du mat, et alors qu'elles allaient donner leurs cours, j'ai de mon cote pris la direction de la gare routière pour trouver un moyen de transport afin de rejoindre la région de St Louis au nord.

lien vers la vidéo DAKAR

Tdm4 Africa E01 Cap vert Carnaval de Mindelo


Et c'est reparti pour un nouveau tour que je commence, une fois n'est pas coutume, en voiture de Paris! J'ai pris un billet d'avion d'Amsterdam pour rejoindre le Cap vert et me suis essayé au covoiturage entre Paris et Dam. Plutot pratique et assez rapide: en a peine 5h, j'avais rejoint mon cher Vince qui a pu m'heberger pour la nuit. Le temps de prendre les 2 ailes de kite commandées par Ola, la proprio du centre de kite de l'ile de Sao Vicente et me voila de nouveau a Mindelo. C'est d'ailleurs là que j'avais rencontré Vince l'année passée lors de ma 1ere venue ici.
Double raison a cette recidive: j'avais raté le carnaval l'année derniere et on cherchait avec mes potes de "kite" un spot pour reediter notre petite aventure de 2013 en Republique Dominicaine. 
Je suis arrivé quelques jours avant le reste de la troupe et ai vite retrouvé mes bases. Jenny, le meme hotel en surplomb de la baie de Mindelo et sa tres sympathique gérante. En me baladant dans les rues le soir, je pouvais deja sentir l'odeur de la fete ambiante montée. Je suis tombé par hasard au detour d'une rue sur une incroyable repetition d'une des ecoles qui se presentait a la competition officielle. Il faut savoir qu'il y a 5 ecoles qui se disputent le titre chaque année et que chacune possède pres de 500 danseurs! Je suis rentré dans l’arène et ai vu les danseurs tournant autour d'un énorme cercle, dirigés par un homme au sifflet qui donnaient les directives. Le tout etait seulement eclairé par un seul spot de lumiere et avec le son des tam tam en live, cela donnait une scène completement surrealiste.


Le vent etait au rendez vous et je suis allé reviser mes classiques tres vite le lendemain sur le spot de Salamansa. J'y ai rencontré un drole groupe de 9 kiters francais venant tous de l'ile Dieu et egalement 2 kiters espagnols, Gaelle et Edouardo, controleurs aeriens de profession. 

Une grosse journée de 6h de kite au top où j'ai encore pris quelques boites en passant le short break puis une sortie a l'hotel Mindelo qui organisait une "pre-party" de carnaval, histoire de bien planter le decor.

Le lendemain, il y avait des attroupements un peu partout dans les rues et la foule qui suivait des percussionnistes en dansant dans une ambiance tres bon enfant et famillialle. J'ai encore fait une grosse session de kite et ai meme atteint le "point break" du spot en compagnie de Gaelle, l'un des 2 espagnols, en ayant tout de meme remonté au vent pendant pres de 2h. Ce fut un vrai regal: l'eau y etait turquoise et l'on pouvait d'un cote surfer les vagues et de l'autre faire des sauts monstres au sommet de celles-ci. Et je ne parle pas des poissons volants qui prenaient leurs envols dès que la planche de kite leurs passaient dessus.
Le soir, il y avait de nouveau une soiree au Mindelo Hotel mais je fus le seul a m’y prendre trop tard et à ne pas trouver de ticket pour cette soirée: sold out! Quel dommage quand j'ai vu les deguisements de fou que portaient les gens. On se serait cru au summum d'Halloween. Je me suis rabattu sur une autre soirée a l'hotel Port Grande où les gens etaient tout de meme plus agés mais tout aussi deguisés. J'y ai croisé Jacqueline, la directrice du centre de kite et ses copines. 

Les garcons sont arrivés dimanche: le jour de repos pour tout le monde ici apres ces 2 soirs de fete. On s'est rejoint au spot de kite et leurs impressions etaient tres mitigées: ils etaient dans un hotel assez pourri et surtout pas au centre ville mais dans une bourgade voisine, Lazarete. Ils n'avaient traversé que des endroits sans interet et il est vrai que les buildings non crepis et non finis de la diaspora peuvent faire peur au 1er regard. Pour couronner le tout, le short break du spot de Salamansa en a effrayé plus d'un et seulement 2 sur 8 ont pu s'essayer au passage des vagues. Il faisait froid a cause des rafales de vent incessantes et certains comme Romain, sortaient avec leur manteau de ski! Les garçons avaient tous pris un package avec vol et hotel inclus et j'ai eu la chance de pouvoir m'incruster dans une chambre de leur hotel sans meme avoir a debourser un centime.

Lundi, il y avait de nouveau une grosse soirée a l'hotel Mindelo et on s'est tous retrouvé au kiosque de la Plaza Nova. Le groupe s'etait elargi de 2 charmantes jeunes agenaises Angele et Anne-So ainsi que de Melo, un prof de kite flamand ressemblant a s'y meprendre a Brice de Nice, le surfeur sans vague et enfin Tiger, un boxeur pro allemand d'origine coreene. On assista au defilé hors competition: il s'agit d'un seul groupe pro dont le budget dépasse celui des 5 autres ecoles reunies. Les rues etaient noires de monde et l'ambiance incroyable. On a tout de même attendu pres de 3h que la parade veuille bien demarrer. Une locale un peu déjantée est venue s'inviter dans notre groupe et nous a tous plus ou moins bien maquillé le visage. On etait fin pret pour la fiesta.
Mardi fut le jour de la grande parade. Une petite session de kitesurf le matin pour se mettre en jambe et c'etait reparti pour le defilé, en journée cette fois. Les rues etaient encore plus comblées que la veille. Il y avait des gens partout, des terrasses aux balcons, sur les toits et meme jusque dans les arbres. Chaque ecole propose un certain nombre de themes representés autour d'un char: ca allait de Lady Gaga, aux Romains, a Superman en passant par la coupe du monde du Bresil. La parade s'est terminée vers 20h et la fete se passait ensuite dans les rues où tous les danseurs costumés se melangeaient au reste de la foule: magique!

Le lendemain, lever matinal et changement de decor complet avec la traversée du chenal en bateau pour rejoindre l'ile de Santo Antao, paradis de la rando. On etait censé partir sur le ferry de 9h mais je fus le seul a me lever avec Dimitri. Angele et AnneSo nous ont egalement rejoint ainsi que "Tumesoul", le serveur de notre hotel qui avait un jour off. J'avais prevu de faire l'ascension du plus haut point de l'ile, Copa de Topea, mais les autres n'etant pas equipés pour ce genre de periple, on est finalement parti pour le cratere du volcan en aluguer, le bus commun local. Ce dernier nous a deposé a Corda d'où l'on a entamé une fort jolie descente jusqu'au village de Cocoli. On a ensuite privatisé une voiture pour aller jusqu'a Cha de Iglesa, un petit village pres de la cote nord avant de demarrer un second trek le long de la plage jusqu'a Punta do Sol. Cette deuxieme partie etait la meme que celle que j'avais faite l'année passée avec Vince mais dans le sens inverse cette fois. On s'est arreté apres 2 bonnes heures de marche sur la plage de sable noir que j'avais repérée lors de mon 1er passage et on a monté la tente pour y passer la nuit. Un vrai petit bonheur que cet endroit, cerné par 2 falaises de chaque coté. On s'est trouvé quelques branchages et des brindilles pour faire un feu et on a pu apprecier notre nieme boite de conserve au thon devant un magnifique coucher de soleil.
Le lendemain, encore 4h et demi de marche a travers de somptueux paysages avant d'atteindre enfin la ville de Punta do Sol où on s'est récompensé par de bons plats franco cap verdien. Le dejeuner a peine fini, on a enchainé par une petite plongée bouteille avec des pecheurs locaux. Je n'avais jamais plongé avec un materiel aussi pourri: le BCD (ie: le gilet de plongée) etait en lambeau et les boutons pour le gonfler/degonfler ne marchaient pas. Pas de détendeurs de secours, les bouteilles a moitié remplies et ils n'avaient en olus qu'une seule ceinture de leste pour tout le monde! Pour couronner le tout, le spot etait emrpunt a de forts courants et on a plongé a la tombée de la nuit donc dans une eau plutot sombre. Une vraie experience mais c'etait plutot rigolo de ne pas avoir tout le confort habituel.
Le reste du groupe nous a rejoint en fin de soirée pour le diner et nous sommes repartis le lendemain pour Sao Vicente.
Une bonne journée de repos sur la plage de Mindelo aux eaux turquoises et on a re-enchainé le lendemain par une vraie plongée cette fois-ci sur un rocher au large de la ville. L'eau etait tout de meme trop glaciale pour que l'on puisse bien en profiter. On s'est tous reunis le soir pour un diner au chic resto de la Marina avant d'y passer la soirée prevue pour la cloture du festival.
Dimanche: jour de depart et de galeres! Les autres repartaient sur Paris en vol charter a midi et de mon cote, je me suis pointé a 8am a l'aeroport pour essayer de me dégoter un billet pour Dakar via Praia. J'ai fait la connaissance de 2 profs françaises, les Fannies (elles s’appelant toutes les 2 Fanny!) enseignant au Senegal a Dakar au CP et qui m'ont proposé de m’héberger dans leur appart: top! Elles avaient un vol a 11h pour Praia mais malheureusement, ce dernier etait plein et je n'ai pu embarquer que pour Sal a 14h puis une autre connexion a l'arrache pour Praia a 16h où j'y ai passé la nuit avant de prendre le vol international pour Dakar a 6:30 le lundi matin.

Lien vers la video Carnaval Mindelo