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mercredi 31 juillet 2013

201307 Armenie Part 1: le canyon du Debed


On a pris le bus en direction de Yerevan, la capitale arménienne avec pour intention de visiter en chemin 2 monastères situés dans le canyon du Debed.  Apres 3h de trajet et le passage de la frontière, le chauffeur du minibus nous a arrêté dans la ville industrielle de Valazdor: un choc! On dirait une ville laissée a l'abandon avec plein d'énormes bâtiments de l'ex-URSS totalement délabrés et des voitures plus pourries les unes que les autres. Encore heureux que les locaux sont sympas et surtout qu'ils parlent russes et qu'Alex est avec moi par e que sinon c'était quasi mission impossible. 

On a finalement réussi a négocier un tour en taxi d'environ 5/6h pour la modique somme de 18€! La voiture n'est pas toute neuve et on l'apprendra a nos dépens sur le chemin du retour où une pièce a cassé et le chauffeur a du trouver une pièce de rechange dans un bouiboui du coin et la changer lui-meme. Il m'a demandé la valeur de mon iphone et quand je lui ai dit 400€, il m'a répondu que je pouvais avoir l'équivalent de 3 voitures "étrangères" avec ça...je ne m'imagine même pas combien ça fait en voitures locales!
En revanche, la visite a été plutot réussie. On était complètement en dehors des circuits et horaires touristiques et on a pu bénéficier des sites pour nous tous seuls. On ne s'est pas fait prier pour en profiter et se faire plaisir au niveau des photos...on a démarré par un vieux câble car des années soviétiques au pied d'une mine de cuivre toujours en activité. La ville minière fait juste flipper par sa pauvreté et son insalubrité. Pour vous dire, même les chevaux mangent dans les poubelles ici! Les gens sont par contre charmants et on ne paie pas pour rentrer sur les sites ici. On a fait le monastère de Sanahin puis celui de Haghpat, tous les 2 situés sur de hauts plateaux bordant le canyon de Debed. On a repris la route a la nuit tombée pour rejoindre le village de Dilijan, perdu dans la foret

lien vers la video canyon Debed



mardi 30 juillet 2013

201307 Georgie Part 4: la capitale Tbilisi


Second passage a Tbilisi mais cette fois-ci, on a prévu d'y rester quelques jours. Ce n'était pas évident pour moi de me déplacer dans le métro et les rues de cette métropole (1,2 millions d'habitants) avec mon problème de vue. On est allé faire notre check in a l'auberge "Why not?" située en plein centre et ressemblant a un énorme loft. Il y avait même un gigantesque dortoir de 21 lits et l'ambiance backpackers était vraiment cool. La nana de la réception en me voyant m'a tout de suite indiqué l'hôpital spécialisé en ophtalmologie de Tbilisi et on a pu s'y rendre avec un fort sympathique taxi driver qui nous a également servi d'interprète. Le docteur après examen, a diagnostiqué des brulures assez sérieuses aux 2 yeux et m'a donné des gouttes a mettre 6 fois par jours pendant les 3 prochains jours en me disant qu'a priori tout devrait retourner dans l'ordre sous 72h. Alex en a profité pour se faire scanner le genou droit qui le faisait terriblement souffrir pendant les descentes mais rien n'a ete descellé. 

On a rencontré un français un peu marginal mais très sympa a l'auberge, Benjamin, 37ans habitant au Mexique avec sa femme russo-américaine et en instance de séparation. Il voyageait seul et essayait d'apprendre le russe. Benjamin a eu un parcours tout a fait atypique jusqu'ici. Il a tout d'abord animé des soirées comme co DJ a Berlin avant de devenir psycho-therapeute a San Francisco (spécialisé dans l'hypnose!). On a bougé ensemble au festival de la bière qui aucurait tout proche de l'auberge puis on est allé diner dans un resto typique géorgien. Mes yeux ont commencé a me picoter et ils ne s'arrêtaient plus de pleurer. On est rentré assez vite et je suis parti me coucher dans le noir complet pour complètement récupérer.
Le lendemain, on a fait un tour au marché aux puces puis j'ai laissé mes 2 compères pour faire un tour en solo de la ville et de son étrange architecture mixte entre ancien et historique et art nouveau et déjanté comme son pont de la paix couvert d'une espèce de grosse carapace de tortue ondulée. Je suis monté sur les hauteurs de la vieille ville par leur tout nouveau télécabine et suis rentré vers 19h en ayant eu le temps de faire un peu de shopping. 
Mes yeux allant beaucoup mieux, j'ai fait la connaissance de nombreux backpackers a l'auberge tous au profil atypique et on est parti diner ensemble dans un petit bouiboui du coin. On était une bonne dizaine dont Tim, un anglais faisant un tour du monde a vélo et ayant pour premier objectif de rejoindre sa petite fille qui habitait a Perth en Australie avant de vouloir remonter par l'Amérique du sud, un sacré baroudeur. Il était en attente de son visa iranien qui avait été annulé après les récentes élections présidentielles de juin. Il avait également un problème avec son visa chinois qu'il était en train de régler avec l'ambassade locale. Il y avait egalement un italien faisant un tour du monde a moto, un americain, un jeune couple de banquiers argento-londoniens et un retraité espagnol...bref, une belle tablée! On a en plus, en fin de diner, fait la connaissance d'un groupe d'expat américains travaillant ici pour l'union européenne et on est tous parti dans un bar boute a la musique plutôt pesante. On ne s'y est pas trop attardé et on a filé dans un petit bar avec musique live très sympa. Alex et Benjamin nous ont fait une petite démo improvisée au piano avec chant d'opera russe! En rentrant a l'auberge en fin de soirée, on est tombé sur un groupe d'israéliens très sympas et on a tapé le carton avant que je me fasse finir aux échecs par un sacré jeune joueur israélite.
Le lendemain, il était déjà l'heure de plier bagage et de filer pour l'Arménie en bus après ce bref mais plutôt intense séjour géorgien dont je ne suis pas prêt d'oublier (j'aillais écrire "de perdre de vue") les montagnes.

lien vers la vidéo Tbilisi



vendredi 26 juillet 2013

201307 Géorgie Part3: Kasbegi & l'ascension douloureuse du Mont Kasbek


On a mis 8h a rejoindre Tbilisi de Mestia en mini bus. En chemin, j'ai appelé le seul loueur d'équipements de montagne de Kasbegi, notre prochaine destination qui avait tout le matis nécessaire en loc excepté que les chaussures de montagne s'arrêtaient a la pointure 45 (alors que je fais du 46 et qu'in est censé prendre une pointure au dessus du fait de grosses chaussettes!) et surtout que le magasin fermait a 20h. On a cherché desesperement un magasin pour acheter des chaussures pour moi et quelques vêtements dignes de ce nom a Alex qui est vraiment venu en mode plage mais impossible de trouver, de plus on était un peu short au niveau timing puisqu'on est arrivé a 16h30 a Tbilissi et que le trajet pour Kasbegi prenait3h. On a foncé a l'autre station de bus et on est monté in extremis dans le minibus de 17hmais vu qu'il etait plein, le conducteur nous a gentiment installé sur nos sacs de voyage entre les banquettes: inconfort garanti!

On est arrivé a 20h30 et on a appelé la nana de l'agence de location pour qu'elle nous attende et on a eu la chance qu'un groupe de jeunes israéliens étaient également dans la boutique pour louer du matos. On a quasiment tout trouvé: sac de couchages, chaussures de montagne, piolets, sac de montagne, corde, lunette de soleil (pour Alex vu que moi j'avais mes lunettes spécial kite), manteau et pantalon de pluie pour Alex, gants et enfin crampons. Pour ces derniers, le mec qui louait a du utiliser son briquet pour mettre l'un des crampons a ma taille et ces derniers tenaient avec du scotch. Mais vu qu'on était a la bourre pour acheter la bouffe, on n'a pas fait les difficiles et on a filé au supermarché où l'on a acheté du cervela et des boites de sardines en conserve pour les 3 prochains jours.
On a rejoint notre guesthouse vers 22h et on s'est couché vers une heure du mat dans une bonne ambiance de Backpackers international.

Le lendemain, on a pris le petit dej a 7am et on s'est dégoté un taxi jeep pour nous déposer au niveau de l'église Tsminda Sameba, le symbole de Georgie, située a 2200m et qui trône au sommet d'une colline entourée de majestueuses montagnes. Ce trajet en jeep nous a permis d'économiser 2h de marche et après 6h30 d'une montée plutôt tranquille a travers des vallées encaissées et une marche sur un glacier, nous avons atteint la station météo, refuge dans lequel nous avons passé la nuit. Lors de la montée, le temps était assez changeant, alternant entre du très nuageux pluvieux voir grêleux a du soleil et un ciel plein bleu. A ces moments la, on pouvait apercevoir le mont Kasbek qui nous appelait de ses 5047m. Il s'agit du mont où aurait été enchainé Prométhée par les dieux pour avoir volé le feu.
On n'avait pas pris de guide local pour l'ascension et l'idée était de trouver un groupe qui allait monter au sommet et de les suivre. Le problème qu'on a rencontré était la météo qui n'annonçait pas du beau temps sur les 2 prochaines nuits. Le refuge, habituellement plein, avait ete particulièrement déserté pour cette raison. Or l'ascension était censé démarrer a 1am. On a tout de même fait la connaissance de 2 ukrainiens de Kiev, Taras et Sergey, qui étaient venus spécialement pour gravir le sommet Kasbek. Ils avaient pris un guide local pour l'ascension et avait déjà passé une nuit ici pour s'acclimater a l'altitude. Vu qu'ils devaient partir dans 2 jours, ils voulaient absolument tenter la montée. On s'est couché vers 17h et j'avais mis mon réveil a minuit pour ne pas louper leur départ et pouvoir les suivre. Ils se sont finalement levés a 1am mais le temps était très mauvais: il neigeait avec un brouillard assez épais. Tout le monde a décidé de se recoucher vers 3:30am. Je commençais a peine a m'etre réchauffer dans mon duvet et a m'endormir que je les ai entendu se relever vers 4am. Le temps était redevenu correct et ils allaient tenter la montée! On a demandé au guide si on pouvait les suivre et il a gentiment accepté. Cela tombait bien car on avait des lampes torches pas très puissantes et vraiment insuffisantes pour ouvrir la route, d'autant plus que le chemin était quasiment invisible a cause de la neige qui était tombé.
Le temps a vraiment était parfait jusqu'a 7am pendant la montée du glacier puis la traversée du "plateau", l'ice field qui alimente tous les glaciers du coin. Il s'est ensuite couvert mais on était déjà au dessus des nuages et on a pu profiter a plein du soleil qui nous a bien réchauffé de nos guenilles trempées (surtout le pantalon de location d'Alex qui était tellement pourri que la nana de l'agence de location ne nous l'a même pas facturé). Le rythme de l'ascension devenait de plus en plus lent a force que nous progressions et les 2 ukrainiens commençaient a ressentir les effets de l'altitude. Vers 8h du matin, j'ai préféré casser le groupe en 2 et partir en solo avec Alex car je ne voyais pas les autres arrivés au sommet. Le guide nous a desencordé et on s'est simplement encordé tous les 2 mais au bout de 10' de montée, la pente devenait trop raide et on a décidé de chausser nos crampons. La progression a été extrêmement difficile due en partie au terrain qui ne cessait de varier entre glace et poudreuse. Le fait que j'ouvrais la voie rendait la chose encore plus ardue et je m'enfonçais parfois de 50cm a chaque pas sur une pente où le piolet etait nécessaire pour garder l'équilibre. L'altitude n'aidant pas, les derniers centaines de mètres ont été douloureux et je devais m'arrêter tous les 5 pas pour reprendre mon souffle. Un épais brouillard est venu nous envelopper sur la fin de l'ascension et on n'y voyait plus a 3 mètres.  On a finalement atteint ce qu'on croyait être le sommet quand un léger éclairci a fait apparaitre un autre pan  de montagne au dessus de nous quais a la verticale. Le brouillard était si intense et on se sentait tellement exténué qu'on s'est dit qu'on allait laisser tomber et faire demi-tour. Apres 15' de pause, on allait redescendre quand on a vu l'autre groupe d'ukrainiens a une centaine de mètres de nous en contrebas. On les a attendu et le guide nous a dit qu'on avait fait le plus dur et que les derniers 150m étaient les plus faciles. On a alors repris confiance et on a entamé la montée avec eux. Le rythme était a nouveau trop lent et j'ai dit a Alex qu'on allait monter tous les 2 en mode "araignée". C'est une technique que j'avais utilisée lors de l'ascension du Mont Blanc l'année passée où il avait fallu passer un mur de glace de 50m complètement a la verticale. On avait alors un piolet dans chaque main et avec nos 2 crampons aux pieds, on utilisait ces 4 appuis pour monter telle une araignée. La différence ici était qu'on avait qu'un seul piolet par personne mais vu que le mur n'était pas tout a fait a la verticale, c'était tout de même jouable. Apres environ 75m de montée, j'ai senti mon pied gauche cedée sous la glace alors que je l'avais pourtant bien enfoncé. En fait le crampon avait cedé et c'etait brisé en 2!  J'ai reussi a m'agripper a la paroi tàt bien que mal avec seulement le piolet et mon pied droit comme appui et ai essayé tant bien que mal de rejoindre un rocher qui était a 1,5m de moi. J'etais attaché a Ale par une corde d'environ 5m et je crois que j'etais tombé, Alex, vu sa faible corpulence, n'aurait pas pu faire contrepoids et aurait également été entrainé dans ma chute. Fort heureusement, j'ai réussi a rejoindre ce rocher et j'ai essayé en vain de réparer le crampon défectueux. Et là, que faire? On était a a peine 75m du sommet et cela faisait un peu plus de 9h qu'on avait démarré l'ascension. Je ne me voyais pas renoncer si près du but et après 5' de réflexion, j'ai dit a Alex qu'on allait tenter de finir l'ascension comme ça avec un seul crampon au pied. Ca a pris 15' et ça a été quasi les 15' les plus longues de ma vie. J'avais une telle peur de glisser que je me cramponnais a la paroi a chaque nouvel appui, ce qui ne faut justement pas faire. J'ai vraiment eu les mêmes sensations que lors de la montée de ce mur de glace au Mont blanc où j'etais crispé comme une bête. Apres ces 15 longues minutes, le guide e nos 2 amis ukrainiens, qui avaient emprunté un chemin un peu moins pentu et étaient déjà sur le sommet depuis un bon bout de temps, nous ont dit de nous relever et de continuer debout. En fait, on était tellement flippé qu'on avait continué a faire les araignées alors que la pente s'était adoucie! On s'est relevé et on a pu finir les derniers mètres tranquillement. Malheureusement le brouillard était tres présent et il a commencé a neiger. J'ai dit a Alex qu'il ne fallait pas trop trainer et qu'on allait entamer la descente mais ce dernier avait une "grosse" commission a faire de manière urgente!!! Probablement le 1er a faire ça au sommet du Mont Kasbek. Il a fallu se desencorder et lui enlever son harnais ce qui n'a pas été chose aisée avec ses crampons aux pieds et ce salopard a mis une bonne dizaine de minutes avant de revenir.
Une des raisons pour lesquelles j'avais hésité de finir l'ascension avec un seul crampon était pour la redescente qui je sais est généralement plus difficile que la montée mais finalement avec la neige assez profonde et le fait qu'on ait pu prendre les traces des ukrainiens a rendu la chose beaucoup plus facile que prévu. Par contre pour Alex, ce ne fut pas une partie de plaisir, son pantalon pourri s'était déchiré au niveau des 2 jambes dues aux frottements des crampons sur le tissu a chaque fois qu'il faisait un pas et il n'arrêtait pas de se prendre les pieds dans son pantalon et de tomber. A un moment, il a chuté et est parti dans la pente. Il a crié et je n'ai pas eu le réflexe de me coucher tout de suite sur le sol. La corde s'est tendue et j'ai commencé a être entrainé. J'ai eu le temps de me retourner et de planter mon piolet dans la glace mais pas de chance, a cet endroit, c'était de la poudreuse et j'ai commencé a glisser sur plusieurs mètres et a être entrainé bien que je freinais le mouvement avec mon piolet toujours enfoncé dans la neige. Alex, qui avait glissé d'une bonne dizaine de mètres a eu le bon réflexe et se retourner et de planter également son piolet dans la neige. En fait, on avait vécu une expérience similaire 3 jours plus tôt lorsqu'on avait redescendu la montagne près du lac de Mestia où je lui avais dit qu'en cas de chute sur un pan enneigé, il ne fallait surtout pas rester sur les fesses mais se retourner et essayer de freiner avec les bras et les pieds. La pente s'est adoucie légèrement et ça a été suffisant pour stopper notre chute après un bon 15 mètres: ouf!
On a terminé la descente au galop et on a rejoint la station météo après 2h30 seulement. Il était 15h30 et on voulait absolument rejoindre le village de Kasbegi dans la même journée (alors que d'habitude, les climbers s'arrêtent une nuit supplémentaire au refuge pour récupérer avant de finir la descente le lendemain). On s'est restauré brièvement au refuge, avons packé et sommes repartis en direction du village. On ne voulait pas payer une journée de plus de location de matériels, surtout a cette nana qui avait été a moitié agréable lors du check in et au vu de la qualité du matériel loué. L'idée était de rejoindre Kasbegi avant 19h et de prendre le dernier minibus pour Tbilisi. On a mis 3h30 pour descendre le glacier et la vallée et rejoindre l'église où nous attendait le chauffeur de la jeep de la dernière fois qu'on avait au préalable appelé pour venir nous chercher. On a foncé au magasin de loc qu'on a atteint a 20h10 et on a chipé au vol la nana de l'agence qui fermait la boutique. On lui a rendu le matos et elle a tout de suite mentionné le fait qu'un des crampons était cassé et que cela valait 300€ et qu'il fallait qu'on la paie si on voulait récupérer nos passeports qu'on avait laissés en caution. Sur le coup, je n'ai pas percuté et j'ai cru que c'était Alex qui lui avait mentionné le crampon cassé en russe mais en fait, il s'agissait probablement du guide des ukrainiens ou du gardien du refuge qui l'avait appelé et prévenu de l'incident. Elle m'avait parlé d'une manière très agressive et j'ai répondu du tac au tac en lui disant que j'avais risqué ma vie a cause de son matis pourri et que si elle ne me rendait pas mon passeport sur le champ, je reprenais tous le matos et allais a la police expliqué la dangerosité de louer de tels équipements. Elle a continué a crier mais m'a finalement rendu mon passeport et on a pu partir. On a par contre loupé le dernier minibus et on est donc resté une nuit supplémentaire a  la guesthouse où l'on avait laissé nos affaires et dormi lors de notre première nuit ici.
L'histoire de cette ascension ne se finit malheureusement pas la. On s'est couché raide mort vers 22h après 15h de marche mais en fermant les yeux dans mon lit, j'ai ressenti des douleurs dans ces derniers. Je ne me suis pas inquiété plus que ça et n'ayant pas la force de bouger plus, je me suis endormi de la sorte.
Le lendemain, je me suis réveillé a 5:30 du matin et en ouvrant les yeux, la panique: je n'y voyais plus clair! C'était comme un écran de fumée qu'on aurait mis devant mes yeux. Le flip total. J'ai réveillé Alex pour qu'il regarde mes yeux qui étaient a priori rouge écarlate et je n'arrêtais pas de pleurer. En se renseignant sur internet, j'ai pu identifier le problème: il s'agissait d'une ophtalmie des neiges, comme un coup de soleil sur les yeux du a l'éclat de la neige blanche ainsi qu'a la plus forte exposition provenant de l'altitude. En effet, j'ai porté mes lunettes de soleil de kite toute la journée mais vu qu'elles faisaient de la buée des que je transpirais, je les ai juste gardé sur le front sans jamais sentir tout au long de la journée que mes yeux prenaient un coup de chaud. J'ai appliqué des compresses d'eau sur les yeux et je suis parti me recoucher ne pouvant supporter la lumière. Le meilleur traitement conseillé étant de rester dans l'obscurité totale pendant 24h, on est resté a l'auberge jusqu'a midi puis
on est tout de même parti a Tbilisi la capitale en minibus en chaussant une casquette et mes fameuses lunettes de kite.

lien vers la video Kasbek

mercredi 24 juillet 2013

201307 Georgie Part2: Mestia & la région montagneuse du Svaneti


Le chemin qui menait a la chaîne de montagnes du Svaneti était superbe. On a tout d'abord croisé un énorme barrage qui ressemblait étrangement a celui utilisé dans un des derniers James Bond. Le paysage était très escarpé avec de vertes prairies au pied de monts enneigés.

On a trouvé une petite pension sur le flan d'une des collines de Mestia et on est parti se restaurer après avoir pris les informations nécessaires pour la rando du lendemain. On est également rentré en contact avec 2 guides locaux pour faire une expédition sur l'un des sommets du coin. Malheureusement le 1er n'était pas dispo et le second seulement dans 2 jours. Les sommets ici sont assez difficiles et techniques: les plus hauts, dépassant les 4000m (le plus haut culminant a plus de 5000m) et le niveau d'escalade allait de 4b a 5 (pour un prix aux alentours des 4000$) soit pas du tout notre niveau sachant qu'en plus, Alex n'avait même jamais fait de trek de sa vie. Au niveau équipements, il était venu avec une paire de tennis et un pull over. Un peu juste pour une expédition de la sorte. On s'est dit que j'allais le tester sur une rando un peu poussé le lendemain et que si ça collait, on essayerait une expédition pour alpiniste débutant (niveau 2) sur un des sommets près de Mestia qui pouvait être faite en seulement 2/3 jours pour un prix raisonnable (400$ environ).
On a retrouvé nos amis danois au quasi seul resto de Mestia et après un bon diner, on s'est couché vers minuit.
La rando du jour est censé nous amener sur un lac en altitude a 2600m en 4h aller. On a démarré a 8am après un copieux et délicieux perit dej russo-géorgien proposé par notre hôte Marta.
La 1ere étape du trek était une grande croix que l'on pouvait apercevoir du village au sommet d'une petite montagne. Elle ne semblait pas éloignée du tout et après avoir longé une rivière pendant quelques minutes, on a coupé a travers la foret pour essayer de monter directement a la croix sans passer par le chemin de rando qui avait l'air de serpenter sans fin. La pente de la foret s'est avérée de plus en plus inclinée et on s'est tous les 2 un peu écorchés en glissant lors de l'ascension. Alex a bien dérapé sur 15 mètres avant d'etre arrêté par un arbre. On a mis 1h30 pour voir le bout de cette foret et enfin débouché sur une prairie au sommet d'un vaste plateau. La vue y était très belle avec de nombreux sommets enneigés dont le fameux mont Ushba culminant a 4700m et surnommé le "twin peaks". En direction du lac, on a fait la rencontre d'un fabuleux couple de suisse alémanique originaire de Berne et vivant dans un espèce de camping car tout terrain aménagé a leurs gouts. Je n'avais jamais vu un tel engin. Il pouvait passer quasi partout. Il venait de passe les 6 derniers mois en Georgie après être passés par la Turquie. Ils avaient environ 70ans chacun et incroyable mais vrai, ils avaient monté le Bubatov Kuk, le sommet au Montenegro dans le parc du Dormitor que je n'avais pas réussi a gravir malgré 12h de marche! Ils s'y étaient pris autrement tout de même en s'approchant très près avec leur véhicule tout terrain et en plantant leur tente au pied du sommet mais avaient réussi a atteindre le sommet en 3 jours: chapeau bas.
On est arrivé au lac après 4h de marche qui en fait est composé de seulement 3 plans d'eau a la couleur de l'eau douteuse...moi qui avais pris mon maillot pour m'y baigner. On a cassé la croute près du lac alors qu'il commentait a pleuvoir. On s'est dit que ça faisait un peu court comme rando pour une journée et on a entrepris l'ascension du mont qui dominait le lac. On a atteint le sommet au bout de 2h30 d'ascension non sans quelques frayeurs dues a la roche volcanique très friable et a la pluie qui rendait le tout très glissant. On a pu bénéficier d'une jolie vue sur les 3 glaciers qui bordaient le mont Usbha mais malheureusement pas sur ce dernier, couvert par les nuages. La descente a été assez rigolote lorsqu'on a dévalé certaines pentes couvertes de petits cailloux en courant comme des dératés. Revenus au niveau du lac, j'ai proposé a Alex de prendre un "raccourci" par la droite qui menait a une rivière et qui descendait tout droit le long de la vallée. D'ici, j'avais l'impression qu'on atteindrait le village de Mestia en a peine 45'. On a mis une bonne heure pour seulement rejoindre la rivière après être tombés de multiples fois, la pente étant assez forte et couverte a certains endroits de mousse. La rivière avait quelque chose de magique. Elle passait sous une couche de glace a certains endroits et a d'autres, la glace ayant cassé, on pouvait la voir dans un superbe décor, d'autant plus que quelques nuages très bas ont rajouté a la féerie des lieux.
On a entrepris de descendre le long de la rivière mais c'était sans compter les rochers qui étaient parfois ultra glissants ainsi que le torrent en lui-même qui a certains endroits, se transformait carrément en cascade. On a essayé a plusieurs reprises de remonter un peu en amont du torrent qui devenait vraiment trop difficile a suivre mais le chemin en amont n'était pas pour autant plus aisé avec de hautes herbes mêlées de ronces, chardons, orties et autres espèces en tout genre plus piquantes les unes que les autres...et le pauvre Alex était en short! La progression se faisait tres difficilement et surtout oentement et je commencait a avoir peur qu'on se fasse rattraper par la nuit. On pouvait un chemin en contrebas de la vallée qui avait l'air de longer le torrent mais en essayant de le rejoindre, on a du descendre une pente assez pentu et on s'est retrouvé dans un nouveau torrent avec en face une autre pente très abrupte. On n'a pas eu d'autres choix que de longer le torrent mais ce dernier descendait pas mal a la verticale et après 15' les pieds dans l'eau, on s'es retrouvé en haut d'une falaise de 15m de haut où le torrent se transformait en cascade. Impossible de descendre par là et on a du escalader un des cotés du canyon qui bordait le torrent en s'agrippant aux herbes. Pas idéal mais on a réussi a passer et après 20' de marche dans les hautes herbes, on a atteint de vieux petits cabanons abandonnés qui menaient au chemin que l'on avait précédemment aperçu. On a finit en courant sur ce chemin et après 45', on a rejoint un village qui se trouvait ne pas être le bon mais celui d'a coté. Restait encore 4km a parcourir mais on a eu la chance de tomber sur une mère de famille sympa qui s'est arrêté et nous a pris en stop. Résultat des courses: 11h45 de marche et quelques sueurs froides mais le baptême d'Alex était plutôt réussi. Quelle première pour lui qui était tout excité d'avoir réalisé une telle performance.
On a decidé de ne pas faire d'expédition le lendemain et de reposer nos muscles et après un bon diner on a filé au lit vers minuit. 
Demain, on reprend le bus retour direction Tbillisi, la capitale puis un autre pour le second site de montagne géorgien, a savoir Kazbegi, en Ossetia du Sud.

lien vers la vidéo Zvaneti


lundi 22 juillet 2013

201307 Georgie Part1: Batumi, station balnéaire de la mer morte


L'avion était blindé de turcs et on s'est dit que ça allait être ultra bondé a Batumi, en sachant que le vol de la veille était plein également. Apres avoir fait notre check in dans une auberge de jeunesse a l'ambiance très chaleureuse mais au mobilier plutôt désuet, on est allé déjeuner dans un resto servant de la nourriture géorgienne, plutôt bonne bien qu'extrêmement bourrative au passage, puis on s'est baladé sur les quais avant de rejoindre une longue plage de galets où on s'est baigné. Le climat est complètement diffèrent de la Turquie: très humide et super couvert au dessus des montagnes....ça annonce de la pluie sur les prochains jours. 

On a fait la rencontre de 2 hollandais (dont un qui était pilote de ligne a la Lufthansa) et un australien a l'auberge et on est sorti avec eux le soir. Pas vraiment d'ambiance a Batumi et après fait un rapide tour dans le casino du Sheraton qui ne proposait pas de poker, on a fini dans un petit bar boite où il y avait a peine 5 clients. On a quand même passé une bonne soirée et on est rentré vers 1am. 
Le lendemain, on a pris un minibus vers 11am pour la ville de Zugdidi qu'on a atteint 3h plus tard non sans peine. Le minibus était juste surchargé et j'ai eu le droit a cote de moi a un imposant géorgien visiblement saoul et a l'haleine fétide. On a ensuite essayé de trouver un transport pour le village de montagne de Mestia situé dans le Svaneti. Il n'y avait a priori plus qu'un seul minibus qui partait pour Mestia mais l'enfoiré de chauffeur, non content de nous surtaxer la course a 10€ au lieu de 7,5€, attendait que son minibus soit plein pour partir. Apres 1h30 d'attente, on a rencontré un couple de jeunes danois vraiment cools qui allaient également a Mestia. Grace a Alex qui a pu négocier en russe avec un taxi local, on a pu le privatiser et rejoindre Mestia en 3h, au lieu de 4h30 annoncé avec un minibus normal. Le chauffeur du minibus n'était pas content du tout et a commencé a s'en prendre a notre taximan et a Alex en prétextant qu'on lui volait ses clients. Encore heureux qu'un policier qui trainait par là et qui etait plutôt en notre faveur est intervenu pour calmer le jeu.

lien vrs la video Batumi


jeudi 18 juillet 2013

201307 Turquie Part 9: nuit d'émeutes à Istanbul


Retour a Istanbul pour la soirée du samedi soir. On croyait y faire la fête et on s'est finalement retrouvé en plein milieu des manifestations près de la place Taksim. On est arrivé par le second aeropirt d'Istanbul situé a 50km du centre et on a du prendre un bus d'û
une heure pour rejoindre la place Taksim. De là, 25' de marche pour arriver a la même auberge que celle que j'avais utilisée a mon entrée en Turquie. Pas d'incident jusque la et je suis alors parti me coucher vers 16h pour rattraper les trop nombreuses heures de retard de sommeil accumulées ces derniers jours. Je me suis réveillé vers 21h quand 2 filles franco allemandes sont rentrée dans le dortoir et m'ont dit que c'était plutôt chaud dehors avec les manif. Alex est arrivé quelques minutes plus tard et m'a dit qu'il avait pris du gaz lacrymogène plein la tête et qu'il avait vu des mecs tout près de lui se faire shooter par des balles en caoutchouc.
On a laissé passer un bon 3/4h puis on a tenté une sortie pour essayer de trouver un coin où diner mais impossible de rejoindre la place principale. On s'est fait coincer dans le semblant de manifs qui ressemble plus a une bande de jeunes en révolte, pas forcement violente mais qui essayait de rejoindre la place Taksim a tout prix et qui était a chaque fois refoulée soit par les chars a eau soit par les bombes lacrymogène couplées de tirs de balles en caoutchouc. Il faut dire qu'au fil des jours, les manifestants se sont équipés: masques a gaz, lunettes de piscine ou masques de plongée. On pouvait même acheter du jus de citron pour faire passer les effets du gaz dans les yeux. Moi j'ai pu me "balader" avec mes lunettes de kite qui sont plutôt pas mal pour ce genre d'activités. On a rencontré 2 brésiliennes qui ont également été prises dans les manif au même moment que nous et qui ont pu se réfugier dans un resto au 2eme étage et filmer quelques scènes de rues. J'ai pu récupérer la plus "animée" que je vous mets dans la video ci-dessous.


Ca n'a pas été simple pour rejoindre l'aeroport stambouilotte du centre ville. La navette de bus qui devait nous y emmener devait partir de la place Taksim mais a cause des manifs, elle ne circulait pas. On a du se lever un peu plus tôt et prendre un ferry pour sortir du centre. Pas plus mal au final car on a pu jouir d'une jolie vue sur Istanbul du Bosphore.
Voilà comment finit cette quinzaine passée en Turquie, plein de contrastes et de variations mais un séjour plutot réussi quand même. Je suis assez content de filer pour la Georgie et voir une autre culture...et puis, je ne pense pas qu'on me prenne pour un géorgien la-bas!




201307 Turquie Part 8: la région d'Izmir avec Selcuk, Ephese & kitesurf à Alacati

On a rejoint la ville de Selcuk en debut d'après midi après 3h de trajet en bus. Le chauffeur avait oublié de s'arrêter a Selcuk car notre bus allait sur Izmir. Encore heureux que je m'en suis aperçu et que je l'ai signalé au chauffeur. Il a tout de même refusé de faire demi tour et nous a laissé là en nous disant de marcher jusqu'a la gare routière: sympathique!

On a pris un dolmus (mini bus local) pour arriver sur la cité antique d'Ephese où l'on a visité le plus grand theatre antique du monde (24000 places) avant de se perdre dans les autres ruines. A noter la façade de la bibliothèque de Celsius assez joliment restaurée. Puis on est passé par les passerelles qui permettaient de voir du dessus d'anciennes maisons bourgeoises de l'époque romaine: plutôt sympa de s'imaginer comment vivaient les locaux de l'époque. La reconstitution de certaines pieces représente un vrai puzzle de centaine de milliers de morceaux: un travail titanesque. On a même vu une équipe attaquée avec de très fin pinceaux certains murs d'une des pièces de maisons. Ils ne sont pas près d'avoir fini!
On a également eu le temps de visiter la basilique Saint-Jean a Selcuk qui offrait un beau point de vue sur la forteresse du coin puis on a pris un mini bus pour Izmir. Seulement une heure de trajet mais le minibus étant plein, le pauvre Alex a du partager un strapontin avec une autre personne.
Arrivés a Izmir dans un autre shuttle bus, on a hésité avant de prendre la chambre d'hôtel qu'on avait sélectionné sur hostelworld. Ce dernier était adjacent a un bar d'entremetteuses assez louche et le quartier était truffé de policiers, la place a coté étant celle de Barsame, centre des manifestations a Izmir ces derniers temps. Mais faute de mieux et ne voulant pas parcourir toute la ville avec nos sacs, on s'est résolu a dormir la pour la nuit dans une chambre minuscule mais pour un prix modique (80TL, soit 30€). On est allé faire un tour en bord de mer...rien d'exceptionnel et plutôt bétonné, le port étant plutôt industriel que de plaisance, la croisette n'étant pour autant pas désagréable a déambuler. Apres un diner assez quelconque, on a arpenté l'artère piétonne du centre ville et on a essayé de rentrer dans un des bars dansants du coin mais les videurs nous ont a nouveau recalé prétextant qu'il fallait venir en couple "mixte"! On a croisé quasi aucun touriste dans cette grande ville de près de 3 millions d'habitants et on s'est décidé a filer sur la station balnéaire du coin, Cesme.
Le matin, ayant trouvé sur internet un spot très venteux sur la petite station balnéaire d'Alacati, une annexe huppée de Cesme, on s'est finalement arrêté là et j'ai pu louer un kite pour 4h pour 60€. Pas forcement donné vu que d'habitude, c'est plutôt dans les 40/50€ la journée, mais en fait, j'ai pu profiter d'un jeune prof de kite, Luis, de Scotland, qui m'a donné un cours particulier de 2h et m'a permis de corriger mes erreurs lors de l'exécution de mes sauts ainsi que de m'apprendre le backloop, figure que j'avais brièvement apprise en Colombie mais n'ayant pas le niveau minimum requis a l'époque pour la tenter, je n'avais jamais vraiment réussi a la maitriser. J'ai pu passer des sauts beaucoup plus hauts qu'a l'accoutumé et surtout prendre plus de plaisir en l'air car j'ai également gagné en stabilité. Un vrai régal. J'ai navigué 4h non stop et ai fini sur les rotules. Le spot etait principalement un spot de planches a voile et le kite ne s'était rajouté qu'assez récemment. Vu qu'ils ne mélangeaient pas les 2, le spot de kite a proprement parlé était un retrait de celui de planche a voile et il a fallu prendre un petit zodiac pour le rejoindre. 
Si tout s'est bien passé au niveau du kite, en revanche, pour l'hébergement, ça a été une autre paire de manches. Les 1ers prix des chambres d'hôtels (pas d'hostels ni de pensions a Alacati) commençaient a 90€ et malgré que l'on s'etait décidé a en prendre une tout de même, le destin en a voulu autrement. Alors qu'on attendait le minibus pour rejoindre le centre ville, un turc nous a pris dans sa vieille mercedes: elle tombait plutôt en lambeaux et était remplie d'ustensiles en tout genre. Seule la sono était flambant neuve et on a pu constater qu'elle marchait bien. Le mec était vraiment cool et il nous a proposé de diner avec lui dans un kebab a 2€ au centre ville. Il était masseur dans un hôtel de luxe ici et avait habité 5 ans a Londres où il travaillait dans un doner kebab avec un statut de réfugié politique (il venait d'une ethnie spécifique en Cappadoce). il s'était marié avec une anglaise mais au bout de 3 ans, ça ne l'avait pas fait et il a préféré rentrer chez lui. Il nous a aidé a mettre nos bagages dans la consigne de la compagnie de bus et on a ensuite pris une bière dans un parc. Il est rentré chez lui alors qu'il était 22h30 et on s'est dit qu'on allait faire nuit blanche et profiter de la soirée ici. A minuit passé, on était tous les 2 raides morts et on a voulu se rabattre sur un hôtel mais vous imaginez bien que trouver une chambre a cette heure tardive de la nuit pour 2 jeunes hommes alors qu'on n'avait même plus nos sacs a dos n'a pas été chose aisée et après plusieurs refus plutôt fermes, on a essayé de trouver un coin en plein air où dormir. On s'est réfugié dans un parc publique et on s'est endormi dans un air de jeu pour enfants, entre les toboggans et le tourniquet! La pause a été de courte durée puisqu'au bout de 5', j'avais déjà reçu 3 piqures de moustiques. On est alors parti en quête d'un anti moustique ce qui nous a permis de finalement dormir pendant 1h avant que la fraicheur du vent nous a alors réveillé: trop froid pour dormir! On s'est finalement attablé dans un bar vers 3h30 et avons attendu le 1er vus en direction d'Izmir partant vers 7am.
On a booké un vol pour Istanbul samedi matin et prévu de rejoindre la Georgie, toujours en avion, ce dimanche

mardi 16 juillet 2013

201307 Turquie Part 7: Bodrum


Arrivée assez tardive a Bodrum vers 21h. On est allé a l'auberge "Backpackers" qui était quasi complet. J'ai pu avoir le dernier lit d'un dortoir et Alex s'est contenté d'une banquette sur a l'extérieure sur la terrasse. L'ambiance par contre avait l'air assez cool même si Natacha, une anglaise bossant a la réception nous a un peu mis un coup de pression pour qu'on se décide vite. On a fait la connaissance d'une turque très sympa habitant a Istanbul et résidant ici pour tout le mois de juillet pour les vacances. L'un des turcs bossant là parlant couramment anglais et russe, et a priori a tendance gay, a bien voulu nous faire la traduction car la turque ne parlait pas un mot d'anglais. 

On a mangé un barbecue fait par l'auberge puis la turque nous a sorti dans un 1er bar lounge assez classe et avec de la tres bonne musique tendance puis on est allé dans une boite de nuit huppée turc. Je me suis senti un peu fatigué en milieu de parcours et ai filé me coucher en laissant Alex et la turque dans la boite. Au lendemain, Alex me raconta qu'a priori la turque était une habituée de ce genre de procédé a savoir sortir des touristes et les faire racker un max dans les bars et boites qu'elle connaissait bien. On s'en est tiré plutôt a bon compte la veille. Vers 11h, Natasha nous a de nouveau mis un coup de pression pour qu'on bouge nos affaires car a priori le dortoir était désormais plein et qu'elle pouvait ne nous mettre que dans une chambre privée au tarif plus élevé. Je me suis pris la tête avec elle et on a finalement décidé de plier bagages et de trouver un autre endroit pour crécher. On est tombe sur un drôle de Kasak en chemin qui a pu parler russe et qui nous a aidé a trouver une autre auberge qu'on avait repéré sur hostelworld. Malheureusement cette dernière était pleine et en désespérance de cause, on est allé se poser dans un bar tenu par une famille de franco-turc d'origine marseillaise. Ils nous ont aidé a trouver une chambre vraiment correcte dans une pension a 50m de la plage en plein centre ville pour un prix très raisonnable après négociation (80TL la nuit soit 30€ petit dej inclus!). On ne pouvait pas rêver mieux. On a pu mieux se reposer dans cette chambre et en milieu d'après midi, on s'est trouvé un bon resto en bord de mer pour déguster des tiger shrimps (crevettes géantes). Je suis tombé sur un playground en chemin et ai pu faire un petit match de basket avec quelques locaux et touristes. On a fîni par se baigner sur la plage de galets artificielle au centre de Bodrum avant de retaper une sieste reparatrice pour resortir le soir. 
On a essayé de rentrer au White House, la principale bar/boite de Bodrum mais impossible de rentrer malgré 2 tentatives. On allait rentrer se coucher quand on est tombé sur le gay de la réception de l'auberge Backpackers qui a pu parler en turc au physio de l'entrée et nous faire rentrer: cool! A l'intérieur, ce n'était pas la folie mais quand même pas mal de monde. On a pris un verre puis après l'avoir fini, on a pris l'air en terrasse quand un serveur nous a demandé ce que l'on prenait a boire. On a décliné l'invitation et le serveur nous a alors dit qu'il fallait soit consommer soit partir: jamais vue une telle pratique vous forçant a la consommation de la sorte! On a refusé prétextant qu'on venait juste de finir nos verres et qu'on n'avait plus soif et on est passé a 2 doigts de se faire éjecter. On ne s'est pas éternisé dans cet endroit "puant" et on a filé se coucher vers 3h du mat.
Vu comment s'est déroulée la soirée de la veille, on a préféré filer le lendemain sans plus tarder et on a pris la direction d'Izmir avec un stop a Selcuk et la site antique d'Ephese.

lien vers la video Bodrum



lundi 15 juillet 2013

201307 Turquie Part 6: Marmaris

Avec le bus de 17h de Pamukkale, on est arrivé sur les coups de 20h30 a Marmaris, station balnéaire assez huppée de méditerranée. On a rencontré 3 australiennes qui ont pris le même bus que nous et qui allaient dans le même hôtel. Apres négociation de la chambre (on s'en est tiré pour 50TL a 2, soit 10€ par tête), on est allé faire un tour sur le port puis dans la rue des boites de nuit, parallèle au port. Les clubs ont des petites devantures mais sont plutôt énormes et tous collés les uns aux autres: ça fait une sacrée ambiance dans la rue surtout que les clubs étaient plutôt pleins alors qu'on était dimanche. On a essayé de rentrer dans le 1er alors qu'un groupe de 50 personnes rentraient en même temps mais on s'est fait refouler direct: pas de fille, pas d'entrée! Idem sur le suivant. A priori j'ai vraiment trop bronzé et les gens me prennent pour un turc, ce qui n'a pas l'air d'être a mon avantage ici. On a finalement réussi a rentrer moyennement 35TL chacun. L'ambiance était correcte mais tout de même pas la folie. Beaucoup de russes et les turcs partent en chasse a tout va un peu comme des bourins.

Le lendemain, on a cherché une voiture pour faire le tour des 2 péninsules mais le loueur qu'on a trouvé n'avait plus de voiture de dispo, seulement un scooter mais un 150cm3 pour un prix très modique (30TL/jour). On a sauté sur l'occasion et nous voila parti sur les routes de la région. 
On s'est finalement restreint a faire seulement la presqu'ile de Bozburun, la seconde, de Datca semblant moins intéressante et surtout plus éloignée. On a traversé les premiers villages et longer la cote en bénéficiant dd magnifiques points de vue sur le bleu de la mer méditerranée se mariant parfaitement avec le vert des bords de cotes très jalonnés. On s'est tout d'abord arrêté au village d'Orhaniye où on a marché sur l'eau, un peu comme Jesus, sur près de 300m sur un banc de sable a peine immergé.
On a ensuite fait une balade dans les chutes d'eau de Turgut. On a préféré se balader les pieds dans l'eau du ruisseau afin notamment d'éviter la horde de touristes qui a fini par débarquer dans d'innombrables jeep mini bus. 
On est arrivé au village de Selimiye et on a entrepris de gravir la montagne la plus haute du coin afin d'avoir un joli point de vue. La montée n'était pas longue car on a pu s'approcher tres près du sommet avec notre scooter mais les derniers mètres a faire a pied ont été plus pénibles car on était en flip flop et la végétation était plutôt piquante. On s'est enfin arrêter a Sogut, tout petit village niché dans le creux d'une baie où l'on a trouvé un super resto de poisson près du port. J'ai pu faire un petit basket avec les jeunes du village puis nous nous sommes baignés avant de reprendre la route du retour non sans se perdre copieusement sur les petites routes locales qui serpentaient entre la cote et les montagnes de la péninsule.
Le soir, on a de nouveau fait un tour dans une des nombreuses boites du port où l'ambiance était bonne même si un peu moins compacte que la veille. Pour moi, pas d'alcool ce soir, j'ai booké une sortie plongée le lendemain avec l'un des nombreux bateaux amarrés le long du port. Le nom du bateau m'avait inspiré: "deep dive boat" mais malheureusement ce fut l'une des plongées les moins intéressantes que j'ai eu l'occasion de faire. J'etais le seul plongeur du bateau. tous les autres, soit une dizaine de personnes dont Alex, étaient des snorkelleurs. J'avais demandé a plonger profond et le mec m'a emmené a 40m dans un banc de sable...quasi aucun poisson si ce n'est cette énorme raie qui a pris la fuite au sprint quand elle nous a vu trop nous approcher. La 2eme plongée n'était guère mieux. J'etais censé faire 1 grotte et j'ai eu le droit a un tombant sans grand intérêt, et surtout aucun poisson a l'horizon. Le capitaine n'a même pas bougé le bateau entre les 2 plongées et j'ai du palmer a chaque plongée un bon 200m en surface avant d'atteindre le point de chute. Bref, un vrai attrape nigaud même si le prix de 35€ (sandwich inclus) restait modique. On a ensuite filé a la gare de bus en direction de Bodrum pour un trajet de 3h.

lien vers la vidéo Marmaris



dimanche 14 juillet 2013

201306 Turquie Part 5: le site de Pamukkale

On est arrivé a 11h30 a Pamukkale et le prochain bus partant pour Marmaris, notre prochaine destination, n'étant qu'a 17h, on avait pas mal d'heures pour profiter de ce site si particulier. On est arrivé par un minibus au pied d'une montagne qui semblait habillait de coton blanc. Et en s'approchant, on pouvait apercevoir que ces parois d'un blanc écarlate ruisselaient de l'eau chaude provenant de sources thermales chargées en sel calcaire. Les grands bassins qui bordent la montée sont artificiels et on a du mal a comprendre pourquoi les autorités ont dénaturées le site de la sorte...surtout qu'en plus, en contrebas de la montagne, il y avait de grandes pistes extérieures au bord du lac avec musique commerciale a fond. Le site était assez chargé de touristes mais il était tellement vaste qu'on a pu vite s'isoler et trouver des coins peinards. Sur le plateau qui domine la falaise est présent un site archéologique qui comprend notamment une nécropole et un énorme theatre romain. On s'est baladé un petit peu hors des sentiers battus pour prendre un peu plus de hauteur et on a encore pris cher avec les chardons et épines qui trainaient par là. Sur le haut de la falaise, il y avait de vrais bassins cette fois-ci, très nombreux et de différentes couleurs allant de l'orangé jusqu'a un bleu très clair: on se serait presque cru au paradis. On s'est baigné dans l'un des nombreux ruisseaux qui coulaient le long de la montagne et après s'être bien rafraîchi puis restaurer au village de Pamukkale, on est reparti direction Marmaris.

lien vers video pamukkale

samedi 13 juillet 2013

201306 Turquie Part 4: la région d'Antalya avec Termessos, Aspendos & Kemer, Olympos


Bus de nuit aujourd'hui en direction d'Antalya:11h de bus avec un départ a 20h et j'ai dormi la totalité du voyage d'une seule traite. Je suis arrivé a 5h30 du matin et j'avais prévu de louer une voiture a la gare de bus mais les prix a 180TL sur 2 jours (soit 35€/jour) etaient dissuasifs pour la Turquie. J'ai donc pris un bus en direction de la vieille ville et ai rejoint la pension où j'avais prévu de rester vers 7h du mat. Alex, le russe que j'avais rencontré au parc du Dormitor au Montenegro, m'a contacte et m'a dit qu'il était chaud pour se joindre a mon trip. On s'est donné rdv le soir vers 21h a la pension et du coup, j'ai pu louer une voiture pour 70TL/jour et ai filé en direction du site de Termessos, occupé a l'époque par des Pisidiens avant d'être envahis par Alexandre le Grand. Les 10 derniers kms pour rejoindre le point de départ de la balade se font sur une route de montagne qui n'arrête pas de monter. Arrivé, je me suis un peu cru dans la jungle, surtout qu'il n'y avait quasi personne sur le site. Le theatre, donnant sur une vue plongeante de tout un vallon jusqu'a Antalya et la mer méditerranée. Je me suis ensuite perdu dans l'ancienne nécropole antique où d'innombrables tombeaux et mausolées a moitié ouverts parsèment les différents flans de la montagne. Certaines avaient même encore des restes d'os a l'intérieur (j'en ai fouillé quelques unes des fois qu'un trésor y avait été oublié!). J'ai mis près de 2h en plein caniar a me sortir de ce bourbier tant la végétation était parfois dense mais surtout très "piquante" avec ronces et chardons a foison...pas cool quand on est qu'en flip flop. J'ai atteint la tour de guet dans laquelle le gardien m'a accueilli chaleureusement malgré la barrière de la langue. Il est là tous les 2 jours pendant 2 jours et doit surveiller les éventuels départs de feu. Je me suis extirpé du site vers 14h harassé par la chaleur. J'ai repris la route en direction cette fois de Perge, comprenant des ruines pas en super état. Je ne suis pas spécialement fan de ce genre de site archéologique où il faut imaginer comment était le site avant car toutes les pierres sont par terre.
J'ai enchainé sur le site d'Aspendos dont le theatre romain construit au 2eme siècle après JC et pouvant contenir jusqu'a 15,000 places valait vraiment le déplacement. Juste avant la visite, j'ai visité un pont assez bizarre, conçu en zig-zag afin de mieux résister aux forts courants de la rivière. J'allais partir quand j'ai vu 3 jeunes turcs en maillot de bain dormir a l'ombre de leur voiture au pied de la rivière en contrebas du pont. J'ai fait ni une ni deux et me suis garé a coté d'eux afin de me baigner dans la fraiche rivière et me refroidir.
Je suis revenu a l'auberge vers 18h30 et ai profité de l'ellapse de temps qu'il me restait avant l'arrivée d'Alex pour faire une bonne sieste réparatrice. Je me suis réveillé en sursaut a 23h30 et toujours pas d'Alex! Il ai finalement arrivé 5' plus tard. On s'est fait une petite sortie dans Antalya qui n'était pas trop animée, surtout pour un vendredi soirmais on a trouvé tout de même un coin qui bougeait, dans la seule discothèque de la ville, Allya, énorme et a ciel ouvert.
Le lendemain, depart assez tot en direction de la cote. On a commencé par le mont Tahtali que l'on voulait monter, mais on s'est vite rendu compte, a son pied, qu'on y arriverait pas et j'ai décidé de ne pas me casser la tête et de prendre le telepherique qui amenait jusqu'au sommet. Le trajet n'étant pas donné, Alex a préféré m'attendre au bas du telepherique. Le panorama était sublime avec une vue sur toute la cote, de Kemer aux montagnes d'Olympos. Il y avait une agence qui proposait une descente en parapente et j'ai sauté sur l'occasion. Un vrai régal. Le mont était déjà a 2365m mais j'ai pu monter jusqu'a 3000m avec le parapente et admiré la totalité de haut: magnifique! Le pilote m'a également fait faire quelques tricks comme une chute libre vrillée et j'ai retrouvé les mêmes sensations que lors d'une chute libre en parachute!
J'ai retrouvé Alex après près de 2h d'attente pour lui et on a filé direction la plage de Kemer. Celle-ci était assez bondée et il faut dire que les transats vont quasi dans l'eau ce qui ne laisse pas beaucoup de places pour marcher, surtout qu'il s'agissait de galets et non de sable. On s'est tout de même bien prélassé sur la plage et on a attendu le début de soirée pour bouger en direction d'Olympos. Ce dernier est un petit village super mignon lové au fin fond d'une gorge et ayant un charme fou. On a fait un tour d'une des auberges les plus réputées du coin et on se serait cru dans un vrai western. Il faut dire qu'ici, les maisons sont appelées des "tree house". On serait bien resté quelques jours dans cette ambiance assez baba cool, surtout que le con est réputé pour l'escalade mais on devait rendre la voiture de loc le lendemain matin. On a ensuite fait un bon 20 bornes a travers une foret montagneuse pour passer un col et redescendre sur le village de Cirali où après 45' de montée d'une montagne rocailleuse a la lueur de nos torches, on a atteint le site des Chimères. Des flammes sortent toutes seules de la roche par ci par là en raison d'émanation de méthane que dégage le sol. Il suffit de souffler dessus pour les plus petites pour les éteindre et de mettre une allumette pour les rallumer. Certains se font même griller leurs saucisses! Nous, on a tout de même préféré diner dans un resto de poissons a Cirali puis on est sorti a Kemer. Alex avait entendu parler d'une soirée russe dans la boite Crystal, l'une des 3 grosses boites de Kemer mais ce n'était pas vraiment bondé et surtout la musique était vraiment horrible. La DJ prenait un malin plaisir a passer en accéléré quasiment toutes les chansons...sans doute avalée trop de speed! J'ai essayé de rentrer a la boite Inferno mais recalé a l'entrée: ça faisait longtemps. Soi-disant il fallait être accompagné mais je crois que mon fort bronzage de ces derniers jours me fait a tort passer pour un turc ce qui n'est pas un avantage ici. On a dormi dans la voiture jusqu'a que je me fasse réveiller vers 5h du mat par les dizaines de piqures de moustiques que j'avais reçues pendant la nuit. On a repris la route pour rentrer sur Antalya, rendu la voiture et sauté dans le bus de 7h30 direction le site de Pamukkale. 

lien vers la video Antalya région


jeudi 4 juillet 2013

201306 Turquie Part 3: la Cappadoce


Long transfert aujourd'hui: apres avoir eu mon bus de justesse a 9h30 a Malatya pour Kayseri et 5h de route, j'ai pris un mini bus pour Urgup d'1h puis un mec a bien voulu me déposer au village de Goreme a 10' d'ici dans la pension Rock Valley. L'endroit est un mix entre un hôtel 3 étoiles avec piscine, table de ping pong, jardins et chaises longues et une auberge de jeunesse avec dortoirs, mais plutôt spacieux et munis de salles de bain privatives. Je suis allé faire un tour au musée en plein air du village vers 17h30, soit au meilleur moment de la journée, là où les cars de touristes n'y sont déjà plus et où l'air n'y est pas trop suffocant. Les formations rocheuses sont juste incroyables et les moines de l'époque y ont construit de nombreuses églises a l'intérieur. On a l'impression de visiter des grottes aménagées avec de très vieilles peintures mais je vous avoue que j'ai été un peu déçu par l'intérieur, les peintures étaient un peu trop délabrées et a moins d'être un féru de la religion chrétienne, le tout parait un peu ennuyeux.

Mais revenons au village de Goreme, qui est situé en plein coeur de la région de Cappadoce, et qui est entouré de formations rocheuses plus incroyables les unes que les autres et d'une grande diversité. Je suis monté sur une des collines du village pour y admirer les dégradés de couleur que m'offrait le coucher de soleil sur toutes ces roches.
Le lendemain matin, j'ai démarré a 4h du matpour aller faire un survol en montgolfière du coin. C'est une activité très courue en Cappadoce et j'ai pu dénombrer une bonne cinquantaine de ballons, en sachant qu'on peut y mettre 20 touristes dans chaque: faites le calcul...ça fait du monde! Maiq finalement, le fait qu'il y est plein de ballons dans les airs rajoute encore un petit peu de charmes a la magie des lieux et j'ai vraiment apprécié  le fait de pouvoir survoler toute cette région avec parfois des approches razmottes près des formations rocheuses ou des arbres fruitiers. Mon coin favori est ce grand plateau qui domine toute la région et qui est ceinturé de plein de pics rocheux en aiguilles formant une espèce de crème chantilly par certains endroits.
Je suis ensuite allé louer un scooter pour pouvoir bien explorer la region et j'avais deja pu negocier un prix a 45TL/24h avec un des nombreux loueurs du coin. Je suis allé en voir un autre pour tenter d'arracher un meilleur prix. Le mec me propose 60TL et je lui demande 40TL. Il part voir son boss qui lui dit OK et le mec me donne un 100cm3 pas de première génération en me disant qu'il n'a pas de 125cm3. Je fais un tout petit tour de test et je prends le scooter qui m'a paru correct. Je suis allé chercher un américain de mon auberge avec qui j'avais prévu de faire le tour afin de diviser le cout par 2. Il faut savoir que l'essence est très cher ici: près de 2€/litre!
Apres a peine 5' de route et une dure montée, le scooter fumait comme pas possible et fonctionnait plutôt au ralenti. On a préféré rebrousser chemin et négocier un meilleur scooter. J'ai dit a l'un des vendeurs qu'ils s'étaient peut être trompés dans l'huile qu'ils m'avaient rajouté en y mettant de l'huile 4 temps au lieu d'un 2 temps. Le vendeur a pris un ton très offensé me rétorqua que je n'allais pas lui apprendre son métier et que le scooter était a 2 temps, qu'il consommait de l'huile et de l'essence en même temps et que c'est la raison pour laquelle il fumait. Je ne lui ai pas répondu que j'avais une flotte de 60 scooters a Paris mais lui ai dit qu'on voulait un 125 en bon état. Son boss est alors intervenu et a dit que le 125 était a 60TL, soit 50% de plus que le scooter qu'ils m'avaient donné et qu'ils m'avaient donné un scooter a la hauteur du prix que j'avais bien voulu payer. Je leurs ai proposé de payer seulement 10TL de plus mais ils n'ont pas voulu. Je leurs au alors dit qu'on leurs rendait leur scooter et qu'on récupérait dans ce cas les 40TL de location. Ils m'ont dit niet et que soit in gardait ce scooter soit on payait 20TL de plus pour un meilleur scooter. Je savais que je pouvais avoir un scooter 125cm3 a 45TL et n'ai pas voulu céder a leur chantage manifeste. Les 2 vendeurs commençaient a être vraiment désagréables et j'ai essayé de les faire bouger en leur disant que s'ils ne voulaient pas céder le 125 a 50TL, on prenait le scooter pourri mais qu'on allait le jeter dans la rivière. Le 1er vendeur est devenu tout rouge et m'a demandé de répéter en se rapprochant de moi d'un air menaçant. Je lui ai répété calmement la phrase qu'il a alors traduit en turc a son boss. Ce denier s'est immediatement levé de son quad, s'est dirigé vers le scooter et a mis un grand coup de pied dans mon sac a dos qui se trouvait dessus puis a commencé a déplacer le scooter pour le reprendre. Je l'ai empoigné et en a peine 2', 5 turcs étaient autour de moi a essayer de me tenir les bras et me maintenir immobile pendant qu'il récupérait son bien. Le ton est monté très vite et une dizaine de turcs était alors autour de moi. L'américain, paniqué, est resté planqué en retrait. Ils le sont tombés dessus et m'ont arraché le casque de la tête sans ménagement malgré ma résistance. J'ai réussi a me sortir de leurs empoignes en me débattant et leurs au di qu'ils faisaient les malins a 10 contre un lais que j'allais tout de même les massacrer! Le 1er vendeur voulait absolument se battre et m'a dit de venir sur le coté pour un tête a tête. J'ai commencé a m'approcher mais d'autres turcs sont arrivés et nous ont empêché de nous approcher l'un l'autre. Le mec faisait a peine 1m50 et il aurait sans doute pris cher mais je crois que tous ses potes me seraient tombés dessus. Le ton est un peu retombé et le vendeur m'a dut de partir. J'ai refusé en lui disant qu'il devait au moins le rendre mon argent et sue sinon j'allais rester ici faire un esclandre. Le mec m'a dit que je n'avais pas du tout intérêt a faire ça si je ne voulais pas la bagarre et m'a dit que je pouvais aller voir les policiers si cela me chantait pour m'y plaindre. Il m'a aussi dit que je n'étais pas dans mon pays ici et qu'il allait me donner une leçon de savoir vivre et que ici, c'étaient chez eux. Au bout de 20' de débat stérile, j'ai lâché l'affaire en lui disant que j'allais aller a la police et suis parti chez le 1er loueur qui m'a fait le prix convenu de 45TL.

Entre temps, l'américain avait disparu et je n'ai pas forcement cherché a le revoir. Pas trop apprécié son attitude lors du conflit avec le loueur. Je suis donc parti seul et ai atteint la ville souterraine de Derinkuyu après 30km et un bon 45'. Il s'agit de tunnels qui partent dans tous les sens et qui s'enfoncent jusqu'a 85m de profondeur. Elle a abrité plus de 10,000 personnes sur 10 étages. Assez impressionnant de s'enfoncer sous terre par de tous petits tunnels. Le site était par contre plein de groupes de touristes et a chaque fois que je doublais un groupe, je me retrouvais avec un nouveau. Au plus profond niveau visitable, il a fallu rebrousser chemin mais il n'y avait qu'un seul et même tunnel pour l'entrée et la sortie et le flux de touristes rentrant était en continue si bien qu'on s'est retrouvé a 50 personnes dans une pièce de 20m2 toute noire a 55m sous terre: un peu l'angoisse. Moi qui voulais éviter les hordes de touristes avec mon scoot, pour le coup, c'était plutôt raté.
J'ai ensuite rejoint le site d'Ihlara, situé cette fois-ci a 60km et ai eu quelques sueurs froides avec l'essence. En effet, mon réservoir n'avait une capacité que de 4l, soit approximativement 50km et pendant un long moment, j'ai traversé des déserts sans rien a l'horizon pendant des kms. Je me suis en plus planté de route et suis arrivé a la fin de la vallée d'Ihlara, au village de Selime alors que j'etais censé en sortir! La visite des gorges n'a pas non plus ete évidente car je devais a chaque fois revenir a mon scooter pour aller au village suivant alors que lors du tour organisé, le bus attend les touristes en bas de la vallée. J'ai tout de même bien apprécié la balade avec des églises troglodytique un peu partout dans le flan des falaises et des formations rocheuses sous forme de "cheminées de fées" comme on les appelle ici de toute beauté.
J'ai fait ensuite le chemin inverse et ai mis une bonne heure et demi a rouler en scooter pour rejoindre le village d'Uchisar qui tient en son centre le "château", un énorme piton de tuf troué comme un gruyère de milliers de cavités et au dessus duquel on a une des plus belles vues de la Cappadoce sur 360°. Je suis rentré vers 18h30 a l'hôtel et ai immédiatement plongé dans la piscine pour me refroidir. 
J'ai voulu profiter de mon scooter un maximum (surtout qu'il m'avait couté le double du prix alors que je n'étais censé en payer que la moitié!) et ai vite repris la route pour visiter le site de Zelve et sa magnifique vallée des Moines qui contient les plus belles cheminées de fées de Cappadoce. C'était l'heure du coucher de soleil et j'ai pu avoir le site pour quasiment moi tout seul. J'ai ensuite fait une petite grimpette sur le plateau de Cavusin, sans pour autant lever mes fesses de mon scooter, ce dernier étant parfaitement adapté a de la conduite tout terrain.
Je suis allé diner a Avanos où j'ai pu déguster le meilleur kebab de ma vie dans un restaurant assez haut de gamme de la ville. J'ai terminé en allant voir le spectacle de derviches tourneurs dans le caravansérail de Sarihan. Les caravansérails étaient utilisés a l'époque pour accueillir les convois de caravanes sur la route de la soie. Les derviches tourneurs font partie d'une secte musulmane un peu spéciale qui a comme cérémonie une danse où les dévots tournent sur eux-mêmes avec une paume tournée vers le haut pour se rapprocher de dieu. Personnellement, je n'ai pas été fan du tout de la représentation et me suis endormi au bout de 5'. 
J'ai passé la soirée avec les backpackers de l'auberge, plutôt cools dont 2 américains de 25 ans, Eric de Minneapolis et John, trader au Credit Suisse a NYC avec qui on est parti se faire une petite chicha en centre ville.
Le lendemain matin, j'ai encore profité a fond de mon scooter et ai essayé de monter sur le plus haut plateau de la région. Ce dernier est entouré de roches et de piques qui rendent l'approche difficile. J'ai bien du prendre une vingtaine de chemin dans les vallées Red et Rose mais impossible de trouver celui qui menait au sommet. Je me suis tout de même bien amusé a me prendre pour un cascadeur pendant quelques heures. Je me suis tout de même un peu fait mal au pied gauche lors d'une montée très raide sur un minuscule chemin de terre où le scooter a commencé a partir en arrière en glissage. J'ai essayé de le retenir tant bien que mal mais il m'est a moitié tombé sur le pied qui a alors frotté contre la terre. Rien de casser heureusement et j'ai pu continuer en essayant cette fois d'atteindre la tour TV située près de Ozkoniak. Encore une fois, impossible de trouver la bonne route. J'ai tout de même réussi a monter suffisamment haut pour jouir d'un impressionnant panorama sur la Cappadoce. Sur le chemin retour, j'ai fait un crochet a Yeni Zelve où l'on peut voir le fameux rochet en forme de dromadaire.
Je suis allé rendre le scooter vers 10:30am avant de plonger dans la piscine de l'hôtel. J'y ai retrouvé mes 2 américains et on est allé déjeuner pour bien prendre des forces et on a démarré un trek avec pour objectif l'ascension a pied de ce fameux plateau que je n'avais pas réussi a monter ce matin en scooter. L'approche a été longue et fastidieuse sous un soleil de plomb et pas d'ombre pour s'abriter. Au bout de 2h, on était presque devant la partie la plus abrupte mais Eric ne se sentait pas de continuer et les 2 ont préféré faire demi-tour. Pour ma part, j'ai fini l'ascension et ai trouvé un passage finalement beaucoup plus facile qu'il n'y paraissait. La descente a également été rapide et j'ai eu la chance de tomber sur un flic du coin qui passait par la en voiture pendant son jour de repos et qui m'a redeposé a l'hostel. Je suis arrivé quasi en même temps qu'Eric et John au final! Le temps d'apprendre a nager a une coréenne qui n'avait quasiment jamais mis les pieds dans l'eau a 22ans et on s'est fait un petit diner rapide avec mes 2 compères avant que je ne monte dans le bus de nuit direction Antalya et la cote méditerranéenne. 
Malgré la petite embrouille et le nombre important de touristes, j'ai adoré la région de Cappadoce qui restera un des musts de ce voyage en Turquie.

lien vers la video Cappadoce


mardi 2 juillet 2013

201306 Turquie Part 2: le Mont Nemrut Dagi


J'ai réussi a changer le vol que j'avais raté la veille pour Malatya pour celui de 10h30 du matin, moyennant un supplément quasi égal au prix du billet initial, mais comme l'aéroport est assez loin de mon hôtel, j'ai du me réveiller a 6h30 du mat...difficile de faire des grasse mat ces derniers temps. 

Je suis arrivé a 12h30 et ai pu louer une voiture pour les prochaines 24h sans trop de difficulté a l'aéroport pour un prix décent, 90 livres turcs, soit 35€. Vu que j'avais un peu d'avance sur mon planning, j'ai voulu visiter la ville de Malatya afin d'acheter une carte sim locale et chopé quelques infos a l'office de tourisme. Apres 2h de recherche infructueuse avec notamment une amende de parking et un quasi enlèvement de ma voiture a la fourrière, je ne suis pas parvenu a trouver l'office. Et pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé: j'ai du demander a une bonne vingtaine de personnes et tous m'ont indiqué des directions différentes alors que j'etais en plein centre ville. J'ai même pris en photo un panneau indiquant la direction de l'office pour ceux qui ne comprenaient pas l'anglais (soit quasi la totalité des personnes que j'ai rencontrée) mais toujours rien a faire. J'ai pris la route vers 15h30 et a peine sortie de Malatya, qui est quand même une grosse ville d'un demi million d'habitants, il n'y avait plus que la campagne, ou plutôt un espèce de désert assez aride. J'ai commencé la grimpette sur une route plus ou moins bien bitumée et après la traversée de magnifiques paysages, j'ai atterri au 1er et seul refuge de la face nord vers 17h. Il était conseillé de visiter le site pou le coucher et le lever de soleil soit vers 19h30 pour le 1er et 4h30 pour le second mais vu qu'il n'y avait juste rien au refuge, j'ai préféré monter voir a quoi cela ressemblait. Il s'agit en fait d'un roi datant d'un petit peu avant l'ère de Jesus Christ qui s'est fait construire un mausolée sur la plus haute montagne du coin, afin d'être au plus proche des dieux. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on appelle le Nemrut Dagi, la montagne des Dieux. D'énormes statues en pierre représentant chacune un dieu grec ainsi qu'une le roi en question, ont été posé la. Malheureusement les tetes n'ont pas tenu le choc et on etait déposé devant leur corps. Au delà de ces imposantes statues, le site a surtout un intérêt pour la vue dont on jouit sur toutes les montagnes, vallées et lacs aux alentours. Vu que j'avais pas mal de temps, je me suis dit que j'allais faire le tour en voiture pour monter par la face opposée, la route y menant comprenant de nombreux sites intéressants. J'ai mis près de 2h pour atteindre le sommet de l'autre coté et ai vu en chemin une ancienne forteresse médiévale mamelouk, magnifique, ainsi qu'un sanctuaire funéraire, commandé par le même roi mais pour son père cette fois-ci. J'ai rencontré un jeune vraiment sympa qui tenait un stand juste a coté de ce dernier site et qui m'a proposé de camper chez lui avec le dîner inclus. Je lui ai dit que je repasserais et ai fini les 20 derniers kms très raides en trombe pour arriver pile poil au coucher du soleil. Les couleurs sur les pierres ainsi que sur l'ensemble du paysage étaient féeriques. Il y avait en revanche beaucoup de touristes, très bruyants et tous agglutines au même endroit pour profiter de la vue mais j'ai réussi a grimper sur un petit sommet au alentour afin de m'isoler et de jouir en toute quiétude du spectacle qu'il m'était donné de voir. J'ai voulu essayer de négocier dans une des 3 pensions situées juste en dessous du site le prix de la nuit en demi-pension mais malgré que je fus leur seul client, ils n'ont pas pu me proposer un meilleur prix que 90 livres turcs, sur les 120 demandés au départ en me disant que les 2 autres pensions auraient sensiblement les mêmes prix. Sur le coup de la nego, je leurs ai répondu que tant pis et que j'allais dormir au village situé a 40km d'ici au pied de la montagne. C'est seulement après quelques kms que j'ai réalisé que je devais me lever super tôt le lendemain pour pouvoir voir le lever de soleil au sommet. J'ai fait demi tour en me disant que j'allais retrouver le jeune qui m'avait proposé de camper chez lui car même si je devais me retaper une route raide en terre, je serais tout de même beaucoup plus prêt du sommet. J'ai tout de même tenté la chance sur la 3eme pension du coin, la seule qui n'était pas dans mon guide du routard et le proprio m'a tout de suite proposé un prix de 50TL. J'ai tout de même négocié un peu et ai obtenu 40TL, toujours en demi pension: nice deal! Le repas était tout juste correct et je me suis aperçu que j'avais le droit a un menu bien diffèrent des autres convives qui a l'evidence fêtaient quelque chose de particulier. De plus, j'ai commandé un verre de vin et bien que celui-ci soit quasi imbuvable, le proprio me l'a facturé au dernier moment a 10TL, soit une petite fortune, afin de revenir au prix initial. Comme quoi, il ne sert pas toujours de trop baisser les prix mais c'est une leçon qu'on allait me rappeler a une autre reprise lors de la suite de mon séjour.
Bref, le lever le lendemain a été super dur, a 3h45 du mat, et vu que j'ai voulu prendre le petit dej avant de monter, j'ai du foncer en voiture pour rejoindre le sommet, situé a 9km. Il y faisait beaucoup plus frais ce matin la et encore heureux que j'avais pris mon coupe-vent et mes collants car le site était devenu super venteux. Cette fois-ci, c'était l'autre flan de la montagne qui jouissait des rayons du soleil mais le panorama était très diffèrent et en plus le site comprenait 2 rangées de statues, une sur chaque flan, donc ce ne fut pas du tout une redite.
Sur le chemin du retour, j'ai visité les tombes des reines de l'époque ainsi qu'un très joli pont romain datant du 2eme siècle après JC. Je me suis ensuite un peu paumé sur l'autoroute et ai du faire un détour de bien 150km. Le seul bus de la matinée partant a 9h30 pour Kayseri, ma prochaine destination,     et vu que je suis arrivé a 9h24 a la station de bus, je n'ai pas pu rendre la voiture de location et l'ai laissé au parking de la gare de bus ainsi que les clés au comptoir de la compagnie de bus. Encore heureux que j'avais un téléphone portable local et ai pu arranger la récupération du véhicule a distance, après tout de même une bonne 1/2h de négociations avec des interlocuteurs parlant a peine l'anglais.
Prichaine étape: la région de Cappadoce et ses paysages lunaires tout a fait uniques au monde.