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jeudi 28 mars 2013

201303 Cap Vert Part 2: Mindelo & kitesurf


Part 2: Mindelo & le kitesurf:
Revenu a Mindelo a 9:30am le jeudi, j'ai tout de suite fait appeler de mon hôtel les personnes du seul kite center de l'ile pour savoir s'il était possible de rider aujourd'hui et coup de chance, il était a a peine 5' de voiture en train d'aller chercher leur seul client du moment.
Le spot est situé sur la baie de la plage de Salamansa, a environ 20' de voiture de Mindelo. Le kite center est tenu par un assez jeune couple européen de la 40aine: Ola, polonaise et Marco hollandais. Leur histoire est assez surprenante. Marco est consultant dans les produits pharmaceutique et Ola est au départ venue seule sur l'ile de Sao Vicente il y a 3 ans afin de rechercher un spot de kite. Elle a loué un quad, a mis son matos de kite et a fait tout le tour de l'ile pour tester les différents spots. Les premières fois qu'elle a ridées ici, tous les gens du petit village au dessus sont venus éberlués, n'ayant jamais vu un kite de leur vie. En effet, le Cap Vert est connu pour son kite mais cela était exclusivement le cas sur l'ile de Sal qui es tout de même a 30' d'avion d'ici.
Le kite center est assez sommaire mais plutôt rigolo avec 2 gros containers que Ola et Marco ont acheté quand ils ont décidé de monter cette activité ici. Le 1er sert a ranger tout le matos de kite et le second de cuisine, bureau comptoir! Le spot quand a lui est de toute beauté: il y a un vent on shore (c'est a dire que vous ne pouvez pas partir au large en cas de problème et que vous serez toujours ramené vers la plage en cas de pépin a l'inverse d'un vent off shore) et quelques montagnes au fond pour le décor mais sinon, la plage est bien dégagée et il n'y a rien pour gêner la régularité du vent ou augmenter la dangerosité du site (pas d'arbre trop près du spot, n'est-ce pas Vadim!).
En revanche, il ne s'agit pourtant pas d'un spot de débutants: il y a de grosses vagues ici au large qui deviennent énormes a l'approche de la cote et cassent juste devant le spot. La difficulté principale consiste donc a sortir du "short break" et de faire les 200 1ers mètres au départ de la plage sans tomber. Si vous avez le malheur de vous planter, de trop trainer dans le break ou même de ne pas avoir de chance et de tomber sur une vague énorme qui casse devant vous, c'est terminé: vous êtes immédiatement emporté par la vague et au mieux vous ne perdez que votre planche (qu'il faut aller rechercher sur le sable) et vous arrivez a maintenir le kite en l'air malgré la pression de la vague. Au pire, vous faites tomber votre kite dans l'eau et ce dernier se retrouve soit en boule (et vous en avez alors pour une bonne 1/2h a le remettre en état), soit il est carrément détruit par la vague suivante qui le broie.
Bref, pas un spot facile au départ et de plus, je n'avais personne sur qui prendre exemple. Il n'y avait qu'un seul autre client (Philip, suédois très sympa) qui ridait avec une planche de surf, c'est a dire sans les trappes pour y mettre les pieds, et les proprio Ola et Marco ridaient eu aussi en planche de surf. J'ai vu Ola au femarrage se planter 3 fois de suite avant de reussir a sortir de ce satané break.
Mes débuts ont été laborieux et j'essayais de bien mettre la planche a plat sur l'eau et de soulever l'avant tout en pliant au max les jambes pour passer mais je n'y arrivais qu'une fois sur 3 selon la chance que j'avais de tomber sur le début ou la fin d'un break. Une fois passée, si vous ne vous sentez pas a l'aise dans ce genre de vagues cassantes, vous pouvez rester au large et ne revenir que quand vous voulez vous arrêter. C'est ce que j'ai fait le 1er jour jusqu'a que je vois Philip se régalait a ne rester "que" dans le break et a faire des aller-retours dans la mousse de ces grosses vagues. Je me suis dit qu'il fallait que je le fasse et j'ai trouvé une technique finalement assez simple pour y arriver: carrément sauter par dessus le break! J'ai la chance d'être "goffy" (c'est a dire plus a l'aise avec le pied droit devant) et que le cote où il fallait passer ces vagues était mon bon coté. En effet, il y a toujours un coté où un kitter se sent plus a l'aise pour effectuer ses sauts. Or les kitters présents sur le spot étaient soit des "regular" (pied gauche devant le plus a l'aise) soit en surf donc ils n'essayaient jamais cette technique. Il a fallu un peu de réglage au debut pour trouver le bon timing afin d'envoyer l'aile au zénith au bon moment pour sauter ainsi qu'un certain dosage pour gérer la hauteur du saut. En effet, il n'était pas rare qu'il y ait 2 voir 3 grosses vagues qui cassent de suite sur un même passage. Je devais donc pouvoir enchainer 3 sauts très rapidement avec plus ou moins de hauteur pour chacun. Bien sur a la moindre erreur, c'était la punition d'office: si par exemple le saut n'était pas assez haut, mes jambes tapaient le haut de la vague qui emportait alors ma planche et j'etais bon pour un retour a la plage en nage tractée.
Passé cette étape un peu douloureuse du "short break", ce n'était que du pur bonheur. J'ai pu rider sur le dos de grosses vagues ou juste devant pendant qu'elles cassaient dans mon oreille. Et dans l'autre sens, c'était de parfaits tremplins pour envoyer de gros sauts. Bref un vrai régale, surtout que le vent était lui aussi au rendez vous. J'ai pu naviguer sur toute la durée du séjour soit en 9m2 soit en 10m2. De plus le matériel était vraiment de qualité et j'ai eu l'occasion de tester de nombreuses voiles et planches aux caractéristiques complètement différentes.
Le 1er soir, je suis allé diner a Mindelo avec Philip et Vince, mon compère de rando que l'on a retrouvé par hasard au centre de Mindelo. Charlotte et Mike, 2 étudiants belges  faisant un stage Erasmus de 5 mois ici et Gabriel, un parisien ayant rencontré Vince précédemment nous ont rejoint pour la soirée et l'on a apprécié de bons poissons avec mojito a la Bodeguita, un restaurant cubain tenu par un guyanais. Au niveau bars et boites de nuit en revanche, les locaux sortent très tard et le début de soirée ne démarre qu'a 2h du mat. On a tenté vers 1h au club Caravela et on était juste tout seul!

Le vendredi soir, après un très bon resto chez Tapas, on est allé faire un tour dans un minuscule bar typique cap verdien, le café Lisboa où l'on avait l'impression d'être en face des membres du Social Club. Malheureusement ils étaient un peu feignants ce soir là et n'ont sorti les guitares que pour les astiquer. De nouveau, tentative dans un autre club, le Syrius, vers 1h du mat encore et encore les seuls dans la boite: damn, pas facile de se rendre compte de l'ambiance des nuits capverdiennes cette semaine. Heureusement, on a reussi a rebondir a l'Esplanada Hollanda, un bar plein de locaux qui offrait de la bonne musique live cap verdienne.

Samedi, non seulement Vince a décidé de s'y mettre mais 2 autres personnes nous ont rejoint en plus sur le spot de kite: Saria et Alexandra, 2 kitteuses francophones autonomes. L'ambiance est devenue encore plus chaleureuse avec tout ce petit monde sur le spot et on a passé la soirée ensemble le soir. Le lendemain, pour mon dernier jour de kite, Anaël, un toulousain kitter fou, s'est également joint a nous et on était vraiment un petit groupe sympa sur ce spot magique.
On s'est promis sans se le dire qu'on se reverrait sur un spot ou un autre autour de cette petite planète Terre et je ne serai pas étonné de tous les recroiser sur mon chemin un de ces 4.
J'avais cherché un vol pour rejoindre le Venezuela depuis le Cap Vert ou Dakar mais impossible d'en trouver un même un indirect. Je repars donc a Paris et vais mettre a profit les quelques semaines que j'ai devant moi pour mettre a jour mes visas et préparer un peu mieux ce 3eme et a priori dernier tour qui s'annonce.

lien vers la vidéo Mindelo et Kitesurf

mercredi 27 mars 2013

201303 Cap Vert Part 1: Arrivée à Sao Vicente & rando à Santo Antao


Part 1: Arrivée à Sao Vicente & rando à Santo Antao:
A peine revenu du Japon le dimanche soir, me voilà reparti le lendemain a 6am direction le Cap Vert et l'ile de Saint Vicente au large des cotes du Senegal.
Le survol des iles cap verdiennes surprend par leurs aridités. Elles resemblent a de gros cailloux émergeant de l'eau sur lequel il n'y a rien. Même impression dans le taxi me menant a la ville principale, Mindelo. Mais des que l'on aperçoit la baie, Mindelo se découvre et laisse apparaitre un bien sympathique village malgré les maisons pas toutes encore finies et le port plein de containers.
J'ai pris une nuit a l'hôtel Windelo que m'avait conseillé mon cher Karim, le plus grand fan du Cap Vert devant l'Eternel. L'hôtel est situé au sommet d'une colline et on y jouit d'une très belle vue sur la ville et son port.
Je suis allé faire un tour a la seule plage de Mindelo. Elle m'a un peu rappelé South Beach a LA où les bodybuilders squattent les abords de la plage avec plein d'appareils de muscu en plein air a leurs disposition. Je me suis restauré au bar Caravella où j'ai eu la chance de taper une bavette avec un sacré personnage: un allemand a la retraite ancien pilote d'avion, qui venait trainer ses guêtres ici. Il avait fait plusieurs fois le tour du monde et la conversation s'est enchainée sans mal comme on peut l'imaginer!
Le soir, je suis allé au Clube Nautica où il y avait un petit concert live mais sans trop de monde: on est lundi mec!

Le lendemain, j'ai pris le ferry de 8am direction l'ile de Santo Antao joignable en 1h de temps. Il s'agit d'une ile tres particulière avec du cote sud, là où se situe le port, une scene désertique avec aucune végétation et de la roche volcanique partout et d'assez hautes montagnes pour vous accueillir.
J'ai pris un collectivo, les taxis collectifs locaux, et ai rejoint le nord de l'ile pour aller a Pansa Do Sol. Le trajet s'est fait le long de la cote et j'ai pu admirer de bien beaux paysages avec des falaises escarpées se jetant dans la mer turquoise. Il y avait de temps en temps un village ou 2 que nous traversions, assez mignons pour la plupart. J'ai fait la rencontre dans le collectivo de Vince, un jeune américain faisant ses études a Amsterdam. On s'est partagé la chambre d'un hôtel et avons décidé de passer nos 2 prochains jours ensemble a faire de la rando. On a tout de suite enchainé par une première balade de toute beauté sur un chemin assez escarpé le long de la cote allant vers l'Ouest. Les montagnes aux alentours etaient impressionnantes par leur taille et leur verticalité et il y avait de nombreux terrassements, probablement construits par les esclaves de l'époque, afin d'y faire pousser des plantations et principalement de la canne a sucre. On a traversé un somptueux village, très simple mais placé sur le haut d'un gros rocher lui même entouré de montagne acérées: époustouflant! Il faisait très chaud et on a eu la chance de ponctuer notre balade, de 5h tout de même, par un bon bain sur une plage déserte de sable argentée. Il s'agit en fait d'un mélange de sable blanc avec du sable volcanique qui lui donne une couleur juste magique.
On a pu déguster une énorme langouste dans le resto d'un petit pueblo avant qu'un aluguar (taxi) ne nous prenne et nous ramène a Pansa do Sol. Le chemin du retour en voiture était lui aussi a couper le souffle malgré la tombée de la nuit et je peux vous dire que je n'ai rarement vu de tels paysages.
Le temps de prendre une petite douche et on est allé écouter de la musique live dans un resto tenu par un couple de français.
La ville de Pansa do Sol n'est pas très belle car de nombreux bâtiments sont en cours de construction. Il s'agit pour la plupart de maisons appartenant a des cap verdiens de l'étranger (la diaspora est très importante au cap vert et représente presque le double de ma population locale!) qui avancent leurs travaux pendant leurs congés en prenant bien leur temps et en planifiant un retour seulement le jour de leur retraite.
Le lendemain, on a fait une rando un peu plus dur, annoncé en 6h de marche: 2h d'ascension pour rejoindre le sommet d'un volcan et 4h de descente afin d'arriver a un autre village, Vila, près de Paul. Vu que l'on voulait dormir a Vila le soir, on a du prendre avec nous nos bagages soit 8kg pour Vince (il avait préalablement laissé le gros de ses affaires a Sal le petit malin) et une vingtaine pour moi: caramba!
On est parti vers 8am et on a du prendre un 1er collectivo pour rejoindre la ville principale de l'ile, Ribiera Grande, et de là, un 2eme collectivo pour arriver au minuscule village de Xoxo. Le départ de la rando n'est rien d'autre qu'un petit sentier qui monte bié raide pendant des heures a travers la montagne qui nous faisait face. Sur le chemin, on a rencontré un jeune local qui nous a fait visiter la distillerie locale, spécialité de Santo Antao pour fabriquer du Grogue, la boisson nationale, conçue a partir du jus de canne. La confection ici est très artisanale et tout est fait a la main.
On a finalement mis 4h au lieu de 2h annoncée pour faire cette montée qui s'es révélée interminable. On a trouvé des forces grâce au paysage qui nous était offert: le plus beau que l'ô ait vu depuis notre arrivée sur l'ile et probablement l'un des tops que j'ai ei la chance de voir dans ma vie. Vraiment incroyable. Il y avait de plus en p´us de végétations a force que l'on montait et on commençait a apercevoir des arbres sur certains sommets. Quelle fut notre surprise quand arrivés au sommet, nous avons débouché sur une foret de pins au climat tempéré.
Apres quelques minutes de marche, nous avons eu la vue complètement dégagée sur le cratère du volcan, qui bizarrement était a l'opposé de ce que l'on attendait: il était tout vert et rempli de plantations! On a pu apprécier une vue complete de l'ile de Saint Vicente et nous nous sommes reposés avant d'attaquer la descente de la montagne adjacente pour rejoindre la vallée de Paul. Des nuages très bas ont commencé a apparaitre et nous ont un peu gâché la vue lors de la descente. A la fin de la descente, il nous restait 3h de marche (on en était déjà a 7h!) et on a préféré prendre un collectivo pour rejoindre Paul et ne pas finir complètement cramé. Le soir, re-langouste avec en entrée des saucisses flamblées.
Il y avait un autre coin de l'ile a visiter du cote Ouest mais celui-ci demandait plus d'organisation et je l'ai laissé pour un prochain passage sur cette merveilleuse ile qui m'a enchanté autant par la beauté de ses paysages que par son authenticité.
Je suis reparti le lendemain tôt afin de reprendre le ferry pour Mindelo et avoir le temps de démarrer une de mes activités préférées: le kite surf!




vendredi 15 mars 2013

201303 Japon avec Carlo

Part 1 Tokyo

Nous sommes le 08 mars et j'enfourche mon scooter avec le plus grand de mes neveux, Carlo, du haut de ses 12ans à l'arrière, et Excel, mon fidèle compagnon sur mes genoux, soutenu par le sac à dos de Carlo. Nous partons pour l'aéroport Charles de Gaule, direction le Japon et plus précisément Tokyo. En effet, il y a quelques mois, j'ai offert à mon neveu un voyage d'une semaine à l'endroit de son choix sur la planète...il n'avait plus qu'à choisir sur un globe ce qui lui tentait le plus. Monsieur est plutôt en mode mangas et samurais avec un petit faible pour le très connu anime Naruto (manga sur les ninjas qui cartonne depuis près de 10ans dans le monde entier). En plus, il a du sang nippon: un 8ème par son père!

12 petites heures de vol et une petite dédicace (galette oblige!) lors de l'atterrissage aux hôtesses pourtant charmantes et nous voilà arrivés dans la megalope nipponne. On a réservé dans une auberge de jeunesse toute appropriée: la Khaosan Tokyo Ninja. Très bien située, elle a comme autre principale atout un dortoir un peu spécial composé de cabine individuelle en bois. Ca ressemble aux hôtels capsules que l'on peut trouver à Tokyo mais en beaucoup plus spacieux tout de même.

Nos 1ers pas dans le métro nippon, une vraie pieuvre déployant ses énormes tentacules sur toute la ville, nous ont également permis de débuter nos 1ers pas avec la population. On remarque que presque la moitié des gens porte un masque anti pollution et ce même quand ils sont en couple ou en train de discuter entre eux. Nos spécialistes français qui étaient contre le port du voile pour des raisons d'esthétisme seraient choqués! Le métro est aussi un excellent moyen pour les tokyottes de terminer leur nuit, surtout qu'il est difficile de voir ceux qui sont endormis de ceux qui ne le sont pas avec leurs yeux bridés!

On a pu démarrer notre 1ere visite vers17h30 et on a commencé par le quartier de Shibuya et son fameux carrefour en diagonal réputé le plus fréquenté du monde: on confirme! On s'est baladé dans le quartier surpeuplé puis on est rentré vers 23h (le dernier métro s'arrêtant vers minuit) mais le décalage horaire de 8h ne nous a pas vraiment aidé a nous coucher et on a tous les 2 eu un mal fou a s'endormir.

Le lendemain matin de bonheur, on a fait le quartier d'Asakusa et son temple principal, le Senjo-ji. Apres avoir pourtant bu l'eau sacrée nous rendre invincible, Carlo a tiré un omikuji, oracle inscrit sur un bout de papier: mauvaise fortune!! Il va falloir que je redouble de vigilance...

On est ensuite allé prendre un encas dans un bar PMU local où Carlo a fait "comme papi"!! Les pousse-pousses locaux sont bien en mode parité, tout du moins au niveau du nombre de participants. Quand a la charge portée, il faudra repasser mesdames...et tout ça pour le même salaire!

On a changé de quartier pour aller dans celui d'Akihabara, le coin des geaks de mangas. Il y en avait de partout et pour tous les gouts mais le plus étonnant, c'est de voir que la population qui s'intéresse a cela est, pour la grande majorité, majeure et vaccinée. Le temps de rencontrer les héros favoris de la série Naruto déambulés dans les allées de certains magasins et nous revoilà dehors en train d'affronter une tempête de sable et de poussière. En effet, ce matin, il faisait près de 24°c quand nous sommes partis avec un beau soleil et un ciel bleu et le temps s'est subitement inversé avec des températures descendant jusqu'a 8°c et de grosses rafales de vent. On a cru que c'était un nuage de pollution qui s'abattait sur la ville pendant la journée (comme celui que l'on peut voir a LA par exemple) mais on a finalement appris par la suite qu'il s'agissait d'une tempête de sable provenant du désert du Gobi en Mongolie!

Un petit tour dans les magasins d'armes a feu histoire de faire de Carlo un vrai Yakusa puis on est allé voir les geaks joués aux jeux vidéos, la 2eme grande passion nipponne.

Retour au village caché de Konoha pour une petite sieste puis nous avons fini la journée par le quartier chic de Ginza où l'on a pu apprécier un chocolat chaud et de bons macarons de chez La Durée (on n'avait pas eu le temps d'y gouter en partant de Paris avec Françoise et Claude!) afin d'aller diner local au dernier étage d'un building dans un resto japonais traditionnel.

On s'est couché vers minuit a moitié fatigué et clairement encore en decalage horaire. Demain, le reveil est prevu a 3h30am pour un tour dans le plus grand marché aux poissons du monde.

Il a fallu se lever tot afin d'avoir une chance d'assister aux auctions: il s'agit des ventes aux enchères des plus beaux thons rouges dont certains peuvent atteindre la somme d'un million d'euros pièce. Pour ne pas trop déranger les acheteurs professionnels, ils ne font rentrer que les 60 premiers visiteurs et les 60 suivants en liste d'attente. On est arrivé a 4h30am et on a réussi a être dans le 1er groupe mais ça s'est joué a 5' près. Ils nous ont emmené au milieu d'un énorme hall où étaient étendus des centaines de thons rouges dont la plupart était congelé et a qui on avait enlevé la tête et la queue. De nombreux acheteurs s'affairaient près des poissons et les auscultaient dans tous les sens.

Chaque vente aux enchères est annoncée par une cloche et ensuite ça va très vite. Chaque commissaire priseur annonce le poisson et la mise a prix et les acheteurs font juste des signes avec les doigts lorsqu'ils sont intéressés. Et dire que certains poissons se vendent a plus d'1 million d'€ ici de cette manière: y a intérêt a pas se gourer de numéros quand ça démarre!

On a finit a 6h du mat et le marché n'ouvrirait au public qu'a 9h. On a donc préféré prendre un petit plateau de sushis sur place avec ce fameux thon rouge dans un petit bouiboui du marché.

Puis nous sommes rentrés a Konoha, notre auberge de jeunesse pour ninjas, pour récupérer nos sacs a dos et sommes partis a Shinjuku pour prendre le train Shinkansen en direction de Matsumoto dans la région de Nagano afin de découvrir les Alpes japonaises.



Part 2: region de Nagano & les Alpes japonaises

On a pris un train rapide pour rejoindre la province de Nagano qui se trouve au Nord Ouest de Tokyo au centre du Honshu, a environ 2h30. Notre premiere étape était la ville de Matsumoto où on a pu visiter un joli château médiéval a 6 étages.
On a ensuite pris un bus local pour s'enfoncer dans les montagnes et rejoindre le petit village d'Hotaka, enseveli sous 4 bon mètres de neige. Nous avons fait une petite balade a pied pour rejoindre une cascade de plus de 60m mais en grande partie gelée. Il nous manque de vrais chaussures de montagne pour pouvoir marcher plus paisiblement dans la neige où l'on s'enfonce parfois d'un bon mètre.
Nous avons passé la nuit dans un Ryokan traditionnel...tout est en tatamis ici des couloirs de l'établissement a la chambre. Il y avait un Onsen intégré au Ryokan et on a pu se relaxer dans les nombreux bains d'eaux chaudes qui étaient aussi bien a l'extérieur qu'a l'intérieur. Un vrai bonheur que de pouvoir se baigner dans du chaud quand il fait si froid dehors.
Le lendemain, petit dej traditionnel japonais puis de nouveaux un bain d'eau chaude mais privée cette fois-ci où l'on avait notre propre bassin qui donnait sur l'extérieure.
On a pris un bus assez tôt ce matin pour rejoindre le telepherique le plus long d'Asie situé a 40' de notre Ryokan qui nous a emmené de 1300m a 2150m. On a alors entrepris une balade dans la neige qui nous a finalement amené a emprunter le chemin menant au pic Nishi Hotaka Dake situé a 2909m. Apres 2 bonnes heures de marche assez difficiles car il aurait fallu des crampons pour pouvoir évoluer correctement, nous avons marqué une pause méritée dans un refuge de haute montagne...le temps que Carlo goute a son premier Ramen...puis nous avons insisté encore 1/4h avant de devoir rebrousser chemin, la cote devenant vraiment trop pentue.
Le temps de faire tout le trajet inverse jusqu'au Ryokan, puis Matsumoto où nous avons alors pris un train de "banlieue" pour rejoindre la station de ski d'Hakuba. Nous y sommes arrivés faire 21h et avons pu trouver une chambre au pied des pistes dans la station de Gondola. On a fini la journée en se degotant un tres bon resto mexicain avec nachos, enchiladas et burritos: que du très connu pour mon cher compère!
Le lendemain, nous avons eu un temps extraordinaire et avons pu profiter a fond des remontées de la station pour se remettre a jour de nos bases de ski., notamment sur une des pistes olympiques bien bosselée qui a servi lors des JO de Nagano en 1998..malheureusement, il a commencé a pleuvoir très fort en milieu d'après midi et malgré nos vêtements imperméables, nous avons fini complètement trempé. Nous avons pu nous revigorer dans le sauna/onsen de notre pension et sommes allés diner local cette fois avec des dumplings et viandes grillées.
Nous avons reservé un trip un peu particulier le lendemain. Une balade en ski de rando (backcountry en anglais). Il s'agit de monter a ski pendant 3h (en mettant des peaux de phoques sous les skis ou avec des raquettes pour les surfeurs) puis de se faire une bonne heure non stop de descente en pleine poudreuse vierge.
On s'est donc pointé le lendemain au rdv et on était fin prêt pour partir quand il a fallu finalement annuler car trop de vent pour pouvoir prendre le telepherique. On a remis ça au lendemain et avons donc profiter de cette journée pour de nouveau skier dans le domaine et parfaire les techniques de Carlo afin qu'il soit suffisamment a l'aise pour suivre dans la poudreuse et en hors piste. On s'est entrainé a descendre dans les forets prêt des pistes et après quelques descentes d'adaptation, Carlo a commencé a apprécier la liberté de skier en hors piste. 

Le lendemain, le grand jour. Le temps était au beau fixe et on a démarré tout en haut des pistes où l'on s'était entrainé ces 2 derniers jours. Notre palanquée était de 4 et composée du guide canadien James ainsi que d'un australien, Daren. Je n'avais jamais fait de ski de rando et ca faisait un bout de temps que cette activité trainait sur ma todolist"! On a mis les peaux de phoques sous les skis pour les skieurs et pour ma part, qui était le seul en snowboard, j'ai juste chaussé des raquettes au pied et garder le snowboard dans le dos. J'aurais préféré utiliser le split snow: c'est une board qui se découpe en 2 et qui fait office de ski de rando pendant la montée mais la neige n'avait pas assez de poudreuse pour que ça vaille le coup et je suis donc resté avec un snow normal au pied. Carlo a bien démarré la montée mais des que la cote est devenue plus pentue, il a eu du mal, probablement car il ne poussait pas assez fort sur ses bâtons et il faut dire, pour ca décharge, que le terrain etait alors en biais et qu'il était difficile de garder les skis bien a plat. La cote est devenue encore plus raide et il ne pouvait plus monter a ski. Il a donc déchaussé et a entrepris la montée a pied mais ses skis de rando était un peu trop lourd pour lui et je les ai pris sur mon épaule sur les derniers mètres. Apres une bonne heure d'ascension, on a commencé a chausser pour entamer la descente mais le vent soufflait tellement fort qu'il était difficile de faire le moindre mouvement. Carlo a même perdu ses lunettes de soleil, qui étaient pourtant vissées sur sa tête a cause de la force des bourrasques!
Les 1ers mètres de descente n'étaient pas les plus simples: il y avait un mur assez raide et la neige était assez gelée sous les quelques centimètres de poudreuse qui étaient tombés la veille. Carlo n'était pas très sur de lui et a démarré par une chute après a peine quelques mètres. Il s'est alors mis en mode dérapage et ce pendant quasi toute la descente. Difficile d'apprécier un tel panorama dans ces conditions. On a bouclé la descente en environ 1h et un van nous attendait en bas pour le second tour toujours au même endroit. Je me suis posé la question s'il on devait continuer ou pas mais après la pause déjeuner, Carlo se sentait bien et a insisté pour faire la 2eme. Et là, contre toute attente, tout s'est admirablement passé! Le vent avait fortement diminué et la neige était beaucoup plus tendre grâce aux effets du soleil. De plus, Carlo connaissait les lieux cette fois-ci et s'est senti bien plus a l'aise et a réussi a passer outre ses peurs. Pour la montée, il est resté dans les traces du guide et a pu la faire en entier sans même être obligé de déchausser. A la descente, il a également pris confiance et a commencé a faire de vrais virages et a prendre de la vitesse: youpi!! Franchement, faire une telle descente en hors piste alors qu'il n'avait que le niveau 2 étoiles et la manière dont il l'a faite: chapeau bas le neveu, il a assuré grave ;-)
De mon cote, je me suis régalé sur les descentes même si j'aurais préféré une poudreuse un peu plus profonde.
On a croisé un animal qui n'existait pas en Europe: une sorte de croisement entre un chamois, une chèvre et un sanglier!
On a fini la 2eme descente vers 14h et après avoir rendu le matos de loc et pris une bonne glace pour la récompense de nos efforts, on a filé direct dans le train afin de rejoindre Tokyo. Carlo s'est endormi au bout de quelques minutes, épuisé mais heureux d'avoir réalisé une telle performance.


Part 3: Tokyo bis & Kamakura:
Pour notre retour a Tokyo, on s'est trouvé une nouvelle auberge de jeunesse toujours dans le quartier d'Asakusabashi, Anne Hostel: un peu plus étriquée que la première mais avec le petit dej inclus.
On est parti faire une excursion un peu a l'extérieure de Tokyo, a Kamakura, a un peu plus d'1h en train. On s'est baladé dans les rues commerçantes puis on est allé visiter le sanctuaire shintoïste de Tsurugaoka Hachiman-Gu où l'on a pu assister a une ceremonie de mariage traditionnelle.
On est ensuite allé flâner au bord de la plage admirer les paddle boards puis on a atterri dans le temple d'Hase-Dera où trônait une grande statue de Kannon, la déesse du Pardon, dans un magnifique jardin zen. Puis nous avons continué jusqu'au Daibutsu, le Grand Bouddha de bronze de 13m de haut.
On a terminé la visite par une longue marche de 5km dans la foret du coin et on est tombé sur des temples de ci de là tout au long de notre marche.
De retour a Tokyo, on est allé dans le quartier d'Harajuku où réside le sanctuaire Meiji-Jingu au milieu de l'énorme parc Yoyogi. On s'est ensuite dirigé vers le quartier branché du coin où déambulent toutes sortes d'énergumènes plus excentriques les uns que les autres. Le temps de se prendre une bonne crêpe japonaise et quelques boutiques puis on est rentré se reposer de cette semaine bien mouvementée!