Etape finale de ce second tour avec Tel Aviv, célèbre surtout pour ses
folles nuits plus que ses spots historiques. Je suis arrivé dans
l'auberge de jeunesse de mon choix vers 18h et rien que le check in
annonçait la couleur. Hormis le mec de la réception super cool, j'ai pu
d'ores et déjà rencontré quelques spécimens, des oiseaux rares de la
nuit avec chacun leur spécialité. Paul, 26 ans, le polonais américain
juif en voyage pour un mois ici afin de compléter un stage pour ses
études de doctor en médecine. Kerry, australienne de Melbourne de 30ans,
grande voyageuse dans l'ame et venant de faire 3,5mois de tour du monde
autour de l'Europe. Justin, militaire australien d'âge indéterminé et
pro Irlandais. Sa fierté sont ses tatoos qui sont tellement osés pour la
cause de l'indépendance irlandaise qu'il a déjà du en faire modifier 2
afin qu'on le laisse tranquille aux passages de douane! Un mec d'Hawaii,
dont le prénom m'échappe mais complètement perché sur une autre
planète, comme s'il était tombé dans une marmite remplie d'exctasy quand
il était petit. Elena, une danseuse de cabaret ukrainienne de 22ans bossant a
Eilat pour un an dans le show "Wow" et venue ici pour ses jours off.
Voila le casting de départ réalisé rien qu'au comptoir du check in après
10' et une bière.
Ce casting sera bien sur complété au fil des jours par de nouveaux
arrivants venant d'horizons diverses et variées et ajoutant au
folklorique des soirées a Tel Aviv. Les soirées commencent tard ici, a
partir de 23h. Il n'y a pas vraiment de night club mais plus des bars
dansant avec music live. On trouve des coffee shops un partout dans les
rues principales vendant a peu près les mêmes produits qu'a Amsterdam!
J'ai passé 3 nuits ici avant de repartir pour Paris et je me suis
vraiment régalé d'une telle ambiance. Tous les gens sont super cools et
très accessibles, vous y voyez de tout et les bars sont a une walking
distance de l'auberge de jeunesse.
J'ai rencontré un frère et sa soeur australiens juifs également de
Sydney, un juif de Nouvelle Zélande super cool, Marcus, un steward de la
Lufthansa habitant a Munich, 2 couples de gays polonais (un de chaque
sexe!), un juif étudiant américain habitant a NY...bref, plein de monde
et tout ca en quelques jours de semaine (ie: week-end not included!).
Au rayon des visites, la plage est a 10m de l'auberge, le quartier d'old
Jaffa a 10' a pied et les principaux musées pas beaucoup plus loin.
Vraiment une super destination pour faire la fête et je n'imagine même
pas l'été...j'y étais en saison basse avec des températures assez
fraiches autour de 12/20 degrés.
J'ai quitté Tel Aviv par un vol décollant a 6am et il faut arriver bien
2h avant mini a l'aéroport afin de passer tous les contrôles de la
police israélienne qui bien qu'étant sans commune mesure comparable a
celle lors de mon passage de frontière palestinienne, restent tout de
même un long et pénible moment. Je me suis arrêté en Grèce a Athènes et
après un total de 5h était déjà de retour a Paris.
Les prochains posts devraient être un best of de ce 2eme tour et sans
doute un retour en Russie prévu pour fin janvier pour un vol
supersonique jusqu'a la stratosphère dans un mig29...a suivre donc!
J'ai débarqué a Haifa vers 15h après une journée bien galère de
transports. L'auberge de jeunesse que j'ai trouvée, Port Inn, est
vraiment sympa: très centrale dans la vieille ville, bien aménagée et
surtout un super personnel très professionnel et sympathique. Je suis
parti tout de suite a la recherche d'un resto, histoire de me faire un
vrai repas car ça fait quelques jours que je suis en mode falafel et je
sens qu'une bonne bouffe ne me ferait pas de mal. J'ai trouvé une bonne
table juste a cote de l'auberge spécialisée dans les fruits de mer et
poissons.
Apres m'être bien rassasié, j'ai pris le métro carmelit pour rejoindre
le sommet du mont Carmel et y admirer la vue et les lumières de la baie
d'Haifa. Non seulement la nuit est tombée mais la pluie vient également
s'en mêler. Je suis rentré faire une petite sieste et me préparer pour
la soirée où l'on m'a conseillé un bar avec de la musique live. Il y
avait un groupe de rasta juifs qui faisait office d'avant première. Pas
très professionnels et encore un peu tendres, ils étaient quand même
sympas a voir imiter Bob.
Le groupe n'était pas extraordinaire non plus et je n'ai pas trop trainé
et suis rentré pour me lever tôt demain afin de pouvoir aller visiter
la ville des croisés: Akko ou Saint Jean d'Acre.
Ce matin, il fait beau. J'ai rejoint Akko en train, a peine 1/2h de
trajet que j'ai pu faire avec une autrichienne très intéressante qui
allait dans la région également et qui avait décidé de s'installer en
Jordanie pour y vivre avec son copain. Elle habite a Jerusalem pour
l'instant et prend des cours de langue arabe.
Arrivé a Akko, j'ai rejoint le centre historique et ses remparts après
une bonne demi heure de marche. Je suis allé visiter la mosquée El
Jazzar qui a une cour adjacente très reposante. Il y a très peu de juifs
ici. Ils se sont plutot regroupés a l'extérieure de la ville et la
communauté dominante est arabe musulmane.
Je suis allé visiter la cité souterraine des croisés avec ses fameux
tunnels qui parcourent toute la ville et qui relient des endroit
stratégiques sous terre comme le port ou le souk.
Une petite balade sur les remparts et le port et je suis retourné a
Haïfa pour prendre un bus en direction de Nazareth. On est vendredi et
il ne faut pas se louper dans les horaires des transports car c'est
Sabbat et je ne voudrais pas etre bloqué comme la semaine passée a
Eilat.
Nazareth:
De nouveau une ville arabe. Les seuls israéliens qui sont ici sont des
touristes (c'est déjà pas mal!). Mon auberge de jeunesse est située sur
les hauteurs de la vieille ville. Il faut traverser tout le souk pour
l'atteindre. La bâtisse est assez incroyable avec une très jolie arche
au beau milieu d'une cour. Les dortoirs sont a l'étage avec des plafonds
de toute beauté. On se croirait plus dans un hôtel 4 étoiles qu'une
auberge de jeunesse. Je suis allé visiter la Basilique de
l'Annonciation, là où l'Ange Gabriel a annoncé a Marie qu'elle allait
voir un enfant et qu'elle devait l'appeler Jesus. Le bâtiment est récent
et date de 1960 et j'ai bien aimé le style très avant-gardiste pour une
église avec du béton brut laissé apparent et des aménagements tout a
fait particuliers. L'autel et le coeur de la Basilique se trouvent au
1er étage! Les murs sont ornés soit de vitraux très simples mais
laissant passer une lumière colorée de toute beauté au rdc soit de
grands tableaux venant de tous les pays du monde et représentant Jesus
et Marie selon les moeurs locaux. Mention passage au Canada!
Le soir, je suis allé au marché de Noel, très animé avec un grand concert live.
Le lendemain matin, j'ai suivi le free tour offert par l'auberge de
jeunesse qui propose une approche un peu différente en essayant d'être
au plus près de la population locale plutôt que se focaliser sur les
éléments historiques et touristes de la ville. On a ainsi rencontré
l'Imam de la mosquée, personnage haut en couleur et fort sympathique,
les femmes travaillant au marché (plutôt rare pour une ville rebeu), les
artisans et commerçants du coin comme les charpentiers ou les vendeurs
d'épices.
Je suis parti en fin d'après midi pour la capitale économique d'Israël
et surtout mon dernier stop pour ce tour, Tel Aviv et ses folles nuits
J'ai pris le bus local ce matin direction la Palestine avec comme
première étape Bethléem, la ville qui a donné naissance a l'enfant
Jesus.
Mauvais 1er contact avec la population locale. Alors que je montais dans
le bus (palestinien) pour Bethleem, je me suis assis tout devant et ai
mis mon sac a cote de moi. Au bout de 5', un homme d'une soixantaine
d'année me dit d'un ton très sec et autoritaire "move your bag!". Je le
déplace et le met a mes pieds en lui faisant remarquer qu'il y a des
manières plus polies de parler. Ce dernier me met alors un coup de pied
dans la jambe pour lui faire plus de place avant de s'asseoir! Je
commence a hausser le ton et lui dire que je ne suis pas son chien et
qu'il n'a pas a me parler comme ça. Dans le même temps, je me met a la
place où etait précédemment mon sac et lui dit que s'il veut s'asseoir,
il n'a qu'a m'enjamber. Le mec commence a taper une colère et m'ordonne
d'aller de l'autre cote en hurlant. Je refuse et lui dis niet. Il me dit
qu'il descend avant moi, se plaît au chauffeur, puis aux autres
passagers. La queue commence a s'amasser derrière lui car personne ne
peut passer tant qu'il n'est pas passé. Je scrute les regards et vois
bien que les locaux, et plus particulièrement les femmes, sont assez
sidérées de ma manière de lui parler, comme si je lui devais le respect.
Le mec m'hurle encore une fois de me déplacer et commence a lever la
main au dessus de ma tête comme s'il allait me frapper. Je commence a me
lever et me fais un peu plus menaçant en lui disant que s'il n'était
pas content, il pouvait très bien aller s'asseoir 2 rangs plus loin. Au
bout d'une dizaine de secondes, il s'exécute en meuglant de belles
insultes a mon encontre, en se demandant de quel pays j'etais pour faire
ça et en me menaçant que ça n'allait pas se passer comme ça!
Sympa le 1er contact avec la population locale! Quelques secondes après,
un énorme palestinien bien gras et tout crade m'enjambe et s'assoit a
cote de moi en prenant presque 2/3 de la place tellement il est gros. Il
sent très très fort, genre pas lavé depuis un mois et me regarde du
style: ne vas pas l'ouvrir, on est chez moi ici!
Cette fois-ci, je ne fais pas de scandale et prend mon mal en patience pendant une bonne heure de trajet difficile.
Le bus ne nous dépose qu'a un endroit où il n'y a rien et il faut
prendre un taxi pour rejoindre le centre de Bethleem. J'en profite pour
négocier un petit tour du mur d'enceinte qui sépare Israel de la
Palestine. A certains endroits, le mur a été graffité de plein de
messages dont certains prônant une paix entre les 2 camps.
Arrivé enfin a Bethléem, je commence par faire le check in dans ma
nouvelle auberge de jeunesse: Bethléem Youth Hostel, une ravissante
demeure composée d'énormes dortoirs de 10 lits avec un seul client que
je n'ai d'ailleurs même pas vu. J'ai pu avoir une chambre de 10 pour moi
tout seul mais pas facile de chauffer une telle pièce quand on y est
seul avec une telle hauteur sous plafond et pour seul chauffage un
appareil portatif au gaz. Il fait effectivement assez froid ici et vu
qu'il a en plus plu toute la journée, la température est aux alentours
des 8°, ce qui est vraiment limite avec ma tenue tourdumondiste d'été.
J'ai attendu 15h pour aller visiter la basilique de la Nativité car
j'avais donné rencard a un fort sympathique hollandais a la retraite,
Aad, que j'avais rencontré au petit dej la veille a l'Abraham Hostel de
Jerusalem. Il habite en Israel avec sa copine, plus au nord et est ici
en semi visite. En effet, il aimerait se rendre utile et a pris rendez
vous avec une association locale de Bethléem qui aide les réfugiés.
On a donc fait la visite de la bâtisse ensemble. Le bâtiment en lui même
n'est pas incroyable: il a été détruit un grand nombre de fois et
maintenant les différentes branches du christianisme se disputent sur
l'endroit et donc statut quo: personne ne fait rien, aucune restauration
de prévue.
La grotte est également décevante. Je m'attendais a quelque chose de
plus authentique mais ils ont construit partout et ça ne ressemble plus
vraiment a l'endroit qu'on a en tête quand on regarde une crèche!
Aad a du partir a son rencard et je suis allé me balader et me perdre
dans les ruelles du centre ville. Ce n'est pas une ville très
touristique et généralement les tours opérateurs visitent la basilique
puis s'en vont. C'est parfait car j'avais en tête d'aller au plus proche
de la population pour voir et ressentir comment ils vivaient. Je sens
que les regards s'attardent souvent sur moi et ils voient bien que je ne
suis pas un local. Je m'arrête chez le barbier afin de renouveler
l'expérience du rasage au fil que j'avais pu tester en Norvège chez
l'Irakien de Pierre, le frère d'Elsa. Le barbier a une technique un peu
particulière pour enlever les poils: ils utilisent des 2 mains mais
également la tête pour mettre les coups secs afin de tirer les poils. Ca
donne un tableau assez rigolo avec le barbier qui le regarde fixement
en faisant la poule et moi qui grimace de douleurs.
Le résultat est plutôt a la hauteur et il m'a en plus taillé la barbe au rasoir.
Il n'y a pas grand chose a faire ici la nuit tombée et la pluie a
redoublé. Je suis rentré me blottir contre le radiateur de mon
dortoir...un peu triste.
Day 2: Jerico et ma bonne étoile
Journée pleine d'émotion qui a démarré par un départ tôt le matin vers
7h30 de l'auberge de jeunesse. Je suis tout d'abord allé me taper un
petit dej palestinien avec du hommos jusqu'aux oreilles servi avec
oignon frais, piment cru, tomate et concombre...des le matin, ça calme!
J'ai pris un taxi bus pour rejoindre Jerico. L'idée étant de faire
Naplouse dans l'apres midi puis de dormir a Nazareth en passant par la
route au nord de la Palestine. Le taxi bus ici fonctionne avec un
principe très simple. Il s'agit de monospaces de 7 passagers et on
attend qu'il soit plein pour partir. Je suis arrivé a Jerico vers 9h30
et après avoir négocié une consigne pour mon sac, je suis parti l'assaut
des sites touristes du coin en commençant par le palais Hicham. Plutôt
en ruine même si une reconstitution miniature permet de voir a quoi il
ressemblait a l'époque, il vaut la visite pour 2 pièces principales:
l'Etoile de Jerico et la mosaïque de l'Arbre de Vie.
J'ai enchainé par un câble car pour rejoindre le mont des tentations,
lieu saint où Jesus s'est retiré pendant 40jours pour jeuner alors que
le diable essayait de le détourner du droit chemin. Le monastère Xxx a
été construit carrément sur le flan de la falaise et on dirait qu'il est
incrusté dans la roche.
On m'a par la suite deposé au sommet d'une montagne dans le Wadi Qelt
afin que je puisse jouir d'une vue exceptionnelle non seulement sur la
gorge encaissée du coin lais surtout sur le monastère xxx installé juste
au dessus d'un très joli oasis et collé a la paroi de la roche. A
l'intérieur de ce dernier sont exposés en vitrine des restes de 2 hommes
saint de l'eglise chrétienne orthodoxe, dont un fémur, un crâne et même
une momie: génial de prier devant un squelette!
J'ai entrepris la descente et le retour a Jerico a pied par les pentes
du Wadi Qelt vers 12h30. Apres avoir traversé un paysage de toute beauté
très rocailleux, je suis arrivé vers 14h a l'étrée de la ville. Là une
voiture passe et je lui fais signe pour être déposé au centre ville. Le
monsieur, un musulman barbu d'une cinquantaine d'année me fait monter et
on s'échange quelques mots mais assez bref vu qu'il ne parlait pas
anglais. Il me dépose a 300m du centre ville en m'ayant épargné 10
bonnes minutes de marche ce qui n'était pas de refus après la longue
traversée du Wadi en plein caniar. Il avait fait tellement chaud lors de
la traversée que j'ai même fait tomber la chemise. J'etais en jeans et
vu que jetais un peu serré car les poches pleines et que je commençais a
transpirer, j'ai mis mon portefeuille dans la poche de devant de mon
petit sac a dos (alors qu'il est d'habitude toujours dans la poche avant
droite de mon pantalon) et mes différentes couches (manteau, pull et
tshirts) dans la grande poche. Le sac a dos etait un peu surchargé,
surtout que j'avais également 2 bouteilles d'eu a l'intérieur.
Apres être descendu de la voiture, je marche 50m et je m'arrête pour
prendre un peu d'eau et je m'aperçois que la petite poche du sac est
ouverte. Je présume qu'elle s'est ouverte toute seule vu que le sac
était quand même bien plein et même si c'était la 1ere fois qu'il me
faisait ça. Je ne m'inquiète pas tout de suite puis au bout de quelques
secondes, je réalise que j'avais laissé mon portefeuille a cet endroit
et que je ne le vois plus. Je fouille mon sac a dos 3 fois de fond en
comble mais sans succès: il a disparu. Je me retourne et vois 3 jeunes
ados de 13/15ans qui me regardent et qui sont au milieu du chemin que je
viens de parcourir entre l'endroit où le monsieur m'a déposé en voiture
et la où je me tiens. Je m'approche d'eux, les scruptent un peu puis
leurs demandent s'ils n'ont pas trouvé un objet que j'aurais fait
tomber. Ils medisent que non et l'un des 3 me fait un signe par derriere
en me designant son collegue. J'insiste aupres de son ollegue qui me
dit qu'il n'a rien. L'autre jeune continue a dire que c'est lui. Je
commence a hausser alors le ton et demande d'un ton un peu plus ferme de
me donner ce qu'il a trouvé. Il me dit qu'il n'a rien et il me montre
ses 2 poches vides. L'autre éclate de rires et je ne sais pas trop
comment prendre la chose. Je prend un air triste et sombre en leurs
disant que j'avais perdu mon portefeuille et qu'il y avait des choses
très importantes pour moi a l'intérieur. Je ne voulais pas leurs dire
qu'en fait, il y avait toutes mes cartes bleues, 300€ en devise locale
et l'équivalent en € soit 600€ au total. Les jeunes me font comprendre
qu'il s'agissait d'une blague et qu'ils n'ont rien du tout et pas vu de
portefeuille. Je les crois mais ça m'a embêté de leurs dire ce que
j'avais perdu avec en plus un air aussi paniqué car je ne voudrais pas
qu'ils partent a la recherche du portefeuille et le trouvent avant moi
(n'est pas parano qui veut hein!). Je me dis alors qu'il n'y a que 2
solutions: soit il est tombé dans la voiture dans laquelle je suis
monté, soit il est tombé pendant la marche dans le Wadi sur le chemin a
partir duquel j'ai mis le portefeuille dans le sac. Je regarde sur les
50m que j'ai fait en sortie de voiture et je ne vois rien. Je demande au
commerçant de fruits et légumes qui fait l'angle s'il n'a pas trouvé un
portefeuille. Le mec me dit non et me demande ce qu'il y avait dedans.
Je répond qu'il y avait tout mon argent et toutes mes cartes visa afin
qu'il essaie de m'aider. Le mec me propose d'appeler la police en
pensant que le chauffeur dans la voiture était un pickpocket mais je lui
dis que je ne pensais pas et que le chauffeur avait l'air honnête,
d'autant plus que c'est moi qui l'avait arrêté dans la rue quelques
minutes plus tôt.
J'attend une minute ou 2 un peu en flip au cas où le chauffeur repasse par là car je sais que si je ne retrouve pas mon portefeuille,
je suis dans une merde noire et que cela signifie probablement la fin de
la route ici! Je regarde ce qu'il me reste dans les poches: j'ai 9€
en devise locale et encore mon passeport. Je ne risque pas d'aller loin
avec ça. Ce n'est même pas assez pour aller a Tel Aviv prendre mon avion
retour.
Je me dis qu'il faut au moins que j'élimine la possibilité que mon
portefeuille soit tombé sur le chemin retour du Wadi mais je ne me vois
pas remarcher toute la descente dans le sens inverse que cela implique.
Pourtant je n'ai pas le choix et de plus, je me dis alors que j'ai
intérêt a me dépêcher avant que quelqu'un ne tombe dessus. Je me met
alors a courir et remonte le chemin que j'avais fait en voiture avec le
monsieur barbu. Apres 5 bonnes minutes de course, je tombe sur un des 3
ados avec un de ses potes au croisement d'un chemin. Je ne comprend pas
comment il a pu arriver là aussi vite alors que je viens de me taper 5'
de course a une bonne cadence. Il me regarde et je lui demande ce qu'il
fait là. Il me fait une reponse incompréhensible et me demande si j'ai
retrouvé mon portefeuille. Je commence a voir rouge et me dis qu'il
essaie de trouver mon portefeuille avant moi! Je pars alors sans lui
répondre et accélère alors le rythme pour pas qu'il puisse me suivre.
J'essaie de retrouver l'endroit où je suis monté dans la voiture où il y
a de grandes chances que le portefeuille soit tombé là mais impossible
de retrouver le chemin. Toutes les rues se ressemblent et je n'arrive
pas a me repérer. Je cours dans tous les sens pour essayer de m'y
retrouver, je demande mon chemin a 2/3 personnes qui hallucinent de voir
un touriste courir en jean sous cette chaleur a un endroit pareil.
Apres une 1/2h interminable je parviens enfin a me repérer et je réussis
a retrouver l'endroit où je suis monté en voiture. Mais malheureusement
rien du tout: aucune trace de mon portefeuille. Je remonte donc en sens
inverse le chemin parcouru en me disant que si j'ai la chance de
retrouver mon portefeuille, c'est que ma bonne étoile est toujours au
dessus de ma tête et que si quelqu'un vient a me le rendre, je me
promets a moi-même de ne pas l'engueuler si l'argent n'y est plus et que
si l'argent y est, je lui en donnerai le double en allant chercher des
sous a la tirette.
Je marche une bonne 1/2h et toujours rien. Il est déjà 15h, sachant
qu'il fait nuit a 17h et qu'il ne me reste qu'1/4L d'eau...je réfléchis
et me souviens alors que j'ai remis mon tshirt a peu prêt a l'endroit où
je le trouve et que lorsque je l'ai repris de mon sa a dos, je n'ai pas
remarqué que la poche avant était ouverte. Il n'est donc pas possible
que le portefeuille soit tombé avant ce moment la. Ce qui m'amène a la
seule conclusion qui reste: il est forcement dans la voiture du mec ou
alors quelqu'un est tombé dessus avant que je ne rebrousse chemin...dans
les 2 cas, je ne peux plus rien faire et suis baisé!!
Je me dis que peut être quelqu'un l'aurai trouvé et alors déposé a la
police. Je rebrousse chemin une nouvelle fois et je retourne au centre
ville pour voir au poste de police. J'y arrive vers 16h et après
quelques minutes de discussions, ils décident de faire venir un de leurs
officiers qui parle le français. Je lui reexplique la situation en lui
décrivant le mec et en lui disant que j'ai tout perdu et que je ne
pourrais même pas me payer une chambre pour la nuit ce soir. Je sombre
profondément dans un profond désespoir en maudissant le moment où j'ai
changé mon portefeuille de poche, ce que je ne fais jamais...quand
soudain, l'officier reçoit un appel, se lève et revient quelques
secondes plus tard en me disant: c'est bon, on a retrouvé votre
chauffeur!
J'hallucine complet...comment pourrait-il avoir retrouvé le chauffeur
avec la maigre description que je lui ai donnée. Et pourtant quelques
minutes plus tard, je vois le fameux chauffeur arrivé précipitamment
dans le bureau en me tendant mon portefeuille. Les flics l'accusent
limite de l'avoir volé et lui demandent de s'expliquer. Il dit alors
qu'il a tiré sur le frein a main a un feu rouge et que c'est là qu'il a
vu mon portefeuille sous son siège. Il a alors fait demi tour et s'est
mis a faire le tour du quartier a ma recherche pendant 2 bonnes heures
sans succès jusqu'a qu'il demande a la station de taxi s'ils ne
m'avaient pas vu et c'est là que les taximen lui ont dit que j'etais au
commissariat (j'avais précédemment demandé où se trouvait le poste de
police a la station de taxi: quelle chance!).
Je lui sers la main très chaleureusement et j'ouvre mon portefeuille et
prend tous les billets en monnaie locale qui s'y trouvaient (et oui, les
billets étaient encore là, intact!) et je les lui tend en le remerciant
et le félicitant de son honnêteté et en lui disant que l'honnêteté, ça
paie parfois (même si je ne lui ai donné "que" 300€ alors que je m'étais
dit dans ma tête précédemment 1200€ mais bon on ne se refait pas non
plus!). Le monsieur refuse une 1ere fois puis voyant que j'insiste, il
accepte avec un grand sourire en me soulignant qu'il est musulman et
qu'un musulman ne vole pas son prochain...le Saint Homme! Je ne suis pas
sur que j'aurais fait la même chose a sa place et c'est vraiment une
belle leçon que m'a donné ce personnage.
Vraiment une histoire incroyable qui restera gravée au fond de ma tete.
Apres de tels ascenseurs émotionnels, je me met en quête d'un taxi
service et après avoir attendu une bonne heure que celui-ci se remplisse
(attente qui n'a pas été longe car j'ai eu la chance de pouvoir
discuter avec un étudiant palestinien qui était dans le même taxi que
moi et qui m'a bien éclairé de son point de vue sur le conflit actuel),
j'ai pris la direction de Naplouse, la montagne de feu.
Day 3: Naplouse et le passage de frontière Je suis arrivé de nuit à
Naplouse vers 18h30...moi qui n'avais pas prévu de dormir ici, j'ai du
réviser mes plans. J'ai trouvé une auberge de jeunesse très "locale".
C'est au 1er étage d'une grande bâtisse qu'elle s'y trouve avec
d’énormes chambres de 4 lits chacune. Il semblerait que cet
établissement n'accepte que les hommes (même si j'ai finalement vu une
touriste le lendemain matin très furtivement!) et le proprio ne parle
pas un mot d'anglais. Il n'y a pas de superflu ici. Tout est très
basique et je crois que ça restera la nuitée la moins chère du voyage
soit 40 shekels, l'équivalent de 8€. Je suis parti à la recherche d'un
restaurant et impossible d'en trouver un. Les seuls indiqués dans le
Routard étaient soit fermés soit trop loin. Je me suis résolu à manger
un falafel pour la nième fois. Toutes les boutiques du souk sont
également fermées depuis bien longtemps et vu qu'il s'agit de la
principale attraction de Naplouse, j'ai remis ça au lendemain.
J'ai décidé de visiter le vieux quartier de Naplouse et son souk en mode
footing afin d'en pouvoir voir un maximum en un minimum (je l'adore
cette nouvelle maxime!) tout en gardant la forme. Je n'ai pas été mis
très à l'aise par la population qui me dévisageait comme s'il n'avait
jamais vu quelqu'un courir (peut-être la 1ere fois qu'il voit un
touriste faire un footing en plein centre de bon matin depuis bien
longtemps!). J'ai senti une certaine tension, non pas que les gens
soient agressifs ni même désagréables mais je les ai sentis
méfiants...comme s'ils étaient sur leurs gardes. Je n'avais pourtant pas
l'air d'un agent du Mossad avec mon petit short de running.
J'avais prévu d'aller à Nazareth, coté Israélien, en passant par le nord
à travers la ville de Jénine mais le taximan de la veille m'a dit qu'à
cet endroit là, la frontière n'était pas ouverte (bien qu'il y ait une
route sur ma carte) et qu'il me conseillait de passer par l'Ouest du
coté de Tul Karim. Arrivé sur place après 45' de trajet, le chauffeur me
dit que je dois prendre un taxi privé pour rejoindre la frontière. J'en
trouve un qui, après avoir longé un mur de séparation pendant quelques
kms, me dépose devant un grand hangar avec des barbelés et grillages
partout. L'endroit est super glauque et on se croirait à l'holocauste
dans un camp de concentration. Je vois un passage qui ressemble un peu à
celui que l'on peut voir dans les ranchs ou grandes fermes pour pouvoir
faire passer les animaux en rang mais personne n'y rentre. Je ne vois
que des gens en sortir. C'est le seul chemin possible pour rejoindre le
hangar et m'y engage donc. J'arrive à un passage où un gardien d'origine
éthiopienne me dit de m’arrêter et me demande où je vais et de quel
pays j'étais. Je lui ai répondu que j'allais à Haifa et étais français.
Il m'a demandé si j'avais un passeport palestinien. Je lui dit que non
vu que je suis français. Un de ses collègues sort alors de je ne sais où
avec un flashball prêt à être pointé en ma direction. Le gardien reçoit
un coup de fil puis se retourne vers moi et me demande si j'ai filmé
quelque chose avec mon téléphone que je tenais dan la main. J'avais
effectivement filmé mon approche puis le gardien quand ce dernier
m'avait posé les 1eres questions. Je lui réponds que non, que c'était
juste un téléphone. Le mec reprend son téléphone, discute 5' puis me dit
OK, c'est bon, vous pouvez rentrer...trop aimable mon brave.
J'arrive dans le hangar et je vois différentes portes portant chacun un
numéro. Je prend la dernière tout au fond de l'allée et après avoir
ouvert encore une ou 2 portes, j'arrive devant une machine à rayon X
mais personne. J'entend une voix qui me parle en hébreu. Je ne vois
pourtant personne. La personne me dit d'avancer en anglais. Il s'agit
d'une militaire qui se tient en fait derrière une épaisse vitre et qui
me parle à travers un micro...comme si j'allais la dynamiter! Elle me
dit de déposer mon sac sur le tapis roulant puis toutes mes affaires.
Elle me demande ensuite d'ouvrir mon sac et que je lui sorte la caméra
que j'ai à l’intérieur. Je lui sors la GO PRO. A priori, elle n'en avait
jamais vu une de sa vie et me demande ce que c'est. Elle m'a fait
repasser la caméra 5 fois sur le tapis roulant en me demandant de la
tourner dans tous les sens. Et à chaque passage, elle recevait des
consignes par talkie. Je m’aperçois qu'une autre policière se tient
derrière moi derrière une autre vitre blindée et également un tireur qui
me tient presque en joue au dessus de ma tête. Il y a en fait des
espèces de plateformes à 3/4m de hauteur qui quadrille tout le hangar.
La militaire m'a fait déballer tout ce que j'avais dans mon sac en me
disant à chaque fois qu'il y avait encore un objet électrique à
l’intérieur du sac. Même le moindre fil était pour elle à faire repasser
à la machine! Des locaux palestiniens ont commencé à arriver et à
agglutiner de plus en plus derrière moi faisant la queue pour passer
leurs affaires dans la machine à rayons X. Au bout d'une bonne 1/2h et
alors que les locaux commençaient à s'impatienter de manière de plus en
plus prononcée, la militaire me dit OK c'est bon, vous pouvez repacker,
vous allez ouvrir la porte N°3 en face de vous, puis vous trouverez une
autre porte, vous l'ouvrez et vous attendez les instructions. Je
m’exécute et me retrouve devant une nouvelle vitre avec une autre
militaire qui me demande de lui donner mon passeport. Elle me demande
ensuite d'ouvrir une autre porte, pus une 2ème, de déposer toutes me
affaires dans cette pièce puis de revenir ici. Je m’exécute de nouveau.
elle me dit alors que je dois ouvrir tous les petits sacs que j'ai à
l’intérieur de mon grand sac et également toutes les poches et zip de
mes sacs et revenir de nouveau ici. Je m’exécute. Elle m'a alors dit de
patienter et à baisser le rideau de sa vitre de telle sorte que je ne
puisse voir ce qu'elle faisait. J'ai attendu alors une bonne heure dans
cette pièce de 3m2 qui ressemblait presque à une cellule. J'entendais
les palestiniens s'agglutiner derrière la porte, puis certains ont
commencé à crier et à mettre des coups de pied dans les portes en se
plaignant que c'était trop long. Un autre tireur est venu se placer
entre moi et eux, toujours en hauteur sur une passerelle et armé d'un
flashball. Ca les a calmé pendant quelques minutes!
Au bout d'une heure donc, la nana rouvre le rideau et me demande de lui
donner mon téléphone puis elle referma le rideau et j'attendi encore
1/2h. La nana se repointe et me dit d'aller dans la pièce où j'avais mis
mes affaires, de repacker puis de franchir une nouvelle porte et
d'attendre les instructions. Je m’exécute et me retrouve dans une salle
avec une nouvelle machine, celle que l'on peut voir dans les aéroports
qui vous scanne de la tête aux pieds. Elle m'a fait passer dedans une
bonne dizaine de fois pour changer puis m'a dit de passer par une autre
porte où quelqu’un m'attendait pour un entretien. Effectivement, une
nouvelle militaire m'y attendait avec mon passeport et mon téléphone
dans la main plus un superviseur qui se tenait à quelques mètres et qui
écoutait notre conversation et un tireur posté sur une passerelle. Elle
m'a posé quelques questions assez basiques puis m'a demandé si j'avais
rencontré des gens pendant mon séjour en Palestine. Elle m'a demandé mon
travail et m'a demandé si j'étais journaliste. Je lui ai répondu que
non et elle m'a alors montré les vidéos sur mon iphone en me demandant
d'expliquer pourquoi j'avais filmé cet endroit. Je lui ai répondu que je
n'avais vu aucune affiche stipulant que c'était interdit et que je
filmais le endroits où j'allais quand je voyage. Elle m'a dit que je
n'avais pas à faire ça puis m'a dit que la procédure allait bientôt être
finie mais qu'à priori elle ne me laissait pas passer! Elle est partie
puis et revenue 1/4h plus tard, m'a rendu mon passeport et mon téléphone
et m'a confirmé qu'ils ne pouvaient me laisser rentrer par cette
frontière, que c'était un endroit où même les israéliens ne pouvaient
passer, que seuls les palestiniens pouvaient traverser ici et que je
devais passer par un check point routier qui se situait à quelques kms
d'ici. Je lui ai alors demandé pourquoi ils m'ont fait tout ce cinéma et
fouiller de fond en comble pour me dire que je ne pouvais pas passer!
Elle m'a alors répondu: c'est la procédure puis m'a fait raccompagner à
mon point de départ devant le hangar en me disant de prendre un taxi et
d'aller au check point nommé Jbara. J'ai rechecké mon portable et bien
sur les vidéos que j'avais prises avaient été effacées. En en discutant
par la suite avec d'autres personnes, j'ai eu pas mal de chance. Il
parait que certains ne récupèrent pas toutes leurs affaires ou
endommagées. Il y en aurait même un qui aurait récupéré son laptop avec
un trou au beau milieu...ils auraient tiré dessus avec un pistolet!
Il y avait 3 taxis "privés (ie: pas des taxi services) qui attendaient
là et après lui avoir annoncé ma destination, le 1er chauffeur me dit de
monter dans sa voiture qui contenait déjà 3 personnes. Il m'annonce un
prix de 20shekels (soit 4€). Je lui dis que c'est trop cher et lui
propose 10shekels. Le mec refuse. Le 2ème chauffeur se pointe alors et
me dit OK pour 15shekels, j'accepte et alors le 1er chauffeur me dit OK
pour 15, c'est bon, tu montes avec moi. Je lui rétorque que non, qu'il
n'avait qu'à me dire oui avant et je monte dans le taxi du 2ème
chauffeur. Le 1er chauffeur commence à empoigner le 2ème en lui gueulant
dessus. L'autre reste calme et après 5 bonnes minutes de prises de bec,
le 1er chauffeur lâcha l'affaire et je puis partir avec le 2ème qui
avait l'air bien plus sympathique et honnête que le 1er et qui surtout
parlait un anglais convenable.
Au bout de 3kms, le chauffeur me dit qu'au check point, il faut avoir
une voiture pour passer et qu'ils ne laissent pas passer de piétons. Il
me dit qu'il ne peut pas passer avec son taxi et que je devrais trouver
quelqu'un qui accepte de me faire monter dans sa voiture. On a alors
doublé une camionnette et le taximan l'a klaxonné pour qu'il s’arrête.
Le conducteur de la camionnette était un homme moitié arabe moitié
indien, gay pour sur, et après quelques minutes de discussions, il me
regarde et me dit OK je t’emmene, on passe le check point ensemble et je
te dépose à Netanya (4ème ville israélienne en nombre d'habitants à mi
chemin entre Tel-Aviv et Haifa). Je lui demande combien cela va me
couter. Il réfléchit et me dit: gratos! Trop sympas ces palestiniens. Je
remercie chaleureusement le taximan qui m'a sorti d'un beau merdier et
je monte dans la camionnette. On a passé le check point sans encombre et
ai rejoint Netanya après 3/4h de route. Le chauffeur ne parlais pas
bien anglais mais il m'a fait comprendre qu'il avait accepté de me faire
monter à cause de mes yeux. Je n'ai pas tout de suite compris s'il
parlait de la gentillesse que dégageait mon regard ou d'un critère de
beauté mais je me suis abstenu d'approfondir la question :-)
J'ai pris un bus local pour rejoindre Haifa. J'ai du changer une fois de
bus puis refaire un trajet dans le sens inverse car j'avais loupé le
bon arrêt et me suis retrouvé à mon point de chute à Haifa à 15h30, soit
7h de temps de trajet depuis Naplouse pour faire à peine 100km!
Etant arrivé vers minuit samedi soir, je suis allé faire un tour dans
les bars du coin pour voir un peu l'ambiance de Jerusalem by night. Tout
se passe dans la ville nouvelle et est a 2 pas de l'auberge de jeunesse
dans la quelle j'ai posée valise. By the way, l'auberge de jeunesse est
vraiment top, Abraham Hostel. Elle est énorme et dispose de dortoirs
plus ou moins grands de 4 a 10 et également des chambres. J'ai opté pour
une de 4. Bien sur le confort est totalement diffèrent d'une chambre en
lit double. Ici, on est en lit superposé et on se partage une seule sdb
et un wc. Néanmoins ça fonctionne pas mal et les pièces a vivre telles
que le lobby, le salon ou la salle a manger sont juste énormes et y a
toujours des baroudeurs de tous les pays qui u trainent.
Revenons a l'ambiance de la soirée a Jerusalem...beaucoup de monde dans
les rues, dans les bars aussi, pas vraiment de boites de nuit. Par
contre, les israéliens ne sont pas faciles a aborder...d'ailleurs
seulement une moitié a peine parle l'anglais.
En revanche, au petit dej au matin, je suis tombé sur 2 nanas très
sympas: l'une suissesse de zurich (pas francophone) d'origine
philippines et l'autre italienne d'origine éthiopienne. La 1ere vient de
passer 15 jours dans le désert de nevgued dans un ashram et au
surprise, celui-ci se veut d'obédience Osho (voir notre voyage a Pune en
Inde pour plus de précisions sur le personnage). L'autre est volontaire
dans un auberge de jeunesse a Nazareth et vient visiter le coin pendant
ses jours de congés.
L'auberge de jeunesse proposait un tour gratuite de la vielle ville avec
un guide local qui démarrait a 10h30. J'ai sauté sur l'occasion et me
voilà avec un groupe de 15 personnes a sillonner les ruelles de
Jerusalem. La vieille ville se décompose en 4 quartiers principaux selon
les religions de chacun. Il y a le quartier musulman, le plus grand, le
quartier juif dont les immeubles sont tout neufs dus au fait que le
quartier avait entièrement été rasé en 1948 par la légion arabe, le
quartier chrétien qui contient notamment le Saint Sépulcre et enfin le
quartier Armenien le plus vieux de tous.
Je ne compte pas les ethnies minoritaires telles les chrétiens éthiopiens ou les coptes par exemple.
Et tout ce petit monde habite dans la même enceinte. En effet, Jerusalem
est entouré de remparts sur lesquels on a d'ailleurs une vue imprenable
sur Jerusalem et ses toits et sur le mont Olivier, a l'extérieur de la
vieille ville et qui semble regarder avec béatitude tout ce beau monde.
Ici, chaque cm compte et il n'y a pas de places perdues même si on a
l'impression au premier abord d'une cacophonie désorganisée. On passe du
quartier chrétien a celui musulman en une seconde sans même vraiment
s'en rendre compte. On se balade dans les zouks, sur les toits, il y a
des escaliers un peu partout...et pourtant les tracteurs arrivent quand
meme a les emprunter.
Les 3 principaux monuments religieux sont:
- le Saint Sépulcre, soit l'endroit où a été enterré le Christ avant que
ce dernier ne ressuscite et monte au ciel. Il s'agit de l'endroit le
plus sacré pour les chrétiens.
- le mur des lamentations, qui sont en fait les fondations du temple de
Salomon aujourd'hui détruit. C'est le Saint des Saint pour les juifs car
c'est ici que Dieu est apparu a Abraham. Le mur est appelé ainsi car le
matin avec la rosée, on dit que ce sont les pleures du peuple juif.
- Dome of the Roc, le 3eme lieu le plus sacré du monde musulman après la
Mecque et Médine. C'est ici que le prophète Mahomet est monté au ciel.
Je suis allé faire un tour dans la Citadelle. Construite au départ par
les croisées, elle a été conquise par Saladin qui y a même fait
construire un minaret a l'une des extrémités. Le jardin a l'intérieur de
l'enceinte est splendide et la vue des tours imprenable sur toute la
vieille ville.
J'ai continué la visite moyenâgeuse en me baladant le long des remparts
jusqu'a l'église de la Dormition et celle du Saint Sauveur (une erreur
s'est glissée dans les sous-titres de la video a cet endroit là...les
puristes me pardonneront!).
Rentré a l'auberge de jeunesse pour fêter Hanouka, la fête des lumières
juives. On allume une bougie chaque jour sur un chandelier pouvant en
contenir 8 pendant 8 jours donc afin de commémorer une victoire juive en
-165 avant JC qui leurs permirent de reconquérir Jerusalem. Une lampe a
huile d'olives avait tenu 8jours alors que théoriquement elle n'aurait
du se tenir allumée qu'un seul jour. Ils ont essayé de nous faire
chanter en hébreu mais même avec la traduction phonétique sous les yeux,
c'est super dur!
Day 2: Dôme of the Roc, Mont des Oliviers et le musée de la Shoah
Ce matin, je suis repassé dans la vieille ville tot pour pouvoir visiter
le site du Dome of the Roc qui ne peut être faite que le matin en
dehors des heures de prière
des musulmans. Le site est splendide et très vaste. Il y a une énorme
mosquée et surtout le mausolée de Mohamet avec son dôme doré. C'est ici
que Mahomet est monté au ciel. On y jouit d'une très jolie vue sur le
Mont des Oliviers, situé juste a l'extérieur des remparts de la vieille
ville et ma prochaine étape.
Il a fallu traverser la porte des lions pour sortir mais malheureusement
une alerte au colis piégé m'a obligé a prendre mon mal en patience
pendant une bonne 1/2h. J'ai pu voir le robot qu'ils utilisait pour le
déminage: impressionnant. On se croirait dans Transformers!
La balade au Mont des Oliviers est spéciale pour autre chose que sa
magnifique vue qui surplombe toute la vieille ville. Lors de
l'ascension, on passe par de nombreux sites historiques. Tout d'abord la
basilique Gethsemani et son jardin aux Oliviers bi-millénaires qui
auraient été témoins de la trahison de Juda envers Jesus.
Ensuite, le tombeau de la Vierge Marie au fond d'un sous sol où des
prêtres orthodoxes étaient en train de pousser la chansonnette. Puis le
cimetière juif, le couvent De Marie Madeleine et l'église du Notre Père
au sommet où le Notre Père est apposé sur des tableaux traduits en plus
d'une centaine de langues et dialectes de tout horizon.
Je suis allé ensuite a l'autre bout de la nouvelle ville pour visiter
Yad VaShem, le musée dédié a la Shoah, le massacre des juifs pendant la
seconde guerre mondiale. La visite du musée m'a vraiment passionné et
beaucoup touché: j'y suis resté près de 4h! A la fin du musée, on passe
devant le Dôme des Noms où les concepteurs du musée essaie de rassembler
l'ensemble des noms de tous les juifs morts lors de l'holocauste ainsi
que des témoignages de la famille proche afin de restaurer l'honneur de
ces disparus. On peut voir que les étagères sont remplies de milliers de
classeurs et qu'il y a encore malheureusement beaucoup de places pour
les noms manquants.
Je suis allé me terminer au musée Israël mais pas de chance, a l'entrée
de ce dernier, je me suis aperçu que j'avais oublié mon sac a la
consigne du précèdent musée. Le temps de faire l'aller/retour et le
musée Israël ferma ses portes. Il faut dire que les visites terminent
tôt ici: a 17h tout est plié!
L'auberge de jeunesse organisait un concert live d'un groupe local et
j'y ai retrouvé "Z", la fameuse suissesse qui avait passé 15jours dans
le désert a danser et méditer au rythme des sons d'Osho. Une fille
vraiment spéciale au parcours plus qu'atypique.
Demain, je quitte Jerusalem pour une incursion en Palestine et voir comment les choses se passent de l'autre coté du mur!
Ce matin, j'ai pris le bus vers 10am en direction de Taba la dernière
ville égyptienne avant la frontière avec Israel. Le passage a la
frontière s'est fait sans encombre et j'ai pu demander a ce qu'ils me
mettent le tampon du visa israélien sur une feuille volante pour éviter
tout problème si jamais je devais aller dans un pays arabe par la suite.
Arrivé a Eilat en plein Sabbat un vendredi après midi, ça fait bizarre.
C'est comme débarqué chez nous un dimanche matin vers 8/9h du matin sauf
que là, ça commence vendredi après midi et l'activité ne reprend que le
samedi après midi. Pas de bus le vendredi pour Masada et le prochain
est annoncé a 16h le lendemain mais impossible d'acheter les billets car
la gare est fermée. Il faut attendre le lendemain 11h l'ouverture du
guichet. Quand je m'y suis pointé le lendemain, plus de place sans le
bus de 16h. Il restait juste quelques places dans celui de 19h pour
Jerusalem. Impossible donc de s'arrêter a Masada.
Je me suis trouvé une auberge de jeunesse fort sympathique pour la nuit
mais ai tout de même opté pour une chambre privée histoire de reprendre
doucement la vie en "solitaire".
J'ai profité de l'apres midi pour me balader sur la croisette du bord de
mer. C'est bondé de touristes russes grisonnant ici. Pas vraiment ma
tasse de thé. Je suis allé admirer la pointe du golfe d'Aquaba du bout
d'un ponton où l'on pouvait voir Aquaba et la Jordanie a quelques
centaines de mètres séparés par un triple mur servant de frontière
terrestre, puis Eilat et ses énormes hôtels de luxe tels le Hilton ou le
Herode, puis au fond on distinguait la frontière que j'avais traversée
la veille et l'Egypte avec la ville balnéaire de Taba.
Le temps de faire un peu de shopping dans les nombreux malls implantés
un peu partout et me voila déjà partie en direction de la ville sainte
centre de tous les conflits: Jerusalem que je vais atteindre vers
23h/minuit.
Je suis arrivé de nuit a Dahab après 1h30 de
bus de Sharm. J'ai fait ma 1ere nuit au Coralia Club, un assez gros
complexe situé au bord du lagon de Dahab, dans la partie un peu chic du
coin. Quasi que des russes comme clientèle et en formule demi pension.
J'avais choisi cet endroit pour être proche des centres de kite mais
malheureusement le lendemain, ils m'ont tous annoncé une pénurie de vent
sur les prochains jours: damn!
Le
site est joli et bien tenu mais un peu trop famille a mon gout. Apres
un petit footing le long du lagon, j'ai pris mes affaires et ai filé
direction le centre ville pour rejoindre un dive master que m'avait
conseillé un mec de Planet divers, lors de notre plongée au
Thistlegorm.
Le
dive master est un bédouin répondait au nom de Salem et des que je suis
arrivé m'a proposé de faire l'Arche du Blue Hole de suite sans même me
demander le moindre papier n'y me faire signer quelconque papier
d'assurance. Je lui ai dit que je préférais qu'on se connaisse avant et
qu'on plonge une ou 2 fois avant de faire l'Arche. Pour les néophytes,
le "Blue Hole" est la 2eme raison de notre venue ici après l'épave du
Thistlegorm...une certaine personne (que je ne nommerais pas ici!) nous
en a parlé en début de voyage et apres s'être renseigné, j'ai tout de
suite voulu la faire. Il s'agit d'une plongée très difficile et profonde
surnommée le "cimetière des plongeurs" pour les nombreux morts qui ont
tenté de la faire et ne sont jamais remontés a la surface. Mais j'en
parlerai plus en détail au jour 2.
Inutile de
prendre un quelconque bateau ici, les plongées démarrent toutes du
rivage après avoir fait quelques kms dans le désert. Le paysage est de
toute beauté et il n'est pas rare de croiser des chameaux. En effet, les
bédouins proposent des "camel diving": vous partez a dos de chameaux de
Dahab avec tout le matos necessaire et après 1h de chameau, vous
démarrez votre plongée tranquillou bilou.
Nous
avons donc commencé par une 1ere plongée "un peu" technique a plus de
50m de fond: le Canyon. Il s'agit d'une faille de quelques mètres a
peine qui serpente au fond de l'eau. On y rentre a -18m pour y ressortir
a -50m. C'est une plongée qu'on n'est pas censé faire non plus avec ce
genre d'équipement (ie: des bouteilles "normales" remplies d'air a 21%
d'oxygène) car par la profondeur, on est sous l'emprise du nitrogène et
on a forcement l'effet de l'ivresse des profondeurs. On l'avait déjà
ressenti avec Elsa en Colombie lorsqu'on avait fait une plongée profonde
a Providencia où l'on avait atteint les 50m et on avait voulu aller
tous les 2 encore plus profond sous l'emprise de l'azote.
On
a donc parcouru ce canyon et on a débouché a 51,7m a la sortie. J'etais
un peu sous l'emprise de la narco et on a fêté ça dignement! On est
ensuite remonté par le dessus de la faille pendant un temps puis on est
retourné dans le canyon pour le remonter a l'envers. C'est un site de
plongée assez connu mais tous les autres plongeurs s'arrêtent
normalement a 30m et font demi-tour, a moins d'être en double tank et/ou
d'avoir des mélanges un peu plus poussé dans les bouteilles, notamment
du Trimix.
On s'est reposé sous une tente bedouin
et j'ai croisé le même groupe de polonais qu'on avait rencontré l'avant
veille lors de la croisière sur l'épave du Thristlegorm. J'avais parlé
avec un de leurs dive master de mon désir de faire l'arche et il m'avait
répondu que c'était de la folie et que s'il voyait la moindre personne
tenter la descente sans l'équipement requis, il la balançait aux
autorités de suite. J'ai du faire profil bas et bien baisser la tête
pour pas qu'il ne me reconnaisse!
On est ensuite
parti sur le site du Blue Hole faire la plongée la plus commune dans le
coin: Bells. Avant de commencer, on passe devant toutes les plaques
commémoratives des nombreux morts qu'il y a eu sur le site (on en
dénombre une centaine depuis les années 60), histoire de vous mettre
dans l'ambiance. Pour cette plongée, on démarre de suite dans le grand
bleu avec un tombant de 700m de fond: c'est l'endroit où débouche
l'Arche. The
Bell se situe au nord du Blue Hole. Il s'agit d'une cheminée, se
trouvant a 5m du rivage, et descendant a -30m. A -28m se trouve une
petite arche sous laquelle on passe et on se retrouve directement dans
le grand bleu. -700m en dessous, 30m au dessus, et uniquement un mur
vertical servant de repère visuel. Ensuite, on a longé le mur, jusqu'à
l'accès supérieur du Blue Hole , a -8m. On a été suivi et littéralement
pris a partit par des rémoras. Il s'agit des petits poissons qui se
mettent souvent sur le dos des requins. Ils nous collaient au dessus de
nos têtes et venaient nous pincer les oreilles les gueux!
On
s'est ensuite baladé autour du blue hole et on es tombé sur des free
divers (plongée en apnée). Assez impressionnant de les voir descendre
comme ça sans aucun autre équipement que le souffle qu'ils prennent
avant de plonger.
A
la remontée, on est tombé sur un autre groupe de balezes qui est allé a
-90m de fond. Equipés de double tank trimix et avec en plus un scooter
chacun (sorte d'hélice rattachée a un tank et propulsée par ce dernier).
La classe! Un truc que je voulais essayer depuis longtemps déjà et qui
comporte certains dangers: en effet, il ne faut pas s'amuser a faire
l'ascenseur avec le scooter sinon ce sont vos poumons qui éclatent en
moins de 2!
Y a du niveau ici mais pas question de reculer: le Blue Hole, ce sera sur le CV dès demain!
Le
soir, Salem m'a fait visiter son chantier. Car, en plus d'être un dive
master, monsieur est un business man en devenir. Il a déjà 9 maisons
qu'il loue aux touristes et est en train de rajouter un étage a sa
propre maison pour le louer. A Dahab, on ne peut dépasser les 2 étages
sauf si la construction est en bas...et il se trouve qu'il connait de
très bons charpentiers ;-)
On
est allé boire un thé et diner ensemble au bord de la mer mais pas une
demi goutte d'alcool: pas question de faire d'excès avant le grand jour
de demain. Salem veut qu'on commence très tôt pour que personne ne nous
voit et qu'on ne se fasse pas choper par les autorités. RDV est pris a
6am devant chez lui. Je me suis dégoté une chambre dans un hôtel fort
sympathique juste en face de chez lui a 20€ la nuit: depuis que je suis
seul, je roule a l'économie ;-)
Day 2: The Arch of the Blue Hole and Islands Un peu de pression ce matin lors du packtage de l'équipement...il ne va pas falloir que je me loupe. Salem me demande de monter le BCD sur la bouteille de son centre de plongée avant de partir sur le site alors qu'on ne fait jamais ça d'habitude. Il me dit que c'est pour éviter qu'on nous voit trop longtemps a l'approche du site: ça met tout de suite dans l'ambiance! En plus, il prépare le tank de sécurité un peu a la hussarde. On va plonger avec seulement une simple bouteille chacun et il se confectionne une lanière a la va vite pour se mettre une autre bouteille de sécurité qu'il va porter en travers de la poitrine. J'ai conscience d'être sous pression et je sais qu'un tel état va me faire consommer plus d'air sous l'eau et ça m'angoisse encore un peu plus. Bref, arrivés sur place a 6:45, il y a déjà 2 groupes de plongeurs mais qui vont partir sur le site de Bells. On va être seul de chez seul et ce n'est pas fait pour me rassurer plus. Je suis obligé de poser des questions a Salem sur comment ça va se passer arrivé au niveau de l'arche, le temps de traverser de celle-ci et comment on gère la remontée car il ne fait aucun briefing et sans question, on serait parti comme ça sans d'autres commentaires. Il n'y a bien sur rien de pire pour un plongeur car si les choses ne sont pas claires, ça vous trotte dans la tête sous l'eau et peut vous faire paniquer...et dans tous les cas, ça vous fait consommer plus d'air. En plus pendant le trajet, il m'a tout de même sorti qu'il avait fait le Blue Hole 6 ou 7 fois. Je n'ai pas bronché sur le coup mais je le suis dit dans ma tête: 6/7 fois, ce n'est pas beaucoup ça...j'espère qu'il sait ce qu'il fait! Et dire qu'il m'avait proposé la veille de faire direct l'Arche sans même que l'on se soit vu mutuellement plonger ensemble: j'aurais eu un coup de flip encore plus énorme alors que là, je sais tout de même a peu près a quoi m'attendre. Bref, 3 coups de palmes pour se mettre au dessus du site et c'est parti plein gaz pour la descente. Il m'a donné une nouvelle technique bien utile pour décompresser le masque sans avoir besoin d'utiliser ses bras: des que la pression est trop importante, il suffit de souffler par le nez et ca relâche la pression. C'est la 1ere fois que je fais une telle descente a la verticale aussi longue et c'est incroyable a quel point ça va vite. Y a même un terme pour ça en plongée: le "free fall". C'est une super sensation et je me croirais retourner sur un de mes sauts en parachute en pleine chute libre. J'ai l'impression de tomber le long d'un immeuble et de voir les étages défiler devant moi a toute allure. Ca s'accélère, encore, et encore. Je n'arrête pas de regarder mon altimètre pour checker la profondeur: -18m, -25m, -34m, -40m. J'essaie de mettre de l'air dans mon bcd pour ralentir la chute. Ca ne marche pas. Il faut normalement du matos spécial pour aller a ce genre de profondeur et je me dis que peut être ce bcd n'est pas fait pour ça. J'insiste et j'entend l'air qui rentre enfin...mais ça ne frêne toujours pas! J'envoie encore et toujours rien! Je regarde Salem qui est lui aussi en train d'inflater a fond. J'appuie encore plus franchement sur ce xxx de bouton et ça commence enfin a freiner. On est a -50m et je commence a apercevoir un arc de cercle avec du bleu plus clair en dessous: ça y est, on y est, c'est la fameuse arche! J'ai du mal a en croire mes yeux...il fait tout noir en dessous mais l'arche a l'air d'être éclairée et ca lui donne une magnifique allure. Je jette un oeil au dessus de moi pour admirer le blue hole: c'est beau. Je suis en plein extase sans vraiment m'en rendre compte. J'essaie de revenir les "pieds sur terre" (j'aurais pu écrire les pieds dans les palmes!) et je cherche le regard de Salem pour voir ce qu'on fait. Je regarde devant, autour de moi: personne! Je regarde en dessous, puis au dessus: toujours personne! C'est un peu la panique dans ma tete...je ne comprends pas ce qui se passe et je ne sais plus quoi faire. Comment il a pu disparaitre a ce point alors que je ne l'ai quitté des yeux qu'une demi seconde? En fait, il ne s'agissait pas d'une 1/2 seconde mais de 20 bonnes grosses secondes pendant lesquelles j'etais sous l'emprise de la narco et je n'ai pas vu le temps passé. J'ai merdé et je m'en veux...j'essaie de me calmer. J'hésite a remonter et puis je me dis: merde, j'y suis, je ne vais pas remonter comme un naze. Je vais aller voir plus profond dans le noir et me rapprocher de l'Arche. Quelques secondes plus tard, bingo, je l'aperçois qui s'agite a me faire des signes avec sa lampe torche. Il est à près de 6m au dessous de moi et ça parait super loin. Je me demande encore comment il peut être aussi loin. Je le rejoins et on entame l'approche de l'arche. J'essaie de me concentrer, de ne pas trop consommer sur mon palmage et de garder une respiration la plus "reposante" possible. Une des grosses erreurs que l'on peut faire a ce niveau, c'est de ne pas faire attention a son rythme de respiration et de voir sa respiration s'emballer sans qu'on s'en aperçoive. Il faut savoir qu'a ce niveau de profondeur, ça va très très vite. A -20m, vous consommez 2 fois plus qu'a la surface. A -60m, vous consommez 6 fois plus. Vous imaginez 10 respirations rapides et vous avez presque vidé la moitié de votre bouteille! On s'approche encore de l'arche puis je m'aperçois que finalement ca s'ouvre sur un plus grand espace...je ne comprend plus rien. Je me retourne et je ne vois que du noir. L'Arche a totalement disparu. Je regarde Salem les yeux ebahis...je ne comprend pas ce qui se passe. Je regarde mon ordinateur qui indique qu'on est a -55m et qu'on a été au plus profond a -57,7m. Je realise alors qu'on a finit la traversée de l'arche! Incroyable: je ne m'en suis meme pas rendu compte. He pensais qu'on s'approchais de l'entrée alors qu'en fait on était déjà en train de la traverser. C'est vraiment l'ivresse des profondeurs qui me joue des tours sur mon cerveau reptilien! Salem me fait signe pour qu'on entame la remontée. Il a son ordinateur qui fait bip bip depuis la fin de la descente déjà. Bizarre d'ailleurs, parce que le mien n'émet aucun signal d'alarme (il m'avouera par la suite que l'ordinateur qu'il m'a donné ne fonctionnait pas correctement et qu'il ne servait que d'altimètre: l'enfoiré!). Je suis un peu déçu sur le coup. J'ai l'impression que c'est allé trop vite, qu'on m'a spolié la traversée vu que je ne me suis même pas rendu compte de l'avoir faite. Je checke mon niveau d'air: je suis a 140 bars. Je pourrais rester encore 10 bonnes minutes avant de remonter penard mais je sais qu'il faut partir et je me résout a filer. En fait, Salem voulait absolument éviter de devoir faire un pallier de décompression car alors on n'aurait pas assez d'oxygène. En effet, si on était resté plus longtemps, il aurait fallu faire un 1er palier de décompression de 10/15 minutes a -40m et un autre de la même durée a -20m: injouable avec un seul tank et même avec 2. Je regarde le grand bleu qu'on a sous les palmes. On a un tombant de 700m en dessous et c'est vrai que ça fait bizarre d'être ici...on a l'impression d'être dans le vide et qu'en dessous, c'est l'infini...un peu comme dans l'espace j'imagine (j'en parlerai plus longuement fin décembre!). On entame la remontée tranquillement et voilà, c'est fait: l'arche du Blue Hole de Dahab, le cimetière des plongeurs, est sur mon tableau de chasse...la classe! J'ai vraiment adoré les sensations et notamment celle de free fall et je me dis que je la referai bien une 2eme fois avant de partir...histoire de vraiment sentir la traversée. En tout cas, j'ai compris pourquoi cette plongée était si dangereuse. L'arche fait en réalité plus de 40 mètres de haut (de-50m a -90m) et il est très facile de s'y perdre vu a quel point c'est noir la dedans. Surtout quand on descend a toute vitesse comme on l'a fait. On m'a par la suite expliqué qu'en fait l'arche est en biais par rapport a la paroi ce qui fait que la traversée est beaucoup plus courte si vous la prenez par la gauche que par la droite. Bref, heureux de l'avoir fait ;-)
Je me suis un peu reposé a l'hotel le temps de prendre mon petit dej et j'ai enchainé (mon expression favorite!) ave une 2eme plongée sur le site "Islands". Je ne voulais pas attendre trop longtemps car ce soir, j'ai egalement mis au menu une petite ascension a 2200m d'altitude et je suis censé attendre que l'azote dégage de mes tissus avant de pouvoir monter en altitude. L'ordinateur indiquait 15h d'attente avant d'entamer la 2eme plongée en sachant qu'il était 10am et que l'ascension etait prévue a minuit...jusqu'ici, ça va. Je suis dans les clous.
Le site de plongée n'est pas très profond et on descend, encore une fois, par une petite faille que l'on longe jusqu'a déboucher sur un jardin corallien assez jolie avec plein de drôles de formes un peu partout. On a du nager près de 15' a contre courant ce qui n'est vraiment pas très agréable et jetais content de finir la plongée avec plus d'oxygène dans ma bouteille que le dive master...ça n'arrive pas si souvent ;-)
Je suis allé me renseigner pour une
initiation au free diving et de la plongée TEC. J'ai trouvé une super
française, Aurelie avec qui je ferais la plongée en apnée après demain.
Concernant la plongée TEC (ie: plongée profonde), je suis allé voir
Planet Divers et suis tombé sur le manager du dive center, qui
s'occupait de suivre les enquêtes des qu'il y avait un accident qui se
passait au Blue Hole (notamment pour aller rechercher les cadavres quand
il y avait eu un grave accident!). Il m'a expliqué que lors de ma
descente au Blue Hole, j'aurais pu faire une syncope (black hole) parce
que j'etais descendu trop vite et que si ça avait été le cas,
généralement les dive masters locaux préféraient se barrer et vous
laisser en plan plutôt que vous porter secours afin qu'ils ne soient pas
attrapés par les autorités...ça calme!
J'etais decidé pour passer 5 jours de formation ave eux afin de passer
les niveaux necessaires pour plonger en NITROX a -60m mais
malheureusement, eux n'etaient disponibles que dans 3 jours car ils
avaient une tentative de record du monde de la plus profonde plongée en
bouteille prévue pendant ces prochains jours et cela immobilisait tous
leurs instructeurs. Pas etonnant quand on sait que le record actuel est a
318m détenu par un de leur dive master.
J'ai passé le reste de la journée sur le transat d'un très bon resto où il passait d'excellentes musiques groove (dont de nombreuses que j'ai ajouté sur les vidéos que vous regardez!) en compagnie de la mascotte du coin qui a carrément son transat attitré ici.
Le depart pour l'excursion ce soir est a 23h direction le désert du Sinaï pour l'ascension du Mont Moïse. lien vers la vidéo Dahab Day 2 Day 4: le Sinaï, l'ascension du Mont Moïse et le monastère Sainte Catherine , kitesurf & VTT J'ai
intégré un tour d'une dizaine de personnes pour faire une incursion
dans le Sinaï avec une ascension de nuit prévue au Mont Moïse, la
célèbre montagne que Dieu demanda a Moïse de gravir avant de ne lui
dicter les tables de la loi en son sommet. On est parti a 23h de Dahab et avons atteint le pied du site vers 00h30.
L'ascension a été extrêmement pénible. Non seulement jetais déjà assez
fatigué par manque de sommeil et par la plongée éprouvante du Blue Hole,
mais en plus je n'avais pas assez de vêtements chauds, ce qui fait que,
coupler au fait que notre guide bédouin prenait un malin plaisir a nous
torturer en faisant une pause a chaque nouvelle tente bédouin que l'on
rencontrait pour essayer de nous faire consommer un maximum. Le truc
était que si on s'arrête toutes les 10', on a peine le temps d'avoir le
corps qui se chauffe qu'il fallait déjà s'arrêter pour une nouvelle
pause. Pneumonie garantie. Au 3/4 du chemin, alors que j'avais déjà bien
entamé mes réserves, j'ai décidé de continuer seul lorsqu'ils se sont
arrêtés pour une nième pause. Je suis arrivé au dernier campement avant
le sommet a 3h30 soit 3 heures de montée. J'ai loué une
couverture bédouine pour la nuit et ai pu dormir 2 bonnes heures
réparatrices avant d'etre réveillé par un groupe de chrétiens orthodoxes
dont l'un tenait une grosse croix entre ses 2 mains qu'il n'a pas lâché
de tout le temps où je l'ai vu. J'ai terminé l'ascension et ai
attendu une bonne 1/2h dans un vent glacial (il devait bien faire près
des 0°c au sommet a une altitude de 2200m). J'ai eu la "chance" de
pouvoir compter sur un autre groupe de russes orthodoxes qui m'on
réchauffé les oreilles grâce a leurs magnifiques chants bibliques.
Mention spéciale au leader de leur groupe: un jeune prêtre qui aurait pu
être animateur de question pour un champion sans aucun problème, s'il
arrive a corriger le bug qui lui arrivent de temps en temps et le font
dérailler. On attendait tous le lever de soleil mais le ciel était
assez couvert et ça n'a pas été grandiose. Ca valait le coup surtout
pour l'ambiance qui régnait ici. J'ai pu observer un autre groupe, de
kenyans cette fois chantait plus gaiement. Ils étaient très drôles avec
leurs bonnets d'hiver enfoncés sur la tête. A peine 1/2 pour
apprécier ce spectacle puis il a fallu entamer la descente qui s'est
avérée bien plus sympathique que la montée car on pouvait alors
bénéficier des magnifiques paysages que sont ces montagnes escarpées
ocres et jaunes. A l'arrivée, on débouche sur la 2eme attraction de
la région: le fameux monastère Sainte Catherine, le plus ancien de l'ere
chrétienne ayant eu une activité ininterrompue depuis le IVs. Il a été
construit a l'emplacement même où s'est passée la scène du buisson
ardent, quand Dieu s'est adressé a Moise a travers les flammes du
buisson. Impossible de prendre de photos dans ce sanctuaire de l'église
chrétienne orthodoxe mais je me suis rattrapé en allant voir la salle
aux trésors où sont notamment présentés de très vieux livres dont le
plus ancien est la toute première traduction de l'Evangile datant du
IVs. De
retour a Dahab vers 13h, il y avait du vent et je suis donc parti sur
le lagon pour réessayer mes bases de kite. Il. Avait de nombreux
débutants sur le spot et le vent n'était pas très fort. J'aurais eu
besoin d'une 15m2 pour être a l'aise mais ils n'avaient que du 12m2. Ils
m'ont conseillé d'aller sur un autre spot situé encore plus loin de
Dahab, a l'hôtel Mercure. J'ai pris un taxi pour aller la-bas non sans y
avoir précédemment embarqué un VTT que m'avait gracieusement prêté
Salem pour la journée. L'hôtel est tout récent et très vaste. Il faut 10
bonnes minutes pour le traverser a pied et aller du lobby a la plage!
Arrivé sur le centre de kite, il n'y a personne. Juste un kite posé sur
le sable que venait d'utiliser le gérant du centre, un anglais fort
sympathique. J'ai essayé de naviguer avec son kite mais c'était un 13m2,
soit limite dans ces conditions. J'ai reussi a partir une fois mais
j'ai tout de suite derivé et ai fait tomber le kite dans l'eau. Apres
impossible de le relever: le vent etait parti. J'ai donc laissé tomber
après un piètre combat de 20'. Pour
me finir, je me suis tapé les 10km qui séparent le spot du centre de
Dahab avec un vélo un peu pourri et de bonnes cotes. La nuit qui a suivi
a été longue et profonde... lien vers la vidéo Dahab Day 3 Day 4: Free Diving
Aujourd'hui je me suis prévu une initiation a la plongée en apnée avec
une charmante française répondant au nom de Lili. C'est une baroudeuse
qui a voyagé un peu partout et qui essaie de vivre de ses passions. Elle
est photographe et faisait pas mal de parapente avant de passer a la
plongée en apnée qu'elle pratique de manière intensive depuis 2ans. Elle
est arrivée il y a seulement 2 mois a Dahab et commence a peine a
installer sa nouvelle activité ici. Son objectif serait de battre le
record de France de plongée en poids constant avec palme qui semble être
a sa portée. Son site internet pour ceux qui voudraient avoir un peu plus d'infos ou voir ce qu'elle fait: http://3elementsphoto.com
Cel fait longtemps que je voulais essayer ce sport. J'ai toujours aimé
plonger quand on fait du snorkeling et je me sens bien plus a l'aise
quand je plonge sans bouteille qu'avec. Les sensations sont bien plus
différentes qu'on pourrait le penser. Je me sens plus libre, avec cette
impression de voler dans les airs ou d'être en apesanteur dans l'espace
alors qu'en plongée bouteille, il y a tout le matos qui vous ralentit et
ne vous permet pas de faire tout et n'importe quoi sous l'eau.
Bref, l'initiation s'est passée en 2 phases: une première théorique où
elle m'a expliqué comment ca fonctionnait et notamment comment le corps
réagissait quand on plongeait, et une seconde pratique dans l'eau.
J'ai essayé de mettre des explications dans la video en sous-titres afin que vous ayez les 2 en même temps.
Il y a de nombreuses disciplines en free diving dont les principales
sont la plongée en poids constant (ie: le poids reste le même a la
descente et a la remontée) qui se divise en 2, la descente avec palmes
et l'immersion libre où vous descendez a l'aide d'un câble a la force
des bras. L'autre variante est la plongée en poids variable, où vous
descendez avec un poids plus important (le plus souvent a l'aide d'une
gueuse qui peut peser entre 5 et 30kg) que lorsque vous remontez.
On a fait nos 1ers tests a 18m pour commencer et je me suis vraiment
senti a l'aise. Lili m'a appris une technique de relaxation qu'il faut
faire pendant environ 3' avant chaque immersion et qui permet de vous
relaxer et de pouvoir rester bien plus longtemps sous l'eau. Le fait de
descendre profond vous fait accélérer le rythme sanguin (la vitesse a
laquelle l'oxygène circule dans le sang) et a l'inverse de ce que l'on
pourrait penser, cela vous amène un afflux d'oxygène dans les tissus ce
qui fait qu'on ne se sent pas du tout en manque quand on arrive au fond,
bien au contraire. Mais il faut savoir que le phénomène inverse se
passe a la remontée et plus on remonte plus ça s'empire. Le passage le
plus délicat est au 7/10m où la demande en oxygène est au maximum alors
que c'est là où l'on en a le moins. Les risques les plus grands se
situent également dans cette zone où le manque d'oxygène peut faire que
votre cerveau vous mette en syncope. C'est la raison pour laquelle il ne
faut jamais faire d'apnée seul mais toujours en binôme.
Voyant que ça se passait bien, on est rapidement allé au point d'ancrage a -30m et on a même finit au -40m.
Apres près de 3h dans l'eau, on a finit par une descente en poids variable avec les 7kg lestés a la bouée.
Une discipline incroyable que je recommande chaudement et pour sur que j'y retournerai pour approfondir la chose.
Mais le temps est a autre chose: je quitte l'Egypte demain pour démarrer
la dernière étape de ce 2eme tour: Israel/Palestine que je vais
rejoindre par la frontière terrestre. lien vers la vidéo Dahab Day 4
On
avons commencé par un magnifique survol du désert du Sinaï suivi par
une arrivée au dessus de Sharm, un peu plus construite que ce premier! Ici
c'est tout pour le tourisme et surtout le tourisme de masse. On a eu le
droit a des wagons de russes ou polonais et quand vous les voyez
débarquer en snorkeling là où vous êtes en train de plonger, ça fait du
bruit. Parce que la raison principale de notre venue ici était bien
sur la plongée en mer rouge, qu'on avait d'ailleurs déjà pu apprécier
par le passé en ayant gouté l'eau d'Aquaba en Jordanie, mais plus
précisément un endroit bien précis que nous avait conseillé notre chère
dive master hôtelière italienne de Roatan: il s'agit de l'épave du
Thistegorm, classée tout simplement comme la plus belle épave du monde,
mais nous y reviendrons plus tard. Nous avons choisi de nous poser
dans le quartier plutôt tranquille de Shark's Bay, loin de l'agitation,
et nous nous sommes trouvés une jolie chambre qui surplombe toute la
baie. On a commencé par une petite plongée facile mais obligatoire,
le check dive, pour que ces personnes du centre de plongées voient
comment on se débrouille sous l'eau! On a démarré du rivage du dive
center et on avait une visibilité comme rarement rencontrée
précédemment. Par contre au niveau poisson, hormis les petits, y a pas
grand chose a se mettre sous la dent...a peine une murène ou 2 et une
raie tachetée. A priori c'est pas la saison pour voir du gros ici! lien vers la vidéo Sharm day 1
Day 2: epave de Thistlegorm et Parc de Ras Mohamed Le lendemain, on est parti a 5h30 de l'hôtel pour rejoindre donc cette fameuse épave: elle se situe tout de même a 4h en
bateau de Sharm dans le golfe de Suez! On nous a tout d'abord emmené en
minibus jusqu'au port principal où le bateau de plongée nous attendait.
Plutôt un gros pouvant contenir une bonne trentaine de divers et
pourtant il faisait rikiki par rapport aux mastodontes qu'il y avait
juste a cote dont notamment un qui avait même un terrain de basket sur
son pont supérieur! Sur le bateau, on était 4 plongeurs de notre
centre et notre dive master plus 3 autres plongeurs lorsqu'un dernier
groupe nous a rejoint du célèbre centre de plongée "Planet Divers".
Célèbre parce qu'ils ont de nombreux records a leur actif comme par
exemple la plongée en bouteille la plus profonde jamais réalisée a 318m!
Le groupe en question était composé d'une bonne vingtaine de plongeurs
polonais, plutôt cool mais ça a tout de suite fait plus de monde dans
l'eau.
On
a decouvert cette epave sur 2 plongées a la suite: la 1ere où l'on a
fait le tour de celle-ci sans rentrer a l'interieur. Il s'agit d'un
cargo de l'armée anglaise qui a été bombardée ici en 1941 alors qu'il
transportait une importante cargaison de matériels de guerre. On a ainsi
trouvé sous l'eau des batteries de munitions, des tanks, des canons et
même des camions transportant des motos. Sur le cote de l'épave il y
avait également un wagon que devait transporter ce bateau.
La
2eme plongée, la plus intéressante a nos yeux, s'est faite a
l'intérieur même du bateau où l'on visite les différents ponts et les
moindres recoins. On avait l'impression parfois de ne pas être dans
l'eau, notamment a posteriori quand on voit les vidéos où on est muni de
notre lampe torche dans des endroits très sombres mais des qu'on tourne
l'objectif vers le bleu ou un banc de poissons qui trainaient par là,
on est tout de suite replongé dans le contexte et la magie des lieux.
La
carte mémoire de notre go pro a malheureusement été pleine au beau
milieu de la 2eme plongée pendant les meilleurs moments où l'on était a
l'intérieur de l'épave donc vous n'en n'aurez qu'une partie.
On
a terminé par une 3eme plongée dans le parc naturel de Ras Mohamed sur
un site également très réputé: Yolanda & Shark reef. Il s'agissait
d'une plongée dérivante avec un léger courant, très agréable. On est
remonté pile poil pour le coucher de soleil, merveilleux au dessus de la
cote egyptienne.
Triste
journée aujourd'hui: Elsa a preferé arrêter ici l'aventure et revenir a
Paris un peu plus tôt que prévu. On avait "quasi" fini ce second tour
de toute façon mais il va falloir que je le boucle tout seul.
Je
suis parti sur le site des iles Tiran plus au nord de Sharm pour 3
plongées. Toujours pas de gros poissons si ce n'est un Napoléon qui a
bien dénié se montrer. En revanche, des petits par milliers et une
incroyable visibilité qui ont bien compensé ca.
A peine les plongées finies, j'ai sauté dans le bus direction Dahab et la target que j'avais depuis quelques mois: la plongée sous l'arche du Blue Hole!
Le trajet en bus était un peu "dangereux" car on montait à 600m d'altitude et ce n'est pas trop recommandé après avoir plongé mais finalement rien senti :-)
Changement assez radicale d'ambiance entre les Emirats et l'Egypte, bien
que ce soit 2 pays arabes et musulmans, le niveau de vie et la
situation politique des 2 pays explique sans doute cela. Ca a commencé
tout de suite avec le taximan de l'aéroport qui demande un prix
exorbitant. On se met tout de même d'accord sur un prix et au bout de
400m, il nous dit: c'est le prix par personne que je vous ai donné, donc
faut multiplier par 2 le prix de la course! On est donc retourné a
l'aéroport pour en prendre un autre.
On s'est trouvé un hôtel charmant en plein centre ville et qui donne sur
la baie d'Alexandrie. L'intérieur fait un peu ambiance château a la
française alors que dehors dans les rues, c'est plutôt vilain et tout
sale.
Le lendemain matin, on est allé visiter la bibliothèque. On a bien fait
de ne pas y aller trop tôt car elle n'ouvrait qu'a 11h. L'ancienne
bibliothèque était plus de millénaire et on l'appelait "le lieu de tous
les savoirs" mais a été a maintes reprises brulée. La nouvelle est assez
récente, moins de 10 ans, et a couté la bagatelle somme de 300 millions
de dollars. Elle ne dispose pas encore de nombreux livres (même si la
bibliothèque Francois Mitterrand lui en a donné un certain nombre
lorsqu'ils ont pris la décision de ne garder plus que 3 copies au lieu
de 4, faute de place) mais elle a en son sein la salle de lecture la
plus grande du monde pouvant contenir plus de 3000 lecteurs et tout y
est moderne.
On nous a également présenté un modèle d'imprimante assez fascinant: le
"print on demand". Cette machine peut imprimer un livre de 500 pages
avec couvertures en moins de 3'. Ils espèrent que cela remplacera les
librairies traditionnelles a terme et permettra de ne plus gérer de
stocks et de faire des économies incroyables de bois.
Ils avaient une salle des vieux parchemins et on a pu y voir la première version de l'ancien testament par Gutenberg.
On a fait le tour de la baie pour aller sur le château playmobil alexandrin, le fort de Queytbay.
Puis on a visité le quartier des mosquées où 4 grandes mosquées se
succèdent a quelques mètres d'intervalles. Certaines carrément
interdites aux femmes.
On a poursuivi en prenant un taxi pour se plonger dans les joies des
bouchons égyptiens et surtout pour parvenir au parc de Montazah dont le
palais ne s'admire que de l'extérieur car déclaré résidence privée
présidentielle, même s'il avait l'air un peu a l'abandon, probablement
un effet de la révolution qui est passé par là. Il y avait un autre
palais, le Salamlek, dans lequel on avait eu l'idée de résider au départ
mais lui aussi accuse un peu le poids des ans.
On est rentré sagement a notre hôtel du centre ville après avoir diné dans le resto d'un hôtel palestinien.
On décolle demain matin a 8am pour aller prendre un peu plus de soleil
(il faisait assez froid a Alexandrie) du cote de la mer rouge et de sa
principale station balnéaire, Sharm al Cheikh.
Sur le chemin entre Al Aïn et Dubaï, on a eu suffisamment de curiosités
pour quitter l'autoroute lorsqu'on a aperçu un groupe de dromadaires
habillés de couvertures et on a eu du nez. Apres avoir un peu cherché
notre chemin, on est tombé sur ce que l'on cherchait depuis le début de
notre séjour aux EAU: une course de dromadaires.
On a pu aller au coeur de la course et visiter toutes les coulisses, de
la préparation des bêtes de course et de leur jockeys si particuliers
jusqu'a la ligne de départ et bien sur de celle d'arrivée. Vraiment une
ambiance unique en son genre (toujours aussi masculine pour le coup)
avec une nuées de 4x4 fonçant a tout allure de chaque coté de la piste
où les dromadaires courraient. En effet, pour commander les petits
robots installés sur la selle de chaque dromadaire et notamment la
vitesse de la cravache, il faut une jeep de chaque coté de la piste. Vu
qu'il y a jusqu'a une trentaine de dromadaires par course, vous imaginez
la cacophonie!
Un passage assez drôle était a la fin de la course quand les chameliers
devaient récupérer leur bête. Pas facile quand certaines sont
complètement emballées et foncent a près de 40km/h. Faut courir vite et
ensuite bien s'accrocher a la corde qui sert de rênes au robot.
Arrivés a Dubai, on voulait absolument revoir le merveilleux spectacle
d'eau des fontaines du Dubai Mall et on a donc trouvé probablement la
meilleure table du coin où l'on a pu gouter une succulente cuisine
italienne pour un diner très romantique entrecoupé donc toutes les 30'
d'un show de jets d'eau a chaque fois différent. On s'est régalé dans
tous les sens du terme.
On en a profité pour voir la cascade artificielle qu'ils ont créée a
l'intérieur du mall avec un nombre impressionnant de plongeurs exécutant
un saut de l'ange.
On a essayé de trouver un coin où dormir dans le quartier de la Marina
mais impossible de trouver une chambre a moins de 250€. Pas étonnant vu
qu'il y avait le championnat du monde de saut en parachute freestyle.
Dommage qu'on parte déjà demain car ça devait valoir le coup d'û tel
spectacle. On s'est donc rabattu sur nitre petite guest house qu'on
avait bien appréciée lors de notre première visite.
Le lendemain, on a fait une très bref visite du marché aux poissons
dubaiote où vous etes carrément accueillis avec une brouette et un
porteur pour faire vos emplettes!
On a visité la toute première école des Emirats, histoire de nous
rappeler nos "meilleures" années a passer sur les bancs de l'école
devant le fameux tableau noir.
Prochaine destination: l'Egypte et la Grande Bibliothèque d'Alexandrie,
étape que l'on n'avait pas pu faire lors de notre précédent voyage ici
où l'on avait pu "que" faire les pyramides du Caire en complément de la
croisière sur le Nil...il y a de ça 6ans: damn, ça ne nous rajeunit pas
tout ça!